Mercosur, censure : Lecornu joue son va-tout ?
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 12:40OuverteRéponse partielle
Est-ce que les motions de censure ont des chances de passer ?
- 14:13OuverteRéponse partielle
À quoi joue Sébastien Lecornu avec la menace de dissolution ?
- 17:05OuverteRéponse directe
François Hollande, a-t-il d'autres choix que d'utiliser le 49-3 ?
- 19:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est dans une impasse politique avec ce 49-3 ?
- 21:39OuverteRéponse directe
Yannick Jadot, comment voyez-vous l'alliance à Paris ?
- 22:38OuverteRéponse partielle
Paris peut-il battre Rachida Dati sans accord avec LFI ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:48InvitéFait
« RN et LFI ont déposé chacun une motion de censure. »
- 11:15InvitéFait
« Une censure équivaudrait à une nouvelle dissolution. »
- 11:26InvitéFait
« Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l'Intérieur de préparer des élections législatives. »
- 11:59Locuteur non identifiéFait
« Les municipales, c'est un des rares moments de vraie démocratie. »
- 17:10Locuteur non identifiéFait
« Il ne peut pas faire autrement que de déclencher le 49-3. »
- 20:05PrésentateurFait
« Le budget est une impasse. »
Temps de parole
- Présentateur24 %
- Locuteur non identifié20 %
- Présentateur 219 %
- Invité16 %
- Invité 28 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. C'est l'heure de notre reportage dans nos régions à deux mois des municipales. Je vous emmène à la rencontre du plus vieux maire de France, Guy Delattre. Il a 93 ans, il est maire depuis 1971 de la commune de Gorge. C'est dans la Somme et malgré son âge, il n'est pas prêt de s'arrêter. Il est de nouveau candidat en rue. Céline Schmitt l'a rencontrée.
Gorge, ses deux rues, quelques vaches et surtout un maire, le plus vieux de France. Mes parents sont nés là, mais mon grand-père aussi a été maire quelque temps. Toutes mes origines sont gorges. Nous, c'est gorges depuis bien longtemps. À 93 ans, Guy Delattre a encore des projets plein la tête. Et à quelques mois des élections municipales, Le candidat à sa réélection aime en faire part à ses 40 habitants. Là, le prochain projet, ce sera des trottures en macadamme. On pourrait marcher sur du macadamme au lieu de marcher sur l'herbe. S'il vient une voiture ou surtout les tracteurs. Ils prennent de la place, les tracteurs, avec les engins qu'ils ont.
Et après un demi-siècle de mandats successifs, Guy Delattre fait rapidement ses calculs. La subvention, elle est quand même conséquente. C'est 40 %, 40 % on récupère la TVA, ça nous fait 50 %. Donc si ça reviendra à moitié prix, disons que pour 30 000 euros, les trottoirs, ils seront faits. Et ça donnera un cachet à la commune. Rénover la commune et préserver son patrimoine, c'est le grand combat de ce maire. Cette église, construite au XVIe siècle, Guy Delattre la fête restaurée lors de son premier mandat. Après la particularité qu'on a, c'est surtout la mise en tombeau là-bas, au-dessus de l'hôtel là-bas. Ce sont des hommes qui font la mise en tombeau et non des femmes.
Et ça, ça date de 18e aussi. L'édifice modernisé est l'une de ses plus grandes fiertés. C'est la pièce maîtresse du village, disons. Il fallait faire ce qu'il y avait à faire. Aujourd'hui, elle est en très bon état. C'est une satisfaction. Les affaires de la mairie, Guy Delattre les gère le plus souvent seul. Une secrétaire vient lui prêter main forte quelques heures une fois par semaine. Pour le reste, l'édile de 93 ans a dû rester à la page. On va regarder les mails. On va se connecter. Et voilà tous les mails. Vous avez l'air de bien connaître. Ah oui, il y a quand même un minimum, oui, bien sûr. De temps en temps, je viens à la mairie et je viens regarder un petit peu les informations.
S'il y a des mails nouveaux, quelque chose qui puisse m'intéresser, si vous voulez. Monsieur le maire, bonjour, vous allez bien ? Ça va, ça va, ça va, bonjour.
Bonjour.
En tout cas, ce qui intéresse dans le village, c'est une question.
Et qui mettra sa place, j'oserais dire. Qui, au jour d'aujourd'hui, est prêt à prendre la relève ? C'est pas non plus... C'est des questions qu'il faut se poser.
Il y aura toujours quelqu'un après moi quand même. Oui, mais il y aura toujours quelqu'un, mais après... De toute façon, il faudra qu'il y ait quelqu'un qui reprenne après moi. C'est pas un problème, vous savez. Il y aura un maire après moi, je veux t'inquiéter pas. Monsieur le maire ? En l'absence d'autres candidats, la réélection du maire ne fait donc de doute pour personne. À la fin de son mandat, Guy Delattre fêtera son centième anniversaire.
Et on suivra bien sûr cette campagne des municipales. On va en parler dans quelques instants, dans le club, sur les grands enjeux. Mais d'abord, Alexandre, on va regarder ce qui fait la une de nos quotidiens régionaux. Et d'abord, la une du Dauphiné libéré, six morts dans des avalanches.
Oui, six morts en deux jours ce week-end, dans les Alpes. Les départements de la Haute-Savoie et de la Savoie ont été meurtris par des avalanches. La préfète de la Savoie a déploré hier soir que la pratique du ski hors-piste ait conduit à ces drames et mis en danger des secouristes alors que le massif alpin était classé en risque avalanche 4 sur 5 ce week-end en raison de l'instabilité du manteau neigeux.
On va parler agriculture également. Et l'accord de libre-échange avec le Mercosur va-t-il profiter à la Bretagne ? C'est ce que demande le Télégramme.
Oui, cet accord qui va être signé samedi par l'Union européenne avec les pays du Mercosur est la cible de la colère agricole dans le pays. Alors comme la Bretagne est une région d'agriculture, on se dit qu'il va être nocif pour l'activité de cette région. Mais le journal Le Télégramme explique aujourd'hui pourquoi cette ouverture au marché sud-américain de 700 millions de consommateurs va profiter à certains acteurs bretons comme les entreprises bretonnes de nutrition animale et végétale qui travaillent avec les grands producteurs de porc et de volaille du Brésil.
La filière de la génétique porcine très développée également en Bretagne tout comme le machinisme agricole voit d'un bon oeil cet accord. Et puis hors agriculture, les professionnels de la plaisance et du nautisme breton vont augmenter leurs commandes avec ces pays du Mercosur qui sont tournés vers la mer tout comme le constructeur de sous-marins Naval Group qui va renforcer sa relation stratégique avec le Brésil.
Et tout le malaise agricole perdure dans le pays et Corse Matin s'intéresse à la diminution du nombre d'exploitations agricoles.
Avec ce chiffre marquant, depuis 1988, la Corse a perdu la moitié de ses fermes, des centaines d'exploitations agricoles en moins depuis l'année 2020. C'est ce qu'on appelle la déprise du milieu agricole. Alors cela pose des problèmes, notamment d'autonomie alimentaire avec l'augmentation des importations. Pour être autonome au niveau alimentaire, la Corse aurait besoin de 8000 agriculteurs supplémentaires. Alors pour essayer d'attirer les vocations, notamment en milieu rural, les communes se démènent.
Par exemple, la commune de Ventiserie souhaite développer le maraîchage et proposer à des producteurs des exploitations déjà équipées afin qu'ils alimentent la cantine scolaire et le marché local. Le problème, c'est que les volontaires ne se bousculent pas.
Et pour ouvrir sa ferme ou reprendre une exploitation, c'est devenu le parcours du combattant.
Oui, reprendre une ferme, c'est un rêve semé d'embûches. Titre le journal L'Union, qui propose aujourd'hui le portrait d'Alexis Carrel, un jeune maraîcher dans le département de la Marne qui a réussi tant bien que mal à reprendre une installation après avoir vu son dossier de reprise rejeté plusieurs fois.
Et on va parler justement de cette colère agricole, cette mobilisation qui se poursuit sur le terrain. On va aller en Ariège. C'est l'un des berceaux de la contestation. Bonjour, Hugues Chamberger. Merci beaucoup d'être avec nous, directeur d'antenne à Radio Transparence. Hugues, vous étiez avec nous en décembre, juste avant les fêtes, pour nous parler de cette colère agricole, de ces mobilisations. On en est où aujourd'hui ?
On en est à peu près au même point, si ce n'est que les barrages se sont déplacés. On s'était quitté en décembre avec un barrage sur le rond-point de Tarasso, sur Ariège. Il a été levé juste avant les fêtes, c'était le 22, pour être remonté, mais cette fois-ci à la sortie du tunnel de poids. Alors il faut comprendre que la Nationale 20, c'est vraiment l'axe majeur en Ariège, donc ça rebloque, et depuis, les agriculteurs n'ont pas bougé, partiellement, pour participer à la dernière manifestation toulousaine. La colère, elle s'est aussi manifestée, rythmée par l'arrivée de deux nouveaux cas sur le département, l'un à l'est, l'autre à l'ouest.
À chaque fois, ça a amené des dépôts de fumier devant les préfectures, sous préfectures, bâtiments publics divers et variés. Donc la situation ne s'est pas améliorée, loin s'en faut.
Est-ce que le mouvement, il est toujours unitaire ?
Alors sur le fond, oui. C'est-à-dire que les syndicats sont tous d'accord, y compris avec la Chambre, pour demander l'arrêt de l'abattage total des soupeaux en cas de dermatose, d'autant plus que la vaccination a quand même aussi amené un petit peu d'espoir. Alors pour la fin du mois, parce qu'on a vacciné en décembre, il faut à peu près un mois pour que l'immunité soit acquise. Sur la forme, c'est un petit peu différent. La coordination rurale, comme je disais, a déposé ce qu'on va appeler très gentiment du fumier. C'est plus compliqué que ça devant les bâtiments publics.
À l'occasion d'un abattage dans le Coudran, à l'est du département, la Confédération Paysanne a organisé un barrage qui prend. Il m'a bien fait remarquer que, eux, quand ils terminent une action, on ne voit pas qu'ils sont passés par là. Tout a été nettoyé et tout est propre. Je pense qu'il y a un petit peu de gêne de ce côté-là. Donc forcément, ça se décale, d'autant plus que ça commence à peser sur le département, sur les finances des collectivités, les dépôts de fumier, mais aussi dans l'état de l'amiance, on trouve des bidons de produits phytosanitaires et autres. Le préfet de la Riège a estimé la note rien que pour le mois de décembre à environ un million d'euros.
Il va faire remonter au Premier ministre un million d'euros qui, pour les nettoiements, passe forcément par les mairies. Donc ça commence à peser aussi. À tel point, d'ailleurs, que la maire de Pamier a porté plainte et demandait à l'État de lui rembourser le coût induit du dépôt de déchets, d'immondices devant la sous-préfecture de la Dune.
Merci Hugues. Merci Hugues Chamberger d'avoir été avec nous depuis la Riège. Alexandre, on poursuit la revue de presse régionale. On parle des municipales et ce sondage du journal La Marseillaise.
Oui, un sondage Ipsos BVA sur le premier tour des élections municipales à Marseille. Un sondage qui place en tête Benoît Payan, le maire socialiste de la ville, avec 30% des intentions de vote, mais au coude à coude avec le candidat du Rassemblement national Franck Alizio. En troisième position, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, qui est crédité de 23% des intentions de vote. Le candidat de la France insoumise, lui, Sébastien Delogu, récolterait 14% des voix.
Et on termine par un vin français qui est à la côte auprès des stars américaines.
Oui, ce vin, c'est le Sancerre. Il fait la une du beret républicain. On rappelle qu'il est produit dans le département du Cher. Mais surtout, il a été mentionné dans une image d'un documentaire sur la chanteuse américaine Taylor Swift, star planétaire. Résultat, les fans de Taylor Swift se sont mis à acheter en masse le domaine des Terres Blanches. C'est un beau coup de projecteur pour l'appellation Sancerre, qui est aussi plébiscité par le basketteur américain Lebron James, l'actrice Meryl Streep, ou encore la série Emily in Paris. Le Sancerre à boire, à déguster en tout cas, avec modération bien sûr, surtout en période de dry January.
Eh oui, vous pouvez bien de le dire. Merci beaucoup. Merci Alexandre pour cette revue de presse. On va revenir à l'actualité politique. On va parler des municipales dans quelques instants et du sondage dont vous nous avez parlé sur Marseille. Mais d'abord, Sébastien Lecornu débute une semaine difficile. Il va faire face à deux motions de censure, notamment sur la question du Mercosur et le Premier ministre qui agite la menace d'une dissolution. On voit ça avec Fabien Recker.
Pour dénoncer la ratification de l'accord de libre-échange avec l'Amérique latine, RN et LFI ont déposé chacun une motion de censure. Le PS ne la votera pas. Emmanuel Macron s'étant finalement opposé au traité. Au moment où il dit non et où il le dit à l'ensemble des Européens, où la France vote contre et où on a un vote au Parlement européen dans quelques jours, où il faudra que tous les Français votent contre avec un certain nombre de parlementaires de tous les autres pays, ce serait absurde de dire qu'à ce moment-là, nous censurons le gouvernement. Mais les LRE laissent planer la menace de censurer.
Signe qu'une censure équivaudrait à une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l'Intérieur de préparer des élections législatives, la ministre des Comptes publics met en garde.
S'il y a une dissolution dans les prochaines semaines, il faut dire la vérité aux Français. Ça dissout le Parlement, ça dissout tout le budget. Ça veut dire que jusqu'au mois de mai, au mois de mai, c'est le vide. C'est le vide. Il ne se passera rien pour personne dans le pays.
Une façon de mettre la pression sur les parlementaires qui dénoncent un chantage, des législatives anticipées risqueraient de prendre en otage les élections municipales en mars prochain. C'est pas juste.
C'est pas juste. Les municipales, c'est un des rares moments de vraie démocratie. D'ailleurs, à un échelon où on est capable de s'entendre.
Et si la recherche d'un compromis sur le budget est encore au point mort, plusieurs voix du Bloc central et même à gauche appellent au 49-3 pour clore le débat, quitte à risquer, encore une fois, la censure.
Et on va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martichoux. Merci beaucoup d'être là. Meilleure jeu, Elisabeth. Et meilleure va vous, Yves. Tout mes veuves. Qu'on retrouve tous les lundis. Bonjour Yves Tréhard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Alors, on l'a vu, c'est une rentrée agitée pour Sébastien Lecornu. Vous me direz, on s'est quitté au mois de décembre en disant que c'était déjà agité. Deux motions de censure, notamment sur la question du Mercosur. Est-ce qu'elles ont des chances de passer ? Yves, est-ce que c'est stratégique de la part de l'FI et du Rassemblement national ?
Oui, stratégique, c'est pas tellement stratégique. C'est un refrain qui revient régulièrement de la part des deux formations politiques. Non, ça n'a pas, à mon avis, pas de chance d'aboutir. Pourquoi ? Parce que ni le PS, ni les LR n'ont intérêt à ce qu'il y ait des élections. Les LR sont déjà dans un état, mais subclaquant. Ils font tout pour, d'ailleurs. Ils continuent. Et le Parti socialiste, le Parti socialiste n'est pas en grande forme non plus. Et donc, le Parti socialiste aurait bien du mal, quand même, à organiser une élection législative, à mon avis, qui leur soit favorable.
Donc, je ne crois pas du tout qu'il y ait une motion de censure qui puisse être votée, sachant que le Rassemblement national dépose une motion de censure qui ne sera pas votée par la France insoumise et que le Rassemblement national, en revanche, lui, peut voter, il l'a déjà fait, une motion de censure émanant de la France insoumise. Donc, on en est là. C'est dans un feuilleton qui n'est pas très reluisant. Ce n'était pas une stratégie de la part de Lecornu. C'était une petite tactique, un moyen de mettre la pression, je pense, sur les deux parties que sont l'EPS et l'ELR. Bon, on en est là.
Et je pense que les Français, d'ailleurs, sont complètement fatigués de cette histoire, tout comme celle du Mercosur, d'ailleurs.
Et Sébastien Lecornu, qui laisse planer la menace de la dissolution, mais qui, hier, dans le Parisien, on va voir, dit, je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution. On combat, c'est la stabilité et repousser le désordre. À quoi joue Sébastien Lecornu ? Est-ce que vous la comprenez, sa ligne, sa stratégie, Elisabeth ? – Ah là là, compliqué. Peut-être, je pose une hypothèse, il a peut-être été exaspéré par deux choses. D'abord, le fait que les écolos ne jouent pas le jeu d'être allés à Bercy.
Les écologistes ont refusé, vous en parliez avec Yannick Jando, peut-être, il y a quelques instants, d'aller parler d'une piste d'atterrissage sur le budget de l'État et ça l'a mis en colère. Et par ailleurs, une petite musique, quand même, qui courait, peut-être, qui est venue jusqu'à lui au Parti Socialiste, sur le thème où on va voter la censure, quelle qu'elle soit, il y en a cinq à venir, quand même, pour Lecornu. Ça fait beaucoup. Trois sur le budget et deux cette semaine sur Mercosur. Alors, on peut voter la censure parce que, de toute façon, il n'y aura pas de dissolution. Et ça, la moutarde lui est peut-être montée au nez.
Ne jouez pas à ça parce que la dissolution, eh bien, on peut le faire, comme disait Pierre Dac. Donc, voilà, c'est peut-être à ça qu'il a voulu, c'est cela qu'il a voulu rappeler, peut-être, C'est bien joué. Ça va calmer le Parti Socialiste, elle est à l'air ou pas ? Oui, non. Je pense que non parce qu'évidemment, vous l'avez vu, d'agiter le chiffon rouge, elle est un petit peu exaspérée sur le thème « On n'est pas des enfants, ça va, la ficelle est un peu grosse, on ne va pas subir le chantage, faites le boulot sur le budget de l'État ». La motion de censure sur le Mercosur, comme l'a excellemment dit Yves-Sréard, elles ne seront pas de toute façon votées. Il n'y a pas de risque.
Et puis, par ailleurs, elles sont absurdes puisque Emmanuel Macron a décidé de voter contre et il y a une motion de censure pour censurer le fait qu'ils aient voté contre ce qui correspond à la volonté des partis tout confondus en France. Bref, absurdité. Les trois autres, il y a un petit risque quand même. Et donc, Sébastien Lecornu, il l'a joué. C'est difficile à comprendre quand même. C'est difficile à comprendre aussi si Emmanuel Macron est complètement sur cette ligne parce que la dissolution, c'est un gros mot. Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait vraiment envie de dissoudre pour finalement, effectivement, porter le Rassemblement national jusqu'à Matignon avant la présidentielle ?
Vous voyez, c'est quand même très tordu, mais ça existe potentiellement. Est-ce que quand même, ça rappelle au Parti socialiste qu'il ne faut pas trop qu'ils jouent avec ça ? C'est possible. Mais on se perd un peu, vous voyez, en conjecture et ce n'est pas très, très probant comme initiative. Alors, il y a la question du Mercosur, il y a le retour du budget qui revient en discussion au Parlement, à l'Assemblée. 49-3 ou pas 49-3, de plus en plus de voix le demandent. On va écouter François Hollande et Michel Barnier. C'était hier.
Je pense qu'il ne peut pas faire autrement que de déclencher le 49-3. D'ailleurs, je n'ai pas tellement compris pourquoi, dès le début de son mandat, il avait annoncé à l'avance qu'il n'utiliserait pas le 49-3. Peut-être pour négocier avec les socialistes ? Oui, mais ça, ça n'empêchait pas. Moi-même, j'avais laissé, lorsque j'étais Premier ministre, le temps du débat et on a vu le résultat. Je sais que ce n'est pas une procédure qui est particulièrement enthousiasmante, mais il se trouve là, dans la situation dans laquelle on est, quelle est la seule procédure qui permet démocratiquement de faire adopter le budget. Mais vous,
a-t-il d'autres choix désormais que d'utiliser le 49-3 ?
Parce que j'ai vu c'est le mot démocratiquement dans la bouche de François Hollande. C'est absolument risible. C'est la raison pour laquelle les Français se détournent de la politique et ne veulent plus entendre parler de certains hommes ou femmes politiques. C'est terrible de voir ce spectacle être affligeant. Pourquoi ? Affligeant. Mais ce monsieur qui condamnait le 49-3 qui, vraiment, vraiment, c'est terrible, quoi. Le 49-3, on va voir s'il y recourt. Ce n'est pas évident encore parce qu'il a l'air assez obstiné. Je sais que le président de la République est assez énervé là-dessus. Il essaye de vouloir, essaye de convaincre le Premier ministre de l'utiliser.
Est-ce qu'il peut utiliser le 49-3 ou est-ce qu'il peut utiliser les ordonnances à la place du 49-3 ? Moi, je pense que les ordonnances, ça va être compliqué. Il y a des chances qu'il utilise le 49-3 effectivement. Mais là, c'est pareil. Les Français vont dire « mais tout ça pour ça ». Mais vous vous rendez compte dans quel état on est, c'est affligeant. C'est proprement affligeant. Évidemment que c'est un outil démocratique. Évidemment que, s'il est dans la Constitution, ce n'est pas par hasard. Vous savez qui est inscrit le 49-3 en Constitution ? Ce n'est absolument pas Michel Debré ni le général De Gaulle.
C'est un député, un obscur député centriste qui a participé à la rédaction de la Constitution et qui a inscrit le 49-3. Ce qui est terrible, c'est que le 49-3 avait plutôt, était un outil constitutionnel comme un autre et son interprétation a été faussée pendant, justement, le mandat de François Hollande et quand Emmanuel Vasse l'a utilisé contre, d'ailleurs, Emmanuel Macron. Et c'est là que la nature de cet outil a changé.
Est-ce qu'il est un peu dans une impasse politique avec ce 49-3, Sébastien Lecornu ? Difficile d'imaginer le budget passer sans et en même temps, il a tellement martelé qu'il ne l'utiliserait pas que ça devient un peu compliqué pour lui de l'utiliser. Tout est un peu une impasse, en fait. Le budget est une impasse. Qui peut imaginer aujourd'hui qu'il ne sera voté personne ? Ce que demandent les socialistes est beaucoup trop élevé et ils perdent. Et le gouvernement perd immédiatement les LR s'il donne droit aux demandes d'augmentation des impôts, par exemple, sur les entreprises qu'exigent à minima les socialistes. Donc oui, le budget est une impasse.
C'est pour ça que le 49-3, Yves, vous dites est-ce qu'il sera utilisé, il sera davantage utilisé vraisemblablement que les ordonnances, en effet. Mais comme il n'y a pas de majorité sur le budget, on ne va pas se raconter d'histoire. C'est pour ça qu'il faudrait y aller au plus vite, effectivement, au 49-3. Mais manifestement, le principe politique qu'a posé Sébastien Lecornu pour être un matignon, c'est le compromis, la charge de compromis. Donc il va encore y avoir des discussions à Bercy. Elles ne vont pas aboutir.
Le gouvernement et Sébastien Lecornu sera obligé de dire vous m'avez demandé de retirer le 49-3, je vous ai dit oui, je suis obligé de le reprendre et tout le monde dira c'est un scandale et tout le monde a envie qu'il n'y ait qu'un 49-3. C'est une histoire de fou. Et effectivement, les Français en ont ras-le-bol. Mais franchement, ils n'ont qu'une envie, c'est qu'on passe à autre chose. À autre chose, sans doute à l'Élysée et qu'on passe cette affaire de budget. Mais c'est compliqué.
Donc il faut en finir au plus vite et il y aura donc trois motions de censure s'il y a un 49-3 qui seront discutées sur chaque partie du budget et à ce moment-là, eh bien, il y a un petit danger quand même pour effectivement Sébastien Lecornu ne va pas l'exclure. Et d'autant qu'on rentre en plein dans la campagne des municipales et on l'a dit Sébastien Lecornu qui fait plaler de la menace de législative en même temps que les municipales. On va s'intéresser justement à ces municipales. C'est dans deux mois. On va parler notamment de deux villes, Paris et Marseille. On va d'abord écouter Yannick Jadot, le sénateur écologiste de Paris qui soutient Emmanuel Grégoire.
On l'écoute, il était il y a quelques instants sur notre plateau.
De moins en moins, les électrices et les électeurs appartiennent à une candidature ou à un parti politique. Donc je suis convaincu qu'au deuxième tour, il faut les démocrates parisiens comme les électrices et les électeurs de gauche à Paris voteront pour la liste qui peut gagner et continuer encore une fois cet agenda social et écolo.
Yannick Jadot, Élisabeth, qui est opposée à un accord avec la France insoumise. Alors on a Emmanuel Grégoire qui a réussi à rallier dès le premier tour socialiste, communiste, écologiste. Mais qui du second tour ? Est-ce qu'il peut battre Rachida Dati sans accord avec LFI, sans tendre la main à Pierre-Yves Bournazel qui est le candidat Renaissance et Horizon ? C'est intéressant cette bataille à Paris mais c'est vrai que si Paris est à gauche, ça ne se voit pas de façon impressionnante dans les sondages pour l'instant puisque dans les dernières enquêtes, Rachida Dati et Grégoire sont un touche-touche. Donc oui, il aura besoin de Sofia Shikiru pour battre et d'un ralliement.
Alors ralliement ou pas, Bournazel va être au centre. Pardon, Pierre-Yves Bournazel, le candidat qui appartient au parti Horizon et qui a reçu le soutien de Renaissance va être au centre de toutes les sollicitations du côté de Dati et du côté d'Emmanuel Grégoire. C'est vraiment très tendu à Paris donc ça va être extrêmement intéressant de voir comment ça évolue dans les semaines qui viennent. Paris, est-ce qu'il y aura alternance ou pas ? La question est encore posée. Et ça fait la lune du Figaro d'ailleurs, Yves, ce matin. Est-ce que du coup, c'est un peu une élection plus nationale que locale Paris ?
Ah non, c'est très locale. Alors là, non, ça serait une élection nationale si elle reflétait ce qui se passe ailleurs dans le pays. Or, je ne pense pas que ça soit le reflet de ce qui se passe ailleurs dans le pays. Les cartes sont un peu brouillées à Paris parce que vous avez des candidats assez atypiques. Rachida Dati est très atypique. Rachida Dati peut attirer sur son nom un électorat de gauche. Ce qui n'est pas le cas de tous les candidats LR ou de droite. Non, ça va être très intéressant, ça va être très intéressant avec des candidats qui sont, pour certains, qui ont une très forte personnalité.
Rachida Dati, Mme Chikiru, Mme Knafo qui sera essentielle aussi pour le résultat parce que...
C'est une menace pour Rachida Dati ?
Soit elle dépasse les 10% et à ce moment-là elle peut se maintenir et à ce moment-là elle peut représenter un danger quand même pour Rachida Dati. Soit elle fait moins et quelle sera sa réaction ? Je ne sais pas. Non, c'est très intéressant parce que les deux camps finalement sont divisés et les deux camps ça va être intéressant de savoir s'ils ont des réserves de voix ou si au contraire et bien leurs marges sont des marges encombrantes.
Donc ça va être très très intéressant mais on ne peut pas dire que ça soit le reflet des élections nationales parce que vous allez voir qu'aux élections nationales par exemple si Paris est gagnée par je parle bien avant le scrutin mais si Paris est gagnée par les socialistes par exemple rien ne dit qu'ailleurs en France il n'y ait pas beaucoup de municipalités socialistes ou écologistes qui tombent parce que là c'est ce qu'on prévoit ça c'est pas encore il faut attendre que ça se réalise mais il y a quand même les écologistes dans beaucoup de grandes villes qu'ils avaient remportées la dernière fois sont en danger.
Et il y a une autre ville qu'on va regarder de très près c'est Marseille Marseille où Benoît Payan le maire d'hiver gauche sortant est candidat à sa réélection il l'a annoncé ce week-end et on voit ce sondage c'est ce matin dans le journal La Marseillaise Benoît Payan qui fait jeu égal avec Franck Alizio le candidat du Rassemblement National au premier tour et 7 points seulement derrière Martine Vassal qui est la candidate LR Renaissance c'est l'illustration de la poussée du RN dans les villes et de la préoccupation numéro 1 que met en avant aussi le fondage que met en avant tous les sondages c'est la sécurité si évidemment la première préoccupation du vote pour actionner le vote c'est la sécurité à Marseille on a envie de changer parce qu'on ne peut pas dire que Benoît Payan ait réussi à faire reculer le trafic de drogue à Marseille il y a eu des tragédies à Marseille ces dernières années ça a été un laboratoire aussi pour le gouvernement de mettre en place des stratégies pour faire reculer le trafic mais on a bien vu que c'était très très compliqué c'est très compliqué le Rassemblement National n'aura pas plus peut-être de résultats spectaculaires dans ce domaine que l'actuelle majorité mais à Marseille on voudrait tourner la page c'est une ville qui est rongée par les problèmes de sécurité et surtout encore une fois de trafic de drogue on a vu des choses inouïes avec des trafiquants qui faisaient la loi dans la distribution du courrier moi j'ai une anecdote quand même qui m'a beaucoup frappée vous en avez peut-être entendu parler c'est que la Poste à un moment abandonner les tourner dans un quartier de Marseille c'est plus possible on se fait agresser et bien quelques semaines après les trafiquants de façon d'une autre ont pris langue avec l'administration de la Poste en disant écoutez revenez pourquoi et nous on vous sécurise pourquoi parce qu'ils avaient besoin d'avoir des petits colis pour livrer la drogue et donc vous vous dites mais là c'est l'amorce de ce qu'on appelle le narcotrafic c'est-à-dire quand le trafic se substitue au pouvoir public à l'autorité d'une administration bref donc franchement à Marseille c'est très impressionnant très impressionnant ce sondage on verra la campagne va faire son oeuvre mais mais pour Benoît Payan c'est un sujet oui il vous étonne ce sondage pardon il vous étonne ce sondage
pas du tout non ça fait longtemps que la poussée du Rassemblement National à Marseille est forte c'est le moins qu'on puisse dire la deuxième chose c'est que Benoît Payan souffre finalement un peu de la même chose qu'Emmanuel Grégoire à Paris c'est-à-dire la division de la gauche parce qu'il a un candidat de la France Insoumise M.
Delogu qui fait quand même 13-14% dans ce sondage et donc si la gauche était unie ça ne serait pas la même musique je dirais c'est très difficile de savoir comment ça va se passer à Marseille très difficile avec effectivement la sécurité en premier lieu et savoir que Marseille effectivement il n'y a pas que la Poste il y a beaucoup de services publics qui sont assurés maintenant par les narcotrafiquants y compris l'assistance sociale enfin etc Marseille est une vie très particulière comme vous le savez c'est la ville la plus étendue de France où il y a un tissu associatif qui est très très installé un tissu associatif qui est critiquable d'ailleurs par certains aspects parce qu'il fait le jeu justement des narcotrafiquants donc c'est très très très compliqué et on va voir quel sera le résultat
et on suivra 70% des français s'intéressent aux municipales 69% exactement d'après un sondage publié par les échos je trouve ça très réconfortant vraiment il y a un intérêt porté sur cette c'est la proximité c'est une bonne nouvelle et on suivra évidemment la campagne des municipales dans cette émission avec tous les mardis des débats sur des sujets de préoccupation des français on va commencer demain avec la question des transports et l'histoire du jour elle concerne également les municipales il y a une demi-heure on a rencontré le plus vieux maire de France et là on va parler de celui qui pourrait être l'un des plus jeunes maires de France en mars prochain il s'appelle Hugo Rougier il a 23 ans il se lance dans la course à Dignac en Charente il est conducteur de car il a travaillé aussi deux ans à la mairie il a donc assisté régulièrement aux conseils municipaux il a gagné dans la vie municipale grâce à son grand-père qui était maire en Charente-Maritime et il se lance donc après la décision de la maire actuelle élue depuis 40 ans de renoncer et personne ne voulait prendre la suite il a donc décidé d'y aller alors le suspense est assez mince sur son élection puisqu'à ce jour il n'y a qu'une seule liste dans la commune il a 23 ans et il sera probablement l'un des plus jeunes maires de France merci beaucoup merci à tous les deux d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très belle journée retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme publique Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
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