Droits des femmes : paroles d'engagées, regards sur le monde - LCP Assemblée nationale
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Bonjour à tous. Installez-vous. Bienvenue à l'Assemblée nationale pour ce grand colloque consacré aux droits des femmes et à leur combat dans le monde, dans cette journée internationale du 8 mars. Merci infiniment, Yael Broun-Pivet, de nous accueillir dans cette magnifique salle des fêtes du Palais Bourbon. Et merci surtout d'avoir réuni un panel d'intervenantes de si haut niveau. Elles sont médecins, syndicalistes, activistes, militantes associatives, représentantes d'ONG, diplomates. Et vous allez les entendre dans un instant. Et bien leur témoignage, leur engagement, leur récit de vie est fort et important. Vous allez pouvoir échanger avec elles dans un instant.
Je vais d'abord vous les présenter brièvement avant de vous laisser la parole, Madame la Présidente. Vous allez ouvrir cette journée de conférences, cette journée de colloques. Docteur Nagam Hassan, bienvenue. Vous êtes gynécologue irakienne. Vous vous battez depuis 20 ans pour la communauté yézidi, rescapée de Daesh. Vous faites un travail considérable pour documenter les atrocités commises. Lauréate de nombreux prix, je ne vais pas tous les citer, Marianne 2022, des prix internationaux qui récompensent votre lutte pour les droits humains. À côté de vous, Daria Touba, militante féministe franco-guinéenne, engagée contre l'excision et les mariages forcés après une enfance volée.
C'est le titre de votre livre. Et l'horreur des violences conjugales subies dès l'âge de 13 ans. Vous aussi lauréate de nombreux prix, elle en France, par exemple, elle de France, et conseillère municipale de Romainville. Ursula Grichuk, merci d'être là. Vous êtes juriste polonaise, engagée dans la défense du droit à l'avortement, un droit largement restreint. En Pologne, vice-présidente et responsable du plaidoyer international de la Fondation pour les femmes fédérats. C'est le planning familial polonais, mais vous allez voir, il n'est pas exactement sur le modèle français. On y reviendra. Ici, sur cette table ronde, Arnakali Onariar. Bonjour et bienvenue.
Vous êtes docteur afghane en médecine. La première femme au Parlement afghan en 2010, réfugiée en Inde depuis le retour des talibans au pouvoir. Vous êtes une militante engagée dans la défense des minorités non musulmanes en Afghanistan et notamment la minorité sikh et hindou. Vous aussi, promotion et initiative Marianne 2022. Nouraï Simsek, professeur turc de philosophie, licencié après le coup d'État manqué contre le régime de Recep Yaïb Erdogan, syndicaliste, activiste, confronté à la répression du régime pour ses engagements pour les droits humains et la lutte contre les discriminations.
Samanta Mounodawafa, vous êtes juriste zimbabweienne, responsable au sein des Nations Unies du programme régional de lutte contre la traite des êtres humains. L'esclavage moderne, c'est l'expression consacrée, le trafic illicite de migrants qui touche évidemment beaucoup de jeunes femmes. Et vous aidez la justice pénale à se construire en la matière. Katayoun, Katayoun Saabi, impossible de ne pas évoquer l'Iran aujourd'hui. Vous êtes productrice iranienne, distributrice de films iraniens dans le monde. Vous avez été membre du Festival de Cannes en 2016, aujourd'hui en France. Mais vous êtes retournée, vous nous expliquerez ça en Iran après votre arrestation pendant 45 jours en 2011.
Et puis vous avez évidemment une voix à porter pour donner un écho à ce soulèvement, à cette révolution en cours en Iran. Enfin, une diplomate française, Delphine O, qui va coauturer ses échanges. Vous êtes ambassadrice thématique, ambassadrice pour les droits de l'homme, secrétaire générale du forum Génération Égalité. Vous allez nous parler de diplomatie féministe et de ce que peut faire la France pour les droits des femmes dans le monde. Voilà pour les présentations. Elles se présenteront évidemment de façon beaucoup plus personnelle dans un instant. La parole est à vous, Madame la Présidente.
Mesdames les ambassadrices, Messieurs les ambassadeurs, Madame la Présidente de la délégation aux droits des femmes, chère Véronique, Madame la Présidente de la nouvelle délégation aux droits des enfants, Madame la Vice-présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés, mes chers collègues, Mesdames et Messieurs. Merci Myriam d'avoir accepté d'animer cette table ronde aujourd'hui, table ronde qui me tenait beaucoup à cœur. Et je dois dire que comme vous avez très brièvement fait les présentations des femmes qui sont avec nous aujourd'hui, je me suis sentie toute petite par rapport à leur combat, par rapport à leur action.
Et c'est beaucoup d'émotion de pouvoir les accueillir aujourd'hui et de pouvoir les mettre en lumière et de pouvoir leur permettre de continuer à porter leur combat. Il y a 35 ans, en 1878, la pionnière du féminisme, Hubertine Auclair, écrivait « Nous sommes assujettis aux mêmes lois répressives, aux mêmes contributions que les hommes. Nous devons déléguer des mandataires pour prendre nos intérêts dans la confection des lois et des budgets. Sans cela, nous continuerons à être lésés sur toute la ligne. » Les premières féministes réclamaient d'abord des droits civiques et politiques. Et c'est dans ce but que fut lancée, dès 1909, la Journée internationale des femmes.
Aujourd'hui, dans certains États, ces droits politiques sont affaiblis, voire remis en question. Dans d'autres pays, comme la France, ces droits sont notre fierté. Mais nous savons bien qu'il ne suffit pas à régler tous les problèmes ni à faire disparaître toutes les discriminations dont sont victimes les femmes. Et je suis donc ravie de vous accueillir en cette Journée internationale des femmes, qui reste chaque année un rendez-vous essentiel, puisqu'elle nous permet de procéder à un état des lieux à la fois inquiétant et encourageant sur les droits des femmes dans le monde. Sur notre planète, en 2023, une femme sur cinq est mariée avant ses 18 ans.
On estime à 68 millions le nombre de filles exposées au risque de mutilation génitale d'ici 2030, ce qui représente une population supérieure à la France. Au chapitre des féminicides, ayons conscience qu'à chaque heure qui s'écoule, cinq femmes sont tuées dans la sphère familiale à travers le monde. Et si le nombre des victimes a reculé de 19% ces dix dernières années en Europe, ce qui montre l'efficacité de notre engagement, ce nombre tend au contraire à augmenter en Amérique du Nord. Quant au droit à l'avortement, il régresse. Aujourd'hui, 40% des femmes en âge de concevoir vivent dans des pays aux législations restrictives.
Or, les avortements non autorisés ont lieu dans des conditions sanitaires déplorables et ces opérations non sécurisées sont cause de nombreux décès. Pour l'ensemble de ces raisons, j'ai tenu à organiser une table ronde internationale, réunissant des femmes engagées, des combattantes, en lesquelles je reconnais modestement mon engagement personnel. Être la première femme présidente de l'Assemblée nationale, c'est un honneur, bien sûr. Mais un honneur qui comporte avant tout et d'abord des devoirs. Défendre les droits des femmes, porter le flambeau de leur universalité, veiller à ce que la France reste toujours en pointe dans ce domaine, telle est ma première responsabilité.
C'est aussi celle de l'Assemblée tout entière. Comme vous le savez, les députés français ont soutenu à l'unanimité l'inscription du droit à l'avortement dans notre Constitution. Et je veux saluer, chère Véronique Riauton, le dynamisme de ta délégation aux droits des femmes depuis le début de cette législature. L'initiative de cette table ronde internationale s'inscrit aussi dans le cadre de la diplomatie parlementaire que je développe depuis mon élection à la présidence de l'Assemblée nationale, avec l'accompagnement de ma première vice-présidente, Valérie Rabault, que je remercie d'être à mes côtés pour porter haut la voix de la France.
Dialoguer avec mes homologues étrangers, aller à leurs rencontres et à celles de leurs concitoyens est pour moi et pour nous un devoir. En Pologne, en Ukraine, en Arménie, dans quelques jours en Côte d'Ivoire, j'échange avec les citoyens, les citoyennes, nos compatriotes engagés pour la défense des droits des personnes vulnérables, et en particulier des femmes et des filles, comme j'avais pu le faire en Pologne avec vous, madame. Chaque fois, ces femmes que j'ai vues m'ont manifester leur reconnaissance, mais surtout m'ont demandé de relayer en France leur combat.
Et c'est dans cet esprit que j'ai apporté, avec de nombreux collègues députés, mon soutien aux détenues iraniennes dans le cadre d'une vaste campagne de parrainage et que je rencontre régulièrement des défenseuses des libertés et de la société civile en lutte contre des gouvernements autoritaires, du Nicaragua à la Biélorussie. Cette table ronde répond aussi à mon souhait d'ouvrir l'Assemblée nationale aux citoyens, de susciter le dialogue et le débat afin de restaurer le lien entre les Français et leurs élus. Notre auditoire, très diversifié, emporte témoignage.
Aux côtés des députés, vous êtes diplomates, responsables associatifs, étudiants, lycéens, tous réunis pour débattre d'un sujet d'intérêt général, d'un sujet primordial. Et je vous le dis, aujourd'hui, comme hier et comme demain, l'Assemblée nationale est votre maison. Ces portes, vous, sont ouvertes pour discuter, imaginer, proposer. Pour terminer, je voudrais remercier tout spécialement nos huit panélistes issus ou venus du monde entier pour témoigner de leur action, de leur détermination à agir sur le terrain.
Mettre un terme aux violences faites aux femmes, faire respecter le droit à l'éducation, le droit à l'avortement, les droits politiques, l'égalité des femmes et des hommes, leur combat est digne d'admiration et doit être soutenu. J'ai une pensée particulière aujourd'hui pour les milliers de femmes iraniennes qui payent de leur liberté leur soif d'égalité. Pour les femmes ukrainiennes, sous le jus de la guerre depuis maintenant plus d'un an. Pour les Indiennes du Rajasthan, qui se mobilisent contre les mariages forcés d'enfants. Et pour les femmes afghanes, désormais dépourvues de tout droit.
Exclus de la majorité des emplois, les afghanes sont privés depuis un an de toute scolarité, après l'âge de 12 ans. 3 millions d'entre elles se retrouvent sans enseignement, sans espace de socialisation. Privé d'accès aux distributions de nourriture et la vente des fillettes est en augmentation pour combler les dettes des familles. D'après l'ONU, cette exclusion des afghanes coûte 5 milliards de dollars à l'économie nationale. Le contexte général est préoccupant, pour les droits en général et pour les droits des femmes en particulier.
On observe en effet un recul général des droits dans le monde, restriction de la liberté de la presse, de la liberté d'expression, emprisonnement de journalistes et de prisonniers politiques, réduction du champ de la société civile. Avec la montée du fondamentalisme et du traditionnalisme, les droits des femmes sont remis en question dans plusieurs pays où les valeurs de l'Occident sont de plus en plus souvent présentées comme nocives ou décadentes. Et voici que le droit à l'avortement est en danger jusque dans de grandes démocraties comme les Etats-Unis ou des pays membres de l'Union européenne.
En même temps, et bien heureusement, des progrès indéniables sont enregistrés dans le domaine de l'éducation, de la santé, de la lutte contre les violences faites aux femmes et plusieurs intervenantes nous en parleront. En les écoutant toutefois, nous devrons songer toujours à cet avertissement de Simone de Beauvoir. N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilante, votre vie durant. Oui, les droits des femmes et leur respect sont fragiles. Notre vigilance, notre engagement sont plus que jamais indispensables.
Et à cet égard, je me réjouis de voir que la diplomatie féministe est l'une des priorités définies par le président Emmanuel Macron dans notre politique extérieure. Certaines de nos invités sont d'ailleurs lauréates de l'initiative Marianne, qui vise à aider les défenseurs des droits de l'homme dans leur combat. Je suis fière de les accueillir ici, ainsi que je suis fière d'accueillir notre ambassadrice Delphine O. Et donc, je suis impatiente de les entendre. J'ai déjà trop parlé, mais à chaque fois que j'échange avec l'une d'entre elles, je me sens investie de cette mission, de les aider et de faire entendre leur voix quand elles ne peuvent pas le faire.
Mais ce matin, à l'Assemblée nationale, elles pourront le faire et elles auront la parole. Je vous remercie. Merci. Merci, Yael Brown-Pivet. Un tout petit mot de déroulé avant de vous laisser la parole. Ces huit combattantes vont se présenter, vont raconter leur combat, et puis vous pourrez échanger après avec elles. Et un dialogue, j'espère, fructueux va s'installer. Docteur Nagamasan, la parole est à vous. Racontez-nous votre combat. Racontez-nous comment vous avez finalement dédié votre vie à la communauté yézidi massacrée, victime d'un génocide de Daesh en Irak, à laquelle vous appartenez.
Bonjour à tous. Excellences, Mesdames, Messieurs, au nom de la communauté yézidi et les survivants, j'aimerais vous remercier de m'avoir invité à cette manifestation importante. Depuis quelques siècles, la communauté yézidi fait face à des humiliations, des trafics, des viols, une conversion forcée, des déplacements forcés, et de la persécution, le nettoyage ethnique, le génocide. Donc de nombreuses formes de persécutions nous touchent et les femmes sont particulièrement frappées. Et donc toute forme de motivation et d'encouragement nous importe en tant que femmes de cette communauté. En 2014, le Daesh a commis un génocide contre notre communauté.
2 000 morts, l'enlèvement de 650 femmes et de nombreux enfants ont été tués. et vivre sans-abri dans des bâtiments qui étaient à moitié détruits. Depuis 2014 et jusqu'à aujourd'hui, j'ai consacré toute mon énergie à défendre ma communauté et les femmes par le biais de nombreux projets, notamment une association pour la défense des survivantes de Daesh, avec un accord avec le gouvernement allemand pour le transfert des survivantes et leurs enfants. Les orphelinats, je visite les orphelinats pour vérifier le bien-être des enfants, dont Daesh a tué les parents. Je cherche à informer la communauté internationale, de sensibiliser la communauté internationale.
Jusqu'ici, je travaille et je vis avec les yézidis en Irak et je suis témoin des défis au quotidien, les problèmes physiques et psychologiques, le traumatisme subi, car on n'oublie jamais la torture et l'humiliation subies. L'histoire est horrible et presque incroyable, mais malheureusement vraie. Et ceci reflète la noirceur des crimes commis à leur rencontre. Le choc est terrible. On ne s'y attendait pas au 21e siècle. On se croit développés et avancés. Je n'oublie pas les images des enfants morts, affamés. Je n'oublie pas les cris des jeunes filles qui demandent ce qui est à devenir de leur mère. Je ressens leurs douleurs et leurs souffrances.
Leur histoire fait partie de moi-même et je revois toute cette souffrance dans mes rêves. Ceci m'incite à travailler pour cette communauté et pour la liberté des femmes, pour qu'elles ne soient pas toujours les premières victimes de la guerre. Malheureusement, on s'attendait à de la justice après le génocide. La justice, c'est quoi ? C'est d'assumer les responsabilités, de désigner du doigt les responsables, d'emprisonner les responsables, les auteurs. Moins de 10 combattants de Daesh ont été emprisonnés. Rien n'est fait, ou pratiquement rien. Neuf ans se sont déroulés depuis le génocide et nous sommes ici pour dire au monde que le génocide commis continue.
Car jusqu'ici, 2700 femmes sont toujours disparues. Il n'y a pas eu de dommages versés aux survivantes. Elles continuent à vivre dans la misère. La situation est très douloureuse dans les camps et il n'est pas possible de rentrer chez nous. Des centaines de milliers de personnes de ma communauté ont quitté la région pour gagner l'Europe. Ceux qui restent en Irak attendent encore la possibilité d'émigrer pour de nombreuses raisons, parce qu'on recherche la stabilité, une vie sûre, vivre dans un pays qui respecte d'autres cultures et d'autres religions, de pouvoir construire un avenir sans la peur et sans les risques de se sentir en sécurité.
Aujourd'hui, nous avons des enfants de 9 ans qui sont nés dans les camps et qui ne connaissent rien d'autre, qui n'ont jamais vu des temples, qui ne connaissent rien des traditions de notre communauté d'avant le génocide. Je travaille avec passion pour défendre l'humanité. Je suis également médecin et j'agis en tant que femme et surtout une femme yézidi. Et donc, j'ai adopté cette cause. C'est ma cause personnelle. Je cherche à guérir les blessures physiques et psychologiques, aider les survivantes de ce génocide, car ce sont surtout les femmes et les filles qui ont subi les conséquences de ces violences.
Je suis reconnaissante à la France et d'autres pays qui ont appuyé notre communauté depuis le début. Nous l'apprécions beaucoup. Nous espérons que la France pourra continuer à jouer un rôle majeur pour aider notre communauté et d'autres minorités en Irak et nous aider à surmonter ce génocide. Le soutien diplomatique est nécessaire pour qu'on n'oublie pas cette tragédie. Les déplacements doivent prendre fin et il faut verser des dommages et intérêts pour permettre à tout le monde de reconstruire sa vie. La France a un rôle à jouer pour faire justice, pour mener des enquêtes et pour poursuivre les auteurs de ce génocide.
Nous voulons plus de procès et nous voulons également prendre des mesures pour prévenir un nouveau génocide à l'avenir et éviter la persécution sur la base de notre identité culturelle et religieuse. Aidez-moi à lutter contre la souffrance des individus et des familles. Aujourd'hui, nous fêtons la Journée internationale des femmes. Je dis aux petites filles qui ne verront plus jamais leur mère, nous allons chercher à mettre fin à votre souffrance. votre souffrance, votre souffrance n'est pas en vain. Je dirai aux femmes qui sont prisonnières, qui ont été enlevées, je n'abandonne pas la recherche, je continue à chercher votre trace.
Et je dis aux survivantes, je vais porter votre voix partout dans le monde. Je vous aide, je veux vous redonner de l'espoir. Et finalement, j'aimerais vous remercier de m'avoir donné cette occasion de vous parler aujourd'hui en soutien aux femmes et aux jeunes filles yézidis. Merci.
Merci, docteur Nagama-San. Elle aussi, elle aide à guérir les blessures psychologiques et physiques. Daria Touba, vous qui avez écrit votre histoire, vous êtes souvent amené à la raconter, à la re-raconter. Mais il faut encore et toujours le faire pour comprendre que l'excision existe encore dans notre pays aujourd'hui.
Excision clandestine. Vous avez été marié de force à 13 ans, excisé à 7.
Oui, bonjour à toutes, bonjour à tous. Merci beaucoup, merci pour l'organisation de cette journée. Merci, madame la présidente. Donc, oui, être là aujourd'hui, c'est bien sûr, c'est revenir sur mon parcours, sur mon histoire. Mais je sais que quand je prends la parole, souvent, comme vous dites si bien, Myriam, c'est parce que je sais que ce que je témoigne, c'est ce qui vit aux milliers de femmes dans le monde. Donc, témoigner de mon histoire, c'est de permettre aux autres personnes de montrer d'où on vient, comment on se reconstruit et qu'est-ce qu'on fait de notre histoire. Donc, moi, je suis d'origine guinéen, je suis née en Guinée dans une grande famille.
Mon père avait quatre femmes, plus de 30, 32 enfants. Donc, j'ai essayé d'élever, comme toutes les petites filles là-bas, une enfance plutôt insouciante. C'est-à-dire, de 10 ans à 10 ans, on m'a amenée chez ma grand-mère, qui m'a élevée dans la très perdue de la Guinée. J'ai souvent décrit, en fait, la situation de ces femmes, ces braves femmes, comment elles vivent. C'est-à-dire que moi, ma grand-mère est cultivée pour nous nourrir. Elle m'a donné beaucoup d'amour. Mais malheureusement, dans ces villages, c'est les femmes qui font tourner les villages. Mais souvent, c'est les lois des hommes qui règnent au quotidien dans nos villages.
Donc, à l'âge de 8 ans, en fait, j'ai été excisée, comme toutes les petites filles dans mon pays, sans qu'on m'explique c'était quoi l'excision. Tout était organisé. En fait, il faut savoir, c'est un cisé assez tabou. Et surtout, c'est quelque chose, quand on ne l'a pas vécu, c'est comme si on ne se sent pas comme les autres. De toute façon, on ne se pose jamais la question de se dire est-ce qu'on va être excisé ou pas. Donc, un matin, on m'avait dit d'accompagner une dame qui était venue voir ma grand-mère. J'étais vertie d'une panne rouge. On ne m'avait pas expliqué ce qui allait se passer. Donc, en fait, je me suis retrouvée avec ces quatre femmes.
Il y en avait deux qui m'ont tenu le pied, d'autres qui m'ont tenu les mains. Donc, j'étais excisée comme ça. Sans qu'on m'explique ce qui m'est arrivé. En fait, comme je dis souvent, ces jours-là, le cri qu'on pousse, ces jours-là, c'est un cri qu'on ne peut jamais oublier. C'est quelque chose qui nous hante. C'est-à-dire le cri qu'on a poussé à nous poursuivre toute notre vie après. Donc, après, pendant trois semaines, on m'a lavé avec l'eau chaude, avec des arbres de la nature, pour pouvoir me soigner. Je marchais souvent avec le pied écarté. Donc, par la suite, ma grand-mère, elle est décédée.
Donc, il fallait retourner à Conakry, dans cette grande famille, où je n'avais pas ma place, où je ne connaissais personne. J'ai décrit aussi la difficulté pour les petites filles d'aller à l'école, d'apprendre à lire et écrire. Pour nous, c'est quelque chose de difficile. Déjà, à l'âge de 11 ans, il fallait que j'apprends à lire et écrire. On se moquait souvent de moi. On me disait, « Ah oui, mais tu ne vas jamais apprendre à lire et écrire. De toute façon, les cinq commencent à sortir. Tu vas être mariée. » Donc, la seule chose qui doit être importante, c'est ça. Donc, ensuite, à l'âge de 13 ans et demi, un homme est venu voir mes parents.
Au début, il rigolait, il me disait que je vais te marier. Mais moi, je ne pensais pas qu'il était vraiment au sérieux. De toute façon, nous, on nous a toujours dit, « Si quelqu'un veut te marier, il faut aller voir tes parents. » « C'est tes parents qui décident, ce n'est pas toi qui décides. » Donc, au début, je pensais rigoler, mais il était vraiment au sérieux. Il a pu convaincre ma mère, puisque ma mère, elle a été mariée à 13 ans et demi. Elle m'a eu, elle a eu beaucoup d'enfants.
Donc, pour elle, le seul modèle qu'elle pouvait avoir, c'est qu'il faut que ses filles se marient vite, parce qu'il y a aussi cette culpabilité, le poids du coutume, des traditions, la virginité, parce que souvent, l'éducation, c'est les femmes qui les portent, même si les hommes peuvent le veiller, mais de loin. Donc, ensuite, j'étais mariée avec un homme que je vis qui, une fois, que je ne connaissais pas. C'était loin de moi qu'on me dit, « Qu'est-ce que t'en penses ? C'est quoi ton choix ? » C'était difficile, ces choses-là, on n'abordait pas forcément. Donc, au début, mon père, il était un peu méfiant, parce que lui, il voyait la différence d'âge, mais pas ma mère.
Au début, il ne voulait pas, donc il a fini par accéder, parce qu'on lui a dit, « Je marie votre fille, j'amène son frère. » J'avais une de mes demi-frères qui voulait venir. Donc, c'est comme ça, ensuite, mon mariage, il a été fait. Donc, je le réjouis en Hollande, en fait, avec un visa touriste, où mon identité était falsifiée. Dans mes papiers, j'avais 25 ans, alors qu'en réalité, j'allais avoir mes 14 ans. Donc, voilà, bien sûr, d'avoir un visa par le Mali, venir aux Pays-Bas, c'était un peu comme un rêve de tout ce qu'on nous mettait dans la tête, de dire que l'Europe, c'est un peu comme un paradis, etc.
Mais en même temps, je rejoignais un homme qui avait 45 ans, et j'avais 14 ans, un mariage qu'on ne m'avait pas préparé, on ne m'avait rien dit. Donc, quand je suis arrivée, les deux premières nuits, donc ça a été, ensuite, les viols, parce qu'on ne m'avait pas expliqué c'était quoi un mariage, comment prouver la virginité. Je savais juste que j'avais un panne blanc, qui était verti, qu'il fallait prouver que la femme, elle est vierge.
Donc, au début, il m'a dit que je suis vierge, et ensuite, il m'a offré un colis, parce que c'est quelque chose de symbolique dans nos familles, et quelques minutes plus tard, il m'a dit, « Ah, tu n'es pas vierge, par contre, il faut que tu fasses tout ce que je t'ai dit, sinon je te renvoie dans ton pays. » Donc, à part de là, c'était la manipulation, je savais que ce n'était pas vrai, mais je ne pouvais pas me défendre. Il me disait, « Je te renvoie dans ton pays, ta mère va être déshonorée, et tu vas être déshonorée par ta famille, parce que ça veut dire que ta mère, elle t'a marée et l'évie. » Donc, à part de là, c'était l'isolement, les viols, les violences.
Donc, avec lui, aux Pays-Bas, je ne parlais pas la langue, je ne connaissais rien. Donc, je perdis deux grossesses dans des conditions très difficiles aux Pays-Bas. Un à quatre mois de grossesse, je ne savais même pas que je perdais le bébé. Et l'autre à neuf mois de grossesse, à la naissance, parce que je ne savais pas comment faire pour accoucher. Au début, je pars à l'hôpital, c'est lui qui passait par mon cousin. Il était marié là-bas légalement, il avait trois femmes en Guinée. Donc, au début, on me dit, « Ah, ce n'est pas le moment que vous allez accoucher, retournez chez vous. » sauf que c'était le moment qu'on ne m'avait pas expliqué comment il fallait faire pour accoucher.
On est retournés à l'hôpital, on m'a dit, « Ça faisait 20 minutes que j'avais perdu le bébé. » Donc, dans mon histoire et dans mon parcours, c'était le moment le plus difficile et le plus douloureux, parce que je perds un bébé dans un pays comme le Pays-Bas, parce que je ne parle pas la langue, je n'ai pas de famille, je ne connaissais personne. Et surtout, pendant presque une semaine, on m'a amené un bébé qui était mort, qui était froid, qui ne pouvait pas pleurer. Dans le même chambre, j'avais des femmes qui donnaient leur bébé à Téti. Et lui, il passait par mon cousin, il venait de temps en temps et j'étais livrée à moi-même à l'âge de 16 ans.
Ensuite, on est venus en France, il avait trouvé un appartement insalible qui serait trouvé dans le 93 au Lila, où il n'y avait pas de l'eau chaude, il n'y avait pas de sofas, il partit souvent en Afrique, il avait ces femmes qui accouchaient. Il m'efforçait encore d'avoir un troisième bébé ici, parce qu'il disait que c'était le seul moment qui pouvait me permettre d'avoir le papier, parce qu'on lui a expliqué qu'en France, quand on a les papiers, quand on a un enfant, on peut avoir le papier. Donc voilà, là encore, il m'avait forcée.
Comme il m'est battée, il y avait une voisine qui montait souvent quand il me battait, je crois qu'elle était d'origine pakistanaise, qui essayait de le calmer, d'essayer de le dire qu'il ne fallait pas qu'il me bat. Et comme j'avais très mal au ventre, il m'a amenée ici dans l'hôpital, dans le 12e. En fait, on m'a fait une échographie, on m'a posé des questions, est-ce qu'on m'a battu ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Mais je n'arrivais pas à expliquer ce qui m'est arrivé à l'époque, parce que j'avais peur qu'on me juge, j'avais peur aussi qu'il me bat de nouveau, parce qu'il était tout le temps à côté de moi, et surtout, je ne parlais pas très bien le français à l'époque.
Donc ensuite, on m'a dit, on m'a fait une échographie, on m'a dit que le bébé était mort, soit il allait être mort-né, soit de toute façon, il allait être très, très handicapé, donc il fallait que je fasse un avortement. Donc j'ai avorté, et pour lui, c'était de ma faute, il m'a dit, tu vois, c'est toi qui as un problème, il y a ma femme qui vient d'accoucher, une de mes femmes, il faut que j'aille en dîner pour participer au baptême. Donc à partir de là, ensuite, je me retrouve, père en bébé, au bout de deux mois, il part, j'ai acheté que du pain et de lait pour me nourrir, il m'avait laissé du 100 euros.
J'ai passé mes journées qui étaient à l'envers, c'est-à-dire que le matin, je dormais, la nuit, je mangeais, je vivais à l'envers que tout le monde. Il m'a fallu du temps pour avoir un déclic, parce que partir, quand on est dans un pays étranger comme la France, quand on ne connaît pas nos droits, on ne connaît pas nos devoirs, ben, ce n'est pas facile. Donc il a fallu, un soir, j'ai écouté une émission de télé où il y avait des femmes qui témoignaient sur leur histoire, qu'on parlait des associations, des assistants sociaux. Et comme je ne savais ni lire ni écrire, j'ai écrit AS comme assistant social. Et l'un des mains, ma voisine m'a accompagnée à la mairie.
En fait, je passais tout le jour devant la mairie, c'était un beau bâtiment, mais je ne savais même pas si c'était la mairie. Et quand je vis une dame à laquelle je dis « j'ai cherché AS », elle a rigolé, elle a dit « waouh ! » « AS, il y a beaucoup de lettres qui commencent par AS ». À force qu'elle insiste, elle a fini par me dire « assistant social ». J'ai dit « oui, c'est ce que j'ai cherché ». Donc à part de ces jours-là, je n'ai plus regardé derrière moi, je n'ai plus pensé qu'est-ce qu'ils diraient les autres, je n'ai plus pensé à l'honneur de la famille.
Je me suis dit d'abord, c'est mon survie, il fallait, je me bats pour revivre, pour reconstruire une identité qui était complètement falsifiée et tout simplement pour sortir de là. Donc après, ce qui n'était pas facile, c'était de frapper de porte à porte, de répéter mon histoire, d'essayer de mettre le mot là où il ne fallait pas. Et surtout quand on me donnait une adresse, je me perdais souvent, on me disait « à gauche, j'allais à droite ». Des fois, ça m'est arrivé aussi de dormir dans les transports.
Donc j'attendais qu'il revienne pour l'affronter, pour partir, parce que tout le monde me disait, les associations, j'avais une assistante sociale, j'avais une association aussi, on va des rebelles à Saint-Denis, qui me disait « mais pars avant qu'il revienne, parce que s'il revient, tu vas encore être victime de violences de douleur ». J'ai dit « non, non, je préfère qu'il soit là pour l'affronter et partir devant lui ». Donc après, il m'a jeté, j'avais un pantalon, il m'a jeté les peuuses affaires que j'avais, il m'a dit « de toute façon, tu vas te retrouver dans la rue, tu verras, on ne va pas t'aider ».
Donc après, pendant six mois, j'ai fait les 5-15, un numéro que j'appelais en France pour trouver où dormir, où je mangeais, où je me lavais, c'était des endroits complètement différents, mais j'étais déterminée, déterminée pour sortir de là, déterminée pour me reconstruire, déterminée pour travailler sur ce qui m'est arrivé. Donc après, j'ai été aidée par beaucoup d'associations, les services sociaux, les assistants sociaux, et aussi j'ai eu la chance d'être dans un pays comme la France, qui m'a tendu la main, qui m'a permis d'aller dans ce que je voulais.
Donc, c'est comme ça, après, j'ai témoigné dans mon livre, on m'a voulu mon enfance, on m'a aidé à écrire le livre, j'ai eu ma carte de saison en 2005, et donc en 2006, je me suis engagée dans l'engagement féminisme.
Je me suis dit que mon histoire, je ne pourrais rien faire de toute façon, ce qui était fait est fait, mais je pouvais lutter pour ce qui m'est arrivé, par rapport à ce qui m'est arrivé, ce qui n'arrive pas aux autres, et je pourrais aussi témoigner au monde entier, pour dire aux femmes, on peut être violée, en répétition, mais on peut se réélever, on peut se reconstruire, et donc c'est comme ça, après, j'ai créé mon association Espoir et Combat des Femmes en 2006, parce que je sais que mon histoire, c'est celle des milliers d'autres, par exemple, ma mère, elle restera toujours soumise, c'est comme ça, mais le plus important, c'est d'être debout, c'est d'être là, et c'est de lutter, et je pense que c'est dans l'engagement qu'on peut arriver, et je pense que tous, tous et toutes ensemble, on pourra encore plus loin par rapport aux droits des femmes.
Je vous remercie. Merci beaucoup. Voilà la force d'un témoignage, le message de la résilience et de l'espoir. Merci Daria Touba. On va aller en Europe maintenant avec vous, Ursula. Je suis obligée de vous dire qu'il faut faire un petit peu court, parce que sinon, vous n'aurez pas le temps de pouvoir poser vos questions. Ursula Grissouk, qui travaille en Pologne, qui travaille pour les femmes, pour qu'elles puissent tenter de préserver leurs droits à l'avortement, qui a été si remise en cause par le parti Le PIS et les frères Kaczynski en Pologne.
Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, je vous remercie pour cette invitation à parler aujourd'hui à cet événement important. Je suis aussi très émue par les témoignages des femmes précédentes. Ça nous montre seulement qu'est-ce que nous en sort et qu'est-ce que c'est important d'être ensemble et de se soutenir dans nos combats. Oui, moi, je viens de la Pologne, qui est très près de la France, mais en même temps, quand il s'agit des droits des femmes, ça n'a rien à faire.
L'organisation pour laquelle je travaille s'appelle FEDEA, c'est une fondation des femmes et des plannings familiales, mais comme ça a été déjà indiqué, ça ne veut pas dire le planning familial au sens que vous comprenez en France. Tout d'abord, on ne reçoit pas le soutien des gouvernements.
En fait, d'un côté, c'est très bien parce que ça nous rend indépendants dans nos actions, mais aussi, comme la plupart de vous probablement le sait, les femmes en Pologne sont vraiment bafouées dans la liberté de faire le planning familial parce que les conditions dans lesquelles nous vivons, surtout quand il s'agit des droits à décider quand et combien des enfants nous voulons avoir, on a beaucoup de limitations. nos droits sont instrumentalisés, ont été depuis très longtemps instrumentalisés par un agenda politique anti-féministe et l'interdiction de l'avortement joue toujours un rôle très important dans toutes les tentatives de contrôler les femmes dans leurs choix.
Alors, depuis 30 ans, les femmes ont un accès très limité à l'IVG, mais en 2020, cet accès a été restreint encore plus par la décision d'un tribunal constitutionnel qui a annulé les motifs pour l'avortement basé sur les malformations fétales. Désormais, les femmes ont seulement la possibilité d'interrompre une grossesse quand leur vie ou santé est en danger ou quand la grossesse résulte d'un crime. Cette décision des tribunals ici, surtout pour les Européens, je pense qu'il faut aussi mettre en contexte le fait qu'il y a des doutes sur l'impartialité et l'indépendance des tribunals qui ont osé prendre cette décision pour l'Union européenne.
et je suis contente que l'Union européenne n'arrête pas de poser des questions à la Pologne sur ce sujet-là de compatibilité avec l'état des droits et comment tout ça s'est passé en Pologne et quel impact ça a eu sur les femmes. Voilà, en plus, ce qui facilite l'accès à l'IVG ou ce qui réalise l'IVG peut être poursuivi en justice. À ça, s'ajoute aussi que pour avoir l'accès à la contraception, les femmes ont besoin de prescriptions médicales. Les jeunes n'ont pas accès à l'éducation sexuelle au moins dans le sens qu'on comprend par l'éducation sexuelle.
Et ça, c'est tout un côté assez négatif de nos droits, mais je ne veux pas juste parler de ça parce qu'il y a des femmes en Pologne qui n'arrêtent pas de se battre, il y a des organisations qui soutiennent les femmes dans leur choix. FEDEA, elle appartient à ce groupe d'organisation et nous faisons surtout, ce que nous faisons, c'est passer l'information pour les femmes et qu'est-ce qu'elles peuvent faire selon la situation dans laquelle elles se trouvent. Les femmes qui veulent avorter, il y a deux cas
qui sont autorisés par la loi en Pologne, c'est si la santé de la mère est en danger ou si c'est un acte illégal qui résulte de la personne enceinte, de la femme, donc un viol. Qu'est-ce qu'elles font ces femmes ? Elles vont à l'étranger ?
Elles doivent avoir
l'argent pour aussi le faire ?
Il y a plusieurs options. Tout d'abord, au début de la grossesse, nous conseillons aux femmes d'utiliser la télémédecine et d'avoir accès aux pilules abortives qu'elles commandent sur l'Internet. Alors, il y a des organisations aux Pays-Bas auxquelles ils peuvent se tourner et commander les pilules et normalement, ils les font à la maison chez eux et si besoin, ils peuvent toujours avoir accès au contrôle médical aux hôpitaux. Alors, ça, c'est une des options qui est possible surtout au début de la grossesse. Après, il y a beaucoup de personnes qui choisissent d'aller à l'étranger pour être traitées bien, pour ne pas avoir avec le système qui n'est pas favorable aux femmes en Pologne.
Alors, ils partent à l'étranger. Il y a des organisations aussi qui informent dans quel pays, sur quelles conditions, pour combien d'argent ils peuvent se rendre à l'étranger. Mais juste, je voulais dire que ça, c'est une option qui est accessible aux femmes qui ont des ressources. D'abord, qui savent quoi faire et qui ont de l'argent parce que pour aller à l'étranger, ils doivent payer beaucoup d'argent pour s'y rendre, pour payer la clinique, etc. Mais aussi, je voulais vous juste dire que nous, on assiste les femmes à avoir l'accès à l'IVG, aux hôpitaux polonais.
Nous cherchons des experts, surtout les psychiatres, qui attestent l'état des femmes qui, vraiment, surtout quand il y a des malformations fétales et qu'il y a des maladies de fetus, les femmes sont complètement dans un état déplorable. Ils ont besoin de soutien psychologique, psychiatrique. Et il y a des psychiatres qui disent que cette femme, si elle n'a pas l'avortement, ça pose un risque à sa santé mentale. Sur cette base, elles peuvent avoir l'accès à l'avortement aux hôpitaux polonais, mais ce n'est pas facile. Dernière petite question
et on va faire tourner. Il y a encore des médecins qui osent braver la loi. On sait que c'est un pays catholique, la Pologne. Il y a la clause de conscience des médecins. Ils refusent tous. Vous avez des courageux médecins qui bravent la loi polonaise en Pologne.
Voilà. C'est assez compliqué pour les médecins aussi, mais même si je comprends la difficulté des médecins, parce qu'ils peuvent être pénalisés, je pense qu'ils doivent se rappeler qu'il s'agit de la vie, de la santé de la femme et c'est l'obligation de les aider, même si ça ne devrait pas poser des questions. Il y a toujours des médecins qui le font, mais ils le font, ils essayent de le faire selon la loi.
Merci. On reviendra sur la question de l'avortement, si vous voulez bien, en Pologne, à la Hongrie également et les sanctions manifestement de l'Union européenne n'ont pas beaucoup d'effet sur le sujet. Merci, Ursula. Katayoun, à vous. Vous m'avez dit en préparant ce colloque, je ne parlerai de moi que si ça sert la révolution en Iran, si ça donne un écho à ce qui se passe. Dans ce pays, c'est tout un pays qui se soulève, ça a commencé avec les femmes mais ça va bien au-delà et malgré la répression féroce des mollas, le mouvement ne faiblit pas, il prend d'autres formes.
Exactement. D'abord, bonjour à toutes et à tous. Je suis vraiment honorée d'être parmi ces femmes extraordinaires.
Je suis une simple productrice et distributrice de cinéma iranien dans le monde et en fait, je n'ai pas l'habitude d'être ici devant la caméra, ma place est derrière mais comme Myriam a bien expliqué, j'ai décidé quand je suis venue pour le festival de Bénise pour montrer le film que j'avais produit à Azerbaïdjan et qu'après, j'étais très heureuse de retourner en France et retrouver mes enfants parce que j'ai mes enfants qui vivent ici et de retourner au mois d'octobre en Iran parce que ma vie est en Iran et avec la mort, le meurtre de Marsa Amini, j'ai compris étant iranienne, ça c'est une révolution.
Donc, j'ai décidé de rester et de faire mon travail qui est de produire un film documentaire sur cette révolution et depuis, comme j'ai pris la parole, j'ai enlevé mon voile après 35 ans de travail. Donc, je ne peux plus retourner en Iran et je ne veux pas parler de moi et je veux expliquer qu'est-ce que c'est d'être une femme vivant en Iran. suivant mon parcours, vous allez un peu comprendre qu'est-ce que c'est la vie en Iran. Donc, je suis née à Téhéran mais à 14 ans, j'ai été envoyée par mes parents en France pour finir mon lycée et quelques mois avant la révolution, c'était juste en 1979.
Donc, très tôt, j'ai dû suivre non seulement l'évolution de la révolution en cours mais aussi la guerre Iran-Irak à travers la télévision française. En 1983, j'ai décidé de retourner en Iran et de rejoindre ma famille que je n'avais pas vue depuis 4 ans et vivre avec eux cette guerre je me sentais coupable d'être en France et j'étais seule j'avais j'avais même pas j'avais 18 ans et je voulais vivre ça avec mes compatriotes. Donc, de mon retour j'ai trouvé un pays transformé totalement.
La place de la femme était la femme était une citoyenne de deuxième classe et non seulement les femmes devaient respecter le voile mais aussi un code vestimentaire très estrit on ne pouvait vraiment pas être soi-même c'est-à-dire que moi j'étais élevée dans une famille laïque et toutes les terranaises au moins même voilées avaient l'habitude d'avoir une vie sociale une vie normale mais là on devait être une autre personne c'est-à-dire se voiler se montrer qu'on fait la prière se montrer qu'on est pour la révolution et avoir une double identité donc dans ces conditions j'ai décidé de passer le concours national parce que après la révolution pendant 5 ans ils ont fermé l'université pour faire une révolution culturelle et le islamiser l'université donc il fallait passer l'arabe que je n'avais pas appris ou des matières islamiques l'histoire de la révolution pour passer et ce concours et je l'ai passé j'ai pu être acceptée à l'université de Téhéran en littérature française en même temps j'ai été embauchée à la fondation de cinéma Farabi Foundation c'était une société étatique pour la promotion du cinéma iranien à travers le monde malgré que c'était une opportunité incroyable parce que j'ai fait la connaissance de monsieur Abbas Kiarostami des grands cinéastes iraniens et j'ai pu travailler avec eux mais j'ai tout de suite compris que je ne pouvais jamais progresser j'étais en charge par exemple des festivals mais mes collègues qui venaient d'être embauchés après un mois ils allaient à Cannes ou à d'autres festivals présenter les films que moi j'avais travaillé et moi je devais suivre ce qu'ils ont ce qu'ils faisaient par lire leur compte rendu de leur voyage et quand je demandais pourquoi moi qui est en charge de ce cash je ne peux pas aller ils me disaient non non vous êtes une femme vous ne pouvez pas représenter c'est un régime islamique donc après six ans de travail et malgré que j'ai adoré mon travail j'ai compris je dois démissionner j'ai démissionné et je me suis concentrée à mes études j'ai été acceptée au master de la littérature française encore à l'université de Téhéran jusqu'à 2000 non 1994 qu'un ancien collègue m'a invité de confonder Sima Media International une société semi-privée qui cette fois non seulement présentait les films iraniens à l'étranger mais aussi les programmes de la télévision iranienne et donc c'était une opportunité pour moi cette fois de faire mon travail qui était chercher les programmes exportables à la télévision iranienne qui était très très riche parce que c'était les programmes avant la révolution et aussi produire des jeunes talents et j'avais compris que si je veux travailler dans ce pays il ne faut pas que je sois une petite timide quand on me dit tu fais ça je dis d'accord il faut aller demander mon droit et cette fois-ci j'ai dit écoutez si vraiment je ne peux pas aller à l'étranger je ne peux pas représenter mes films je suis la directrice des affaires internationales je démissionne je ne fais pas ce travail et que mes collègues prennent mes fruits donc cette fois ils ont dit ils étaient obligés de dire oui parce que j'avais essayé pendant toutes ces années de travailler dur et ils ne pouvaient pas s'en passer de moi donc ils ont dit oui et j'étais la première femme qui a présenté à l'étranger des films iraniens en France ou dans d'autres pays et après neuf ans de travail et j'ai compris que je pourrais maintenant être indépendante et je peux créer ma propre société qui s'appelait Chezade Média International et cette société c'était la première société privée pour la vente et la production et la coproduction des films indépendants iraniens documentaires et films et donc c'était en 2001 j'ai pu accompagner des réalisateurs talentueux au début de leur carrière comme Askar Faradhi comme Mohamed Rasulov et en 2011 comme Charles Média est devenu vraiment une des sociétés les plus succès et sous le gouvernement conservateur de monsieur Ahmadinejad on m'a fait savoir que on ne veut plus de ce cinéma indépendant et surtout on ne veut pas que les étrangers voient notre film parce que ils donnent une mauvaise image voilà et moi comme j'étais une société privée je n'ai pas écouté et un beau jour ils sont venus m'arrêter dans ma maison avec 5 personnes et m'ont amenée à la prison d'Evine et à 10h du soir et j'ai passé un mois dans un confinement solitaire et j'avais des interrogations pendant le soir à 10h 11h du soir et donc je n'ai pas accepté de faire des confessions télévisées obligatoires et donc ils étaient après un moment comme il y avait une campagne très importante pour moi à l'étranger en France surtout donc ils étaient obligés de me libérer et une fois que j'étais libérée ils m'ont comme ils ont ils avaient retiré mon permis de travail de ma société je ne pouvais plus travailler avec cette société donc j'ai dû venir en France et j'ai créé une société qui s'appelle No Repurchers en France en 2012 et une fois j'ai créé cette société je suis retournée en Iran là ils étaient choqués parce qu'ils ne pensaient absolument pas que j'ai toutes les possibilités de vivre en France la France c'est mon deuxième pays et je reviens en France en Iran et je recommence exactement la même chose alors ils m'ont appelé ils ont dit non non vous n'avez pas le droit de travailler je dis vous avez moi je suis une société française est-ce qu'une société française a besoin d'une permission elle dit ben non je dis alors je peux travailler donc j'ai continué mon travail et jusqu'à aujourd'hui No Repurchers a distribué a montré a produit des films iraniens qui étaient très très réussis réussis ils ont été montrés dans des grands festivals comme Cannes Venise Berlin et j'avais l'honneur aussi d'être membre de jury à plusieurs reprises et la dernière fois j'étais membre de jury à la compétition de festivals de Cannes et j'ai collaboré avec beaucoup de chaînes de télévision pour la production des films iraniens comme Arte je me permets
de vous interrompre parce que il faut laisser le temps peut-être une dernière question on n'a pas parlé de ce qui se passe en Iran mais vous en avez parlé à travers les entraves que vous avez connues subies même si on connaît la richesse du cinéma iranien et heureusement on peut voir ces films un mot sur ce qui se passe pourquoi c'est si important que les voix iraniennes aussi à l'étranger relaient ce qui se passe à l'intérieur du pays il y a eu des exécutions des arrestations extrêmement nombreuses il y a même des des soupçons d'empoisonnement de fillettes par le régime
voilà d'un mot ce qui se passe c'est pas une révolution propre à l'Iran c'est une vraie la première révolution féministe dans le monde quel est le slogan de cette révolution femme vie liberté alors moi je demande à toutes les femmes et à tous les hommes féministes d'être la voix des iraniens ils demandent simplement la liberté c'est tout et c'est c'est une révolution qui va être réussir mais on a besoin d'aide des occidentaux pour pour être non seulement la voix mais prendre des décisions politiques fortes de nous aider c'est ils ont gazé 5000 écolières dans les écoles ils ont fermé les écoles ils ont envoyé des boules de gaz empoisonné ces écoles parce que les écolières étaient très très actives dans les manifestations ils ont déchiré dans les classes les photos d'Ali Khamenei et d'Ayatollah Khomeini ils ont fait droit d'honneur à leurs photos ils ont sorti des écoles ils ont protesté et ils ont dit ils ont enlevé leur voile et ce qui est très très beau et que je veux dire que c'est pas vraiment les iraniennes sont comme les femmes ici présentes dans la salle ce qui est très très beau à mon avis c'est que les hommes aussi ont accompagné ces femmes par exemple pour les écolières les écoliers ils ont pas ils ont décidé de ne pas aller à l'école alors ils se sont pris en photo et ils ont dit que jusqu'à ce que les filles ne vont pas à l'école on va pas à l'école non plus et ils ont dit filles égales garçons
bon l'égalité revendiquée en Iran merci Katayoun Sebaï on aura j'espère l'occasion de revenir sur la situation en Iran voilà dont le le soutien de la communauté internationale est si essentiel l'Afghanistan à présent Anarkali Onarvar je vous demande d'être concise vous êtes de toute façon extrêmement percutante donc merci d'être un peu plus concise évidemment on pense au retour des talibans au pouvoir et le bilan est dramatique Anarkali si vous voulez rester assise vous pouvez prendre le micro juste devant vous vous l'avez dit Yael Brunpivet les filles sont interdites d'éducation la situation économique est dramatique il y a des risques de famine aujourd'hui en Afghanistan et vous qui avez été élue en Afghanistan en Arkali qui vivez en Inde aujourd'hui vous vous battez aussi pour les minorités non musulmanes dans un pays totalement verrouillé c'est dire si le défi est de taille bonjour à tous excusez-moi je ne parle pas français excusez-moi parce que je ne peux pas parler en français bonjour à tout le monde je vous remercie pour cet événement et pour m'avoir invité et parler sur la situation des minorités religieuses et sur les femmes afghanes aujourd'hui le 8 mars c'est la journée de solidarité avec les femmes c'est pourquoi nous devons renouveler nos engagements contre les inégalités qui existent dans le monde entier je représente une minorité religieuse et j'étais la première députée afghane non musulmane et cette année-ci je faisais partie de la minorité sikh et je défendais le droit des minorités religieuses et des femmes en Afghanistan à l'époque j'étais très jeune et je pensais toujours aux inégalités qui existaient dans la société et je me préparais pour combattre ces inégalités parce que j'ai été élevée dans une famille dans laquelle on m'a éduquée donc avec l'égalité je donne des exemples de mon vécu personnel pour parler sur la situation des femmes quand j'étais élève je subissais aussi des discriminations de la part de mes camarades et je recevais des humiliations parce que j'étais différente de notre religion où on me prenait par exemple la nourriture que ma mère me donnait c'était pareil pour d'autres élèves des minorités sikh c'est pourquoi les sikhs et les hindous les nouvelles générations étaient donc privés de l'école et de l'éducation moi j'étais dans une famille qui était la seule où on pouvait suivre une éducation normale et c'est pourquoi je remercie mes parents ensuite la situation des sikhs et des hindous en Afghanistan était différente sous différentes périodes et nous avons vécu beaucoup de discriminations les lois et la constitution afghane étaient discriminatoires à l'égard des minorités sikhs mais la constitution après 2001 surtout l'article 22 qui concernait qui mettait l'accent sur l'égalité et la justice entre les différentes ethniques mais à côté il y avait aussi des discriminations par exemple le président devait être un musulman ce qui était discriminatoire mais nous nous voulions combattre les efforts que j'ai fait en plus même si j'étais mon seule voix à l'époque où je travaillais à la commission des droits de l'homme en Afghanistan après j'étais au parlement pendant toutes ces périodes je faisais des efforts pour combattre pour que les enfants des sikhs et des hindous puissent suivre l'éducation c'est pourquoi nous avons réussi à ouvrir des écoles privées pour les enfants des sikhs et des hindous ensuite au parlement afghan après au sénat aussi il y avait une place qui a été consacrée à la minorité hindoue et dans la et donc c'était moi qui étais dans ce siège au sénat afghan en Afghanistan à part ces discriminations à l'encontre des hindous et des sikhs il y avait à côté il y avait d'autres lois des règlements qui nous soutenaient mais les monastes sécuritaires très très graves étaient aussi très présentes nous avons confronté aux attaques meurtrières 22 nous avons reçu des monastes de la part de 22 groupes terroristes du monde entier c'est pourquoi beaucoup de sikhs et des hindous ont dû s'exiler et partir à l'étranger même avant 2001 je fais allusion brièvement à la première période des talibans ils ont annoncé une déclaration discriminatoire à la radio selon laquelle les non-musulmans en Afghanistan peut-être qu'à l'époque il y avait aussi des juifs mais plutôt des sikhs et des hindous ils ont annoncé à la radio que les non-musulmans dont les sikhs et les hindous ils n'ont pas le droit d'exercer un emploi à la fonction publique ou bien dans le secteur privé mon père qui travaillait donc il a perdu son travail il a reçu des menaces donc c'est pourquoi nous avons dû quitter la province dans laquelle on vivait à l'époque des talibans première en 1996 et c'est pourquoi mon fils donc il a beaucoup su faire après donc ils ont annoncé que les sikhs et les hindous ne devaient pas communiquer avec d'autres communautés avec les musulmans par exemple un commerçant un sikh n'a pas le droit d'aller voir un commerçant musulman donc c'est ainsi que tous les sikhs et les hindous qui vivaient aussi avec les musulmans qui avaient pris qui avaient lu une maison ils n'ont pas le droit donc toute communication était interdite entre les sikhs et les musulmans et interdit de montrer aucun signe qui fait révéler que la personne appartient à la minorité sikh ou hindous c'est pourquoi mon fils a perdu mon père a perdu son emploi donc je me rappelle les moments où on n'avait même pas à manger le soir et à l'époque de la république islamique entre 2001 2021 c'était beaucoup plus mieux pour nous il y avait une possibilité de compatre pour nos droits il y avait aussi des soins donc des mesures pour soutenir la minorité sikhs et hindous à l'époque de la république islamique mais malheureusement à la chute de kaboul en août 2021 on était à peu près 60 familles en afghanistan et nous avons dû quitter le pays le 22 août 2021 je sens toujours donc les conséquences les effets de ce départ à la hâte nous avons dû partir à la hâte avec un sac vers un avenir incertain après nous sommes allés en Inde nous étions pendant sept mois en Inde il y avait aussi d'autres sikhs et hindous avec nous dans l'avion qui nous a conduits vers l'Inde mais malheureusement là-bas aussi et depuis nos lieux de culte ont été attaqués ont été visés depuis la reprise de pouvoir par les talibans et trois personnes ont été mortes une autre fois les soldats talibans sont intervenus dans notre lieu de culte en Afghanistan et ils ont détruit tous les matériels et le garde qui était un musulman ils l'ont battu ensuite ils voulaient aussi faire d'autres dommages donc les voisins sont intervenus donc les monas sont tellement présents c'est que maintenant nous les hindous les sikhs nous ne pouvons pas du tout vivre en Afghanistan c'est pourquoi les derniers qui habitaient en Afghanistan ils ont dû aussi s'exiler un autre point important c'est que nous ne sommes pas dans notre pays mais nous nous sommes les habitants les résidents principaux d'Afghanistan on nous dit toujours que nous sommes des hindi que nous venons de l'Inde mais non nous sommes des afghans originaux qui étions en Afghanistan donc avant l'islam il y avait aussi d'autres religions moi je suis sikh et puis à cette religion ça remonte à 500 ce que je demande je remercie tout d'abord au gouvernement afghan français pour leur accueil des afghans après la chute de Kaboul je remercie l'ambassadeur de France en Afghanistan et ses d'autres amis qui ont aidé les afghans je pense que c'était le 21 août que l'ambassade a été fermé et jusqu'où là donc ils ont aidé les recertissants afghans en danger donc nous nous avions beaucoup de difficultés dans la famille on avait des membres de ma famille qui étaient malades on avait beaucoup de difficultés pour sortir jusqu'à l'arrivée de l'aéroport mais nous avons pu arriver en Inde ensuite en Inde nous avons fait la demande du visa pour la France et donc j'ai été aussi candidatée pour l'initiative Marianne en 2022 j'ai été élue donc c'était une occasion unique pour moi pour connaître la société française pour faire connaissance aussi avec les activistes en France donc ça fait 11 mois que j'habite en France ce que je demande alors j'ai dit que c'est nous sommes le 8 mars les intervenantes ont bien parlé des inégalités avant moi nous au 21ème siècle les afghans les filles et les femmes sont privées de leurs droits fondamentaux je vous demande de faire entendre nos voix j'ai entendu hier que le Parlement européen a sanctionné des autorités talibanes pour moi ce n'est pas du tout suffisant de ces mesures ils ont sanctionné le ministre de l'enseignement supérieur et aussi le ministère de la prévention du visa mais ce n'est pas du tout suffisant parce que toutes leurs décisions les décisions qu'ils prennent ça ne vient pas seulement de ces deux ministres parce que ça vient avant ces situations alors à l'époque où il y avait les négociations de paix à Doha nous on criait on disait que les talibans n'ont pas de tout changé mais ils sont pires maintenant et maintenant aujourd'hui nous voyons bien qu'ils savent bien comment agir ils ont commencé ils ont repris les arrestations les lapidations sans qu'il y avait une justice les femmes n'ont pas le droit de travailler elles n'ont pas le droit de travailler aussi dans les ONG elles n'ont pas le droit à l'éducation je vous demande au nom du 8 mars le 8 mars ce n'est pas seulement pour féliciter donc cette journée mais il faut rappeler nos responsabilités importantes je sais que dans le monde entier il y a beaucoup de femmes qui souffrent mais on ne peut trouver nulle part dans le monde la situation des femmes comme en Afghanistan les violences faites aux femmes en Afghanistan aujourd'hui sont exceptionnelles donc aujourd'hui une femme en Afghanistan quand elle subit la violence on ne sait pas comment elle peut comment elle peut faire entendre sa voix comment elle peut demander la justice la liberté d'expression est totalement partie en Afghanistan et toutes les activistes socials afghanes qui crient qui parlent en Afghanistan depuis un mois et demi elles se font arrêter et leurs familles reçoivent des monastres je demande à la communauté internationale au Parlement européen et surtout à la France de ne pas laisser les talibans exercer de cette manière les viols des droits des femmes aujourd'hui les talibans ils regardent aussi la situation en Iran mais il y a des différences entre l'Iran et l'Afghanistan en Afghanistan la différence c'est que les filles ne peuvent même plus aller à l'école il y a deux jours les universités ont ouvert mais sans la présence des filles les filles quand même elles ont protesté mais elles recevoient des monastres et après elles ne peuvent plus parler et le monde entier peut demander pourquoi vous les exilés pourquoi ceux qui sont en Afghanistan pourquoi ils ne parlent pas je vous dis que là-bas c'est très difficile pour les familles parce qu'il n'y a pas de soutien parce qu'il y a beaucoup de menaces je répète c'est bien d'être ensemble au nom de cette journée des droits de la femme de se mobiliser pour que les talibans qui empêchent les femmes et les filles d'aller à l'école c'est parce qu'ils veulent propager le terrorisme le fondamentalisme donc ils veulent imposer leur propre idéologie c'est pourquoi ils mettent donc dans cette situation l'éducation c'est le seul moyen du progrès de l'émancipation pour les hommes mais aussi pour les femmes et ainsi avec l'éducation on peut attendre une bonne éducation dans tous les pays je demande au Parlement et aux Français qui ont toujours soutenu l'Afghanistan de ne pas laisser seuls les Afghans et les Afghans qui souffrent des inégalités et des répressions et je demande aussi des sanctions strictes à l'hélière des talibans à Narcali on entend la femme politique que vous êtes et je suis sûre que dans la salle les diplomates présents entendront votre appel appel à la France au nom du 8 mars et appel à l'Union Européenne Samantha il va falloir faire court parce que je voudrais vraiment qu'on garde au moins un bon gros quart d'heure 20 minutes pour l'échange Samantha C'est à vous vous travaillez pour les Nations Unies vous êtes juriste née au Zimbabwe vous allez nous parler de l'esclavage moderne la traite des êtres humains elle existe et c'est un phénomène de grande ampleur dans beaucoup de pays
Merci pour la parole et Miriam m'a encouragée de convaincre un peu de parler en français en public mais je vais essayer je suis d'un pays anglophone comme elle a dit je travaille dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes quelquefois sur les niveaux politiques on l'appelle l'esclavage moderne mais le terme défini par les instruments des Nations Unies c'est la traite des personnes et juste pour être sûr que nous parlons de la même chose la traite des personnes c'est quand quelqu'un est recruté ou transporté ou hébergé utilisant la force ou la tromperie ou d'autres moyens au bout d'exploitation souvent c'est confondu avec le trafic illicite de migrants et ça consiste à faciliter l'entrée illégale de quelqu'un à la fin d'obtenir un avantage financier ou autre avantage matériel le coeur de la traite c'est l'exploitation et avec la traite c'est pas nécessaire même de traverser un frontier donc par exemple nous avons notre rapport le rapport des Nations Unies de l'année dernière qui inclut quelques données de la France et de données de beaucoup de pays plus de 100 et là en France par exemple la majorité de victimes sont français qui sont détectées ici mais il y a aussi les autres nationalités comme les gens de Roumanie de Nigeria vous pouvez voir c'est en ligne les données sont toutes là mais c'est important de voir que l'exploitation sexuelle ce n'est pas la seule raison pour laquelle les gens sont victimes de la traite il y a aussi le travail forcé il y a l'esclavage il y a la servitude domestique il y a le prélèvement des organes pour moi oui pour moi la la lutte contre la traite des personnes est très liée à la défense des droits des femmes parce que toujours les femmes ont été toujours la majorité des victimes de la traite en ce moment ce sont 60% des victimes détectées au niveau du monde ma première rencontre avec la traite c'était dans un contexte des réfugiés je travaillais en Afrique du Sud avec une organisation légale appelée Lawyers for Human Rights et ma cliente était une femme qui avait survit le génocide rwandais quand elle fouillait sa pays au Congo elle était kidnappée elle était enlevée par un groupe armé et il y a beaucoup qui s'est passé elle était volée collectivement elle a eu deux enfants de vol elle était frappée elle a subi beaucoup de traumatismes elle a décrit à moi un état mental de de perdre de temps de lieu mais enfin elle est arrivée en Afrique du Sud et avec ses hommes elle ne savait pas encore parler anglais donc un membre du groupe armé a dit qu'elle était sa femme donc elle a continué en Afrique du Sud de vivre comme une esclave avec cet homme pendant très longtemps et c'était après l'intervention d'un NGO ONG qu'elle était découverte et s'écurée bien sûr je pouvais l'aider avec les problèmes avec statut de réfugié et la violence domestique en Afrique du Sud mais j'avais toujours un profond sentiment d'injustice que personne n'était pas convi pour la totalité des violations contre cette femme dès l'été kidnappée au Congo donc quand j'avais l'occasion de travailler pour les Nations Unies dans ce domaine de la traite de la traite j'ai vraiment le saisi au début je ne savais pas quel type d'impact je pouvais avoir aux Nations Unies parce que mon travail est avec les institutions c'est au niveau institutionnel et je me sentais un peu loin des individus qui sont affectués mais j'ai voulu je commençais à voir vite que c'est vraiment possible de faire une différence par exemple j'étais en Afrique australe travaillant avec 15 pays les aidant à élaborer les lois contre la traite des personnes et l'un de ces pays était mon propre pays Zimbabwe et trois mois après la loi a été publiée 200 femmes étaient identifiées au Kuwait elles étaient repatriées et aidées donc pour moi j'ai dit c'est pas mauvais on peut faire quelque chose qui peut aider beaucoup de personnes j'ai travaillé aussi avec beaucoup de pays en Asie et au Moyen-Orient donc je suis très heureux de voir ici les femmes d'Iran et d'Afghanistan et là l'un des choses que j'ai faites il y avait un réseau régional des femmes qui travaillent de répondre à la traite comme j'ai mentionné avant les femmes sont les plus touchées par la traite mais dans la réponse leur représentation est très faible donc pour moi j'ai tenu beaucoup de satisfaction à aider les femmes à prendre un espace sur la table où les décisions sont faites de la manière de répondre à la traite et maintenant j'essaie de continuer de faire ça dans mon travail courant au niveau mondial je vais conclure par dire que la traite est vraiment évitable et nous devons tout faire mieux pour les femmes et aujourd'hui c'est un bon jour de réfléchir sur ceci merci
merci beaucoup merci Samantha Mounodawafa de nous avoir éclairé et de nous avoir quand même donné de l'espoir et merci pour le français Nouraï Simsek vous êtes la dernière combattante à prendre la parole et on va ensuite conclure avec Delphine vous avez entendu tous les appels à l'intervention de la France de l'Union Européenne call for action vous pourrez dire ça et vous répondrez qu'est-ce que peut faire la France Nouraï Simsek vous êtes syndicaliste vous êtes professeur de philosophie vous avez dit quitter la Turquie après le coup d'état le coup d'état manqué contre Erdogan en 2016 vous êtes une activiste merci
hello everyone first of all I want to say something tout d'abord je voudrais dire un mot important en tant que Turc ayant perdu des amis et des proches dans le tremblement de terre j'aimerais vous remercier personnellement pour la solidarité internationale suite à ce tremblement de terre plus de 45 000 morts et nous sommes en deuil mais je sais que vous êtes avec nous avec votre coeur merci beaucoup Myriam l'a dit je suis professeur de philosophie et je suis membre et militante d'association de défense des droits de l'homme et le syndicat des travailleurs dans l'éducation et la science en Turquie nous le savons tous nous sommes tous menacés par des violations des droits de l'homme ces violations ont lieu tout près et la Turquie n'est pas très loin et j'aimerais vous citer quelques exemples et quelques expériences je ne vais pas prendre trop de votre temps vous le savez certainement en 2016 il y a eu une tentative de coup d'état en Turquie suite à quoi des centaines de milliers de personnes ont été licenciées par le gouvernement moi j'en faisais partie sans raison sans enquête pour moi j'étais licenciée du jour au lendemain après 12 ans de travail comme enseignante en raison de mes opinions politiques enfin je dis on a été licenciées oui mais c'était plus que cela nous avions une interdiction de travailler d'avoir accès à la sécurité sociale d'être élus et de voyager et bien d'autres restrictions donc ce n'était pas que la perte de l'emploi en fait ils ont essayé de nous casser plus d'hommes ont été touchés que des femmes mais la situation était plus grave pour les femmes parce que nous avons perdu notre carrière nous avons perdu notre indépendance financière et nous sommes devenus redevenus dépendants de nos familles de nos maris en Turquie il est très difficile de gagner son indépendance en tant que femme et ils nous ont tout pris en fait ils ont cherché à nous évincer de la vie sociale en tant que femme pendant environ deux ans nous avons organisé des protestations dans la rue avec notre syndicat quatre jours par semaine des sit-ins et nous avons fait des communiqués de presse nous avons rencontré des ONG d'autres autorités nous avons mené des campagnes
c'était des manifestations
pacifiques et pourtant nous avons été détenus et battus à de nombreuses reprises nous avons eu des procès et aujourd'hui sept ans plus tard rien n'a changé et il y a encore des milliers de personnes comme moi dans une situation parfois très grave parfois en prison depuis des années donc j'ai protesté pour retrouver mes droits j'ai également travaillé pour une organisation de défense des droits humains à Istanbul je menais des enquêtes je recevais des lettres des contacts et ceci m'a permis de constater le très grand nombre de violations de droits humains dans différents domaines je suis très bien placée pour le constater mais les femmes sont toujours punies par deux fois elles ont toujours la double peine parce qu'elles sont femmes et les deux dernières années ont été très difficiles pour les femmes en Turquie la Turquie s'est retirée de la convention d'Istanbul vous le savez certainement et de manière tout à fait illégale c'était en 2021 et c'est une convention très importante pour prévenir les violences contre les femmes
surtout pour un pays
comme la Turquie des pays avec un patriarcat traditionnel après ce retrait de la convention d'Istanbul on a constaté une augmentation très rapide de féminicides et de décès suspects de femmes d'après la plateforme arrêter les féminicides 234 femmes ont été tuées par des hommes en Turquie et 235 femmes ont connu un décès suspect nous le savons toutes et tous que les féminicides sont de nature politique c'est en lien avec la vie politique pourquoi tant de violences contre les femmes et tant de féminicides cela reflète les attitudes gouvernementales qui impactent la vie des femmes partout dans la rue en prison chez elles sur le lieu du travail partout même dans des situations extraordinaires où toute la société est impactée les écoles la pandémie les tremblements de terre même dans ces moments là les femmes souffrent plus que les hommes en raison de ces mentalités misogynes après le tremblement de terre nous l'avons constaté encore une fois des gens ont perdu leurs proches leurs amis leur maison il y a des vies entières détuites des centaines d'enfants se retrouvent orphelins parfois des tout petits bébés qui ne parlent pas encore mais on a dit qu'on ne peut adopter ces enfants on ne peut qu'être famille d'accueil pour des raisons religieuses parce que sur le plan religieux il est possible d'épouser les toutes petites filles à l'avenir et donc on ne peut pas les adopter c'est impossible de comprendre ces mentalités rétrogrades après le tremblement de terre des organisations de défense des femmes sont intervenues dans la région pour noter qu'il y avait tant de violence contre les femmes même dans les camps de réfugiés dans les tentes et les femmes étaient tout de suite remises au travail pour faire la cuisine pour s'occuper de tout le monde et n'avaient même pas le temps de faire leur deuil j'aimerais signaler un autre point les pays européens devraient accorder à des femmes qui se défendent pour protéger leur vie le droit d'asile la Suisse a accordé le droit d'asile à Yassa Aminka donc on s'attend à un geste semblable
des autres pays européens
et j'aimerais revenir sur un slogan qu'on exprime depuis des années
femme
vie liberté
merci
merci beaucoup
Delphine O la transition est toute trouvée on vous demande des droits d'asile est-ce que ça fait partie de la diplomatie féministe j'ai découvert l'expression qui est en construction que peut faire la diplomate que vous êtes pour le droit des femmes concrètement et avec quels moyens
merci d'abord merci beaucoup madame la présidente chère Yael de me permettre de revenir pour quelques heures dans cette maison qui m'est chère un salut amical aux anciens et anciennes collègues ainsi qu'aux ambassadrices et aux ambassadeurs présents dans la salle alors j'ai une tâche un peu difficile c'est d'être extrêmement brève et en même temps de répondre à toutes les interpellations qui ont été faites ici par nos combattantes de la liberté envers la France l'Europe et le monde en général je me sens un peu petite comme toi chère Yael après ces témoignages de courage de résilience de force de la part de vous toutes mesdames merci beaucoup et en même temps je me sens réénergisée redynamisée dans mon engagement et notamment mon engagement professionnel parce que j'ai la chance d'avoir un des meilleurs jobs au monde après présidente de l'assemblée nationale qui est d'être ambassadrice pour les droits des femmes au Quai d'Orsay et donc très pratiquement mon quotidien c'est exactement ça c'est d'être au service de ces femmes que vous avez entendues aujourd'hui mais aussi de millions de femmes partout dans le monde qui n'ont pas la chance d'être avec nous aujourd'hui à Paris et à l'assemblée nationale l'engagement de la France pour soutenir et défendre les droits des femmes partout dans le monde il n'est évidemment pas nouveau il n'est pas récent la France patrie des droits de l'homme ou je devrais plutôt dire patrie des droits humains mais il a été vraiment renforcé et systématisé depuis quelques années sous l'impulsion du président de la république et dans le cadre notamment de notre diplomatie féministe alors qu'est-ce qu'une diplomatie féministe il me semble qu'on peut la caractériser de deux manières mais chacun aura sa propre définition en tout cas pour la France depuis 2018 nous avons décidé de donner une priorité extrêmement importante à la promotion des droits des femmes et à la défense de l'égalité de genre dans l'ensemble de nos actions et je dirais au même titre que d'autres priorités que nous avons dans notre diplomatie notre diplomatie de sécurité internationale notre diplomatie de défense des intérêts économiques de la France notre diplomatie environnementale etc.
et donc nous avons à la fois renforcé les initiatives les projets j'en dirais quelques mots en réponse à ces crises à ces défis à ces besoins à ces demandes des féministes partout dans le monde nous avons aussi renforcé notre financement d'aide publique au développement pour soutenir l'égalité de genre partout dans le monde mais c'est aussi avoir une approche qui est vraiment globale et systématique et c'est aussi mettre à jour les liens qu'il y a entre la défense des droits des femmes et toutes les autres priorités je pense évidemment au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde et je pense à la situation des femmes en Ukraine je pense aussi à une priorité que nous partageons toutes et tous ici la lutte contre le changement climatique il y a un lien évident entre la promotion de la place des femmes la défense des droits des femmes et la lutte contre le changement climatique il y a aussi des liens peut-être moins évidents entre notre commerce extérieur et notre diplomatie commerciale et économique et la défense des droits des femmes et je pourrais ainsi décliner toutes les intersections tous les liens qu'il y a entre cette priorité qu'est les droits des femmes et tout le reste de notre action extérieure et j'aurais dû commencer probablement par une de nos priorités aujourd'hui la priorité de la ministre Catherine Collena qui est celle de la promotion de la démocratie du renforcement des démocraties et de l'état de droit partout dans le monde car contrairement à ce que nous avons peut-être naïvement et collectivement cru les démocraties ne sont pas inébranlables elles ne sont pas inattaquables elles sont aujourd'hui attaquées de toutes parts y compris de l'intérieur y compris par des chefs d'état et de gouvernement démocratiquement élus je vais donner quelques exemples de la façon dont nous avons déployé cette diplomatie féministe depuis 4 à 5 ans en essayant de répondre aux différentes demandes et aux différents sujets qui ont été abordés ici on a parlé droit à l'avortement on a parlé féminicide violence basée sur le genre on a parlé mutilation génitale féminine avec le droit à la pardon avec les problèmes d'excision on a parlé traite des êtres humains on a parlé démocratie alors d'abord je voudrais saluer l'initiative Marianne puisqu'elle a été mentionnée ici nous avons deux lauréates donc Anarkali en arrière et docteur Nagam qui sont des lauréates de cette initiative qui est toute récente elle a seulement deux ans elle a été lancée l'an dernier par le président de la république à l'occasion du forum génération égalité j'y reviendais cette initiative qui vient en accompagnement en soutien à des défenseurs des droits humains et particulièrement à des femmes qui se battent pour les droits des femmes l'an dernier nous avons accueilli une quinzaine de femmes dont nos deux lauréates qui sont ici en France pendant six mois et plus pour certaines nous les avons fait venir en France nous les avons accueillis ici logés nous leur avons donné une bourse et surtout nous leur avons donné accès à toutes les institutions françaises le parlement le gouvernement la commission nationale de droit de l'homme évidemment le ministère des affaires étrangères elles suivent également pour certaines des cours à Sciences Po nous leur avons ouvert quelque part notre portefeuille notre réseau pour les soutenir et pour leur permettre aussi de continuer leur activité cette initiative elle est aussi en soutien à certaines femmes qui sont restées dans leur pays nous leur fournissons un soutien notamment juridique pour celles qui sont devant des tribunaux ou qui sont menacées soit par des groupes armés soit par leur propre gouvernement un accompagnement social etc.
et donc cette année il y a une nouvelle promotion qui est à 50% féminine et qui sera peut-être l'année prochaine à l'Assemblée nationale une autre initiative qui me tient beaucoup à coeur et qui résonne avec votre intervention docteur c'est la création du fonds international pour les survivantes de violences sexuelles dans les conflits c'est une initiative qui date déjà de 2019 nous avons apporté notre soutien aux deux prix Nobel de la paix le docteur Denis Mukwege aussi appelé le médecin qui répare les femmes et Nadia Mourad qui est également une femme yézidi qui se bat pour la reconnaissance du génocide yézidi et pour la réparation enfin pour le soutien aux femmes qui ont été victimes des violences sexuelles et donc ce fonds apporte une aide non seulement médicale gynécologique aux femmes qui ont été victimes de violences sexuelles dans les conflits mais aussi un soutien psychosocial et aussi un soutien à la réinsertion économique à retrouver un emploi il est aujourd'hui déployé en République démocratique du Congo en Guinée et également en Irak auprès des femmes yézidis et la France est le premier pays à avoir soutenu ce fonds quelques mots sur l'Afghanistan sur l'Iran sur la Pologne en Pologne nous soutenons directement des associations féministes qui notamment fournissent des pilules abortives qui ont été mentionnées aujourd'hui pour les femmes qui sont en début de grossesse qui souhaitent procéder à un avortement certaines des femmes notamment sont des femmes ukrainiennes qui ont dû fuir l'Ukraine puisqu'elles représentent plus de 90% des exilés d'Ukraine mais quand elles se retrouvent en Pologne pour certaines déjà enceintes pour d'autres qui avaient été victimes de violences sexuelles et notamment de viols par des soldats russes nous soutenons des associations féministes qui fournissent des soins de santé sexuelle et reproductif sur place nous soutenons aussi des associations qui vont pouvoir véhiculer des femmes enceintes dans d'autres pays notamment la République tchèque la Moldavie la Roumanie où l'avortement est plus facile d'accès qu'en Pologne et nous soutenons aussi le haut commissariat aux réfugiés qui vient en aide aux femmes à toutes les femmes mais notamment celles qui ont malheureusement été victimes de violences sexuelles dans les conflits en Afghanistan nous continuons un soutien discret mais efficace à des acteurs locaux des ONG locales des ONG françaises je salue dans la salle mon collègue David Martinon ambassadeur français en Afghanistan tout en maintenant une position extrêmement ferme de refus de toute interaction de tout dialogue et de toute reconnaissance du régime taliban tant que celui-ci ne respectera pas les droits fondamentaux et la démocratie à commencer par les droits des femmes et nous avons aussi accueilli ici vous le savez plusieurs milliers de personnes en exil dont plus de la moitié sont des femmes afghanes dont la plupart sont d'ailleurs ont été ciblées parce qu'elles étaient des femmes et notamment des femmes politiques des femmes aussi artistes des femmes dans le domaine des médias etc.
Je pourrais encore donner beaucoup d'autres exemples mais je sais que que le temps presse je salie aussi la présence de ma collègue Delphine Borion qui est ambassadrice pour les droits humains qui est à l'initiative l'initiative Marianne que j'ai déjà mentionné je voulais dire aussi que les femmes sont certes victimes mais elles sont aussi actrices nous l'avons vue nous l'avons entendue aujourd'hui et nous avons à coeur de soutenir aussi notamment les femmes qui sont actrices de la lutte contre le changement climatique les femmes qui sont actrices de la révolution digitale et numérique tout en étant en soutien des femmes qui sont victimes et peut-être que s'il y a une priorité aujourd'hui de ce ministère c'est bien la défense de la liberté fondamentale basique intime de chaque femme à disposer de son corps comme elle l'entend d'avoir ou pas des enfants d'avoir quand elle souhaite des enfants de savoir des enfants comme elle veut cette liberté qui nous est si chère aussi ici avec le droit à l'IVG et nous investissons une bonne partie de notre aide publique au développement 400 millions d'euros pour soutenir les droits et santé sexuels et reproductifs l'accès à la contraception la planification familiale l'éducation à la sexualité et évidemment le droit à l'avortement merci beaucoup merci Delphine
merci pour la précision et la concision il nous reste une petite dizaine de minutes Véronique Riotton je crois que vous avez des questions peut-être à nos combattantes je vous donne la parole en premier je vais vous donner mon micro vous êtes la présidente députée présidente de la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée nationale et puis voilà on va prendre forcément moins de questions que prévues donc faites-moi signe merci Myriam une première interpellation à nouveau le fait d'être de se sentir tout petit à travers vos combats mesdames je salue la qualité de vos combats la résilience également dont vous faites preuve et puis vous avez tout témoigné l'accompagnement de la France également avant même finalement la mise en place de la diplomatie féministe donc peut-être simplement au titre de la délégation aux droits des femmes qui s'est imposée comme une vigie au fil du temps finalement nous avons nous parlementaires trois missions la première vous représentez à l'Assemblée nationale nous légiférons et nous contrôlons l'action du gouvernement et vous pouvez compter sur notre délégation dont dites DDF pour vous soutenir et une question peut-être à vous toutes comment peut-elle être une alliée pour vous sur nos trois missions je vous remercie alors pas toutes ça c'est sûr ça va pas être possible Delphine peut-être le lien en fait peut-être Ursula ou Ketayoun
Ursula oui en fait je n'ai pas réussi à dire qu'est-ce qu'ils sont nos attentes envers la France alors je veux peut-être utiliser votre question en sachant pas exactement que ce sont vos possibilités dans l'unité où vous travaillez mais en ce qui concerne les organisations féministes en Pologne nous comptons beaucoup sur la France il y a deux niveaux je pense qu'il y a un niveau concret où nous espérons vraiment que vous allez nous soutenir dans nos combats de tous les jours pour aider aux femmes qui ont besoin ici et maintenant d'avoir accès à l'avortement en clinique française dans les conditions qui sont favorables qui facilitaient cet accès très difficile en Pologne il y a aussi un autre niveau sur lequel je vous félicite en France de prendre l'initiative d'inscrire les droits à l'avortement dans la constitution alors ça c'est vraiment un succès en sachant que c'est pas facile c'est pas complètement fini mais c'est un bon voie oui c'est un bon voie mais déjà ce que vous avez dit madame la présidente tout au début c'est jamais gagné les droits des femmes sont jamais gagnés et de l'avoir inscrit dans la constitution c'est vraiment pas juste un symbole mais c'est un fait important je vous félicite pour toute cette tentative et je souhaite que ça va devenir la réalité aussi j'espère qu'on va mettre cette inscription des droits de l'IVG au niveau européen dans la charte des droits fondamentaux alors ça ce sont tous les projets que nous souhaitons à long terme que ça soit notre réalité mais aussi je pense que c'est important qu'on plaidoie pour le traitement des droits de l'IVG au sein des politiques de santé de l'Union européenne qu'on voit qu'en fait il n'y a pas l'égalité on parle de l'égalité au niveau de l'Union européenne mais il n'y aura jamais l'égalité entre nous ici si les femmes françaises ont l'accès à l'avortement facilement et les femmes polonaises elles n'ont pas alors je pense que tout ce que vous pouvez faire est de nous soutenir dans nos actions selon vos compétences ça nous vaut beaucoup parce que c'est aussi ça que nous sommes ici que je peux parler je peux parler au nombre de femmes polonaises ici je peux être entendue ça c'est déjà beaucoup mais je pense voilà qu'on peut faire beaucoup aussi ensemble pour ce que pour ce droit fondamental des femmes voilà on verra ce qu'il en est de la charte des droits européens parce qu'il faut l'unanimité
c'est tout ce qui pose problème pour parvenir à l'inscrire à ce niveau là Kataïoun vous vouliez dire un truc sur l'Iran je crois parce que vous m'avez dit maintenant c'est simple il faut des sanctions comme sur des oligarques
russes
mais pour les gardiens de la révolution
oui Iran c'est le seul pays qui a fourni des armes à Russie des drones maintenant ils font la différence dans la guerre entre Ukraine et la Russie est-ce que l'Europe accepte de perdre cette guerre ? non donc il faut aider cette révolution à réussir cette révolution comme je vous ai dit est portée par des femmes accompagnées par des hommes il faut non seulement être leur voix mais agir
si le régime tombe vous pensez que l'Iran sera stabilisé et c'est l'ensemble du monde qui en profitera aussi
c'est notre intérêt c'est votre intérêt c'est votre intérêt c'est l'intérêt du monde c'est l'intérêt si les femmes ont leurs droits dans notre région on est voisins avec l'Afghanistan est-ce qu'un pays comme l'Iran qui soit libre et que les femmes le slogan ces femmes vivent liberté n'aura pas l'influence sur l'Afghanistan on a 3 millions d'immigrés afghans en Iran bien sûr qu'il y aura une influence on est voisins avec la Russie on est voisins avec le Pakistan on a la gauche persique avec tous les pays des Émirats donc en plus la Turquie aussi on est bien sûr on aura l'influence sur la région donc c'est dans l'intérêt de la France et de l'Europe de condamner fermement moi je suis vraiment étonnée qu'il n'y a pas une condamnation forte il y a 3 mois qui sont en train de gazer les écolières dans les écoles pour les empêcher d'aller à l'école et vraiment il n'y a pas eu de condamnation forte de la part d'aucun pays européen alors sur les écolières
le régime des mollas dément c'est bien
peut-être pour ça qu'il n'y a pas encore de condamnation mais il y a des photos et il y a des il y a des films et en Iran si on peut détecter quelqu'un comme Marsa qui a une mèche de cheveux qui dépassait le foulard il y a des des caméras partout tout d'un coup toutes les caméras des écoles étaient éteintes tout d'un coup toutes les écoles étaient fermées parce que ils ne s'étaient pas rentrées et sorties les écolières tout ça c'est en temps iranien tout le monde savent que c'est le régime qui l'a fait et on ne peut pas
compter sur lui pour faire une enquête
évidemment sur le sujet exactement mais une condamnation forte ça donne du courage on a besoin d'espoir on a besoin de courage
David Martinon votre nom a été évoqué j'aimerais bien vous entendre et puis ensuite je vais laisser Yael Brown-Pizet conclure cette importante matinée vous voulez dire un mot je vous donne le micro
vous me prenez par surprise c'est un très grand honneur pour moi d'être ici Delphine a dit l'essentiel de l'action de la France en matière de diplomatie féministe pour ce qui est des afghanes je suis très fier et très heureux de voir que Anarkali est avec nous aujourd'hui elle a parlé en Darim et elle a déjà fait de gros progrès en français je ne vous renvoie pas la balle parce que je ne vais pas vous mettre dans l'embarras elle est exemplaire de ces femmes afghanes qui ont pris toute leur place pendant ces 20 ans de république qui sont maintenant condamnées à l'invisibilité dont tous les droits absolument tous les droits sont désormais rognés limités et qui pourtant ont été parmi les plus courageuses pour manifester pour faire entendre leur voix dans des conditions extrêmement difficiles et donc je vais probablement faire autre chose bientôt mais je demande à tout le monde de ne pas les oublier et voilà et en l'occurrence ce qu'a dit Delphine aussi est parfaitement clair c'est à dire que la position de la France est probablement la plus claire et la plus stricte sur la question des relations avec l'émirat Taleb et notamment sur les conditions que le conseil de sécurité a fixé à tout réengagement de relations avec cet état et il faut que le consensus demeure voilà
merci beaucoup
merci à vous
et on se souvient évidemment le contexte extrêmement tendu dans lequel vous avez organisé le départ de l'ambassade et de son personnel je renvoie à votre livre donc David Martinon ambassadeur de France en Afghanistan une dernière petite question non je donne la parole si allez rapidement et puis ensuite la présidente va conclure
merci beaucoup Périne Goulet députée de la Nièvre et présidente de la légation en droit des enfants les femmes de demain sont les petites filles d'aujourd'hui et vous l'avez très justement c'est pour ça que je me permettais de rebondir derrière ce dont vous avez parlé aujourd'hui pour moi le droit le plus fondamental qu'on doit mettre en place et je pense que vous n'allez pas me démentir c'est le droit à l'éducation des petites filles parce que tout ce que vous avez vécu madame en Guinée vous en Pologne en Iran si toutes les petites filles étaient éduquées elles pourraient lutter contre toutes ces violences qui leur sont faites alors madame l'ambassadrice auprès de l'ONU j'aimerais vraiment savoir vraiment ce qu'on peut faire pour renforcer le combat que nous avons pour que toutes les petites filles du monde puissent avoir droit à l'éducation Merci Réponse tout aussi concise même beaucoup plus rapide Delphine L'accès à l'éducation est vraiment une priorité pour le coup exprimée du président de la république pour les petites filles Deux exemples qui ne sont pas exhaustifs de tout ce qu'on fait sur l'accès à l'éducation pour les filles notamment dans les pays du sud D'une part nous participons à ce qu'ils appellent le partenariat mondial pour l'éducation qui est une plateforme multi-acteurs qui va investir considérablement pour faciliter l'accès à l'éducation à la fois dans le primaire et dans le secondaire qui est donc co-dirigée par plusieurs états et organisations internationales et fondations et nous avons été un des premiers pays à décider que 50% de notre investissement de 333 millions sur trois années serait exclusivement dédié à l'éducation des filles et à l'éducation à l'égalité des garçons et des filles puisqu'il ne faut pas aussi oublier d'éduquer les petits garçons parce qu'une partie de tout ce qu'on a entendu n'existerait pas si les garçons étaient déjà convaincus de nos objectifs d'égalité et nous menons aussi des actions beaucoup plus précises ciblées dans un certain nombre de pays nous avons annoncé en 2019 Christophe lors du G7 une initiative intitulée Priorité à l'égalité nous accompagnons nous accompagnons avec un soutien technique et financier des ministères de l'éducation nationale dans une dizaine de pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale si je ne me trompe pas pour intégrer les enjeux d'égalité filles-garçons dans les curriculums des manuels scolaires pour former les enseignants aussi aux questions d'égalité etc.
et pour financer un certain nombre d'initiatives et de projets et de programmes au sein des écoles dans ces pays-là ça c'est une initiative ciblée sur certains pays mais nous le faisons dans d'autres pays et en accompagnant les ministères de l'éducation nationale et les gouvernements en question Merci beaucoup Delphine Le mot de la fin Madame la Présidente
Est-ce que ça marche ?
Oui On se sent vraiment toutes petites et peut-être que vous aussi vous vous sentez petites finalement par rapport au combat des autres et je pense que face à ce combat de l'égalité partout pour toutes nous avons besoin d'engagés et vous êtes de celles qui s'engagent nous avons évidemment besoin d'hommes engagés aussi le combat de l'égalité est un combat que nous devons partager nous avons besoin d'engagés nous avons besoin de courageuses et chacune vous avez témoigné de ce courage-là qui est celui dont vous avez fait preuve à un moment de vos vies en vous disant qu'il ne fallait pas vous résigner qu'il ne fallait pas accepter qu'il fallait vous redresser et qu'il fallait vous battre vous battre pour vous-même mais aussi vous battre pour toutes les autres pour toutes celles qui vous entouraient vos proches mais aussi pour toutes les femmes du monde et moi en vous écoutant en étant maintenant une femme politique depuis quelques années seulement avant responsable associative je sais qu'ensemble nous gagnerons et nous gagnerons parce que nous sommes ensemble et parce que cette solidarité cette fraternité cette sororité parfois et bien nous la faisons vivre et elle est plus forte que tout et on voit et vous l'avez dit que chaque action résonne sur l'autre action que ce que vous allez faire dans un autre un pays va résonner sur les pays limitrophes ce que nous allons pouvoir faire en France autour du droit à l'avortement va résonner en Pologne il ne faut pas croire que nos actions sont des actions isolées elles résonnent entre elles elles se correspondent elles se répondent et je crois que nous devons avoir foi foi en nous-mêmes foi dans les autres et à nouveau ensemble nous gagnerons merci beaucoup c'est la fin de cette matinée exceptionnelle la chaîne parlementaire a une chaîne YouTube et vous pourrez retrouver les interventions de nos combattantes en cette journée du 8 mars
merci beaucoup d'être venu ce matin et merci à vous à Elbron-Pivet
Yaël Braun-Pivet