La France attire les dollars, un effet Macron ? - Les questions SMS #cdanslair 01.03.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
La France attire les dollars, ça c'est le titre de notre émission, mais dans quelles poches vont-ils ces dollars ?
- 0:54OuverteRéponse partielle
Si la France a de nouveau la cote, à quand les retomber sur l'emploi et sur la vie de tous les jours des Français ?
- 1:48OuverteRéponse partielle
Et le pouvoir d'achat, quand va-t-il augmenter ?
- 2:22OuverteRéponse partielle
Les investissements étrangers et le retour d'entrepreneurs français ne sont-ils pas de bons signaux pour la croissance ?
- 3:11OuverteRéponse partielle
Est-ce la politique de François Hollande qui paye aujourd'hui ou la volonté de changement d'Emmanuel Macron ?
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Est-ce un bon alignement des planètes pour la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32InvitéChiffre
« On a quand même des grands groupes, un CAC 40 qui va avoir des résultats records cette année, peut-être plus de 100 milliards d'euros de bénéfices. »
- 1:02InvitéChiffre
« Là, on a une bonne croissance économique. Donc à 2%, on crée de l'emploi. »
- 2:33InvitéChiffre
« On a eu une année où il y a eu 40 milliards de flux entrants d'investissements étrangers. »
- 2:54InvitéFait
« On peut avoir des forts investissements directs étrangers et un chiffre magique qu'on présentera comme ça, comme quelque chose de bien. »
- 3:22InvitéFait
« Je pense que l'effet CICE est quand même très important. »
- 4:39PrésentateurChiffre
« 2% en 2017. »
- 5:42InvitéFait
« Vous regardez, par exemple, en Afrique, dans des pays pauvres, la fiscalité avait fortement baissé, les investisseurs ne venaient pas. »
- 6:06InvitéChiffre
« Le rapport va de 1 à 4 pour les développeurs dans ce domaine-là. »
- 8:33InvitéFait
« plus d'usines ouvertes que d'usines fermées cette année »
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« Emmanuel Macron, il a sacrifié une grosse partie de la fiscalité et une grosse partie des droits des travailleurs par sa réforme du marché du travail. »
Temps de parole
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La France attire les dollars, ça c'est le titre de notre émission, mais dans quelles poches vont-ils ces dollars ? L'investissement, on a dit d'abord l'investissement. L'investissement, ça veut dire les entreprises qui fournissent à ceux qui investissent, ça veut dire effectivement le système économique. C'est-à-dire que ce ne sont pas des dollars qui se baladent et des espèces de sacs qui vont aller chez quelques personnes qui s'entraînent. Vous voyez, c'est un peu l'image en disant qu'il y a des dollars qui arrivent, je suppose qu'il y a des gens qui doivent s'en mettre plein les poches. C'est d'abord l'économie qui se dynamise par ce biais-là.
On a quand même des grands groupes, un CAC 40 qui va avoir des résultats records cette année, peut-être plus de 100 milliards d'euros de bénéfices. Et donc à un moment donné, il va quand même se poser la question de la redistribution. Ça ne va pas être simple du tout ni pour ces grands groupes ni pour Emmanuel Macron parce que c'est une partie de l'économie très particulière. Ce n'est pas toute l'économie et donc à qui on en distribue. Mais en tout cas, ces dollars, ils arrivent quand même au moins dans le CAC 40.
Si la France a de nouveau la cote, à quand les retomber sur l'emploi et sur la vie de tous les jours des Français ?
Là, on a une bonne croissance économique. Donc à 2%, on crée de l'emploi. Au-delà d'un 5%, on crée de l'emploi. Donc l'emploi devrait repartir. Mais après, encore une fois, cette croissance est inégalement répartie. L'île de France en profite énormément. D'autres territoires n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de PIB d'avant crise. C'est le cas des Hauts-de-France et du Grand Est. Et donc là, si cette croissance n'attape pas ces territoires, on aura une France à deux vitesses qui existe déjà mais qui risque de s'accroître. D'autant qu'on est en pleine mutation aussi. On voit bien par exemple dans la distribution où les emplois de demain ne sont pas du tout ceux d'aujourd'hui.
D'où l'enjeu de la formation très fort. Alors le gouvernement met l'accent maintenant. Est-ce que son plan va être efficace ? Mais c'est un des grands enjeux du quinquennat. C'est est-ce qu'on arrive à former rapidement des salariés sur les emplois qui vont être disponibles ?
Croissance, investissement étranger, baisse du chômage. Et le pouvoir d'achat, quand va-t-il augmenter ? Le pouvoir d'achat, il augmente toujours en France. Là, honnêtement, l'année dernière, par exemple, la croissance a été assez peu. Enfin, moins qu'on attendait sur la consommation. Là, on a revu les chiffres encore il y a quelques heures, même quelques jours. Donc un peu moins sur la consommation. Là, la période qui vient, c'est à nouveau, enfin, peut-être quand même dire, attention, la croissance là va être belle en 2018. Logiquement, toutes les prévisions disent pour le monde. Donc pour nous, ça va être un peu moins bien en 2019. C'est-à-dire qu'on est à un pic là.
Et donc là, effectivement, la consommation est correcte, mais c'est plutôt moins bien qu'on attendait. Les investissements étrangers et le retour d'entrepreneurs français ne sont-ils pas de bons signaux pour la croissance ? On a entendu à l'instant le point de vue de Philippe de Sertine. Thomas Porcher ?
Ça dépend de ce que sont ces investissements étrangers. Enfin, on a eu une année où il y a eu 40 milliards de flux entrants d'investissements étrangers. Ces 40 milliards à 80%, c'était la fusion acquisition de General Electric avec la branche énergie d'Alstom. Donc on perdait la branche énergie d'Alstom. Et c'était la fusion de Lafarge avec Holcim. Donc vraiment, ça dépend. On peut avoir des forts investissements directs étrangers et un chiffre magique qu'on présentera comme ça, comme quelque chose de bien. Mais si on ne rachète que des florons, vous savez, d'ailleurs, le chiffre qui est donné, c'est 30 000 emplois créés ou maintenus par an avec les investissements directs étrangers.
Donc vous voyez, maintenus, ça veut dire qu'on rachète un floron, on s'engage à maintenir les emplois quelques années. Parfois, on les maintient plus longtemps. Parfois, c'est fini après. Donc ce n'est pas sûr que derrière le chiffre, il y ait toujours des choses positives.
Est-ce la politique de François Hollande qui paye aujourd'hui ou la volonté de changement d'Emmanuel Macron ?
Il y a la politique de François Hollande, mais qui avait été conduite et inspirée par Emmanuel Macron. Donc je vous ferai une réponse globale. Je pense que l'effet CICE est quand même très important. C'est-à-dire que vous avez eu deux périodes sur Hollande. Ça a été la taxe à 75% et je tape sur les entreprises. Et à partir de 2014, je fais le CICE et on envoie les bénéfices. Et l'attractivité a recommencé à être intéressante en 2016.
Sophie Fé, vous pensez qu'il y a aussi un effet Hollande ?
Oui, il y a un double effet. On voit bien, c'est dans la continuité. Emmanuel Macron a fait plus clairement en l'assumant plus ce que François Hollande avait commencé à engager à la fin du quinquennat.
Un jeune président pro-business. Les conséquences du Brexit, les incertitudes en Allemagne. Est-ce un bon alignement des planètes ? Pour la France, oui, ça c'est sûr. Et c'est vraiment quelque chose d'incroyable. Je le répète quand on pense à il y a un an. C'est ça qui est étonnant. C'est-à-dire que ça a changé tellement vite que là, oui, l'année dernière, à la même époque, on aurait dit que la femme forte de l'Europe, c'est l'Allemagne. C'est Angela Merkel. Et nous, on va vers une inconnue politique incroyable. C'est vrai que c'est incroyable. Mais je crois quand même, il faut quand même le dire sans cesse, c'est la croissance globale qui repart partout.
On peut dire le politique, il fait stif. Le pauvre Hollande, il n'a pas eu de croissance. Il a été quasiment en récession pendant ces deux, trois premières années. Il disait tout le temps que ça allait revenir, mais ça ne revenait pas. Et là, Macron, il est élu. Et immédiatement, vous avez la croissance qui repart. 2% en 2017. En 2018, c'est quoi la prévision ? On est sur 2, à peu près. Pareil. L'inflexion commence après, logiquement, sur les cinq années prochaines. Partout, pas qu'en France. On est en haute cycle. C'est ce qu'on appelle un haute cycle économique. Et on commence à avoir une légère décélération.
Sur l'alignement des planètes, c'est vrai que ça donne l'opportunité à Macron, qui est vraiment volontariste, d'afficher une ambition. Après, moi, l'interrogation que j'ai, c'est est-ce qu'on va arriver à la mettre en place ? Parce qu'on ne peut pas passer non plus de la France est catastrophique à la France, c'est génial. Il y a quand même des difficultés structurelles qui ne se résolvent pas en cinq ans. Donc, la difficulté, à mon avis, pour Emmanuel Macron, c'est est-ce qu'il ne va pas trop en promettre à force de vouloir changer l'Europe, changer le monde, changer la France ?
Qu'est-ce qui peut bien attirer les multinationales en France ? L'un des pays les plus taxés au monde.
Mais il n'y a pas que la fiscalité. Franchement, il n'y a pas que la fiscalité. Vous regardez, il n'y a pas de lien établi, hyper robuste, entre une fiscalité et les investisseurs étrangers. Vous regardez, par exemple, en Afrique, dans des pays pauvres, la fiscalité avait fortement baissé, les investisseurs ne venaient pas. Dans d'autres pays, les investisseurs venaient. C'est la croissance. Et chez nous, les trois critères qui ont été mis en avant, je les ai dit, c'est vraiment en premier lieu les infrastructures, le capital humain qui est de très bonne qualité et en troisième lieu la recherche et développement.
Donc la fiscalité, c'est un élément parmi d'autres éléments qui attirent les investisseurs. On a des bons chercheurs. Ils sont moins chers qu'aux Etats-Unis, notamment en informatique et notamment en intelligence artificielle. Le rapport va de 1 à 4 pour les développeurs dans ce domaine-là. Et puis, on est un paradis fiscal pour la recherche. On a ce crédit impôt recherche qui est quand même très intéressant pour les entreprises et un marché de 65 millions de consommateurs quand même.
Emmanuel Macron maniant avec aisance la langue de Shakespeare lors des big events internationaux, les grands événements. Est-ce que c'est un atout indispensable pour séduire ? Alors Philippe de Sertine avait déjà dit oui. Françoise Presseau, vous pensez aussi ?
Oui, bien sûr, parce que ça veut dire qu'ils parlent leur langue aussi. Vous voyez ce que je veux dire. Et donc, c'est quand même très important parce que ça ne fait pas préparer. Il est à l'aise là-dedans. Il est à l'aise dans la mondialisation en fait. C'est ministre aussi ? Parce que maintenant, c'est tout le gouvernement qui parle. Jean-Baptiste, il n'y croit pas. J'y crois, bien sûr, j'y crois. Mais je suis un peu vieux jeu. Il y a la francophonie. Enfin non, mais c'est vrai. Non, mais il n'y a pas le français aussi. Oui, mais très bien. Mais malgré tout, il y a la francophonie. Je pense qu'on est obligé de parler tout le temps anglais. Enfin, bientôt, ça va être quoi ?
Et on se dirige déjà là-dessus. À partir de master, dans toutes les universités, on va devoir tous parler anglais. Je ne suis pas sûr, encore une fois, que ce soit... Bon, je sais que c'est très tendance et je suis sûr que ça plaît au patron. Mais de manière globale, pour l'ensemble des Français, je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose d'extrêmement positif.
Ce n'est pas que pour les patrons. Quand vous êtes en Europe, vous parlez anglais. Enfin, je veux dire, il faut qu'on ait une langue commune.
Oui, mais la France, c'est une langue européenne. Défendons français !
Mais ça, ça n'a rien à voir. On peut parler les deux. Le président Macron n'est-il pas tout simplement un bon VRP ? Françoise Fressoz.
Si, mais il y en a eu avant lui. C'est pour ça qu'il faut quand même aussi resituer dans le temps. Moi, je me souviens aussi des efforts de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, de reprendre à son compte l'idée qu'il y avait une bataille économique à mener et qu'il a quand même sensibilisé les ambassades aussi à l'enjeu touristique. Donc, c'est une continuité parce que je pense que c'est lié à l'idée que la France se fait d'elle-même. C'est-à-dire que c'est quand même une grande puissance.
Ne faut-il pas accepter de voir disparaître des secteurs d'activité et en créer de nouveaux ? Alors oui, oui, c'est ce qu'on disait tout à l'heure sur la disparition et la création. Mais quand même, il ne faut pas non plus condamner des secteurs dans lesquels on peut être puissant, dans lesquels on peut être fort et dans lesquels il faut investir. Je dirais qu'on n'est pas uniquement en train d'inventer le nouveau monde. Il faut garder aussi une évolution. Les deux éléments, c'est un équilibre à trouver. Ce mouvement va-t-il déboucher sur une réindustrialisation de la France ?
On commence à voir, je vous disais tout à l'heure, ce chiffre-là, plus d'usines ouvertes que d'usines fermées cette année, plus de robots, plus de... Alors il y aura un petit mouvement de réindustrialisation, plus de surmesure grâce à cette robotisation qui permet de faire des choses en France et de les vendre avec un peu plus de valeur ajoutée. Mais la difficulté, c'est que dans ces usines, il y a peut-être moins d'emplois que dans les usines qu'on ferme.
Un pays attractif pour les investisseurs étrangers n'est-il pas forcément un pays où l'on sacrifie les pauvres ?
Non, pas forcément. Mais en tous les cas, là, on l'a bien vu, Emmanuel Macron, il a sacrifié une grosse partie de la fiscalité et une grosse partie des droits des travailleurs par sa réforme du marché du travail. Et on est quand même dans un jeu européen et même mondial maintenant avec les États-Unis de baisse de la fiscalité. Et ça, c'est un véritable problème parce que cette concurrence fiscale, elle va aller jusqu'où ? On va tous devenir des paradis fiscaux parce que c'est un petit peu dans ce sens que ça va.
Et pour prolonger un peu la question, les salaires, ils ne risquent pas d'être très bas justement avec ces investisseurs étrangers ?
Avec la négociation d'entreprise que prévoit la réforme travail, vous pourrez aujourd'hui avoir un impact en partie sur les salaires. Donc on voit bien que la mise en concurrence, le reportage je le montre très bien avec l'Europe de l'Est, montre qu'il y a plutôt une concurrence salariale vers le bas que vers le haut.
Le haut de cycle, c'est ça que ça veut dire. Ça veut dire qu'on est à plein emploi presque partout. Et donc on commence à avoir les salaires qui montent. C'est d'ailleurs ça qui risque de faire monter les taux et poser un vrai problème pour l'on n'a pas évoqué la dette française, la dette publique là je parle. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, en Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous. Ce soir, la Redif est à 22h25. Très bonne soirée sur France 5. Sous-titrage ST' 501