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InterviewRadio Classique — L'invité de la matinale (sur Podcast)· 20 avril 2021 19 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

Philippe de Villiers

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    D'où vient le constat d'un état de naufrage du pays ?

  • 1:35RelanceRéponse directe

    Vous ne croyez pas au propos de Montpellier sur le recrutement de 10 000 policiers ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous passiez d'un soutien à Macron à une critique radicale ?

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Vous alignez tous les présidents sur l'immigration : Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron. Pourquoi ?

  • 6:57RelanceRéponse directe

    Cette théorie du grand remplacement, mise en avant par Renaud Camus, est-elle partagée ?

  • 8:21OuverteRéponse directe

    Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous face à l'immigration ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueFait
    « j'entends des mots comme mortier, embrasement pyrotechnique, policier brûlé, viri chatillon, avec des jeunes, on appelle ça des jeunes, moi j'appelle ça des barbares, qui sont innocentés »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « un président de la République, qui dans la même journée, dans un grand journal du matin, comme on dit, explique, je veux une France paisible, et qui dans le même temps, sur un écran d'une télévision américaine, explique qu'il faut déconstruire l'histoire de France »
  • 2:51Invité politiqueChiffre
    « en 2019, on a eu 274 000 cartes de séjour »
  • 6:04Invité politiqueFait
    « Giscard Chirac, ils ont fait le regroupement familial. Et c'est de là que tout bascule »
  • 6:38Invité politiqueFait
    « il disait au début du Covid que le virus n'a pas de passeport »
  • 12:10Invité politiqueFait
    « un pays qui perd sa souveraineté, vous avez été l'arbitre du débat, Mitterrand, Seguin. Donc, vous savez de quoi je parle, 1992. On a fait un choix. L'euro »
  • 12:36Invité politiqueFait
    « regardez un pays comme Israël avec le vaccin, la souveraineté, c'est l'agilité »
  • 13:36Invité politiqueFait
    « la mondialisation heureuse nous a fait croire qu'on allait entrer dans un monde heureux et qu'il suffirait de passer un coup de fil en Chine pour avoir les masques qui nous manquent »
  • 17:30Invité politiqueFait
    « la question clé de la présidentielle, c'est l'immigration »

Temps de parole

  • Philippe de Villiers68 %
  • Présentateur32 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Philippe de Villiers

L'invité de Guillaume Durand, avec le Figaro.

0:03
Présentateur

Voilà, Philippe Devilliers, bonjour. Le titre est Sibylain, le jour d'après, appel à l'insurrection. Albain Michel, signal de l'insurrection, pour être plus précis, vous parlez d'un état de naufrage du pays, et d'un état de naufrage, généralement, d'un peuple qui aurait perdu, puisque nous sommes sur l'antenne de Radio Classique, ses harmoniques. Nous sommes sur une chaîne musicale. D'où vient le constat ?

0:28
Philippe de Villiers

Il suffit de regarder, d'écouter. Hier soir, en arrivant de ma Vendée, je regarde la chaîne d'info, je vois ce qui se passe à Tourcoing, et j'entends des mots comme mortier, embrasement pyrotechnique, policier brûlé, viri chatillon, avec des jeunes, on appelle ça des jeunes, moi j'appelle ça des barbares, qui sont innocentés, un président de la République, qui dans la même journée, dans un grand journal du matin, comme on dit, explique, je veux une France paisible, et qui dans le même temps, sur un écran d'une télévision américaine, explique qu'il faut déconstruire l'histoire de France, vous m'entendez, Guillaume Dion ?

Donc en fait, c'est simple, depuis 5 ans, les problèmes qui étaient considérables, deviennent presque insolubles, c'est-à-dire qu'ils s'aggravent. La sécurité, la justice, la souveraineté, l'identité, tous les murs porteurs de la France sont en train de s'écrouler, et la France est peut-être en train de mourir.

1:35
Présentateur

Vous ne croyez pas, donc, au propos de Montpellier, recrutement de 10 000 policiers, Emmanuel Macron l'a dit, 15 000 places de prison supplémentaires, voyage de Castex et Dupond-Moretti, aujourd'hui, dans une centrale.

1:47
Philippe de Villiers

Je vais vous dire pourquoi je n'y crois pas.

1:49
Présentateur

Vous avez prononcé un petit mot, vous avez dit 5 ans, donc en fait, on a l'impression que le De Villiers, qui justement avait reçu Macron, mais vous connaissez cette question, car elle vous a été posée à de nombreuses reprises, qui avait reçu le jeune ministre de l'économie, qui voulait être président de la République, et qui avait une sympathie pour vous, et réciproquement, tout d'un coup, c'est une sorte d'acte accusateur qu'à travers ce livre, vous portez... Donc, qu'est-ce qui s'est passé ?

2:13
Philippe de Villiers

Ce qui s'est passé, c'est qu'à un moment donné, j'ai constaté un double discours. Je vais vous en donner un exemple. Le matin, il parle de la drogue, en disant au lecteur du Figaro, il faut arrêter la drogue, parce que c'est dangereux pour la France, et au même moment, il explique qu'il faut déconstruire l'histoire de France. C'est-à-dire un double discours, toujours. C'est-à-dire qu'en fait, moi, il m'explique, en aparté, on va se battre contre l'immigration, vous avez raison, c'est la source de l'insécurité, et puis en fait, il fait le contraire. Vous vous rendez compte qu'en 2019, on a eu 274 000 cartes de séjour.

Enfin, c'est complètement fou, parce que l'origine de tous les problèmes de sécurité qu'on a dans toutes les banlieues, qui deviennent quasiment insolubles, avec des policiers découragés, et qui sont, comment dirais-je, qui sont submergés, eh bien, c'est l'immigration. C'est-à-dire qu'en fait, on ne tient plus nos frontières, on ne tient plus l'État. L'angle mort de Macron, c'est le régalien. Guillaume Durand, vous savez très bien ce dont je parle, le régalien, c'est-à-dire la verticalité, l'autorité, la liberté, la liberté de la nation, la liberté de l'État.

3:32
Présentateur

On ne l'est pas perçu depuis le début, ça. Parce que là, vous êtes face à nous, on est un matin, on est un radio classique.

3:37
Philippe de Villiers

Oui, c'est une très bonne question. Je veux dire pourquoi. Vous l'avez vu,

3:40
Présentateur

vous avez gîné avec lui, vous ne l'avez pas soutenu, mais en tout cas, c'est en sortant de chez vous qu'il a dit qu'il n'était pas socialiste. Donc, d'une certaine manière, vous lui avez apporté non pas un soutien pour sa présidentielle, mais une certaine forme d'onction. Parce qu'une partie de l'électorat de droite s'est dit, s'il va voir De Villiers, c'est qu'au fond, il n'est pas exactement ce qu'on croyait, c'est simplement un collaborateur de François Hollande. Et là, maintenant, vous êtes là avec Kalachnikov

4:03
Philippe de Villiers

et vous lui tirez dessus. Parce qu'il m'a déçu. Parce qu'en fait, je vais vous dire une chose, moi, quand j'ai quitté la vie politique, je me suis dit, comme beaucoup de Français, il faut que ça marche. Et la prochaine fois, il faudra que ça marche. Avec je ne sais pas qui, mais il faut que ça marche. Pourquoi il faut que ça marche ? Parce qu'il ne faut pas que notre pays, qui chancelle, disparaisse. Et donc, moi, j'étais prêt à le croire. J'étais prêt même à l'entendre. Vous voyez ? Et beaucoup de gens me disaient, mais non, tu verras, il est double, c'est un young global leader de Davos, etc. Il est plus proche des Anywhere que des Somewhere.

Tu as voulu voir Vesoul, il y en a vu Davos, etc. Mais je me disais, oui, mais il faut quand même y croire. Il faut quand même que j'essaye de lui faire passer des messages. Et en fait, pendant longtemps, je pensais pouvoir l'influencer. Parmi d'autres, mais l'influencer. Et notamment sur la question du défi migratoire. J'ai pensé longtemps qu'il allait m'écouter.

5:02
Présentateur

Je vous lis, moi. Je vous lis, parce que vous avez quand même été ministre. Je vous le rappelle, avant l'aventure du Puy du Fou. Vous parlez de Giscard, parce que vous les alignez tous. Vous vous dites, ça a été une immigration de peuplement. De Mitterrand, ça a été l'immigration de rédemption par la SOS Rassi. Chirac, ça a été l'immigration de la régénération. Sarkozy, ça a été celle de l'enrichissement. François Hollande, ça a été celle du clientélisme. Et avec Macron, donc on est justement dans une volonté, au fond, d'aboutir à un monde qui soit un monde le plus ouvert possible.

En fait, si vous les flinguez tous, vous flinguez aussi votre génération et vous flinguez les responsabilités que vous-même, pas dans ce domaine-là, parce que vous êtes ailleurs, vous avez aussi eu, donc c'est une sorte d'aveuglement général. Il n'y est pour rien si on fait cette liste-là.

5:43
Philippe de Villiers

Alors, c'est très simple. Tout a commencé avec Giscard. C'est-à-dire que Pompidou a eu la pression du patronat qui lui a dit qu'il faut faire venir des gens du Maghreb parce qu'ils seront moins chers. Il a résisté. François Serac, le président du GNPF de l'époque, me l'a raconté. Quand Giscard est arrivé, Giscard Chirac, ils ont fait le regroupement familial. Et c'est de là que tout bascule. C'est à partir de ce moment-là que tout bascule parce que le regroupement familial nous fait passer d'une immigration de travail à une immigration de peuplement.

Et ensuite, on a eu effectivement les présidents successifs qui ont ouvert la brèche jusqu'à Macron, qui en fait a accepté l'idée de la migration de remplacement, c'est-à-dire l'idée que nous n'ayons plus de frontières. Je vous rappelle qu'il disait au début du Covid que le virus n'a pas de passeport. C'est-à-dire que pour lui, l'idée de frontières qui est pourtant un filtre pacificateur n'a pas de sens. Et quand il parle de la souveraineté européenne, par exemple, la souveraineté européenne, ça n'existe pas car il n'y a pas de nation européenne, on le voit bien avec le vaccin, il n'y a pas d'État européen et il n'y a pas de frontières européennes.

6:57
Présentateur

Mais cette théorie qui est celle du grand remplacement qui a été par exemple mise en avant par Renaud Camus, elle est un peu, j'allais dire, racontée partout.

7:05
Philippe de Villiers

Non, elle n'a pas été mise en avant par Renaud Camus. Elle a été explicite. Elle a été d'abord inventée par les Nations Unies avant Renaud Camus. Ça s'appelait la replacement migration. c'est la migration de remplacement, c'est l'ONU. Et Renaud Camus, avec son talent d'ailleurs, que je lui reconnais, a repris cette expression. Mais quand on dit oui, le grand remplacement Renaud Camus, ce n'est pas vrai. Non, pour le stigmatiser, non, ce n'est pas vrai.

Donc, en fait, ce sont les Nations Unies, l'Union Européenne, toutes les élites globalisées, comme dirait Chevenement, qui sont parties du principe qu'il fallait une main d'oeuvre d'appoint compte tenu du chassé-croisé démographique, haute pression au sud, de basse pression au nord, pour remplacer la main d'oeuvre manquante par une main d'oeuvre immigrée. Mais ça, c'est le départ. C'est là, c'est le départ. Mais maintenant, la situation... Et maintenant, on est dans une situation, Guillaume Durand, où il y a une dame musulmane sur les écrans qui dit qu'on manque de mixité. Ben oui, on manque de mixité parce qu'il n'y a plus de blanchité. Il n'y a plus de gaulois.

Et donc, les gaulois, ils sont partis.

8:14
Présentateur

Elle déplore le manque de pierre dans son éducation qu'elle a reçue comme jeune femme pour ses enfants aujourd'hui. Mais au fond, c'est aussi un état... Vous avez été en responsabilité. C'est aussi un état de fait que nous ayons une communauté française qui soit intégrée par des gens qui viennent d'un monde qui est le monde musulman. Et ça représente des millions de Français. Donc aujourd'hui, si vous étiez au pouvoir... Et d'ailleurs, qui va être au pouvoir et défendre les idées de Philippe de Villiers ? Je peux vous répondre si j'étais au pouvoir. Les clandestins, tout le monde est d'accord pour qu'ils repartent chez eux. Et c'est très difficile.

Mais ceux qui sont Français aujourd'hui, ils sont Français comme vous et moi. Qu'ils soient Vicomte de Villiers ou Guillaume Durand ou d'un autre, d'autres origines, c'est exactement la même chose du point de vue de la légalité. D'accord.

9:00
Philippe de Villiers

Alors, je vais vous dire ce que je ferais, moi. Premièrement, je gérerais le flux pour pouvoir gérer le stock. Pardon de parler comme ça, mais il faut être très concret. C'est-à-dire qu'on arrête le flux. Parce que c'est le problème du nombre. C'est-à-dire qu'à un moment donné, le nombre qui est quantitatif devient qualitatif. C'est qu'on ne peut plus gérer le nombre. Donc, il faut d'abord gérer le nombre. Donc, il faut arrêter. Il faut couper les pompes aspirantes. Bon. Une fois qu'on a fait ça, on impose en France le principe du code civil qui vient de la troisième européen publique et même d'avant. C'est le principe de l'assimilation.

C'est-à-dire, toute personne qui est en France, qui soit français de naissance ou français de branche, doit accepter sa mère adoptive, doit accepter la France. Qu'est-ce que c'est l'assimilation ? C'est une histoire, un art de vivre et une langue. Oui, je disais les harmoniques. Et donc, voilà. Et donc, en fait, je suis persuadé au risque de paraître naïf que si on disait à tous les petits Français de circonstance qui voudraient nous ressembler mais qui ne nous connaissent pas, voilà, vous avez vos gloires, vous avez vos saints, vous avez vos héros, vous avez votre histoire, eh bien, on va vous proposer la nôtre.

Et vous allez voir, c'est une épopée, c'est une romance, c'est une chronique, c'est un légendaire. Je suis persuadé qu'on résoudrait une grande partie du problème. Mais le problème, c'est que nos élites, là, qui nous écoutent, j'espère que parmi eux, il y en a qui vont se lever pour dire ça suffit maintenant. Il faut arrêter de cracher sur la France. Voilà. C'est notre pays. C'est la mère. Alors, il y a la mère de sang et la mère adoptive. La mère de sang, on l'aime, la mère adoptive, on l'adopte comme ça se fait avec les Italiens ou les Portugais entre les deux guerres, il y en a 3 millions qui sont arrivés d'Italiens et 2 millions qui sont repartis. Pourquoi ?

Parce qu'ils n'arrivaient pas à se faire aux mœurs de la France. Alors, que dire de ces gens qui viennent des terres d'islam et qui voudraient nous imposer la charia,

11:01
Présentateur

l'ouma et le djihad ? Mais ça, c'est l'islamisme politique. Ce n'est pas l'islam dans son ensemble. Alors, question, parce qu'il ne faut pas rester scotché sur l'immigration, vous parlez aussi, et d'ailleurs, c'est sur le terrain de la conversation politique. Oui, il y a les problèmes de la délinquance. Vous avez aussi la tragédie du commerce extérieur. Là, je me pose, je me positionne du point de vue des gens de droite. Wauquiez dit que le commerce extérieur c'est une catastrophe. Vous avez la politique vaccinale, vous avez la politique industrielle, la 5G, etc. Tout ça n'a strictement aucun rapport avec l'immigration. Donc, où est là-dessus la responsabilité ?

Où est là-dedans la responsabilité ? Si elle existe, d'Emmanuel Macron. Et deuxièmement, on est obligé de vous poser la question à un moment ou à un autre, comme on la pose à Zemmour, quelqu'un on dit de temps en temps, mais alors, à force de taper sur Macron et son mondialisme au nom d'une France qui serait une France éternelle, vous allez faire quoi pour la présidentielle ? Je ne sais pas, je vais voir, je vais participer. Mais Deville et vous, vous êtes un entrepreneur, mais vous avez été un homme politique. Il ne suffit pas de taper sur Macron pour faire bouger une partie de ceux qui pourraient être amenés à vous lire.

12:08
Philippe de Villiers

J'ai compris vos deux questions, je vais répondre. Alors, première question, un pays qui perd sa souveraineté, vous avez été l'arbitre du débat, Mitterrand, Seguin. Donc, vous savez de quoi je parle, 1992. On a fait un choix. L'euro. En 1992, le choix qui a été fait, ce n'est pas seulement l'euro, c'est le libre-échange généralisé. Et donc, un pays qui ne restaure pas sa souveraineté, regardez ce que fait l'Angleterre, regardez un pays comme Israël avec le vaccin, la souveraineté, c'est l'agilité. C'est-à-dire qu'une nation, comme disait Pasqua, ce qu'une nation ne fait pas pour elle-même, personne ne le fera à sa place.

Et donc, si demain, on veut restaurer le pays, le rétablir, dans sa grandeur, dans sa puissance, il faut les atouts de la puissance et il faut commencer par être souverain. C'est-à-dire, ce n'est pas parce qu'on est souverain qu'on va empiéter sur les autres. Mais, prenez la souveraineté européenne, souveraineté militaire, ça n'existe pas, c'est l'OTAN. Souveraineté numérique, c'est les GAFA. Souveraineté pharmaceutique, c'est la Chine. Et donc, vous vous rendez compte qu'à partir de 1980...

13:11
Présentateur

Mais c'est la puissance économique qui détermine.

13:13
Philippe de Villiers

C'est la puissance économique. L'Europe a échoué.

13:15
Présentateur

L'Europe a échoué. C'est la puissance économique qui détermine cette souveraineté.

13:18
Philippe de Villiers

La puissance économique, elle passe en grande partie, pas uniquement, mais en grande partie par l'idée qu'on pense d'abord à soi-même. Par exemple, un pays qui ne pense pas à ses stocks de médicaments, il est obligé, en cas de pandémie, d'aller ailleurs les chercher. Et la mondialisation heureuse nous a fait croire qu'on allait entrer dans un monde heureux et qu'il suffirait de passer un coup de fil en Chine pour avoir les masques qui nous manquent. Non, ce n'est pas comme ça que ça marche. Les nations existent et les Français

13:49
Présentateur

s'en sont rendus compte

13:50
Philippe de Villiers

de tout ça. Alors justement, très bien, absolument. Et là, ce qui est frappant, des gens comme Baverez, qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent, les Français ont pris conscience avec le Covid du grand déclassement. Parce qu'on nous a menti en disant on a le plus grand système de santé du monde, et puis l'âge post-industriel, on n'a plus besoin d'industrie, c'est tout faux, ils ont tout faux, tous ces gens, mais ce n'est pas seulement Macron. Ça fait 40 ans que c'est comme ça. depuis Mitterrand ? Voilà. Alors maintenant, je réponds à votre deuxième question.

14:19
Présentateur

Mais qui ? Comment ? La question, c'est qui ? Je vous sens bouillant d'enthousiasme, et vous allez être... Non,

14:26
Philippe de Villiers

vous êtes... La question, la question, c'est qui ? Je vous écoute, j'ai du mal à vous entendre parce que vous avez un masque. Oui. Et justement, ça me permet de vous dire, tant que le pays est masqué, il est quand même plus décent de laisser la question de la présidentielle de côté. En revanche, ce dont on peut parler, c'est la situation de la France, c'est ce qu'on fait ensemble tous les deux ce matin. Bon, moi je pense que la question de la présidentielle, c'est la question d'une politique de civilisation. Voilà. L'enjeu de la présidentielle, c'est une politique de civilisation.

C'est-à-dire, ou bien on fabrique à nouveau des petits français de désir, ou bien on continue à laisser grandir des plantes d'hébétude qui promènent leurs étourdissements dans le même temps.

15:10
Présentateur

Je vais recevoir, alors j'enlève mon masque, Eugénie Bastier, la guerre des idées, elle rappelait dans un entretien qu'avait donné au Figaro Nicolas Sarkozy il y a des années, il disait au fond je suis un Gramsci de droite, je sais très bien que je ne fais pas de la politique, mais que la politique c'est d'abord et avant tout la bataille culturelle, c'est celle que vous êtes en train d'essayer de mener de votre point de vue qui est celle de la droite.

Mais moi je reviens à la charge à un moment et on en termine, il faut savoir qui, parce que ce discours, pardonnez-moi, mais Nicolas Dupont-Aignan tient le même, Marine Le Pen tient le même, la bataille contre la cancel culture, Eugénie Bastier tient le même aussi. Donc à un moment quand on a été un responsable politique, on se doit, masque ou pas masque, de dire quelque chose. Pour entendre votre réponse, moi je veux bien enlever le mien, 30 secondes.

15:49
Philippe de Villiers

Ah ben là, je retrouve le...

15:51
Présentateur

Non d'accord, mais De Villiers fait quoi ? Il y va, il vote pour quelqu'un, il appelle à voter pour Marine Le Pen, il fait quoi De Villiers ?

15:57
Philippe de Villiers

Pour l'instant, on est à la première phase, Philippe De Villiers il vous dit dans les yeux, on ne va pas laisser faire. Voilà. On ne va pas laisser faire. Alors après, on va s'entendre.

16:08
Présentateur

Vous allez vous entendre avec quelqu'un ? On verra.

16:10
Philippe de Villiers

Avec les Républicains ? On verra, non, non, mais attendez, vous permettez... Moi je suis obligé... Comme dirait Georges Marchais, vous posez vos questions et moi j'apporte mes réponses. Oui,

16:18
Présentateur

mais je suis obligé de vous cuisiner un petit peu parce que si vous voulez les ventailles est un petit peu...

16:21
Philippe de Villiers

Non, pas du tout,

16:23
Présentateur

mais les ventailles est larges. Je comprends la curiosité. Non, non, mais les ventailles est larges. Les ventailles est larges à droite aujourd'hui.

16:30
Philippe de Villiers

Vous savez ce qui est frappant ?

16:31
Présentateur

En tout cas, pas Macron.

16:32
Philippe de Villiers

J'écoutais Guillaume Tabard, ça me faisait marrer. Pas Guillaume Tabard, il est un juriste très sérieux. Mais la gauche, regardez, ils ramassent les miettes. Ils ramassent les miettes. Les pauvres. Parce que c'est fini. C'est fini. Ils ont tué le pays. Ils l'ont accablé. Ils ont fait un pays qui est à feu et à sang. Mais il n'a pas reconnu. Et donc, ça ne va pas se passer à gauche, ça va se passer à droite. D'accord. Je n'ai pas tout à fait répondu. Ce que je vous dis, c'est qu'il faut qu'on intermine. Macron, c'est fini. C'est fini. C'est la dernière illusion.

De cette gauche caviar qui nous a fait croire à la souveraineté européenne, qui nous a fait croire à la start-up nation, qui nous a fait croire à la mondialisation euro-érosan de valeur globale, à la religion des flux. Ça, c'est fini.

17:23
Présentateur

Donc, vous pensez que l'électorat de droite qui l'a suivi va revenir dans son camp, c'est-à-dire du côté des républicains ou du rafond national ?

17:28
Philippe de Villiers

La question clé de la présidentielle, c'est l'immigration. Donc, celui ou celle qui saura le mieux parler de cette question en donnant l'espoir que la France va se rétablir chez elle. Aujourd'hui, on a tous le sentiment d'être étrangers chez nous.

17:45
Présentateur

Vous pourriez vous défendre, Marine Le Pen ?

17:47
Philippe de Villiers

Non, mais je n'en sais rien. La question ne se pose pas pour l'instant, elle se posera quand les Français retrouveront leur visage, leur sourire et leur parole. Parce que pour l'instant, il n'est pas décent, Guillaume Durand. Je comprends votre empressement. Mais il n'est pas décent. Il n'est pas décent que dans le milieu politique et médiatique, on aborde la question de la présidentielle alors que les Français sont baïonnés.

18:12
Présentateur

Et les 8h32, c'est une manière de ne pas répondre à la question. Je vous le dis franchement, mais je le vois.

18:17
Philippe de Villiers

Ça m'arrive. Ça m'arrive. Je pense que les questions prématurées ne sont pas des bonnes questions.

18:23
Présentateur

Merci. Philippe de Villiers est venu ce matin. Le livre s'appelle Le jour d'après. Il est publié aux éditions Albin Michel. Eugénie Bastier et Christophe Barbier.