Cécile Kohler et Jacques Paris accusés d'espionnage pour Israël par l'Iran
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
par la justice iranienne. Accusation lourde d'espionnage pour le compte d'Israël, notamment. Les Français risquent la peine capitale.
On chasse littéralement les ennemis du régime à Téhéran et la répression est brutale. Le régime des mollahs choisit la terreur. - 3 ans à croupir dans les geôles iraniennes pour la France...
C.Kohler et J.Paris, les 2 derniers Français détenus en Iran, ont été inculpés par la justice iranienne. - 3 chefs d'accusation: espionnage pour le Mossad, corruption et complot pour renverser le régime.
Ces accusations sont passibles de la peine de mort. - L'angoisse autour du sort de C.Kohler et J.Paris.
Hier, les 2 otages français détenus en Iran ont été inculpés d'espionnage pour le compte d'Israël et de son service de renseignement, le Mossad. Le Quai d'Orsay exige qu'ils soient relâchés. - J.-N.Barrot: Si les chefs d'accusation évoqués sont confirmés, nous les considérerions comme totalement injustifiés et infondés.
Je le dis avec beaucoup de force: nous exigeons la libération immédiate, inconditionnelle de C.Kohler et J.Paris. - C.Kohler, professeure de lettres de 40 ans, et son compagnon, J.Paris, 72 ans, ont été arrêtés en mai 2022 lors d'un voyage touristique en Iran.
Quelques mois plus tard, la télévision iranienne diffuse leurs aveux obtenus sous la contrainte. - Je suis agent de renseignement et opérationnelle à la DGSE. - J'ai été recruté par la DGSE en 2000. - Pour Téhéran, ces touristes voyageaient sous couverture, envoyés au Moyen-Orient par les services secrets français. - Objectif final et global: déstabiliser le gouvernement iranien, renverser le régime iranien et mettre en place un régime pro-impérialiste, donc au service de l'impérialisme français et américain. - C.Kohler et J.Paris sont les 2 derniers otages français détenus en Iran.
En mai 2023, B.Phelan, consultant pour un tour-opérateur iranien, et B.Brière, touriste, aussi accusé d'espionnage, ont été libérés après avoir passé plusieurs mois dans les geôles du régime.
Une libération sans accord financier, affirme le gouvernement français, à l'époque. - Quelle était la contrepartie de leur libération? - Il n'y a pas eu de contrepartie.
Je tiens à le dire. Nous avons plaidé à différents niveaux, auprès des autorités ukrainiennes, pardon, iraniennes, compte tenu de leur état de santé. - Depuis le début de sa guerre éclair avec l'Etat hébreu, le régime des mollahs traque et punit tous ceux qui auraient été recrutés par Israël. - Mon message à ces traîtres est le suivant: si vous sentez que vous avez été manipulé par l'ennemi, vous pouvez rapidement vous déclarer et vous rendre afin que vous soyez épargné. - Selon les médias iraniens, ces derniers jours, plus de 700 arrestations auraient eu lieu dans tout le pays.
Pour l'avocate de la famille Kohler, un message envoyé aux ressortissants européens, mais aussi à la population iranienne. - La guerre profite toujours aux dictateurs. L'Iran se nourrit de la guerre pour déployer son appareil répressif.
Les arrestations sont massives à l'encontre des défenseurs des droits humains, des dissidents politiques. Les transferts de prisonniers depuis la prison d'Evin, ça a été le prétexte pour des disparitions forcées de dissidents qui sont les plus problématiques aux yeux du régime, qui a profité de cette cohue générale pour faire son beurre. - Une chasse aux espions et une vengeance contre le Mossad.
Le 25 juin, l'Iran a annoncé avoir exécuté 3 hommes accusés d'être à la solde d'Israël. - C.Roux: Nous allons revenir sur la terreur imposée par le régime à sa population.
Nous sommes en direct avec N.Kohler. Merci d'être avec nous.
Vous êtes la soeur de C.Kohler, détenue en Iran depuis 3 ans. Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert les chefs d'inculpation? - N.Kohler: C'est terrible.
On a passé des semaines abominables avec Cécile et Jacques qui étaient sous les bombes. On a passé une semaine à ne pas savoir s'ils étaient vivants. On a enfin eu un signe de vie mardi, lors de la visite consulaire.
Quand on a eu le rapport, mercredi, ces nouveaux chefs d'inculpation qui leur ont été notifiés par un juge, mais on ne sait pas qui ni quand...
C'est passible de la peine de mort. Cet élément les torture psychologiquement, un élément de plus. - C.Roux: Vous avez eu des contacts avec le gouvernement français depuis ces informations sur les accusations dont ils font l'objet? - N.Kohler: Très peu.
Pour l'instant, nous avons surtout eu les éléments factuels qui ressortent de la visite consulaire, mais nous n'avons pas eu l'analyse des autorités françaises. - C.Roux: V.Hugeux a lu le communiqué de l'ambassadeur iranien en France qui disait: "Nous allons respecter la procédure judiciaire.
Il n'y a pas encore eu de verdict faisant référence à l'humanité et les solutions satisfaisantes avec lesquelles ils voulaient gérer ce dossier..." - N.Kohler: Excusez-moi de l'expression, mais ça rend fou.
Dans le cas de Cécile et Jacques, la procédure, s'il y en a une, ne correspond à rien. Ca fait plusieurs mois qu'on leur annonce...
Ca revient systématiquement dans les appels qu'on a eus. On leur dit qu'ils vont être jugés bientôt et que ce sera grave. On leur annonce des chefs d'inculpation très graves, passibles de la peine de mort.
Ce communiqué dit que l'enquête est encore en cours alors que leur droit à la défense est bafoué. Ils n'ont pas accès aux avocats et personne ne sait rien sur cette enquête en cours. - C.Roux: Ils n'ont pas d'avocat.
On peut s'arrêter sur ce point. La justice racontée par les Iraniens se passe sans eux, en réalité. - N.Kohler: Absolument.
Il n'y a pas d'avocat. On a engagé des avocats sur place dès le départ. Ils n'ont jamais pu les rencontrer ou avoir accès au dossier.
Personne n'a eu accès au dossier. Les autorités françaises elles-mêmes, lors des rares visites consulaires, avaient interdiction d'évoquer le dossier juridique. C'est une énième violation de la convention de Vienne sur les relations consulaires.
Effectivement, cette procédure n'a aucun sens. Ces nouveaux chefs d'inculpation sont aussi absurdes que cruels. depuis le bombardement de la prison d'Evin où elle était détenue?
Vous avez des nouvelles sur son état de santé ou son moral? - N.Kohler: C'est très difficile.
On a appris qu'ils ont entendu 3 frappes qui ont eu lieu à quelques mètres d'eux. Ca a fait trembler les murs de leur cellule. Certains des codétenus de Jacques ont été blessés par des éclats, des débris.
Lui s'estime chanceux d'y avoir échappé. Ensuite, ils ont été regroupés avec d'autres prisonniers lors d'un dispositif très strict, sévère, avec un déploiement massif de forces spéciales pour être transférés. Cécile a d'abord été transférée à Qarchak, dans la prison où la plupart des femmes de la prison d'Evin ont été transférées.
On lui a bandé les yeux pour l'emmener dans un lieu de détention secret. Elle entend des bruits de tir autour d'elle. Ca la terrifie car elle pense que le conflit repart.
Elle vit avec ce danger de mort toujours en tête. Elle n'a pas pu prendre le peu d'affaires qu'elle avait. Elle est démunie.
Jacques n'a toujours pas de lunettes adaptées à sa vue. Il a insisté lourdement, lors de la visite consulaire, sur l'extrême dureté de ses conditions de détention. On se demande comment ça pourrait être pire que ce qu'ils ont connu en 209, mais apparemment, c'est le cas.
Ils vont très mal tous les 2. Ils perdent espoir. que les bombardements reprennent et ce chantage à la condamnation à mort exercée par les autorités iraniennes. - C.Roux: Et vous, comment vous allez?
Vous êtes venue souvent sur le plateau pour nous parler de votre soeur et de J.Paris. Vous avez encore le courage d'être là ce soir avec nous.
Quel est le sentiment qui domine? La colère, une forme d'abattement, de la tristesse? C'est quoi? - N.Kohler: C'est un mélange de tout ça.
Déjà, je vous remercie de me recevoir encore. Vous nous aidez énormément à mettre la lumière sur ce dossier. C'est des émotions mêlées.
L'émotion qui prédomine est la colère. On n'en peut plus. Cécile et Jacques ont échappé de peu à ces bombardements.
Ils n'ont même pas eu le temps de s'en remettre que les autorités iraniennes ont continué à exercer leur torture psychologique indigne. Nous n'en voyons pas le bout. On a l'impression que ça ne pourra jamais être pire mais plus on avance, plus on avance dans l'horreur, plus on monte dans l'horreur.
On est en colère, mais déterminés à se battre pour obtenir leur libération et leur rapatriement auprès de nous, en sécurité.
Jean-noël Barrot