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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 5 décembre 2021 29 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Valérie Pécresse remporte le congrès LR et devient la candidate de la droite

Source d'origine 2 locuteurs

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Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que cela permet d'affirmer que la droite est de retour ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Est-ce une droite rassemblée ou fracturée ?

  • 5:36OuverteRéponse directe

    Quelles sont les intentions de vote pour la droite ?

  • 7:33OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que cette primaire apporte aux partis politiques ?

  • 9:24RelanceRéponse partielle

    Où Valérie Pécresse veut-elle supprimer 200 000 fonctionnaires ?

  • 11:04OuverteRéponse directe

    Un mot sur l'Allemagne et la campagne électorale allemande ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:35PrésentateurFait
    « Valérie Pécresse défend une ligne économique libérale, suppression de 200 000 postes de fonctionnaires et fin des 35 heures hebdomadaires. »
  • 1:58PrésentateurFait
    « Elle a répété hier qu'elle porterait un projet de franche rupture sur le quinquennat Macron en promettant de restaurer la fierté française. »
  • 2:59IntervenantFait
    « Il y a quelques semaines, on se demandait s'ils parviendraient à définir une procédure de sélection de leur candidature. »
  • 3:21IntervenantFait
    « Cette primaire qui a eu lieu, et qui finalement débouche sur la désignation de Valérie Pécresse, comme vous le rappeliez, au fond, ils ont échappé pour le moment au pire. »
  • 3:50IntervenantFait
    « Il y a d'un côté la présence d'Emmanuel Macron à l'Élysée qui mène une politique que la droite aurait pu mener si elle avait été aux affaires. »
  • 5:00IntervenantFait
    « Il n'est pas rare en France que la droite soit majoritaire à l'élection présidentielle au premier tour en voie. C'est même la règle. Il n'y a qu'une exception, c'est 1981. »
  • 8:44IntervenantFait
    « On a ressorti les vieilles lunes sur la suppression des fonctionnaires, donc 200 000 fonctionnaires supprimés. »
  • 9:27IntervenantFait
    « 200 000 personnes dans les fonctions administratives, je voudrais bien voir où, et comment. »
  • 14:45IntervenantChiffre
    « L'OMS nous explique qu'il y a 8 millions de personnes qui meurent du fait des dérèglements climatiques. »
  • 23:38PrésentateurChiffre
    « L'agence allemande pour l'emploi a estimé cet été à 400 000 le nombre de migrants ou de réfugiés en tout cas nécessaires pour maintenir la croissance allemande au même niveau. »

Temps de parole

  • Intervenant26 %
  • Intervenant 224 %
  • Intervenant 322 %
  • Présentateur17 %
  • Intervenant 411 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:17
Présentateur

Bonjour et bienvenue pour ce nouveau numéro de l'Esprit Public en direct jusqu'à midi avec la professeure de littérature à Sciences Po et ancienne ministre Aurélie Philippetti, l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, le professeur émérite à Sciences Po Bertrand Badi et le directeur général de Fondapol, Fondation pour l'innovation politique Dominique Reynier. Au sommaire de nos débats, l'Afghanistan dans les ténèbres des talibans et dans la famine depuis l'arrêt de l'aide occidentale et la droite républicaine incarnée par Valérie Pécresse à la présidentielle.

0:53
Intervenant

Aujourd'hui j'ai une bonne nouvelle mes chers amis, la droite républicaine est de retour. La droite des convictions, la droite des solutions.

1:02
Présentateur

Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle et première femme à représenter la droite dans cette élection. La présidente de la région Île-de-France, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, a donc été investie par 61% des 113 000 militants ayant participé au second tour du vote de départage, c'est-à-dire 69 000 voix, contre 39% aux députés des Alpes-Maritimes Éric Ciotti. Celui-ci avait créé la surprise en prenant la tête du premier tour et en éliminant deux des favoris, Xavier Bertrand et Michel Barnier. Valérie Pécresse défend une ligne économique libérale, suppression de 200 000 postes de fonctionnaires et fin des 35 heures hebdomadaires.

Mais elle a, comme les autres candidats de cette primaire fermée, porté les questions d'immigration et de sécurité au premier plan, quota de migrants, interdiction du port forcé du voile, circonstances aggravantes pour les infractions commises dans certains quartiers, etc. Elle a répété hier qu'elle porterait un projet de franche rupture sur le quinquennat Macron en promettant de restaurer la fierté française et en intégrant dans sa campagne ses rivaux battus, à commencer par Éric Ciotti. Dominique Régnier, est-ce que cela permet d'affirmer que la droite est de retour, comme on vient de l'entendre ?

Est-ce une droite rassemblée, comme l'image nous en a été donnée hier, ou une droite rétrécie et fracturée à cause de son positionnement, comme vient de le dire Bruno Le Maire ?

2:29
Intervenant

Je me permets, Patrick Cohen, il me semble que Marie-France Garraud, en 1981, avait été la première à représenter la droite, une droite.

2:41
Présentateur

Un petit bout dissident de la droite gaulliste de l'époque.

2:44
Intervenant

C'est juste pour l'histoire que je dis ça. Elle avait d'ailleurs fait 1,33% des suffrages exprimés. Merci de ce rappel. Non, mais la situation des DLR aujourd'hui est au fond assez paradoxale, parce qu'il y a quelques semaines, on se demandait s'ils parviendraient à définir une procédure de sélection de leur candidature. Ça a été fait, ça a été laborieux, mais ça a été fait tardivement, dans des conditions qui, compte tenu de la pression exercée par Éric Zemmour, et d'une manière générale, l'avancée des thématiques de la campagne semblait les mettre au bord du précipice.

Et puis cette primaire qui a eu lieu, et qui finalement débouche sur la désignation de Valérie Pécresse, comme vous le rappeliez, au fond, ils ont échappé pour le moment au pire. Mais il est certain que leur situation, à ce jour, devient étroite, je dirais, parce qu'il y a d'un côté, on l'a souvent dit, mais il y a d'un côté la présence d'Emmanuel Macron à l'Élysée qui mène une politique que la droite aurait pu mener si elle avait été aux affaires.

Donc sur certains sujets, en tout cas sur le plan économique et social, je pense à la question de la réforme des retraites, à ce qui est dit, en tout cas là-dessus, ce qui est dit sur la réforme du chômage, ce qui est fait aussi sur le plan fiscal. Il y a des éléments qui empruntent, je dirais, à la droite de gouvernement, dans lesquels la droite de gouvernement peut se reconnaître. Il y a bien sûr, on le sait, des membres de l'ancienne droite LR au gouvernement, à Matignon, à Bercy, avec Gounod Le Maire, à l'intérieur, avec Gérald Darmanin, etc.

Donc c'est une difficulté que d'avoir cette opposition-là à mener face à un président qui, par certains aspects, développe une politique qui pourrait être celle de la droite de gouvernement. Et puis de l'autre côté, évidemment, il y a la pression exercée, non seulement par Marine Le Pen, qui est une pression à laquelle les LR sont habitués, ça ne veut pas dire d'ailleurs qu'ils la maîtrisent et qu'ils la contiennent, une pression amplifiée par le phénomène Zemmour. Je voudrais faire une remarque, parce que c'est un sujet sur lequel, je pense, nous aurions à méditer. Il n'est pas rare en France que la droite soit majoritaire à l'élection présidentielle au premier tour en voie.

C'est même la règle. Il n'y a qu'une exception, c'est 1981. Ce qui se passe cette fois-ci, et qui me frappe beaucoup, c'est que nous avons, au sein de la droite, une majorité de la droite de la droite. C'est-à-dire qu'au fond, si je regarde aujourd'hui, pour faire simple, les intentions de vote, je m'en tiens à ça, je ne vais pas regarder les résultats électoraux, ce serait trop long. Mais si je prends les intentions de vote, on a une droite à 50%. On va voir ce que ça donne dans les semaines qui viennent. À l'intérieur, la droite de la droite, c'est 35%. C'est-à-dire que, grosso modo, 65-70% de la droite, aujourd'hui, c'est cette droite-là.

Et donc, pour les LR, et ce sera la grande affaire de Valérie Pécresse, il s'agira de fonder un discours, de créer une dynamique, de développer un programme qui sera visible, intelligible, entre, d'un côté, ce que j'imagine va proposer bientôt Emmanuel Macron pour justifier sa candidature à sa réélection, et puis, de l'autre côté, la pression exercée par le discours, non seulement du RN de Marine Le Pen, mais aussi d'Éric Zemmour. Donc, il faut trouver cette piste-là. Peut-être qu'une solution pour elle, et j'ai regardé ce matin la une du journal du dimanche qui mettait l'accent sur le fait qu'elle était la seule, disait-elle elle-même, à pouvoir battre Emmanuel Macron.

Peut-être que cet élément-là sera une clé de son discours. Je termine là-dessus, Patrick Cohen, parce que dans la composition de la décision électorale en France à la présidentielle, au fur et à mesure que nous voyons ces élections se dérouler, la composante élection et la composante destitution varient. Et il me semble que plus nous nous rapprochons de nous, dans l'histoire de cette élection présidentielle, plus la composante destitution a pris de l'importance. C'est au point d'ailleurs qu'en 2012, François Hollande n'a même pas cru pouvoir se présenter à sa réélection.

Et il s'agira, au fond, de mesurer, d'ici avril 2022, si, dans l'opinion française, l'idée de changer de président, l'idée de destituer celui qui est en place, passe avant tout, quel que soit, au fond, le programme ou la figure, dès lors qu'il s'agit d'une personnalité qui émane d'un camp, je dirais, gouvernemental. Et peut-être que là-dessus, Valérie Pécresse a une carte à jouer.

7:33
Présentateur

Aurélie Filippetti.

7:33
Intervenant

Alors, d'abord, moi je voudrais insister sur une chose, c'est que c'est peut-être quand même le début de retour de ce qu'on appelait dans l'ancien monde, comme on dit, les partis politiques. C'est au fond, pour le parti des Républicains, cette primaire s'est assez bien passée de leur point de vue. Et l'image qui a été donnée hier d'une candidate qui réussit à rassembler sa famille, quand même, autour d'elle, ça, c'est quelque chose dont on n'avait plus l'habitude.

Donc, peut-être le début, effectivement, d'une forme de réhabilitation des partis politiques, ce que je trouverais, à titre personnel, non pas dans le cas d'espèce de LR, mais à titre personnel, plutôt une bonne chose, car je pense que la vie politique française pâtit, en ce moment, de l'effondrement des partis politiques. La deuxième chose, c'est quand même que cette primaire a montré à quel point, finalement, le débat politique en France était extrême-droitisé. C'est-à-dire que, dans la primaire LR, d'écologie, de changement climatique, de transition énergétique, il n'a pas été question.

On a ressorti les vieilles lunes sur la suppression des fonctionnaires, donc 200 000 fonctionnaires supprimés, au moment même où on voit à quel point, dans la justice, dans la police, dans l'éducation nationale, dans, évidemment, et avant tout, dans l'hôpital, l'hôpital public, la question qui se pose, c'est qu'au contraire, comment on trouve des gens qui veulent faire ces métiers tellement dévalorisés, tellement mal payés, et dont, au fond, on voit bien qu'il y a une vraie crise, il y a une vraie crise des services publics.

Donc là, je dirais, la droite nous ressort cette idée de supprimer des fonctionnaires, et il faudrait que Valérie Pécresse nous dise où elle veut les supprimer, ces 200 000 fonctionnaires. Dans les fonctions administratives, elle a répondu à cette question. Non, mais, enfin, 200 000 personnes dans les fonctions administratives, je voudrais bien voir où, et comment. L'autre chose, c'est que, donc, en fait, les vraies questions qui concernent la vie des Français, elles n'ont pas été abordées dans cette primaire. Très, très peu.

Il n'a été question, encore une fois, que d'immigration, que de la place, d'un espèce de chiffon rouge de l'étranger, agité comme un mantra, et ça, ça ne suffit pas à faire un programme politique. Il faut, à un moment donné, qu'on en sorte. Et la dernière chose, c'est qu'au fond, ils ont un vrai problème, la droite, sur les questions économiques, c'est que ce positionnement libéral, c'est le même que celui qu'Emmanuel Macron a, peu ou prou, s'il n'y avait pas eu le Covid, mis en œuvre. Et que, donc, la difficulté de se distinguer de ce président, elle va être patente pendant toute la campagne.

Et la question qui va se poser aussi, c'est comment, finalement, maintenant, Emmanuel Macron, lui-même, va construire sa campagne à venir quand il sera candidat. Est-ce qu'il va, finalement, faire un pas vers le centre-gauche ? Est-ce qu'il va se repositionner davantage vers la gauche pour se distinguer de l'extrême droite et de Valérie Pécresse ? Ou est-ce qu'il va continuer sur sa ligne ? Ça, c'est aussi, évidemment, une question qui va se poser dans les mois à venir.

11:04
Présentateur

Hubert Védrine ?

11:08
Intervenant

Moi, je n'ai pas de commentaire à proprement parler politique à faire. Je dirais simplement que j'en sais pas plus que vous. Je lis les mêmes sondages et les mêmes analyses. Je vois simplement que si Valérie Pécresse est au second tour, il y a un doute sur le résultat, d'après ce qu'on peut comprendre globalement. Alors qu'il n'y a pas de doute pour le résultat. Si c'est Marine Le Pen face à Macron, il gagne facilement, encore plus si c'est Zemmour. Bon, donc, il y a un doute si Valérie Pécresse est au second tour. Mais ça, je ne sais pas, c'est trop tôt. On commencera à voir l'opinion se constituer. Je pense que... S'il y a un second tour contre Emmanuel Macron ? Oui, bien sûr. Ah oui ?

Oui, mais c'est passé un peu vite sur le poids du Front National de l'extrême droite. C'est évident pour tout le monde. Non, je dis si. Si elle est au second tour, ça supposerait qu'elle rattrape, mais je ne sais pas si elle peut, je ne sais pas ce qu'il va se passer. Elle rattrape le retard qu'elle a sur Marine Le Pen ou même encore un petit peu Zemmour, même s'il a baissé. Mais je rappellerai simplement le contexte. Après, ce sera une campagne électorale pendant une présidence française de l'Union européenne. Alors, il y a plusieurs années, déjà, on a réduit l'importance des présidences tournantes parce que ça crée beaucoup de désordre. Enfin, c'est quand même important.

une présidence qui sera effective en janvier, on va dire, et peut-être à nouveau en mai-juin, après l'élection. Il y a ce contexte. Et l'autre élément de contexte, c'est que c'est une époque où le gouvernement allemand, le nouveau gouvernement allemand, se met en place avec donc trois parties et une coalition. Ils seront investis par le Bundestag. Ils sont investis ces jours-ci, le 6 ?

12:37
Présentateur

Non, pas le 6 et la Saint-Nicolas, demain, mais un peu plus tard dans la semaine.

12:43
Intervenant

En tout cas, en janvier, ils sont là. Et donc, c'est pendant la présidence française qui a la difficulté de la coïncidence avec l'élection. Il y a un gouvernement allemand qui arrive, qui a des positions très fortes, qui a une capacité d'entraînement assez importante. D'ailleurs, s'ils relancent l'idée fédérale, c'est vraiment que les Allemands sont convaincus que l'ensemble du système européen marche pour eux. En gros, il y a des domaines où c'est positif par rapport aux idées françaises, mais il y a aussi beaucoup de choses et de désaccords qui ne vont pas attendre à la fin de l'élection présidentielle française.

Le désaccord sur le nucléaire, donc sur l'énergie en général, le désaccord sur le respect ou non, l'assouplissement ou non de la règle des 3%, et d'autre part, toutes les questions de défense et d'affirmation en matière de sécurité. Ça, c'est quand même un contexte qui va peser, je ne sais pas encore comment ça va influencer les votes, mais qui va peser pendant tout le semestre. Bertrand Vady. Oui, moi je ne sais pas ce qui va se passer. On sait, en revanche, que durant les campagnes électorales, il peut se passer des rebondissements spectaculaires imprévisibles au jour d'aujourd'hui. Alors, je voudrais me contenter d'observer ce qui se passe en ce moment sous nos yeux.

Alors, comme le disait très bien Aurélie tout à l'heure, on assiste à une très curieuse course à l'échalote, à cette surenchère qui ressentent à l'extrême-droitisation où les thématiques identitaristes viennent tout couvrir, et cela au-delà même de la droite classique, parce qu'on retrouve aussi des candidats de gauche qui se mettent à vociférer sur l'immigration, et c'est quand même tout à fait remarquable. En fait, dans ce discours qui s'unifie quand même quelque part, ces discours de droite qui se ressemblent et qui débordent sur la gauche, le soi a remplacé l'humain. On passe d'un discours sur la cité à un discours sur le soi et qui laisse tout à fait de côté l'humain.

Et ça, moi, ça me frappe parce que, et là, je rejoins encore ce que disait Aurélie tout à l'heure, quels sont les enjeux aujourd'hui ? Vous croyez que l'enjeu dominant, c'est l'immigration ?

Au moment où l'OMS nous explique qu'il y a 8 millions de personnes qui meurent du fait des dérèglements climatiques, au moment où on voit ce que l'insécurité sanitaire crée de drames et de tragédies, où on voit comment la coupure nord-sud est en train non seulement d'aggraver la situation au sud, mais par rétroaction agir sur la survie même des puissants du nord, on ne parle pas des biens communs, on ne parle pas de cette sécurité humaine, mais qui devrait être non seulement au centre des programmes, mais qui devrait cristalliser. En 2021, en 2022, le discours politique ne devrait traiter que de ça.

il y a quelquefois un petit paragraphe sur la santé, mais la santé est devenue aujourd'hui sous l'effet de tout un ensemble de facteurs, l'enjeu dominant est de loin, est de loin. Or, non seulement on ne nous propose pas de programme convaincant sur la santé, mais on devrait nous expliquer que le quinquennat suivant sera, devrait être, le quinquennat de la santé. et prendre toute une série de dispositions qui permettraient de ce point de vue de progresser dans la concertation internationale. Alors, ceci est d'autant plus grave, deuxième remarque, qu'enfin, il n'y a plus de gauche. Il n'y a plus de gauche.

C'est-à-dire, vous avez quelques anciens de la gauche qui ressortent les pancartes des années 60, 70, 80. j'ai l'impression à nouveau de me retrouver entre la Bastille et la Nation, derrière les banderoles traditionnelles de la CGT, de la CFDT, FO, qui ne travaillent plus ensemble d'ailleurs aujourd'hui, mais ça, on l'oublie. Il n'y a plus d'imagination de gauche. Or, la gauche, c'est quand même le parti de l'imagination, c'est-à-dire essayer de rattraper ce temps qui court plus vite que le politique, qui impose un certain nombre d'enjeux qu'autrefois, effectivement, des forces que l'on appelait progressistes, progressistes, savaient prendre en charge.

Alors, on a tendance à parler de la dépolitisation en disant que c'est une sorte de réflexe populiste, de désaffection à l'égard des institutions, à l'égard du personnel politique. Tout ceci est probablement vrai. Mais, il y a autre chose peut-être derrière ce retrait de la politique. Je n'aime pas dépolitisation parce que ça ne veut pas dire grand-chose. mais, en tous les cas, de ce retrait de la politique officielle. Il y a quelque chose qui ressemble au fait que tout ceci n'est pas crédible. Tout ceci n'intéresse pas. Tout ceci apparaît tellement grosse ficelle que l'on n'a plus envie de participer. Ce qui donne des taux d'abstention absolument records.

Alors, c'est extrêmement préoccupant et ça l'est. Je rejoins ce que disait Hubert Védrine il y a un instant. D'autant plus que l'écart se creuse avec nos voisins. C'est-à-dire, regarder comment s'est opérée la campagne électorale en Allemagne. Regarder le fait que l'immigration en Allemagne, pendant la campagne électorale, on n'en parlait pratiquement pas. Regarder comment à la faveur de cette élection, l'Allemagne a renoué avec un projet écologique. Pas seulement écologiste, mais écologique. Regarder comment nos autres partenaires en Suède en ce moment, mais aussi en Italie, on renoue avec les grands problèmes de la société, les grands problèmes du monde contemporain. En Suède ?

Oui, en Suède. La coalition qui se prépare, c'est la droite et l'extrême droite ? Oui, c'est l'inverse. C'est l'inverse. C'est l'inverse. Il y a un ministre social-démocrate qui vient d'être réinvesti. Oui, mais la situation actuellement en Suède annonce une coalition de droite et avec le démocrate de Suède. Il y a en tous les cas un gouvernement sur la question de l'immigration, Bertrand Badi. Et de la délinquance.

18:59
Présentateur

Oui, mais toujours et de même qu'au Danemark. De même qu'au Danemark. Au Danemark,

19:04
Intervenant

c'est tout à fait vrai. C'est un peu résumé rapidement. Je veux bien vous abandonner la Suède, mais regardez l'Italie, regardez l'Allemagne, regardez l'Espagne et voyez la hauteur du débat politique et constatez ce que Flaubert en son temps appelait la bassesse.

19:24
Présentateur

Hubert Védrine, un mot sur l'Allemagne et sur la campagne allemande ?

19:27
Intervenant

Oui, deux choses sur l'Allemagne. D'abord, ils ont, sur l'immigration, ils ont une politique particulière qui est une politique utilitariste. Ils regardent pour des raisons d'angoisse démographique allemande et pour des raisons économiques. Ils veulent faire venir les gens qui sont utiles pour l'Allemagne. Donc, ils ont une politique très volontaire là-dessus. Ils ne se préoccupent pas du tout du vrai sujet qu'est la capacité ou non de régulation des flux entre les pays de départ, de transit et d'arrivée. Donc, ils ont une position très très allemande, très logique de leur point de vue, mais c'est absolument impossible de reconstituer un Schengen qui marche sur cette base.

Et comme depuis des années, ils ne se préoccupent pas, ils mettent en avant les besoins allemands parce que l'ensemble des pays européens qu'on soit d'accord ou pas vont vers une idée de meilleure maîtrise qui payent encore les conséquences d'une sortie prématurée du nucléaire. C'est un pays qui émet beaucoup plus de CO2 que la France. C'est pour ça que vous parlez d'un pourcentage mais en chiffre. Ils ont relancé le charbon et en effet, ils veulent mettre un effort gigantesque sur l'énergie renouvelable avec un problème énorme. Des tonnes d'éoliennes en mer du Nord et après, des quantités astronomiques de l'inéotension pour faire circuler l'électricité.

Donc, ils ne sont pas sortis de l'auberge mais ils sont moins écologistes que nous pour le moment compte tenu du nucléaire en France. En termes de CO2,

20:40
Présentateur

le charbon a été relancé, il est à nouveau en phase de déclin

20:45
Intervenant

et avec un objectif de shortilu qui a été maintenant validé par le programme de la coalition. Ils ont avancé 2030 au lieu de 2038. Ils auraient mieux fait de commencer par ça il y a 20 ans. Ils ne seraient pas dans la situation où ils sont. A très court terme, l'Allemagne est dans une bien meilleure position que nous. Non, pas sur le CO2. Non. Sur l'ensemble...

21:05
Présentateur

Attendez, On va conclure sur l'Allemagne et puis ensuite on reviendra à Valérie Bécras et à Aurélie Filippetti.

21:12
Intervenant

Attendez, attendez. A l'horizon 2030, on va leur donner 5 ans de plus, disons 2035, c'est-à-dire demain, l'Allemagne sera à la fois sortie du nucléaire et sortie du charbon, aura fait une politique industrielle en faveur des énergies renouvelables pour développer leur propre industrie des renouvelables, ce que nous n'avons pas encore fait, et une politique de transition énergétique. Par ailleurs, ils ont accueilli plus d'un million huit de réfugiés, un million huit de réfugiés depuis 2015. Ils ont laissé entrer un million huit et la moitié sont restées. Non, non, non, vous ne pouvez pas dire n'importe quoi. Ils ont accueilli...

Oui, il y a un programme d'intégration dans la société allemande qu'on devrait faire, qu'on devrait faire et parce que nous on accueille beaucoup moins de réfugiés, on en a accueilli sans doute au moins dix fois moins et encore, je suis large dans les chiffres. Le juge n'est pas un bon terme. Le droit d'asile est massivement détourné. Non, mais le problème c'est que la France ne se prépare pas à l'avenir ni sur le plan écologique ni sur le plan économique.

Aujourd'hui, on a des goulets d'étranglement dans certaines filières où les gens n'arrivent pas à recruter et on continue à avoir cette vision malthusienne de l'immigration qui en fait ne rend pas honneur, ne rend pas hommage ni à notre histoire concernant le respect du droit fondamental qu'est le droit d'asile ni à nos besoins économiques à venir.

22:40
Présentateur

Alors, si je peux faire deux, trois petites mises au point et ensuite on va retourner pour la fin de la discussion sur LR concernant le charbon en Allemagne. Le contrat de gouvernement qui a été rendu public prévoit effectivement une sortie idéale. Il y a le mot idéalement en 2030.

22:57
Intervenant

C'est pour ça que je connais 50 plus.

22:58
Présentateur

Voilà. Et la plupart des experts pensent que ce n'est pas tout à fait réaliste et par ailleurs cette sortie du charbon elle s'accompagnera d'une forte dépendance au gaz qui viendra compléter les renouvelables et en l'occurrence au gaz russe. Par ailleurs pour ce qui est effectivement comme l'a souligné Hubert Vébrine des émissions de CO2 les Allemands en émettent plus que nous et même leur empreinte carbone c'est-à-dire par habitant y compris les importations est supérieure largement à la nôtre. Et puis deuxième point sur l'immigration nous n'avons pas la même population que l'Allemagne.

L'Allemagne a une population vieillissante et l'agence allemande pour l'emploi a estimé cet été à 400 000 le nombre de migrants ou de réfugiés en tout cas nécessaires pour maintenir la croissance allemande au même niveau 400 000 chaque année. Mais les 700 000 ne sont pas que économiques ? Non absolument mais ça c'est l'aspect économique des choses.

23:58
Intervenant

Mais par ailleurs ils ont une politique d'intégration qui semble fonctionner assez bien

24:02
Présentateur

et qui veut être renforcée par la nouvelle coalition.

24:04
Intervenant

Et ce n'est pas parce que les Allemands ont un besoin de 400 000 personnes que nous n'en avons aucun. Dominique Reynier. Juste un mot sur les R.

Moi je suis d'accord avec tout le monde sur un point au moins avec Aurélie Philippetti sur les partis je trouve qu'effectivement ça témoigne de la résistance de l'organisation partisane très nécessaire à la démocratie avec Hubert Védrine parce que je comprenais bien son argument sur le second tour ça consiste à dire que s'il était montré que Valérie Pécresse est capable de compliquer la tâche d'Emmanuel Macron cela peut fédérer vers elle dès le premier tour des électeurs de droite qui seraient déterminés par cet objectif là principalement je pense que c'était le sens de l'argument de Hubert Védrine et puis avec Bertrand Badis sur la droitisation de la société c'est quelque chose qu'on observe depuis un moment et en effet cette droitisation se définit par l'intérêt pour des thèmes qui sont considérés comme des thèmes de droite et je persiste à dire qu'il n'y a pas de raison de les considérer comme des thèmes de droite mais c'est ainsi que la société française et ses commentateurs ont décidé de le faire et du coup ça place la gauche en difficulté puisque soit elle n'en parle pas soit elle se voit reprochée d'en parler et comme ces thèmes sont non seulement préoccupants pour une très large majorité de nos compatriotes mais plus encore au sein des classes populaires et bien ça ça met la gauche dans une situation très compliquée et ça favorise naturellement la droitisation du pays et la droitisation de la droite

25:31
Présentateur

Dominique Regnier c'est pas seulement l'intérêt porté à des thèmes dont vous considérez qu'ils ne sont pas forcément naturellement de droite c'est-à-dire sécurité et immigration c'est aussi le caractère la nature des propositions qui posent question parce que elles sont soit transgressives soit elles remettent en cause des règles constitutionnelles comme par exemple l'histoire de Valérie Pécresse des circonstances aggravantes de certaines peines de certaines délits en fonction des quartiers où ces délits ont été communs

26:03
Intervenant

encore une fois c'est ce que fait la social-démocratie au Danemark et on peut laisser on peut laisser non mais il est possible pour une majorité il est possible pour une candidate ou un candidat dans un parti politique de droite ou de gauche il est possible de faire des propositions qui amènent à changer les règles et c'est pas la première fois en France qu'on a changé la constitution et ça a bien été fait par des majorités l'égalité devant la loi c'est ça la règle que vous voulez changer l'égalité de tous les Français devant la loi parce que c'est de ça dont je suis les question je ne suis pas le candidat c'est pas ça que je vous dis je vous dis qu'il existe dans l'espace politique on pourrait en faire l'inventaire ce serait d'ailleurs très long il existe des propositions qui supposent de modifier la loi de modifier même la constitution et on ne s'en est pas privé depuis une trentaine d'années

26:45
Présentateur

Bertrand m'a dit et on va

26:46
Intervenant

oui alors je vais à un moment d'émotion quand j'ai entendu Dominique Régnier dire qu'il était d'accord avec moi sur un point et très vite je me suis aperçu que c'était pas si simple que ça parce que je n'ai pas parlé de droitisation de la société j'ai parlé de droitisation du débat politique c'est déjà différent de la gauche et de la disparition de la gauche je maintiens ma proposition de tout à l'heure c'est donc du côté de l'offre politique que se pose le problème et cette offre politique se traduit par une surenchère d'un certain nombre d'aspects du marché électoral et c'est vrai que la peur la stigmatisation de l'immigration et de l'étranger et l'insécurité au sens classique du terme sont des marchandises qui se vendent bien sur le marché électoral donc le problème dont nous discutons pour l'instant c'est un problème de l'offre c'est pas un problème de la demande et si je parlais de dépolitisation de la société c'est précisément en réaction à cette offre qui non seulement n'est pas véritablement travaillée en termes réalistes mais qui est en décalage par rapport aux vrais paramètres auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés c'est-à-dire l'état du monde dont personne ne prend que personne ne prend en considération et qui est le vrai problème aujourd'hui Un mot d'Aurélie Philippetti Non mais je pense qu'au fond cette campagne a déjà hystérisé le débat politique et on en revient toujours à ça c'est que j'ai cru à un moment que Dominique Régnier allait dire qu'on peut faire des propositions en campagne dont on sait qu'elles seront inapplicables une fois aux responsabilités Voilà Donc dire qu'on va donner une circonstance aggravante en fonction du quartier où habitent des citoyens français Je suis désolée mais c'est contraire à l'esprit même de la République La République c'est l'égalité devant la loi c'est même pas un principe fondamental je dirais c'est le socle sinon il n'y a plus de République Donc comment peut-on dire ça ?

Et ça il faut à un moment donné qu'on arrête en campagne électorale de dire n'importe quoi

28:58
Présentateur

Valérie Pécresse aura sans doute l'occasion de s'expliquer sur cette proposition plus avant Merci Le deuxième thème de nos débats va porter sur la situation de l'Afghanistan

29:07
Locuteur

C'est parti

Valérie Pécresse remporte le congrès LR et devient la candidate de la droite · Pourquijevote