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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 6 octobre 2025 11 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & international

Emmanuel Macron, un président plus seul que jamais ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 30 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00L.HausalterFait
    « E.Macron est dans une phase de sa présidence où il est obsédé par la postérité. »
  • 4:00B.MorelFait
    « Le pouvoir est devenu évanescent. »
  • 8:00L.HausalterFait
    « Il pense qu'il peut y avoir un trou de souris. »
  • 10:00F.BayrouFait
    « Je pense qu'on peut se retrouver dans la guerre. »
  • 12:00P.DuhamelFait
    « Les téléphones fonctionnent pendant les vacances. »
  • 14:00L.HausalterChiffre
    « Dans l'agenda d'E.Macron, l'international, c'est largement plus de 50 % du temps. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

sont pour ça, les Français sont contre ça". C'est terrible. On a un peu de Shakespeare.

La situation est tragique. Il y a un peu de Feydeau. - A.-E.Lemoine: Un peu de cirque et un peu de tragédie. - P.Duhamel: Je suis effondré. - A.-E.Lemoine: E.Macron ne s'est pas adressé aux Français. - P.Duhamel: Depuis Bayrou, il ne s'est pas adressé...

Ca va faire un mois dans 3 jours. - L.Hausalter: S'il n'a rien à dire...

Il gagne du temps. Ca fait partie de l'équation. E.Macron est dans une phase de sa présidence où il est obsédé par la postérité.

Il doit poser les actes dont il pense qu'on va les retenir plus tard. La panthéonisation de R.Badinter en fait partie, comme la reconnaissance de l'Etat de Palestine.

Il y a, à côté de ça, la crise politique dont il est tenu pour 1er responsable par l'opinion. - B.Morel: Il n'a pas grand-chose à dire.

Sous la Ve République, le président est un président Janus. Il est le chef d'une majorité et en même temps, il est l'incarnation d'une unité de la nation. On a besoin d'un président qui soit l'incarnation de l'unité de la nation.

Aujourd'hui, vous avez une présidence fragilisée. Il y a un bilan, au sein même de ces troubles, une forme de rejet d'E.Macron.

Un E.Macron qui parlerait, ne donnerait pas forcément une vraie puissance à celui qu'il nommerait. Qui détient le pouvoir sous la Ve République?

Celui qui détient une majorité. Quand on pense à E.Macron, il est tout-puissant.

Vous n'avez pas de majorité tout court. Le problème n'est pas à qui est le pouvoir, mais que le pouvoir est devenu évanescent. - P.Duhamel: Il pense qu'il est inaudible.

Vous allez me dire que c'est de la lucidité...

La parole présidentielle, quand il y a des crises politiques, c'est la 1re fois qu'on ne l'entend pas. F.Mitterrand, quand il y a eu la cohabitation, il a parlé dès le lundi soir.

En 1968, de Gaulle a parlé 4 minutes. Il a dissout et c'était réglé. - A.-E.Lemoine: Dans votre livre, Louis, vous nous parlez de l'élection de 2032 à laquelle pourrait se présenter E.Macron, et il y songe. - L.Hausalter: Il y songe vraiment.

Ce n'est pas une blague. Je fais un chapitre là-dessus. Chez ses proches, antérieurement à la crise que nous vivons, ils nourrissent ce projet.

Ils l'entendent parler. La vie d'E.Macron après la politique sera la politique.

On pourrait imaginer qu'il pourrait tourner la page et être appelé à d'autres fonctions, mais premièrement, vous prenez les anciens présidents. Tous ceux qui étaient en état de santé de revenir ont essayé: N.Sarkozy...

F.Hollande...

V.Giscard d'Estaing...

C'est une constante chez les présidents. C'est une drogue. Une fois qu'on ne l'a plus, on veut y revenir.

Il pense qu'il peut y avoir un trou de souris. Ses proches pensent qu'il va redevenir populaire après la fin de son quinquennat. C'est mécanique.

On a vu tous les anciens présidents avoir un regain de nostalgie et de popularité, voire de sympathie. C'est même arrivé à F.Hollande.

C'est dire. Ca devrait arriver. Il pense ensuite qu'il peut matérialiser cela pour être le 1er président à réaliser l'exploit de revenir au pouvoir après l'avoir été une 1re fois.

C'est autorisé par la Constitution. S'il laisse passer un mandat entre ses mandats à lui, il peut tout à fait revenir. - P.Cohen: Sur les traces de Trump, en quelque sorte. - P.Lescure: Dans votre documentaire, vous avez longtemps interrogé F.Hollande sur son court passage à Matignon... - P.Duhamel: Moindre que celui de S.Lecornu... - P.Lescure: Ca dépend de quel barème on part.

Voilà ce qu'il disait de sa conscience de la situation. - F.Bayrou: J'ai une conscience aiguë de la crise des temps, et j'ai une conscience aiguë de la possibilité qu'on a de ne pas y arriver.

Ce que je sais, c'est que si on n'y arrive pas, alors on va entrer dans un temps de dérive...

Non, je devrais dire un temps de débâcle. Les temps qu'on vit en France, en Europe et planétairement sont des temps terriblement dangereux. Je n'aurais jamais pensé ce que je vais dire maintenant il y a 3 ou 4 ans...

Je pense qu'on peut se retrouver dans la guerre. - P.Lescure: L'analyse est très noire.

Sa responsabilité dans tout ça? Il en a conscience? - P.Duhamel: Je fais partie de ceux qui trouvent qu'il y a eu un bashing anti-Bayrou sans doute un peu excessif.

Je ne dis pas ça parce que je l'ai beaucoup vu pendant les 8 mois, avec M.Cotta. A l'Elysée, et je crois que S.Lecornu ironisait aussi beaucoup sur F.Bayrou en disant que sa méthode ne convenait pas...

Bref...

Je crois que c'était notoire. Le problème, c'est la décision de demander la confiance. Là encore, il est allé la soumettre au président de la République fin août à Brégançon.

Le président lui a donné son accord. Ils en parlaient depuis des jours. Sous la Ve République, même si c'est une Constitution parlementaire, plus l'élection du président au suffrage universel, c'est vers le président que tout converge. - L.Hausalter: J'appelle ça la fuite de la rue de Varennes, l'opération de F.Bayrou qui est parti de lui-même.

Au cours de l'été, je l'ai vu...

Il présentait son plan budgétaire, sauf que l'été a montré qu'il allait prendre des oppositions de tous les côtés. Dans une partie de sa tête, il y avait l'idée qu'il ne pouvait pas y arriver, que la situation politique était comme ça et que ce vote de confiance permettait de mettre en scène un départ plus glorieux que celui de M.Barnier. - P.Duhamel: Lui aussi a fait des erreurs.

On a dit qu'il n'y avait eu aucun contact entre personne en août...

J'ai croisé un de ses anciens ministres il y a quelques jours, qui m'a dit: "J'ai passé mon été, pendant 3 semaines, à parler aux socialistes. Quand je leur disais que le Premier ministre voulait faire 44 milliards d'efforts sur le déficit, eux me répondaient qu'ils pouvaient descendre jusqu'à 35 et qu'ils ne bougeraient pas de 20 milliards." - E.Tran Nguyen: Ils n'étaient pas en vacances, alors. - P.Duhamel: Les téléphones fonctionnent pendant les vacances. - A.-E.Lemoine: Le mot du jour: "affligeant". - E.Tran Nguyen: J'ai demandé aux réseaux sociaux s'ils trouvaient le spectacle affligeant ou s'ils avaient encore de l'espoir dans la politique.

Il n'y a aucun espoir, selon eux. Affligeant, honteux, pathétique, inquiétant...

Il y a aussi les politiques eux-mêmes. - P.Thevenot: Quand nous voyons le spectacle, c'est affligeant et ça fait peur. - X.Bertrand: Quel gâchis. - O.Faure: C'est une forme de spectacle qui relève plus du cirque que d'autre chose. - Y.Jadot: On a un spectacle affligeant. - E.Tran Nguyen: Il y a une autre inquiétude: quelle image on montre vis-à-vis des autres pays?

J'ai regardé ce qu'on disait dans la presse étrangère. Là aussi, un mot ressort: "chaos". Un quotidien russe voit là le pire moment institutionnel depuis de Gaulle.

Chaos aussi quand on lit la presse danoise, pour qui la faute revient à E.Macron et à la culture politique de la France. La seule solution pour que la France sorte de cette crise, c'est que ses politiciens s'engagent sérieusement à travailler ensemble.

C'est ce que déplorent aussi beaucoup de téléspectateurs. Pour eux, la politique n'est qu'une question d'ego, le pouvoir. Les ambitions personnelles vont contre l'intérêt général.

L'autre mot que je vois partout en commentaires ou dans la presse étrangère, c'est "dissolution" ou "démission". Que ce soit les téléspectateurs, les observateurs à l'étranger, personne ne voit d'issue pour E.Macron. ... - E.Tran Nguyen: E.Macron a une mauvaise image en France, mais il avait su jusque-là préserver son image à l'international.

Est-ce que cette séquence peut ternir son image et celle de la France au risque de ne plus être prise au sérieux sur la scène internationale? - L.Hausalter: C'est ce dont je parlais, la façon dont il travaille sa postérité.

Dans l'agenda d'E.Macron, l'international, c'est largement plus de 50 % du temps. La crise politique inquiète les concitoyens, mais lui, il est une semaine à New York pour reconnaître la Palestine devant une salle qui l'applaudit...

Le lendemain, un sommet européen à gérer la crise en Ukraine, à appeler D.Trump...

Il gère ça en parallèle. Peut-être a-t-il perdu de vue que la situation du pays était à ce point grave qu'elle pouvait rejaillir sur la scène internationale et l'image qu'il essayait de cultiver. - B.Morel: Ca l'affaiblit profondément.