L'IA est-elle l'avenir de l'école ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:28OuverteRéponse directe
Comment sauver l'école à l'ère de l'IA ? Comment réhumaniser l'enseignement ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Vous ne conseillez pas de devenir professeur ?
- 2:53OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez aimé vos profs ?
- 4:18OuverteRéponse directe
L'IA n'a pas de définition ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Comment intégrez-vous cet outil dans le schéma scolaire ?
- 8:36RelanceRéponse directe
Vous dites qu'à une certaine époque on apprenait par cœur, ce qui compte c'est la prise de décision et le côté humain. Mais ce que vous dites depuis le début, c'est que le côté humain disparaît derrière une machine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:26InvitéFait
« l'éducation nationale recrute maintenant n'importe quel bac plus 3 sans aucune expérience dans l'enseignement en tant que professeur, avec seulement 4 jours de formation »
- 11:49InvitéChiffre
« les enseignants ont en moyenne 2,5 jours de formation par an »
Temps de parole
- Invité72 %
- Invité 224 %
- ?2 %
- Présentateur2 %
≈ 11,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce
programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame. Il est 8h04, votre invité Louis Dauphren, Théo Leblanc, il a 19 ans, il est étudiant à l'ESSEC et il publie Comment sauver l'école à l'ère de l'IA chez Diathéno.
On
va danser le Mia, vous savez, chemise ouverte, chaîne en or qui brille avec la moquette, ça vous dit quelque chose, ça rappelle
les
années 90. Dans le jargon de l'éducation nationale, Mia, ça désigne en fait les modules interactifs, adaptatifs. Entendez l'intelligence artificielle que Gabriel Attal avait voulu importer dans les salles de classe après l'arrivée de Tchad-GPT en novembre 2022. Et depuis lors, c'est une avalanche de conjectures, d'essais d'ouvrages sur la manière de s'y prendre avec ce qui n'est pas un nouvel outil, mais ce qui est beaucoup plus qu'un outil, une révolution de l'information et aussi de la formation. Alors, on va en parler avec Théo Leblanc, qui a été diagnostiqué HPI au potentiel intellectuel, qui travaille le sujet depuis déjà de nombreuses années, même si il n
'a
que 19 ans. Et il s'est intéressé à l'IA et il s'y intéresse à travers une newsletter qui est dédiée à ce sujet. Et puis, il
a
également pas mal de followers, comme on dit, de suiveurs, d'amis, d'abonnés, ce que vous voulez sur LinkedIn. Bonjour Théo Leblanc. Bonjour Louis. Comment sauver l'école à l'ère de l'IA ? Comment réhumaniser l'enseignement ? Et ça devient pour vous une urgence pédagogique. Alors, il faut le dire tout de suite, vous ne conseillez pas aujourd'hui, en tout cas, il
y
a un chapitre, j'aimerais vous voir vous exprimer sur le sujet, vous ne conseillez pas de devenir professeur ?
Je
ne dirais pas que je ne conseille pas de devenir professeur. Au contraire, c'est une vocation formidable et qui est absolument géniale. Et je salue tous les professeurs de ce pays et du monde entier d'ailleurs.
Mais que malheureusement, les conditions, l'évolution de ces conditions au cours des dernières années, au cours des dernières dizaines d'années, ont fait que le poste de professeur est devenu de moins en moins prestigieux, de moins en moins rémunérateur, avec aujourd'hui des salaires qui sont 30 à 40% moins importants que dans le cadre du privé, avec des évolutions de responsabilité, de salaires également, qui sont beaucoup moins importantes, qui demandent 10, 15, 20 ans parfois pour monter dans la hiérarchie. Ce qui aujourd'hui n'est plus du tout aligné avec les enjeux du monde moderne, du monde privé. Ce qui fait que le poste d'enseignant aujourd'hui n'est absolument plus concurrentiel.
On voit qu'au début d'année, à chaque fois, on a des manques, on n'arrive pas à remplir les salles de classe. Aujourd'hui, l'éducation nationale recrute maintenant n'importe quel bac plus 3 sans aucune expérience dans l'enseignement en tant que professeur, avec seulement 4 jours de formation. C
'est moins que pour aller
se former chez McDo. Exactement, ce qui a été mis en avant comme aberration par des personnes de l'éducation nationale, montrer que finalement, on ne valorise absolument pas l'importance des enseignants aujourd'hui, alors que ça reste qu
'à
l'origine de toute l'éducation de nos enfants, l'éducation de nos jeunes, et donc ce qui formera notre force de travail demain. Est-ce que vous avez aimé vos profs
?
Certains oui, certains un
peu
moins. Forcément, c'est un métier très difficile, et tout le monde n'a pas l'énergie et la passion nécessaires pour pouvoir se consacrer à fond à ses élèves. Mais vous vous êtes dit, tiens, je vais quand même faire des études, donc je vais quand même poursuivre, il y a une forme d'adhésion au système, dans la mesure où vous dites, pour réussir, pour percer, ben là, je fais une école de commerce, mais vous avez dû quand même franchir les étapes classiques, en fait, du système éducatif. Bien sûr, alors certains diraient que je me suis infiltré pour pouvoir mieux comprendre le système de l'intérieur, et je ne remets pas en question l'importance et l'intérêt des études.
Aujourd'hui, c'est primordial. Dans le système actuel, que ce soit en termes de réseau, en termes d'image, en termes de crédibilité, c'est complètement nécessaire d'avoir des études. Maintenant, c'est aussi reconnu par tout le monde, notamment dans le cadre des écoles de commerce dans lesquelles je suis, que finalement, ce qu
'on
vient chercher, ce n
'est
pas tant l'enseignement, qui peut être le même dans toutes les écoles, sans rapport vraiment avec leur classement, mais beaucoup plus l'image, beaucoup plus les personnes qu
'on
va rencontrer. Et ça montre qu'aujourd'hui, il y
a
un problème dans l'éducation, quand ce qu
'on
vient chercher dans ces études, c'est finalement l'à-côté, à travers les gens qu
'on
va rencontrer, et à travers le petit badge qu'on va avoir à la fin en sortie de diplôme. C'est là où je trouve qu
'il y a
un problème. Et d'ailleurs, j'en suis conscient, je n'ai honnêtement pas fait mes études directement pour l'apprentissage, mais principalement pour l'image que ça allait donner, parce que je savais que si je commençais à entreprendre à 15 ans, comme je l'ai fait, sans avoir l'étiquette des études supérieures, sans avoir l'étiquette d'une grande école, forcément, j'allais être beaucoup moins crédible et beaucoup plus décrié. Théo Leblanc, vous dites, noir sur blanc,
si
je puis dire,
l
'IA n'a pas de définition. Oui, c'est aujourd'hui une grande problématique. C'est qu'on définit l'IA de plein de manières différentes. Certaines personnes, comme Luc Julia, par exemple, avancent que l'IA n'existe pas. D'autres, finalement, que l'IA existe depuis pas mal d'années, mais juste qu'on a des définitions différentes. C'est une problématique aujourd'hui, parce que l'IA est un mot-valise dans lequel on peut faire entrer un peu tout ou n'importe quoi. Pour certains, ça va être quelque chose qui est simplement capable de faire des actions à notre place. Pour d'autres, ça va être finalement quelque chose qui va simuler l'intelligence humaine.
Et encore pour d'autres, ça va être quelque chose qui va avoir de la conscience qu'on n'est pas aujourd'hui capable d'avoir. Donc, en fait, c'est compliqué. C'est ce qui crée pas mal de débats,
d
'ailleurs, de problématiques, parce que personne ne s'entend sur sa définition précise.
Alors,
comment
intégrez
-vous
ce
schéma dans ou cet outil, ou ce qui est plus qu'un outil ? Parce que vous dites aussi que c'est beaucoup plus que la radio, la télévision, que toutes les innovations. Le cinéma, on s'est dit à un moment, tiens, ça va révolutionner le milieu scolaire. En fait, non. Finalement, l'école a perduré malgré toutes ces innovations. Alors aujourd'hui, cette innovation ultime, semble-t-il ultime, qu'elle y a ? Comment est
-ce
que vous l'intégrez dans le schéma scolaire
? Déjà,
je ne dirais pas que
c
'est une innovation ultime, mais plus une innovation qui va avoir beaucoup plus d'impact sur l'intégralité des points de la société, et également sur ce qu'on va attendre des personnes qui vont sortir de l'école. Et donc, que ça nécessite de devoir repenser la manière dont on réfléchit l'école, et forcément, les capacités qu
'on
veut donner aux élèves. Ensuite, sur l'impact qu'elle va avoir, ça va être à différentes échelles, selon l'investissement en temps et en moyens. Forcément, il y
a
des innovations, des initiatives qu'on peut prendre dès maintenant, qui mettent 6 mois, 1 an, 2 ans à mettre en place, qui sont beaucoup plus rapides et qui ont des gains directs. Par exemple,
il
y
a
eu des études qui ont été faites dans les dernières années, des tests qui ont été faits, par exemple, en Inde, sur le côté des professeurs particuliers. On sait depuis des années qu'avoir un professeur particulier pour chaque élève permettant de vraiment s'adapter à ses difficultés, s'adapter à ce qu'il préfère, etc., a énormément d'impact. On a plusieurs dizaines de pourcents d'améliorations, et surtout, ça gomme énormément les inégalités. Le problème, c'est qu'on n'a absolument pas les moyens pour donner un professeur particulier pour chaque élève, mais que grâce à l'IA,
c
'est quelque chose qu'on peut aujourd'hui faire. Cette étude, justement, ce test qui a été fait en Inde avec MindSpark, ou avec Squirrel AI en Chine, a montré que, justement, on avait des résultats quasiment équivalents à ceux avec un tuteur humain, en mettant en place de l'IA qui venait en support des enseignants pour venir être personnalisé à chaque élève.
Mais
également, on va voir surtout ce qu'est l'analyse des 10, notamment un sujet qui me concerne, qui pose problème à énormément d'élèves aujourd'hui en France, où il y a plus d'un million d'élèves qui sont concernés par des troubles, que ce soit un handicap, que ce soit un 10, qui va les impacter directement dans leurs notes et dans leurs enseignements, mais qui ne sont pas détectés. En moyenne, on va mettre plus de 7 ans à détecter ces troubles. Aujourd'hui, l'IA, notamment une solution suédoise, l'Explore, permet de pouvoir repérer beaucoup plus facilement ces troubles, ces problèmes, donc de les diagnostiquer et de les traiter pour accompagner les élèves.
Sur d'autres aspects, vous me coupez si
on a trop, parce qu'il y en a plein. Je vous ai dit, parce que vous
faites du sur-mesure, en fait. Exactement.
Ça permet de faire du
sur-mesure. Le principal, aujourd'hui, de ce qu'on peut faire rapidement avec l'IA, c
'est
du sur-mesure, et c'est ce qui est le plus important,
c
'est que ce que ça permet et qui n'était pas possible aujourd'hui, ce qui a toujours été le cœur de l'enseignement, c'est de venir s'adapter à chaque élève, de venir s'adapter à ses difficultés, à ses préférences, à ses forces, également à ce qui l'intéresse. Et d'ailleurs, j'explore ces possibilités dans la cinquième partie du livre, là où je vais plus imaginer, repenser le système éducatif
en
allant beaucoup plus loin, et non pas sur les 2-3 années à venir, mais plutôt sur les 10-20 ans et sur des possibilités beaucoup plus lointaines, mais de carrément repenser tout le parcours éducatif, entre autres en servant la technologie pour vraiment concevoir un parcours adapté à chaque élève, et dès l'enfance, non pas à 15-20-25 ans comme on le voit aujourd'hui, où finalement les études sont de plus en plus longues, mais beaucoup plus jeunes, parce que je pense que déjà à 10-12-15 ans, et les études le montrent, on peut s'intéresser à plein d'autres domaines différents, des domaines spécifiques comme les mathématiques, le français, l'histoire géo, on peut s'intéresser à l'agriculture, on peut s'intéresser à la menuiserie, à
l
'architecture, à plein de domaines complètement différents, mais qu
'on
ne peut pas explorer pour l'instant dans le système normé et figé tel qu'il est, ce qui permettrait entre autres de faire la technologie. Et si je résume en fait, l'IA, ça veut dire l'enseignement à distance
? Pas
forcément à distance, au contraire.
Je suis devant un écran. Si
j'ai un tuteur particulier, ça n'est pas une personne physique ? Non. Alors on pourrait avec la robotique, on a notamment pour toutes les personnes autistes ou pour ce genre de problématiques qui ont du mal avec l'humain, des robots aujourd'hui qui viennent intervenir physiquement. Je n'ai plus le nom sous la main, mais notamment il
y a
une étude, il y a des universités qui ont testé ça aux Etats-Unis, de mettre en place un robot pour les personnes autistes qui avaient du mal, ce qui leur a permis de pouvoir communiquer via ça. Mais c'est dans le sujet. Mais Théo Leblanc,
vous
dites, je me permets de souligner une chose.
Vous
dites qu'en fait, à une certaine époque, on apprenait par cœur. Et puis est arrivée ensuite la révolution de l'information, l'accumulation. Il n'y
a
plus besoin d'apprendre par cœur puisqu'on délègue, en fait, on externalise. L'analyse avec Internet, etc., on externalise. Donc vous dites,
ce
qui va compter, c'est la prise de décision, c
'est
la formation à la prise de décision, et puis c'est le côté humain. Mais ce que vous me dites depuis le début, c'est qu'en fait, le côté humain disparaît derrière une machine, quand même. Ce qui disparaît derrière une machine, c'est le côté que chaque enseignant peut faire et qui est remplaçable. C'est le côté transmettre l'information, uniquement répéter les mêmes cours et qui finalement n'a pas de valeur ajoutée. Donc les cours, plus de cours en fait. Par contre, justement, là où l'enseignant a énormément de valeur et ce qui est finalement le cœur de l'enseignement, c'est le côté humain. C'est le côté de
l
'accompagnement, venir accompagner les jeunes, venir accompagner les enfants à grandir en leur transmettant des valeurs humaines, en passant du temps avec eux, en créant du lien humain. Et c'est là ce qui a vraiment de
l
'intérêt. C'est ça, à la base, le cœur de la vocation d'enseignant. Ce n
'est
pas répéter par cœur bêtement des leçons devant un tableau quand personne n'écoute. C'est au contraire, venir communiquer avec l'élève, venir comprendre ses difficultés, venir comprendre qu'est-ce qui l'intéresse et l'accompagner dans son chemin de vie. Comment imaginez-vous, Théo Leblanc, simplement une heure de cours ? Si on doit raisonner dans la nouvelle école que vous imaginez, celle de l'IA, celle de demain peut-être, c'est-à
-dire
que l'élève arrive déjà avec le cours complètement maîtrisé qu'il a pu ingérer chez lui de manière autonome et le cours se passe différemment. Comment imaginez-vous la chose
? Par
exemple, dans un horizon plutôt court-moyen terme où simplement l'élève viendrait directement en classe avec son programme qui a été conçu pendant la nuit sur mesure sur sa journée en fonction des résultats qu'il a eu la veille, avec par exemple des exercices de maths adaptés à son niveau comme on peut déjà le faire avec Mathia qui a été développé par la Carnegie Mellon University. Il viendrait directement avec des exercices adaptés en fonction de ce qu'il souhaite avec potentiellement un contexte des exemples qui dépendent de ses intérêts par exemple de jeux vidéo, par exemple de films, etc.
Et derrière, le professeur aurait uniquement pour rôle de venir l'accompagner, lui demander comment est-ce qu'il se sent humainement, comment est-ce que se passe son parcours en ce moment et ce serait beaucoup plus centré sur l'humain. Et quel est le sens d'avoir une salle de classe et même une classe
d
'être ensemble dans
la mesure où
vous avez des exercices différenciés ? L'intérêt de l'école et quand même qui reste aujourd'hui la partie qui font plaisir aujourd'hui aux enfants quand ils vont à l'école, ce n
'est
pas forcément pour les cours. Généralement, on y va plus en reculant mais c
'est
plus pour aller voir les copains. Et finalement,
c
'est vrai que l'école, ça reste le cadre de socialisation quand on est jeune. Alors, il y a des problématiques là-dessus, notamment en termes de harcèlement et il y a notamment de la technologie qui permet de le repérer beaucoup plus rapidement et donc de pouvoir limiter les problématiques liées à ça. Mais ça reste le cadre social permettant de se construire humainement et c
'est
là justement sur lequel je mets énormément d'importance sur le côté humain, sur le côté relations sociales,
sur
le côté soft skills également où finalement, on a besoin de ce contact humain, on a besoin de se confronter au monde, aux autres personnes pour grandir. Le savoir-être, les compétences de ce type.
Exactement.
Théo Leblanc, que pensez-vous ? On a commencé avec MIA, le programme de Gabriel Attal. Quel bilan faites-vous déjà ?
L
'initiative, l'idée était très bonne, très ambitieuse puisque l'idée était de devenir la première nation à intégrer l'IA de manière aussi importante dans ses cours et de vraiment commencer à avancer sur ce chemin-là, de repenser l'éducation à l'ère de l'IA. La problématique, c'est qu'aujourd'hui, les enseignants ont en moyenne 2,5 jours de formation par an qui n'ont pas que les sujets d'IA à prendre en compte mais également plein d'autres sujets qui viennent, qui changent selon leur programme, selon par exemple les professeurs d'histoire-géo qui doivent mettre à jour perpétuellement leurs cours de géographie et de géopolitique.
Forcément, quand on a seulement deux jours et demi de formation par an, ce qui est beaucoup moins que dans la majorité des domaines, notamment privés,
on
n'a pas le temps de pouvoir intégrer la technologie, on n'a pas le temps de pouvoir adapter ces manières d'enseigner, ces manières de fonctionner avec ses élèves et forcément, on voit les résultats. Au final, cette initiative n'est absolument pas exploitée à la hauteur de ce qu'elle pourrait et devrait être.
On
est resté dans le mode ancien de topaz devant ses élèves. Exactement. Et ça, à votre avis, est-ce qu'il faut sortir de ça ? Est-ce qu'on peut sortir de ça dans le cadre, j'allais dire, institutionnel de l'éducation nationale ou est-ce que ça demande des pédagogies totalement adaptées que permettent des écoles indépendantes, par exemple
? Est
-ce qu'il faut, je ne sais pas, je pense que oui, vu qu'on voit toutes les problématiques et que pour l'instant, tout ce qu'on fait, c'est tenter de corriger de force, de faire rentrer un carré de force dans un rond. Maintenant, est-ce que c'est possible et comment ? Je ne suis pas à la tête de l'éducation nationale et je ne connais pas les moyens et les capacités justement de faire bouger les choses.
Je pense qu'en tout cas, il est nécessaire aujourd'hui de repenser, de rêver à nouveau l'éducation que depuis maintenant quelques dizaines d'années, tout ce qu'on fait, c'est de la corriger, c'est de la régler de force pour corriger les problèmes, les passer sous le tapis ou faire en sorte d'avoir un bon rapport à la fin de son mandat alors qu'il faudrait à nouveau rêver l'éducation. Et c'est pour ça que je me permets en tant que jeune de 19 ans naïf, idéaliste, qui ne connaît pas forcément la vie, qui a peut-être fait pas mal d'erreurs, qui a probablement fait des erreurs dans ce livre, mais de rêver l'éducation parce que c'est quelque chose qui manque.
Quel chantier un directeur d'établissement pourrait-il faire valoir s'il devait en vous écoutant prendre une résolution de ce type
? Je
pense que le plus important déjà serait de faire de
la
formation auprès des enseignants qui aujourd'hui ont le besoin de notamment expliquer à leurs élèves ce qu'il y a, comment est
-ce
que ça impacte leur manière d'apprendre, comment est-ce qu
'ils
doivent s'en servir ou pas, alors qu'eux-mêmes découvrent l'outil, eux-mêmes n'y connaissent pas forcément grand-chose, ne sont pas forcément extrêmement à l'aise avec puisque naturellement les plus jeunes générations s'adaptent plus facilement aux nouvelles technologies et on se retrouve avec des professeurs qui sont complètement dépassés aujourd'hui par la technologie qui par réflexe, par méconnaissance vont parfois bannir l'outil, vont parfois simplement dans leurs élèves de ne pas l'utiliser ou arrêter de voir maison qui était quelque chose qui était extrêmement classique et fréquent avant mais qui ne peut plus vraiment être fait aujourd'hui.
Donc c'est la priorité je dirais vraiment de venir former les enseignants.
Donc
former les enseignants mais pour l'évaluation vous mesurez bien évidemment le casse-tête que c'est aujourd'hui. Il
n'y a
pas de solution immédiate sur ce terrain-là, le devoir à la maison et même l'évaluation en général. À part l'évaluation à l'oral sans notes au tableau, qu'est-ce que vous imaginez d'autre ? La question que je pose déjà c'est est-ce qu'on a besoin d'évaluer quelque chose qui peut être fait mécaniquement par un outil qui n'a plus de valeur ? Si jamais l'élève peut justement simplement en 5 minutes avec un outil faire ce qu
'on
lui demande de réaliser, comment est-ce qu
'on
peut le motiver ? Comment est-ce qu'on peut lui donner envie d'apprendre à le faire et de le réaliser ? Je pense que la question aussi est de repenser comment est-ce qu'on va faire nos évaluations ? Qu'est-ce qu'on a vraiment envie d'évaluer ? Est-ce que c'est simplement la capacité de faire un essai par cœur, de recracher ce qu'on a pris par cœur alors que n'importe quel outil peut le faire ?
Merci
beaucoup Théo Leblanc. Comment sauver l'école à l'ère de l'IA ? Excellente journée. Et merci à vous Louis Dauphren. On vous retrouve à partir de 9h10 pour le débat du jour.