Darmanin et Retailleau face au narcotrafic -Reportage 06.01.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
G.Darmanin disait: "On va isoler en prison les 100 plus gros narcotrafiquants."
- 6:00OuverteRéponse partielle
On a tous découvert que depuis leur cellule, les caïds continuent avec leur téléphone portable à piloter leurs affaires. On ne peut rien faire?
- 7:00OuverteRéponse partielle
Comment ils entrent?
- 8:00OuverteRéponse directe
Ces trafiquants sont en mesure de corrompre des gardiens de prison et même de corrompre des magistrats, et même jusque dans la police ou des élus, des politiques. Est-ce qu'il y a un risque que nos Etats vacillent, comme on commence à le voir aux Pays-Bas?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00G.DarmaninFait
« Nous allons travailler pour que nous puissions arrêter les narcotrafiquants et montrer que la République est chez elle. Quand on est narcotrafiquant, on doit se cacher. »
- 1:30G.DarmaninPromesse
« J'ai proposé une sorte d'appartement-témoin, si vous me permettez l'expression, en prenant les 100 narcotrafiquants les plus importants de nos prisons, en isolant ces personnes, en les fouillant particulièrement et en brouillant particulièrement leurs communications. »
- 2:30B.RetailleauFait
« Un joint a le goût du sang, des larmes. Derrière le joint, la coke ou d'autres drogues, il y a des réseaux, des mafieux. »
- 3:30Chiffre
« l'une des organisations les plus emblématiques est marseillaise, la DZ Mafia. On leur attribue une grande partie des 49 narchomicides de 2023 commis dans la cité phocéenne. »
- 4:30Chiffre
« Depuis le mois d'octobre, une centaine de personnes ont été mises en examen. »
- 5:30Chiffre
« La France compte déjà plus de 80 000 personnes incarcérées pour seulement 62 000 places. »
- 7:30J.FourquetFait
« Cette montée en puissance de la criminalité liée au trafic de drogue remonte au moins à 15 ans. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- A.de Tarlé: Après de nombreuses visites en tant que ministre de l'Intérieur, G.Darmanin était de retour à Marseille ce jeudi.
Le garde des Sceaux a fait une série d'annonces pour lutter contre les narcotrafics. - C'est son 1er déplacement de l'année. Le nouveau ministre de la Justice est en visite dans un tribunal à Marseille.
La cité phocéenne est un symbole pour aborder ces thèmes de prédilection. - G.Darmanin: Nous allons travailler pour que nous puissions arrêter les narcotrafiquants et montrer que la République est chez elle.
Quand on est narcotrafiquant, on doit se cacher. - Une fermeté affichée et un ennemi désigné: le narcotrafic. Devant la presse, G.Darmanin propose d'attaquer le marché de la drogue au portefeuille. - G.Darmanin: J'ai proposé une sorte d'appartement-témoin, si vous me permettez l'expression, en prenant les 100 narcotrafiquants les plus importants de nos prisons, en isolant ces personnes, en les fouillant particulièrement et en brouillant particulièrement leurs communications.
Ce n'est pas la même chose lorsque vous avez un grand narcobanditisme avec des téléphones, avec des réseaux cryptés et une personne qui ne passe que quelques mois en prison. - Au gouvernement, la lutte contre le narcotrafic est une priorité affichée. G.Darmanin d'un côté, et de l'autre, le ministre de l'Intérieur, B.Retailleau, qui martelait déjà une doctrine ferme il y a quelques mois. - B.Retailleau: Un joint a le goût du sang, des larmes.
Derrière le joint, la coke ou d'autres drogues, il y a des réseaux, des mafieux. - Des trafiquants qui font de plus en plus parler: l'une des organisations les plus emblématiques est marseillaise, la DZ Mafia. On leur attribue une grande partie des 49 narchomicides de 2023 commis dans la cité phocéenne.
Depuis le mois d'octobre, une centaine de personnes ont été mises en examen. Pas suffisant pour les mettre hors d'état de nuire, alors que leur activité se diversifie. - Ces organisations criminelles cantonnées habituellement dans les activités de narcotrafic étendent leurs activités à des activités habituellement dévolues au milieu traditionnel, comme le racket d'établissements ou de personnalités, qui disposent d'une importante surface financière. - La plupart des chefs de la DZ Mafia sont déjà incarcérés et commanditent les activités du gang depuis leurs cellules.
D'où la proposition du ministre de l'Intérieur d'isoler certains détenus, ou de brouiller les téléphones portables dans les prisons. Les syndicats pénitentiaires affichent pour l'heure un certain scepticisme. - Aujourd'hui, c'est infaisable.
Il y a très peu de cellules d'isolement dans chaque établissement pénitentiaire de France. Si on doit prendre tous les narcotrafiquants et les mettre à l'isolement, il faut sortir les détenus actuels d'isolement. La plupart des détenus identifiés dans le système du narcotrafic sont déjà à l'isolement. - Isoler les détenus alors que la France compte déjà plus de 80 000 personnes incarcérées pour seulement 62 000 places.
Le ministre de la Justice s'est engagé à créer des prisons à taille humaine. - A.de Tarlé: Question.
G.Darmanin disait: "On va isoler en prison les 100 plus gros narcotrafiquants." - C.Champeyrache: C'est toujours une question de moyens.
Il faut investir pour construire de nouvelles prisons. Le régime carcéral dur, ce sont des prisons de haute sécurité ou des quartiers de haute sécurité au sein de prisons qui abritent des délinquants. Cela veut dire un isolement de longue durée, pas un isolement de sanction disciplinaire.
L'isolement, c'est pour des cibles longues, donc il faut de nouvelles prisons. On ne peut pas faire avec ce que l'on a actuellement. - A.de Tarlé: On a tous découvert que depuis leur cellule, les caïds continuent avec leur téléphone portable à piloter leurs affaires.
On ne peut rien faire? On a l'impression d'une impuissance. - A.Goutard: Non.
C'est une question de moyens. - A.de Tarlé: Comment ils entrent? - A.Goutard: Il faut circuler dans une grosse centrale pour comprendre.
On parle de corruption. Il y a évidemment des personnels pénitentiaires qui ont fermé les yeux à un moment en laissant passer, circuler un téléphone ou d'autres objets, des brouilleurs, etc. - A.de Tarlé: La corruption commence là. - A.Goutard: Oui.
On a affaire à des chefs d'entreprise. Les gros trafiquants, et même les trafiquants intermédiaires, ceux de la DZ Mafia, sont des malins. Ils gèrent de vrais business.
Ils savent très bien que l'on ne débarque pas chez un personnel pénitentiaire en lui disant: "Tu vas m'aider à libérer untel." On lui demande des petits services, de petites choses rémunérées. On va laisser tomber un badge d'entrée, fermer les yeux sur le passage d'un téléphone.
On ne va pas voir un yo-yo ou des bouts de ficelle balancés dans les prisons. J'ai fait un reportage dans la prison de Villepinte il y a quelques années. C'était hallucinant.
Le soir, vous aviez des centaines de yo-yo, de fils avec des marchandises au bout, qui étaient lancés de l'autoroute vers les fenêtres des prisons et qui étaient rattrapés. C'est comme ça que ça se passe, en prison. C'est dur à la fois pour les personnels et pour les personnes qui mènent leur peine en prison.
Il y a une espèce de laisser-aller pour que la prison ne soit pas en effervescence permanente. On laisse circuler des paquets de clopes, des téléphones, etc. - A.de Tarlé: On tolère. - A.Goutard: C'est pour faire retomber le soufflet.
Les prisons sont en surpopulation, comme on l'a vu dans le reportage. Donc on laisse faire. Il n'y a pas assez de personnel, pas assez d'encadrement.
Cette idée de mettre les 100 plus gros narcotrafiquants à l'isolement, dans un isolement comme pour les terroristes, pourquoi pas, parce que c'est la seule façon d'arrêter leur activité. En même temps, M.Amra, dit "la mouche" qui, en mai dernier, s'est échappé de son fourgon pénitentiaire en tuant 2 gardiens, il n'était pas catalogué. - A.de Tarlé: Ces trafiquants sont en mesure de corrompre des gardiens de prison et même de corrompre des magistrats, et même jusque dans la police ou des élus, des politiques.
Est-ce qu'il y a un risque que nos Etats vacillent, comme on commence à le voir aux Pays-Bas? - J.Fourquet: Cette montée en puissance de la criminalité liée au trafic de drogue remonte au moins à 15 ans.
Les pouvoirs publics étaient conscients d'une partie du problème. On s'était surtout alarmés face à la multiplication des règlements de compte. Ils se tuaient entre eux, mais on ne pouvait pas laisser faire ça.
Il y a une prise de conscience qui remonte à quelques années quand de multiples signaux ont commencé à s'allumer dans différentes régions françaises avec des exemples de corruption ou de mise sous pression soit de représentants de la justice, des forces de l'ordre ou des élus locaux face à ces organisations criminelles qui, comme en Italie, aujourd'hui, disposent de moyens financiers énormes. Un élu local, ou dans le cadre municipal, on va échanger le soutien de tel ou tel quartier, de tel ou tel bureau de vote contre le fait que l'on ferme les yeux face au trafic dans le quartier. On voit ce qui se passe aussi dans les offices HLM.
Les points de deal sont localisés quelque part. On a vu un exemple dans le Nord-Pas-de-Calais, où un juge a dû faire appel à la police parce qu'il y avait une présence suspecte en bas de chez lui. On met la pression comme ça.
L'exemple le plus spectaculaire, c'est ce qui se passe dans les pays du Benelux. Il y a des grands ports à Rotterdam ou à Anvers, où la drogue rentre par tonnes. Ces endroits sont en capacité de mettre la pression sur l'Etat central.
Gérald Darmanin