Budget : "Nous avons choisi de ne pas pratiquer la politique du pire", justifie Olivier Faure qui écarte la censure
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons le premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. Vos questions 01-45-24-7000 et sur l'application de Radio France. Olivier Faure, bonjour. Bonjour à vous. Et bienvenue sur Inter. Après moult tergiversations et hésitations, vous les socialistes avez donc décidé hier en bureau politique de ne pas voter la motion de censure déposée par vos alliés du Nouveau Front Populaire. Motion de censure qui est une réponse à l'utilisation du 49-3 par François Bayrou sur le budget. Vous avez donc décidé de sauver le Premier ministre, de sauver François Bayrou ?
Évidemment non. La question n'est pas là. Nous avons, comme vous l'avez dit, beaucoup parlé, beaucoup hésité, parce qu'il n'y a aucune bienveillance vis-à-vis de ce gouvernement, mais il y a un attachement à l'intérêt général, celui du pays, doter la France d'un budget, lui permettre de continuer à travailler. Nous avons été sollicités au cours de ces dernières semaines par une multitude d'acteurs, les collectivités locales, associations, entreprises, celles et ceux qui dépendent de la commande publique, PME, TPE, qui ont besoin d'avoir un budget et qui donc ne peuvent pas attendre davantage.
Et nous avons choisi non pas de soutenir le gouvernement, mais de ne pas pratiquer la politique du pire, parce que la politique du pire, elle peut conduire à la pire des politiques, celle de l'extrême droite.
Alors, on va voir ce que vous appelez la politique du pire et qui joue selon vous la politique du pire, mais vous dites qu'on a été saisis par des associations, des collectivités qui nous ont dit « Attention, on ne va pas être payés s'il n'y a pas de budget », des associations et des collectivités qui voient aussi leur budget baisser, leur dotation baisser clairement dans ce budget. Il y a des coupes de plusieurs centaines de millions d'euros dans le budget Bayrou, sur l'aide publique au développement, sur l'écologie, sur la culture, l'agriculture, sur la recherche et l'enseignement supérieur, sur les collectivités locales. C'est ça aussi que vous validez en ne votant pas la censure.
C'est ces baisses drastiques sur plein de points.
Qui vous a dit que nous validions ? Nous avons voté contre ce budget au Sénat et en commission mixte paritaire. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement est obligé de passer par un 49-3 pour faire adopter son budget. Nous avons voté contre.
Mais vous ne le censurez pas.
Mais nous ne le censurons pas parce que le mal serait pire. Pourquoi ? Parce que quel serait le jour d'après ? C'est facile de dire qu'on censure. On a effectivement l'avantage d'une forme de pureté. Mais qu'est-ce qui se passe ? Pour avoir un Premier ministre plus à droite, qui négocie sa propre survie avec l'extrême droite ? C'est déjà arrivé, ça peut redevenir le cas. Pour avoir une démission du chef de l'État, et donc une élection au terme de la Constitution dans 35 jours. Dans 35 jours, est-ce que quelqu'un pense sérieusement que la gauche pourrait l'emporter et mettre un terme à la fois au macronisme et éviter le piège de l'extrême droite ?
Il y a quelqu'un qui le pense ?
Comment ?
Il y a quelqu'un qui pense que la gauche peut l'emporter ? Peut-être qu'il y a quelqu'un qui le pense. Je ne le pense pas.
Mais peut-être. Mais c'est un désaccord que j'ai avec lui. Parce qu'effectivement, je ne veux pas... La boussole que nous nous sommes donnés, c'est quand même de lutter contre l'extrême droite dans un moment comme celui que nous vivons. Pierre Aski vient de parler.
Mais c'est ça, la boussole du PS uniquement ? C'est lutter contre l'extrême droite ?
Pas seulement. Mais admettons quand même qu'il y a aujourd'hui une offensive qui n'est pas simplement nationale, qui est européenne, qui est mondiale et qui fait peser une menace incroyable sur l'ensemble du monde. Et donc, est-ce que nous voulons que le seul pôle d'équilibre qui subsiste aujourd'hui, c'est-à-dire l'Europe, finisse par basculer parce que la France basculerait son tour à l'extrême droite ? Moi, je ne m'y résous pas. Et donc, je ne souhaite pas que ça puisse être le cas.
Jean-Luc Mélenchon, puisqu'on le cite, il a réagi. Le vote de non-censure par l'EPS consomme son ralliement au gouvernement Bayrou. Le NFP est donc réduit d'un parti.
Non mais, je ne sais pas. Peut-être que pour vous, Jean-Luc Mélenchon est celui qui fixe les règles et qui dit qui est quoi, etc. Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui dit qui est de gauche, qui est de droite, etc. Et encore moins celui qui dit qui appartient au nouveau Front populaire. D'ailleurs, j'observe que nos partenaires écologistes et communistes n'ont pas eu le même regard sur ce que nous faisons. Ils considèrent que ce n'est pas leur chemin, ce n'est pas leur voie. Mais en même temps, je ne les ai pas entendus, pratiquer l'excommunication. Et d'ailleurs, pour dédailler que nous sommes...
Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir été suivi par les écologistes ? Les écologistes qui, finalement, décident de voter la censure comme les Insoumis. Ils auraient pu choisir de faire comme vous, ce que vous appelez une décision de responsabilité. Ils sont quoi ? Trop liés aux Insoumis ?
Non, je ne dirais pas ça. Je comprends aussi leur décision. Je vous l'ai dit, nous avons nous-mêmes hésité. Parce que ce que vous avez rappelé sur les coupes claires dans un certain nombre de budgets, qui auront un impact sur le pays, évidemment, ça nous a nous-mêmes heurtés. Et pour les écologistes, la baisse des crédits, notamment dans l'environnement, était un crève-cœur. Et quand ils sont venus négocier avec nous et qu'ils ont cherché à obtenir, ils n'ont pas obtenu. Et donc, ils ont considéré qu'il n'y avait pas matière là pour eux à laisser passer, en tout cas, à ne pas censurer le gouvernement.
Mais vous êtes toujours dans l'opposition, ce matin ?
Toujours. Toujours. Et j'allais dire, en réalité, autant hier que demain. Parce que nous n'avons jamais, même quand nous avons fait le choix, pris le risque de la négociation. Nous avons toujours dit que nous restons dans l'opposition. Nous n'avons jamais demandé à appartenir à la majorité, à entrer au gouvernement, à demander quelques privilèges que ce soit. Nous avons toujours dit ce que nous faisons. Nous le faisons exclusivement dans l'idée de préserver les Français d'un certain nombre de souffrances supplémentaires qui étaient malheureusement inscrites dans le budget. C'est la raison pour laquelle nous avons cherché à obtenir un certain nombre de sujets.
Et donc, sur l'éducation, sur un certain nombre de budgets, même s'ils sont malgré tout amputés, nous avons cherché nos moindres baisses pour nos universités, pour la recherche. Nous avons cherché aussi sur tout ce qui a trait à l'accès aux soins, à empêcher le dérembourissement des médicaments, des consultations médicales, augmenter d'un milliard les crédits pour l'hôpital, multiplier par trois le fonds d'urgence pour les EHPAD. Voilà ce que nous avons obtenu. Est-ce que c'est suffisant ? Non, bien sûr que non.
A des électeurs du NFP qui seraient étonnés de vous voir soutenir le gouvernement de François Bayrou, de Bruno Retailleau, de Gérald Darmanin, qui vous accuseraient donc de trahison, eux, les électeurs.
Eh bien, ce qu'ils doivent comprendre, c'est que nous avons effectivement fait le choix de donner un budget à la France, mais que nous déposerons nous-mêmes une censure dans les jours qui suivront l'adoption du budget, pour permettre là un nouveau débat, et un débat qui sera débarrassé de la question budgétaire.
Les Français, les agriculteurs, les chefs d'entreprise, les associations, tout le monde aura la possibilité d'être rassuré sur le fait qu'il y a désormais un cadre budgétaire qui permet à l'État d'être piloté, mais en même temps, ça ne veut pas dire soutien au gouvernement, et c'est donc la raison pour laquelle nous reviendrons sur ce que vous avez commencé à décrire, et qui est une forme de trumpisation du débat public, aujourd'hui, sous l'influence notamment de Bruno Retailleau.
La trumpisation, c'est quoi ? C'est la trumpisation de François Bayrou sous l'influence de Bruno Retailleau ? C'est ce que vous essayez de nous dire ?
Oui, c'est tout simplement ce que j'observe aujourd'hui, c'est qu'au Parlement européen, les Français eux-mêmes ne défendent plus le Green Deal, qu'ils ne défendent plus le devoir de vigilance des multinationales. Je vois que, quand il s'agit de défendre l'État de droit, on a un ministre de l'Intérieur qui lui-même considère que ce n'est pas une question et que tout ça peut bouger, que le Premier ministre, alors qu'il est Premier ministre, il n'est pas au café du commerce, se met à parler lui-même de sentiments de submersion migratoire. Eh bien, je vois qu'il y a quand même une forme d'évolution, de dérive qui n'est pas acceptable.
Et pourtant, vous ne censurez pas.
Et pourtant, nous censurerons la semaine prochaine. Cette semaine, nous voulons un budget pour la France.
Mais convenez qu'on a du mal à comprendre votre stratégie. C'est pas un peu baroque ? C'est-à-dire, on ne censure pas cette semaine, mais on censure la semaine prochaine. À la fin, vous voulez faire tomber le gouvernement ? Une motion de censure, c'est pour faire tomber un gouvernement. Vous voulez faire tomber le gouvernement Bayrou ? Vous voulez le garder ?
Mais moi, ce que je souhaite, c'est d'abord, premier temps de la manœuvre, qu'il y ait un budget pour la France, que les Français sachent qu'ils sont gouvernables, et ensuite dire qu'il est tout à fait possible de changer de gouvernement. Et moi, je souhaite un gouvernement de gauche. Et donc, si le gouvernement tombe, et que le Président de la République arrive enfin à comprendre qu'il faut un gouvernement de gauche, nous irons au gouvernement. Et à ce moment-là, nous pourrons y compris faire en sorte qu'il y ait une loi de finances rectificative et donc venir corriger un certain nombre d'aspects qui sont aujourd'hui des aspects délétères de ce budget.
Au standard d'Inter, Laurence nous attend. Bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Bonjour à tous. Moi, je voulais apporter mon témoignage d'anciennes socialistes encartées, comme on dit. anciennes socialistes de Pau, du temps de Martine Linière-Cassou, qui au fil du temps n'a plus voté socialiste, comme toute sa famille, d'ailleurs, aussi, socialistes jusqu'au bout des angles, qui n'a voté socialiste que lors d'Allianz, parce que la gauche, pour nous, c'est notre boussole.
Et vous avez l'air mélancolique ce matin.
Ah oui, oui, oui, oui, oui, parce que c'est mon histoire. Pourquoi, mélancolique ? C'est l'histoire de ma famille. Et là, aujourd'hui, même si une alliance se recrée, plus jamais je ne mettrai un bulletin socialiste dans une urne.
Mais pourquoi ?
Parce que le parti socialiste, pour moi, n'est plus de gauche. C'est fini. Et que je voulais dire à Olivier Faure aussi, lui demander, parce qu'Olivier Faure, c'est quelqu'un qui nous redonnait espoir. Et pour qui, moi, j'avais du respect.
Alors, demandez-lui, posez-lui votre question.
Je voudrais savoir, pour quel plat de lentilles Olivier Faure a jeté ses idéaux de gauche au ruisseau ? Pour quel mot susurré par François Hollande, il a décidé d'abandonner la raison pour la folie ?
Merci, Laurence, pour ces questions que nous transmettons à Olivier Faure. Plat de lentilles.
Bon, d'abord, je comprends qu'il y ait des interrogations. Et moi-même, je me suis interrogé sur ce qu'il fallait faire. Ce n'a pas été une décision facile. Et chaque vote doit être pesé avec gravité. Mais il n'y a pas de plat de lentilles. Nous n'avons rien obtenu pour nous-mêmes. Nous n'avons rien cherché pour nous-mêmes. Nous avons simplement cherché à faire en sorte de préserver les Français autant qu'il était possible et voter contre ce budget. Maintenant, la question qui est posée, c'est qu'est-ce qui se passe si demain, il n'y a pas de budget ? Quel est l'avantage pour les Français ?
Est-ce que c'est être de gauche que de priver les agriculteurs, les salariés, les collectivités locales, les associations, d'un budget dont elles ont besoin ? La loi spéciale qui a été votée en décembre, elle pouvait gérer la transition, mais elle ne peut pas être la loi pour l'éternité. Et donc, il faut bien un moment qu'il y ait quelque chose qui se passe. Si j'avais l'assurance qu'en faisant tomber le gouvernement demain, il y ait après-demain un Premier ministre de gauche, je n'en ai aucune certitude, ce sera peut-être un Premier ministre qui sera encore plus à droite et qui ira négocier sa propre survie avec l'extrême droite. Qu'aurons-nous gagné, nous, femmes et hommes de gauche ?
Olivier Faure, notre auditrice vous demandait si vous en aviez marre que François Hollande vous chuchote à l'oreille.
Je crois que ça fait longtemps qu'il ne me chuchote plus grand-chose à l'oreille. C'est fini, vous ne parlez plus. Mais ce n'est pas qu'on ne se parle plus, je parle aux uns et aux autres. Simplement, je ne prends pas mes ordres chez les uns ou chez les autres. Et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, je pense aujourd'hui qu'il y a deux personnalités importantes de la gauche que sont à la fois Jean-Luc Mélenchon et François Hollande qui nous conduisent à une incapacité à se parler et à rendre les gauches irréconciliables et à nous empêcher d'avancer. Et il y a une forme de symétrie entre l'un et l'autre, il y a une forme de Heckel et Jekkel qui sont là pour, en réalité, asphyxier la gauche.
Et moi, je souhaite au contraire que nous puissions la fédérer. Mais la fédérer sur des bases, qui soient des bases claires, qui permettent à ce pays d'être gouverné, à ce pays de pouvoir avancer. Et ce n'est pas simplement en ayant toujours le sentiment d'être dans une forme de pureté idéologique qui, en réalité, ne mène nulle part, que nous avancerons.
Vous espérez encore avoir un candidat unique en 2027 ?
Je ne sais pas si nous aurons un candidat unique. J'ai bien compris que Jean-Luc Mélenchon avait déjà expliqué qu'il fallait son projet et que le candidat de la gauche, pour lui, c'était celui qui défendait le mieux son projet, donc lui-même. Donc, il y aura forcément
deux candidats.
Donc, il y aura peut-être deux candidats. Voir trois. Peut-être trois, peut-être quatre, peut-être cinq. Mais si il y aura trois, quatre ou cinq, il n'y aura aucun au second tour. Et donc, je souhaite que, puisque Jean-Luc Mélenchon a décidé d'être candidat, qu'il y ait un candidat pour le reste de la gauche qui permette d'avoir ce candidat commun qui puisse affronter le second tour et qui puisse l'emporter au second tour. Parce que je ne me résous pas, encore une fois, la boussole qui est la mienne. C'est à la fois de permettre demain de mettre en œuvre un projet.
Un projet qui permette la vie digne pour tous, qui permette la vie en harmonie avec la nature et qui permette aussi d'avoir, eh bien, non pas...
Cet autre candidat... Ce sera vous.
Ce serez vous aussi, Olivier Faure. Mais n'excluez pas de l'être. Il ne faut rien exclure pour personne. Il faut simplement se poser la question de savoir comment nous parvenons, enfin, à sortir de divisions qui sont parfois des divisions tactiques, parfois artificielles, mais qui doivent permettre d'être dépassées, qui doivent être dépassées, pour permettre justement une victoire, parce que nous ne pouvons pas accepter ni la poursuite du macronisme. Mais vous vous préparez pour 2027 ou pas ? Vous préparez pour 2027 ou pas ? Je prépare le Parti Socialiste à être prêt pour les élections législatives si elles ont lieu d'être prématurément, pour les élections présidentielles.
Je ne tentis pas, je ne veux pas à chaque fois, mais vous voyez bien qu'on reste toujours, on est toujours à chercher, à mettre, à toujours chercher l'incarnation. L'incarnation, elle viendra, mais ce n'est pas le moment. Pour l'instant, la question, c'est de savoir comment est-ce que nous faisons en sorte tous ensemble, non pas de poser des préalables en disant c'est moi, c'est moi, c'est moi, mais de faire en sorte qu'il y ait la possibilité de faire converger des forces pour permettre demain la victoire.
Pardonnez-moi de citer François Hollande, mais il a clairement dit qu'il fallait, je le cite, une nouvelle figure pour diriger le Parti Socialiste pour permettre le rassemblement et l'ouverture. Vous lui dites quoi ?
Je lui dis que c'est son point de vue et je comprends qu'il y ait des gens qui me contestent. Il y a des gens qui ne veulent pas le rassemblement de la gauche et des écologistes. Et puis il y a des gens qui le souhaitent. Moi, je le souhaite. Je souhaite que nous puissions avancer parce que je souhaite et surtout, je vois, je vois bien que quand la gauche est divisée, elle ouvre des boulevards à la droite et à l'extrême droite, ce qui n'est pas mon cas.
Il y aura donc une surtaxe sur les entreprises qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans ce budget, ce qui ulcère une partie des patrons à commencer par Bernard Arnault qui, rentrant des Etats-Unis, a dénoncé cette surtaxe made in France qui pousse à la délocalisation. Il n'est pas le seul. Le patron Total, le patron de Michelin dans une audition qui est devenue virale au Sénat, a critiqué. Ils ont critiqué les écarts de compétitivité, la bureaucratie, la suradministration, le coût du travail élevé. Vous entendez ces grands patrons qui disent ras-le-bol si ça continue, on part ?
Je les entends parce que je suis obligé de les entendre.
François Ruffin dit qu'ils sont indécents. Est-ce que vous trouvez que c'est l'indécence ?
Je partage le point de vue de François Ruffin. Ils sont indécents. Vous vous rendez compte que les 500 familles françaises les plus riches ont en sept années doublé leur patrimoine passant de 600 milliards d'euros à 1200 milliards d'euros. Et ces gens, quand on vient leur demander leur prendre deux petits milliards, ils hurlent à la mort. Mais moi, je ne comprends même pas. Le civisme, le patriotisme, ce n'est pas... Oui,
mais le problème, c'est la comparaison avec d'autres. Quand vous voyez que Donald Trump arrive qui libéralise tout, qui baisse les impôts sur les sociétés, vous êtes Bernard Arnault, vous hésitez, non ?
Mais moi, je crois qu'il y a une spécificité française. Nous avons un modèle social qui est différent et que je défends. On nous dit sur les retraites, par exemple, qu'on dépense 14 points de PIB, donc qu'on fait 14% de la richesse produite chaque année par pour fiancer nos retraites. Oui, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand nous créons 100 euros de richesse, on met 14 euros pour nos aînés, pour nos parents, pour nos grands-parents, pour des gens qui ont travaillé avant nous, qui nous ont bien mis d'être ce que nous sommes aujourd'hui. Eh bien, ça ne me choque pas. Je suis heureux de mettre 14% de points d'indice de PIB chaque année pour ceux qui... Vous n'avez pas peur
que la France décroche ?
Mais la France ne décroche pas. La France est un grand pays qui a des atouts incroyables. Il faut arrêter d'être toujours dans cette espèce de pessimisme. Moi, je crois qu'il y a aujourd'hui des gens qui utilisent tout ce qu'ils peuvent pour continuer à s'en mettre plein les poches. Eh bien, je ne partage pas leur point de vue et je pense au contraire que l'une des grandes difficultés que nous avons, on parle du déficit, on parle aujourd'hui de cette crise budgétaire. Mais elle est liée à quoi cette crise budgétaire si ce n'est à la politique conduite depuis 7 ans qui a multiplié les cadeaux.
Aujourd'hui, on nous dit il manque de l'argent dans les caisses mais c'est 80 milliards par an qui ont été donnés à ces entreprises, à ces grandes fortunes et donc c'est l'évidence qu'à un moment cet argent manque et donc quand il manque ce sont tous les autres qui payent et moi je ne suis pas favorable à l'idée que tout le monde doit payer pour que quelques-uns soient plus riches
chaque jour. Un mot sur le président algérien Abdel-Majid Tebboune qui dénonce le climat délétère des relations entre l'Algérie et la France il fustige Bruno Retailleau dans une longue interview publiée hier dans le quotidien L'Opinion il estime qu'avec Emmanuel Macron on perd notre temps est-ce que est-ce que vous dites sur ce dossier halte au feu ou est-ce que vous estimez que c'est inacceptable de se faire parler sur ce ton ?
Bon, il y a deux façons de lire cette interview de l'opinion dans l'opinion pardon du président algérien il y a une première façon qui est celle que vous venez d'indiquer avec des mots qui sont des mots forts et qui sont des mots peu amènes vis-à-vis de la France et puis il y a une autre façon d'interpréter c'est que à la fois pour sa propre opinion publique il hausse le ton et en même temps il donne quelques signaux d'ouverture et une volonté de renouer un lien diplomatique avec la France je préfère cette deuxième version parce que l'Algérie est un grand pays avec lequel nous sommes évidemment intimement liés par notre histoire commune et le mieux ce serait de faire redescendre la pression
Deux questions très rapides François Bayrou veut réformer le mode de scrutin des villes de Paris-Lyon-Marseille il veut aller très vite pour que la réforme soit appliquée aux prochaines municipales de 2026 vous en pensez quoi ?
Je veux voir la copie il n'y a pas d'obstacle de principe mais ça suppose que les règles fixées soient des règles justes et que ce ne soit pas une entreloupe supplémentaire
Scindé en deux le projet de loi fin de vie comme le souhaite François Bayrou vous le regrettez là ?
Oui Oui je le regrette parce que là je crains que ce soit l'opinion de François Bayrou qui domine sa décision et je vois bien sa réticence sur la fin de vie liée à ses opinions personnelles mais moi je souhaite au contraire que nous puissions avancer très vite sur ce sujet qui est un sujet sur lequel on remet toujours au lendemain alors même qu'il y a des situations qui sont d'une douleur exceptionnelle et qu'il faut arriver à soulager
Dernière question quelle est votre lecture du résultat électoraux à Villeneuve-Saint-Georges où le candidat insoumis Louis Boyard a perdu face à une droite qui était pourtant divisée résultat qui viennent après les résultats dans l'ISER qu'est-ce que ça vous inspire
ça m'inspire que quand on a un candidat insoumis qui considère qu'il peut gagner seul et au premier tour puis ensuite qui se rend compte qu'il ne gagne pas au premier tour et donc qu'il doit faire alliance avec le reste de la gauche et qu'il s'y refuse en mettant en refusant notamment d'accepter la proportionnelle d'accepter aussi de remettre en question la composition de sa propre liste quand il y a des gens qui sont des gens qui sont peu fréquentables
ou c'est sa faute à lui s'il a perdu Louis Boyard parce que lui il dit c'est à cause de vous c'est à cause du reste de la gauche qu'il n'a pas soutenu
c'est trop facile on voit bien d'ailleurs que dans les argumentaires qu'il a développés il a cherché à faire porter la responsabilité sur les autres quand on perd on doit d'abord chercher la responsabilité en soi et non pas chez les autres
Olivier Faure si demain il y a une nouvelle dissolution cet été il y aura 577 candidats NFP
le nouveau front populaire il est né comme le front populaire de 36 d'une volonté celle de faire battre l'extrême droite et les mêmes causes produisant les mêmes effets ça peut se reproduire comme ça peut ne pas se reproduire ça n'est pas je ne sais pas ce qu'il se passera ça n'est pas clair parce que je ne suis pas à moi seul le nouveau front populaire moi ce que je vous souhaite c'est qu'à chaque fois que la menace de l'extrême droite est là quand elle existe quand on prend le risque de l'avoir gouverné et bien il faut que comme par fidélité à sa propre histoire et sa propre vocation la gauche sache se rassembler
merci Olivier Faure premier secrétaire du parti socialiste merci d'avoir été au micro d'Inter merci d'avoir regardé cette vidéo
Olivier Faure