Marion Canalès : « Le protoxyde d'azote est un vrai fléau avec une consommation massive »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va parler de votre texte Marion Canales, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme, votre texte pour réserver la vente du protoxyde d'azote au seul professionnel est examiné aujourd'hui au Sénat. On va longuement en parler, mais d'abord comme d'habitude on regarde les unes de la presse régionale. On va les regarder ensemble, la une du Dauphiné Libéré, SNCF, les billets trop chers. C'est la question, la une du journal SNCF qui va dévoiler aujourd'hui le montant de ces bénéfices, des résultats qui s'annoncent très positifs. Le prix des billets de train, lui, ne cesse d'augmenter.
Où cet argent est-il investi ? C'est la question. La dépêche du midi qui titre, elle, sur la facture des crues qui s'annonce salée alors que le coût d'indemnisation pourrait atteindre 3 milliards. Les experts anticipent une hausse des primes d'assurance habitation et s'interrogent sur la solidité du régime de catastrophe naturelle. Et puis dernière une, c'est Ouest-France, le combat des maires face à la montée du narcotrafic. Que peuvent faire les maires lorsque le trafic de stupéfiant s'installe dans leur ville ? À quelques semaines des élections, la question de la police municipale devient majeure. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Toutes.
Toutes, parce que la SNCF, comme je suis sur la ligne Paris-Clairmont, c'est intéressant, mais non. La facture, je vais faire le narcotrafic pour les équipes. La facture des crues très importante parce qu'il y a des problématiques assurantielles dans les collectivités qui ont été traitées ici par un rapport de mémoire de M. Husson. Et je vais prendre le narcotrafic parce que moi, je suis… Là, on va parler du protoxyde d'azote. Mais je travaille à la Commission des affaires sociales avec mes collègues sur l'acte 2 de la loi narcotrafic qui avait été appelée de ses voeux par Étienne Blanc et Jérôme Durin lors de l'acte 1.
Et je pense qu'effectivement, les mers sont en première ligne face au narcotrafic, face aux enjeux de tranquillité publique et face également à la régulation et de la consommation de produits psychoactifs comme le protoxyde d'azote. Donc vraiment, un continuum de sécurité. Ça, ça a été fait avec l'acte 1. Et moi, je défends un continuum de prévention. La prévention dans toute sa splendeur. Il n'y a pas vraiment que la prévention en matière de santé publique. Il y a de la prévention de l'entrée des mineurs dans le narcotrafic.
Et sur les polices municipales, police municipale armée ?
Police municipale, ça dépend de ce qu'on entend par armée. Il y a plein de façons d'armer la police municipale. Mais en tout cas, la police municipale fait partie du continuum de sécurité, mais aussi beaucoup du continuum de prévention. C'est une police de proximité qui est en îlotage et qui est un rouage essentiel pour mener cet acte 2.
On va parler évidemment de votre texte sur le protoxyde d'azote. D'abord, un petit mot de politique. On a entendu dans le journal hier la charge de Sébastien Lecornu contre les extrêmes, contre le Rassemblement national. Mais contre la France insoumise aussi, il a raison.
Le Premier ministre fait bien comme il veut à l'égard du contexte politique dans lequel on est. Moi, je veux réagir sur ce qu'a dit Laurent Wauquiez, le cordon sanitaire, sur la LFI. Moi, ça me fait… Je ne commenterai pas Sébastien Lecornu, mais ça me fait quand même doucement rire. Moi, je viens d'Auvergne-Rhône-Alpes. Enfin, le cordon sanitaire autour de Laurent Wauquiez, il a été fait pour empêcher le Rassemblement national de prendre sa place de député. Ça a permis d'amener, dit souvent, ce député de notre région, ce cordon, nous, qu'on a fait, la gauche, pour favoriser les collègues LR. Bon, je pense qu'on n'a pas de leçons à recevoir en matière de cordon sanitaire.
On a fait notre part. L'inverse a été moins vrai. Moi, ma collègue Christine Pires-Boune, qui est questionnaire à l'Assemblée, il n'y a pas eu de cordon sanitaire de la droite autour d'elle, face quand elle avait la candidate de mémoire RN.
Il y a le cordon sanitaire de Laurent Wauquiez, il y a Bruno Retailleau, qui appelle le PS à ne pas s'allier avec la France insoumise. Qu'est-ce que vous lui dites ?
Mais qu'ils gèrent leurs propres accords et leurs propres familles. Enfin, je veux dire, pourquoi, là, tout d'un coup, et puis après, moi, je vais vous dire une chose, je suis en ce moment sénatrice, certes, mais je suis aussi sur une liste aux élections municipales. Enfin, arrêtons. Il y a d'autres partis que le Rassemblement national et la LFI, en France. Aujourd'hui, nous, on a une liste socialiste, par exemple, d'autres villes.
Mais est-ce que le PS peut encore, aujourd'hui, passer des alliances avec la France insoumise ? Ou est-ce qu'il faut qu'il y ait des désistements dans le second tour face au Rassemblement national ?
Est-ce que les alliances, vous dites, c'est fini ? Mais tout ceci, on le verra au premier tour, le 15 mars. Donc, ce n'est pas fini, forcément. Le 15 mars. Moi, je ne sais pas, parce qu'on est dans des élections locales, également. Les habitants vont décider de projets. Donc, on verra au lendemain du 15 mars. Moi, ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on arrête de polariser le débat public, politique et les élections municipales, finalement, autour de RN ou LFI. Déjà, il y a d'autres alternatives politiques. Et on verra où les citoyens décideront de porter leur voix pour quels projets municipaux.
Et c'est un fléau qui prend de l'ampleur. Les décès, les accidents liés au protoxyde d'azote se multiplient. En France, ce gaz hilarant est en vente légale, utilisé en médecine, en cuisine. Mais il peut avoir des effets dévastateurs. S'il est inhalé directement, vous s'était encadré son usage. Marion Canalès, votre texte est examiné aujourd'hui au Sénat. D'abord, Johan, on va voir avec vous. Est-ce qu'on a une idée précise des chiffres ?
Les chiffres les plus récents sont ceux d'une étude publiée en octobre 2025 par la fondation Vinci Autoroute avec Ipsos. Elle s'intéresse à la hausse des accidents de la route liés à la consommation de protoxyde d'azote. Eh bien, on y apprend que 10% des moins de 35 ans consomment du protoxyde d'azote de manière occasionnelle en soirée avec des amis, contre 2% pour les 35 ans et plus. Les jeunes, pas toujours conscients des risques du protoxyde d'azote, pour 9% des moins de 35 ans, consommer ce gaz au volant n'est pas dangereux. Une perception qui conduit à des comportements insensés. 6% des 16-24 ans ont déjà pris du protoxyde en conduisant ou avant de prendre le volant.
Et 9% ont déjà été passagers d'une voiture dont le conducteur a pris du protoxyde.
Et le danger est pourtant bien réel, comme le prouvent les chiffres de la mortalité routière.
Oui, l'an dernier en France, 3513 personnes ont perdu la vie sur la route. En France, ce sont 80 morts de plus qu'en 2024. Alors, pour expliquer cette hausse, les autorités pointent du doigt le protoxyde d'azote et son usage détourné à l'origine de très nombreux accidents. Et ça, c'est sans compter tous les drames en dehors de la route, auxquels s'ajoutent les risques pour la santé. Le protoxyde d'azote peut causer des paralysies, des AVC, voire la mort. Mais là non plus, il n'existe pas de chiffres officiels récents.
Marion Canales, est-ce qu'on est face à un phénomène incontrôlé ?
En tout cas, on est face à un vrai phénomène de société. Donc, je ne suis pas la première à parler du protoxyde d'azote. Beaucoup d'autres parlementaires avant moi l'ont fait, députés, sénateurs. Tout a été dit, ou presque. Mais globalement, ça peine encore à avancer. Depuis la loi de Valérie Létard, qui a été quand même la précurseure sur le sujet, sur les mineurs. Aujourd'hui, maintenant, on sait que c'est un sujet, vous l'avez dit, sur les majeurs aussi. Il n'y a pas que les mineurs et la prévention. Donc, tout a été dit. Mais là, il va vraiment falloir passer la vitesse supérieure. C'est un vrai fléau. On est sur une consommation massive, une accessibilité du produit massive.
Bon, il faut une réponse à la hauteur. On ne va pas tout résoudre avec nos textes et nos enjeux. Mais aujourd'hui, les maires sont en première ligne, prennent des arrêtés, et sur lesquels il faut les accompagner à tout prix.
Avant de parler de votre texte, je vous propose de regarder un extrait du reportage de notre journaliste Fabien Recker. Protoxyde d'azote, ce gaz qui n'a rien d'hylarant. C'est l'alerte d'un médecin. Et ce témoignage poignant du jeune fille qui a perdu l'usage de ses jambes en raison de ce gaz.
Allez, c'est parti. C'est parti. Comme ça. Voilà. Et essaye de ne pas te tenir. OK. Ça va être compliqué.
À 19 ans, Stéphanie doit réapprendre à marcher. Je serai habituée à vraiment avoir l'équilibre. Là, franchement, ça me fait mal au cœur de me voir comme ça. Moi, avant, ce n'est pas comme ça, donc je vais revenir à la vie d'avant. Une rééducation longue et éprouvante pour tenter de soigner une paralysie des jambes causée par le protoxyde d'azote.
Fixe un point et essaye de sentir ce qui s'est passé.
En fait, au début, je trouvais ça amusant. On vendait ça sous forme de gaz hilarant. Donc voilà, c'était pour rire, en soirée, pour se marrer. Après, ça a pris une tournure différente, en tout cas dans ma vie. J'étais accro, j'assume, j'étais accro. Au début, j'étais un peu dans le déni quand j'en consommais. Je n'allais jamais imaginer que j'allais finir comme ça. Sur la fin de ma consommation, vraiment, je faisais des ballons. Ils étaient super tristes. Je m'amenais à pleurer. J'en faisais toute seule. Pour moi, ça n'arrivait qu'aux autres. Et j'étais immunisée contre ça. Mais au final, ça touche vraiment ton nom. Donc aujourd'hui, on va faire un bilan de contrôle.
Donc, ça fait une attente de ce mètre quand vous êtes chez nous. C'est ça ? Oui. Je suis rééducateur depuis 30 ans. J'ai vu une explosion des cas d'intoxication en protoxyde d'azote à partir de 2017. Alors maintenant, on va essayer de lever les deux bras, maximum possible, comme moi, exactement. Et attention à vous, je vais me pousser. Attention, il faut me résister, d'accord ? Avec des jeunes de 17 à 23 ans, moyennes, paralysés, incapables de gérer leur vie, incapables de poursuivre leurs études, ni faire des stages, ni travailler, ni se projeter dans l'avenir.
– On le voit, Marion Canales, alors il y a ce témoignage poignant de cette jeune fille. Il y a l'alerte de ce médecin sur le nombre, sur la jeunesse des victimes.
Est-ce qu'il y a suffisamment de prise de conscience de ce que sont les effets du protoxyde d'azote ? Je crois qu'on a encore beaucoup à faire en matière de prévention, on en parlait tout à l'heure. Et puis, on le voit là, je ne sais pas où c'était, comme en région parisienne, mais il y a des filières spécialisées dans les CHU qui se multiplient. L'île a été avant-gardiste, mais il y a d'ailleurs le congrès autour des mésusages du protoxyde d'azote en mars. Non, non, ça se massifie. Et puis, je pense qu'au départ, c'est festif, elle le dit, c'est drôle.
– Mais c'est ça, est-ce que le fait que ce soit surnommé gazilarant, les mots, ils ont un sens. Est-ce que le fait que ce soit surnommé gazilarant, ça empêche un peu la prise de conscience des vrais dangers de ce guerre ?
– Oui, ça banalise. C'est complètement banalisé, c'est accessible, c'est en vente libre. Pourquoi quelque chose en vente libre serait à ce point dangereux ? Et on le voit, il y a des troubles neurologiques énormes et il y a une addiction. Moi, c'est ça que je n'avais pas mesuré tout à fait, par exemple, il y a un an ou deux. Une addiction très forte. 80% des personnes tombent dans l'addiction et dans une consommation quotidienne. et donc une addiction, c'est-à-dire que ce n'est plus en sortie de boîte de nuit ou, comme elle le disait, en usage ponctuel. C'est tous les jours, beaucoup, et ça produit des troubles neurologiques extrêmes.
– Et pour enrayer ce fléau, Marion Canales, vous avez donc déposé une proposition de loi. Johan, que prévoit le texte ?
– Eh bien, votre texte, Marion Canales, vise à durcir les conditions d'accès au protoxyde d'azote. Aujourd'hui, la loi interdit la vente uniquement aux mineurs. Et pour ce qui est des majeurs, la vente est interdite seulement dans les débits de boissons et les bureaux de tabac. Avec votre proposition de loi, la vente serait interdite à tous les particuliers. Seuls certains professionnels auraient le droit d'en acheter. On pense aux professionnels de la santé, de la gastronomie. La vente serait interdite en ligne, dans les commerces et les lieux publics.
Et pour les établissements en infraction, le texte prévoit des sanctions allant jusqu'à la fermeture administrative et même des sanctions pénales en cas de récidive. Enfin, il y a un volet prévention dans votre texte. Il introduirait des mesures de sensibilisation en milieu scolaire en matière de sécurité routière.
– Et vous avez une première question, du coup, Yohann, sur cette proposition de loi.
– Oui, votre texte, il est en concurrence avec deux autres textes. Une proposition de loi qui a été adoptée à l'Assemblée nationale. Une autre, j'en parlerai peut-être, un projet de loi sur la sécurité du quotidien. Celle du gouvernement, un texte du gouvernement. Qu'est-ce qui vous fait dire que, in fine, ce sera votre texte qui sera retenu ?
– Rien, et alors absolument rien. Effectivement, pardon, je ne suis ni la première. J'aimerais être la dernière. Et donc, le texte Sécurité du quotidien du ministre de l'Intérieur, on l'attend tous avec beaucoup d'impatience. Parce qu'en fait, il n'y a pas de crédit sur le sujet. Moi, je veux juste que ça avance. Donc, le fait que le ministre de l'Intérieur nous ait dit, lors de l'examen du texte police municipal, il y aura plein de sénateurs qui sont aussi très mobilisés. Je pensais à mettre la wedge, mais pas que, sur le proto. Il a dit, il y aura bien un chapitre dans le prochain projet de loi. Ben oui, il faut que le gouvernement se saisisse de ce sujet-là.
L'Assemblée nationale a donné son avis. Nous avons donné nos avis. Tout a été dit, mais il reste encore beaucoup à faire. Donc, que ce soit mon texte ou pas mon texte, le principal, c'est que je pense vraiment qu'on encadre la vente de ce produit qui n'a rien de consommation courante. qui a des usages extrêmement précis. On l'a fait pour d'autres produits. Moi, je prends l'exemple du GBL, c'est le GHB. En 2011, on a interdit la vente aux particuliers. Ce n'est pas accessible. C'est, je crois, utilisé dans la mécanique et dans l'industrie. Donc, on arrive à le faire pour ça.
Aujourd'hui, faisons-le pour le protoxyde d'azote et anticipons avec tous les produits de consommation courante qui ont des effets psychoactifs, parce que demain, ce sera autre chose. On est bien d'accord. Cette loi, elle ne va pas résoudre le sujet. On est sur une problématique d'addiction. Donc, effectivement, il y a des enjeux de prévention énormes. Et moi, j'ai choisi l'angle de la prévention routière parce qu'il y a eu plus de 450 incidents et accidents de la route. Ça a fait la une des journaux. Et ces accidents et incidents ont été multipliés par 40 en 5 ans.
Donc, il y a un véritable enjeu sur la sécurité routière parce que, ça a été dit, on consomme dans les voitures, jeunes et moins jeunes. Il n'y a plus que les jeunes. C'est pour ça que la loi Léthard a été précurseur. Mais il fallait aller un peu plus loin. Je pense que les majeurs sont tout aussi concernés.
Mais votre texte, comme celui adopté à l'Assemblée nationale, il vise à durcir les conditions de vente là où le gouvernement veut au contraire plutôt sanctionner les consommateurs. Est-ce que votre texte, il ne manque pas d'ambition ?
Non, parce que je pense qu'il y a eu plusieurs volets. Au Sénat, notamment, je pense qu'on aura tout dit. Entre le texte de la Commission du développement durable sur le traitement des bonbonnes. Parce que là, on parle des bonbonnes, il y a les tanks, etc. Sur les collectivités locales, c'est un fléau. Entre le texte d'Amed Lawage, qui était surtout aussi sur les mésusages et les consommateurs. Il manquait aussi un peu ce cadre sur la vente. On aura fait le triptyque au Sénat. Donc, chacun est dans son « couloir ». Et après, moi, ce que je sanctionne aussi, c'est l'incitation à la consommation. L'incitation à la consommation, elle n'est sanctionnée que pour les mineurs.
C'est le texte Valérie Létard. Aujourd'hui, il faut arrêter. Il faut arrêter de faire ce merchandising agressif. Le protoxyde d'azote à la noix de coco, ça n'a aucun intérêt industriel. Donc, on voit bien que c'est pour appâter un client. Donc, on est vraiment sur une avidité commerciale sur les addictions qu'on connaît déjà sur plein d'autres produits. Mais moi, mon texte, aujourd'hui, porte vraiment sur la vente. Parce que les autres sujets, me semble-t-il, étaient bien traités par mes collègues.
Mais concrètement, comment vous faites pour contrôler ? C'est-à-dire, on l'a dit, ce n'est pas un produit interdit. Comment vous faites pour contrôler quand les gens peuvent l'acheter en ligne, quand les gens peuvent le faire acheter par un professionnel, puis s'en servir après pour un usage particulier ? Comment concrètement, il peut s'appliquer votre texte ?
Bien sûr, on peut toujours tordre la loi. On sait toujours que la vente de tabac en France, elle est complètement légale. Et pour autant, on est face à un fléau de marché parallèle de tabac. Donc, je ne prétends pas qu'on va résoudre le problème tout de suite avec nos textes, ni même avec le projet de loi du gouvernement, s'il arrive. Et j'en serai vraiment heureuse. Non, aujourd'hui, c'est aussi un sujet européen, comme toujours. On a toujours ce volet européen. Le Danemark a arrêté cette vente. Les Pays-Bas ont arrêté la vente aux particuliers, régulé la vente aux professionnels. Et aujourd'hui, à l'Union européenne, c'est classé reprotoxique, neurotoxique.
Et la France, la position de la France, c'est de réguler cette vente aux seuls professionnels. Donc, en fait, on ne ferait que décliner, de toute façon, la position qu'on défendra à l'Union européenne et à la Commission européenne autour de ce produit. Donc, je pense qu'il faut aussi des discussions et puis élargir sur le marché européen. Et l'Allemagne, qui était le dernier pays, c'est là où ça aussi, il y a quand même pas mal de ventes. L'Allemagne commence également à encadrer sa vente. Donc, je pense qu'on y arrivera. Là, il faut tarir l'accessibilité facile, en fait. Plus c'est facile, plus c'est courant, plus c'est nocif pour un plus grand nombre de personnes.
En revanche, je n'interdis pas le protoxyde d'azote. Il y a des usages industriels, courants, qu'il faut continuer à préserver. Il ne faut pas empêcher les usages normaux de ce produit.
Il y a aussi un volet prévention dans votre texte. Est-ce qu'il ne faudrait pas aussi prévoir peut-être des mesures d'accompagnement des consommateurs qui, finalement, deviennent des victimes ?
Oui, la prévention, après, c'est toute la chaîne. On n'est pas rentré trop dans le détail, on est dans un espace transpartisan. Il y a un texte avant moi sur les cancers pédiatriques. Il y a un texte après moi sur les ordonnances et la sécurité sociale. L'objectif, c'est d'aller straight to the point. En tout cas, bien efficace pour redire ce qu'on a dit. Redis, tous, tout groupe confondi aux ministres de l'Intérieur, tous les ministres de l'Intérieur, avançons. Bien sûr, après, il y aura toute la chaîne de l'accompagnement, de la prévention.
On l'a vu, il y a des filières spécialisées dans les CHU et c'est la chaîne de l'addicto-vigilance et de l'addictologie qui prendra la suite pour accompagner et sortir de cette addiction. Parce qu'en fait, comme beaucoup d'autres produits, il n'y a pas de compensation. Donc, il faut sortir d'un état addictif et ça, on compte évidemment sur la filière…
Mais est-ce qu'il faut aussi l'aide du gouvernement des pouvoirs publics ? Est-ce qu'il faut des campagnes de prévention ? Il y a les campagnes pour la sécurité routière. Est-ce qu'il faut vraiment des campagnes du gouvernement sur ce que sont les réels dangers du protoxyde d'azote ?
De toute façon, moi, je n'arrête pas de tanner. Alors maintenant, ce sera plus Santé publique France ou pas, on ne sait pas. Le ministre de la Santé, il faut que le ministère de la Santé soit moins silencieux sur les addictions d'une manière générale. Je crois vraiment qu'on doit… On parlait du narcotrafic tout à l'heure, mais on doit vraiment rappeler qu'il y a des dangers très très forts pour la santé publique et montrer des images chocs et des témoignages chocs, comme on vient de le voir, pour que ça sensibilise aussi. Et accompagner à autre chose, la fête. Ce n'est plus que la fête, d'ailleurs le protoxyde. Mais la fête, ce n'est pas forcément des états secondaires.
Le votex, on le disait, il sera donc examiné aujourd'hui dans l'hémicycle du Sénat. On va aller chez vous, du côté de Clermont-Ferrand. On retrouve Stéphane Marcelot. Bonjour Stéphane, merci beaucoup d'être avec nous, coordinateur de la rédaction de RCF, puis de Dôme. Et Stéphane, vous allez vous interroger, Marion Canales, sur l'agriculture et la filière viticole.
Oui, déjà bonjour et merci de votre invitation. Bonjour à Madame Canales. Alors, je vais vous parler, oui, de la filière viticole, puisqu'en Auvergne, vous le savez, on fait beaucoup de fromage. Les visiteurs du Salon de l'agriculture le savent bien, mais on fait aussi du vin avec notamment une cinquantaine de producteurs affiliés à la Fédération des Côtes d'Auvergne, 400 hectares, 53 communes. Alors, on est sur un domaine de taille modeste, mais qui dit domaine de taille modeste dit finalement que tous les débouchés, toutes les portes sont importantes. Alors, Marion Canales, vous êtes opposé à l'accord commercial du Mercosur.
Rappelons que le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l'Union européenne pour vérifier la légalité du traité de libre-échange. Est-ce que ce n'est pas mettre des bâtons dans les roues à une filière ici en Auvergne qui a besoin pour le coup d'un maximum de portes et de débouchés ? Non, non, je ne crois pas. Alors, bonjour, c'est ravi de vous voir. Je pensais que vous alliez me parler des 21 médailles qu'on a eues pour nos fromages quand même. Parce que je suis un peu chauveille. Il n'y a pas que les médailles du fromage. Oui, c'est ça, on sort des Jeux olympiques qui se passeront en plus dans notre région la fois prochaine. Donc, je pensais qu'on parlerait de nos médaillés.
Je voulais quand même les féliciter. Non, non, je crois que cet accord de libre-échange, ça a été assez clair au Sénat. Et on verra la suite qui est réservée. Mais je ne le crois pas. En tout cas, aujourd'hui, on doit vraiment renforcer le lien entre le citoyen et le monde agricole d'une manière générale. et le principal challenge, y compris même dans notre région. On n'est pas une région viticole, mais quand même, on a des producteurs. C'est le véritable enjeu, ça va être le défi climatique. On l'a vu avec les crues en Gironde. Et c'est le sujet de l'agriculture. Il fait face à extrêmement de nombreux défis auxquels il faut faire face.
Le défi démographique aussi, puisqu'on a nos agriculteurs qui sont un paysan sur deux, partir à la retraite très vite. Donc, défi climatique, défi démographique. Et puis, ces accords de libre-échange qui, aujourd'hui, viennent effectivement inquiéter les parlementaires que nous sommes et puis les citoyens comme les producteurs à différents échelons. Stéphane. Alors, qu'est-ce que vous faites, vous, pour conforter cette filière ? Alors, vous l'avez dit, confronté à de multiples défis. On peut même rajouter la chute de la consommation en France, la baisse de la consommation d'alcool. Alors, l'alcool fait des ravages dans notre pays. Personne ne le contestera ici.
Mais, en tout cas, on peut avoir aussi le sentiment que, parfois, cette profession se sent stigmatisée dès qu'un débat ressurgit. On l'a vu ces derniers jours au Salon de l'Agriculture, avec ce débat qui a ressurgi. Faut-il interdire la consommation d'alcool au Salon de l'Agriculture ? Quel est votre sentiment sur ça ? Comment faites-vous pour conforter la filière ? Justement, la filière viticole, moi, je suis à la Commission des Affaires Sociales, donc je suis très investie dans la lutte contre les addictions et notamment les enjeux autour de l'alcool. Et moi, je trouve que, précisément, on perd un peu le sens de ce qu'était initialement notre tradition française.
Moi, je lutte énormément contre les mélanges d'alcool fort avec des sucres qui conduisent à des addictions à l'alcool de la part de public très jeune. En fait, on passe de la sucette, goût bonbon, barbe à papa, à du mélange d'alcool fort avec des sucres. Ce n'est pas du tout contre la filière viticole. Justement, on voit qu'il y a de moins en moins de consommation et puis une éducation à cette qualité française, à la française qu'on perd, puisque les jeunes ne boivent plus de vin.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, ce n'est pas un affrontement entre une filière et la santé publique, c'est de dire comment on rentre dans des addictions à l'alcool, comment on fait des générations d'accros à l'alcool. Et c'est quand on mélange l'alcool et le sucre pour créer l'illusion que ce n'est pas un produit gastronomique, culinaire et pas un produit dangereux.
Et votre région est une grande région agricole, la région Verne-Rhône-Alpes. L'inquiétude des agriculteurs, on le voit lors de ce salon, avec les crises qui se multiplient, des crises conjoncturelles, des crises structurelles. Vous allez examiner dans quelques semaines un projet de loi d'urgence agricole. Qu'est-ce que vous en attendez ? Est-ce que pour vous, il peut être une réponse ?
On a été épargné. J'avoue que je suis un peu en limite de compétence quand même sur ces sujets agricoles. Moi, je comprends qu'il faut vraiment... Mais vous les entendez, les agriculteurs de votre région, et leur inquiétude. Il faut vraiment... Il y a l'urgence écologique, la souveraineté alimentaire. On est percuté, on est à la croisée de tous les enjeux de société. Et on le mesure, il n'y a pas... Mais il y a quand même cette urgence écologique et environnementale. Et y compris, je crois que mes collègues députés ont déposé un texte sur cette tentative de dire que ce n'est pas deux mondes qui s'opposent.
Au même titre que ce que disait le journaliste de RCF, il n'y a pas d'un côté les hygiénistes anti-alcool, surtout, et de l'autre côté, ceux qui défendraient une filière viticole. On le sait, pour les paysages, pour l'environnement, pour une filière économique, c'est important. Mais c'est une question toujours de mesure.
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Marion Canalès