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interviewJordan Bardella· 28 mai 2026 134 min

🇫🇷 « Le Grand Entretien » : suivez en direct mon émission sur LCI !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

19:49
Présentateur

... avec nous. Dans 12 mois, Jordan Bardella, vous êtes ou président, ou Premier ministre de Marine Le Pen, ou rien, député européen quand même, au milieu des grands fauves internationaux. Quand on voit ces visages, Trump, Poutine, Netanyahou. Trump d'abord, la guerre contre l'Iran, c'est évidemment l'actualité de la soirée, sans mandat de l'ONU. Est-ce que pour vous c'est une guerre légale ou illégale ?

20:14
Jordan Bardella

On entre dans une époque où le droit international est sans cesse remis en cause. Et il est remis en cause d'abord par des États puissants, des superpuissances, qui ne se voient plus comme des nations, mais comme des empires. C'est vrai avec les États-Unis de Donald Trump et son intervention en Iran, mais avant cela, au Venezuela, il y a quelques semaines. C'est vrai avec les ambitions impériales du président Poutine et cette guerre d'agression qui a été menée aux portes de l'Europe contre l'Ukraine, il y a maintenant 4 ans et depuis 4 ans. Et c'est vrai avec la tentation de la Chine de s'emparer de Taïwan. Donc on va dans un monde qui est un monde de force.

Sans doute le monde l'a-t-il toujours été. Mais dans ce contexte, je crois que la France doit porter, avec toutes les nations européennes, une ambition pour la puissance, pour l'indépendance. Et pendant très longtemps, il est vrai que la puissance dépendait de l'étendue et de la taille d'un État. Or, on s'aperçoit que si jadis la puissance était le fait de la taille d'un pays, aujourd'hui, elle est d'abord et avant tout le fait de l'intelligence collective, de la volonté, du génie.

Et on voit très concrètement que des pays, pardonnez-moi, je vois qu'il y a sur cet écran le Premier ministre israélien, on voit que des pays qui comptent 5 à 10 millions d'habitants, comme Israël, on voit que des plus petits pays en termes de géographie comme Taïwan, arrivent à influer sur l'économie mondiale, sur la géopolitique mondiale. Et donc c'est cette nouvelle donne géopolitique qu'il nous faut prendre en compte. Et donc il faut permettre à la France de retrouver les moyens de son indépendance et de sa défense.

21:48
Présentateur

— Oui, toujours pas répondu. Vous allez voir, on va vous cuisiner pendant cette émission. Moi, je suis encore le plus gentil des 3 ou des 4 ou des 5.

21:54
Jordan Bardella

— Oui, pas répondu. Légale ou illégale, cette guerre ? — De fait, elle s'est faite hors du droit international. Elle s'est faite, si je veux vous répondre de manière très scolaire, sans mandat de l'ONU. Et pour vous répondre de manière peut-être... En prenant en compte les souterrains de la diplomatie, elle s'est faite sans aucune concertation avec les pays européens.

Et donc nous, nous souhaitons que cette guerre puisse se terminer au plus vite, avec quand même l'objectif de ramener le calme dans cette région du monde, de neutraliser les ambitions nucléaires du régime iranien et surtout de permettre à l'économie mondiale de renouer avec une forme de stabilité, parce que nous payons très cher cette guerre et que le blocage du détroit d'Hormuz impacte le Golfe. Il impacte les puissances asiatiques comme la Chine. Mais il impacte d'abord et avant tout le pouvoir d'achat des Français et la compétitivité de nos entreprises.

22:40
Présentateur

— Question très concrète. Trump veut faire passer ses avions avec des moyens offensifs sur les pays européens. Alors chacun y va à sa solution. Les Espagnols disent non. Les Anglais, pardon, d'abord disent non. Ils ont menti pour finir. Ils laissent passer. Et la France, c'est un petit peu floue. Qu'est-ce que vous faites, vous ? Si Trump vous dit « je veux faire passer », ça l'énerve beaucoup qu'on refuse, « je veux faire passer mes avions au-dessus de la France ».

23:00
Jordan Bardella

— La France n'est pas partie prenante de cette guerre. Et la France doit demeurer une puissance d'équilibre, une puissance qui est capable de se tenir à une distance raisonnable et à équidistance des conflits qui ne la concernent pas. Donc nous avons des intérêts dans le Golfe. Mais cette guerre, elle est aujourd'hui une guerre conduite par les États-Unis, par le gouvernement israélien. Et donc pour vous répondre très précisément à votre question, aujourd'hui, il n'est pas prévu qu'un avion qui transporte de l'armement puisse survoler, en l'occurrence, la France. Et je crois que cette réglementation s'applique à beaucoup de pays européens.

Ce qui est possible de faire, c'est de laisser naturellement passer des avions qui permettent le ravitaillement. Mais à partir du moment où vous laissez passer des avions qui contiennent, par exemple, des bombes ou de l'armement lourd, vous prenez vous-même le risque de devenir de fait une cible, une cible de la part du régime iranien. Et il faut avoir un petit peu de mémoire. Et nous savons que par l'intermédiaire de Proxy, notamment par l'intermédiaire du Hezbollah, des intérêts français ont été visés de par l'histoire.

23:57
Présentateur

Jordan Mardena, dans quelques jours, cette image, la France reçoit les plus grandes puissances au G7 à Evian. Ça a été le G8. À l'époque, l'image le rappelle, idylle avec Chirac. Est-ce qu'on peut revoir Vladimir Poutine au G8 ? Trump l'a envisagé. Est-ce que c'est possible ou plus jamais ?

24:15
Jordan Bardella

C'est le président Poutine, de mémoire, qui a fait le choix de se retirer du G8 il y a de cela plusieurs années. Il n'est pas le bienvenu, là. Pour l'instant, tant qu'il portera une ambition impériale aux portes de l'Europe, sa présence posera nécessairement question. Maintenant, est-ce que viendra le temps où il faudra dialoguer ? Ça ne veut pas dire se complaire. Ça ne veut pas dire être d'accord. Mais dialoguer avec une puissance qui détient l'arme nucléaire pour négocier la paix, parce que c'est l'impératif qui doit nous occuper aujourd'hui. Le retour de la paix aux portes de l'Europe, des garanties de sécurité pour l'Ukraine, c'est ça qui doit mobiliser l'effort diplomatique.

La France pourrait prendre une initiative en ce sens, mais je ne suis même pas certain que, s'agissant de Poutine, lui-même souhaite revenir à la table.

24:58
Invité

L'initiative, ça voudrait dire que la France devrait téléphoner à le président Macron ou, si vous étiez président, vous appelleriez Vladimir Poutine ?

25:06
Jordan Bardella

Il y a des échanges qui ont eu lieu. Oui, naturellement, ces dernières semaines. Si on veut la paix en Ukraine, nous n'obtiendrons pas la paix par les armes. Il faut que, d'abord, le président Poutine comprenne qu'il n'a rien à tirer et qu'il n'a rien à gagner de cette guerre. Ce qui est certain, c'est que le conflit qui est en cours aujourd'hui en Iran permet à la Russie de booster ses exportations de pétrole et de booster ses rentrées de cash. Et rentrées de cash qui sont aussi utilisées pour financer le réarmement de la Russie, pour financer l'effort de guerre russe contre l'Ukraine.

Donc, viendra nécessairement le temps où il faudra se mettre autour d'une table, où il faudra dialoguer, où il faudra discuter pour faire en sorte qu'une paix soit négociée, qu'un cessez-le-feu, d'abord, soit envisagé, qu'une paix soit négociée et que cette paix ne se fasse pas aux conditions de la Russie, mais qu'elle permette, en l'occurrence, à l'Ukraine d'avoir des garanties de sécurité. Et ce que nous avons proposé avec Marine Le Pen, c'est qu'il y ait, entre l'Ukraine et la Russie, une zone tampon, une zone grise, qui puisse être placée sous l'égide des Nations Unies.

26:04
Invité

Vous entendez Donald Trump qui nous reproche à nous, Européens, de ne pas être venus l'aider en Iran, et qui dit, dans la balance, ces dernières décennies, nous, les Américains, on était là, auprès des Européens. Dans la guerre froide, on était là pour installer des missiles, pour vous protéger des Soviétiques. Et je vous demande un coup de main, une fois dans l'histoire, vous n'êtes pas capables de m'aider. Et qui, d'ailleurs, dans la balance, fait un chantage avec la sortie, peut-être fantasmée ou pas, des Américains de l'OTAN.

Vous l'entendez, ça, Trump, qui nous fait des leçons de morale et qui nous dit, vous n'avez pas été solidaires, comme les Américains l'ont été avec vous tout au long de l'histoire ?

26:39
Jordan Bardella

D'abord, j'entends un président américain qui change régulièrement d'avis. Et donc, avec le président Trump, que je respecte, les vérités du lundi ne sont pas nécessairement les vérités du mardi. Ce qui est certain, c'est que la France doit être une puissance alliée des États-Unis, mais pas nécessairement alignée. Et donc, à partir du moment où les États-Unis s'engagent dans un conflit, si la France n'a pas intérêt à entrer en guerre dans ce conflit, alors la France n'a pas à entrer en guerre dans ce conflit.

Or, nous avons des intérêts dans le Golfe, je l'ai dit, nous avons des ressortissants, il y a des Français qui travaillent dans le Golfe, nous avons des partenaires avec lesquels il y a des partenariats de défense, et je pense notamment à des grands pays comme les Émirats arabes unis. Moi, je m'étais rendu à l'été dernier sur la base militaire d'Abu Dhabi. Donc, nous avons des accords de défense, ils doivent être activés, mais je ne crois pas que l'intérêt de la France soit, si vous me posez la question, de déployer des soldats et de déployer des forces armées sur le territoire iranien, étant entendu que la géographie gouverne très souvent l'histoire.

Et on s'aperçoit que ce qui a été vendu initialement, et promu en tout cas dans les médias par les Américains et les Israéliens, c'est-à-dire une chute très rapide du régime iranien, n'est pas arrivée. Et me semble-t-il, l'erreur permanente des États-Unis d'Amérique dans ces guerres d'agression qui ont été menées de par l'histoire, ou dans ces conflits parfois légitimes et parfois nécessaires, je retiens le terme agression, eh bien, c'est qu'ils ont sous-estimé leurs ennemis. Ça a été le cas en Irak, ça a été le cas en Afghanistan, et c'est aussi manifestement le cas en Iran, où le régime semble-t-il tient, et où le régime s'est très certainement radicalisé autour des Mola.

28:08
Présentateur

— Vos compétiteurs Attal, Retailleau, Philippe ont fait le voyage de Kiev. Vous n'êtes pas allé pour l'instant, n'est-ce pas ?

28:14
Jordan Bardella

— Non, je n'ai pas eu l'occasion de me rendre à Kiev. — Pourquoi ? — Mais j'ai eu l'occasion ces derniers mois de faire un certain nombre de déplacements. J'ai été reçu par le gouvernement des Émirats arabes unis. Je me suis rendu en Israël. J'ai eu l'occasion de me rendre au Liban. Et donc si demain, cela est nécessaire, et si demain, je suis en fonction, le chef de gouvernement par ailleurs, il y aura forcément...

28:38
Présentateur

— Vous savez, l'arrière-fond de tout ça, à taureau a raison. Il y a une partie de l'opinion qui a toujours soupçonné votre parti d'avoir un penchant pro-russe, en tout cas depuis les années Poutine. Aller à Kiev, évidemment, serait un symbole. Pourquoi pas ?

28:49
Jordan Bardella

— Pardon, le penchant pro-Poutine. Je me permets de vous rappeler que le président Macron, lorsqu'il a été élu, a accueilli en grande pompe... — C'est vrai. — ...Vladimir Poutine au château de Versailles. Bon. — Mais il n'a pas négoûté son soutien à l'Ukraine par ailleurs. — M. Le Drian, pour qui j'ai du respect à titre humain, et on ne va pas l'attaquer, sachant qu'il n'est pas là, mais s'est rendu lui-même l'été à l'été 2017 pour rencontrer, me semble-t-il, son homologue Lavrov et évoquer des coopérations de sécurité avec la Russie. Donc moi, je n'ai pas de leçon de probité et de patriotisme à recevoir. Et je vais vous dire, la diplomatie

29:22
Présentateur

et la guerre, on négocie entre la Russie, entre les États-Unis. Et ça, pour le coup, c'est pas tenable. — Et on reviendra sur ces scénarios de crise. Vous faites des wargames ? Vous jouez à ça ? Enfin, c'est un jeu très sérieux. Vous savez, on simule des guerres, etc., sur Internet, non ? — Non, vous faites ça, vous. — J'essaye. J'essaye. Et vous allez voir, Alain Bauer, tout à l'heure... — C'est-à-dire ? — Alain Bauer, vous... — Attendez, attendez. Suspense. Suspense. Il va vous soumettre. Regardez. Il est là qui attend. C'est le bon professeur Bauer qui vous attend. Jordan Bardella, vous avez longtemps traîné... C'est la suite de la question sur la Russie. Laissons-nous combler.

Vous aurez l'occasion d'en reparler. Mais l'affaire du prêt russe, ça vous a pas mal pourri la planche encore lors des élections de 2022. Aujourd'hui, passons cette affaire-là. Est-ce que vous avez réussi à trouver des prêteurs ? On sait que, historiquement, c'est un problème pour vous. Est-ce que, cette fois, vous avez l'argent de la campagne électorale ?

31:16
Jordan Bardella

— Alors, si vous le voulez bien, on va pas passer. On va revenir sur... — Alors, brièvement. — ...interpellation, parce que, pour le coup, moi, je n'ai aucun tabou. Et j'aime m'expliquer lorsqu'il peut donner le sentiment qu'il y ait une ambiguïté. En 2015, le Rassemblement national, qui était le Front national à l'époque, a contracté un prêt pour financer une campagne électorale, qui était un prêt à 5 %, 5 ou 6 %, donc vous admettrez que c'est pas un prix particulièrement complaisant, qui avait été contracté auprès d'une banque tchécorusse. Pourquoi ? Parce qu'aucune banque française et aucune banque européenne avait souhaité prêter au Rassemblement national.

— C'est la question que je vous pose. — Il y a un problème démocratique. Le président Macron s'était engagé, vous vous en souvenez, à créer une banque de la démocratie.

31:51
Présentateur

— Et François Bayrou, lui-même, avait soutenu votre point de vue.

31:53
Jordan Bardella

— Absolument. Et cette banque de la démocratie n'a jamais été mise en place. Donc je souhaite aujourd'hui, pour vous répondre dans la perspective de l'an prochain, que les banques françaises puissent assumer cette responsabilité démocratique. — Mais est-ce que vous avez l'argent ? Est-ce que vous avez l'argent aujourd'hui ? — Non. En revanche, il y a des recherches qui sont en cours. Nous avons des discussions avec un certain nombre de banques. Mais si des candidats à l'élection présidentielle, autres que ceux du Rassemblement national, devaient trouver un prêt pour financer leur campagne sans qu'il n'y ait de risque, nous n'avons eu jamais le moindre souci avec nos comptes de campagne.

Ils ont toujours été remboursés. Et toutes les règles ont toujours été respectées à la lettre et de manière extrêmement rigoureuse. Si un autre candidat venait à trouver un prêt bancaire et que le candidat du Rassemblement national, ou la candidate en l'occurrence, venait à ne pas trouver de prêt, pardon, mais ça poserait un véritable problème démocratique qui choquerait des millions de Français. Donc nous cherchons un prêt bancaire en France. Et pardon, mais on est aujourd'hui le premier parti de France. Et il serait parfaitement normal qu'un établissement ou qu'une organisation de plusieurs banques puisse prêter au Rassemblement national.

32:53
Invité

Vous savez que les banques privées ont le droit de choisir leurs clients.

32:56
Jordan Bardella

Oui, c'est toujours les mêmes qui choisissent.

32:58
Invité

Non, non, non, c'est la règle. Ils ont le droit de choisir leurs clients. Et a priori, pour avoir passé quelques coups de téléphone avec des responsables de banque, ils ont tous dit qu'ils ne feraient aucun prêt aux partis politiques en général, parce qu'ils trouvaient que c'était très risqué. Mais ce que vous dites, c'est que vous pensez à quelqu'un d'autre qui pourrait avoir un prêt ?

33:16
Jordan Bardella

Je ne sais pas. D'abord, tous les partis n'ont pas déclaré leur candidat. Et donc nous regarderons la situation dans quelques mois. Et mon petit doigt me dit, avec quelques mois d'avance, que d'autres candidats trouveront naturellement un prêt auprès d'un établissement bancaire français et que des réserves seront exprimées à l'égard d'un parti politique qui est non seulement donné au second tour, mais qui, dans les derniers sondages, est donné gagnant l'élection présidentielle.

33:38
Présentateur

Ça montre quand même que vous restez un peu infréquentable. Attendez, pour une partie du patronat, ce qu'on appelait la bourgeoisie ou la grande bourgeoisie, en l'occurrence bancaire, encore une fois, à taureau à raison, vous restez un peu infréquentable.

33:52
Jordan Bardella

C'est un problème pour vous. Mais M. Rochebin, la démocratie, ce n'est pas une question de fréquentabilité. Les Français votent. Les Français choisissent. Mon parti a le premier groupe de députés à l'Assemblée nationale. Il a la première délégation au Parlement européen. Il est aujourd'hui donné au second tour et gagnant l'élection présidentielle. En revanche, vous avez des procédures judiciaires.

34:09
Invité

Vous avez dit qu'il n'y avait aucune procédure judiciaire. Il y a une procédure judiciaire qui doit aboutir le 7 juillet.

34:12
Jordan Bardella

Concernant nos comptes de campagne ?

34:13
Invité

Qui concerne une utilisation de fonds. Non, mais voilà. C'est une procédure judiciaire.

34:19
Jordan Bardella

C'est une procédure judiciaire. C'est tout. Et les autres partis n'ont aucune procédure judiciaire en cours ? Renaissance n'a pas de procédure judiciaire en cours ? Horizon n'a pas de procédure judiciaire en cours ? Non, il n'y a que le rassemblement national.

34:30
Invité

Est-ce que vous êtes inquiets sur la possibilité de trouver l'argent nécessaire à mener ?

34:37
Jordan Bardella

Pardon, on peut tourner autour du pot. Mais les Français voient bien qu'il y a un traitement pour les autres mouvements politiques et il y a un traitement particulier pour le rassemblement national. Ce traitement, il ne me paraît pas justifié. Et donc, que le premier parti de France ne trouve pas un prêt auprès d'un établissement bancaire, alors qu'il n'a jamais eu le moindre problème avec ses comptes de campagne dans une élection présidentielle, qu'ils ont toujours été dûment remplis, dûment complétés et dûment gérés, puis remboursés par l'État, pose une véritable interrogation démocratique. Est-ce que vous êtes inquiet, justement, sur cette question-là ? Non, je ne suis pas inquiet.

Je crois dans les forces de l'esprit. Ah, vous aussi ?

35:14
Présentateur

Il fallait bien que je vous fasse une réponse.

35:16
Invité

Première citation de François Mitterrand. Il fallait bien que je vous fasse une réponse.

35:18
Présentateur

Pas sûr qu'elle se mêle de l'argent, mais ça, c'est une autre question. Question rapide et réponse rapide, si vous voulez bien, parce que c'est vraiment une histoire de principe. Samuel Paty au Panthéon, idée soutenue par Edouard Philippe. Vous y êtes favorable ? Oui, j'y suis favorable. Vous êtes très scruté dans vos interventions, Jordan Bardella. Vous savez très bien, adoré, détesté. Les angles d'attaque, on ne va pas refaire là-dessus. Au fond, chacun jugera sur pièce. Coquille vide. Le côté Bardella-facho, c'est un peu passé. Il y en a encore qui considèrent ça, mais c'est plus souvent Bardella-idiot. C'est ça. Vos adversaires, souvent, essayent de vous attaquer sur ce point-là.

Laissons de côté l'aspect polémique. Moi, j'étais frappé du mot que vous utilisiez. C'est rare en France où chacun se vante de ses diplômes, même quand il n'en a pas. Vous disiez « je suis un autodidacte ». Qu'est-ce que ça implique pour vous ?

36:01
Jordan Bardella

Ça signifie que je me suis construit seul. Et bien souvent, on cherche à me le faire payer. Et voyez bien que le mépris social que je peux parfois recevoir de la part de mes adversaires et de mes détracteurs est en fait un mépris qui est adressé à des millions de Français. Parce qu'il y a des millions de gens dans notre pays. Il y a beaucoup de gens très talentueux, de chefs d'entreprise, de grands artistes, des gens qui ont parfaitement réussi dans leur domaine, qui se sont construits tout seuls, qui n'ont pas fait les grandes écoles. Et donc, on a précisément le droit de ne pas avoir fait l'ENA.

On a précisément le droit d'avoir grandi dans des territoires populaires et d'aspirer à avoir des responsabilités dans notre pays. Donc, je suis, c'est vrai, un pur produit de la méritocratie républicaine. Je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas fait les grandes écoles. Mais ça n'enlève rien à mes convictions. Ça n'enlève rien à ma détermination. Et quant à l'accusation qui est régulièrement faite de mon âge, parce qu'on va le dire, au fond, c'est un peu ça qui est souligné, l'âge a toujours été une condition secondaire dans l'histoire de France. Il y a des jeunes qui ont réussi. Certains, à 30 ans, avaient déjà conquis l'Italie et empêchés les armées d'Autriche de passer au barcolle.

On reparlera de l'Italie tout à l'heure. Oui, pourquoi ? Il y en a d'autres. Je n'ai pas dit l'italienne, j'ai dit l'Italie. Pardon. Il y en a d'autres qui ont échoué. Il y a des hommes âgés qui ont réussi. Et puis, il y a des hommes âgés qui ont échoué et qui ont livré la France à ses ennemis et à l'occupation. Donc, je veux dire, l'âge n'a jamais été un critère. Et je préfère, en tout cas, avoir l'âge que j'ai aujourd'hui, l'expérience de la banlieue que j'ai, parce qu'au fond, je fais à 30 ans ce qu'on fait normalement dans la vie à 50, compte tenu de mes responsabilités. Mais j'ai vécu dans un territoire difficile. J'ai vu la souffrance. J'ai vu les fins de mois difficiles.

J'ai vu la violence. Et donc, tout cela me donne aussi une lucidité sur l'état de mon pays. Peut-être une forme de sagesse, mais surtout un sentiment d'urgence et une envie d'agir.

38:02
Invité

Juste pour compléter, peut-être, ce que fait Darius Rejoin, peut-être pour ne pas répéter et revenir là-dessus, mais vous savez ce qu'on dit, que certains de vos adversaires disent aujourd'hui. Ils disent, si c'est Marine Le Pen, ce sera peut-être plus difficile. Si c'est Jordan Bardella, ce sera peut-être plus facile de le battre. Après tout, il se compare parfois à Jacques Chirac. Il prend des postures qui ressemblent un peu à Jacques Chirac. Mais lui, il n'a été que président de parti et député européen. Jacques Chirac a été député, ministre, maire, Premier ministre. Et donc, ce n'est pas du tout la même carrure, entre guillemets. Qu'est-ce que vous répondez ?

Mais ça, c'est aux Français de le juger. Pardon, mais je ne viens pas d'arriver sur votre plateau de télévision par l'opération du Saint-Esprit.

38:45
Jordan Bardella

J'ai été élu député à l'âge de 23 ans. J'ai été élu président du premier parti de France à l'âge de 26 ans. J'ai remporté les élections européennes en étant la tête de liste de mon parti à deux reprises. Donc, nous sommes aujourd'hui dans les intentions de vote. Pardon, moi, je regarde ce que disent aujourd'hui les études d'opinion, les dynamiques électorales et les sondages. Il se trouve qu'il y a beaucoup de Français qui placent en nous, qui placent en Marine Le Pen. Et un petit peu aussi dans le président de parti que je suis, une espérance pour changer leur quotidien. Donc, moi, j'assume tout.

Je ne fais pas partie de ces responsables politiques qui se sont inventés des diplômes pour essayer de se donner une épaisseur ou une stature. Mais on peut pousser le raisonnement au bout. On a peur de quoi ? On a peur d'une France qui aurait demain 3 400 milliards d'euros de dettes. C'est déjà le cas. On a peur d'une France dans laquelle il y aurait une agression par minute. C'est déjà le cas. On a peur d'une France où un Français sur deux serait à 10 euros près quand il fait ses courses. C'est déjà le cas. On aurait peur d'une France où notre État aurait perdu son leadership en Europe et sur la scène internationale. C'est déjà le cas.

Donc, pardon, je n'ai aucune leçon à recevoir de gens qui sont au pouvoir depuis des décennies, qui aujourd'hui sont les somnambules du 21e siècle, qui sont totalement sourds aux souffrances des Français. Et donc, moi, je me bats, je travaille et je le ferai jusqu'au bout. Donc, je ne suis peut-être pas vieux, mais je crois être mûr à gravir une montagne qui s'avère très haute. Par le bol des boumeurs. Non, par le bol des boumeurs. Mais encore une fois, je crois que l'âge n'est pas un gage d'efficacité. Vous voyez, Emmanuel Macron a été élu très jeune. Je pense que s'il avait été élu à 50 ans, on aurait eu exactement la même politique. Donc, l'âge n'est pas un gage d'efficacité.

40:27
Présentateur

Il reviendra peut-être.

40:28
Jordan Bardella

Je note que ce type de remarque est rarement faite à mes opposants. Et pour le coup, un certain nombre d'entre eux sont jeunes et ont déjà eu des responsabilités ou aspirent à en avoir.

40:37
Présentateur

Jean-Denis Mandela, une campagne, c'est tout sur la table, y compris les déclarations de patrimoine. Vous avez une réussite incontestable. C'est votre livre, je ne sais pas combien, vos livres, combien de centaines de milliers d'exemplaires au total ?

40:47
Jordan Bardella

Le premier exemplaire s'est vendu à 240 000 et le second à 170 000.

40:51
Présentateur

Alors, j'essaye de calculer les droits d'auteur. Vous êtes un homme riche ?

40:57
Jordan Bardella

J'ai vendu des livres, parce qu'il y a des responsables politiques qui écrivent des livres, mais pas tous en vendent. Et donc, j'ai eu l'honneur d'être lu par les Français. Et j'ai beaucoup travaillé pour cela. D'abord, pour écrire ce livre et pour me confier dans ces deux livres. Le deuxième étant davantage consacré d'ailleurs au problème du pays et à la vie des Français. J'ai été à leur rencontre pendant de très nombreux mois. Il n'y avait rien de négatif dans ma question. Non, non, mais il n'y a rien de négatif dans ma réponse.

41:22
Présentateur

Aujourd'hui, vous êtes millionnaire aujourd'hui ?

41:25
Jordan Bardella

J'ai encaissé des droits d'auteur qui sont publics. Donc, vous regarderez sur Internet. De toute manière, quand vous faites de la politique, tout est public. Et vous, vous êtes millionnaire ?

41:34
Présentateur

Hélas non, hélas non, j'en rêve. J'essaierai de vendre comme vous. J'ai fait des livres, c'est quelques milliers d'exemplaires. C'est la haute autorité de la transparence qui décidera. Vous savez, quand on fait de la politique, par définition, tout est public.

41:42
Jordan Bardella

Donc, mon salaire de député européen... Allez, votre patrimoine se monte à combien ?

41:45
Présentateur

Votre patrimoine se monte à combien ?

41:46
Jordan Bardella

Vous regarderez sur ma déclaration d'intérêt qui est sur Internet. Mais j'ai travaillé pour écrire ce livre. Et il se trouve que ce livre, en tout cas, ces deux livres se sont vendus.

41:57
Présentateur

Journal Bardella, on va aller chapitre par chapitre, y compris par l'immigration. Après, il y a les impôts qui passent derrière. Ah bah oui, bien sûr. Pour le meilleur et pour le pire. On va en reparler aussi. On va avancer dans un instant. Une question encore simplement sur ce qui, hélas, existe dans notre société. Emmanuel Macron a été victime de menaces assez similaires. Vous avez déposé plainte pour menace de mort, contre le clip de ce rappeur dirigé contre vous, qui représente votre tête battue à terre. Est-ce qu'il y a pour vous un risque physique ? Est-ce que vous vous sentez en danger ?

42:27
Invité

Non, pas plus qu'un autre responsable politique. Je vis sous protection policière depuis maintenant un certain nombre de temps.

42:35
Jordan Bardella

Ce qui veut peut-être dire qu'aux yeux du ministère de l'Intérieur, ma sécurité nécessitait que je sois accompagné dans mes déplacements. C'est une contrainte. Quand vous faites de la politique à haut niveau, vous plaisez à des gens, vous déplaisez à d'autres. Et donc, je vis avec cela. Mais malheureusement, je m'y suis habitué. Et au fond, quand vous êtes exposé aujourd'hui en politique, c'est vrai qu'il y a de la violence. Il y a de la violence quand vous êtes en première ligne. Il y a de la violence verbale, il y a de la violence physique. Or, la démocratie, c'est précisément la violence des mots pour qu'il n'y ait jamais la violence physique.

43:06
Présentateur

La peur, vous l'avez, pardon, la peur du coup de poing. Quand vous faites des signatures, vous savez très bien que ça peut arriver de là, de là, même quand il y a les meilleurs gardiens.

43:12
Invité

Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, je fais pas attention à ça. Moi, je fais beaucoup au contact.

43:17
Jordan Bardella

J'ai été formé à l'école Marine Le Pen et donc je vais énormément au contact, je vais au milieu des Français. Et donc chaque week-end, régulièrement, je suis sur les marchés, dans les foires, dans mes dédicaces à la rencontre des Français. Et nous allons faire une campagne qui va être une campagne sous le signe de la proximité et sous le signe de l'enthousiasme.

43:34
Présentateur

Et vous avez dit nous, et vous avez dit Marine Le Pen, et ça amène le chapitre plus précisément de Routel-Krioff.

43:40
Invité

Oui, parce qu'on ne sera que le 7 juillet qui sera candidat. Mais n'empêche, quel que soit votre rôle, comme l'a expliqué Darius Rochemin au début de l'émission, il est intéressant de comprendre quelle est votre ligne pour les Français aujourd'hui. Et donc ma première question, elle est simple. Est-ce que vous diriez aujourd'hui, comme l'aurait dit Laurent Fabius à son époque sur François Bitterrand, vous connaissez peut-être la phrase, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre Marine Le Pen et moi ? Nous partageons énormément de choses, nous partageons les mêmes convictions.

44:13
Jordan Bardella

Maintenant, si vous cherchez à me faire dire à travers cette phrase que nous sommes des clones, la réponse est non, ce n'est pas un scoop. J'ai énormément appris à ses côtés, je continue d'apprendre à ses côtés. Donc nous partageons évidemment l'essentiel. Je peux vous dire qu'il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre nous. Vous trouverez très certainement deux phrases qui ne sont pas dites mot à mot de la même manière. Et bien souvent, nous sommes enfermés dans ce jeu d'essai de différence. Mais je veux dire qu'il puisse y avoir des sensibilités différentes, c'est normal. Je veux dire, on est de deux générations différentes. On a des profils qui sont extrêmement complémentaires.

Mais notre amour pour la France, notre volonté de dépasser les clivages et de rendre à la France sa souveraineté, son identité et sa puissance, sont l'ADN de notre combat politique. Moi, je me suis engagé en politique, pas pour le parti d'ailleurs. Moi, je me suis engagé pour elle. Et je me suis engagé pour l'avoir élue présidente de la République. Donc je lui dois énormément. Et j'espère que cette ambition pour laquelle je me suis engagé en politique trouvera un horizon et une hypothèse dans quelques mois.

45:15
Invité

Ça va au-delà aujourd'hui. Parce que ça, j'ai envie de dire, vous l'avez dit souvent en effet, mais depuis quelques semaines, c'est extrêmement clair qu'il y a à cette heure-ci une forme de cohabitation entre deux lignes, au-delà de ce que vous partagez comme conviction. Je me rappelle qu'entre les deux tours des municipales, vous avez appelé la droite à se désister pour vous, comme une façon de dire on appartient au même camp. Le lendemain, Marine Le Pen a dit, nous ne sommes ni de gauche ni de droite. Marine Le Pen a proposé une surtaxe sur les compagnies pétrolières.

Vous, vous avez dit, dans un pays où il y a déjà 46% de prélèvements obligatoires, ce n'est peut-être pas la meilleure idée. Enfin, sur les retraites, elle a dit, nous maintenons l'âge de départ à la retraite à 62 ans. Et vous, vous avez dit au Frankfurter Allemain-Essaytung, nous examinons, nous sommes en train d'examiner la question de l'âge. Donc en fait, ça va au-delà de ne pas être des clones.

On sent, et c'est normal d'analyser cela, c'est normal d'essayer de comprendre, deux lignes différentes, qui sont d'une forme de national-populisme étatique traditionnel du RN, et peut-être une forme de volonté d'appartenir à la droite, de rentrer dans la famille de la droite, ou peut-être même carrément une forme de centrisation de votre parti, pour rassembler plus large. – Je ne pensais pas qu'un jour, un journaliste m'accuserait d'être centriste. – Ce n'est pas à priori une accusation. – Mais en politique, le pire n'est jamais sûr. – Ce n'est pas à priori une accusation, c'est une accusation pour vous ? – Je vais vous répondre sur le fond.

– Je me souviens que vous avez déjà prononcé ce mot.

46:57
Jordan Bardella

– Au second tour des élections municipales, moi je suis dans mon rôle de chef de parti. Je veux dire, il faut aussi prendre en considération que depuis plusieurs mois, et parce que c'est un accord et un pacte que nous avons mûri, préparé ensemble, nous ne nous préparons pas aux mêmes fonctions. Jusqu'à Nouvelle-Ordre, je me prépare à devenir Premier ministre et à devenir chef du gouvernement. Marine Le Pen, jusqu'à Nouvelle-Ordre, se prépare depuis plus de 20 ans à devenir la présidente de la République française. Lorsque vous concourez à l'Élysée, vous n'avez pas vocation à parler à la droite ou à parler à la gauche.

Vous avez vocation à parler au cœur de tous les Français, d'où qu'ils viennent, quels qu'ils soient, et quel qu'a été leur choix politique passé. Quand vous êtes à la tête d'une formation politique, que vous ambitionnez d'être le chef d'une majorité, nécessairement vous devez aller chercher des alliés. C'est ce que j'ai fait lors des élections législatives, en proposant à Éric Ciotti, président des Républicains, avec lequel nous partageons énormément, de venir travailler à nos côtés, et de bâtir cette coalition,

47:56
Invité

et de bâtir cette coalition,

47:59
Jordan Bardella

pour avoir la majorité la plus large possible. Aux élections municipales, il se trouve que dans un certain nombre de configurations, nous avons considéré qu'il fallait tout faire pour éviter la France insoumise de remporter des municipalités. Et j'espère qu'on aura l'occasion de revenir sur le rôle absolument délétère que la France insoumise est aujourd'hui en train de jouer dans le débat démocratique. Donc, nécessairement, j'ai appelé les candidats de droite patriotes, qui se reconnaissaient dans le combat que nous menons, à travailler à nos côtés.

48:23
Invité

Jean-Denis Bardella, même si vous n'êtes que Premier ministre ou Président de Parti, il y a une différence de ton, il y a une différence de positionnement, il y a une différence... Mais ce n'est pas une critique, c'est une observation, c'est normal d'essayer d'analyser cela. Il y a aussi les surtaxes sur les compagnies pétrolières, et il y a sur la retraite. Oui, mais il y a une complémentarité. Pourquoi il y a une différence ? Ah, une complémentarité.

48:46
Jordan Bardella

À partir du moment où Marine Le Pen décide, et je le remercie parce que c'est pour moi un honneur, et c'est pour moi une responsabilité, et une charge très lourde, de faire de moi son Premier ministre, si demain elle est présidente de la République, c'est parce qu'elle estime que nous avons des profils qui sont complémentaires, et qui peuvent nous permettre de créer une majorité, non seulement dans le pays lors de l'élection présidentielle, mais ensuite derrière, lors de l'élection législative. Donc je pense que c'est important de ne pas mélanger les fonctions, de ne pas mélanger les missions. Jusqu'à Nouvelle-Arge, je me prépare à devenir chef du gouvernement.

Si demain je suis appelé à d'autres responsabilités, l'enjeu ne sera pas de parler à la droite, ni de parler à la gauche, ce sera de parler à la France dans son intégralité.

49:27
Invité

Et donc vous diriez, dans ces cas-là, comme elle, je ne suis ni de droite ni de gauche, ou vous diriez je suis de droite ?

49:36
Jordan Bardella

Mais j'ai toujours indiqué que beaucoup de valeurs qui étaient les miennes, s'inscrivaient dans un éthos de droite. La liberté, la défense de l'identité nationale, l'autorité, la valeur travail, la défense du pouvoir d'achat de ceux qui bossent, des classes populaires et des classes moyennes d'abord. Ce sont des valeurs que j'ai au fond du cœur et que j'ai toujours voulu défendre en politique. Mais ce sont aussi des valeurs qu'elle partage. Et Marine Le Pen a fait le choix de ne jamais s'enfermer dans ce clivage. Et je ne crois pas vous avoir dit que mon ambition était de sauver la droite.

Mais ce que je dis, c'est qu'il y a des orphelins aujourd'hui à droite et qu'il y a beaucoup de gens qui, pendant très longtemps, ont voté pour le président Sarkozy, ont voté pour François Fillon, ont été des militants, des sympathisants, des électeurs de cette famille politique qui est l'héritier du général de Gaulle. Elle les appelle les droits-tards. Non, elle ne l'appelle pas les droits-tards. Ah bah si. Ne dites pas cela. Je travaille avec elle tous les jours. Elle n'a jamais dit cela. Bon. Donc, nous travaillons ensemble avec l'ambition de rassembler.

Et à titre personnel, je considère qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'orphelins qui se trouvent à la droite de l'échiquier politique, avec lesquels nous avons parfois des différences de nuances, mais avec qui nous partageons l'essentiel. Et donc, quand je vois des électeurs de droite aujourd'hui, prisonniers du parti LR, qui est devenu la béquille du macronisme, eh bien, je leur dis, venez travailler à nos côtés. Moi, je vous tends la main. Et j'espère que nous aurons l'occasion de faire un bout de chemin à compter des prochaines élections présidentielles et législatives. C'est aussi simple que cela.

51:02
Invité

Il y a un point quand même sur lequel, vraiment, en route, le CRIEF est légitime à vous titiller. C'est le sujet économique. On en parlera tout à l'heure, un peu plus tard, parce qu'on parlera d'économie tous les deux. Vous voyez bien qu'il y a un ou deux ans, les grands patrons, les banquiers, les financiers disaient « Oh, le programme de Marine Le Pen, c'est un programme de gauche. » Ça, vous l'avez entendu mille fois. On l'a tous entendu mille fois. Et là, depuis peu de temps, les gens disent « Ah, Jordan Bardella ! » Je parle des capitaines d'industrie, des patrons du CAC 40. Ils ne disent pas « On est fous d'amour de Jordan Bardella. » Non, ils disent « Il a un peu bougé les lignes.

» « On l'a vu. » « Il nous a parlé. » « Il est un peu plus compatible. » Alors qu'il y avait un rejet total du programme économique de Marine Le Pen il y a deux ans. Ça veut bien dire quand même que vous n'êtes pas exactement sur la même ligne. Je ne cherche pas absolument à montrer qu'il y a des lézards et des fissures. Il n'y a aucun problème. C'est le jeu de l'interview. Vous n'êtes pas. Et c'est votre rôle. C'est notre rôle. Je vais vous dire.

51:57
Jordan Bardella

Quand on ne se parle pas, quand on n'a pas de contact, c'est normal qu'il puisse y avoir des caricatures et du prêt-à-penser. Quand vous rencontrez des chefs d'entreprise. Moi, mon objectif, c'est de relancer l'économie française. Et l'ambition que nous portons, c'est de refaire de la France une très grande puissance de productif, une puissance de bâtisseur. Et donc, dans ce cadre-là, on a besoin de baisser la dépense publique, de faire la chasse au gaspillage d'argent public dans le pays de l'OCDE qui gaspille le plus. Mais on a aussi besoin de permettre à nos chefs d'entreprise de recréer les conditions de la création de richesse et de recréer de la valeur.

Et donc, moi, je viens discuter avec eux. Et je viens leur dire, voilà le calendrier que l'on vous propose. Voilà l'agenda économique que l'on vous propose. Mais je leur dis, éclairez-nous sur vos besoins. Éclairez-nous sur les normes, sur la paperasse administrative, sur les réglementations qui posent problème aujourd'hui dans la vie de l'entreprise. Et nous avons lancé avec Marine Le Pen une grande consultation de toutes les filières économiques pour récupérer filière par filière la liste des normes qui posent problème. Parce que je pense que notre économie et que l'économie française dégoulignent de normes, dégoulignent de taxes et dégoulignent d'impôts.

Est-ce que c'est être de gauche ou est-ce que c'est être de droite ? Alors, je vous l'accorde, c'est certainement pas être de gauche que de poser ce constat. Mais je pense que le programme de Marine en 2022 a été mal compris sur un certain nombre de points. Parce que bien souvent, on vient m'attribuer à moi le mérite d'un certain nombre de mesures. mais bien souvent, je ne fais que présenter et que relayer le programme économique qui a été celui de Marine Le Pen.

Donc, aux gens qui ont le cœur à droite et qui pensent que nous avons un programme socialiste ou un programme communiste en économie, je leur dis arrêtez d'écouter les cadres des Républicains dont le dernier argument est d'essayer de développer ce prêt-à-penser et cette caricature pour empêcher des gens de la classe moyenne, des chefs d'entreprise, des seniors de venir travailler à nos côtés. Nous avons un programme économique et nous aurons en 2027 un programme économique qui est résolument pro-business, pro-croissance, pro-travail, et pro-entreprise.

53:44
Présentateur

On en reparlera, mais pas sur les retraites.

53:45
Jordan Bardella

Très bien, on va parler des retraites.

53:46
Invité

Vous allez y revenir aussi. Mais juste écoutez, écoutez notre téléspectateur Aurélien. Lui aussi se pose des questions sur votre ligne.

53:56
Auditeur

Bonjour M. Bardella. J'avais une question à vous poser. L'union des droites est-elle toujours une ambition et un objectif pour vous ?

54:02
Invité

Bonsoir M.

54:06
Jordan Bardella

Je considère que c'est une trop petite ambition et qu'il faut naturellement, et j'y travaille depuis que je suis président du Rassemblement National, créer cette passerelle avec les orphelins de la droite. Et c'est la raison pour laquelle nous avons construit et bâti cette alliance avec Éric Ciotti en 2024, président des Républicains.

54:25
Présentateur

En électeur, ça marche, mais en tête d'affiche, vous n'avez personne. Regardez, Éric Ciotti, un.

54:29
Jordan Bardella

Qui d'autre ? Éric Ciotti, maire de la cinquième ville de France. Respect, parfait, très bien, mais en dehors de lui. Deux, une vice-présidente du conseil départemental LR qui sera notre tête de liste dans les bouches du Rhône aux élections sénatoriales. Vous voulez qu'on en fasse ? Parce que j'en ai plusieurs.

54:44
Présentateur

Non, mais vous ne vais pas nous raconter des craques. Ça, c'est un ratage.

54:49
Jordan Bardella

Vous auriez plus... Monsieur Rochebin, vous auriez... Je vais vous attendre. Non, non, non, mais sur... Vous avez des bons sondages. Je vous raconte des craques.

54:53
Présentateur

Vous avez des bons sondages. Vous devriez attirer beaucoup plus,

54:55
Jordan Bardella

au moins d'opportunistes. Au moins d'opportunistes. Non, non, non, mais attendez. Si la question, c'est est-ce que demain, on va travailler avec Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Jean-François Copé ou Gérard Larcher ? Retailleau. La réponse est non. Retailleau. Mais Bruno Retailleau, il a été ministre d'Emmanuel Macron. Enfin, moi, je veux bien qu'on soit, si vous voulez, le bac à salle... Il est grillé pour vous. Il est repenti de Macronisme. Mais M. Retailleau, il a non seulement été ministre de Macron, mais il a été le ministre de l'Intérieur dans la période où la France n'a jamais autant accueilli d'immigration. Donc, il est le comptable aussi de la politique de M. Macron.

Mais Jean-Marc, pardon, rappelez-vous,

55:33
Présentateur

François Mitterrand, dont on invoquait les mains tout à l'heure, il a siégé avec des communistes. Avec des communistes. On a vu le résultat. Bon, aujourd'hui, est-ce que vous imaginez un gouvernement où siégeront des RN comme vous, mais aussi des gens des LR ? XLR, LR comme vous voudrez, si un jour vous voulez effectivement étendre votre champ ?

55:49
Jordan Bardella

Mais bien sûr. Et si demain, j'ai la capacité de former un gouvernement, je constituerais un gouvernement d'union nationale pour parler à tous les Français. Alors, naturellement, il ne s'agit pas d'aller faire l'ouverture à gauche. Mais il y a beaucoup de gens au sein des Républicains, cette famille politique, qui sont tiraillés entre des cadres LR qui préfèrent gouverner avec Macron et d'autres cadres LR qui regardent avec beaucoup d'admiration et beaucoup de courage le geste qui a été fait par Eric Ciotti lors des élections législatives. Donc, on m'interroge sur l'union des droites.

Je viens de dire que c'est une trop petite ambition et que quand vous voulez permettre à la France de vivre une nouvelle renaissance, de renouer avec cet appétit pour la fierté nationale, pour la puissance et pour la conquête, il faut parler à tous les Français. Et si demain, nous sommes au pouvoir, nous respecterons aussi les Français qui n'ont pas voté pour nous, qui n'ont pas voté pour la droite et qui peuvent exprimer des désaccords avec nous. Parce que c'est ça la grandeur de notre démocratie. Et on est un peu les derniers aujourd'hui à défendre cette fraternité française et ce goût pour le débat et pour la démocratie.

Donc, il y a beaucoup de gens, de conseillers municipaux, d'élus locaux LR qui nous rejoignent, qui travaillent avec nous. Ils ne sont pas moins méritants que les vieux pantouflards qui sont au Sénat depuis des années et qui préfèrent sagement attendre peut-être l'engagement dans la campagne d'Edouard Philippe pour rallier une nouvelle fois le camp de ceux qui déconstruisent notre pays depuis très longtemps.

57:12
Invité

Je veux revenir juste sur un point qu'on a évoqué tous ensemble. Les retraites, c'était un des points des divergences avec Marine Le Pen. Vous avez dit, on en reparlera. Moi, je vais vous poser une question extrêmement claire. Aujourd'hui, l'âge de départ légal est à 62 ans et 9 mois. Dans le programme, et Marine Le Pen l'a répété, c'est 62 ans. Est-ce que si... Et vous, vous avez répondu au journal allemand, nous examinons la question. Ça veut dire qu'on sent bien qu'il y a une forme de pragmatisme de votre part. On sent bien que vous êtes peut-être conscient des milliers de milliards de dettes.

Donc, ce n'est pas illogique de se dire que peut-être vous pensez qu'il va falloir retarder l'âge légal de départ à la retraite. Est-ce que ce sera le cas ? Est-ce qu'elle voulait reprocher, Marine Le Pen ?

57:59
Jordan Bardella

Non. Non, mais attendez, attendez. Je vais vous répondre sur le fond et après, si vous voulez, on fera de la popole. Sur le fond. Je dis une chose très simple. Le système des retraites, aujourd'hui, il n'est pas soutenable sur le plan économique.

58:13
Invité

D'accord.

58:13
Jordan Bardella

Il y a 60 ans, il y avait 4 actifs, 4 cotisants pour un retraité. Il y a aujourd'hui, en 2026, 1,7 cotisants pour un retraité. Donc, sur le plan économique, le système n'est pas soutenable. Deuxièmement, sur le plan social...

58:30
Invité

C'est pour ça que la réforme a été faite en 2023, à laquelle vous étiez opposé.

58:33
Jordan Bardella

Deuxièmement, sur le plan social, le système en vigueur est profondément injuste. Pourquoi ? Parce que plus vous rentrez tard dans le système, moins vous cotisez longtemps. Vous êtes une infirmière qui commençait à travailler, infirmière libérale, disons à 21 ans. Pour avoir votre retraite à taux plein dans le système actuel, il faut cotiser 43 ans. Vous êtes quelqu'un qui a des conditions, qui est hérité de conditions modestes, qui fait des études longues, vous rentrez à 29, à 30 ans sur le marché du travail. Vous devez cotiser 37 ans, soit 6 années de moins, pour avoir votre retraite à temps plein.

Donc, ce système, non seulement il n'est pas viable économiquement, mais il n'est pas soutenable sur le plan social. Donc, moi je dis une chose très simple. Il nous faut bâtir le système de retraite qui permettra à la France au XXIe siècle d'asseoir sa soutenabilité économique et d'avoir un système plus juste où ceux qui ont commencé à travailler tôt partent plus tôt et où ceux qui ont commencé à travailler tard partent plus tard.

59:29
Invité

Aujourd'hui, quand on a commencé à travailler avant 18 ans, on part à 60 ans. Quand on a commencé à travailler avant 16 ans, on part à 58 ans. Et quand on a commencé à travailler avant 20 ans, on part entre 60 et 62 ans.

59:39
Jordan Bardella

Oui, madame. Mais on nommait une chose, c'est que l'âge de départ ne veut rien dire. Parce que pour que le système soit beaucoup plus lisible et soit beaucoup plus juste, il faut regarder le nombre d'années cotisées. C'est ça qui fait foi. Et donc, je pense qu'on gagnerait à simplifier les choses et à bâtir un système qui mette davantage en avant la durée de cotisation. Et deuxième chose, ce qui vous explique qu'en décalant l'âge de départ à la retraite, on va sauver le système de retraite français. Je pense à Édouard Philippe, par exemple, qui, il y a quelques mois, dans une interview, je crois, à vos confrères de Challenge, parlait d'une retraite à 67 ans. Il mente aux Français.

Parce que, au mieux, vous allez encaisser des recettes supplémentaires. Au mieux. Parce que ça n'est pas garanti. Pour quelques temps supplémentaires. Mais la question se posera dans deux ans ou dans trois ans. Donc, le problème dans un système où ceux qui travaillent paient la retraite de ceux qui ne travaillent pas, c'est le nombre de gens qui travaillent. Et la France est l'un des seuls pays où la richesse produite par heure de travail a baissé depuis 2007. Donc, il n'y a pas assez de gens qui, en quantité, travaillent. Et donc, l'esprit de la réforme qui avait été proposée par Marine Le Pen, elle visait à permettre aux jeunes de rentrer plus tôt sur le marché du travail.

J'écoutais, il y a quelques heures, ce matin, le patron du MEDEF, Patrick Martin, qui parlait du chômage des jeunes. Il disait, et il mettait en avant ces chiffres, les jeunes qui travaillent, le taux d'emploi des jeunes, les jeunes en activité, c'est 30% en France. C'est 50% en Allemagne. C'est 75% aux Pays-Bas. Vous le savez, mais peut-être que les gens, pardon, mais peut-être que les gens qui nous regardent ne le savent pas. J'ai juste une question. J'entends ce que vous dites. Non, mais attendez. Vous faites un constat. Je vais vous retrouver. Laissez-moi 10 secondes, je vais vous retrouver. Très bien.

Le problème de notre système aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas assez de recettes et qu'il n'y a pas assez de cotisations. Donc, il faut recréer de l'activité économique. Donc, 62 ans, ce n'est pas possible. Quand on désindustrialise, quand on délocalise, quand on conçoit un pays sans usine, eh bien, nécessairement, on a beaucoup moins d'emplois et donc on a beaucoup moins de cotisations. Donc, 62 ans, que dit Marine Le Pen,

1:01:40
Invité

ce n'est pas possible. C'est ce que vous nous expliquez. C'est-à-dire, elle vient me dire, elle dit, c'est, on ne change pas et vous, vous nous dites, il faut changer. Mais elle n'a pas dit cela, madame. Et je l'ai entendu il y a quelques jours

1:01:51
Jordan Bardella

chez votre confrère Apolline de Malherbe sur BFM TV, pardon, pour la publicité, disant que nous étudions les pistes de financement. Ça ne vous aura pas échappé que nous nous apprêtons à hériter d'un État qui est au bord de la faillite financière. Et j'ai toujours dit, y compris lors des élections législatives, que notre priorité sera toujours de permettre aux gens qui ont des métiers difficiles de partir beaucoup plus tôt. Donc, la situation et l'équation budgétaire, elle est très compliquée.

Et croyez-moi, la charge que s'apprête à laisser Emmanuel Macron à son successeur, c'est-à-dire un État français qui est la septième puissance économique mondiale, qui ne cesse de reculer sur tous les plans, est aujourd'hui en situation de faillite financière. Donc, notre priorité ira nécessairement vers ceux qui ont commencé à travailler plus tôt. Et donc, nous sommes en train de travailler, nous sommes en train de faire des projections budgétaires, d'examiner la question. Et donc, nous aurons l'occasion de présenter un nouveau système et une réforme qui sera juste sur le plan social et qui sera soutenable sur le plan économique. Je dis juste ça et c'est précisément ce que j'ai dit

1:02:45
Invité

à vos confrères allemands. Pour simplifier, on est d'accord. Vous êtes président de la République. Scénario, hypothèse, 2027. Cinq ans plus tard, on est donc à l'issue du quinquennat, en 2032. Bon, dites-nous-le clairement. Est-ce que les Français, en 2032, à la fin du hypothèse de travail du quinquennat de Jean-Dade Bardella, est-ce que les Français partiront à la retraite à 67 ans, comme les Italiens, par exemple, à 70 ans, comme les Danois, ou à 62 ans, comme le souhaite votre parlementaire, Jean-Philippe Tanguy ? Dites-le clairement, parce que moi, j'ai... Franchement, j'ai des capacités de concentration très limitées et vous m'avez un peu perdu.

1:03:19
Jordan Bardella

Ok. Donc, vers le système de retraite compliqué, je vais essayer de naviguer avec des idées simples. Parlez-moi comme si j'avais 12 ans. Très bien. D'abord, je vais vous dire que vous avez peu de chances d'avoir une retraite dans l'état actuel de l'économie française, en 12 ans. Donc, ce que je dis, c'est que nous allons tout faire pour recréer de l'activité économique et pour faire en sorte que, notamment, les jeunes rentrent plus tôt sur le marché du travail et éventuellement, que les entreprises arrêtent de se séparer d'un certain nombre de gens au motif qu'ils ont passé la soixantaine d'années. Parce que le premier emploi signifie... J'en donne bordé là. 62 ans, 67 ans, 70 ans.

Monsieur Brunet, je ne sais pas à quel âge... Monsieur Brunet, pardon.

1:03:56
Invité

Vers quelle direction allez-vous aller ?

1:03:58
Jordan Bardella

Monsieur Brunet, je ne sais pas à quel âge vous avez commencé à travailler. Mais l'âge légal ne veut rien dire. Ce qui compte, c'est la durée de cotisation. Donc, nous allons... Nous sommes en train de faire des projections. Nous travaillons et nous travaillons à un modèle qui soit juste. Mais ce que je dis, c'est que décaler l'âge de départ légal ne réglera pas le problème du système financier français. Est-ce que vous pourriez nous dire... Et on va avancer après sur la suite... Est-ce que vous pourriez nous dire... Je peux vous donner un exemple ? Regardez. Parce que vous parlez de l'Allemagne. Mais est-ce que vous connaissez la durée de cotisation ?

Est-ce que vous connaissez le niveau de cotisation en Allemagne ou en Italie ? Nous avons un niveau de cotisation pour les retraites. Certes, on part, au moment où je vous parle, beaucoup plus tôt qu'en Allemagne ou beaucoup plus tôt qu'en Italie. Mais nous avons environ 8 à 10 points de cotisation supplémentaires sur le travail et sur les salaires. Donc, nécessairement, les cotisations qui sont acquises tout au long de la vie sont plus importantes qu'en Allemagne et sont plus importantes qu'en Italie.

Mais en Allemagne, l'âge auquel vous rentrez environ sur le marché du travail, le premier emploi significatif, on va prendre cet indicateur, le premier emploi significatif en Allemagne, c'est 23 ans, c'est 27 ans en France. On a considéré que toute une classe d'âge avait vocation à faire des licences de sociaux et aller à l'université. Moi, je suis un défenseur du système dual à la Suisse ou à l'Allemande et de la fin du collège unique qui doit nous permettre d'orienter plus tôt, de mieux valoriser l'apprentissage et d'avoir des jeunes qui, mieux formés, rentrent plus tôt sur le marché du travail. Ça fera des recettes en plus, ça fera des cotisations en plus.

Et donc, ce que je vous dis, c'est qu'avec de la croissance, tout est plus soutenable. Les États-Unis, ils ont 120% de dette. Mais quand vous avez de la croissance, que vous attirez les investissements et que vous avez de la stabilité économique, eh bien, toutes les autres variables sociales sont infiniment plus soutenables.

1:05:37
Invité

Juste pour terminer par une petite pirouette, les Français adorent qu'on se dise, qu'on dise parfois, ça nous arrive, nous les journalistes, on s'est trompé sur tel dossier. Est-ce que vous n'avez pas, vous, alors que vous êtes dans l'opposition, apprécié d'une façon un peu rapide ce problème ultra complexe des retraites ? Et qu'aujourd'hui, finalement, alors que vous êtes en passe de peut-être gouverner la France, vous vous dites, ouh là là, c'était très compliqué, les solutions un peu populistes qu'on avait apportées, les réponses qu'on avait apportées à ce problème complexe étaient peut-être un tantinet simple, finalement, on revoit un peu notre copie discrètement, etc.

On a un peu le sentiment, nous les journalistes, que c'est ce qui se passe. C'est-à-dire que vous aviez apporté des réponses un peu définitives et rapides, et aujourd'hui, vous vous dites, bon, on est en train de recalibrer les choses parce que c'est plus complexe que je... Et c'est pas déshonorant de dire, c'est pas déshonorant de dire, bon, c'est plus compliqué qu'on ne le pensait. Vous m'avez demandé de vous parler comme un enfant de 12 ans. Oui, sauf votre respect, je vais quand même vous rappeler que le monde a changé depuis 2017 et que la France

1:06:37
Jordan Bardella

a 1200 milliards d'euros de dettes supplémentaires et que les taux d'intérêt qui étaient à 1% sont aujourd'hui entre 3 et 4%. Donc, il serait profondément démagogique et pour le coup extrêmement populiste puisque c'est le terme que vous avez utilisé de venir devant vous 10 ans après l'élection d'Emmanuel Macron, en train de vous dire notre chiffrage, notre trajectoire budgétaire ne va pas changer d'un iota alors que la situation de la France n'a fait que se dégrader. Et on reparlera les comptes largement.

1:07:05
Présentateur

Avançons s'il vous plaît Jordan Bardella et allons au sujet qui est votre principale marque de fabrique, l'immigration. Quel est exactement l'état de votre projet et surtout la question essentielle qui est français, qui n'est pas français. La France pratique le droit du sol, l'enfant né de parents étrangers en France résident en France devient français, peut devenir français à ses 18 ans par une procédure très simple attribution de fait automatique. Par quoi voulez-vous remplacer cela ?

1:07:30
Jordan Bardella

Il y a deux questions qu'il va falloir se poser, deux questions très simples lors de l'élection présidentielle. C'est comment arrêter les flux migratoires et comment relancer l'assimilation ? Comment arrêter les flux migratoires dans un pays où il y a depuis 2017, par les choix politiques qui ont été faits par M. Macron, 4,3 millions d'étrangers qui sont rentrés sur notre sol. La France n'a jamais accueilli autant d'immigration sur notre sol avec ce que je considère être une immigration subie, c'est-à-dire qu'on a demandé depuis des années aux Français de s'exprimer lors des élections sur des choix.

Ils n'ont jamais été entendus sur leur volonté aujourd'hui, très nette, dans tous les sondages de réduire la voilure en matière d'immigration. Et deuxième question, c'est l'assimilation. Parce qu'il y a aujourd'hui des millions de Français qui ont ce sentiment d'exil intérieur, qui ne reconnaissent plus la France, qui ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi et qui voient leur pays changer et voient leur pays se transformer. On a des gens qui arrivent dans notre pays qui ne savent rien du pays où ils arrivent.

Et on a un peuple qui hérite, qui est là depuis des décennies, qui est là depuis mille ans et qui a de plus en plus tendance à ne plus s'aimer et à avoir honte d'être français, de son histoire, de son identité, de sa culture. Donc, il faut apporter des réponses. Et le premier grand chantier que nous souhaitons engager si nous gagnons les élections présidentielles, c'est un référendum sur l'immigration. Nous souhaitons faire ce référendum très vite, dès les premiers mois et peut-être même dès les premières semaines.

Sur le droit du sol, précisément, ça peut être la question pour soumettre aux Français un projet de loi qui contiendra l'ensemble des mesures pour permettre aux Français de s'exprimer sur cette politique et de reprendre le contrôle de leur patrie, de leur nation et de leur identité nationale. Donc, dans ce référendum, il y aura...

1:09:14
Présentateur

Giscard d'Estaing même, Giscard d'Estaing en avait parlé, ça a toujours été remis. Aujourd'hui, allons s'il vous plaît chapitre par chapitre parce que soyons vraiment très pédagogiques. Je vais vous répondre.

1:09:22
Jordan Bardella

Dans ce référendum, dans ce référendum, M. Rochebin, il y aura la suppression du droit du sol. L'acquisition de la nationalité...

1:09:28
Présentateur

Soyez encore... Pardon, je vous interromps, mais je trouve que c'est très important d'aller pas à pas. Quand vous dites suppression du droit du sol, je reprends le cas, l'enfant né de parents étrangers en France, qui réside en France, qui maintenant devient français à 18 ans, de manière quasi automatique, qu'est-ce que vous changez ? Il sera forcé de se naturaliser, c'est ça ?

1:09:45
Jordan Bardella

Aujourd'hui, est français. Celui qui est né d'un ou deux parents français sur le sol français ou celui qui est étranger est né en France, de parents étrangers, est né sur le sol français et peut de manière quasi automatique arriver à l'âge de la majorité obtenir la nationalité française. Qu'est-ce que vous changez ? Nous supprimons le droit du sol. C'est-à-dire que sera français celui qui est né en France et dont l'un des deux parents est de nationalité française. Ensuite, il vous sera possible de devenir français si vous êtes né de parents étrangers en faisant conformément au droit français une demande de naturalisation.

1:10:19
Présentateur

Alors, soyons très précis. Le jeune homme de 18 ans ou jeune femme qui est à ce moment-là doit, au lieu de la procédure du droit du sol, M. Rochemin, c'est une exception. Des pays frontaliers,

1:10:28
Jordan Bardella

mais je vais être très précis, des pays frontaliers, par exemple, comme l'Italie, n'ont pas le droit du sol. La nationalité française s'hérite ou se mérite. Et donc, nous considérons qu'elle peut s'obtenir si vous êtes étranger par le respect de tout un tas de critères et par l'obtention favorable d'une demande de naturalisation.

1:10:43
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que cette naturalisation comprendra, et vous avez raison de le dire, ça se fait dans d'autres pays, un certain nombre de tests, même pour l'enfant né en France de parents. Absolument. Un certain nombre de tests, genre, chanter la Marseillaise, quoi d'autre ? Qui est Clémenceau ? Qui est Jaurès ? Oui, maîtriser. Non mais... Culture générale, française ?

1:11:00
Jordan Bardella

Ce n'est pas moi qui... Oui, le test. On donnera en tout cas les objectifs et les orientations. Mais il s'agira de maîtriser l'essentiel de ce qu'est la France. D'abord, de parler la langue française. Peut-être d'avoir un contrat de travail en France, ou d'avoir un motif légitime pour aspirer à cette nationalité française.

1:11:20
Présentateur

Sans contrat de travail,

1:11:21
Jordan Bardella

on pourrait être privé de la possibilité de devenir français ? Et peut-être de ne pas avoir de casier judiciaire. Parce que la nationalité française est quelque chose qui doit retrouver une valeur sacrée dans l'esprit français, mais aussi dans l'esprit de nos institutions. Et donc, nous supprimons le droit du sol. Exemple, je vous donne un exemple. Nous expulserons par exemple dans ce référendum de manière systématique

1:11:40
Présentateur

les délinquants et criminalisés. Attendez, attendez. Ce droit du sol, par exemple, en Allemagne, il demande aux naturalisés de considérer l'histoire, de dire à quel point la Shoah, l'enseignement de la Shoah, ça ferait partie par exemple du fait de connaître l'histoire de l'Europe ?

1:11:54
Jordan Bardella

Oui, vous savez que c'est déjà le cas aujourd'hui lorsque vous faites une demande de naturalisation. vous devez déjà répondre à un certain nombre de critères. Et donc, ces critères, ils seront renforcés si nécessaire. Mais la nationalité française n'est pas un spéculoos qu'on offre avec le café. Elle est quelque chose que nous tenons en très haute estime. Et aujourd'hui, l'ensemble du système français est en soi une pompe aspirante à l'immigration. Donc, nous souhaitons réduire considérablement la voilure en matière d'immigration parce qu'aujourd'hui, les flux migratoires déstabilisent les grands équilibres de la société française. Je vous donne un exemple.

31% des immigrés, selon l'INSEE, occupent un logement social. 44% des ressortissants algériens en France occupent un logement social. Et dans le même temps, vous avez des millions de familles françaises qui n'arrivent plus à se loger soit parce que le prix des logements est trop cher, soit parce qu'il manque des offres de logements. Et donc, nous souhaitons notamment par l'intermédiaire de ce référendum, et j'en termine, instaurer la priorité nationale, c'est-à-dire la possibilité de donner une priorité d'accès dans le logement social, qui est une aide sociale parmi d'autres, aux familles françaises.

De la même manière, pour bénéficier des aides sociales françaises, et de la générosité du modèle social payé par les Français qui travaillent, et par les 72% de Français qui travaillent dans notre pays ou qui sont en activité, eh bien, il faudra avoir la nationalité.

1:13:14
Invité

Est-ce qu'il sera constitutionnel ce référendum ? Est-ce qu'il ne sera pas en opposition avec la Constitution ?

1:13:20
Jordan Bardella

Vous savez qu'on peut changer la Constitution, soit par la réunion du Congrès et des 3e 5e du Congrès, soit par référendum. Et donc, ce référendum, et merci de me permettre de préciser, il aura valeur constitutionnelle, et il vise à faire rentrer l'ensemble de ces dispositifs dans la Constitution française, pour se protéger aussi de la remise en cause permanente des décisions administratives françaises, par exemple, d'éloigner un OQTF par des décisions absurdes de la Cour européenne des droits de l'homme. Donc, on doit redevenir souverain. Les Français doivent pouvoir s'exprimer sur cette politique.

Et quand, j'en termine sur mon exemple du logement, mais quand on accueille 500 000 personnes chaque année de manière légale, sans parler des clandestins, dont seulement 10%, c'est-à-dire 50 000, ont un contrat de travail et que vous construisez de l'autre côté 300 000 logements, eh bien, ça crée nécessairement des pressions sur l'ensemble des services. Monsieur Bardella,

1:14:06
Présentateur

est-ce que vous êtes déjà dépassé, en fait, sur votre droite ? Quand Gérald Darmanin dit, il y a quelques jours, il propose un moratoire de trois ans sur l'immigration légale. Il veut restreindre le regroupement familial. En réalité, en Danemark, social-démocrate danoise, pour le moment, c'est le social-démocrate, on ne peut pas la soupçonner d'extrême droite. Il est vrai avec Mme Mélanie, mais avec beaucoup d'autres, Autriche, Belgique, questionnée, etc., demandent d'assouplir les critères européens, ceux de la Convention européenne des droits de l'homme. En réalité, est-ce que vous marquez encore votre différence ? Qu'est-ce qui aurait

1:14:33
Jordan Bardella

de différent avec vous ? Je vous sais beaucoup trop intelligent pour tomber dans le panneau et pour croire que M. Darmanin, qui a été l'un des pires ministres de l'intérieur de la République française, sous lequel nous avons franchi tous les records en matière d'immigration et tous les records en matière d'insécurité, venir aujourd'hui changer d'avis parce que c'est populaire et que c'est majoritaire dans l'opinion de venir épouser les thèses du Rassemblement national. Est-ce que vous croyez vraiment dans la sincérité de ces gens-là ?

Moi, j'aimerais que tous les gens qui ont été au pouvoir présentent leurs excuses au peuple français et qu'ils leur demandent pardon pour le pays qu'ils s'apprêtent à nous léguer dans quelques mois, qui est un pays rempli de fractures, qui est un pays profondément divisé. Est-ce que vous vous rendez compte que nous vivons dans un pays, M. Rochebin, où en grande partie à cause de notre politique d'immigratoire, la vie et la fête sont devenus impossibles ?

Il n'est plus possible d'organiser un événement, une manifestation sportive, un bal populaire, un rassemblement dans une ville ou dans un village sans qu'il y ait systématiquement des hordes de délinquants qui viennent casser, s'en prendre aux forces de police, détruire les commerces, détruire les portes d'immeubles. Et je vous dis, bientôt, ils rentreront dans les immeubles, ils casseront les digicodes et ils s'en prendront aussi aux familles zonettes qui habitent dans les immeubles. Jordan Bardella, Jordan Bardella. Vous voyez que cet ensauvagement de la société française est aussi la conséquence de notre incapacité à maîtriser notre politique d'immigration.

1:15:59
Présentateur

Alain Bauer va nous rejoindre mais pendant qu'il va s'installer, je vous pose encore cette question. Si vous avez raison et si vraiment il faut un changement de cap complet, est-ce que vous assumerez la dureté, certains disent, l'inhumanité que ça représente ? Regardez aux Etats-Unis, Trump l'assume complètement. Quand il fait des renvois, c'est pas à moitié, il va jusqu'à faire des renvois forcés à Guantanamo, etc. Si vous devez restreindre l'aide médicale d'Etat comme vous le proposez, à l'aide médicale d'urgence, le regroupement familial limité, etc., vous savez très bien que ça passera par une certaine dose de dureté, d'inhumanité.

Vous savez très bien qu'au premier reportage de JT, on montrera une famille qui doit remettre ses soins médicaux ou gynécologiques parce qu'ils ne sont pas d'urgence.

1:16:36
Jordan Bardella

Vous connaissez très bien les journalistes. C'est vrai. Et vous avez parfaitement raison. Et l'opinion publique

1:16:40
Présentateur

qui a ces paradoxes, on peut vouloir restreindre l'immigration et en même temps quand ils verront le reportage, ils diront « Ah quand même, c'est quand même très inhumain de faire ça ». Est-ce que vous assumerez cette dureté ?

1:16:48
Jordan Bardella

Non, M. Rochebin. Ce qui est inhumain, c'est la politique d'immigration telle qu'elle est menée aujourd'hui. Ce qui est inhumain, c'est de laisser s'accumuler les bidonvilles à la porte de la chapelle et de laisser s'accumuler les difficultés que connaissent beaucoup de nos compatriotes dans les cités et notamment dans les quartiers qui ressemblent beaucoup aux quartiers dans lesquels j'ai grandi.

Ce qui est inhumain, c'est d'avoir un revenu modeste, peut-être aussi d'être issu de l'immigration, d'avoir fait un effort exigeant de s'assimiler et d'être aujourd'hui coincé parce qu'on a du trafic de drogue en bas de sa fenêtre, les salafistes qui imposent leurs lois dans les quartiers et de ne pas pouvoir fuir parce que le logement privé à l'extérieur est trop cher. Ce qui est inhumain, M.

Rochebin, c'est d'aller dévitaliser l'Afrique et c'est d'aller chercher en Afrique des ingénieurs, des médecins, des forces vives, des classes moyennes, des jeunes africains pour venir faire entre guillemets le sale boulot et pour venir faire la plonge dans les restaurants de l'agglomération parisienne. C'est cette vision-là qui est profondément inhumaine et que je combats. Donc, la fermeté peut-être une forme d'humanité. Est-ce que vous croyez, M.

Rochebin, que c'est inhumain d'expliquer à tous les peuples du monde que l'on va les accueillir et les prendre en charge en Europe en permettant et en laissant ces gens traverser la Méditerranée en donnant 10 000 dollars aux mafias de passeurs au risque de leur vie ? Donc, ceux qui appellent à l'immigration massive qui font croire à tous les peuples du monde que la France est encore un Eldorado alors que nous avons d'innombrables difficultés sont en réalité les véritables tenants d'une politique inhumaine. Donc, cette fermeté en matière d'immigration, c'est aussi une forme d'humanité. Je vais vous donner un ultime exemple.

Il y a quelques années, l'Australie, qui était régulièrement accostée par des bateaux de migrants, a mis en place une politique qui s'appelait No Way. Une politique qui consistait à dire ne venez pas en Australie, vous serez systématiquement reconduit dans votre pays de départ. Il y avait même des campagnes de publicité dans les pays d'origine. Il n'y a plus quasiment un seul drame au large des côtes australiennes. Donc, cette vision de l'immigration qui consiste à accueillir sans limite et à laisser ces gens croire que notre pays est encore une mine d'or qui va les accueillir est en fait profondément inhumaine. journal Bardella,

1:18:58
Présentateur

on va entrer dans un moment de l'émission tout à fait inédit. C'est Alain Boer qui va nous rejoindre. Alain Boer qui signe notamment intrigue à l'ONU. Ça nous ramène à beaucoup des scénarios qu'on va voir ici. Je vous en prie, Alain Boer, prenez place. Et c'est un exercice tout à fait inédit auquel on va vous confronter. Alain Boer va vous présenter un certain nombre de crises majeures que vous pourriez rencontrer si vous étiez au pouvoir. Alain Boer, je vous passe la parole pour le premier scénario.

1:19:29
Invité

Alors, M. le Président de la République, car je prends cette option comme étant l'élément qui devrait illustrer la question qui peut se poser à un homme ou une femme qui vient d'être élu. Et de nous mettre dans cette hypothèse après tout, elle est aussi crédible que n'importe quelle autre et elle fait même partie, d'après les enquêtes d'opinion, des plus crédibles disponibles. Nul ne sait qui sera candidat et jusqu'au bout de ce parcours très compliqué. Un an avant une élection présidentielle, on est toujours surpris du résultat après, mais pourquoi pas ? M. le Président de la République, vous n'allez pas avoir d'état de grâce.

À la grande différence de beaucoup de vos prédécesseurs, les crises sont déjà là, elles ne vont pas disparaître par votre élection et vous allez avoir à gérer toute une série d'événements au-delà de la formation de votre propre gouvernement, de la construction des élections législatives, de la gestion du tout-venant qui fait le rythme passionnant de la politique quand elle n'est pas que politicienne. Un certain nombre de crises internationales et d'événements vont se précipiter. Et je voudrais en prendre un certain nombre pour les aborder avec vous comme si vous étiez en situation de prendre des décisions.

Évidemment, vous aurez autour de vous, j'espère, des diplomates, des hauts fonctionnaires républicains qui seront en mesure de vous éclairer, mais la décision, elle est toujours la vôtre. Premièrement, le gouvernement chinois décide que le moment est venu pour lui d'étouffer Taïwan, pas de l'envahir, je le précise bien, d'étouffer Taïwan, par un blocus de la mer de Chine. Ce blocus amène mécaniquement une série de pays amis, alliés ou très lointains pour la France, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines, le Vietnam, mais aussi l'Australie, la Nouvelle-Zélande et quelques territoires français qui ne sont pas tout à fait secondaires dans notre histoire.

Certains départements d'autres territoires, parmi lesquels la Nouvelle-Calédonie, mais on oublie souvent la Polynésie française dont le territoire est équivalent à celui de l'ensemble de l'Union européenne, à considérer que ce qui est en train de se passer est un enjeu majeur. Le gouvernement des États-Unis décide, comme il l'a envisagé d'ores et déjà par un accord militaire, de bloquer le détroit de Malacca. Nous nous occupons beaucoup d'Hormuz où sort le pétrole qui va vers la Chine. Le détroit de Malacca, c'est 80% des exportations chinoises vers le monde entier.

Il s'agit donc d'une confrontation majeure et pour débloquer la situation ou pour bloquer le blocus, comme ceci se fait désormais, le gouvernement des États-Unis appelle à une coalition internationale visant à rétablir la liberté de la circulation en mer de Chine. Y participez-vous ? D'abord, la France est présente dans cette région du monde, dans cette région

1:22:20
Jordan Bardella

de l'Indo-Pacifique qui compte, et on la voit s'afficher d'ailleurs derrière, près de la moitié de la population mondiale. Je peux d'ores et déjà vous dire que les moyens, et nous critiquons cela, les moyens militaires qui sont aujourd'hui ceux de la France dans cette région du monde sont non seulement très insuffisants, je crois qu'on a 6 ou 7 000 militaires qui sont présents dans l'Indo-Pacifique, dont beaucoup sont présents notamment sur les bases de la Réunion, et on a quelques moyens militaires qui se déplacent en mer et qui sont en nombre extrêmement léger.

Donc, par définition, et au moment où je vous parle, mais ça ne supplie pas de la politique que nous mettrons en œuvre pour renforcer la présence militaire française dans l'Indo-Pacifique, les moyens français, de toute manière, seraient très largement insuffisants pour aboutir à une réponse militaire efficace. J'émets des réserves sur votre hypothèse, parce qu'en réalité, il y a une interdépendance qui est très forte entre la Chine et Taïwan. Et je vais vous dire, je pense que le meilleur bouclier aujourd'hui à Taïwan, il n'est pas militaire, il est économique, et c'est notamment TSMC, qui est le leader mondial, un des leaders mondiaux de la fabrication des semi-conducteurs.

Et donc, en réalité, et contrairement à ce qu'on pense, la Chine et Taïwan sont extrêmement dépendants sur le plan économique. Donc, un tel scénario provoquerait une guerre économique majeure, une déstabilisation de l'économie mondiale, mais qui pénaliserait en premier lieu la Chine.

Et donc, ce que je crois nécessaire pour la France, c'est de rester non alignée, de rester en retrait d'une potentielle coalition tout en préservant la défense et la sécurité de ses ressortissants, je ne pourrais pas vous le dire de tête, mais on a plusieurs centaines de milliers de Français qui sont aujourd'hui installés dans l'Indo-Pacifique parce que nous avons, grâce à notre espace maritime, 17 fuseaux horaires et on est, dit-on souvent, le seul pays où le soleil ne se couche jamais. donc, on a cette dimension multiple sur toute la planète.

Mais je ne crois pas ce scénario envisageable, je ne le crois pas probable et je pense qu'on va plutôt se diriger vers une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine dans cette région du monde. Et nous devons rester là non alignée, dites-vous. C'est la position de la France. Je veux dire, depuis la reconnaissance de la Chine et la proclamation de la République populaire de Chine, la France a toujours pratiqué la politique et non pas le principe mais la politique de la Chine unique qui consistait à reconnaître comme seul État la Chine, à maintenir un statu quo pour Taïwan mais sans reconnaître la prééminence de Pékin sur Taïwan.

Donc, je veux dire, je pense que ce qui joue et ce qui permet à la paix mondiale de jouer la montre, c'est en réalité davantage les intérêts économiques et ce sont les intérêts notamment liés aux semi-conducteurs taïwanais plutôt que de potentiels navires qui pourraient être déployés au large des... Deuxième scénario, Alain Bauer.

1:25:27
Invité

Vous venez d'être élu, vous recevez un message de Vladimir Vladimirovitch Poutine, président de la Russie, vous disant cher Jordan Bardella, félicitations pour votre élection, je suis tout à fait ravi. Le moment est venu de rétablir les échanges historiques entre la France et la Russie, je vous propose de venir rapidement pour votre premier voyage officiel à Moscou où vous serez reçu avec les honneurs dû à notre histoire commune afin de trouver ensemble la solution au conflit ukrainien dans le cadre assez simple. L'Ukraine entre dans l'Union Européenne, pas dans l'OTAN, neutralisation, finlandisation au sens historique du terme. Acceptez-vous d'y aller ?

1:26:12
Jordan Bardella

À Moscou, non. Parce qu'elle consisterait en réalité

1:26:18
Invité

en une victoire symbolique pour le président Poutine. Et j'ai de la mémoire et je me souviens comment est-ce que le président de la Fédération de Russie avait utilisé, vous vous en souvenez,

1:26:28
Jordan Bardella

la visite d'Emmanuel Macron qui est arrivée en fanfare dans une période de très fortes tensions pour ne rien obtenir et pour en réalité se faire balader. Donc si la Fédération de Russie souhaite dialoguer avec un État européen en vue de négocier la paix en Ukraine, d'abord il y a des contacts qui doivent pouvoir se faire par l'intermédiaire de nos services respectifs. Et pardon, même seul,

1:26:55
Présentateur

sans Mme von der Leyen et Mme Kayakala.

1:26:57
Jordan Bardella

Surtout sans Mme von der Leyen. Parce que l'idée c'est qu'on obtienne quelque chose. Donc on laisse l'Union Européenne parce qu'à chaque fois que l'Union Européenne touche à quelque chose c'est catastrophique. Donc on laisse la présidente de la Commission Européenne qui n'a aucune compétence diplomatique d'après les traités. Donc on laisse l'Union Européenne de côté et je lui proposerai que l'on se retrouve dans un État neutre ou dans un État aux portes de l'Europe. On pourrait par exemple se retrouver en Roumanie à proximité des éléments militaires français qui s'y stationnent. Je pense que la France a une responsabilité particulière à l'Est de l'Europe parce que même si la France

1:27:32
Présentateur

n'est pas engagée. Vous feriez le coup de Trump qui avait montré CB2 en montrant des armes françaises.

1:27:36
Jordan Bardella

par principe je ne dois pas vous dire ce que je ferai dans cette situation parce qu'elle contribue de l'ambiguïté stratégique qui doit nécessairement se nourrir. Mais ce qui est certain c'est que viendra le temps où il faudra se mettre autour d'une table non pas pour se complaire non pas pour se vendre mais pour dialoguer et pour discuter de la paix. En tout cas la France...

1:27:58
Présentateur

Est-ce que vous avez une nostalgie des années Chirac ? Chirac était allé très loin dans l'amitié avec Poutine et il faut le rappeler à l'époque la Tchétchénie était déjà écrasée Poutine était moins dictatorial qu'aujourd'hui mais enfin c'était déjà pas une démocratie libérale pur sucre. Est-ce que vous avez la nostalgie de ça ou est-ce que c'est définitivement fini aujourd'hui la Russie est un adversaire ? Non mais M. Rochemin

1:28:18
Jordan Bardella

le monde change le monde évolue et les ambitions impériales de la Russie elles existent elles existent aux portes de l'Europe et elles existent même sur des intérêts français puisque je vous rappelle que partout où nous nous sommes retirés en Afrique ce sont les Russes et ce sont notamment les milices Wagner qui ont pris notre place se rajoutant à cela les opérations d'ingérence et l'ingérence notamment dans des territoires d'outre-mer français comme le parti pris de la Russie pour les Comores face à Mayotte donc la Russie conteste aujourd'hui des intérêts européens elle conteste des intérêts français mais c'est une puissance nucléaire et nous savons en Europe ce que signifie l'escalade donc la France et il ne s'agira pas pour nous de faire un renversement d'alliances assure la sécurité des pays baltes elle assure des missions sur le flanc est de l'OTAN ces missions doivent être prolongées et il est évident et je le dis pour ne pas qu'il y ait d'ambiguïté que nous sommes tenus par une clause d'assistance mutuelle à l'égard de tous nos partenaires européens donc si demain le président Poutine devait franchir une ligne supplémentaire et je pense qu'il ne le fera pas mais je ne suis pas de vin et je n'ai pas de boule de cristal ce qui provoquera nécessairement une réaction des pays européens

1:29:24
Invité

anecdote historique premier voyage officiel à Moscou 1944 c'est le premier voyage du général de Gaulle qui choisit Moscou et une visite à Staline et qui a été allé très loin dans les concessions concernant la Pologne

1:29:34
Présentateur

on est bien d'accord troisième scénario

1:29:36
Invité

nous avons un grand allié en Asie tout ça dans la même journée professeur ?

oui car je vous ai pris très exactement la liste de des problématiques stratégiques traitées au cours de la semaine je dois être honnête c'est son fonds de commerce le scénario du PIR la période de transition ne dure pas qu'une journée vous aurez à vous consulter il est cher non au service public en plus je suis émérite maintenant je fais le travail gratuitement pour lequel j'étais mal payé avant nous avons un grand allié en Asie qui est l'Inde et l'Inde a un grand ennemi en Asie qui est le Pakistan l'Inde est armée essentiellement par nous notamment en Rafale et en Skorpène les sous-marins le Pakistan est armé essentiellement par la Chine et régulièrement suite à un attentat ou un conflit frontalier il y a une reprise du conflit entre les deux l'Inde indique que le Pakistan ayant organisé un attentat qui lui est attribué que ce soit vrai ou faux est un autre vient de commettre un élément majeur de déstabilisation et décide d'entrer en guerre contre le Pakistan pour faire payer cet attentat et fait appel à la France pour avoir son soutien logistique accélérer les ventes et surtout la livraison des Rafales des missiles qui vont avec bref de choisir un camp très particulier c'est notre plus grand client de Rafale que fait de vous ?

d'abord ce conflit il dure il dure depuis près de 80 ans et dans cette région du Cachemire nous avons trois belligérants

1:31:23
Jordan Bardella

parce qu'en été il y a la Chine une partie du Cachemire est attachée à la Chine trois belligérants qui ont la bombe nucléaire le Pakistan l'Inde et la Chine c'est assez inédit dans les conflits que nous avons aujourd'hui sur la carte du monde donc la décision que prendra la France est évidemment une décision qui sera sous-pesée mais peut-être encore davantage sous-pesée que d'habitude vous avez raison qu'il y a une proximité industrielle et économique avec l'Inde mais il n'y a pas sauf erreur de ma part d'accord de défense ou d'accord d'assistance mutuelle avec l'Inde ce qui veut dire que si nous sommes amenés à vendre des Rafales à l'Inde et l'Inde est un très grand partenaire économique de la France nous devons nécessairement mais ça c'est pas de mon ressort ce serait du ressort des équipes de Dassault et de monsieur Trappier de dire si oui ou non ils peuvent répondre à une telle demande en tout cas le président français se doit de défendre l'intérêt économique et l'intérêt industriel de la France et donc si l'intérêt économique et l'intérêt industriel de la France est d'exporter davantage de Rafale alors nos entreprises trouveront à leur côté un gouvernement qui appuiera cette initiative sur le plan diplomatique vous avez mentionné l'attentat qui a été commis sur le territoire indien dans la partie indienne du Cachemire il y a quelques mois on peut se réjouir d'avoir constaté la supériorité aérienne des indiens grâce notamment au génie militaire français et au génie de nos Rafales sur les systèmes de défense chinois je le dis parce que on a toujours tendance à croire que la France grande puissance est une cause perdue je considère que l'âge d'or je considère que l'âge d'or de notre pays est encore devant nous sinon je ne ferais pas de politique la France ne sera plus jamais une grande puissance non je vous dis l'inverse c'est que il y a beaucoup de gens qui s'habituent à l'idée que la France est une cause perdue la France est non seulement une grande puissance c'est une puissance continentale je considère qu'elle doit redevenir une grande puissance maritime mais aussi une grande puissance du ciel ça parle par le spatial mais ça passe aussi par notre défense et donc nous avons un joyau français qui s'appelle Dassault qui produit des rafales et donc nécessairement la France devra répondre

1:33:36
Présentateur

est-ce que ça passe Jordan Bardella par ce que fait actuellement le président de la République c'est-à-dire étendre non pas le partage nucléaire comme c'est dit parfois faussement mais la dimension européenne de la protection nucléaire française avec l'ambiguïté que ça suppose à d'autres pays européens est-ce que vous dites bravo Emmanuel Macron

1:33:51
Jordan Bardella

sur la dissuasion nucléaire j'ai et nous avons toujours considéré que la France devait continuer à honorer sa propre doctrine et cette propre doctrine elle a été développée par le général de Gaulle dans une instruction aux armées au début des années 60 qui indiquait précisément que la défense des intérêts vitaux de la France ne s'arrêtait pas aux frontières de l'hexagone le débat qui a été porté par Emmanuel Macron d'abord le bouton nucléaire devra toujours toujours rester sous le contrôle total du président de la République tout le monde le dit oui enfin le président a été ambigu pendant un certain nombre d'années sur ce sujet avec l'idée d'un partage du siège français par exemple au siège de l'ONU il n'y a pas beaucoup de conviction je pense dans sa politique qui est extrêmement erratique et qui a beaucoup changé mais en tout cas son adhésion à un agenda fédéraliste européen il existe donc moi j'ai toujours été opposé à l'Europe de la défense parce que je ne veux pas que Mme Van der Leyen puisse demain décider d'envoyer des soldats français mourir sur des théâtres d'opérations extérieures mais je dis et je redis le bouton nucléaire il doit rester sous l'autorité exclusive du président de la République française et vous avez raison que dans son dernier discours il a rappelé cela mais avant d'envisager des postes avancés dans d'éventuels pays européens ça doit être donnant-donnant et donc la question que je pose à nos partenaires européens c'est sont-ils prêts à se libérer de l'extraterritorialité du droit américain qui fait que les américains ont droit de vie ou de mort sur les pays à qui ils vendent des armes et donc avant de demander à la France d'étendre son parapluie nucléaire il faut que nos partenaires européens arrêtent d'acheter des F-35 et achètent des Rafales scénario suivant

1:35:28
Invité

il faut faire la liste de nos ennemis de nos adversaires et parfois de nos vrais faux amis sachant qu'une nation peut être tout cela à la fois en réalité tout cela à la fois les amis de nos amis ne sont pas toujours nos amis les amis de nos ennemis ne sont pas toujours nos ennemis et c'est le rôle du président de la République de gérer toutes ces ambiguïtés nos amis américains qui ont un tropisme hémisphérique nouveau de l'Arctique à l'Antarctique et de l'Alaska au Groenland décident d'aller jusqu'au bout de l'opération récupérons le Groenland pas tellement pour le Groenland en tant que tel mais pour les routes qui vont ouvrir du fait de la fonte de la glace comme quoi le réchauffement climatique en matière stratégique n'est pas un débat il est militairement acquis et en quelques heures d'importants équipements américains atterrissent sur les pistes des anciennes bases américaines qui appartiennent aux Etats-Unis depuis un traité de 1941 renouvelé en 1951 revisité dans les années 70 puis au début des années 2000 et le royaume du Danemark et son gouvernement social-démocrate on suppose qu'il le sera encore décident de faire appel dans le cadre du traité de l'Union Européenne je ne parle pas de l'OTAN et dans le cadre de l'Alliance Atlantique au soutien des pays de l'Union Européenne des pays de l'Alliance et donc particulièrement de la France que faites-vous ?

1:37:05
Jordan Bardella

la situation s'est déjà posée il y a quelques mois

1:37:12
Invité

lorsque la tension du côté américain est montée il y a eu une réaction de la part notamment de plusieurs pays européens de la France

1:37:23
Jordan Bardella

qui a envoyé je dirais du monde et du matériel même de manière sporadique mais ça a été un geste qui a été fait par la France et il y a surtout une réaction d'un certain nombre de gens au niveau européen pour geler les négociations ça a été le cas au Parlement européen de l'accord économique qui a été signé entre les Etats-Unis et l'Union Européenne je pense que c'était une bonne réaction parce que le président Trump est un businessman qui ne comprend que l'intérêt et d'abord l'intérêt économique vous avez souligné l'accord qui lie le Groenland et les Etats-Unis depuis plusieurs décennies en réalité les américains disposent déjà de base militaire au Groenland et ils disposent même de la possibilité d'exploiter et d'explorer un certain nombre de ressources depuis cet acte extrêmement grave qui a eu lieu il y a quelques mois il y a encore au moment où on parle sauf erreur de ma part des discussions en cours entre des diplomates groenlandais et des diplomates américains donc je ne peux pas croire que demain le président américain déciderait subitement d'envoyer des soldats pour tirer sur d'autres soldats de l'OTAN parce que non seulement ça serait extrêmement grave que ça provoquerait une implosion de l'OTAN mais s'il tente il tente le coup de force

1:38:41
Présentateur

il tente le coup de force

1:38:41
Jordan Bardella

allez c'est l'hypothèse de il peut tenter mais je crois qu'il ne le fera pas et je vais vous dire le simple fait et d'abord les mid-termes américaines arrivent et devraient peut-être canaliser les ambitions hégémoniales du président Trump de mon point de vue mais il est évident que si demain un pays de l'Union Européenne est attaqué la clause d'assistance mutuelle s'applique mais je crois que du point de vue en tout cas du Groenland les américains qui veulent renouer en fait avec les fondements de la doctrine Monroe et qui veulent s'approprier tout l'hémisphère occidental c'est écrit noir sur blanc dans leur stratégie de sécurité

1:39:17
Invité

vous avez dit que ce qui s'était passé finalement était une bonne initiative c'est à dire qu'elle a été prise par la France mais par d'autres pays européens il y a quelques instants vous disiez aucune défense européenne on l'entend je parle

1:39:29
Jordan Bardella

sur le plan économique

1:39:30
Invité

mais là il y a eu une initiative globale européenne concertée européenne

1:39:37
Jordan Bardella

sur le plan économique la suspension de l'accord qui a été signé par Ursula von der Leyen à l'été 2025 c'est un accord économique

1:39:43
Invité

mais de toute façon voilà enfin je veux dire il y a eu une utilité en quelque sorte de l'Union européenne qui s'est mobilisée ensemble et qui peut-être a fait un petit peu qui a peut-être ébranlé Donald Trump malgré tout parce qu'il y a eu un front uni où la France a envoyé des hommes mais les autres pays européens se sont mobilisés donc il y a une utilité très claire à cette Europe là

1:40:04
Jordan Bardella

encore heureux que lorsqu'un pays partenaire, ami membre du même espace politique est agressé ou voit sa souveraineté remise en cause encore heureux que cela provoque une réaction et une mobilisation de l'ensemble des partenaires européens mais il ne faut pas non plus se réjouir de cet accord économique d'abord c'est un accord économique qui avait été suspendu qui est un accord de vassalisation économique et j'ai voté contre moi comme député européen au Parlement européen parce qu'il prévoit précisément la multiplication des investissements aux Etats-Unis il prévoit un droit de douane sur toutes les exportations américaines donc on ne peut pas non plus se réjouir du travail de négociation qui a été fait par l'Union européenne il y a eu cette réaction cette réaction nous l'avons demandé et nous l'avons salué mais je ne peux pas croire que les Etats-Unis décident de tirer sur des soldats de l'OTAN voilà je suis désolé l'Ukronie a ses limites professeur et au moment où je vous parle je refuse de me mettre dans scène Jordan Bardella

1:40:58
Présentateur

l'attitude à l'égard de Donald Trump vous l'avez dit il y a eu une réaction contre Trump à ce moment-là est-ce qu'on peut être plus ferme vis-à-vis de lui si vous étiez face à lui c'est quelque chose d'être face à Trump Donald Trump parfois respecte Emmanuel Macron et parfois a des propos très insultants quand il limite le président de la République à la tribune en limitant son ton larmoyant quand il le supplie de ne pas augmenter les tarifs sur un certain nombre de produits etc il y a quelque chose de très insultant à l'égard d'une grande puissance nucléaire on devrait parler d'égal à égal vous président est-ce que vous lui répondriez sur un ton plus haut est-ce que vous oseriez ?

1:41:30
Jordan Bardella

Alors je n'ai pas de talent humoristique prononcé pour imiter Donald Trump mais Donald Trump appartient à cette nouvelle génération de dirigeants politiques qui ne respectent que la force et donc vous pouvez faire des mamours aux américains vous soumettre sur le plan économique leur promettre que vous allez leur acheter de l'énergie Un exemple Donnez-nous un exemple s'il vous plaît un exemple vous lui feriez sentir le fer qu'on ne fait pas assez aujourd'hui Un Mais il n'y a pas un exemple à donner d'abord moi l'exemple je l'ai donné au Parlement européen il y a quelques semaines en m'opposant à plusieurs reprises et en votant contre l'accord économique entre l'Union Européenne et les Etats-Unis parce que je considère qu'il était un accord de vassalisation économique je veux dire quand vous êtes contraint à 15% de droits de douane plus les 12% de dépréciation du dollar sans aucune contrepartie il n'y a pas un chef d'entreprise sérieux et un chef d'entreprise compétent qui aurait signé un tel accord Un scénario encore avec vous

1:42:29
Invité

Je me permets un petit retour en arrière il y a quelques années dans la même configuration si j'avais été amené à vous poser des questions avant une échéance importante qui aurait pu se traduire par votre élection j'aurais pu vous poser une question sur Vladimir Vladimir Vich Poutine allait-il envahir l'Ukraine ou Donald Trump allait-il lancer la guerre des 12 jours ou l'invasion du Golfe Persique le problème de l'Ukraine c'est qu'elle est toujours en retard sur la réalité et parce que la nature même de notre sur-rationalisation du comportement des autres nous permet assez souvent de ne pas comprendre ce qu'ils ont dans la tête et notamment le retour des vieux empires je termine la parenthèse sur l'Ukraine par rapport à la réelle politique de temps en temps nous sommes surpris parfois extraordinairement surpris du fait que les dictateurs et les futurs empereurs ou les terroristes passent leur temps à nous dire des choses que nous ne croyons pas et comme nous ne les croyons pas et que nous ne les pensons pas capables de le faire nous sommes du coup très pragmatiques et très modérés

1:43:28
Jordan Bardella

vous avez parfaitement raison et c'est je crois l'impérieux motif pour lequel nous devons cesser de concevoir que notre avenir se jouera ailleurs et se jouera dans les mains des autres la France doit redevenir et les nations européennes aussi de grandes puissances capables d'assurer leur sécurité capables d'assurer leur propre défense et de ce point de vue là je crois que la France qui a une base industrielle et technologique de défense d'exception doit répondre aussi à ce besoin de souveraineté de tous les pays européens vous savez la puissance et l'objectif que nous souhaitons donner au programme que nous allons proposer dans le cadre de la campagne présidentielle elle se détermine d'abord dans le regard qu'on porte sur nous-mêmes il faut qu'on arrête de se regarder comme un petit pays comme un petit pays qui a de petites ambitions et qui dépend de petites décisions et elle se regarde surtout au travers du regard que portent les autres sur nous et à partir du moment où nous nous regardons nous-mêmes comme un grand pays fier et comme une grande puissance et où les autres dirigeants nous regardons eux-mêmes comme un grand pays libre et comme une grande puissance alors la France redeviendra cette grande nation qu'elle n'a je crois jamais cessé d'être venons-en au nerf de la guerre

1:44:30
Présentateur

l'économie pour être puissant comme vous dites encore faut-il être prospère merci beaucoup Alain Boer voilà vous étiez convaincu Alain Boer vous avez le droit vous avez le droit de dire quelque chose vous étiez convaincu vous étiez convaincu vous avez le droit de dire aussi quelque chose de l'un et de l'autre

1:44:42
Jordan Bardella

mais je suis convaincu d'un monde de plus en plus incertain et de plus en plus dangereux mais il a été rocardien Alain Boer vous voyez donc pourquoi chacun a ses boules

1:44:50
Invité

il l'est toujours ah bravo je recommande d'ailleurs un excellent ouvrage de Michel Rocard qui intéressera tout le monde le marché commun contre l'Europe pourquoi l'Europe ne peut pas se limiter à être un marché mais doit devenir aussi une puissance citoyenne merci beaucoup Alain Boer votre livre

1:45:04
Présentateur

Intrigue à l'ONU et on va venir avec vous s'il vous plaît Eric Brunet au nerf de la guerre effectivement la dette 3500 milliards et tout le reste

1:45:12
Invité

Jordan Bardella on en parlait tout à l'heure vous avez parlé d'Eric Trappier le patron de Dassault considéré d'ailleurs comme le patron des patrons français par beaucoup d'entrepreneurs c'est pas le patron du BDF mais bon il est tellement emblématique c'est vrai on l'a dit au début de l'interview avec Rutel Krièf et Darius Rochemin beaucoup de chefs d'entreprise considéraient il y a un peu de temps un an deux ans que le programme économique de Marine Le Pen était de gauche vous avez répondu à cette question vous n'êtes pas d'accord très bien mais il s'est produit quand même quelque chose c'est que depuis quelque temps vous avez pris votre bâton de pèlerin et vous voyez des gens vous parlez à des patrons du CAC 40 à des banquiers à des grands capitaines d'industrie vous les voyez et vous semblez avoir bougé les lignes ma question est toute simple je ne vais pas revenir sur la feuille de papier à cigarette entre vous et Marine Le Pen je sais ce que vous répondrez donc je ne vous pose pas cette question ma question c'est qu'est-ce que vous leur avez dit comment les avez-vous amadoués charmés qu'est-ce que vous leur avez promis à ces grands patrons ou simplement comment les avez-vous convaincus que vous étiez plus acceptables sur le plan économique que ne l'était le Front National époque Marine Le Pen vis-à-vis duquel ils avaient ou le Rassemblement National pardon vis-à-vis duquel ils avaient quelques réticences sur les questions économiques qu'est-ce que vous leur avez dit ?

1:46:29
Jordan Bardella

d'abord je les ai écoutés ce que beaucoup de responsables politiques ne font plus c'est-à-dire écouter les Français écouter ceux qui font tous les jours écouter ceux qui travaillent écouter ceux qui prennent des risques pour apporter des réponses à leurs problèmes je vous dis ça parce que ça ne va plus de soi et depuis très longtemps la politique économique est devenue d'abord de l'idéologie vous voyez il y a 20 ans il y avait 216 000 codes règlements articles de loi aujourd'hui il y en a plus de 350 000 il y en a eu plus de 13 000 en deux ans le code de l'environnement en 20 ans il a été multiplié par 7 tous les 4 matins chaque jour on invente des normes des règlements de la paperasse administrative qui doit s'appliquer sur des secteurs sur l'agriculture sur la pêche sur l'automobile qui nous condamne à la décroissance et on fait cela parce que par idéologie on a considéré qu'on devait moins produire et qu'on devait précisément et ça rejoint la discussion qu'on a eu avec le professeur Bauer remettre notre avenir entre les mains notamment des importations et entre les mains d'autres puissances donc moi je combats au parlement européen l'agenda de la commission sur le Green Deal et par exemple la remise en cause de la vente de véhicules thermiques à l'horizon 2035 on a pris cette décision en pensant que cette seule décision allait sauver la planète résultat elle nous a rendus dépendants des véhicules chinois elle a dilapidé 40 000 emplois dans la filière automobile industrielle et elle a mis à mort l'un des joyaux de l'industrie européenne et cela a été fait pour des raisons totalement idéologiques et pour des raisons qui sont totalement déconnectées des besoins de notre économie donc d'abord moi je les écoute et je leur ai demandé et je leur ai demandé je parle

1:48:04
Invité

pas des patrons de PME qui sont naturellement en clins à voter pour vous non non je parle des grands patrons ceux du CAC 40

1:48:12
Jordan Bardella

je ne les oppose pas la France a besoin de ces TPE-PME elle a besoin de ces ETI qui bien souvent sont des organisations familiales qui n'arrivent plus à transmettre leur activité et je suis très fier aussi moi des grands groupes français je suis très fier de grands groupes on parlait d'assauts tout à l'heure qui arrivent à produire des avions qui permettent précisément à des partenaires de supplanter des systèmes de défense chinois je suis très fier de ces grands groupes qui font la fierté de la France en Europe mais aussi partout dans le monde et aujourd'hui il y a des contraintes qui pèsent sur la croissance et moi la seule ambition économique que je porte c'est d'abord de remettre le pays et nous avons proposé des choses très fortes avec Marine Le Pen pour remettre le pays sur le chemin de la raison budgétaire pour lutter contre les gaspillages d'argent public et baisser la mauvaise dépense mais aussi pour déverrouiller les contraintes qui pèsent sur la croissance donc il faut supprimer des normes et je souhaite que nos filières économiques puissent nous faire parvenir les difficultés et la paperasse administrative très concrète auxquelles elles sont confrontées chaque jour nous souhaitons supprimer les impôts de production nous avons une fiscalité sur la production qui vous taxe avant même que vous ayez créé de l'activité dans votre entreprise et qui sont parmi les impôts de production les plus élevés de l'ensemble des partenaires européens donc nous souhaitons ce choc de la compétitivité nous voulons retrouver un prix français de l'électricité enfin pardon mais quand un boulanger et je ne vous parle pas d'un grand groupe je pourrais vous parler de grands industriels mais quand le boulanger du coin de la rue d'un petit village de la Marne a vu sa facture d'électricité multipliée par 5, 6 ou x 7 et qu'il est obligé de déposer le bilan parce que la France est privée de cet atout comparatif qui est permis par le nucléaire qui est d'avoir une électricité pas chère décarbonée et qu'il dépend des règles européennes et bien tout cela est invivable et insoutenable pour nos chefs d'entreprise donc je les écoute

1:49:51
Invité

c'est le même calvaire pour les grandes entreprises c'est le même calvaire pour les boîtes du CAC 40 c'est les mêmes difficultés économiques pour les grands grands groupes vous parlez de Dassault par exemple vous me répondez boulanger mais moi je vous pose la question de Dassault comment vous les avez convaincus que vous étiez quelqu'un d'acceptable sur le plan économique

1:50:10
Jordan Bardella

mais je ne veux pas être accepté je veux qu'ils aient confiance en nous et qu'ils se disent qu'avec nous ils auront un gouvernement qui défend les entreprises françaises ce sont des gens qui est à l'écoute de leurs besoins et qui ne cherche pas à les accabler tous les 4 matins de normes de taxes d'impôts de concurrence déloyale s'agissant de nos agriculteurs ou de nos pêcheurs de prix de l'énergie qui ne correspondent pas à ce que coûte aujourd'hui en termes de production le nucléaire français on parle du boulanger mais pardon parler avec les responsables de Michelin de l'augmentation de la facture d'électricité et de ce pourquoi ils ont été contraints de délocaliser parce que produire en France devient aujourd'hui insoutenable tant ce que promettait Emmanuel Macron c'est-à-dire un paradis pour la start-up nation est en fait devenu un enfer fiscal et un enfer socialiste sur le plan normatif donc l'économie c'est d'abord et avant tout ce lien de confiance et je revendique de bâtir cette écoute ce lien de confiance et ces réponses pour nos chefs d'entreprise dont nous aurons besoin

1:51:02
Invité

pour redresser le pays Deuxième question 56% des français 56% reçoivent plus de l'état qu'il ne lui donne on appelle ça rapidement l'assistanat à la française la France est le pays le plus redistributif du monde il y a des milliers d'aides on a essayé de les compter mais c'est très difficile parce qu'il y a des aides régionales des aides nationales des aides européennes il y a des milliers d'aides pour les entreprises il y a des milliers d'aides pour les français les citoyens eux-mêmes la question elle est finalement assez idéologique est-ce que vous souhaitez vous mettre un terme à l'assistanat à la française et derrière il y a une question plus politique est-ce que vous êtes prêts vous au rassemblement national si vous avez le pouvoir en 2027 à assumer de ne plus être un parti populaire un populiste qui distribue des chèques un peu facilement quel chèque on distribue je ne sais pas je vous pose la question est-ce que vous êtes prêts est-ce que vous êtes prêts à être quel chèque vous n'avez pas exercé vous allez baisser la TVA sur un certain nombre de produits alors d'abord vous allez du coup baisser les recettes de l'état alors que vous avez évoqué l'immense dette que nous avons et le déficit public

1:52:08
Jordan Bardella

d'abord la TVA c'est pas un chèque non d'accord non mais d'accord quand vous avez une facture d'énergie une facture d'électricité de 1000 euros par an pour une famille française sur ces 1000 euros vous avez 350 euros qui sont imputables aux taxes et qui sont imputables à l'abonnement sur vous en avez 350 pardon 350 précisément non pas 300 mais 350 pour être prédit sur 1000 euros qui est imputable aux taxes et à l'abonnement sur les 600 et quelques euros restants vous en avez que 200 qui sont imputables réellement à la fabrication par EDF de son électricité donc il y a une inflation d'impôts et de fiscalité sur l'énergie et sur l'électricité mais qui s'applique aussi au carburant je veux dire ça fait des semaines qu'il y a des millions de français qui se privent qui se rationnent la consommation de carburant à la baissée de 15% au mois d'avril parce que les gens n'arrivent plus à mettre de l'essence dans leur voiture donc oui je ne me satisfais pas

1:53:05
Invité

vous n'auriez pas fait ce qui est en train de faire le gouvernement c'est à dire juste essayer de distribuer des aides aux gros rouleurs et pas à tout le monde pour essayer de faire des économies et de pas tout de cramer la caisse pas de cramer la caisse

1:53:17
Jordan Bardella

on ne crame pas la caisse ils ont cramé la caisse

1:53:20
Invité

la baisse des taxes

1:53:22
Jordan Bardella

j'aurais baissé si j'avais été chef du gouvernement soyons concrets j'aurais baissé la TVA sur les carburants pour permettre aux français de continuer à les travailler pour permettre aux français de continuer à se déplacer pour permettre aux français de pouvoir continuer à les voir dans leur voiture et de ne pas être contraint tous les deux jours de mettre 15 ou 20 euros d'essence dans leur voiture en attendant peut-être que la semaine d'après le prix du baril et donc que le prix à la pompe diminue et je vais vous dire vous auriez perdu 17 milliards dans le budget de l'Etat la baisse de la TVA sur l'énergie c'est 12 milliards ok 12 milliards madame 17 c'est même pas 1% même pas 1% de la totalité des dépenses de l'Etat donc on a une France du travail à qui on demande tous les 4 matins de se serrer la ceinture et l'Etat obèse qui vit au-dessus de ses moyens depuis 50 ans qui a 3400 milliards d'euros de dettes qui dépense tout et n'importe comment pour l'immigration pour l'augmentation de la contribution au budget de l'Union Européenne pour payer des éoliennes et des panneaux solaires chinois pour financer le réseau d'eau à Gaza ou des pistes de vélo à Madagascar cet Etat français là serait incapable de faire 1% d'économie mais enfin pardon si on considère cela alors il faut rendre son tablier et donc nous assumons de faire des coupes dans ce que nous considérons être la mauvaise dépense publique pour redonner de l'oxygène et pour baisser la fiscalité et pour baisser les taxes qui pèsent à la fois sur la France du travail mais aussi sur les entreprises et ça pardon mais c'est pas être socialiste

1:54:41
Invité

J'entends donc vous avez une réponse un peu mitigée sur ma question c'est-à-dire est-ce que vous supprimerez la cistana à la française vous me dites qu'on continuera à aider mais on coupera ailleurs d'abord mais ça veut dire ma question est assez philosophique est-ce que vous serez si vous avez le pouvoir en 2027 des gouvernants austères de la rigueur budgétaire attention n'érite d'une situation de crise à partir de maintenant il va falloir se serrer la ceinture ou au contraire comme vous l'avez un peu dit et bien je suis désolé et bien on va continuer à aider les français qui vivent dans la souffrance et à distribuer donc finalement vous pratiquerez une forme de quoi qu'il en coûte version RN

1:55:17
Jordan Bardella

pardon mais les français ils se serrent déjà la ceinture moi je veux bien qu'on explique que les français sont tous des assistés qu'ils ne bossent pas et qu'ils sont tous financés subventionnés par l'état mais la réalité c'est qu'on a un français sur deux qui est à 10 euros près quand il fait ses courses et que quand vous avez un tiers de votre pouvoir d'achat et de ce que vous gagnez dans votre salaire qui part dans le logement et bien il y a un sujet sur la relance de la construction et sur la nécessité de supprimer des normes pour permettre au logement pour permettre des constructions de logements et pour permettre de faire baisser les prix quand vous avez un tiers de taxes sur l'électricité que vous avez 60% du prix des carburants qui sont des taxes et bien vous avez un levier direct pour aider les français en revanche en revanche je considère que le modèle social français est beaucoup trop généreux et que la solidarité nationale elle doit redevenir nationale donc avec nous ça coûte 20 milliards d'euros par an nous ferons en sorte que les aides sociales soient réservées aux personnes qui ont la nationalité française parce que arriver en France pouvoir se faire soigner gratuitement pouvoir être logé parfois être prioritaire dans les HLM dans un certain nombre de mairies de gauche tout ça n'est pas possible et tout ça n'est pas tenable et je pense qu'il y a beaucoup d'aides sociales aujourd'hui en France que le système est difficilement lisible et moi je suis assez favorable à l'idée de tout fusionner dans une allocation sociale unique pour éviter cette disparité où plus personne n'y comprend rien à tel point et vous l'avez dit l'état français est incapable de déterminer le nombre d'allocations sociales tant il en existe aujourd'hui dans notre pays donc on peut les regrouper en une seule allocation unique et je pense qu'il est important qu'on remette un peu d'ordre et qu'on revalorise le travail parce qu'aujourd'hui l'écart entre celui qui ne travaille pas qui bénéficie de la protection sociale et celui qui fait un métier difficile et qui a un faible salaire cet écart il est beaucoup trop serré beaucoup trop réduit et il n'est pas incitatif à rendre le travail plus attractif donc le travail doit mieux payer la fiscalité doit baisser et on doit ramener la France sur le chemin de la discipline budgétaire

1:57:06
Invité

je voudrais vous faire écouter la question de Manuel qui habite à Ojargue et qui est assez intéressante écoutez la vie

1:57:13
Auditeur

Bonsoir monsieur Bardella si vous deviez appliquer votre programme demain matin quelle serait la première mesure impopulaire mais certainement nécessaire que vous assumeriez devant les français merci beaucoup

1:57:26
Invité

Bonsoir monsieur on n'est pas voué

1:57:30
Jordan Bardella

à faire de la politique à être élu présidente ou président et à être détesté six mois après et je pense que ça n'est pas une fatalité et ma conviction c'est que beaucoup de mesures que nous portons voyez si vous demandez aux français s'il faut baisser la TVA sur l'énergie en contrepartie d'un état qui ferait 1% d'économie sur l'ensemble de ses dépenses et bien je crois que cette mesure est extrêmement populaire on a eu l'occasion tout à l'heure de parler du référendum sur l'immigration je crois qu'il y a beaucoup de français qui attendent cela donc gouverner c'est choisir mais pardon gouverner c'est prévoir et gouverner c'est aussi prendre des mesures

1:58:04
Présentateur

au service du peuple quand il faut se désendetter à ce point je crois il l'a dit sur notre antenne vous avez déjeuné avec Thierry Breton voilà et il l'a dit il l'a dit il l'a dit il l'a dit

1:58:15
Jordan Bardella

voilà c'est pas promettant ce serait plus promettant pour lui non mais on a c'est vrai on a échangé parce qu'il a été commissaire européen et il a un point de vue aujourd'hui et un regard sur la dette française qui nécessite d'être discuté et donc nous rencontrons c'est vrai

1:58:31
Présentateur

j'observe un légère instant de flottement ça il n'y a rien de non c'est votre côté comment dire normalisation de déjeuner avec Thierry Breton non mais j'assume il incarne l'Europe dans ce qu'elle a de plus il n'y a pas de honte à déjeuner à rencontrer quelqu'un qui a des commissaires européens

1:58:48
Jordan Bardella

oui je ne sais pas qui l'avait dit je n'ai pas pour habitude de rendre public les rencontres et ça vous honore sur le fond

1:58:57
Présentateur

quand il dit la règle d'or c'est sa grande idée et il prend son bâton de pèlerin d'ailleurs il a dit qu'il a déjeuné et nous en avons parlé absolument il a déjeuné avec beaucoup de responsables politiques vous n'êtes de loin pas le seul 1% de déficit seulement en 2032 c'est très ambitieux ça a l'air très inatteignable sauf à faire des économies aussi considérables et avoir cette espèce de règle d'or de discipline de fer que les allemands se sentent imposés est-ce que vous y êtes prêt ?

1:59:21
Jordan Bardella

nous nous allons présenter un plan de redressement des finances publiques et nous allons présenter un retour à la raison budgétaire qui se traduit par une baisse de la dépense publique de 100 milliards à horizon 5 ans à mesure de 20 milliards d'euros supplémentaires chaque année donc nous avons des pistes d'économie je ne vais pas y revenir mais j'ai eu l'occasion d'en présenter certaines nous allons faire des économies sur le train de vie de l'Etat sur la bureaucratie sur les gaspillages d'argent public 20 milliards sur les aides sociales versées aux étrangers moins de fonctionnaires c'est la grande affaire vous savez très bien le grand volume sur la règle d'or c'est intéressant nous regardons toutes les options possibles la règle d'or pour que les gens qui nous écoutent comprennent consisteraient à dire et c'est la proposition qui a été faite par Thierry Breton d'ici à 5 ans présenter un budget en déficit est interdit le problème c'est qu'il faut gager cela il faut qu'il y ait des pistes d'économie et c'est précisément la position que j'ai exposée à Thierry Breton parce que si dès la première année vous dites alors que le déficit est autour des 5% qu'il y a une règle d'or qui s'applique vous êtes donc contraint de baisser les salaires des fonctionnaires donc je me méfie de ces éléments qui peuvent être des solutions très séduisantes sur le papier mais nous sommes en train d'y travailler nous regardons cela et ce que je suis d'ores et déjà en mesure de vous dire naturellement avec Marine nous travaillons sur le projet mais que nous allons présenter un plan de redressement des finances publiques et une trajectoire qui vise aussi à asseoir le futur projet et les futurs investissements

2:00:42
Invité

est-ce que ce serait un objectif 3% en 2029

2:00:45
Jordan Bardella

de déficit ? j'espère même que nous j'espère même que nous ferons mieux et nous espérons vous rêvez non excusez-moi monsieur Rochebin

2:00:55
Invité

vous espérez quoi moins que 3% en 2029 ?

2:00:57
Jordan Bardella

nous espérons remettre le pays sur le chemin de la prospérité de la croissance et du sérieux budgétaire parce que si on continue sur cette voie-là l'économie française va craquer et je ne souhaite pas

2:01:05
Invité

combien alors en 2029 ?

2:01:08
Jordan Bardella

et je ne souhaite pas être celui nous le dirons pendant la campagne mais je ne souhaite pas être celui qui placera l'état français en liquidation judiciaire ça risque d'arriver à Emmanuel Macron avant qu'il ne quitte l'Elysée donc nous allons présenter tout cela calmement nous allons présenter nos pistes d'économie nous allons présenter nos priorités budgétaires et nous allons présenter nos ambitions pour faire en sorte que la France qui a aujourd'hui le taux de prélèvement obligatoire parmi les plus élevés de l'économie développée puisse diminuer monsieur Rochemin vous m'avez un peu rionné il y a quelques secondes pas du tout lorsque je vous ai dit que nous souhaitions ramener le déficit au plus proche de zéro je me souviens que les mêmes je ne vais pas dire les mêmes moqueries parce que ce serait un poli à votre égard mais que les mêmes remarques avaient été faites à Georgia Meloni pendant sa campagne électorale en 2022 lorsque Georgia Meloni a été élue elle a mis en place des mesures en Italie et quelques années après l'Italie est devenue le seul pays du G7 le seul pays du G7 je dis bien le seul à être en excédent primaire sur le plan budgétaire donc arrêtons d'expliquer aux français que c'est foutu et que c'est fini et que la France est cause perdue nous sommes un grand pays nous avons de grands atouts nous avons des chefs d'entreprise fabuleux nous avons dans mon parti politique en tout cas de futurs décideurs politiques qui sont courageux et donc nous prendrons des mesures pour faire en sorte que la France retrouve le chemin de la prospérité

2:02:30
Invité

je vous vois une petite parenthèse qui n'est pas tout à fait économique mais les français ne sont pas les italiens le président de la république aime à dire que nous sommes des gaulois réfractaires bref je me dis que un président si un président comme Emmanuel Macron qui est censé être un président centriste réformateur modéré qui avait pour projet de réformer la France si lui à chaque fois qu'il a initié des réformes s'est retrouvé avec tantôt les gilets jaunes tantôt des manifestations brutales parfois avec de la casse des moments très difficiles qui parfois l'ont conduit à réfléchir et s'est parfois peut-être dit je vais faire demi-tour peut-être même a-t-il fait demi-tour je me dis que un président de la république de rassemblement national en 2027 qui souhaite réformer la France ça serait pire et puis les problèmes qu'a connus Emmanuel Macron François Hollande les a connus toujours avec des français qui rêvaient quelques mois après l'avoir mis au pouvoir de le dégager de son trône même chose avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy vous avez pris en compte au rassemblement national la réalité de la rue la réalité de la dimension éruptive du peuple de France qui est capable de disons-le parfois de toutes les outrances quand il y a des manifestations des contestations qui se coagulent vous allez probablement si vous avez le pouvoir susciter ce genre de choses le problème c'est les français c'est ça ?

non mais je connais cette théorie le problème c'est les français c'est ça ? c'est les fainéants qui ne veulent pas travailler non j'ai pas dit ça et votre naïveté

2:03:53
Jordan Bardella

et votre candeur à l'égard du président Macron est presque touchante on en a presque la larme à l'oeil c'est-à-dire que Emmanuel Macron était en fait le président qui allait sauver la France c'était Bonaparte après le consulat mais il en a été empêché parce que les français étaient grognards je ne crois pas dans cette théorie je pense que les français ils sont prêts à toutes les aventures collectives et ils sont prêts à beaucoup de sacrifices s'ils ont le sentiment qu'il y a à la tête de l'état des gens qui les aiment qui les respectent et qui les considèrent or pardon mais s'agissant de monsieur Macron s'agissant des petites phrases s'agissant des propos extrêmement blessants qu'il a tenus avec beaucoup de violence à l'égard du peuple français et bien ont eu le sentiment qu'à la tête de l'état il n'y avait pas de gens qui aimaient suffisamment les français pour qu'en retour les français soient prêts à faire des sacrifices donc les français sont prêts encore une fois à affronter des tempêtes mais ferez-vous mieux à affronter des orages à affronter des temps mais vous pensez que je vais vous répondre non

2:04:44
Présentateur

monsieur Rochebin rappelez-vous par exemple dans cette même émission c'est presque devenu un gimmick Marine Le Pen il dit si vous voulez réduire le nombre de fonctionnaires c'est un truc de droite je pensais que vous alliez me la faire un peu plus tôt et vous l'êtes aussi je vous rassure est-ce que oui ou non vous savez très bien c'est vrai dans n'importe quelle petite ou grande entreprise ou grand état la masse salariale c'est la grande affaire des comptes que ça plaise ou non

2:05:06
Invité

je vais vous dire monsieur Rochebin il y a en réalité deux types d'hommes politiques

2:05:11
Jordan Bardella

il y a ceux qui sont angoissés profondément viscéralement et qui se réveillent la nuit en pensant à ce qui est en train de devenir la France et à ce que nos dirigeants politiques sont en train de faire du plus beau pays du monde et puis vous avez les autres vous avez les autres dirigeants politiques qui grenouillent dans les couloirs du pouvoir depuis des décennies et qui eux n'ont pas d'insomnie à l'idée de ce qui est en train de devenir la France mais qui somnolent et qui considèrent que tout va bien et qu'il ne faudrait rien changer parce que le moindre risque la moindre décision pourrait avoir des conséquences dans une cote de popularité pourrait vous faire détester des français je ne crois pas à tout cela moi et je pense pouvoir parler en son nom Marine comme beaucoup de mes amis au Rassemblement National nous appartenons à la première catégorie et donc nous allons prendre des mesures pour réformer la France parce que nous arrivons à la fin d'un cycle et la fin de ce cycle cher Darius Rochebin elle est historique et elle est en train de se mettre en place dans tous les pays d'Europe regardez ce qui est en train de se passer je veux dire nous les Européens on est en train de passer à côté de la marche du monde le modèle européen a précisément détruit tout ce qui est en train de faire le succès de toutes les grandes puissances la nation les frontières la fierté de notre identité nationale le retour du politique l'aspiration et la volonté de conquête et l'appétit pour la puissance si les français renouent avec cet état d'esprit alors je crois que notre peuple sera capable des plus grandes aventures collectives et des plus grandes réussies donc il faut arrêter d'expliquer aux français que c'est pas possible que la France est trop petite qu'il y a des problèmes qui apparaissent insurmontables on est aux pieds avec l'économie et faites moi confiance monsieur Rochebin la montagne nous allons la gravir et nous allons emmener la France vers le sommet

2:07:00
Présentateur

on arrive au terme et on va parler y compris de quelques aspects plus personnels un mot encore est-ce que vous avez un portefeuille d'action ?

2:07:06
Jordan Bardella

qu'est-ce que c'est que cette question ? c'est une très bonne question oui j'ai un portefeuille d'action et j'investis dans les entreprises françaises vous regardez chaque matin les actions qui montent ou qui descendent ? j'appartiens à une génération qui est très soucieuse de ce qu'on appelle l'éducation financière qui a compris que l'avenir serait difficile et donc qui considère qu'investir dans les entreprises françaises européennes mondiales investir dans la croissance c'est aussi un moyen de se mettre à l'abri pour demain donc c'est un sujet qui m'intéresse et donc oui j'ai un PEA et vous ?

2:07:41
Présentateur

c'est assez rare que les politiques je suis nul en bourse mais c'est assez rare que les politiques en parlent assez librement je suis frappé

2:07:46
Invité

je pars du principe

2:07:48
Présentateur

chez nous que tout est public

2:07:49
Jordan Bardella

donc je n'ai rien à cacher ce serait quoi

2:07:52
Invité

votre duel idéal au deuxième tour pour vous c'est qui l'adversaire principal ?

2:07:58
Jordan Bardella

je n'ai pas de duel idéal je veux dire d'abord le second tour il n'est pas acquis automatiquement et je dis ce soir aux français qu'il ne faut pas anticiper trop vite trop tôt et considérer que par principe le rassemblement national sera au second tour l'élection présidentielle nous allons tout faire pour l'être les sondages sont extrêmement confortables mais j'ai eu l'occasion il y a quelques jours devant nos députés de leur rappeler que la politique devait d'abord être une leçon d'humilité parce que la situation du pays nous l'imposait et que nous devions faire campagne comme si nous étions donnés à 10% donc il n'y a pas d'adversaire idéal mais ce qui est certain c'est que c'est un choix de civilisation qui va se poser aux français et je vais vous dire avec beaucoup de sincérité ce que je peux promettre et ce que nous pouvons promettre aux français aujourd'hui peut-être qu'on ne pourra plus le promettre dans 5 ans parce que peut-être que dans 5 ans il n'y aura plus une exploitation agricole en France dans un pays qui en a perdu 3 quarts en 40 ans peut-être qu'il n'y aura plus une seule usine automobile en France et peut-être que les phénomènes de communautarisme de trafic de drogue que nous connaissons se seront convertis en cartels regardez ce qui est en train de se passer en ce moment au Mexique où les cartels de la drogue parce que l'état a voulu mettre hors d'état de nuire l'un des chefs de gang des cartels sont en train de brûler les aéroports de s'en prendre aux gens dans les rues de mettre le pays à feu et à sang je ne veux pas que mon pays se réveille demain dans cette situation et donc le temps presse et peut-être que dans quelques années ce sera trop tard

2:09:19
Présentateur

un mot personnel dans 12 mois on partait de là ou président ou premier ministre de Marine Le Pen ou rien dans le cas de président on connaît

2:09:26
Invité

rien

2:09:27
Présentateur

je ne disparaîtra respect au parlement européen vous avez eu l'élégance

2:09:31
Jordan Bardella

de rappeler mon jeune âge je n'entends pas disparaître si nous ne gagnons pas cette élection dans 12 mois et je continuerai de me battre pour mon pays aussi longtemps que je le pourrais

2:09:40
Présentateur

qui serait la première dame à l'Elysée c'est Maria Carolina de Bourbon des deux Siciles un mot sur le nom parce qu'il y a une partie privée vous êtes libre de vos amours évidemment mais le nom Bourbon alors même si je crois que ce n'est pas exactement la même branche une Bourbon à l'Elysée avec ce qui est arrivé au lointain arrière, petit, cousin je ne sais pas si vous arrivez à faire le lien généalogique

2:09:59
Invité

il y a eu une Maria Carolina de Bourbon

2:10:01
Jordan Bardella

qui a dormi à l'Elysée il y a quelques années ça c'est pas très bien quelques dizaines d'années

2:10:07
Présentateur

sans être terminé qu'est-ce que vous faites de ce symbole-là ? à l'échelle de l'histoire de France ce serait quelque chose qu'est-ce que vous en faites ?

2:10:14
Invité

avant d'être un symbole qui est éminemment

2:10:18
Jordan Bardella

éminemment supérieur pour tout amoureux de l'histoire de France et avant d'être le passé commun de tous les Européens c'est d'abord

2:10:31
Invité

la personne que j'aime et donc avant de regarder le nom je regarde d'abord la personne qu'elle est la personne qui partage ma vie

2:10:38
Jordan Bardella

je suis extrêmement fier d'elle et j'espère que les Français auront l'occasion de la découvrir et de la connaître comme moi j'ai pu la découvrir

2:10:47
Invité

alors c'est mon tour de poser une question qui peut être pas désagréable mais vous avez dû l'entendre j'imagine il y en a qui ont dit le candidat du peuple va devenir le candidat de la Jet Set ? pourquoi ? parce que sa famille appartient plutôt à la Jet Set et que vous vous voulez représenter le peuple vous en avez beaucoup parlé non mais vous savez pas tout est politique et on a le droit de vivre avec une personne nous ne venons pas et je ne sais pas je vous coupe mais nous venons de milieux très différents

2:11:21
Jordan Bardella

mais moi je suis fier de la femme qu'elle est et je suis avec elle je partage ma vie parce que je l'aime et pour la femme et pour les qualités qui sont les siennes je veux dire après le reste tout ça est totalement secondaire donc moi je ne changerai pas je viens d'un milieu populaire j'en suis extrêmement fier ça m'a suffisamment été reproché de façon assez méprisante au travers de reproches sur le thème Coquiville il n'a pas fait les grandes écoles bon

2:11:47
Invité

voilà ce que je peux vous dire c'est que je suis heureux et conserver cela pour nous

2:11:54
Jordan Bardella

devenait très difficile voilà parce que je l'ai dit on était suivi par des photographes on l'est encore et donc quand vous faites de la politique au niveau je la fais conserver sa vie privée ça devient difficile et ça devenait objectivement assez compliqué voilà maintenant je suis très heureux et c'est la seule chose que j'ai envie de vous répondre

2:12:11
Invité

une petite précision d'abord elle est ressortissante italienne donc j'imagine qu'elle ne vote pas en France mais est-ce qu'elle est intéressée par la vie politique on essaie de la découvrir de la connaître est-ce qu'elle est intéressée par la vie politique est-ce qu'elle vous conseille est-ce que vous avez aidé à préparer cette émission tiens elle vous a aidé à préparer cette émission oui on en a naturellement parlé je sais qu'elle nous regarde

2:12:31
Jordan Bardella

je sais qu'elle nous regarde mais elle n'est pas une femme politique dans le sens où elle n'est pas engagée et elle a aussi son intimité sa pudeur sur sur sur ses choix sur ses décisions sur ses convictions mais elle est extrêmement engagée elle est extrêmement engagée par divers engagements notamment associatifs pour l'égalité homme-femme pour la cause pour la cause anima elle est extrêmement attachée aussi au patrimoine dans lequel oeuvre beaucoup sa famille parce que c'est son histoire son histoire personnelle maintenant on est en 2026 et donc elle n'a pas non plus à répondre de mes décisions de mes choix de mes convictions et donc je souhaite moi tout autant être fier d'être peut-être un jour le mari en tout cas minima le conjoint d'eux qu'elle est la conjointe d'eux mais vous savez en 2026 une femme ne vit pas au travers des engagements de son conjoint je suis désolé mais je le rappelle c'est générationnel mais c'est comme ça on est en 2026 voilà merci beaucoup Jordan Bardella et quant au reste peut-être qu'elle vous le dira un jour voilà

2:13:30
Présentateur

vous voyez l'élection la date de l'élection elle n'est pas encore connue vous espérez que Emmanuel Macron

2:13:35
Jordan Bardella

la donne bientôt il serait temps non parce que c'est dans moins de 12 mois donc lui il n'y a plus rien après mais nous on a des choses à préparer donc ça serait bien qu'on ait la date de l'élection très vite vous visualisez le perron de l'Elysée

2:13:44
Invité

il y a le 7 juillet d'abord

2:13:46
Jordan Bardella

voilà merci Jordan Bardella merci à tous merci à tous

2:13:51
Locuteur

merci à tous

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