Le développement économique de l’Afrique (suite) avec Lionel Zinsou
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 56 %Attaque 23 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:40OuverteRéponse directe
Quels facteurs culturels et politiques expliquent le décollage économique de l'Afrique ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Comment avez-vous vécu votre passage du poste de Premier ministre à celui de candidat battu ?
- 20:23OuverteRéponse directe
Le fait d'être à moitié français a-t-il été un handicap dans votre campagne ?
- 30:05OuverteRéponse directe
Quelles perspectives pour le développement économique de l'Afrique face à la baisse des matières premières ?
- 30:10OuverteRéponse partielle
Comment voyez-vous le développement de l'Afrique à moyen terme ?
- 39:06RelanceRéponse directe
Les chiffres de croissance africains sont-ils fiables ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:14PrésentateurChiffre
« La contrebande d'essence en provenance du Nigeria, le Kpayo, génère plus de 122 millions d'euros par an. »
- 3:39PrésentateurChiffre
« Le FMI a réduit ses prévisions de croissance pour l'Afrique subsaharienne de 5,4% à 3% pour 2016. »
- 32:58Invité politiqueChiffre
« ces pays ont une croissance de 6% en 2015 »
- 36:16Invité politiqueFait
« une amélioration profonde du régime nutritionnel et des soins de santé »
- 46:18Invité politiqueFait
« Boko Haram étant en recul, il a cessé d'avoir une emprise territoriale »
- 46:48Invité politiqueFait
« les troupes nigériennes aussi avec des moyens logistiques numériques d'équipement fournis par l'opération Barkhane française »
- 48:24Invité politiqueFait
« la Banque mondiale ne vous financera jamais un système de couverture satellite qui vous permet de savoir où est Boko Haram »
- 52:11Invité politiqueFait
« il n'y avait qu'un seul pays qui pouvait intervenir au Mali et un seul qui pouvait intervenir en Centrafrique »
- 53:22Invité politiqueFait
« il n'y a que la France pour le faire »
- 53:27Invité politiqueFait
« sur l'équipement militaire de l'Egypte il n'y a pas trois puissances qui sont capables de rééquiper militairement l'Egypte »
- 53:36Invité politiqueFait
« la France a un rôle auquel elle ne peut pas se soustraire »
- 53:42Invité politiqueFait
« elle doit demander à l'Europe où est-ce qu'il en reste aujourd'hui »
- 53:57Invité politiqueFait
« le drame du Rwanda je ne pense pas qu'il ait beaucoup de conséquences sur la définition de la politique de la France en dehors de la zone des Grands Lacs »
- 54:08Invité politiqueFait
« c'est un traumatisme très très important de tous les côtés »
- 54:29Invité politiqueFait
« qui a été fauteur de génocide à qui a profité le crime collectif abominable »
- 54:44Invité politiqueFait
« la zone vraiment forte de conflit c'est le Sahel »
- 55:00Invité politiqueFait
« c'est pas un gendarme »
- 55:22Invité politiqueFait
« si cela ne tenait qu'aux intérêts économiques de la France elle n'aurait pas de raison de soutenir financièrement et humainement cet effort »
- 55:30Invité politiqueFait
« la France veut rester une grande puissance »
- 55:41Invité politiqueFait
« les intérêts économiques de la France d'abord ils ne les portent pas exactement vers les pays du précaré francophone »
- 55:50Invité politiqueFait
« le précaré ça n'existe plus absolument pas pour les grandes entreprises »
- 57:39Invité politiqueChiffre
« l'agriculture n'est pas financée dans notre continent elle utilise la moitié de la population elle représente à peu près 5% des concours financiers »
Temps de parole
- Invité politique76 %
- Présentateur10 %
- Invité7 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
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L'Esprit public, Philippe Meyer, bonjour. Merci de nous avoir rejoints pour cette nouvelle émission thématique au cours de laquelle nous recevons Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, et aussi, c'est une ancienneté moins importante, mais ancien collaborateur de l'Esprit public, Lionel Zinsou, bonjour. Bonjour. Nous, c'est-à-dire Nicole Nisoto, professeure titulaire de la chaire sur l'Union Européenne au CNAM, Michaela Wigel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, et Jean-Louis Bourlange, essayiste.
Lionel Zinsou, après avoir été conseiller spécial du président béninois, Thomas Bonillaï, de 2006 à 2011, et Premier ministre pendant un an, à partir de juin 2015, vous vous êtes présenté à l'élection présidentielle du Bénin, en appelant notamment à un développement des investissements publics en faveur de l'emploi des jeunes, de la santé, de l'agriculture, et de la réalisation de nouvelles infrastructures. En tête au premier tour, vous avez finalement été battu par Patrice Talon le 6 avril dernier.
Franco-Béninois, normalien, agrégé d'économie, vous avez été conseiller de Laurent Fabius, et vous avez travaillé à la banque Rothschild, avant de prendre la tête de PAI Partners, l'un des plus importants fonds d'investissement d'Europe. Vous reprenez actuellement à Cotonou un projet de création d'un autre important fonds d'investissement en Afrique, projet que vous aviez interrompu, suspendu, en devenant Premier ministre en 2015. Quoi que vous soyez très engagé pour le développement de l'Afrique, vous récusez le qualificatif d'afro-optimiste, et vous assurez porter un regard réaliste sur les avancées comme sur les blocages du développement du continent.
En 2005, vous avez créé à Cotonou la Fondation Zinsou, d'abord pour exposer et faire connaître des artistes contemporains africains, puis pour soutenir des projets de développement et d'éducation. Vous avez défendu dernièrement le bilan de votre année de primature en montrant que le Bénin est dans une situation de stabilité monétaire et économique, avec le nouveau départ en 2012 d'une croissance qui se situe entre 5 et 6%, alors que la crise économique mondiale l'avait ramenée à 2,5% en 2010, le taux le plus bas de l'Afrique de l'Ouest. Toutefois, malgré cette croissance forte, la pauvreté reste importante et la société très inégalitaire.
Le coton et l'agriculture représentent 36% du PIB, le commerce et les transports respectivement 18 et 11%, l'économie souterraine pèse lourd, la contrebande d'essence en provenance du Nigeria, le Kpayo, génère plus de 122 millions d'euros par an, et 150 000 taxis motos pour la seule ville de Cotonou assurent les déplacements des habitants en l'absence de transports publics. Le politiste béninois Giliabi critique cette démocratique paillot, dominée par l'impunité et la quête du profit immédiat, qui rend plus difficile l'exercice de l'autorité de l'État.
Le FMI a réduit ses prévisions de croissance pour l'Afrique subsaharienne de 5,4% à 3% pour 2016, le taux le plus bas depuis 1999, il était de 3,4% en 2015. Cette baisse d'une croissance pourtant solide depuis 10 ans serait due au développement d'un cycle négatif sur le continent, provoqué par différents facteurs, la chute des prix des matières premières, qui touchent principalement les pays exploitateurs de pétrole, les mauvaises conditions climatiques, qui entraînent de nombreuses sécheresses en Afrique de l'Est et en Afrique australe, ou encore l'épidémie d'Ebola.
Cependant, des perspectives favorables demeurent dans certains pays, qui conservent une croissance importante, comme le Sénégal, le Kenya et la Côte d'Ivoire. Lionel Zinsou, vous affirmiez dans une interview donnée au point l'année passée que le décollage économique de l'Afrique n'a pas été uniquement permis par une hausse du prix des matières premières, mais aussi par des facteurs culturels, politiques, démographiques, plus profonds, plus durables, notamment un développement de l'éducation et des progrès technologiques.
Nous vous demanderons ce que vous pensez de ce développement de fonds, et s'il sera suffisant aujourd'hui pour faire face à la baisse du prix des matières premières, et pour permettre la croissance des pays de l'Afrique subsaharienne. Nous vous demanderons par quelles étapes vous pensez qu'il faille passer pour réformer un État comme l'État béninois, et donner davantage d'autorité à la puissance publique. Nous vous demanderons aussi comment vous envisagez votre action future au Bénin, si vous voulez, si vous pensez pouvoir agir pour aider au développement du pays, et si c'est sur le plan politique ou sur d'autres plans.
Et vous choisirez, selon la tradition que vous connaissez, des émissions thématiques de l'esprit public, vous choisirez celle de ces questions, et même d'autres que vous voulez aborder. Mais auparavant, nous aborderons, si vous voulez bien, ce qu'a été cette campagne pour la présidence de la République du Bénin, et c'est Jean-Louis Bourlange qui sera le premier à vous interroger.
Oui, Lionel, nous sommes tout à fait, nous avons été vraiment fascinés par cette aventure, par d'abord ce courage d'arriver dans un pays, de devenir Premier ministre, et d'essayer de s'imposer comme président dans une culture politique quand même très particulière, très différente de la culture française, occidentale. Et je voudrais, et nous voyons les difficultés que vous avez eues quand on regarde les coupures de presse, etc., on voit bien que c'était quand même quelque chose d'étonnant que, dans une société qui fonctionne très différemment de la nôtre, d'arriver à introduire, à faire prospérer des mœurs politiques qui sont quand même ceux de démocratie consacrée comme celle de l'Occident.
Je voudrais savoir comment vous avez vécu ça, c'est-à-dire qu'est-ce que, quand vous revoyez le film qui vous a conduit du poste de Premier ministre au poste de candidat, au bout du compte, battu par votre adversaire, à la suite d'une campagne très rude, où d'ailleurs vous avez reçu des coups qui étaient très vigoureux, alors que vous-même avez eu un comportement extrêmement, je ne dirais pas chevaleresque, mais démocrate et respectueux de votre adversaire, est-ce que vous avez le sentiment qu'à un moment, vous avez commis une erreur importante, stratégique ou tactique, qu'il y avait quelque chose que vous auriez dû faire et que vous n'avez pas fait, ou est-ce que vous avez vécu ça comme une tragédie grecque ?
C'est-à-dire comme le sentiment d'être engagé dans un processus dans lequel il n'y avait pas d'issue pour ce que vous représentiez à ce moment-là, dans ce pays-là. C'est évidemment une question, c'est une question très romanesque, si je puis dire, mais qui ne peut pas manquer de survenir à tous ceux qui regardent la chronique de cette extraordinaire aventure politique. Lionel Zinsou.
J'aime bien l'idée de tragédie grecque, parce que vous avez à un moment une impression que le destin, même si votre aventure personnelle est au fond un petit peu anecdotique, le pays n'est pas la plus grande puissance d'Afrique, mais vous avez quand même l'impression d'être un peu le jouet du destin. En réalité, je ne suis pas parti comme Premier ministre pour être candidat à l'élection présidentielle.
Et puis il s'est produit ce qu'on voit dans beaucoup de démocraties, il n'y avait pas dans le parti présidentiel de choix qui allaient faire l'unanimité, et au contraire, il y avait des principes d'éclatement du parti qui était au pouvoir à travers des élections primaires, qui étaient pour nous une première, mais qui vont se généraliser en Afrique. Et les primaires, comme on le sait en France, ça peut énormément diviser, ça peut créer des clivages terribles, et on était en train de créer des clivages terribles, et on allait se retrouver avec sept candidats du parti présidentiel, et il fallait quelqu'un qui fasse un peu l'unité de ce parti.
Et souvent, on vient de chercher un peu sur les marges, un peu différents. Chacun, dans la classe politique, connaissait trop tous les autres pour pouvoir s'effacer. Chacun craignait, peut-être, tous les autres. Et donc, c'est vrai que tardivement, parce que, quand je vois des primaires du Parti Socialiste français prévu pour janvier 2017, je me dis, c'est vraiment tardif, parce que nous, nous avons fait nos primaires début novembre, ce qui est beaucoup trop tard, en réalité, pour avoir le temps d'accomplir les consultations primaires, et puis ensuite, de recoudre les plaies.
Et donc, il y a tout ce travail chirurgical, émotionnel, et politique très très fort à faire, et donc, c'est évidemment court de partir en novembre. Mais, à fin octobre, il y avait une situation de blocage, un petit peu, de la démocratie. Et d'ailleurs, les autres grands partis, il y a trois grands partis dans ce pays, étaient eux-mêmes incapables de désigner dans des primaires des candidats qui fissent l'unité. Et au total, il s'est présenté un certain nombre d'indépendances, et bien qu'au premier tour, nous étions quand même 32. Oui, 32 pour faire une différence nette au premier tour, voire pour être élu au premier tour.
C'est un peu compliqué, même s'il y avait une polarisation des cinq plus grands candidats qui ont eu, à 5, 75% des voix. Donc, il y avait aussi des gens qui faisaient là du petit commerce électoral de leur position pour le second tour. Mais, c'est quand même une indication qu'on avait des difficultés à faire la sélection, en fait, des candidats. Et donc, je me suis retrouvé à tout petit peu jouer du destin, parce que j'étais venu comme Premier ministre par un sentiment du devoir. Bon, à 60 ans, je ne peux pas dire toujours non. Vous avez 15 ans que je disais non à l'idée de venir servir mon pays.
Donc, j'ai dit oui, en me disant, à la fois, ça me passionne, ça m'honore, et puis, en même temps, je n'ai pas à satisfaire des ambitions politiques, personnelles. Je suis un peu détaché, mais je vais faire mon devoir. Mon service civique, je le fais comme Premier ministre, un peu tardivement par rapport à l'âge où on fait son service civique, son service militaire. Et, à nouveau, l'estime a joué. Et donc, vous savez, je ne sais pas si c'est grec ou latin, mais le fatum, c'était, si tu ne viens pas, c'est vraiment un désordre considérable, une impossibilité de continuité.
Et, en même temps, un autre aspect du destin, c'est que vous savez bien que quand vous êtes Premier ministre de n'importe quel gouvernement, c'est une espèce de loi de la thermophysique politique, vous assumez tout l'héritage, même si vous avez été Premier ministre quelques mois, et vous êtes le candidat de la continuité. Dans un contexte où, après dix ans, dix ans, ça suffit, vous avez un effet de ras-le-bol.
Donc, je veux dire, la loi qui veut qu'un Premier ministre sortant dans un système, qui est un système présidentiel, mais enfin, vous êtes le premier des ministres, et que vous soyez l'héritier, quand bien même vos opposants ont conduit une action pendant huit ans sur dix avec le gouvernement et du président sortant, vous êtes celui qui, dans les huit derniers mois, assume tout l'héritage, et pour autant qu'il se soit brouillé avec le pouvoir dans les douze à dix-huit mois qui précédaient, vos adversaires, eux, sont vierges de tout ce qui concerne ou la corruption, les affaires, les scandales, les ratés, les échecs, etc. Donc, vous assumez tout ça et vous savez que vous l'assumez.
Mais en même temps, là encore, c'est un peu une question de devoir. Alors, une fois qu'on a dit tout ça, là où ce n'est pas forcément que de la tragédie mais aussi de la comédie, c'est qu'après, vous descendez dans l'arène et il y a quatre millions d'électeurs et vous en rencontrez physiquement trois millions.
Et quand vous êtes un homme privé et que vous allez au-devant de millions d'électeurs à des centaines de kilomètres de la capitale et que vous voyez un pays dans ses profondeurs, que vous voyez ce que jamais vos yeux n'auraient vu, n'auraient lu dans les statistiques, n'auraient vu si vous aviez été un simple citoyen, à partir du moment où les enfants de trois ans, dès qu'ils savent parler, crient votre nom alors que vous avez l'impression que trois mois avant, ils ne voyaient pas du tout qui j'étais. Vous avez fait la Lésure Philippe à la fondation Zinsou qu'on avait créée et c'est ma fille qui l'a créée et qui l'a dirigée.
Et moi, ça faisait des années que j'étais très habitué à être présenté par ma fille comme je vous présente mon père et donc la star dans la famille au Bénin, c'était ma fille. Et alors là, pendant quelques mois, maintenant c'est à nouveau en train de se remettre comme ça. Mais pendant quelques mois, c'était l'inverse. J'étais redevenu quelqu'un qu'on connaissait dans une lignée familiale, un lignage où mon oncle avait été président de la République. Donc, comme il avait été président de la République à la fin des années 60, vous faites allusion aux attaques. J'étais, depuis l'enfance, vacciné, immunisé. Je savais très, très, très, très bien qu'être candidat, c'est être une cible.
J'ai un ami qui s'appelle Emmanuel Macron et j'ai lui dit
mais Emmanuel,
il ne faut pas dire je suis blessé puisque les gens ne veulent que vous blesser. Emmanuel, la particularité quand vous êtes ministre, c'est qu'on vous attaque beaucoup, beaucoup plus que si vous étiez un homme privé. Mais en général, ce sont vos adversaires. Quand vous êtes candidat à la présidentielle, vous y ajoutez tous les gens qui sont censés être vos amis politiques. Et donc, vous êtes la cible absolument de tous. Et je lui ai donné un conseil que je donnerais aussi bien en Afrique que sous toutes les latitudes.
Ce que vous faites, vous prenez les 30 calomnies les plus habituelles, vous les écrivez, vous remettez ça à vos parents s'ils sont sensibles et âgés et à vos enfants s'ils sont en état de comprendre. Et après, chaque fois qu'on vous accuse d'une abomination financière, sexuelle, familiale sur votre filiation, etc., ils cochent les cases en se disant, bon, ça y est, on est à la 22ème calomnie et vous verrez, c'est quelque chose qui détend absolument tout le monde.
Il y en avait une qui n'était pas sur ma liste qui était, c'est un sale juif puisqu'il était à la banque Rothschild et en fait, c'est bon pour aucun candidat dans aucun pays d'avoir été à la banque Rothschild ce qui est déballe parce que c'est vraiment une banque magnifique. C'est un sale juif puisque sinon, il n'aurait jamais été recruté par Rothschild comme il a une mère française parce qu'on n'a pas beaucoup comme ça de juif. Dans cette partie-là de l'Afrique, on n'est pas en Éthiopie donc ce n'est pas par son père donc sa mère est donc juive sinon il n'aurait jamais été recruté et c'est un instrument du complot juif mondial.
Alors, je dois dire, celle-là, ça n'était pas la 31ème calomnie sur ma liste. Donc ça, si vous voulez, ou on a été vacciné dans l'enfance ou pas. Et moi, j'ai été vacciné de ça. J'ai été aussi vacciné de l'ambition des vanités du pouvoir et ça aussi, c'est très utile. Moi, j'ai la chance d'avoir été, j'étais le seul des 32 candidats, d'avoir été dans une famille où vous connaissez l'avant, le pendant et l'après du pouvoir. Donc, vous connaissez tout depuis le moment de l'espérance extraordinaire de, on va agir, on va transformer ce pays, ça sera un pays émergent, etc. Jusqu'au coup d'État. Et dans ma famille, on a laissé la porte de la déesse citroëne criblée de balles.
Elle est comme une sculpture dans le jardin familial et elle rappelle aux enfants comme ça, quelques décennies, que le pouvoir, ça finit aussi comme ça et que les honneurs du pouvoir, l'argent du pouvoir t'as utilisé avec modération parce que c'est pas ça du tout la réalité du pouvoir. Là où mes 31 concurrents, eux, je crois, avaient plein d'espérance sur l'abondance de biens que représente le pouvoir.
Ce détachement ne vous a-t-il pas nuits ? Si, c'est possible. Parce que les gens aiment ceux qui dépendent d'eux.
C'est possible qu'il faille. Oui, c'est possible. Moi, j'ai un tout petit peu une formation réflexive comme ça d'universitaire et donc c'est possible qu'il faille quelque chose de plus animal, si vous voulez, de plus fort, de plus violent et sentir une espèce de besoin de vie ou de mort si on échoue, c'est la mort. Bon, d'ailleurs, la mort est un autre aspect un petit peu tragique. Oui, vous n'êtes pas passé loin. Oui, mais c'était un accident. Oui, alors, il se trouve que j'ai eu un accident d'hélicoptère dans une fonction gouvernementale et pas électorale, même si ça a été présenté. Je n'allais pas en campagne avec les moyens de l'État. J'allais conduire une délégation gouvernementale.
Mais c'est vraiment une question de météorologie. Mais au Bénin, comme dans beaucoup de pays d'Afrique, la météorologie elle-même est quand même plutôt une affaire que règlent les dieux que des lois de la physique. Et donc, pour tout le monde, quelqu'un m'a même dit ce que vous avez fait de mieux politiquement ces derniers mois, c'est vraiment votre accident d'hélicoptère parce que vous avez prouvé que les forces des ancêtres, les mains des ancêtres, vous accompagnaient pour vous sauver la vie et que donc vous alliez gagner ces élections parce que vous étiez supérieurs dans vos forces magiques, ce qui semble vrai d'ailleurs à la plupart de vos concurrents puisque vous avez survécu.
Mais objectivement, en dehors des forces du mal, c'était quand même vraiment la météo parvent de sable et visibilité très faible. Mais c'est vrai qu'entre un homme privé et un homme public, une des différences, c'est le fusil d'assaut qui est devant dans la voiture, une des différences, c'est cette espèce de sentiment que la mort plane. C'est pour ça que moi, je conseillerais aux gens de commencer une carrière politique assez tard. Je dis ça par rapport à mes jeunes amis de la politique française. J'ai plein de jeunes amis qui sont candidats aux primaires des deux côtés.
Moi, je crois qu'il faut commencer ça assez tard quand à un moment où on se dit après tout à 60 ans on a accompli beaucoup de choses et donc si au fond on n'y survit pas ça n'est que hâter un tout petit peu un tout petit peu un processus biologique assez naturel parce que c'est quelque chose qui flotte et que l'homme privé ne connaît pas. Quand vous allez, quand vous entrez dans une foule, si vous voulez, moi, je n'ai eu aucune réunion publique en 100 jours de campagne active où il y ait eu moins de 15 000 personnes devant moi. C'est-à-dire c'était le bourget tous les jours. C'est pas les pré-hauts d'école. Il y a une participation démocratique en Afrique qui est extraordinaire.
Un intérêt, une curiosité, j'ai même une générosité des populations qui sont extraordinaires. Une écoute, une attente, une espérance, des messages qui s'échangent, des choses qui se communiquent mais en même temps vous rentrez dans une foule dont vous ne savez pas si elle est hostile ou amicale et donc il y a cette espèce de présence permanente d'une sorte de danger physique dont aussi il faut être complètement je crois distancié et se dire bon ben ça c'est un peu le destin. Et donc la chance si vous voulez moi j'ai fait des études de grec et donc effectivement tout d'un coup vous êtes dans Échille au lieu juste de traduire en anonnant les tragédies d'Échille si vous voulez.
Donc ça c'est vrai que c'est une chance dans la vie vous passez quelques semaines à l'intérieur d'une tragédie grecque. je suis bien de la vie de Jean-Louis Bourlange comme d'habitude.
Michaëlle Avigel
Oui alors vous avez mentionné les reproches qui vous ont été faits et dans ces reproches il y en a une qui m'a beaucoup intriguée c'était justement le fait que vous soyez à moitié français.
Et j'ai envie de vous demander de nous dresser un état de lieu en quelque sorte de ce que même en Allemagne on appelle la France-Afrique puisque j'ai l'impression d'un miroir dans lequel envoyer justement ces relations privilégiées entre la France et beaucoup de pays de l'Afrique et les anciennes colonies et même aujourd'hui un peu au-delà j'ai l'impression que c'est devenu un repoussoir c'est-à-dire vous êtes même pénalisé par le fait de pouvoir être soupçonné un agent ou je ne sais pas comment on dit ça quelqu'un qui perpétue la France-Afrique alors est-ce que vous pourriez nous éclairer sur ce point est-ce que ça marche encore ou est-ce que c'est vraiment juste un repoussoir aujourd'hui ?
Lionel Zinsou Alors si vous voulez vos adversaires ils ont besoin de trouver des arguments qui vous disqualifient un des principaux journaux qui appartient au président actuel et donc au candidat d'alors a écrit c'est quand même pas parce qu'on est probe et compétent qu'on a le droit de devenir président de la république effectivement c'est pas suffisant
même si il y a un petit effet de rareté mais bon
donc il faut trouver quelque chose moi je considère ça que c'est un des plus beaux hommages que j'ai jamais reçu et donc on a essayé le thème raciste c'est un blanc qu'il revienne qu'il revienne chez lui d'ailleurs il a jamais passé de temps chez nous il est venu en vacances et ce thème raciste il a eu probablement un effet inverse c'est à dire que sur les populations les enfants de 100 mêlés sont des enfants comme les autres et évidemment que quand on envoie les gens faire leurs études dans les familles tout le monde se sacrifie et très souvent on revient avec des enfants de 100 mêlés avec des conjoints et ça n'est pas dans cette partie là de l'Afrique et ça n'est pas en tout cas au Bénin du tout du tout quelque chose de rejeté pas du tout donc le thème raciste c'est un blanc qui bon pour moi était un peu nouveau parce que si j'ai été discriminé ce que je ne crois pas pendant 60 ans c'était comme noir mais jamais comme blanc d'ailleurs il y a eu un jour assez amusant je suis allé à l'Assemblée Générale du MEDEF au mois d'août et c'était télévisé en direct donc les internautes ont réagi et ça s'est terminé par une table internationale et puis un discours de M.
Emmanuel Macron sur le thème les 35 heures peut-être pas très utile donc ça a fait un peu de buzz cette fin de l'Assemblée Générale et je suis monté dans l'avion une demi-heure après et j'ai regardé sur les réseaux sociaux et j'ai vu un électeur du Front National qui disait qu'est-ce que ce nègre en dimanché vient nous donner des leçons d'économie à jouir en josace bon et puis j'ai atterri à Cotonou j'ai regardé un petit peu ce qui s'était passé dans les 48 heures sur les réseaux sociaux j'ai dit mais qu'est-ce que ce blanc vient nous donner des leçons et comme je ne peux pas m'établir à mi-chemin parce que le mi-chemin c'est le désert algérien donc je ne pouvais pas vocation à être ermite si vous voulez ça c'est la condition des métis vous êtes étrangers partout mais ça ne marche pas le terme raciste ne marche pas il y a probablement d'autres parties d'Afrique où la tension est forte sur ce thème en revanche ce qui a assez bien marché c'est c'est le recolonisateur c'est celui que la France a imposé pour recoloniser le Bénin et alors ce que vous ne pouvez jamais faire en politique vous pouvez le faire à la radio c'est du second degré parce que j'ai commencé sur le thème vous savez avant que la France s'intéresse et envoie des gens pour recoloniser le Bénin pour s'approprier ses richesses moi je vous conseille je nous conseille collectivement de recréer des richesses parce que je ne suis pas sûr que ça change grand chose à la richesse de la France de recoloniser le Bénin nous pesons 1% de la population de l'Afrique 0,3% du PIB de l'Afrique s'il y avait quelque chose à recoloniser je ne suis pas sûr que ce serait le Bénin je ne te vois pas très bien ni de la droite ni de la gauche en France qui est passionné de recolonisation notamment la gauche est assez associée à l'idée de décolonisation ça ne marche pas du tout
l'être candidat au Nigeria avec un raisonnement pareil oui par exemple
le Nigeria c'est notre voisin sur 700 kilomètres nous avons un PIB de 10 milliards de dollars ils ont un PIB de 500 milliards de dollars je ne sais pas si on est la priorité de la recolonisation et du néo-impérialisme du post-néo-impérialisme donc au fond je pensais que ces thèmes n'auraient aucune faveur en fait ils ont une faveur auprès je dirais de deux catégories dans la population c'est un peu comme une courbe ennue de statistiques le rejet de la France et de l'Occident il est fort chez les gens les plus âgés qui sont assez restés dans une idée la France-Afrique il y a beaucoup décliné en puissance la France-Afrique mais la France-Afrique c'est une vraie réalité économique de contraintes c'est une vraie réalité politique et il y a des gens à qui j'ai l'impression d'apprendre que Jacques Focard est mort en fait et je sens bien que ce n'est pas une bonne nouvelle et donc ça existe encore il y a un homme d'état que je respecte par ailleurs qui a le sentiment que lui-même dans sa carrière politique a été renversé par la France et c'est vrai la France a renversé beaucoup de gens je pense que franchement dans les années 2000 elle a renversé beaucoup moins déjà enfin dans les années 60 elle a renversé beaucoup et ça existe encore chez les gens d'âge et ça existe aussi chez les jeunes gens ça a été d'ailleurs avivé par certains conflits ça a pu être avivé en Côte d'Ivoire au moment où Laurent Gbagbo a fait de l'idée qu'il était un nationaliste qu'on voulait chasser du pouvoir alors qu'il était peut-être quelqu'un aussi qui se perpétuait de façon totalement illégale et qui inversait le résultat des élections mais enfin qui a présenté ça comme une lutte titanesque entre l'Occident qui veut prendre la main sur la Côte d'Ivoire et les nationalistes et les indépendantistes et en fait ça a un écho qui est resté fort en Côte d'Ivoire mais qui est fort un peu partout et qui est chez les jeunes cette espèce de volonté épique et héroïque de revivre un combat qui est un combat de toujours de l'identité de l'indépendance contre des forces du mal que la France-Afrique incarne tout ça ça fait peut-être 10% des électeurs si vous voulez donc c'est pas déterminant pour les résultats parce que dès que vous allez voir les populations comme je crois dans tous les pays les sujets de l'élection c'est pas de savoir si la France-Afrique est un monstre un hydre qui va s'emparer du Bénin la question c'est j'ai pas l'eau j'ai pas l'électricité il n'y a pas d'instituteur dans l'école ou il n'y a pas d'école dans le village et ce sont évidemment des questions sociales des questions d'emploi des questions dans les pays où il y a 33% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté c'est évidemment des questions extrêmement réelles extrêmement importantes et toute cette folklore si vous voulez sur il y a des puissances du mal qui guettent le Bénin franchement ça n'a pas un impact électoral considérable mais ça fait des thèmes de presse intéressants et il y a de jeunes troupes pour lutter contre la France-Afrique avec une crispation toute particulière sur le franc CFA et un certain nombre de symboles de mots garder le mot franc et donc il y a un certain nombre de symboles qui cristallisent et une jeunesse des gens qui ont 20 ans aujourd'hui et qui se disent il est grand temps d'accomplir le combat de la vraie décolonisation c'est une attitude que je respecte si vous voulez ça m'agaçait qu'on dise il a été imposé par François Hollande parce que François Hollande est tombé des nus quand il a appris que j'étais imposé mais il était imposé par François Hollande François Hollande il était prévu depuis des mois qu'il vienne en visite officielle quelques semaines plus tard donc tout le monde a écrit parmi les gens qu'il m'aimait guerre maintenant il vient vérifier qu'il est bien en place et qu'il va bien remporter les élections et donc si vous voulez cette fable a eu quand même plus de succès que le côté c'est un blanc qu'il rentre chez lui qui donnait plutôt le résultat inverse c'était ah mais les blancs au fond alors ça c'est rassérénant je crois pour les populations européennes ce sont des gens qui respectent le mérite qui savent à peu près gérer qui font à peu près ce qu'ils disent qui ne volent pas l'argent des citoyens à mon avis l'Afrique est optimiste sur l'Europe mais c'est comme ça quand même qu'elle voit et donc si on essayait un blanc était quelque chose d'assez fort et avec une phrase que j'aime beaucoup qui est bon écoutez les américains ont fait un effort ils ont élu un noir et nous on pourrait faire un effort et élire un blanc alors moi je suis allé à la COP21 je me suis mis à côté de Barack Obama je constatais qu'on avait la même pigmentation et donc à 7000 km près on était noir ou on était blanc moi j'étais blanc je n'ai pas tombé du bon côté
Nicole Diézotto
oui moi je suis tout à fait fascinée par votre aventure mais j'aimerais vous interroger de façon un tout petit peu plus prospective sur le développement de l'Afrique en général on a l'impression quand même qu'on a aujourd'hui une course de vitesse entre trois dynamiques une croissance économique qui existe au niveau du continent une croissance démographique et une explosion des crises stratégiques et la croissance économique Philippe en a parlé elle reste soutenue même si elle diminue depuis quelques années entre 5 et 3% depuis une dizaine d'années la croissance démographique elle est tout à fait étonnante 1 milliard aujourd'hui peut-être d'après les chiffres des Nations Unies 2,5 milliards d'ici 2050 soit un quart de la population mondiale et puis l'explosion des crises stratégiques la bande sahélienne le Mali le Niger la Libye l'Erythrée le Sud-Soudan le Sud-Soudan on en parle très peu mais quand même 2 millions de réfugiés au Nigeria à cause de Boko Haram 1,5 million de réfugiés et donc la question que je voulais vous poser c'est laquelle de ces dynamiques peut l'emporter est-ce que les forces de la modernisation économique de l'industrialisation de l'entrepreneuriat africain vont être plus fortes que les forces de la déconstruction politique ou est-ce que malheureusement en particulier dans cette grande zone subsaharienne les forces de déconstruction politique vont réduire à néant les efforts des entrepreneurs et des entreprises africaines
Lionel Zinsou ça va quand même beaucoup dépendre des hommes beaucoup dépendre la réponse à votre question elle n'est pas elle n'est pas gagnée d'avance elle n'est pas certaine la croissance économique est très forte parce que l'Afrique subsaharienne en effet est affectée par les matières premières mais elle ne rentre pas en récession sous prétexte que le pétrole est tombé à 27 dollars en début d'année ou que depuis des années et des années le fer le cuivre toute une série de matériaux qui sont exportés bruts par l'Afrique ont perdu plus de la moitié de leur valeur donc ça atténue la croissance de l'Afrique subsaharienne les pays qui ont la chance de ne pas avoir de matières premières vous savez les économistes à la différence des politiques ont plutôt peur des matières premières et des effets de dégâts sur les économies les pays qui n'ont pas des matières premières des rentes minières c'est le cas de l'union économique et monétaire ouest africaine auxquelles appartiennent les pays de la zone franc le Sénégal la Côte d'Ivoire le Burkina le Mali et le Togo le Bénin ces pays ont une croissance de 6% en 2015 donc ils ont une croissance supérieure à la moyenne d'Afrique subsaharienne puisqu'ils ont une chance que n'a pas le Nigeria que n'a pas l'Angola que n'a pas la Guinée équatoriale que n'a pas le Sud-Soudan de ne pas avoir de rentes minières et de ne pas subir un choc conjoncturel aussi fort et d'ailleurs d'être non pas exonéré de crise stratégique mais enfin au moins il n'y a pas de crise stratégique qui soit liée directement au contrôle de ces matières premières donc on a cette situation où on est probablement là une des zones du monde en Afrique subsaharienne et dans cette partie là qui est vraiment une croissance robuste et c'est beaucoup mieux quand vous avez une croissance démographique de 3% d'avoir 6% de croissance parce que ça commence à permettre de rééquilibrer de distribuer une amélioration non négligeable d'autant que c'est soutenu depuis plus de 10 ans non négligeable du bien-être et et et et une modération un cantonnement de la pauvreté maintenant la croissance démographique comme vous le dites elle a une particularité exceptionnelle c'est pour ça qu'en effet je récuse le sobriquet d'afro-optimiste parce que c'est quand même plus compliqué si vous voulez pensez à ce chiffre au Bénin il y avait 2 millions d'habitants quand je suis né juste avant l'indépendance aujourd'hui il y en a 11 millions mais sur 11 millions il y a bien le tiers qui sont dans une situation au fond passer en dessous du seuil de pauvreté c'est vraiment être misérable il y en a bien le tiers ça fait plus de 3 millions d'habitants ce qui veut dire que vous avez une fois et demie plus de pauvres aujourd'hui que vous aviez en fait comme totalité de la population à l'indépendance maintenant vous pouvez regarder l'autre côté c'est à dire que vous avez 7 à 8 millions de personnes qui vivent de façon digne et décente là où vous en aviez probablement moins de 500 000 à l'indépendance vous pouvez regarder donc les choses mais il faut penser les deux choses à la fois c'est à dire vous avez de plus en plus de pauvres et d'exclus mais vous avez beaucoup plus de gens qui sont placés au-delà du seuil de la pauvreté et qui peuvent élever leurs enfants les soigner avec un effondrement des indicateurs de mortalité ce qui est très frappant si vous voulez sur cette croissance démographique c'est qu'elle est quand même fondamentalement saine c'est à dire ça n'est pas que la fécondité c'est l'espérance de vie qui est le moteur de cette croissance démographique parce qu'elle s'allonge et donc il y a des éléments qui sont très robustes dans cette croissance démographique et qui font que ce n'est pas un fléau je sais que dans une émission récente on a fait la publicité d'un livre d'Africanistan d'un honorable spécialiste du développement qui a travaillé dans de grandes agences de développement qui n'ont pas beaucoup développé mais qui sont de grandes agences quand même et quelqu'un que je respecte Serge Mikhailov explique qu'il y a une tragédie démographique et qu'elle est la matrice de toutes ces crises stratégiques que vous évoquez et qu'elle va faire s'écraser au sol la croissance économique non absolument pas on vient de vivre déjà une croissance considérable et une transformation générationnelle extraordinaire dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne et la démographie saine par l'effondrement des indicateurs de mortalité par une amélioration profonde du régime nutritionnel et des soins de santé quand même une meilleure façon de croître si vous voulez que la simple fécondité débrilée alors qu'on entre en transition démographique c'est quelque chose qui est extrêmement positif et qui dans le domaine de l'habitat de l'urbanisation des biens de consommation des services de santé et d'éducation est la racine de cette croissance très durable mais les crises stratégiques il faut bien voir qu'elles ne sont pas que le produit de nos déséquilibres c'est pas parce que la jeunesse est au chômage si vous voulez que nous avons des djihadistes c'est parce que nous sommes dans la mondialisation des crises et nous avons deux filiales qui opèrent dans notre région la filiale de l'état islamique la franchise de l'état islamique pour le nigérien et la filiale d'Al Qaïda pour le maghreb islamique et un certain nombre de groupes autour d'elle qui opèrent plutôt au Niger et au Mali tout ça à 500 kilomètres disons de nos frontières donc on le ressent et c'est une diagonale qui va si vous regardez du Maroc jusqu'au Kenya c'est pas une bande comme les gens pensent sahélienne dans laquelle pour des questions d'aridité pour des questions diverses la bande du sud du Sahara serait très dangereuse non c'est une diagonale du terrorisme avec des liens extrêmement forts depuis ce qui est un facteur de déstabilisation du Maroc jusqu'au shébab de la Somalie et du Kenya et c'est très très largement le reflet en Afrique d'une situation qui n'est pas née en Afrique qui est beaucoup plus née au fond au Proche-Orient au Moyen-Orient en Afghanistan et dont nous avons les conséquences comme nous avons eu pendant des années des crises stratégiques vraiment liées à la guerre froide et il y a eu un moment de baisse de la conflictualité en Afrique conflictualité qui reprend il faut tout à fait l'assumer où la chute du mur de Berlin a fait qu'on a cessé d'être le champ-clos des luttes Est-Ouest qui vraiment ont dressé les régimes les uns contre les autres les républiques populaires marxistes-léninistes contre les états pro-occidentaux soutenus à bout de bras par la CIA et on a été le champ-clos jusqu'à les années 90 de ça et maintenant on est un peu à nouveau un théâtre d'opérations extérieures où se déroule une guerre qui n'est pas vraiment la nôtre alors évidemment il y a des facteurs de déstabilisation qui sont aggravants mais la présence de l'état islamique sous sa forme Boko Haram ou d'Al-Qaïda si vous voulez au Maghreb islamique c'est quand même une importation d'un conflit qui partage le monde de façon bien plus large que l'Afrique
j'avais juste une petite interrogation quand même sur ces chiffres de croissance parce que moi j'ai le plus grand respect pour la banque mondiale mais quand je vois que les plus forts taux de croissance sont dans les pays les plus en guerre je m'interroge République démographique du Congo plus 9 voire 7% de croissance Mali plus 6,2% Burundi qui est dans un état lamentable plus 4,6% on se demande vraiment à quoi correspond cette croissance pour des gens qui sont dans ces pays est-ce que c'est pas une croissance quand même totalement extravertie totalement liée à une économie exogène et non pas à une économie du développement de ces pays
si vous avez raison c'est la grande question d'ailleurs c'est l'intérêt d'une campagne électorale c'est que dans un pays qui comme le Bénin est quand même une vraie démocratie je dis pas que les résultats sont absolument ce que les gens ont voté vous voyez je dirais on est une démocratie un petit peu comme on a des primaires au parti socialiste ou au parti des républicains c'est à dire que c'est quand même ça a toutes les apparences d'une démocratie bien établie mais on n'est pas tout à fait sûr que le résultat ne dépend pas un tout petit peu des appareils mais en tout cas ça permet d'avoir une campagne ça permet de traiter des sujets de fond et le sujet de fond c'est qu'est-ce que c'est que cette croissance qu'est-ce qu'on en fait et est-ce qu'on peut en faire du développement le fait que vous ayez 6% de croissance y compris dans des pays qui sont partiellement en guerre c'est bien réel 6% de croissance ça veut dire que les entreprises font quelque chose comme du 10-12% de progrès de chiffre d'affaires et ça vous le mesurez de façon vous consommez des biens vous consommez des matières premières que vous transformez vous pouvez le mesurer le recouper de toutes les façons possibles imaginables et ça veut aussi dire des emplois puis c'est physique ça se voit avec des routes ça se voit avec des écoles qu'on construit on n'a jamais construit plus d'écoles au Bénin que dans les 5 dernières années ça se voit par le fait que vous passez à des taux de scolarisation beaucoup plus élevés donc c'est physique et vérifiable et mesurable est-ce que ça débouche sur une réduction de la misère ou est-ce que ça débouche sur un progrès des inégalités là c'est une vraie question et selon que les politiques publiques sont orientées vers plus de croissance inclusive ou totalement indifférente il y a quand même un vrai choix et donc là c'était un des choix intéressants de la campagne électorale est-ce que ça débouche sur des emplois pour les jeunes c'est vrai que vous avez des cohortes il faut bien que vous voyez ce que sont les chiffres la génération qui s'en va moi j'ai 60 ans je m'en vais je prends ma retraite je suis remplacé par la nouvelle génération quand je suis né il y avait 2 millions d'habitants quand sont nés ceux qui vont me remplacer sur le marché du travail ils étaient 8 millions donc il y a un remplacement des générations qui suppose énormément de création de richesses de valeurs pour simplement accueillir cette cohorte extraordinaire la révolution démographique européenne c'est du 0,5% de croissance de la population par an pendant 100 ans nous c'est du 3,5% de croissance depuis déjà en accélération le Bénin est passé de 3,5 à 3,7 en accélération bien qu'il y ait moins d'enfants par femme mais à cause des progrès d'espérance de vie et si vous voulez ça c'est un défi extraordinaire pour mettre dans l'emploi mettre dans l'emploi ça veut dire créer énormément d'entreprises nouvelles c'est pas simplement la structure ancienne qui peut absorber cette cohorte de jeunes et donc on a des politiques à avoir vraiment complètement ciblées sur l'emploi sinon la croissance ne crée pas de développement et elle crée essentiellement des classes moyennes supérieures alors effectivement vous produisez du bien de consommation pour ça que c'est le paradis terrestre pour L'Oréal le pharmacien Danone Coca-Cola Procter etc vous avez de plus en plus de consommateurs mais la machine a créé des classes moyennes supérieures qu'est la croissance économique ne dit rien du nombre de plus en plus important des exclus qui sont en plus des exclus qualifiés parce que l'image du paysan pauvre analfabète n'existe plus les gens pauvres exclus ils ont les moyens de se rendre compte qu'ils sont exclus d'agir dans la société civile et comme beaucoup plus de gouvernements sont des gouvernements démocratiques ou soumis à des élections régulières vous avez des gens qui savent parfaitement qu'ils sont exclus et rejetés et donc vous avez en réalité des facteurs de déstabilisation assez forts et la croissance c'était un des thèmes les plus intéressants de la campagne la croissance même si on la porte au Bénin de 6 à 8 et nous avons des camarades comme les Ivoiriens qui sont en rattrapage après de mauvaises années et qui sont plutôt à 10 la croissance ne va pas créer l'emploi elle ne va pas créer l'égalité elle ne va pas résoudre les problèmes sociaux et elle ne va pas faire passer les gens au dessus du seuil de pauvreté s'il n'y a pas des politiques hyper spécifiques et c'est vraiment un enjeu énorme avec des risques de déstabilisation politique forte c'était un assez beau thème de campagne je ne suis pas sûr que c'est la meilleure campagne qui ait gagné à cet égard parce que nous avons désormais un gouvernement très libéral qui pense quand même que la croissance va résoudre les problèmes moi je pense que la croissance ne résout pas du tout les problèmes du développement Mikaëlle Avigal
oui j'aimerais revenir au sujet de la guerre contre le terrorisme vous l'avez abordé vous avez montré et je crois c'est très important l'oubli trop souvent vu d'Europe que les pays africains sont aussi victimes de ce terrorisme mondialisé et je voudrais savoir dans quelle mesure les Etats européens et notamment la France qui est un peu la tête dans cette guerre contre le terrorisme coopèrent avec les pays africains vous avez dû le voir en tant que Premier ministre comment ça se passe est-ce qu'on fait vraiment assez pour justement avoir se donner tous les moyens pour gagner et non pas seulement des moyens sécuritaires
Lionel Zinsou alors là moi je trouve que vous posez vraiment une question très très importante les terroristes sont mieux financés mieux commandés mieux organisés logistiquement mieux équipés que les forces de sécurité en face d'elles parce que nos forces de sécurité elles n'étaient pas préparées du tout pour cet ennemi non conventionnel et très puissant elles étaient préparées éventuellement pour des conflits d'ordre civil mais sans vraiment sans rapport avec une force pareille prenez les moyens numériques de l'état islamique de Boko Haram d'Al-Qaïda c'est sans comparaison avec ce que les forces de sécurité peuvent apporter alors d'abord une coopération très forte entre les pays par exemple Nigeria Niger Tchad Cameroun c'est quelque chose qui fonctionne très efficacement et aujourd'hui franchement Boko Haram étant en recul il a cessé d'avoir une emprise territoriale alors qu'il y avait cette ambition territoriale de faire un califat comme en Syrie et en Irak et il est redevenu un groupuscule terroriste qui fait des coups de main donc c'est déjà un premier acquis où les troupes du Tchad ont été absolument fondamentales et les troupes nigériennes aussi avec des moyens logistiques numériques d'équipement fournis par l'opération Barkhane française et par l'effort spécial des Etats-Unis et donc c'est d'abord une coopération régionale énormément de renseignements nos renseignements traditionnellement ils servent essentiellement à écouter les opposants politiques et vraiment c'est plutôt des renseignements généraux intérieurs bon là il s'agit de faire du renseignement avec tous les moyens satellites et autres nécessaires donc c'est une professionnalisation extraordinaire et il faut aussi des moyens financiers la communauté internationale y pourvoit un peu mais pas suffisamment par rapport à l'importance de la menace cela étant si un seul des Etats et notamment les Etats partiellement faillis en Afrique de l'Ouest il n'y en a pas beaucoup mais il y en a en Afrique basculait et devenait un Etat souverain au service d'un mouvement terroriste là c'est un Etat taliban quelque part dans la zone sahélienne le danger il n'est pas pour l'Afrique il est pour l'Afrique immédiatement il est pour l'Europe parce que quand même vous voyez quand vous êtes au nord du Mali vous êtes à deux heures de vol de Séville et donc vous êtes en Europe il ne faut pas se tromper à Kidal vous êtes en Europe et donc évidemment un Etat souverain dans les mains terroriste c'est un enjeu terrible on a encore beaucoup de sujets beaucoup de problèmes il y a une professionnalisation nécessaire des forces de sécurité et vous savez on n'a pas le droit d'utiliser l'aide publique au développement pour des sujets de sécurité donc vous ne la Banque mondiale ne vous financera jamais un système de couverture satellite qui vous permet de savoir où est Boko Haram parce que c'est quelque chose qui a un lien avec des dépenses militaires et on n'a pas voulu les encourager mais ça c'est quelque chose qui doit muter c'est à dire qu'il va falloir pouvoir utiliser pour la sécurité des ressources qui sont des ressources financières du développement parce qu'il n'y a pas de développement sans probablement déjà un socle de sécurité alors pour l'instant ça n'a pas déstabilisé complètement des Etats on est passé très très près au Mali franchement au Mali quand l'opération Serval a débuté on était à deux doigts par le soulèvement de Mamako qui permettait de faire jonction avec les troupes du Nord on était à quelques heures de la constitution d'un Etat souverain terroriste et ça on connait il y a l'Afghanistan comme exemple il y a la Somalie comme exemple et avoir ça à deux heures de vol du sud de l'Europe ça aurait été catastrophique et financer ça il est naturel que ce soit la communauté internationale et on a vraiment un besoin de financement très très important même chose pour la piraterie la piraterie on n'en parle jamais mais l'Union Européenne et les flottes de l'Union Européenne ont gagné la guerre contre la piraterie en face de la Somalie bon il faut maintenant gagner sur ce taux de théâtre d'opération extérieure qu'est le golfe de Guinée qui est essentiel pour les approvisionnements du monde notamment en pétrole et là encore ça va demander que localement on fasse des efforts et que la communauté internationale en fournisse des moyens technologiques l'enjeu c'est le quart des approvisionnements de l'Europe en pétrole l'enjeu n'est pas uniquement africain
Jean-Louis Bournange oui justement sur cette question de la France-Afrique et de la présence militaire française je voulais savoir comment vous vous appréciez véritablement ce rôle on a l'impression que la France continue d'être assez active elle fait des choses utiles vous l'avez rappelé au Mali c'était sans doute indispensable d'intervenir comme on l'a fait en même temps on a l'impression qu'on joue un rôle qui est ingrat c'est à dire que l'Afrique se développe les relations se développent économiques se développent considérablement avec la Chine avec le Brésil avec quantité de pays la part de la France je me souviens vous avoir entendu en parler déjà Lionel la part de la France dans le commerce général de l'Afrique diminue considérablement et quand il y a du sale boulot quand même à faire comme en Centrafrique on y va là aussi il y a un aspect de fatalité qui paraît quand même assez redoutable est-ce qu'on peut s'en sortir et je ne peux pas résister à la tentation parce que tout ça est hypothéqué dans notre esprit je crois très gravement par ce qui s'est passé au Rwanda le souvenir du Rwanda quand on voit ce qui anime par exemple Védrine qui en parle constamment etc la façon dont le président Kagame utilise encore très fortement ce levier anti-français comment vous appréciez cette histoire-là est-ce que vous assumez qu'on a commis une erreur fondamentale ou est-ce que ce n'est pas quelque chose où rien n'a répondu comme on voulait
Lionel Zinsou
moi ce que je pense c'est que la France est un allié efficace de l'Afrique et pas le gendarme de l'Afrique il y a beaucoup de gens en Afrique et en Europe qui pensent que la France se perpétue dans un rôle de gendarme et que c'est au-delà de ses moyens et illégitime moi je pense que c'est simplement un allié efficace et fidèle de toute façon il faut être simple il n'y avait qu'un seul pays qui pouvait intervenir au Mali et un seul qui pouvait intervenir en Centrafrique et un seul qui pourrait intervenir au Tchad etc la Grande-Bretagne a eu des intérêts très importants dans cette région on aurait pu penser qu'elle serait au premier rang au Nigeria elle n'a pas les moyens humains politiques aucune volonté d'assumer une responsabilité dans une situation de chaos entre nord et sud au Nigeria qu'elle a installé qu'elle a créé dans les difficultés kenyanes si vous voulez la Grande-Bretagne a une responsabilité d'avoir opposé les populations qui est considérable dans les troubles au Rwanda encore présent fortement présent au Burundi et dans le génocide et les tragédies antérieures la Belgique a une responsabilité écrasante elle a construit des pays pour qu'ils soient inviables même chose en République démocratique du Congo elle en a même fait la théorie chose d'ailleurs que la France n'a pas faite mais la Belgique et la Grande-Bretagne ne sont pas à même d'assumer des responsabilités sur les conséquences de situations qu'elles ont largement contribué à créer il se trouve qu'il n'y a que la France pour le faire on le voit d'ailleurs à certains égards ailleurs plus loin en Afrique sur l'équipement militaire de l'Egypte il n'y a pas trois puissances qui sont capables de rééquiper militairement l'Egypte etc donc voilà la France a un rôle auquel elle ne peut pas se soustraire et elle fait ça pour compte de l'Europe à mon avis elle doit demander à l'Europe où est-ce qu'il en reste aujourd'hui elle doit lui demander de co-financer quelque chose qui est fait pour la protection de l'Afrique et de l'Europe solidairement maintenant effectivement le drame du Rwanda je ne pense pas qu'il ait beaucoup de conséquences sur la définition de la politique de la France en dehors de la zone des Grands Lacs au Mali on ne pense pas au Rwanda mais c'est un traumatisme très très important de tous les côtés et en fait il n'y aura que les historiens pour dire exactement qui a voulu ce génocide qui l'a accompli et donc franchement c'est difficile aujourd'hui d'avoir une vision claire sur ce qui s'est passé au Rwanda qui a été fauteur de génocide à qui a profité le crime collectif abominable et franchement on ne peut pas tellement avoir de point de vue très objectif sur les responsabilités à ce stade mais je crois que ça n'aubère la capacité la légitimité française que dans l'Afrique des Grands Lacs quelque chose de très important et pour l'instant la zone vraiment forte de conflit c'est le Sahel et là je pense que la France peut faire encore des choses qui sont nécessaires comme alliés mais c'est un allié c'est pas un gendarme et vous avez raison de le dire petit risque pour l'Afrique c'est que c'est quand même fondamentalement une espèce de cause assez noble que ne soutiennent pas les intérêts économiques puisque contrairement à ce que pensent les gens qui imaginent que la France-Afrique est toujours très active si cela ne tenait qu'aux intérêts économiques de la France elle n'aurait pas de raison de soutenir financièrement et humainement cet effort donc elle le fait pour rester une très grande puissance je pense c'est important mais pas d'abord économique plutôt politique et diplomatique parce que les intérêts économiques de la France d'abord ils ne les portent pas exactement vers les pays du précaré francophone c'est ni le Mali ni la Centrafrique les intérêts de la France ils sont maintenant comme les trois grandes économies du pays sud-africain nigérien et égyptien donc le précaré ça n'existe plus absolument pas pour les grandes entreprises ça n'existe plus donc il y a une dissociation entre l'intérêt économique d'agir et l'intérêt politique et diplomatique d'agir et moi je pense que la France veut rester une grande puissance et que donc elle va continuer mais on ne sait pas ce que les gouvernements français de demain imposeront à l'opinion à cet égard l'Afrique pourrait se retrouver sans alliés dans cette zone du monde si l'opinion et l'esprit public français n'y adhéraient pas
et d'ailleurs pour terminer cette émission dans le très peu de temps qui nous reste une question qui nous ramène au Bénin est-ce que vous continuerez votre activité politique au Bénin est-ce que vous passerez à une activité d'un autre type et notamment qui concerne le développement économique et le soutien au développement économique si vous pouvez répondre ?
Alors quand j'étais jeune j'avais un professeur à Sciences Po qui était monsieur Raymond Barr qui a été candidat aux élections présidentielles et qui pour autant ne s'est jamais mué en chef de l'opposition politicienne quand il n'a pas réussi c'est un exemple trop important pour moi mais quand même moi je pense qu'il y a c'est curieux je pense que les économistes sont relativement utiles et alors je pense quelque chose de plus paradoxal c'est que même les financiers sont assez utiles et qu'en matière de développement il vaut mieux que je fasse ce que je sais faire si vraiment je peux le faire et qui est dans un continent qui n'est pas financé pour sa croissance il n'est pas financé faire en sorte qu'il soit financé c'est-à-dire faire en sorte qu'on puisse soutenir cette croissance et notamment dans le domaine agricole parce que là ça a des conséquences sociales très très fort pour vous donner juste un chiffre l'agriculture n'est pas financée dans notre continent elle utilise la moitié de la population elle représente à peu près 5% des concours financiers si j'étais capable comme financier de faire en sorte qu'on finance l'agriculture ça aurait des conséquences sociales sur la qualité de la croissance qui me paraissent presque aussi utiles que de faire de la politique politicienne Lionel Zinsou
merci et à bientôt j'espère derrière le micro de l'esprit public l'esprit public une émission de Philippe Meyer réalisée par Luc Jean Reynaud préparée avec Adrien Nazely Anne-Sophie Pierry et Chloé Bousquet avec aujourd'hui à la technique Stéphane Desmond nous retrouvons donc la semaine prochaine Bernard Ourcad nous rencontrerons donc la semaine prochaine Bernard Ourcad et nous parlerons des défis de l'Iran j'espère vous y retrouver donc la semaine prochaine à la même heure sur cette même chaîne
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