Loi de programmation militaire - DG de Damien Girard pour le Groupe Écologiste et Social
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Damien GirardFait
« La guerre revient sur notre continent et nos démocraties sont ciblées par les impérialismes, les autoritarismes russes, chinois et américains »
- Damien GirardFait
« cette actualisation démontre l'obsolescence programmée de la loi de programmation militaire de 2023 »
- Damien GirardFait
« L'article 18 étant la surveillance algorithmique sans considération pour les exigences constitutionnelles et conventionnelles »
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Nous sommes à un moment de bascule. La guerre revient sur notre continent et nos démocraties sont ciblées par les impérialismes, les autoritarismes russes, chinois et américains. Face à ces dangers, vouloir déroger à nos institutions républicaines serait une naïveté.
Pire, ce serait une faute. Voici pourquoi nous regrettons profondément ce calendrier parlementaire contraint. Nous n'avons eu que quelques jours pour amender ce texte. pourtant plusieurs fois repoussé.
On ne peut pas préparer une nation à un conflit en engambant l'institution qui le représente. En outre, cette actualisation démontre l'obsolescence programmée de la loi de programmation militaire de 2023. Déjà en 2023, nous n'avions fait aucun arbitrage stratégique de modèle d'armée entre l'Indo-Pacifique, la défense continentale de l'Europe et notre modèle expéditionnaire.
Nous n'avions pas mis les moyens nécessaires à l'atteinte des objectifs. Alors aujourd'hui, nous sincérisons les dépenses qui devrait l'être depuis au moins 3 ans, sinon depuis l'annexion de la Crimée par Poutine en 2015. C'est nécessaire, cela n'est pas suffisant.
C'est en profondeur qu'il faut repenser notre modèle de défense. Ainsi, nous défendons un alignement avec nos besoins réels des capacités de génie et d'artillerie, de notre aviation de chasse, de nos frégats de premier rang et des enveloppes de subsidiarité. Ensuite, nous assumons notre désaccord européen avec de nombreux amendements de l'opposition comme avec le gouvernement.
Sans sécurité européenne, il n'y a pas de sécurité française. L'Europe, c'est la masse militaire. L'Europe, c'est la capacité industrielle.
Enfin, l'Europe, c'est la profondeur stratégique. Les dernières élections polonaises puis hongroises le démontrent encore. Notre Union est une union de démocratie.
C'est pourquoi elle est l'ennemi existentiel de Trump et Poutine, les maîtres à penser du Rassemblement national. Ainsi, nous continuerons à défendre les projets de coopération industrielle à l'échelle européenne. Le gouvernement n'a pas su faire aboutir un projet aussi structurant que le scaf, pourtant essentiel.
Nous en réaffirmons pleinement la nécessité. Enfin, nous refusons que cet effort militaire nécessaire ne serve de prétexte à fragiliser notre démocratie. Plusieurs dispositions nous inquiètent profondément.
L'article 18 étant la surveillance algorithmique sans considération pour les exigences constitutionnelles et conventionnelles. L'article 21 crée un état d'alerte dont le contrôle parlementaire est incomplet. Il ouvre des dérogations au cas par cas plutôt que d'instaurer un plan d'accélération dans les domaines stratégiques nécessaires.
L'article 22 ne tient pas compte des demandes des syndicats pour que la souplesse opérationnelle ne soit pas acquise au détriment de la protection des travailleurs. Ces états d'exception nous sont présentés comme une réponse aux crises. En réalité, ils arrivent trop tard pour être utiles et font reculer nos droits et donc notre République.
Déclencher une fois la crise survenue, il ne permettent ni d'anticiper ni de structurer dans la durée notre effort de défense. Il crée de l'exception là où nous avons besoin de stratégies. Nous demanderons leur suppression ou de meilleures garanties pour leur emploi.
Nous voulons également une doctrine de sécurité globale qui intègre tant les enjeux militaires que ceux de notre diplomatie, de lutte contre le dérèglement climatique ou encore contre le dépessage industriel. Depuis cette tribune, je veux avoir un mot pour les salariés de la fonderie de Bretagne et des forges de Tarle victime de manipulation boursicotière. Ce texte doit servir à garantir que leurs compétences et leur site industriel contribuent à notre souveraineté si besoin par une prise en main temporaire par l'État.
Ce sera l'objet de plusieurs de nos amendements. Chers collègues, la question posée par ce texte est simple. Face aux autoritarismes, voulons-nous renforcer ou affaiblir notre société, nos armées et notre République ?
Elle appelle une réponse claire. comme les républicains de 1792, comme le gouvernement provisoire de la République de 1945 comme la République ukrainienne en 2022. C'est en faisant grandir les principes de la République aujourd'hui que nous serons plus forts demain contre les dictateurs et contre leur pentins.
Nous ne renoncerons pas à nos principes sous le prétexte d'un renforcement de notre défense que nous approuvons par ailleurs. C'est à l'ône de la prise en compte de nos amendements que nous tirerons les conséquences quant à notre vote au final. Je vous remercie.
Yeah.
Damien Girard