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interviewLCI — L'événement du dimanche· 25 février 2024 46 min

"L'Événement du dimanche LCI" du 25 février : Nicolas Dupont-Aignan

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravi de vous retrouver. Bonjour Nicolas et Dupont-Aignan.

0:11
Nicolas Dupont-Aignan

Bonjour madame.

0:12
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation, président de Debout la France, député de l'Essonne également. Beaucoup, beaucoup de sujets abordés avec vous aujourd'hui en ce dimanche. Une heure d'entretien avec Anne-Écôté pour vous interroger. Routel-Crieff, bonjour. Bonjour. Et Nicolas Domenac, une émission évidemment, je vous le rappelle, à suivre également en direct sur tous les réseaux sociaux TF1 Info. Je le disais, élections européennes, politiques étrangères évidemment, on l'abordera ensemble. Mais d'abord, la colère du monde agricole. Le salon de l'agriculteur s'est ouvert hier par Emmanuel Macron, il s'y est rendu. Mais à quel prix ? Mouvementé, chaotique, les adjectifs ne manquent pas.

Pour la qualifier, une visite qui a finalement duré 13 heures sur place. Le préfet de police de Paris a fait état de 6 interpellations. Deux manifestants, trois personnes interpellées l'ont été pour violence sur personnes dépositeurs de l'ordre public. avec des blessés parmi les forces de l'ordre. Nicolas Dupont-Aignan, pardonnez-moi, condamnez-vous déjà ce type d'action ? Cela aurait pu très mal tourner hier.

1:14
Nicolas Dupont-Aignan

Ce que je condamne surtout, c'est d'avoir un président de la République qui, à force de mentir à tout le monde, de jouer double jeu, de fonctionner uniquement par sénètes de communication, est en train de mettre le pays à bout. Et donc, je crois que l'enjeu aujourd'hui, c'est de savoir s'il peut rester au pouvoir. Soit il change de politique. Et pour ça, il faut dissoudre l'Assemblée nationale, avoir une nouvelle majorité.

1:40
Présentateur

Vous appelez dissolution aujourd'hui ?

1:41
Nicolas Dupont-Aignan

Je crois que, quand un président de la République ne peut plus sortir sans avoir des dizaines de CRS autour de lui, et que là, on l'a vu en l'occurrence, ces dizaines de CRS ont été débordées, parce que, vous savez, au fond d'eux-mêmes, les CRS n'avaient pas envie de taper des agriculteurs qui pensent comme eux et qui n'en peuvent plus de la manière dont ils sont méprisés.

2:04
Présentateur

Mais ma question, est-ce que vous condamnez les violences qui se sont déroulées hier ?

2:07
Nicolas Dupont-Aignan

Les violences sont condamnables. Simplement, quand il y a une révolution, vous condamnez quoi ? Ce que je veux dire par là, c'est quand vous méprisez un peuple, quand vous gouvernez contre lui, quand vous faites semblant d'agir et que vous faites le contraire à Bruxelles, quand vous mettez de l'huile sur le feu par des déclarations méprisantes, arrogantes, et qu'en plus, vous croyez que par un tour de magie, vous allez faire un grand débat avec le soulèvement de la terre en plus. Bref, quand vous vous moquez du monde pendant des années, il y a un moment, à force de tirer sur la corde, elle casse.

Sur le discours, sur le discours, on va y revenir, mais sur l'atmosphère et des images que l'on a suivées,

2:45
Présentateur

ce n'est pas du détail, Nicolas Dupont-Aignan, parce que l'atmosphère était particulièrement insurrectionnelle. On va juste regarder un extrait de ce que l'on a pu entendre dans ses allées pendant la visite du Président et on en reparle ensuite. Macron, démission, entendu à de nombreuses reprises, Nicolas, sur le sujet.

3:07
Locuteur 1

On a même entendu Macron, des institutions, mais il y a quelque chose d'étonnant, Nicolas Dupont-Aignan, de la part d'un gaulliste comme vous. Au fond, on pourrait penser que vous soyez un défenseur des institutions, de la fonction présidentielle, dont vous participez à son affaiblissement en disant ça ne peut pas durer, ça doit finir, c'est plus possible. Je croyais que vous étiez gaulliste. Il y a des institutions qu'on respecte et qu'on défend,

3:26
Nicolas Dupont-Aignan

sinon vous vous affaiblissez vous-même. Mais les institutions du général de Gaulle, c'était le respect du peuple. Et dans la Constitution, il y a un très beau texte de Michel Debré qui explique que quand il y a une situation politique ingérable, il n'y a que deux solutions. Il n'y en a que deux. C'est le référendum, l'appel au peuple, et la dissolution, l'appel au peuple, la motion de censure. Et moi, je suis profondément gaullien, c'est-à-dire que quand une situation est inextricable, quand un président de la République ne peut plus sortir sans avoir un cordon de CRS, parce que ça, c'est au salon de l'aériculture, mais c'est partout, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'il doit avoir l'intelligence de comprendre qu'il y a besoin d'un arbitrage populaire. Nicolas Dupoignan, pour lui redonner, si je finis ma phrase, je finis ma phrase s'il vous plaît, je finis un arbitrage populaire parce qu'on est à un point de rupture.

4:13
Locuteur 4

Vous en rajoutez un peu quand même, Nicolas Dupoignan,

4:14
Nicolas Dupont-Aignan

un peu, c'est beaucoup. Il y a eu tant de caricatures de votre côté, Nicolas Dupoignan,

4:19
Présentateur

il est juste Emmanuel Macron, pour suivre beaucoup de déplacements, il n'est pas entouré d'un cordon de CRS à chaque déplacement. Il y a eu des moments de tension au moment du débat sur les retraites, mais aujourd'hui, ça se passe beaucoup plus calmement. On revient aux institutions.

4:34
Nicolas Dupont-Aignan

Quand on a gouverné par 49-3, plus de 20-49-3, quand on refuse le référendum, la constitution de la Ve République, le général de Gaulle, a donné d'immenses pouvoirs au président de la République, avec une contrepartie. Le référendum l'appelle au peuple, il l'a fait, il en est parti d'ailleurs lui-même, après 68. Et la dissolution, la motion de censure, ça veut dire quoi ? Ça veut dire, et Jacques Chirac l'a utilisé d'ailleurs, quand il sentait que le pays était bloqué. Vous savez, quand un pays est bloqué, quand on arrive à des situations de violence, bien sûr inacceptables, en soi, il faut crever l'abcès.

Crever l'abcès, si le président de la République est si sûr de sa politique, il ne doit pas avoir peur du peuple. Dissolution, nouvelles élections législatives, s'il perd nouvelle majorité, nouveau Premier ministre, il faut purger le système. Vous êtes un partisan

5:27
Locuteur 1

de l'instabilité

5:29
Nicolas Dupont-Aignan

et du chaos plus encore que Mélenchon, c'est extraordinaire. Mais vous confondez l'appel au peuple, l'arbitrage populaire, l'écoute des Français et l'insurrection, c'est l'inverse. C'est que si vous n'utilisez pas les armes institutionnelles du président, qui est l'appel au peuple, eh bien là, vous aurez la violence et l'insurrection. Est-ce que vous croyez que ça peut durer trois ans comme ça ?

5:51
Présentateur

Alors, Nicolas Dupoignan, la question est-ce que c'est vraiment l'insurrection d'un peuple entier tel que vous le décrivez, comme si on était dans les rues avec des fourches et des tracteurs alors qu'ils ne sont pas entrés malgré tout, ou est-ce que c'est, comme l'a dit le président, mais il a tort ou il a raison, je ne sais pas, une forme d'opération politique ?

La coordination rurale, ce syndicat, on va peut-être voir une image, parce que vous avez fait une vidéo, avant d'écouter Emmanuel Macron, est-ce qu'on peut voir l'image de vous dans votre bureau et où vous avez le bonnet jaune ou la casquette jaune CR de la coordination rurale pour montrer votre association, votre identification à ce syndicat. Bon, est-ce que ce n'est pas aussi une opération politique menée par un syndicat politisé ? C'est ce que pense le président. Écoutez-le.

6:41
Locuteur 5

Vous avez des gens qui sont là avec un projet politique, c'est de servir le Rassemblement National, de faire demain droit. Bien sûr, mieux que de la mauvaise politique. Et elle mérite mieux que leur projet de décroissance et de bêtise qui consiste à expliquer aux gens que la solution ce serait de sortir de l'Europe. Maintenant, c'est les transformistes du Frexit. Je vais vous dire.

7:14
Présentateur

On reviendra sur l'Europe et l'agriculture, mais enfin, en gros, opération politique du Rassemblement National.

7:20
Nicolas Dupont-Aignan

Ce qui est extraordinaire, c'est de voir à quel point un homme qui est responsable d'une situation politique désastreuse, regardez les sondages de popularité, il est au plus bas de taux de popularité. Il y en a eu

7:34
Présentateur

des plus bas. Il y a eu des présidents plus bas que ça.

7:35
Nicolas Dupont-Aignan

Il n'a pas de majorité. Je ne crois pas. Regardez, il n'a pas de majorité à l'Assemblée. Il a été obligé de se débarrasser de Mme Borne après 20-49-3. Il a fait un cinéma de nomination de M. Attal qui a duré un mois qui a fait pchit. Les Français n'en peuvent plus. Tout le monde le sait. Tout le monde le voit. Cet homme cherche toujours des boucs émissaires. Il surestime le Rassemblement National parce que n'importe quel parti ne peut pas organiser ça. C'est impossible. Il y a simplement une profession, en l'occurrence les agriculteurs, qui crèvent. Il n'y a pas de solution apportée par le pouvoir qui fait semblant. Donc, il y a une colère. Mais c'est beaucoup plus profond.

Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée. Le pays perd du temps. Le président s'abaisse. Il est ridicule. Mais sur le syndicat agricole

8:22
Présentateur

de la coordination rurale, précisément, le RN est-il, selon vous, aux manettes ?

8:27
Nicolas Dupont-Aignan

Je connais le syndicat de la coordination rurale depuis longtemps. Longtemps. Ce sont des agriculteurs indépendants, très indépendants, de couleur politique, contrairement à ce qu'on croit, très différents. Vous avez des gens de gauche dedans, des gens de droite, vous avez des gens sans appartenance. Donc, c'est la vieille stratégie du bouc émissaire. Je crois sincèrement que les problèmes des agriculteurs sont suffisamment graves pour les traiter. D'ailleurs, vous remarquerez qu'ils existent dans d'autres pays, en Allemagne, aux Pays-Bas, au point même qu'aux Pays-Bas, ça a créé un mouvement politique qui a fait, je ne sais plus combien, 15% aux élections.

9:00
Présentateur

Aux élections locales, pas aux nationales. Aux nationales,

9:03
Nicolas Dupont-Aignan

ils ont été plus faibles. Tout à fait. Vous vous rendez compte de ce qui se passe en Europe. Il y a un modèle de libre-échange complètement fou qui a été mis en place, qui est en train de ruiner l'agriculture, la santé, l'environnement européen. Partout, ça bouge. Est-ce qu'à un moment, les responsables de cette folie se posent des questions au lieu de chercher toujours le bouc émissaire ? Ce n'est pas ma faute. C'est la faute de la coordination rurale. Ce n'est pas ma faute. C'est le Rassemblement National.

9:32
Présentateur

Mais c'est grotesque. Non, non, mais les violences d'hier,

9:35
Nicolas Dupont-Aignan

elles sont inacceptables.

9:36
Présentateur

Les violences d'hier, elles sont inacceptables. On ne s'en prend pas un président, quel qu'il soit.

9:40
Nicolas Dupont-Aignan

Bien évidemment, mais quand ce président vous méprise au point... Le mépris,

9:45
Présentateur

peut-être Marie va vous expliquer, va nous rappeler depuis combien de semaines les agriculteurs sont écoutés, sont reçus... Des mouvements de blocage...

9:53
Nicolas Dupont-Aignan

Mais vous n'avez pas compris, Routel-Krieff, ce qui se passe. Vous pouvez faire semblant d'écouter, recevoir des gens, faire du cinéma sur une botte de foin, mais au même moment... Soyons précis, il y a quatre mensonges du président sur l'agriculture. Premier mensonge, il l'a dit encore hier. Comment il peut mentir comme ça, droit dans les yeux ? Il dit aux agriculteurs, l'Union européenne apporte 9 milliards, sans l'Union européenne vous êtes cuit. Mais tous les agriculteurs de France savent aujourd'hui, comme tous les Français qu'il suffit de regarder sur Internet, que la France verse 25 milliards à l'Union européenne et ne reçoit que 15, dont les neuf.

Donc ça veut dire très clairement que vous avez un président de la République, un gouvernement, un Premier ministre qui mente, droit dans les yeux aux Français, en faisant croire que les agriculteurs sont nourris par l'Europe alors que c'est de l'argent français qui part à Bruxelles et qui revient avec moitié moins quasiment.

10:44
Locuteur 1

Vous prenez la moyenne des exploitations, la moyenne de l'aide aux exploitations agricoles, pardon Nicolas Dupont-Aignard, vous ne pouvez pas dire n'importe quoi. C'est la réalité, vérifiez sur Internet. La moyenne des aides pour les exploitations françaises, c'est 20 000 euros. Pour l'Espagne ou l'Italie, c'est plus de la moitié moins. Je veux dire,

10:59
Présentateur

c'est l'aide et 5 000 euros par exploitations.

11:01
Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Domenac. N'aide pour les agriculteurs, vraiment, et pas ce que vous dites. On ne laisse pas crever une profession non plus. Nicolas Domenac. Peut-être caricatural. Nicolas Domenac. Est-ce que vous êtes quand même d'accord les derniers chiffres du budget ? Juste finir ma question, si je peux. Vous êtes quand même d'accord que la France verse 25 milliards à l'Union Européenne chaque année ? Vous êtes d'accord là-dessus ? C'est le chiffre officiel. Et reçoit 15 milliards dont les 9 de l'agriculture. Donc, il n'y a pas besoin de passer par Bruxelles.

compris que si les 9 milliards, au lieu de les verser à Bruxelles et qu'ils reviennent, on les donnait directement aux agriculteurs avec des règles françaises et qu'en plus, les 10 qu'on donne pour rien à Bruxelles et qu'ils ne reviennent jamais, on en donnait une partie comme la Suisse à nos agriculteurs, ça irait quand même mieux. Donc, ça, c'est un premier mensonge. Deuxième mensonge.

11:49
Présentateur

Vous conseillez qu'on est dans un système européen de système de politique d'agricole commune. Donc, vous voulez en sortir ?

11:53
Nicolas Dupont-Aignan

Je veux clairement sur la politique agricole revenir au système qu'avait fait De Gaulle et c'est pourquoi de la chaise vide, souvenez-vous. Tarif extérieur douanier, c'est-à-dire droit de douane qui a permis à l'Europe de s'en sortir et d'être autosupposante. À l'intérieur

12:09
Présentateur

des pays européens ? Non. Entre l'espace, la France et tout. Donc, en fait, on ne peut plus exporter parce qu'il y a des tarifs de douane.

12:15
Nicolas Dupont-Aignan

Excusez-moi, vous êtes suffisamment intelligente pour connaître la politique agricole commune d'Edgar Pizani qui a été en place pendant 30 ans, qui a sauvé l'agriculture européenne, qui l'a reçu autosupposupposupposante. Oui, mais il y avait des droits de douane, il y avait une protection communautaire pour faire écran avec les bas prix du monde. Cette protection communautaire protégeait l'agriculture européenne. Il y avait des prix garantis et des quotas de production. Ça a marché pendant 30 ans. On a détruit cela sous la pression de la mondialisation inhumaine qui ne marche pas, qui ruine nos agriculteurs.

Il faut simplement taper un grand coup de pied sur la table, un gros coup de poing sur la table et dire à nos partenaires soit on remet un système de protection, c'est-à-dire qu'on abandonne les traités de libre-échange, on ferme nos frontières avec des droits de douane, ce que fait Trump aux Etats-Unis, ce que fait le Japon, ce que font la Suisse, et on protège nos agriculteurs, pas excessivement, juste ce qu'il faut pour que les prix mondiaux ne puissent pas nous concurrencer déloyalement. Mais la ferme française, vous concédez juste

13:18
Présentateur

que la ferme française a besoin de l'Europe. Et ensuite,

13:19
Nicolas Dupont-Aignan

la ferme française, la ferme française comme la ferme allemande, la ferme des Pays-Bas marchera très bien comme elle a marché pendant 30 ans. On a détruit un système européen qui marchait. On l'a remplacé par une mondialisation qui ne marche pas. Emmanuel Macron joue double jeu. Il a signé tous les accords de libre-échange, Nouvelle-Zélande, Chili, Kenya.

13:39
Présentateur

Dans lesquels il y a des mesures de protection qui sont... C'est faux. Attendez, pardon. Dans ces derniers accords de libre-échange, il y a la promesse de respecter les accords de Paris, c'est-à-dire d'avoir les mêmes normes environnementales que nous. Dans les derniers accords, Chili et Nouvelle-Zélande. C'est faux. Pas Mercosur, mais Chili et Nouvelle-Zélande. Est-ce que vous trouvez,

13:58
Nicolas Dupont-Aignan

Routel Krièf, pour nos téléspectateurs, normal que dans un pays comme la France, qui importe la moitié de sa consommation d'agneau, de viande au vin, déjà de l'étranger, la moitié, est-ce que vous trouvez normal que le président de la République signe avec les parlementaires de son parti politique un accord avec la Nouvelle-Zélande qui va faire venir dans des sacs d'azote sur 18 500 kilomètres. Encore de l'agneau, 30% moins cher. Ce n'est pas écologique pour la planète. C'est dangereux pour nos producteurs. Il n'y aura plus de producteurs d'auvins en France. Est-ce que c'est bon pour la planète ? Est-ce que c'est bon pour la consommation ? Est-ce que c'est bon ?

Emmanuel Macron a signé cet accord. Et après, il vient faire du cinéma devant les agriculteurs pour dire je vais vous défendre. Donc il y a un moment, le devoir d'un homme politique, après vous ne pouvez pas être d'accord avec moi, vous pouvez vouloir une agriculture mondialisée. Moi je vous le dis, si l'Europe veut défendre son agriculture et si la France veut survivre, il faut rompre ses accords, il faut revenir à un tarif extérieur soit européen soit national comme le font les Etats-Unis, le Japon, la Suisse, le Canada. C'est le seul moyen de protéger nos agriculteurs.

Tous ceux qui vous racontent qu'ils vont tordre le bras de la grande distribution, qu'ils vont faire ceci, ceux-là se trompent parce qu'en fait la grande distribution elle applique les règles. Si vous avez le droit d'importer de l'agneau de Nouvelle-Zélande sur 18 500 kilomètres, des fleurs du Kenya sur 12 000 kilomètres, du soja brésilien sur des milliers de kilomètres, il ne faut pas s'étonner qu'il n'y ait plus d'agriculteurs en France.

15:31
Présentateur

Comment on fait pour exporter ? Comment on fait pour exporter dans votre modèle ? Comment on fait pour exporter nos produits alors qu'ils sont notamment, dans certains cas, exemptés de droits de douane ? Est-ce qu'on n'y perd pas aussi beaucoup alors qu'on a une exportation de produits agricoles et qu'on est bénéficiaire en termes d'exportation agricole ?

15:51
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, vous posez une très juste question. D'ailleurs, on est de moins en moins exportateurs, bénéficiaires, hors, vins et spiritueux. D'accord ? Donc, tous les pays qui ont des droits de douane, la Suisse a des droits de douane exporte, du comté. Du comté, oui. Mais on exportera

16:08
Présentateur

un peu plus que du comté.

16:09
Nicolas Dupont-Aignan

On exportera un peu plus, mais il y a des droits de douane déjà sur nos vins et spiritueux ailleurs. Aux Etats-Unis, Trump les a remis, la Chine les a remis. Donc, ce que vous ne comprenez pas, c'est que l'Europe a choisi, oui, a choisi de sacrifier l'agriculture, les éleveurs principalement, pour exporter des Mercedes et des BMW, des services financiers français et un peu de vin et spiritueux. Mais, est-ce qu'il vaut mieux protéger notre marché européen et assurer la survie de notre agriculture, de notre monde rural, avoir un monde équilibré ? On exportera toujours. Simplement, ça, on gagne un tout petit peu d'un côté et on est en train de détruire tout de l'autre.

Je ne demande pas qu'on mette des barrières gigantesques. Je demande qu'on revienne à ce qui a marché pendant 30 ans, qui a assuré l'autosuffisance du continent, qui a permis la dignité de nos agriculteurs, qui a permis le développement de nos exportations. Ça a marché. Je ne cherche pas à inventer quelque chose qui n'a pas marché. Je demande qu'on arrête les excès du mondialisme. Fou. Anti-environnement, d'ailleurs. Et d'ailleurs, sur le Mercosur, pourquoi les agriculteurs en volent à Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron nous dit je suspends le Mercosur.

17:23
Présentateur

Oui, les négociations

17:24
Nicolas Dupont-Aignan

ont été interrompues. Mais le commissaire européen, j'ai sa déclaration, dit mais non, on continue. La parole de la France, on n'en a rien à faire.

17:31
Présentateur

Ce n'est pas exactement ce qu'il dit. En tout cas, les Allemands et certains autres pays européens continuent de vouloir cet accord.

17:38
Nicolas Dupont-Aignan

est-ce que le président de la République française et le gouvernement de la France sont faits pour défendre les Français ou est-ce qu'ils sont faits pour défendre les autres ? M. Macron préfère donner 13 milliards à l'Ukraine que donner 150 millions aux éleveurs. Voilà la réalité. Et tout le monde a compris que l'argent des Français partait pour des causes perdues et qu'il fallait défendre les Français. Moi, c'est très clair. Je veux et je fais la politique et je me présente aux élections pour défendre les Français.

18:05
Présentateur

On viendra à l'Ukraine. Oui, on y reviendra à l'Ukraine. Juste sur les propositions faites par le chef de l'État rapidement hier, vous parliez de la grande distribution. Il souhaite notamment l'instauration d'un prix plancher ce qui est une nouveauté. Il ne l'avait encore jamais affirmé jusque-là. Vous êtes un connaisseur quand même de l'action publique. Vous savez que ça prend du temps. Vous décrivez finalement un paysage cataclysmique en disant que ça ne va pas assez vite. Mais vous savez que ces mesures prennent du temps à être mises en œuvre et installées. Est-ce que vous dites d'abord bonne nouvelle et bonne idée pour les prix planchers annoncés hier par le chef de l'État ?

18:39
Nicolas Dupont-Aignan

Ce prix plancher garantie, je le réclame depuis toujours depuis que Michel Barnier et Bruno Le Maire à l'époque ministre de l'Agriculture avaient cédé à nos partenaires en supprimant les prix garantis sur le lait, sur le sucre notamment. Mais pour faire un prix garanti, il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles et c'est là où Emmanuel Macron se trompe en nous prenant pour des idiots. Il faut qu'au niveau européen, ce prix garanti soit supérieur aux cours mondiaux, c'est-à-dire qu'il y ait des barrières douanières. Or, il fait exactement l'inverse, il signe tous les accords de libre-échange. Donc, premier point.

Deuxième point, on n'a pas parlé de quelque chose, Emmanuel Macron et Gabriel Attal, je ne sais pas s'ils sont sur la même ligne, ils commencent à avoir un petit jeu bizarre, ils disent qu'il faut moins de normes et qu'il faut abandonner le pacte vert au niveau européen. Mais c'est lui qui l'a signé, le pacte vert, ce sont ses députés européens qui l'ont signé. Le pacte vert, c'est quoi ? C'est un pacte de décroissance. Ça veut dire qu'il faut que les Français sachent quand même, au moment où on signe des accords de libre-échange, où ils signent avec le monde entier pour faire venir des produits, ils ont décidé de diminuer la production.

Ils n'exportent rien du tout, ils exportent des Mercedes ou des services financiers. Mais l'agriculture, elle crève. Donc, au lieu de faire ça, au même moment, ils signent des accords pacte vert, ça vous le reconnaissez au moins, qui ont permis, pour objectif, 10% de réduction des surfaces agricoles utiles. Dans les 10 ans qu'il y a, 10%. Oui, il y a une discussion là-dessus qui a commencé. Il n'y a pas de discussion, ça a été signé. Ça a été signé, madame.

20:11
Présentateur

À partir de demain. Ça a été signé. Non, non, mais vous avez... Non, mais reconnaissez que ça a été signé. Non, non, mais oui, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Ah, oui. Depuis quelques jours... Non, mais reconnaissez que ça a été signé. Mais oui, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Vous nous donnez le sentiment que ces manifestations européennes et françaises, agricoles n'ont rien eu comme effet. C'est faux. Il y a eu des réactions au niveau français et il y a des réactions au niveau européen.

Mais si, demain, Ursula von der Leyen réunit et il y a un très grand nombre de décisions qui doivent être validées par le Parlement mais qui sont proposées par la Commission et qui sont justement de revoir un certain nombre de choses, en tout cas. Sur l'Ukraine, par exemple, il y a ce fameux frein d'urgence pour les situations où il y aurait trop d'importations. Il y a aussi, finalement, un dialogue stratégique. Elle veut changer l'obligation déjà chère. Elle veut revenir sur l'encadrement des importations ukrainiennes, je viens de le dire. Elle veut... Enfin, ce n'est pas vrai. Il y a des effets, il y a des réactions. Elles sont insuffisantes. Elles viennent peut-être trop tard.

Mais ne caricaturez pas. Ne soyez pas non plus, je veux dire, de la même façon que peut-être certains européistes, comme vous les décrivez, totalement excessifs.

21:23
Nicolas Dupont-Aignan

Je vous remercie de préciser ça, mais je vais vous dire, quand on rentre dans le détail, par exemple, des jachères, c'est très intéressant. Il y avait cette jachère de 4%. Cette obligation de jachère de 4%. C'est-à-dire qu'au moment où on importe des produits du monde entier, on oblige les agriculteurs à ne pas cultiver leur terre. Reconnaissez qu'ils soient en colère. Eh bien, cette jachère, vous croyez qu'elle a été supprimée globalement ? Non, elle a été suspendue pour un an. Comment voulez-vous que les gens croient, même s'il y a de bonnes intentions en apparence, c'est reculé pour mieux sauter ? Assouplissement des exigences

21:51
Présentateur

sur les prairies, réduction des visites de contrôle, tolérance en cas d'épisode climatique empêchant de respecter les critères. Voilà, donc il y a des choses

21:58
Nicolas Dupont-Aignan

qui bougent. Ruitel-Krieff, il n'y a pas le changement du pacte vert. Il n'y a pas l'abandon claire, politique du pacte vert. Vous savez, quand vous avez été trompé pendant des années, et qu'en face, ce ne sont que des pseudo-reculs. Et que vous savez que par exemple, sur les clauses de sauvegarde vis-à-vis de l'Ukraine, les augmentations de produits d'exportation ukrainienne, 176%.

22:20
Présentateur

Moins de 1% des importations françaises de volaille et de viande.

22:24
Nicolas Dupont-Aignan

Excusez-moi, sur la volaille, doublement. Doublement. Mais moins de 1% quand même, donc on ne peut pas parler. Ça fait baisser les prix. C'est inacceptable au moment où nos agriculteurs crèvent de faim d'importer des produits qui ne sont pas aux normes sanitaires, qui défient toutes les lois de la concurrence. Donc on arrête. On arrête immédiatement. Les importations d'Ukraine. On arrête les importations d'Ukraine. L'Ukraine n'est pas dans l'Union Européenne. L'Ukraine triche avec toutes les règles sanitaires. En plus, ça ne profite pas au peuple ukrainien, mais à un oligarque qui a 80% de la production de poulet. Il y a un moment, on est clair.

Vous savez, dans la vie politique, pourquoi les Français ne croient plus la politique ? C'est parce que, à la tête de l'État, il n'y a pas de clarté. Il y a un discours d'un côté. Non, sur le pacte vert, vous faites comme si il n'y avait pas une nécessité de transition énergétique. Donc il n'y a pas de problème de réchauffement climatique. On s'en fiche. Alors je vais vous répondre. Ben oui. C'est curieux. Il n'y a pas de problème de réchauffement climatique pour importer du monde entier des produits sur des dizaines de milliers de kilomètres par cargo qui polluent avec du soufre pour des produits qui sont bourrés de pesticides interdits en Europe. Là, il n'y a pas de problème climatique.

Et il y a un problème climatique pour nos agriculteurs qui sont les meilleurs du monde, qui sont les plus attentionnés, qui mettent le moins de produits qui soient allemands, belges ou ailleurs. Encore que les Français en mettent encore moins que les autres. C'est curieux quand même. C'est la même chose avec le moteur thermique. La Chine, je voyais un article dans un grand journal, la Chine est en train de multiplier les centrales à charbon, mais nous, on se suicide en interdisant le moteur thermique et en emmerdant les Français tous les jours qui ne vont pas pouvoir prendre leur voiture dans les centres-villes.

24:04
Présentateur

Donc pour vous, l'arrêt des voitures thermiques

24:06
Nicolas Dupont-Aignan

est une folie. C'est un suicide industriel. Même si le sens de l'histoire... Le sens de l'histoire, aller voir en Chine ce qui se passe et aux Etats-Unis. Moi, je veux bien que le continent se suicide.

24:15
Présentateur

Ils sont très en avance sur les moteurs électriques aussi. Oui, là-dessus, vous avez raison, ils vont ne les exporter. Ils font les deux. Ils font les deux.

24:21
Nicolas Dupont-Aignan

Et vous avez raison, Rutel Kriaf, il faut faire les deux. Mais il faut arrêter de dire à nos agriculteurs qui sont les plus exemplaires au niveau environnemental, vous êtes des méchants, on va vous faire réduire votre production et on va importer de la part de ceux qui polluent. Avouez que ce n'est pas cohérent, Nicolas Domenac. Si vous êtes sincère dans votre volonté de réduire, bien sûr qu'il faut réduire l'effet carbone. Mais alors, pourquoi importer du bout du monde des produits ? Expliquez-moi en quoi c'est bon pour l'environnement.

24:47
Présentateur

Nicolas Dupont-Aignan, on en reparle juste après la pause et notamment de l'Ukraine et de cette aide. Vous demandez notamment un débat au Parlement, demandez au gouvernement. On en reparle tout de suite juste après la pause. A tout de suite.

24:58
Locuteur 7

A gauche, Aurel mange un yaourt au lait de vache nourri sans OGM. A droite, Olivia, sa mère, se demande comment foncer yaourt pour ne coûter que 70 centimes d'euros. Eh bien, c'est simple, Olivia. Ce sont des yaourts au lait filière U, issus d'un partenariat durable noué avec une coopérative d'agriculteurs. Les quatre yaourts au lait français filière U à 70 centimes d'euros, c'est ça des valeurs fortes et des prix bas. U, commerçant, autrement.

25:30
Locuteur 9

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Hier, Nicolas Dupont-Aignan ont marqué les deux ans de la guerre en Ukraine et de l'agression russe. La semaine dernière, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a signé à Paris un accord de sécurité avec Emmanuel Macron sur 10 années et a promis également 3 milliards d'euros, le président français, d'aide militaire supplémentaire pour 2024 à l'Ukraine. Vous avez demandé à ce qu'un débat parlementaire, notamment avec le sénateur Alain Oupère, se tienne sur le sujet, avec des déclarations qui interrogent d'ailleurs.

Vous dites que la France donne de l'argent, des armes, des moyens de guerre à l'Ukraine contre la Russie et s'étonne naïvement, je vous suite ensuite, que la Russie puisse avoir un comportement agressif. Cela veut-il dire que, à vous entendre et vous lire, vous êtes contre cet accord de sécurité avec l'Ukraine ?

32:17
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, je demande d'abord qu'il y ait un vrai débat dans notre pays parce que je trouve stupéfiant que sur l'engagement de plus en plus fort de la France dans ce conflit, il n'y ait pas un débat au Parlement comme dans les autres pays, en Allemagne, ailleurs. Je trouve ça absolument stupéfiant, d'autant que l'article 53 de la Constitution prévoit que quand il y a l'engagement des finances publiques au-delà du fonctionnement habituel des lois de finances, il y ait un débat et au-delà même de cet article 53, je crois que tous les Français attendent que les personnalités politiques disent clairement ce qu'elles veulent.

Et moi, je suis clair là-dessus et je l'ai été depuis le premier jour, le 7 mars 2022. Reconnaissez-le. J'ai fait une conférence de presse, j'étais candidat à la présidentielle et j'ai proposé immédiatement, j'ai tiré la sonnette d'alarme en proposant un plan de paix équilibré, retrait des troupes russes, statut de neutralité et démilitarisation de l'Ukraine, autonomie du Donbass pour arrêter cette folie. Deux ans après.

33:19
Présentateur

Ce plan, à partir du moment

33:22
Nicolas Dupont-Aignan

où la France s'est rangée du côté de Mme Van der Leyen et des Américains, on pouvait être sûr...

33:27
Présentateur

Les Russes ont dit puisque la France s'est rangée de ce côté-là, on ne se retire pas.

33:32
Nicolas Dupont-Aignan

C'est ça que vous avez dit ? Non, je vais vous dire autre chose, Madame. C'est un sujet tellement grave et on ne peut pas sourire de ce qui se passe. C'est une tragédie. C'est une double tragédie. C'est une double tragédie parce que, d'abord, c'est une tragédie humanitaire. Ce sont des centaines de milliers de morts ukrainiens, bien sûr d'abord, face à l'agression russe que j'ai dénoncée, que j'ai dénoncée à l'époque, la Russie.

33:55
Présentateur

Vous ne l'aviez pas tellement dénoncée. On va y revenir.

33:58
Nicolas Dupont-Aignan

Si je peux finir un raisonnement parce qu'on est sur une affaire au tel Kiev d'une telle gravité pour les Ukrainiens et pour l'Europe. Donc, c'est une tragédie humanitaire pour les Ukrainiens et pour les Russes. Des centaines de milliers de morts sur un champ de bataille au cœur de l'Europe. C'est une tragédie européenne parce que ce que j'ai dit dès le premier jour et même avant, je l'ai dit en 2015, au moment des accords de Minsk, qui étaient des accords parfaits, mais qui n'ont pas été respectés par l'Ukraine. j'avais dit que si l'Europe acceptait un nouveau conflit en son sein, c'était un déclassement géopolitique pour le siècle.

Et ce que nous jouons là, et je veux le dire aux téléspectateurs qui m'écoutent, si on prend un peu de recul, c'est la fin de l'Europe au XXIe siècle. Pourquoi ? Parce qu'on est en train de pousser la Russie dans les bras de la Chine et de l'Inde et des BRICS, 3,8 milliards d'habitants. On est en train de pousser la Russie qui est profondément européenne, avec qui nous avons des choses en commun. Et puis, on est en train... Vous dites que la Russie aujourd'hui est profondément européenne. Je finis, je vous promets, je finis, mais je veux au moins dire ça. Donc, on pousse la Russie dans les bras de la Chine. On est en train de saper la puissance du continent européen au XXIe siècle.

Et de l'autre côté, le continent européen, l'Europe, l'Union européenne, se met à la merci des États-Unis en état d'esclavage économique et financier, en payant son gaz quatre fois plus cher et en ruinant son industrie, notamment allemande. Le résultat de tout cela, de ces vatanguères complètement fous qui dirigent notre pays dans la guerre, c'est le discrédit et le déclassement de l'Europe tout entière au XXIe siècle au profit du couple Chine-États-Unis. Le Sud global, et je finis, le Sud global est en train de grande partie contre nous et nous perdons nos positions, je finis, en Afrique. parce que nous avons une position folle en Ukraine.

Alors maintenant, il y a un choix très simple, très simple. Soit on continue l'engrenage de la guerre au risque d'avoir un engrenage terrible et c'est nous qui allons perdre. Les Français vont être déclassés socialement, économiquement pour un siècle. Soit, et les Européens d'ailleurs, les Allemands, soit, on essaye, je ne dis pas que c'est facile, mais le vrai courage est là.

Le vrai courage est que la France, si elle était libre et indépendante comme sous De Gaulle, si elle n'était pas le caniche des Etats-Unis, le vrai courage, ce serait que la France, que la France, non le vrai courage, ce serait que la France à un moment dise il y a un plan de paix équilibré possible, c'était le compromis d'Istanbul de fin mars, retrait des troupes russes, cessez le feu d'abord, cessez le feu, immédiat. Fin des livraisons d'armes par la France. Retrait, neutralité de l'Ukraine, ce qu'avait proposé Jacques Chirac. Mais encore facile que les acteurs se mettent autour d'une table

36:48
Présentateur

et aujourd'hui ce n'est absolument impossible.

36:50
Nicolas Dupont-Aignan

Attends, excusez-moi, pourquoi c'est impossible ? On va vous expliquer

36:53
Présentateur

pourquoi c'est impossible. La France n'a plus le droit

36:56
Nicolas Dupont-Aignan

d'exister par elle-même. La France n'a plus le droit

36:58
Présentateur

de dire ce qui est trop pour le monde. Mais mettre autour d'une table aujourd'hui ces acteurs dont Vladimir Poutine, ça semble à date complètement inenvisageable.

37:07
Nicolas Dupont-Aignan

Comme aujourd'hui ça paraît inenvisageable de mettre Netanyahou et le Hamas autour de la table. Mais vous croyez qu'on va rester... Le choix il est très simple. Le choix il est très simple. Soit on continue l'engrenage de la guerre et on ruine la France. Quand vous êtes en train de parler... Soit on trouve une solution de paix. Et cette solution de paix on peut la trouver parce que les deux pays sont épuisés. L'Ukraine est au bord de la rupture.

37:31
Présentateur

Mais enfin vous voyez bien

37:32
Nicolas Dupont-Aignan

que les Russes ne veulent pas... Contrairement à ce que vous croyez. C'est vous qui dites ça.

37:36
Présentateur

Alors on aimerait effectivement revenir sur votre vision de ce conflit et votre vision de Vladimir Poutine de ce que vous en avez dit depuis de nombreuses années. C'est le droit de suite de Roux-en-Frièvre. Mais quand on vous entend parler et pardon je m'impatientais en effet parce que je retrouve on retrouve ensemble des déclarations que vous avez faites en 2015 dans lesquelles vous disiez il n'y a qu'un chef d'État dans le monde. C'est aujourd'hui Poutine. Ensuite en décembre 2022 vous dites il faut calmer Zelensky. Vous n'avez condamné que du bout des lèvres ou quasiment pas l'invasion de l'Ukraine.

Et je voudrais quand même m'associer peut-être même si le vocabulaire est très fleuri de Claude Maluret quand il dit que vous faites partie avec Le Pen et Mélenchon des caniches de Poutine des paillassons de Poutine. C'est très dur mais c'est très violent mais quand on vous entend qu'est-ce que vous faites d'autre que de soutenir ce que fait Vladimir Poutine ?

Non mais clairement il ne veut pas reculer il a refusé de recevoir tout le monde Emmanuel Macron est allé le voir plusieurs fois il considère qu'il a le temps pour lui il envoie des hommes mourir des centaines de milliers de ces hommes mourir dans des conditions terribles il réprime ses opposants et vous vous dites il faut s'asseoir avec lui et il faut discuter.

39:01
Nicolas Dupont-Aignan

Eh bien je vais vous répondre quand j'ai dit et je ne le dis qu'en 2015 c'était le seul chef d'état c'est tout simplement avec regret qu'on n'ait pas dans nos pays des hommes qui défendent leur nation ça ne veut pas dire qu'ils soient Poutine bien évidemment ça veut dire qu'ils défendent leur nation parce que je peux vous dire que s'il y avait le général de Gaulle face à Poutine Poutine n'aurait pas fait ça premier point je veux revenir parce que ce sont des accusations mensongères je n'ai jamais été voir Poutine je n'ai contrairement à d'autres est-ce que vous voulez dire non c'est pas ça parce que je n'en veux pas du tout à Marine Le Pen avoir été voir Poutine il y a je suis absolument pas dépendant de personne soyons clairs je dis simplement que actuellement on est en train de nous emmener dans un conflit qui va signer la ruine de l'Ukraine et le déclassement de l'Europe et que le rôle de la France le rôle de la France c'est de trouver un chemin il n'est pas facile ce chemin si je peux terminer tout ce que vous dites là vous l'avez déjà dit je vais vous aller plus loin ce que vous voulez dire c'est qu'en fait

40:07
Présentateur

on s'arrête et que c'est Munich c'est Chamberlain c'est ce que vous dites mais c'est ce que vous dites

40:13
Nicolas Dupont-Aignan

mais il y a un contradicte c'est parallèle avec Hitler et complètement fou

40:17
Présentateur

mais non mais enfin c'est pas nous qui le faisons c'est lui qui le fait c'est Poutine qui le fait par ses actes

40:21
Nicolas Dupont-Aignan

si je peux router le Kiev reprendre les choses quand l'Arabie Saoudite assassine à Istanbul un opposant est-ce qu'on a déclaré la guerre à l'Arabie Saoudite même si on avait envie quand la Chine la Chine quand la Chine a des problèmes avec les Ouïghours qu'est-ce qu'on fait avec la Chine est-ce qu'on déclare la guerre à la Chine

40:44
Présentateur

non non mais là il y a une invasion d'un territoire européen avec des pays européens qui sont membres de l'OTAN et membres de l'Union Européenne et qui sont inquiets d'être envahis par la Russie

40:53
Nicolas Dupont-Aignan

si vous pouvez me laisser finir vous faites croire à la fable qui est une fable que Poutine s'est réveillé le matin et a envahi l'Ukraine je pense que c'est la plus grande faute qu'il ait faite je le dis et je l'ai dit et j'ai même approuvé le premier train de sanctions d'accord mais ce que personne ne dit parce que ça ne fait pas bien dans la logorée occidentale qui nous précipite vers la guerre c'est qu'il y a eu 13 000 morts au Donbass depuis 2014 et que François Hollande et Mme Merkel avaient réussi à faire la paix avec le traité de Minsk ce que personne ne dit c'est que le régime de Zelensky n'a pas respecté le traité de Minsk ce que personne ne dit

41:32
Présentateur

ça justifie l'invasion

41:33
Nicolas Dupont-Aignan

ce que personne ne dit ça justifie l'invasion non je vous ai dit que je l'ai condamné ce que personne ne dit c'est que les américains ont toujours voulu séparer l'Allemagne de la Russie qui a fait sauter le Nord Stream c'est pas la Russie les américains on le sait très bien maintenant qui veut séparer l'Allemagne de la Russie pourquoi parce que l'Allemagne et la France ont les technologies la Russie a les ressources naturelles je dis que ceux qui tombent dans ce piège l'Ukraine date de 1991 ça vous ne le dites jamais l'Ukraine date de 1991

42:08
Présentateur

c'est l'argument

42:10
Nicolas Dupont-Aignan

de la raison historique vous posez la question à Hubert Védrine vous posez la question à Jean-Pierre Chevènement vous posez la question à tous les gens qui connaissent l'histoire et la géographie c'est que la Russie ne peut pas accepter que l'OTAN rentre en Ukraine est-ce que vous accepteriez est-ce que on a compris vos positions il faut être précis vous appelez à l'arrêt

42:34
Présentateur

du soutien et de la livraison de munitions et d'armes je veux être très clair

42:37
Nicolas Dupont-Aignan

quand John Kennedy a dit à l'époque c'était le chef d'état russe quand John Kennedy a dit je n'accepterai jamais qu'il y ait des missiles russes à Cuba d'accord c'est exactement la même chose Poutine dit je n'accepterai jamais qu'il y ait des missiles américains essayons d'avancer mais ça vous gêne excusez-moi parce qu'il faut que les français sachent ce qui se passe une question juste un point

43:01
Présentateur

pour qu'elle criait à se parler des opposants

43:03
Nicolas Dupont-Aignan

c'est la vapeur ça veut dire quoi vous voulez engager des soldats français en Ukraine

43:07
Présentateur

c'est absolument pas la volonté aujourd'hui du gouvernement français

43:11
Nicolas Dupont-Aignan

mais c'est l'engrenage dans lequel on va c'est l'engrenage parce que on parle de livraison d'armes et de formation

43:17
Présentateur

sur le terrain on ne parle pas de soldats sur le terrain ukrainien madame

43:20
Nicolas Dupont-Aignan

si on ne fait pas la paix si on ne trouve pas un compromis excusez-moi si on ne fait pas un compromis ce que vous me dites qu'est-ce que vous proposez je propose un cessez-le-feu je pense la Russie suffisamment affaiblie pour en échange d'un arrêt des livraisons d'armes faire un cessez-le-feu premier point deuxième point vous l'avez dit non excusez-moi ça vous gêne mais il y a une solution de paix elle a été signée à Istanbul par les ukrainiens elle a été signée à Istanbul fin mars qui s'y est opposé les occidentaux à quoi sert l'argent qu'on déverse des centaines de milliards industriel américain l'argent que les européens versent

43:59
Présentateur

les américains ne veulent plus verser d'argent heureusement

44:02
Nicolas Dupont-Aignan

et j'espère que Trump va arrêter cette guerre

44:04
Présentateur

c'est votre allié Trump en tout cas

44:06
Nicolas Dupont-Aignan

sur l'affaire de l'Ukraine je pense que c'est le seul qui peut éviter la folie d'une guerre mondiale

44:11
Présentateur

c'est votre candidat non je n'ai pas à soutenir

44:14
Nicolas Dupont-Aignan

parce que je ne suis pas du tout Trumpy sur beaucoup d'autres points vous l'avez soutenu je n'ai pas soutenu si si vous avez dit c'est votre candidat pardon entre Biden qui défend des intérêts économiques en Ukraine malsains et Trump qui veut faire la paix au moment où l'Europe risque l'embrasement nucléaire je dis très clairement qu'il y a une voie de paix à trouver que cette voie de paix c'est celle que Jacques Chirac voulait et où il avait raison pas d'OTAN et pas d'Union Européenne en Ukraine

44:41
Présentateur

c'est pas ce que Jacques Chirac aurait fait dans cette situation on ne peut pas dire qu'il aurait fait ça

44:45
Nicolas Dupont-Aignan

personne ne peut dire ce qu'il aurait fait vous avez raison vous avez raison moi je vous dis que le choix pour les français aujourd'hui et j'assume mes positions c'est d'aller toujours plus vers la guerre de s'affaiblir socialement économiquement ou de dire stop et bien faisons un débat au Parlement et vous verrez que je sais qu'il y a des millions de français qui sont derrière moi sur cette affaire

45:06
Présentateur

parlons européenne et du scrutin majeur qui arrive en juin prochain les élections européennes d'abord une première question indiscrétion de nos confrères du JDD ce matin qui dit que vous négociez depuis des mois pour qu'un membre de votre parti intègre le top 10 de la liste de Jordan Bardella

45:22
Nicolas Dupont-Aignan

alors je vais vous répondre

45:23
Présentateur

c'est totalement faux

45:23
Nicolas Dupont-Aignan

et j'ai écrit à monsieur Lejeune en demandant à être démenti

45:25
Présentateur

certains disent que vous demandiez plus qu'un candidat mais trois que vous étiez donc trop gourmand et donc que les négociations avec le Rassemblement National très haut dans les sondages se sont stoppées net tout à fait est-ce que c'est exact

45:36
Nicolas Dupont-Aignan

ou est-ce que c'est faux totalement faux là-dessus au début il y a plus d'un an je voulais c'est vrai qu'il y ait une grande liste patriote qui rassemble RN reconquête debout la France les patriotes

45:51
Présentateur

rappelons qu'en 2017 vous deviez peut-être être le premier ministre de Marine Le Pen vous aviez topé avec elle

45:56
Nicolas Dupont-Aignan

donc j'avais proposé ça parce que je pensais que pour les européennes c'était bien qu'il y ait un grand rassemblement

46:02
Présentateur

avec reconquête

46:02
Nicolas Dupont-Aignan

comment

46:03
Présentateur

avec Éric Zemmour

46:04
Nicolas Dupont-Aignan

grand rassemblement je crois que c'est l'avenir la coalition et qu'on ne gagnera s'il y a des législatives anticipées parce que je pense qu'il y en aura parce qu'on ne restera pas comme ça pendant trois ans

46:13
Présentateur

vous appelez à la dissolution

46:15
Nicolas Dupont-Aignan

je veux la clarté je ne veux pas que la France perde du temps surtout si les français veulent la politique d'Emmanuel Macron libre à eux mais il faut le trancher par le suffrage donc je reviens aux européennes j'avais imaginé