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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 24 septembre 2018 18 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleSantéJustice

L’appel de Muriel Robin à Macron ! - C à Vous - 24/09/2018

Source d'origine 7 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Un titre choc : Sauvons celles qui sont encore vivantes. C'est le titre de la tribune pour la défense des victimes de violences conjugales.

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Lancé ce matin dans le journal du dimanche par Muriel Robin. Un appel au secours signé par 87 autres personnalités.

  • 0:58OuverteRéponse directe

    Jacqueline Sauvage, vous l'incarnez à l'écran. On pourra le voir lundi prochain sur TF1. Vous y êtes bouleversante.

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Mais aujourd'hui, le fait d'incarner le destin de cette femme à l'écran, ça vous a naturellement conduit à devenir le porte-drapeau de la lutte contre les violences conjugales ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Sauf quand on nous donne des chiffres, qu'on ne nous donne pas assez souvent. 123 femmes sont mortes en 2016 sous les coups de leur conjoint.

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Et pourtant, ne se révoltent pas assez. Vous dénoncez un silence qui reste assourdissant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05InvitéChiffre
    « Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint. »
  • 0:26InvitéChiffre
    « 88 personnalités en appellent à Emmanuel Macron pour sauver celles qui sont encore vivantes. »
  • 2:06InvitéChiffre
    « 123 femmes sont mortes en 2016 sous les coups de leur conjoint, 34 hommes tués par leur partenaire ou ex-partenaire, 225 000 femmes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et ou sexuelles. »
  • 6:31InvitéChiffre
    « Le secrétariat des droits des femmes a été baissé de 25%. »
  • 9:37InvitéPromesse
    « La formation obligatoire de tous les métiers de loi pour mieux écouter les femmes lors du premier dépôt de plainte. »
  • 9:46InvitéPromesse
    « Un plan d'urgence d'hébergement des femmes. »
  • 9:49InvitéPromesse
    « L'évolution de la médiation pénale pour interdire à l'agresseur d'approcher le domicile de l'agressé. »
  • 9:54InvitéPromesse
    « Contraindre les hommes violents à se faire soigner. »
  • 10:42InvitéFait
    « Il y a une campagne de com' qui commence dès le 30 septembre pour interpeller les témoins de violences conjugales. »
  • 12:40InvitéFait
    « Il l'a frappé. À coups de poing. À coups de pied. »
  • 12:57InvitéFait
    « Ce procès est le procès de toutes ces femmes qui n'ont plus les mots pour décrire leur calvaire. »

Temps de parole

  • Invité52 %
  • Invité 216 %
  • Présentateur8 %
  • Locuteur 98 %
  • Locuteur 65 %
  • Locuteur 84 %
  • Locuteur 32 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

L'intolérable hécatombe. Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint. 88 personnalités en appellent à Emmanuel Macron pour sauver celles qui sont encore vivantes.

0:10
Présentateur

Un titre choc. Sauvons celles qui sont encore vivantes. C'est le titre de la tribune pour la défense des victimes de violences conjugales. Lancé ce matin dans le journal du dimanche par Muriel Robin. Un appel au secours signé par 87 autres personnalités. Des actrices, des chanteurs, humoristes, animateurs ou écrivains célèbres.

0:30
Invité

J'ai envie de prendre ces femmes dans nos bras et de leur dire on va s'occuper de toi, ça va s'arrêter. Muriel Robin s'engage. La comédienne incarne Jacqueline Sauvage dans un téléfilm choc qui sera diffusé lundi prochain sur TF1. Elle s'indigne du calvaire des femmes battues. Elle est ce soir notre invitée.

0:48
Présentateur

Bonsoir Muriel.

0:56
Invité

Merci de votre présence sur le bateau de C'est à vous. Jacqueline Sauvage, vous l'incarnez à l'écran. On pourra le voir lundi prochain sur TF1. Vous y êtes bouleversante. Jacqueline Sauvage qui pendant 47 ans a subi la violence de son mari avant de le tuer. Un soir de septembre 2012. Elle a été condamnée par deux fois consécutive à 10 ans de réclusion criminelle avant de bénéficier d'une grâce présidentielle accordée par François Hollande. On se souvient que vous vous étiez battue pour obtenir cette grâce. Mais aujourd'hui, le fait d'incarner le destin de cette femme à l'écran, ça vous a naturellement conduit à devenir le porte-drapeau de la lutte contre les violences conjugales.

Vous n'en êtes pas sorti indemne de ce tournage ? Évidemment. Évidemment, parce que je crois qu'on a toutes et tous, j'espère, une petite voix sourde dans le cœur à chaque fois qu'on entend ces chiffres. Voilà. On ne parle de ce sujet que lorsqu'on nous en parle. Parce qu'on ne connaît pas, puisque la solitude, l'isolement, la honte fait qu'une femme battue ne va pas dire à sa meilleure amie, elle dit « je suis battue » parce qu'elle aura peur des représailles. Donc on n'en parle pas si souvent que ça. Sauf quand on nous donne des chiffres, qu'on ne nous donne pas assez souvent, que vous avez d'ailleurs...

123 femmes sont mortes en 2016 sous les coups de leur conjoint, 34 hommes tués par leur partenaire ou ex-partenaire, 225 000 femmes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et ou sexuelles, des chiffres révoltants. Et pourtant, ne se révoltent pas assez. Vous dénoncez un silence qui reste assourdissant ? Un abandon. Un abandon. Je pense que ces femmes doivent se sentir abandonnées. C'est-à-dire qu'il y a tout à faire. Donc c'est vrai que d'avoir croisé ce rôle, on a tourné des scènes, toutes les scènes de violences, on en se passe dans la maison, comme dans un film, on tourne par décor. On s'est retrouvés pendant 15 jours avec que de la violence.

On était tous, on avait des nuits terribles. C'était très très fort, ça nous a impactés tous. Il s'est arrêté dans les nuclots. C'était du faux, même si Olivier Marchal, qui est gentil, qui a une humanité qu'on connaît tous, était obligé quand même de m'attraper. Il me jette par terre, il me traîne par terre. J'ai les genoux qui raclent sur la moquette. Mais c'est du faux. Et malgré ça, parce qu'on avait tous en tête qu'on se disait, mais ça existe vraiment. Et là, c'est vrai que moi, comme j'étais en première ligne, j'ai le devoir de prendre la parole. J'ai le devoir. Je suis obligée. Je suis obligée. C'est mon cœur qui déborde. La petite voix, là, tout d'un coup, elle s'est mise à hurler.

Et je crois que, comme pour ce sujet-là, on n'est plus que jamais sœurs, et sœurs et frères, évidemment. Donc, j'ai envie, moi, je fais une confiance totale à notre président. Totale. Je pense qu'il y a beaucoup de dossiers à traiter quand on est à la présidence. Je pense qu'ils sont tous certainement très urgents. Ce que je fais, c'est que j'essaye de rallier le maximum de gens. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que c'est important que je le dise. Il y a une pétition qui vient d'être mise en place. Et là, ça ne s'adresse plus... Là, ça ne s'adresse plus à tous les Français. Moi, la pétition, comme le rassemblement... La pétition, c'est change.org slash sauvons-les.

Et le 6 octobre, il y a un rassemblement à 14h devant le palais de justice à Paris. En province, si vous voulez initier des rassemblements, allez-y. Il y a juste une autorisation à demander à la préfecture, et c'est très simple, vous l'aurez. Pourquoi ? Ça, c'est quoi ? Ça ne s'adresse pas du tout au gouvernement. Ça, c'est un signal d'amour pour envoyer à ces femmes. C'est juste ça. J'aurai un rendez-vous, c'est sûr. Mais je pense que le président sera encore plus fort. S'il a tout ça, il se rend pour plus... Il faut bien un moment qu'il y ait un peu de cœur qui déborde et se dire... Bon, et je ne lâcherai pas. Je ne lâcherai pas. Mais les gens, ça commence à la plainte.

À la plainte, il faut que la femme qui vient porter plainte, tout de suite, sache que... Parce qu'en ce moment, quand elle porte plainte, c'est un autre cauchemar qui commence. J'ai commencé à suivre ma pétition. Je vois des femmes qui me disent... C'est affreux, j'ai porté plainte. C'est comme j'ai été reçue. Mais les pauvres hommes qui sont là, en place, pour recevoir ces femmes, ils font comme ils peuvent. Donc il y a une formation, déjà. Et pour que le panneau de cauchemar qui s'ajoute à l'isolement, à la détresse, à la souffrance, à la solitude, il faut que là, tout se mette en place pour qu'elles se disent...

Je n'ai pas d'autre mot, parce que moi, je ne fais pas de politique que dire... Ça va aller. Ça va aller. On va parler des mesures que vous préconisez, parce qu'il y en a qui sont proposées... Très précises, dans l'appel que vous avez lancé hier, 80%, 85% des femmes battues jugent inutiles de porter plainte en France. Elles s'en abstiennent. C'est aussi ce que raconte ce film et l'histoire de Jacqueline Sauvage. La honte et la difficulté à parler ? Oui, évidemment. Évidemment, parce que... Évidemment, c'est tellement compliqué, déjà, de se dire, je vais aller porter plainte. La peur, la peur, s'il le sait, etc. Enfin, c'est abominable pour peu que ce soit...

Mais encore, hier, on en parlait avec Eva Darlon, elle me dit une femme qui va porter plainte... Qui avait lancé la petite chambre. Non, non, une femme qui va porter plainte parce qu'elle a été frappée. Et le pauvre gars qui est là, lui dit, oui, mais enfin, c'est pas tant que ça non plus. Enfin, on a honte. On a honte, mais chacun fait comme il peut avec le peu qu'il y a. Il faut de l'argent. Le secrétariat des droits des femmes a été baissé de 25%. Les associations, elles sont séchées sur place. Il y a des centres d'hébergement qui ferment. Le peu qu'il y a, si on nous coupe, si on coupe en plus, non seulement il faut remettre ces 25%, il faut de l'argent.

Pour former les associations, quelques-unes d'entre elles se sont dit que finalement, pour former quelqu'un, il fallait 4 jours avec des vidéos, avec des jeux de rôle, etc. Il y a déjà qu'il y a une formation. Il y a des mots à dire. Mais c'est bien sûr que ces personnes-là ne le savent pas. On ne peut pas le reprocher. Mais c'est à partir de l'accueil. Et effectivement, après, il y a des mesures à prendre. Parce qu'en Espagne, ça marche.

7:10
Locuteur 9

Oui, mais en Espagne, ils ont un budget d'un milliard. Et ici, 425 millions. Et ici, 425 millions.

7:14
Invité

Alors évidemment, ça fait la différence. Mais il va falloir donner des sous. Il va falloir. Il va falloir. Parce que sinon, je ne sais pas, on va tous... Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Si Jacqueline Sauvage est devenue un tel symbole, un tel emblème de la violence faite aux femmes, c'est autour de la question de la légitime défense. Jacqueline Sauvage a tué son mari de 3 coups de fusil dans le dos. En appel, la Cour n'a pas retenu l'état de légitime défense, confirmant sa condamnation à 10 ans de réclusion criminelle. Ces deux avocates expliquaient alors pourquoi la légitime défense aurait pu s'appliquer selon elle.

7:45
Locuteur 6

Il y a eu une agression de la part de Norbert Marot sur Jacqueline Sauvage. Et ce n'est pas contesté. Dans les minutes qui ont suivi cette agression, elle était dans sa chambre. Elle est allée se réfugier. Norbert Marot a pris encore une fois une bière parce qu'il était extrêmement alcoolisé depuis le matin. Il est allé sur la terrasse. Qu'est-ce qu'elle a fait cette femme ? Elle a vu l'arme qui était dans un coin de sa chambre, dans un coin de porte. Elle l'a pris immédiatement après l'agression. Il faut quand même le savoir. Elle l'a pris et effectivement, elle a tiré, alors qu'il était de dos, 3 balles. Donc, il y a bien eu une attaque. Il y a bien eu une défense dans le même temps.

Et les actes, alors on peut dire qu'ils n'étaient pas proportionnels parce qu'elle était armée. Ils ne l'étaient pas. Mais une femme sous emprise, avec un bourreau pendant 47 ans, est-ce que vous croyez que les rapports sont proportionnels ? Eh bien non. Et j'irais jusqu'à dire que le fait de prendre une arme, c'est ça qui a rendu presque le rapport proportionnel.

8:40
Invité

Vous pensez qu'une femme battue est en permanence en état de légitime défense ? C'est compliqué. C'est compliqué parce que la légitime défense, il ne faut pas non plus qu'elle donne le droit de se faire justice soi-même. Mais il faut réfléchir, trouver des solutions, mettre ce cas-là très à part. Parce qu'effectivement, la légitime défense, c'est proportionnel à l'agression et dans un temps très court. Proportionnel à l'agression, on va tous très vite comprendre. Il n'y a pas besoin de... C'est une histoire de muscle. C'est rare. Peut-être qu'il y a des filles qui sont... Mais enfin, c'est rare. Donc, proportionnel, c'est impossible. Donc, ça veut dire que ce n'est pas proportionnel.

Donc, c'est automatiquement différé et pas proportionnel. Ça, c'est obligé. Alors, qu'est-ce qu'on fait de ça ? Qu'est-ce qu'on fait de ça ? Là, je n'ai pas la réponse. Mais là-dessus, il va falloir vraiment réfléchir. Pour éventuellement infléchir la loi et l'adapter à ces cas particuliers.

9:28
Locuteur 9

Alors, dans le manuel que vous avez adressé hier à Emmanuel Macron, signé par 87 autres personnalités qui étaient publiées dans le JDD, vous réclamez plusieurs choses. Ce à quoi vous avez fait référence déjà. La formation obligatoire de tous les métiers de loi pour mieux écouter les femmes lors du premier dépôt de plainte. C'est peut-être le plus important. Un plan d'urgence d'hébergement des femmes. La plupart ne savent pas où aller. L'évolution de la médiation pénale pour interdire à l'agresseur d'approcher le domicile de l'agressé. Enfin, contraindre les hommes violents à se faire soigner. Et puis, les violences conjugales, c'est l'affaire de tous.

Regardez ce qu'en disait Marlène Schiappa hier.

10:03
Locuteur 8

Alors, nous avons besoin qu'il y ait des grandes voix populaires comme celle de Muriel Robin et de ses amis qui ont co-signé cette tribune, qui s'élèvent, ne serait-ce que pour interpeller la société. Car c'est toute la société qui doit se ressaisir face aux violences conjugales. Moi, j'appelle les témoins. À chaque fois que quelqu'un entend sa voisine qui crie, des coups, des hurlements. À chaque fois qu'on voit une collègue qui vient encore avec des bleus, qui dit qu'elle est tombée dans l'escalier, qu'elle a pris une porte. À chaque fois qu'on entend des enfants violer, il faut intervenir. Les violences conjugales, ça n'est jamais une affaire privée. Ça n'est jamais un drame passionnel.

Ça n'est jamais une affaire de famille. C'est une affaire de société. Et la société française doit se réveiller à cet égard.

10:42
Locuteur 9

Alors, il y a une campagne de com' qui commence dès le 30 septembre pour interpeller les témoins de violences conjugales. Vous n'aviez pas l'air d'accord avec ce que dit Mélène Schiappa. Pourquoi ?

10:49
Invité

Je ne suis pas d'accord. Si Mme la ministre pense que la solution se trouve déjà là, je pense que c'est une fausse route. C'est pas la solution, non ? Comment ? Comment ? Imaginez que ça ne se passe pas très loin de chez vous. À un moment, il faut s'arrêter et réfléchir. Est-ce que vraiment, on va faire quoi ? On va semer, c'est de la gérance, et les représailles. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait toc toc, monsieur, oh là là, il ne faut pas taper sur la dame. Qu'est-ce qu'on fait ? On avertit la police. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ?

11:18
Présentateur

Ça a permis d'éviter des drames. Enfin, on sait, il y a des exemples récents. Oui, oui, absolument.

11:21
Invité

On avertit la police.

11:22
Présentateur

De voisins qui ont alerté et qui ont permis de...

11:26
Locuteur 9

Et à noter aussi qu'elle veut mettre en place un partage d'alerte entre justement la police, la justice, les urgences, les associations pour permettre de détecter plus vite les violences. Et on voit bien d'ailleurs dans le film dont vous tenez le premier rôle que les autres ne disent rien. Les amis, les voisins, les collègues, tout le monde savait. Et personne n'a rien dit.

11:47
Invité

Le Norbert en question faisait peur à tout le monde. Il était quand même dans son jardin. C'est dans le film. Il menaçait ses voisins. Il sortait quand même avec son fusil. Donc là, vous ne vous approchez pas. Et c'est vrai que dans ce cas de figure, c'est peut-être parce que je suis beaucoup animée par ce film, n'importe qui aurait dénoncé la peur. Tout le monde avait peur, quoi. C'était du terrorisme, du terrorisme, bien sûr. Visage fermé, enferré dans le silence, féminité muselée. Vous êtes impressionnante de justesse, Muriel, en incarnant la solitude, justement, de Jacqueline Sauvage dans un téléfilm où la réalité, la violence du quotidien d'une femme battue est montrée à l'état de brut.

On regarde l'avant-l'annonce. Madame Sauvage, vous êtes accusée d'homicide aggravé

12:26
Locuteur 9

sur la personne de votre convoi. Racontez-nous avec vos mots. Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous en arriviez là ? Il l'a frappé. À coups de poing. À coups de pied. En quoi tu es un homme désarmé ? Est-ce de la légitime défense ?

12:46
Locuteur 5

Tu ne peux pas comprendre en vrai ton mec, tu ne l'aimais pas.

12:49
Locuteur

Qu'est-ce qu'on sait ?

12:51
Locuteur 5

Je voulais que ça s'arrête. Toutes ces violences s'arrêtent. Ce procès est le procès de toutes ces femmes qui n'ont plus les mots pour décrire leur calvaire.

13:09
Présentateur

Vous êtes formidable, Muriel, dans ce rôle. Et c'est d'autant plus exceptionnel que tous les comédiennes, tous les comédiens le savent, c'est extrêmement difficile de jouer l'extrême violence, la plus dure des duretés. On comprend que ça ne vous avait pas laissé indemne. Et sur le plateau, il y a eu des moments où toute l'équipe, hommes et femmes, était tétanisée, meurtrie. Ça vous est arrivé souvent ?

13:31
Invité

Ah oui, oui, oui, toutes les scènes de violences, c'est vraiment... Et puis, il y a la violence, il y a le vocabulaire, il y a, même si c'est en faux, finalement, Olivier, qui incarne, parce qu'on ne peut pas jouer à ce niveau-là. On est obligé d'incarner, sinon, voilà, il ne faut jamais jouer. Mais là, encore moins, parce que sinon, c'est foutu. Il y a presque des vapeurs d'alcool avec des mots. Les 15 jours où on l'a baigné dans cette violence, c'était très, très, très dur.

14:00
Présentateur

Et nous, comme des millions de gens qui vont le voir lundi prochain, on est étreint pendant tout le film, en pensant 10 fois, 20 fois, sans cesse, pendant le film, que pour Jacqueline Sauvage, c'était la réalité pendant des dizaines d'années. C'est l'une des grandes forces, je pense, de ce film et du travail de Régnier et de votre jeu à vous et Olivier et tous les autres, vous ne nous laissez aucune chance d'échapper au problème et à cette situation insupportable de ce qu'est la violence conjugale. D'où, ensuite, l'appel que vous venez d'évoquer. Et ce n'est pas fini, puisque vous continuez avec cette pétition.

Vous dites, d'ailleurs, en lançant l'appel d'hier et la pétition maintenant, que votre amie, notre amie, Ligne Renaud, vous a inspiré dans cet appel. Elle, qu'on ne prenait pas au sérieux en 94, quand elle avait voulu mobiliser tout le monde, ce que vous faites maintenant pour le site d'action, on la prenait pour une folle parce qu'elle voulait réunir toutes les chaînes.

14:57
Invité

On prend le même programme sur toutes les chaînes. Oh, Ligne ! C'est bon, elle a peut-être pris un petit coup de vieux. Allez-y, les enfants.

15:03
Présentateur

Et 34 ans plus tard, Ligne est toujours là. Elle fait partie, bien sûr, des signataires de votre appel d'hier. Et elle a vu le film. Vous l'avez bouleversée et épatée.

15:15
Locuteur 3

Muriel est absolument exceptionnelle. C'est un rôle extraordinaire. C'est fort, le film est fort, fort, fort. Je pense, ma petite mumu chérie, que ce film, ce film va t'apporter beaucoup, beaucoup de choses. On va s'apercevoir. Quelle comédienne tu es et comme tu as un large registre.

15:38
Invité

Comme toi. Ce film, vous dites que vous l'avez imaginé en forme de réparation pour Jacqueline Sauvage pour lui dire que vous n'êtes plus seule, elle qui l'a longtemps été. Vous l'avez évidemment rencontrée. Oui, je l'ai rencontrée. Vous dites que ce n'est plus la même femme aujourd'hui. Non, je l'ai rencontrée 4-5 mois avant le tournage. Pas pour le rôle. Moi, le rôle, la Bible, c'était le scénario. Puisqu'on n'est pas dans un diopique, donc je n'avais pas besoin de faire ses gestes. Bref. Mais je voulais la voir. Oui, oui, c'est vrai, pour la prendre dans mes bras. Et puis souvent, toute la journée, je suis avec elle, Jacqueline, parce que... On en a tout le temps.

On s'est dit ce qu'elle a vécu. Je n'avais pas à tourner le film encore. Mais on était chez elle. On me disait, « Tiens, j'ai déplacé les meubles, etc. » Et personne ne m'a rien dit. Personne ne m'a rien dit. C'est lourd. C'est lourd de sens. Donc, son destin, le destin de Jacqueline, après ses années, et elle n'est pas la seule, de souffrance et de solitude, c'est elle qui déclenche tout ça. Voilà, c'est comme ça. C'est elle, ça tombe sur elle. Parce qu'à un moment, il faut que ça tombe sur quelqu'un. Parce que ces chiffres-là de cadavres ne sont pas possibles. Alors, c'est elle. Et puis après, il y a le film. Et après, il y a une chaîne.

Et tout d'un coup, on se dit, « Mais bien sûr, bien sûr qu'il faut faire quelque chose. » Pas d'abandon en plus. S'il vous plaît, quoi. Ce n'est pas possible. On peut signer la pétition que vous avez lancée, Muriel Robin. Réponse.org. Change.org. Slash. Sauvons-les. Et puis aussi, se rassembler à Paris. Le 6 octobre. Le 6 octobre à 14h. Et en province, si vous voulez. Et ce rassemblement, encore une fois, est de l'amour à envoyer à ces femmes. Et quelque chose aussi qui s'adressera, évidemment, mais avec beaucoup de... C'est ensemble qu'on arrive à faire des choses. Donc moi, j'ai confiance. Je ferais vraiment confiance au président. Mais je veux que le dossier soit en haut.

Et si on me le remet en bas, je le remettrai en haut. Et si on me le remet en bas, je le remettrai en haut. Tant que je n'aurai pas. Vous ne lâcheriez pas ? Je ne lâcherai pas. Je ne les lâcherai pas. Pour ma honte personnelle. On a déjà tant de choses qui font qu'on a honte, même si on n'est pas en première ligne pour faire quelque chose. Mais je n'ai pas possible. Ce n'est pas possible. Pour moi, ce n'est pas possible. Donc c'est peut-être pour ça que c'est moi qui me retrouve et pour le tournage, etc. Je ne veux pas. On est là. On est là, les filles. Si on regarde la télé, on est là. On peut signer la pétition anonymement. Donc je pense qu'il y en a certaines concernées de très près.

Et j'ai commencé à lire certaines qui sont dans cette situation. Mais vous pouvez signer anonymement et ceux-ci auront certainement envie de signer. Merci beaucoup, Marielle. Vous restez avec nous. On vous embrasse. Vous restez avec nous. C'est l'heure du 5 sur 5 de Maxime Switek.

L’appel de Muriel Robin à Macron ! - C à Vous - 24/09/2018 · Pourquijevote