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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 7 janvier 2020 16 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

RETRAITES : La grève est le fait de Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Le Premier Ministre se dit confiant sur un compromis. Vous partagez cette ouverture ?

  • 0:45RelanceRéponse directe

    Le Premier Ministre dit être ouvert à toute bonne idée si l'équilibre financier est protégé. Vous confirmez ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Pourquoi parler de 'déclaration de guerre' après les vœux d'Emmanuel Macron ?

  • 3:30OuverteRéponse partielle

    Les cadres supérieurs sont-ils les perdants de la réforme ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    La capitalisation est-elle un scénario noir pour les retraites ?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    Les grévistes bloquant les raffineries agissent-ils dans la légalité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Jean-Luc MélenchonFait
    « il n'allait quand même pas dire : écoutez, allez vous faire voir, je maintiens mon affaire. »
  • 2:15Jean-Luc MélenchonFait
    « la grève n'est pas le fait des grévistes. Elle est le fait de la décision d'imposer un système de retraites dont ne veulent pas les français. »
  • 9:00Jean-Luc MélenchonFait
    « tous les régimes par capitalisation présentent un danger mortel pour la retraite. »
  • 10:30Jean-Luc MélenchonFait
    « les droits de l'homme et les droits de la défense ne s'appliquent pas en fonction de critères de classe. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

En ce jour où les syndicats doivent être reçus au ministère du travail pour un nouveau cycle de discussions sur le projet des retraites. Merci d'être avec nous sur europe1. Jean-luc Mélenchon, ce matin le Premier Ministre se dit confiant sur un compromis.

Même si vous n'êtes pas d'accord avec le projet de retraite, c'est une position d'ouverture, de dialogue que voilà. Oui il y a des fois… il n'allait quand même pas dire : écoutez, allez vous faire voir, je maintiens mon affaire. Mais je veux quand même vous dire que tout à l'heure là, en préparant l'émission, j'écoutais attentivement ce que disaient les collaborateurs d'Europe1 qui découpaient le discours du Premier Ministre il me semble - je ne sais pas si j'ai bien compris -, mais les collaborateurs ici disaient que c'était ça que le Premier Ministre venait de dire, que au fond il était ouvert à toute bonne idée du moment que l'équilibre financier du régime des retraites se trouverait être protégé…C'est bien cela, vous avez bien compris…Parfait donc si c'est ça, il y a matière à discuter mais il faut prendre du temps c'est-à-dire qu'il y a un certain double langage à ce moment là.

Parce que si c'est ça qu'il pense, ça veut dire que on remet tout à plat, donc l'idée même. Il n'y a pas un a-priori : son système à lui, la retraite par points ou rien. Mais on rediscute de tout.

Alors dans ce cas, il faut qu'il retire le texte et quand je dis "retirer le texte" pardon, mais cette fois-ci je parle au sens concret du terme puisque le texte d'un projet de loi est déposé devant le Conseil d'Etat. …Enfin, un texte à trous, Jean-Luc Mélenchon, avec des blancs et l'essentiel restera à compléter en fonction des discussions, vous savez bien comment ça se passe…Oui je sais bien comment ça se passe et c'est la raison pour laquelle je suis en alerte maximum parce que quand vous déposez un texte c'est pas pareil que quand y'en a pas par conséquent trous ou pas, il pourrait retirer ce document. Et puis on pourrait dire : bon d'accord, tout le monde se réunit : les partenaires sociaux - bon on appelle ça comme ça -, les syndicats de salariés, les syndicats patronaux et peut-être d'autres, je sais pas, le Conseil Economique et Social… Et puis on dit : bien voilà, ce qui se présente devant nous, voilà quelle est la perspective, comment on y répond ?

Ça oui. Mais ça ça demande plusieurs mois de discussions parce que… C'est vrai que nous n'avons pas eu assez de discussions des mois, deux ans dit-on, ce n'est pas suffisant ? Non apparemment, personne n'a parlé de rien.

Moi je suis parlementaire. - Vous, je sais bien que dans l'esprit de beaucoup, le parlement ne compte plus, n'a pas d'importance -, mais nous n'avons jamais été saisi d'un seul mot de cette discussion. On a entendu dire à intervalles réguliers, monsieur Macron qu'il était partisan de la retraite à points, mais personne ne savait au juste ce qu'il comptait faire.

Nous nous sommes opposés au système de retraite à points pour des raisons qui ne sont pas idéologiques pour des raisons qui sont concrètes, matérielles, qui concernent la vie des gens. Nous n'avons jamais cru à cette propagande sur le thème "à bas les régimes spéciaux" parce que, comme l'a dit Christian Jacob, qui n'est pas spécialement un ami politique puisque c'est le… …Vous avez de drôles de références ce matin… Mais oui, mais pourquoi pas, je cite tout ce qui est dans le paysage monsieur Jacob dit au président de la République : "maintenant arrêtez, ce que vous faites n'a plus de sens". Pourquoi ?

Parce qu'il a démarré avec l'idée qu'on allait abolir les régimes spéciaux. Mais il n'y a que les, comment dire… des gens très superficiels pour croire que les régimes spéciaux existent par une espèce de faveur, de privilège. Non, c'est le résultat de toute une histoire.

Les gens savent qu'on ne peut pas mettre un pilote de chasse dans un avion de chasse à plus de 60 ans. Voyez-vous, ça tout le monde le sait. De même qu'on ne peut pas laisser un cheminot dans une cabine de pilotage entre 63 et 66 ans… On va parler du fond, c'est le plus important… Là j'y suis… Mais vous y êtes et on va continuer à le faire.

Mais la forme quand même rejoint souvent le fond et vous connaissez bien le sens des mots. On peut pas vous reprocher à vous de ne pas le connaître. C'est pour ça qu'on a été étonné de vous entendre, mais oui, au lendemain des voeux d'Emmanuel Macron, prononcer cette phrase : "une déclaration de guerre", c'est ce que vous avez dit après les vœux d'Emmanuel Macron qui maintient sa réforme.

Quand même, les mots ont un sens. Et eux… Vous le reconnaissez ?…Bien sûr… Alors… Alors je suis omniscient comme chacun le sait.

Et donc je ne commets jamais aucune erreur N'exagérons pas… Votre langue a-t'elle fourché.Ça a dépassé votre pensée ?… Non, non pas du tout…pensais pas du tout mais je m'amuse maintenant, comme littéraire que je suis, de cette guerre des mots qui fait que, chaque semaine on trouve un mot dans un de mes discours pour, et moi, ça fait mes affaires parce que du coup on parle.

Alors on parle. En effet, j'estime que le président de la République qui a en face de lui des hommes et des femmes qui, pour certains sont en grève depuis un mois, dont il peut, même s'il n'en a aucune connaissance personnelle, avoir entendu dire ce qu'est la souffrance d'être en grève, d'être gêné par la grève aussi, et qui a pour toute réponse : "hé ben écoutez moi, salut ! Je vous reverrai peut-être le 9 janvier.

On verra. Et d'ici là, si vous vous enragez vous le paierez". Et bien j'estime …et surtout qui ajoute : "je changerai rien.

Je fais mon truc. J'ai décidé une fois pour toute. C'est comme ça et c'est pas autrement".

Et bien oui, c'est une attitude d'une violence, d'une dureté qui n'entend pas ce que dit la souffrance de la lutte. Il ne l'entend pas… Peut-être que vous n'entendez pas, pardonnez moi Jean-Luc Mélenchon le même peuple ou la même partie du peuple. Parce que vous, vous dites d'ailleurs, des piquets de grève quand vous y êtes : "grévistes, courage le peuple est avec vous"… Hum…… Oui, mais une partie du peuple…Bien sûr…c'est ce que vous oubliez, ha oui… on est en démocratie,tout le monde n'est pas d'accord… Donc vous ne parlez pas de cette France silencieuse qui veut que la situation sociale s'apaise, qui veut travailler… mais bien sûr, mais moi aussi… …qui soufre de ce contexte social… Moi aussi je suis pour que la situation s'apaise… Vraiment en parlant de déclaration de guerre ?

Et bien oui, je parlais du président de la République pas de moi. Moi j'ai déclaré la guerre à personne. La grève n'est pas le fait des grévistes.

Elle est le fait de la décision d'imposer un système de retraites dont ne veulent pas les français parce que… D'habitude, on me on me lance au visage les sondages. Et bien allons-y cette fois-ci. Vous avez les deux tiers des français… Je l'avais pas fait, je vous parle d'une autre France … J'ai bien compris… Vous le reconnaissez d'ailleurs cette France silencieuse… Ecoutez, je sais que toujours il y a des pour et des contres.

C'est le propre de la démocratie. Et l'art de gouverner ne consiste pas à sauver ceux avec lesquels vous n'êtes pas d'accord. C'est autre chose.

C'est le sens du compromis. De la manière de trouver un… surtout, de produire des arguments qui soient des arguments convaincants, pas des arguments de mystification. Quand vous dites aux gens le régime de retraite va être déséquilibré financièrement.

Ce n'est pas vrai. Quand vous dîtes il est impossible de raccourcir la durée au travail. Ce n'est pas vrai.

Nous pouvons faire la démonstration du contraire. On peut financer sans qu'il en coûte exagérément ou même sans qu'il en coûte du tout. Je peux prendre le seul exemple du fait que tous les français payent aujourd'hui pour la dette sociale.

A partir de 2024 cette charge disparaît. La somme collectée est toujours là et elle suffit plus qu'amplement à compenser les manques… Vous venez de dire… Vous qui êtes un cadre, un cadre supérieur comme moi, vous plus que moi parce que vous gagnez plus que moi. Mais peu importe. … Vous voulez qu'on se lance dans les gros budgets.

Je sais ce que vous allez dire sur les cadres superieurs et c'est intéressant Jean-Luc Mélenchon, pourquoi ? Parce que certains cadres supérieurs ce matin sur europe 1, ils vous écoutent et vous les mettez dans les perdants de la réforme pourquoi ? Et bien parce que voilà, jusqu'à deux fois le plafond de la sécu… Jusqu'à présent vous continuiez à cotiser jusqu'à huit fois le plafond de la sécurité sociale et puis vous aviez des droits à la retraite là dessus.

Donc ça c'est déjà dans leurs feuilles de paye Alors la réforme est la suivante : à deux fois le plafond, terminé vous ne cotisez plus et vous n'avez plus de droits particuliers. Mais les gens qui ont ces payes - faut que tout le monde le comprenne - celui qui a, ou celle qui a 10.000 par mois, - alors ça peut faire beaucoup quand on regarde ça depuis le smicard - et c'est vrai que c'est beaucoup, mais en attendant celui qui les a il ne les a pas volés.

Donc il les a gagnés par son travail. Or, il va falloir qu'il cotise à un système d'assurance privée donc ça veut dire que c'est maintenant que vous paierez plus cher que vous ne payez pour la sécurité sociale de tout le monde. Ça fera donc du pouvoir d'achat de moins dans le circuit.

Les commerçants peuvent commencer à se préoccuper. Et deuxièmement, avec l'espoir un jour de retrouver le niveau de retraite … Attendez vous oubliez de dire quelques chose. C'est vrai que le manque à gagner en cotisations pour les régimes complémentaires s'élèverait à environ, je crois 5 ou 7 milliards par an, mais ce que vous ne dîtes pas Jean-Luc Mélenchon, c'est que les régimes complémentaires feraient également des économies dans la mesure où ils n'auraient plus de pensions à verser à ce public des cadres supérieurs.

Et oui. Oui d'accord… et bien d'accord… Non mais attendez là vous faîtes - pardon de vous le dire - … Oui mais il y a des économies, non mais vous dîtes… Non, non, madame… Tous les économistes vous le diront… Tous les économistes non ! Ça je j'affirme et j'espère qu'il y aura des fact-checkers, - je ne sais pas comment on dit - qui vont aller vérifier ça … fact-checkers… Oui tous les économistes ne disent pas ça et notamment les économistes atterrés vous feront la démonstration que la cotisation que vous allez donner quand vous êtes un cadre supérieur va vous être retirée de votre déclaration d'impôts.

Donc c'est les autres qui vont payer à votre place.Et quand vous toucherez votre pension et bien 70% de cette somme sera déduite de vos impôts. Ça commence à faire beaucoup pour tous les autres et j'ajoute ceci : comme vous ne cotiserez plus au régime général, eh bien il manquera les cotisations au régime général et là, il y en a pour plusieurs milliards.

Et donc c'est cette réforme là qui va mettre en déséquilibre le système de sécurité sociale… Même si les régimes complémentaires feraient également des économies. Mais s'est avéré… Mais les régimes complémentaires c'est d'une autre nature. C'est une assurance privée le régime complémentaire, tandis que le régime général, c'est tout le monde.

Donc madame Mabrouk, il ne faut pas se soucier que de soi et de sa classe. Il faut s'occuper aussi des autres. On vit dans un monde ensemble… C'est vous qui avez pris l'exemple, Monsieur Mélenchon, des hauts cadres…Mais ça vous dit… Vous pouvez pas Madame Mabrouk, faire tourner cette émission si y'a pas des gars pour vous mettre la lumière, le chauffage Et s'il n'y pas d'invité pour répondre aux questions.

Et merci, je vous remercie d'être là. Mais ça veut dire quand vous parlez des hautes cadres Jean-Luc Mélenchon, et ça c'est important, que selon vous il y ait de fortes chances qu'ils puissent souscrire à des plans d'épargne retraite par capitalisation. On y arrive.

Vous faîtes de la capitalisation un scénario noir… Oui… Mais vous oubliez de dire quelque chose Combien il y a de millions de français qui ont des plans d'épargne retraite ? Oui, justement… 12 millions monsieur Mélenchon. Ça en fait du monde… Oui en effet, vous avez raison… ils ont pas peur de ce scénario noir… Vous ne savez pas madame ce qu'ils pensent parce que personne n'a jamais été leur demander… ils y souscrivent quand même librement.

Pardon madame, ils y souscrivent librement nous sommes bien d'accord mais écoutez moi : L'idée de la sécurité sociale, c'était que tout le monde était dans le régime universel et, par sa cotisation, acquerrait des droits de cette manière. C'était pas la multiplication des régimes complémentaires qui ne sont là… Madame ne me dîtes pas que si vous en avez un, vous le faites par plaisir. Vous le faîtes par obligation.

Si vous pouviez vous en passez vous vous en passeriez. Par conséquent, la bonne idée c'est le régime dans lequel tout le monde cotise et tout le monde reçoit, voilà. Et moi, c'est ça que je défends.

Et j'ajoute que tous les régimes par capitalisation présentent un danger mortel pour la retraite. Regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis : Personne n'en parle. Mais en 2008, tout s'est effondré et des dizaines de caisses de retraites particulières se sont effondrées.

Les gens n'ont plus rien après ça. Plus rien. Vous avez cotisé pour rien.

Parce que, mesdames messieurs l'argent ne voyage pas dans le temps. Il est à l'instant où il est et le jour où la bourse s'effondre votre retraite avec… Certes, mais de là à présenter Blackrock France ou Blackrock de manière générale comme le côté obscur de la force, l'ombre de la retraite par capitalisation ! On a oublié de dire Jean-Luc Mélenchon, que Blackrock ne gère pas de fonds de pensions que c'est un nain en France !

Oui, oui. J'ai entendu… Mais c'est le grand méchant capital… Je croyais que c'était la France qui était…Non, non pas du tout mais ne caricaturez pas le point de vue anticapitaliste parce que les merveilles du système que vous défendez à cette occasion sont en train de détruire la planète Je ne le défends pas, je rappelle des faits. Je comprends mais n'ironisez pas sur ceux qui y sont hostiles.

Je suis hostile au capitalisme parce qu'il détruit les êtres humains et la planète. Et donc mon combat personnel est dans cette branche là, et avec moi, des millions d'êtres humains qui pensent comme moi. Donc écoutez-nous quand nous lançons une alerte : La société n'a rien à gagner à épuiser les gens au travail.

Personne n'a rien à y gagner. Tandis qu'un équilibre plus serein permet à chacun de participer à la vie commune et y apporter sa petite part de bonheur. On ne gagne rien à sur-exploiter les gens.

Sonia Mabrouk, je suis sûr que vous avez vu ça une fois dans vos vacances ou en vous déplaçant dans le monde : quand vous voyez une personne de 70 ans remplir des petits sacs à la sortie d'un supermarché parce que c'est son seul revenu et bien vous avez le coeur brisé… Monsieur Mélenchon tout le monde est sensible à ça mais… mais tout le monde défend ses idées ses convictions… Bien sûr… Dans la légalité, par le combat social et démocratique. Pourquoi alors vous étiez hier à Grandpuits avec les grévistes qui appellent au blocage des raffineries ? Vous savez que ce n'est pas légal… Non parce que arrêter le travail est un droit constitutionnel.

Empêcher le travail des autres où la circulation de camions dans des sites pétroliers est illégal, jusqu'à nouvel ordre. Bon écoutez, allez leur expliquer. Mais ces gens-là… Posez vous la question de savoir pourquoi ils font ça.

Posons-nous la. Ce sont de braves gens. Ils sont en grève depuis 34 jours et la réponse qu'ils ont reçue du président de la République c'est : j'en ai rien à fiche de vous et de ce qui vous arrive.

Je continuerai mon truc. Donc ils montent le ton. Ça fait 34 jours qu'ils auraient pu bloquer tous les camions et il n'y aurait plus une goutte d'essence dans ce pays.

Ils ne l'ont pas fait. Ils ont fait preuve de sens des responsabilités. Mais comme on les provoque alors ils montent le niveau de la mobilisation il faut pas les traiter comme des délinquants.

Ils ne le méritent pas. Ce sont de braves gens, je le répète. Pères et mères de famille.

Comme vous appelez à la responsabilité, je vous entends, Jean-Luc Mélenchon, vous leur dîtes : Vous êtes en train de mettre vos familles entre parenthèses. Vous êtes en train de perdre de l'argent. Attention il ne faut pas aller vers une… Non, non ! je dis aux autres, aux puissants vers un mouvement trop fort aux importants, aux puissants, qui croient qu'ils peuvent broyer les petites gens.

Je leur dis : il vous en cuira. Ceux qui se sont obstinés comme l'a fait par exemple, François Hollande, sur la loi Elkhomri, le résultat, c'est qu'ils ont été éradiqués politiquement. Donc réfléchissez-y.

On ne gouverne pas un pays à coups de pieds. Ni à coups de matraques, ni en éborgnant les gens. Ce n'est pas comme ça.

Oui, il y a moyen de discuter. Tous ces gens sont prêts à discuter, mais respectez-les ! Ils vous disent qu'ils ne veulent pas de la retraite à points.

Vous venez de dire, monsieur le Premier Ministre, que votre seule ligne rouge c'est l'équilibre financier. Très bien. On arrête tout et on discute de ça et on discute cette fois-ci officiellement, solennellement.

Le parlement en est saisi… C'est votre proposition ? Voilà… Jean-Luc Mélenchon, je voulais vous parler… Que voulez-vous proposer d'autre que la démocratie… Jean-Luc Mélenchon, je voulais vous parler des puissants… Je voudrais conclure sur deux éléments. Un puissant déchu.

Vous avez entendu son avocat, tout à l'heure dans notre journal de 8 heures avec Mathieu Béliard : Carlos Ghosn. Est-ce que malgré tout, malgré ce que vous pouvez penser des puissants, est-ce que vous vous dîtes : un traitement comme celui ci, au Japon ce n'est pas normal. Qu'il se défende !

Bien sûr… qu'il se défende ! Mais madame Mabrouk je vous le dis très clair et net : Les droits de l'homme et les droits de la défense ne s'appliquent pas en fonction de critères de classe. Donc monsieur Carlos Ghosn y a droit comme tous les autres.

La maltraitance à laquelle s'est livrée la justice japonaise est inacceptable. Je le dis pour lui comme je le dirais pour d'autres. Ça n'est pas une affaire de classe.

Les droits de l'Homme… Carlos Gjosn a donc été maltraité. Il faut prendre ça en compte. Il a eu raison de partir ?

Mais c'est ce qu'on a lu partout.Et puis après, vous connaissez un être humain qui n'essaie pas s'échapper quand on le maltraite. Ça n'existe pas.

Alors pourquoi lui serait le seul être humain à notre connaissance à qui ça serait indifférent d'être maltraité. Vous savez, quand mes amis s'évadent des prisons des dictateurs, je ne leur dis pas : écoutez, vous devez respecter la loi retournez-y. C'est important Jean-Luc Mélenchon.

Vous n'êtes pas à géométrie variable par rapport ni aux classes ni aux statuts ni en fonction de chacun. C'est important de l'entendre… Mais c'est la base de l'humanisme L'être humain a des droits qui sont des droits non négociables et ça s'applique à tout le monde. Mais après, comme ce sont des droits égalitaires, ça veut dire que tout le monde est égal.

Et le président de la République n'est pas d'une essence humaine différente de celle de ses compatriotes. Et par conséquent, il doit en tenir compte. Si je gouvernais le pays, je sais très bien que j'aurais droit à une opposition au moins aussi virulente que celle qu'on lui oppose mais je me soumettrais à la loi qui est de dire que la démocratie ce n'est pas seulement savoir gagner, c'est aussi savoir perdre .

Alors monsieur Macron, vous avez perdu parce que le peuple français ne veut pas de votre truc… On verra tout ça, avec la discussion à l'épreuve des faits … Moralement, il a perdu madame mabrouk… moralement et politiquement, il a perdu… On verra ça aux prochaines élections monsieur Mélenchon.Rendez-vous bientôt Et bien demandez à Hollande le bien que ça lui a fait la loi Elkhomri. Il l'a passée en force… Je voudrais vous remercier et conclure sur un point important parce que je sais que vous allez évidemment… Le 9, il faut être dans la rue !

Les gens écoutez-moi… Autre élément, c'est une tragique date d'anniversaire aujourd'hui, cinq ans après l'attentat de Charlie Hebdo. Il faut sans cesse rappeler, Jean-Luc Mélenchon, ne jamais oublier toutes ces victimes du terrorisme islamiste. Encore ces derniers jours… Oui, c'est un combat idéologique… Il faut le mener aussi, monsieur Mélenchon… Non, non ! c'est pas un combat idéologique.

II y a l'aspect idéologique mais il y a l'aspect policier, matériel. Et je préfère avoir des policiers qui courent derrière des terroristes que derrière des grévistes… Mais il y a aussi un combat idéologique contre les complaisances sémantiques, idéologique, de certains politiques et des intellectuels… Oui, ça vous avez raison sur le fait qu'il ne peut pas y avoir de compromis avec la théocratie. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, tout en étant profondément hostile à ce qu'a fait le président Trump, dégoûté par l'attitude du président de la République française qui s'est aligné sur lui, je rappelle que l'hostilité aux Etats-Unis d'Amérique, qui doit être maintenue, la condamnation de ce qu'ils ont fait en Irak doit être maintenue, ne doit pas être, d'une manière ou d'une autre, une complaisance pour le régime théocratique de l'Iran.

Qui d'abord nie la démocratie aux iraniens et aux iraniennes et en plus prétend détruire son voisin, l'état d'Israël. Ce qui n'est nullement une contribution à la paix dans la région…On a passé beaucoup de sujets en revue… Oui, j'ai l'impression. Merci Jean-Luc Mélenchon.Ça faisait longtemps que vous n'étiez pas revenu sur Europe1.

Ça fait plaisir de vous accueillir… Ça donne envie de revenir. Vous avez vu nos nouveaux locaux. Ouais vous avez l'air d'avoir plus de place mais sûrement ça doit être en échange de plus de travail.

Donc ça doit être plus dur pour vous… No comment. 8 heure 30, merci Sonia Mabrouk.