"Ça a beaucoup changé" : Olivier Godefroy, neurologue, sur les traitements de la maladie d’Alzheimer
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
On va s'intéresser à la maladie d'Alzheimer et surtout à une manière de réduire cette maladie neurodégénérative.
- 1:25OuverteRéponse directe
Cette start-up se lance dans une nouvelle étape, en tout cas des candidats médicaments, ça consiste en quoi ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on fait des progrès sur la détection de la maladie ?
- 3:50FerméeRéponse directe
À partir de quel âge peut-on être concerné par Alzheimer ?
- 4:14OuverteRéponse directe
On estime qu'environ un million et demi de Français sont concernés par cette maladie. Est-ce que ce chiffre évolue dans le bon sens ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas aussi parce qu'on détecte plus facilement la maladie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Cette maladie, elle est liée à un double système. Il y a d'abord un excès de protéines amyloïdes qui se dépose au niveau cérébral. »
- 1:41Invité politiqueFait
« On continuerait à soigner comme les médecins de Molière si on n'avait pas eu les recherches. »
- 1:45Invité politiqueFait
« Ces recherches sur la protéine Tau sont porteuses d'un énorme espoir. »
- 2:43Invité politiqueFait
« On est le seul pays où ce n'est plus remboursé. »
- 4:23Invité politiqueChiffre
« Le nombre de patients concernés par ces maladies, Alzheimer et apparenté, continue à augmenter. »
- 4:39Invité politiqueFait
« C'est simplement l'effet du vieillissement de la population. »
Temps de parole
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Avec notre invité ce matin,
on
va s'intéresser à la maladie d'Alzheimer et surtout à une manière de réduire cette maladie neurodégénérative. Une start-up amyénoise se lance dans la bataille avec un nouveau procédé, fruit de 10 ans de recherche mené dans un laboratoire de l'université Picardie-Jules Verne. Et pour en parler, Brian Nicolas, nous sommes avec le chef du service de neurologie du CHU d'Amiens.
Oui, bonjour Olivier Godefroy. Bonjour. On le disait, que ce soit nous ou les auditeurs, on connaît sans doute tous un proche atteint par cette maladie. La question qu
'on
se pose ce matin en écoutant ces travaux menés à miens,
c
'est est-ce qu'ils sont porteurs d'espoir
?
Oui, alors clairement, il s'agit de tout un investissement qui va tenter d'améliorer une voie qui reste encore sous-explorée.
C'est un nouveau procédé en fait, entre guillemets
?
Oui, effectivement. Alors très schématiquement,
on
peut rappeler que cette maladie, elle est liée à un double système. Il y a d'abord un excès de protéines amyloïdes qui se dépose au niveau cérébral et là, il y a déjà une série de traitements qui sont en train d'être mis au point. Et ces dépôts excessifs de protéines amyloïdes vont à leur tour, un peu à la manière d'un joueur de football du milieu de terrain qui va lancer à l'avant-centre,
vont
à leur tour lancer une autre anomalie sur une autre protéine qui est la fameuse protéine Tau dont on a parlé, qui elle va être responsable des déficits.
Pour
qu
'on
comprenne bien en fait, cette start-up, elle se lance dans une nouvelle étape, en tout cas des candidats médicaments, ça consiste en quoi pour des personnes qui ne connaissent pas justement ? C'est quelque chose qui avance bien, entre guillemets
? Oui,
oui,
alors c'est absolument essentiel. En gros,
toutes
ces recherches permettent le progrès. On continuerait à soigner comme les médecins de Molière si on n'avait pas eu les recherches. Et là ici, ces recherches sur la protéine Tau sont porteuses d'un énorme espoir.
Mais on est d'accord que ce n
'est
pas pour tout de suite un médicament, on n'aura pas un demain si on peut dire
?
Alors effectivement, pour le moment, il y a déjà eu quelques essais, mais c'est ce qu'on appelle des phases 2,
c
'est-à-dire vraiment en amont de l'utilisation clinique. Mais il est évident que le but, c'est aussi d'accélérer au maximum ces progrès pour que, si jamais on a une molécule efficace, le maximum de patients puissent en tirer bénéfice le plus vite possible.
Pour le moment, tous les traitements pour cette maladie sont plus visés à ralentir justement cette maladie. Est-ce que maintenant, on peut le guérir ? Est-ce que c'est dans les tuyaux de guérir cette maladie ?
Alors, pour le moment, on n'y est pas. On arrive quand même bien à améliorer les choses déjà avec un diagnostic. Ça, ça a beaucoup changé en 30 ans. Le diagnostic maintenant, c
'est
un point très important parce que les patients sont pris dans une filière de soins. Ensuite, on a des traitements qui stimulent le cerveau. Actuellement, malheureusement, des remboursés en France. On est le seul pays où ce n'est plus remboursé. Il y a ensuite des traitements qui commencent à ralentir en jouant sur l'amyloïde, mais qui ne sont pas utilisés en routine en France, mais dans des tas d'autres pays, la Commission française ayant décidé d'attendre des résultats d'études complémentaires avant éventuellement de le mettre sur le marché.
Est
-ce qu'on fait quand même des progrès justement là-dessus sur la détection un peu de la maladie ?
Parce
que visiblement, c'est ça l'enjeu, c'est de découvrir la maladie avant qu'elle ne soit trop grave.
Alors, il est exact que l'amélioration des tests,
des
imageries et puis plus récemment de certaines prises de sang permettent de faire un diagnostic plus précis et plus précoce. Encore faut-il que les personnes, dès lors qu'il y a un doute, puissent consulter. Ça, c'est un élément très important.
C'est ça le problème ?
C
'est que les gens ne se voient pas tout de suite finalement qu'on a la maladie
? C'est souvent banalisé. On se dit, oh, c'est un coup de fatigue, etc. Alors effectivement, on a tous des coups de fatigue. C'est vrai qu'avec les années, on peut avoir quelques évolutions, mais dès lors que l'on a des difficultés qui persistent, des oublis répétés, des difficultés à trouver les mots, à reconnaître les personnes, au moindre doute, ne pas hésiter à consulter.
Et ça peut être à n'importe quel âge, d'ailleurs ?
Enfin,
à partir de quel âge ?
Alors, c'est vrai que c'est plus fréquent à partir de 75 ans, mais en réalité, ce que l'on oublie, c'est que ça peut tout à fait survenir bien avant. Notamment à la soixantaine et encore avant aussi. Plus rarement, c'est vrai.
Ce qu'on appelle des Alzheimer précoces. Nous sommes ce matin sur ICI Picardier avec Olivier Godefroy.
Il
est chef du service de neurologie au CHU d'Amiens.
On estime qu'environ un million et demi de Français sont concernés par cette maladie. Est-ce que c'est un chiffre qui évolue dans le bon sens ou alors on réduit petit à petit
?
Alors, non, non. Effectivement, de façon mécanique, avec le vieillissement de la population, le nombre de patients concernés par ces maladies, Alzheimer et apparenté, continue à augmenter.
Est-ce que ce n
'est
pas aussi parce qu'on détecte plus facilement la maladie
? A
priori, non. C'est simplement l'effet du vieillissement de la population.
Et on parlait justement de cette start-up amiennoise. Est-ce que ça visera peut-être à réduire ce nombre plus tard ?
Ah
oui, le but, c'est bien sûr ça. En gros, l'espoir, et c'est pour ça que nous, dans le service et dans notre centre Mémoire Ressources et Recherche, on est particulièrement investis, c'est de diagnostiquer tôt et de pouvoir ensuite proposer, pour le moment,
c
'est de la recherche, des traitements qui visent à ralentir. Et une fois qu'on les aura trouvés, et j'espère que ça va arriver dans les années à venir, à ce moment-là, le diagnostic le plus précoce permettra aux patients de rester à des phases très débutantes de la maladie. C'est ça l'objectif.
Qu'est-ce que vous conseillez peut-être à des personnes qui se posent la question de « est-ce que j'ai Alzheimer ou pas du tout ?
»
Au moindre doute, consulter. En parler aux généralistes, bien sûr, et consulter, parce que tant qu'on n'a pas fait le bilan qu'on appelle de première ligne avec les tests, etc., c'est très difficile de se faire une idée.
Merci beaucoup Olivier Godefroy.
Je
rappelle que vous êtes le chef du service de neurologie du CHU de Damien.
Il
est...