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interviewC à vous· 8 juin 2026 52 min

L’affaire Lyhanna, symbole des failles de la justice ? - C à Vous l’Intégrale - 08/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce lundi 8 juin avec toute l'équipe. Bonsoir.

A la une, la marche blanche en mémoire de Lyhanna, entre émotion et colère. *-Aujourd'hui, ma fille Lyhanna me manque tellement...

Notre petit monde tout entier s'est écroulé. Lyhanna, pardon pour ce que tu as vécu. - Ca fait peur. - Ca peut arriver à n'importe qui à côté de nous. - J'ai de la colère.

Je comprends pas comment la justice a pas pu l'arrêter. - On sait que nos enfants ne sont pas protégés par la justice française. On voit que ce monstre avait des plaintes sur lui qui n'ont pas abouti. - Qu'ils se bougent!

Ils font rien du tout. On attend qu'il y ait des morts pour faire quelque chose. - A.-E.Lemoine: Une colère face à un drame devenu le symbole du dysfonctionnement de la justice. - P.Cohen: Pas un symbole.

Un dysfonctionnement de la justice. C'est le terme employé par le garde des Sceaux, G.Darmanin.

Je me demandais si le mal n'est pas encore plus profond. - A.-E.Lemoine: On en parle avec C.Barret, procureur général à la cour d'appel de Grenoble, président de la Conférence nationale des procureurs généraux.

Bonsoir. Ce matin, vous étiez place Vendôme, convoqué avec l'ensemble des procureurs généraux par le ministre de la Justice, qui a exigé une mobilisation générale des magistrats pour faire la vérité sur les défaillances mises à jour dans l'affaire Lyhanna. Il vous est demandé de reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants, environ 70 000.

C'est un chiffre vertigineux. Place Vendôme, où des associations féministes ont appelé à manifester, comme devant tous les tribunaux de France. Une manifestation finalement interdite à Paris par la préfecture.

On retrouve L.Amar en direct de la place Vendôme. - Le rassemblement initialement prévu a été déplacé. - L.Amar: Quelle est votre réaction devant cette annulation? - Beaucoup de tristesse et d'incompréhension. - La France entière devrait s'arrêter net, là, maintenant. - On venait demander justice au ministre de la Justice et on nous chasse. - A.-E.Lemoine: A la une de ce soir, P.Bruel en garde à vue. *-F.Flament: Ma 1re réaction est mon soulagement de savoir que les victimes sont entendues par la justice.

Il aura fallu énormément de plaintes, mais ça y est. - L.Sénéchal: F.Flament fait partie des femmes qui accusent P.Bruel.

Elle est loin d'être la seule. Il y a plus de 13 plaintes déjà déposées. Ca continue d'affluer.

On y revient avec nos invités. - A.-E.Lemoine: Maître C.Herrmann, qui représente F.Flament et d'autres plaignantes.

Et C.Ollivier, grand reporter police-justice au magazine "Elle". Le vainqueur de Roland-Garros est aussi accusé de violences conjugales.

Voilà pour le programme. Après 20h, l'autrice-compositrice et interprète Izïa nous présente le 1er single de son album à venir. L.Ruquier nous explique pourquoi il va arrêter la télé après 40 ans de carrière.

Dans votre OEil, Pierre? - P.Lescure: Un OEil spécial coiffure.

Je vous raconte la vie d'Antoine de Paris, l'homme qui a inventé la coupe à la garçonne. C'était il y a 114 ans. - A.-E.Lemoine: Merci.

On commence par L'Edito de Patrick. Pourquoi l'affaire Lyhanna va-t-elle au-delà de l'erreur individuelle et de la défaillance collective? - P.Cohen: Je vais parler avec prudence.

Une instruction est en cours pour savoir qui a failli. Les résultats de cette inspection seront connus sous 15 jours, comme l'a promis le ministre de la Justice. Nous savons déjà beaucoup de choses.

G.Darmanin a déclaré qu'ayant lu les remontées des procureurs généraux de Toulouse et d'Agen...

Toulouse, une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans a été déposée l'été dernier. Agen, dont le ressort s'étend au tribunal judiciaire d'Auch dans le Gers...

Sur ces comptes rendus, le garde des Sceaux assure qu'il y a eu un dysfonctionnement grave du service public de la justice. - G.Darmanin: Un médecin a montré qu'il y avait des lésions compatibles avec un viol.

Un psy a pu confirmer que la petite fille, on pouvait la croire. Quand on met 9 mois à ne pas placer quelqu'un en garde à vue, ou à ne pas écouter cette personne...

Je me dis que notre service public de justice a dysfonctionné. - P.Cohen: Il ne parle pas de la faute d'un magistrat, comme un classement sans suite inapproprié ou l'erreur d'appréciation d'un juge du siège, comme la libération anticipée, ou le défaut de contrôle judiciaire d'un individu dangereux, mais bien d'une "défaillance collective".

Que nous dit le récit du garde des Sceaux? La plainte déposée le 22 août 2025 dans une gendarmerie près de Toulouse...

Les expertises sur la victime ont permis de caractériser un crime, le viol d'une enfant de 10 ans, et d'identifier un potentiel criminel, J.Barella. Mais la machine judiciaire ne les a pas traités comme un crime et comme un suspect qu'il convient d'urgence de mettre hors d'état de nuire.

Imaginez qu'à la place de la petite fille, il y ait eu un cadavre, et un suspect en fuite, est-ce que vous pensez que les services d'enquête se seraient montrés aussi nonchalants et peu réactifs? L'inspection dira combien d'enquêteurs et de magistrats ont été impliqués dans cette procédure qui semble avoir bien commencé. L'enfant a été entendue, un médecin l'a examinée et un collègue l'a jugée crédible.

Malgré ça, le viol a été regardé ou traité comme un crime de second ordre, pas à l'égal d'un homicide et pas avec l'urgence diligentée d'habitude pour un homicide. - A.-E.Lemoine: C'est ce qui vous fait dire qu'on est au-delà de la défaillance collective. - P.Cohen: Ce schéma confirme ce que disent tous les militants associatifs engagés dans les combats contre les violences sexuelles et la protection de l'enfance et même, ce que répètent certains praticiens depuis des années.

Malgré les efforts accomplis depuis la vague MeToo en 2017, la formation de dizaines de milliers de gendarmes et de policiers, la hausse des moyens et de dispositifs spécialisés, il y a, au mieux, une sous-estimation des faits et, au pire, un problème systémique. Je vais conclure par le rapport "A hauteur de victimes", publié par le ministère de la Justice. Il est très instructif.

Pendant longtemps, notre justice a été structurée autour du couple Etat-auteur. Qualifier les faits, poursuivre et sanctionner. "Ces missions demeurent essentielles mais ne suffisent pas.

L'objet de ce rapport Est de dire qu'il faut replacer les victimes dans la centralité de la procédure. - A.-E.Lemoine: Vous reconnaissez ce problème systémique, cette défaillance collective, le fait que la justice n'est pas à hauteur de victimes et que la gravité d'une affaire de violence sexuelle n'est peut-être pas prise à sa juste mesure comme elle l'est dans un cas d'homicide? - C.Barret: La première chose que vous avez dite...

Vous avez ouvert cette émission sur ce qui s'est passé place Vendôme. Ce crime, ce qui est arrivé à Lyhanna et à ses parents, est ce qui peut arriver de pire. C'est ce pour quoi existe la justice.

C'est pour rendre la justice lorsqu'il y a ce genre de crime et pour éviter, si possible, qu'il arrive. - A.-E.Lemoine: Ce qui n'a pas été fait, dans ce cas présent.

Ca aurait dû être fait? - C.Barret: Monsieur Cohen a indiqué à juste titre qu'il y a une mission d'inspection.

Nous verrons ce qu'elle dit sur le détail. C'est le sens des inspections, d'aller dans le plus petit détail des fonctionnements sur une affaire et d'en tirer des conséquences en termes d'organisation. Il y a ces 2 aspects.

S'il y a des défaillances, individuelles ou collectives, on doit les trouver, les réparer. S'il y a des défauts d'organisation ou des pistes d'amélioration...

Ce n'est pas la même chose. Il faut aussi les envisager. Tous les professionnels que nous sommes, au-delà de l'émotion...

Notre devoir est de réfléchir avec notre raison, avec nos compétenc professionnelles et nos devoirs professionnels, pour savoir ce qu'on peut constater de dysfonctionnements et de pistes d'amélioration. - A.-E.Lemoine: Dans cette affaire, il y a eu 3 procédures qui ont mis en cause le suspect.

Aucun voyant rouge ne s'est allumé pour détecter un profil à risque. Comment est-ce possible? C'est une question d'outils, de moyens ou d'organisation? - C.Barret: Ce n'est pas pour me défausser, mais il faut attendre le résultat des inspections.

Il devrait intervenir rapidement pour que je puisse parler de cette affaire que je ne connais pas autrement que par la presse. La presse dit beaucoup de choses. - P.Cohen: Et par ce que dit votre ministre, le garde des Sceaux. - C.Barret: Mais il est dans son rôle de ministre.

Je ne suis pas le ministre, mais le président de la Conférence nationale des procureurs généraux, les chefs du ministère public. Je ne peux pas me prononcer sur l'affaire. En revanche, nous sommes mobilisés.

Chacun a conscience qu'il y a une affaire criminelle terrible, mais qu'il y a des questions de fond qui se posent à la justice et, au-delà de la justice, à la société. C'est un devoir et ce que nous souhaitons faire au quotidien, encore plus lorsqu'il y a des signes de possibles dysfonctionnements, que de regarder ce qu'il en est et de voir comment on peut faire mieux. Vous évoquiez les 70 000 affaires.

Ce sont 70 000 affaires qui ont été enregistrées dans les parquets, affaires d'infractions sexuelles, crimes ou délits contre des mineurs... - A.-E.Lemoine: Un chiffre qui interpelle. - C.Barret: D'autres vont vous interpeller encore plus peut-être.

Ce sont des affaires enregistrées dans les parquets, adressées aux services de police et de gendarmerie pour poursuivre les enquêtes. Mais il y a un certain nombre d'affaires, au sein des services d'enquête, qui n'ont pas encore été enregistrées dans les parquets. Il y en a encore davantage.

Nous parlons de ces affaires, mais c'est par centaines de milliers que chaque année, nous traitons ce genre d'affaires. C'est pour ça que c'est important d'aller au fond des fonctionnements et au fond, s'il le faut, des dysfonctionnements. Notre métier, c'est de décider, d'être responsable.

En tête de chaque décision d'un magistrat ou du parquet, il y a son nom. C'est l'essence même de la justice, de rechercher la vérité. Ca fait partie de la vérité qu'il faut rechercher.

Il faut aller rechercher cela. S'il y a des défaillances, des procédures existent, qui ne sont pas théoriques, contrairement à ce que beaucoup de gens disent, et qui peuvent conduire à des sanctions disciplinaires. - E.Tran Nguyen: Quand le ministre G.Darmanin vous demande d'examiner le chiffre de 70 000 plaintes d'ici à la mi-juillet, vous allez devoir reprendre chaque dossier à zéro? - C.Barret: Pas du tout. - A.-E.Lemoine: "Pas un procureur ne partira en vacances avant le 14 juillet et que chacune des 70 000 plaintes soit réexaminée." C'est ce qu'a dit le ministre. - C.Barret: Les parquets fonctionnent 7j/7 et 24h/24.

Il y a des permanences et ça fonctionne. On mettra l'énergie et le temps qu'il faut, mais on va pas reprendre chaque affaire à zéro. Les affaires existent.

Ce dont on va s'assurer, c'est que sur les affaires dans lesquelles il y a des choses à faire tout de suite pour protéger les personnes, il n'y ait pas de retard inutile ou des délais inutiles. Dans ce genre d'affaires, il y a la question de la fiabilité de ce qui est dénoncé. Pour cela, on a recours à des spécialistes que sont les psychiatres et les psychologues.

Aujourd'hui, très souvent, il faut attendre des semaines ou des mois pour avoir le retour des examens ou des expertises qui sont faites. Ca peut être des retards inutiles, que l'on peut raccourcir si on s'organise autrement. Heureusement qu'il y a eu cette libération de la parole, qu'il faut poursuivre et encourager, mais depuis la libération de la parole sur les affaires sexuelles en 10 ans, le nombre de procédures a été multiplié par 3.

Ca veut dire qu'à cette demande de justice, il faut adapter les moyens et les réponses de la justice. La demande n'est pas la même. - A.-E.Lemoine: "Il nous a manqué ni moyens ni lois, mais de prioriser les viols sur les mineurs." C'est ce qu'a évoqué G.Darmanin. - C.Barret: Il a évoqué cette affaire précise, sur laquelle je ne m'exprime pas pour les raisons indiquées.

Les raisons que j'évoque, c'est toutes les autres affaires, ces 70 000, plus celles en matière d'infractions sexuelles contre les mineurs que nous ne connaissons pas aujourd'hui, dont nous ne connaissons pas le nombre. - P.Cohen: Sur 2023, c'est 160 000 enfants mineurs victimes. - C.Barret: C'est une estimation d'inceste. - P.Cohen: Seulement sur l'inceste? - C.Barret: Oui.

C'est le chiffre publié par la Ciivise. Il y a d'autres priorités. Vous avez évoqué les narcotrafics, la criminalité organisée, d'autres crimes et d'autres affaires qui peuvent être prioritaires, des incitations à la haine... - E.Tran Nguyen: A son arrivée place Vendôme, G.Darmanin avait dit de prioriser le narcotrafic.

Quand vous parlez d'organisation et de priorités, est-ce que le narcotrafic a été priorisé par rapport aux crimes sexuels? - C.Barret: On ne peut pas raisonner comme ça.

Ce n'est pas un plaidoyer pro domo. La magistrature, la police ou la gendarmerie, les greffes, ça fait partie des métiers qu'on fait parce qu'on a un engagement au bon sens du terme. On souhaite que la justice soit rendue.

Bien sûr que lutter contre la criminalité commise contre des mineurs, en matière sexuelle ou autre, ça fait partie de nos priorités. En matière de narcotrafic, bien sûr que ça en fait partie. Ca ne date pas...

Il y a quelques mois que nous l'avons fixé comme priorité. Vous avez certainement fait des émissions sur ce sujet. C'est un problème de société.

Nous sommes dans la société. Nous sommes chargés de faire fonctionner sa justice du mieux possible. Ca fait partie de nos priorités.

Pour être direct dans ma réponse, ça veut dire que ce n'est pas l'un ou l'autre. Ca doit être toutes les priorités et aussi le reste, mais qui ne peut pas être traité de la même manière. Mais si vous êtes victime de faits de violence, peut-être pas très graves, ou d'un cambriolage, ça mérite d'être traité, mais pas avec la même priorité. - A.-E.Lemoine: Plusieurs collectifs féministes et de protection de l'enfant ont appelé à des rassemblements ce soir devant une centaine de tribunaux en France.

Celle qui était prévue devant le ministère de la Justice place Vendôme a été interdite en fin d'après-midi. L.Amar a pu rencontrer A.Gallais, qui préside l'association Mouv'Enfants. - Plus jamais ça!

Plus jamais ça! C'est le sort qu'on réserve aux victimes et aux personnes qui protègent les enfants? C'est la répression.

C'est inacceptable. - L.Amar: C'est une façon de prolonger le silence dans lequel sont déjà plongées les victimes? - Bien sûr.

Voilà ce qu'on nous envoie en France quand on protège les victimes. Honte à la justice! - A.-E.Lemoine: Votre réaction?

Que dites-vous à ces manifestants? "Honte à la justice." - C.Barret: Chacun d'entre nous comprend le choc, le traumatisme, la colère.

Je peux leur dire qu'au quotidien, nous travaillons sans retenue pour que la justice soit rendue. - A.-E.Lemoine: Vous avez le sentiment d'être injustement mis en cause? - C.Barret: Non.

Que la justice soit critiquée, c'est dans l'ordre des choses, dans un pays démocratique. - P.Cohen: Elle est aussi critiquée pour son impunité, le fait que les magistrats ne rendent pas de comptes, qu'ils ne soient jamais sanctionnés en cas de faute. - C.Barret: Pour son impunité, vous avez raison.

Mais elle est aussi critiquée quelquefois par d'autres pour son extrême sévérité. Sur l'impunité... - P.Cohen: L'un renforce l'autre.

Il risque d'y avoir une perte de confiance après cette affaire. Ce serait très dommageable. - C.Barret: Non seulement dommageable, mais extrêmement grave pour notre société.

Toute société a besoin d'une justice dont le rôle est d'apporter une réponse judiciaire qui soit comprise, légitime par le processus de réponse de la justice... - P.Cohen: Et qui inspire confiance. - C.Barret: Vous avez parfaitement raison.

C'est la raison pour laquelle nous sommes véritablement mobilisés au quotidien. Des critiques contre la justice, j'en entends depuis un certain temps. Mais sur une affaire comme celle-ci, les critiques sont importantes.

Dans notre société, avec le rôle des réseaux sociaux, il est fait circuler des choses sur les réseaux sociaux, des choses qui ne sont pas admissibles, notamment contre des collègues intervenus. Je pense à la procureure d'Auch. Ce sont des menaces de mort.

S'il y a des fautes, et c'était peut-être le sens de votre question, il y a des procédures disciplinaires, des organes dont c'est la vocation, qui, contrairement à ce que beaucoup de gens disent...

Je peux vous donner les chiffres. Ce matin, le procureur général auprès de la Cour de cassation, qui était avec nous à la rencontre avec le ministre, nous les a donnés. Sur les 10 dernières années, il y a eu plus de 50 procédures disciplinaires contre des magistrats, dont à peu près 1/3 ont donné lieu à des révocations ou à la cessation de leurs fonctions.

Ce n'est pas quelque chose de théorique. La particularité de la justice, c'est que tout ce que nous faisons est soumis à la contradiction des parties et au regard des autres. Il n'y a pas une de mes décisions qui ne puisse pas faire l'objet d'un recours.

Vous évoquez les classements sans suite. Lorsqu'une affaire est classée sans suite, le parquet, c'est une de ses forces...

C'est un collectif. On en parle. On se demande ce qu'on en pense.

Lorsqu'il y a un classement sans suite, il y a toujours 2 recours possibles. Un recours devant le procureur général, si le procureur de la République a classé, et on peut saisir un juge d'instruction. C'est pas du tout théorique.

C'est ce qu'on appelle se constituer partie civile: demander à un juge d'instruction de faire l'enquête sur les faits dont on s'estime victime. Ce sont des garanties. Sur le fond, je ne peux que comprendre qu'on soit révolté par cette mort.

Ca n'excuse absolument rien et il ne s'agit pas de ne pas prendre nos responsabilités...

S'il y a des défaillances, il faut les trouver et il faut que les réponses prévues par la loi soient apportées. Mais nous sommes dans un pays où la justice pourrait avoir davantage de moyens, et où, pour des affaires criminelles, il n'y a pas de limite aux moyens qu'on engage pour les élucider, ni techniques ni humains. C'est un des rares pays du monde où c'est comme ça. - A.-E.Lemoine: Merci, C.Barret.

Parmi les manifestants qui ont répondu à l'appel des associations de la protection de l'enfance et des femmes, F.Flament était présente à notre micro. - F.Flament: Il y a une succession de drames depuis des années.

Cette colère doit être entendue. On est patients, on fait en sorte que les choses se fassent, d'être pédagogues...

Finalement il se passe quoi? Rien. Encore des meurtres, encore des victimes.

La patience a ses limites. La colère est en train de prendre possession de ceux qui sont là aujourd'hui. C'est une colère tellement motivée par des choses importantes, par la parole de mères, de grands-mères, d'enfants et de femmes qui veulent que les choses s'arrêtent...

Je pense que c'est une colère magnifique, mais qu'on va entendre véritablement. On est en train d'assister à un véritable changement de la société sur ces violences. - A.-E.Lemoine: F.Flament a réagi à l'annonce de garde à vue de P.Bruel, entendu dans des locaux de la police judiciaire de Paris après plus de 13 plaintes pour viols et agressions sexuelles. - F.Flament: P.Bruel est en garde à vue.

C'est la justice qui l'a décidé. C'est un soulagement. Avant moi, et c'est ce qui est particulièrement dégueulasse et qui provoque une indignation chez moi, il y a des femmes qui pendant des mois et des années ont essayé de se faire entendre.

Il a fallu la médiatisation de ma plainte que les choses avancent. C'est injuste. C'est un soulagement. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, maître C.Herrmann.

Vous êtes l'avocate de F.Flament et de 4 autres femmes qui portent plainte ou vont porter plainte contre P.Bruel.

A vos côtés, C.Ollivier, grand reporter pour le magazine "Elle", qui enquête sur l'affaire depuis 2 ans. On vient d'entendre F.Flament faire part de son soulagement.

J'imagine un sentiment partagé par toutes les femmes que vous représentez. Il aura fallu la médiatisation de la plainte de F.Flament pour que l'enquête s'emballe? - C.Herrmann: Il aura fallu sa plainte et son courage.

C'est pas simple, les faits qu'elle a dénoncés. C'est un catalyseur pour ces femmes qui ont décidé de prendre la parole. - A.-E.Lemoine: Parmi vos clientes, il y a des femmes qui n'avaient pas osé porter plainte jusque-là, qui avaient juste témoigné, notamment dans l'affaire dite des masseuses, en 2019.

Elle a été classée sans suite. Une kinésithérapeute porte plainte aujourd'hui. Qu'est-ce qui a changé entre ces 2 moments, le moment où elle n'était que témoin en 2019, et 2026, lorsqu'elle porte plainte? - C.Herrmann: Le fait que beaucoup de femmes aient pris la parole devant Mediapart a fait qu'elles se sont senties accompagnées, enfin entendues.

Elles se sont senties assez fortes ensemble pour pouvoir prendre la parole. Quand on est kinésithérapeute, ou même dans d'autres métiers, c'est difficile de prendre la parole et de dénoncer une personnalité telle. Comme elles me disent: "On est rien.

Comment on aurait fait pour se faire entendre?" - A.-E.Lemoine: La notoriété de P.Bruel a retardé la prise de parole? - C.Ollivier: Oui.

Certains de nos témoins nous l'ont dit. Une jeune femme canadienne avait fait une main courante au Canada en 2017 pour une agression sexuelle. Elle nous a expliqué: "Je n'ai pas été jusqu'à la plainte parce que je savais qu'il a beaucoup d'avocats et une équipe de communicants prêts à me 'démolir'." Il y avait une crainte.

On a interviewé des anciennes salariées de son label qui nous disaient que c'était la vache à lait du groupe. Il était important, là-bas. Elle nous disait que son comportement...

C'était impossible de se le mettre à dos. Jusqu'à récemment, puisqu'en janvier, son label, Sony, a resigné avec lui et a annoncé ça aux salariés avec une standing ovation malgré les plaintes des masseuses. - A.-E.Lemoine: Il a fallu la médiatisation de la plainte, selon F.Flament, pour que P.Bruel soit en garde à vue.

Vous trouvez que la garde à vue de P.Bruel arrive rapidement? C'est un délai assez inhabituel? - C.Ollivier: Je suis surprise de la rapidité de cette garde à vue.

Tous les enquêteurs nous le disent souvent: c'est pas tout de placer quelqu'un en garde à vue, il faut avoir des éléments solides à lui mettre sous le nez. Sinon, il peut dire qu'il n'a rien à voir avec ça. Là, c'est une affaire complexe.

Elles sont 13 plaignantes. Est-ce qu'ils ont eu le temps de travailler sérieusement sur chacune de leurs histoires et d'interroger tous leurs proches? Une des témoins a été entendue par la police jeudi dernier, le 4 juin.

D'autres ont été entendues par la police et on leur a dit que ça allait prendre des mois. - A.-E.Lemoine: Garde à vue rapide, mais l'enquête sera très longue? - C.Ollivier: Forcément.

Pourquoi cette rapidité? Est-ce que c'est l'affaire Lyhanna, vu qu'on est dans un contexte où on nous dit que la justice doit faire preuve de diligence...

C'est assez inhabituel. - A.-E.Lemoine: Vous espérez que toutes les femmes que vous défendez seront entendues par un juge d'instruction, que cette garde à vue aboutisse à une mise en examen? - C.Herrmann: Oui.

Nous avons déposé des plaintes en nous positionnant en partie civile. Nous attendons la désignation d'un juge d'instruction. Les dossiers ont été transmis au parquet pour réquisition d'informer.

On est en attente de ces réquisitions. On comprend que la garde à vue s'est insérée à ce moment et a bloqué tout le système. On devrait avoir des juges d'instruction. - A.-E.Lemoine: Est-ce que vos clientes se sont préparées à ce que leurs récits soient contredits, discrédités? - C.Herrmann: Oui.

On a échangé avec elles. On leur a expliqué la procédure. C'est notre rôle de leur expliquer ce qui va se passer, ce qui peut se passer, comment elles peuvent être mises en cause.

Avec F.Flament, on l'a fait aussi. Elle a une grande notoriété.

C'était aussi prendre un risque que de parler. Elles sont averties. Elles ont fait le choix de déposer plainte. - A.-E.Lemoine: C'est le cas d'une ancienne Miss Alsace, qui dénonce un viol après la cérémonie des Molières.

Là aussi, il faut apporter un récit cohérent qui va être contre-attaqué. Quels sont les faits? - C.Herrmann: Je ne vais pas les développer, mais si on a développé des plaintes qui font plusieurs pages, c'est qu'on a des éléments qu'on ne va pas rendre publics.

Les juges d'instruction vont déclencher une enquête qui va prendre le relais de la garde à vue et des enquêtes déjà menées. - A.-E.Lemoine: Ce qui pèse de plus en plus, c'est la sérialité...

Il y a une multiplicité de témoignages. Des femmes qui ne se connaissent pas, des profils différents et dont les récits ont beaucoup de points communs. - C.Ollivier: On voit des points communs, notamment que ça se passe souvent dans le milieu professionnel.

Ce sont souvent des journalistes, des régisseuses ou des jeunes femmes qui veulent des conseils pour réussir dans la musique. Ce sont des femmes qui ne se connaissent pas, de milieux différents. C'est vraiment des univers très différents.

C'est toute la difficulté dans les enquêtes pour des violences sexuelles. C'est souvent parole contre parole. Souvent, on classe pour "infraction insuffisamment caractérisée".

La parole de 30 femmes, c'est pas pareil qu'une seule. D'autres plaintes ont été classées sans suite et ont été rouvertes parce qu'on va voir ça avec un regard différent. - A.-E.Lemoine: Le dossier s'élargit avec 2 nouvelles plaintes, 2 nouveaux témoignages. 2 de vos clientes s'apprêtent à déposer plainte. - C.Herrmann: Oui.

Nous avons D'autres plaintes en étude. Avant de déposer plainte, il faut entendre les victimes, voir dans quelles dispositions elles sont psychologiquement, ce qu'elles peuvent avancer comme éléments. On va évaluer ces plaintes.

Sinon, on a des témoignages à confier à la justice. On va déposer 2 plaintes et d'autres par la suite. - A.-E.Lemoine: Le coeur de ce débat judiciaire va être la question du consentement, de la contrainte et de la sidération.

Ce n'est pas évident à prouver, d'autant plus quand les faits sont parfois prescrits, ce qui est le cas dans plusieurs plaintes contre l'artiste. - C.Ollivier: Après, il y a toujours moyen de travailler sur une affaire.

Ils peuvent voir si ces femmes ont parlé dans leur entourage au cours des années, si elles ont pu se confier à des proches, des amis...

Tout leur entourage va être interrogé. On peut regarder aussi le retentissement psychologique. Je pense à O.Fajfer qui, après le classement sans suite de sa plainte, a fait une tentative de suicide.

On va regarder différemment la plainte. Il y a toujours une matière sur laquelle on peut travailler. Je crois que vous avez l'intention, maître...

Vous dites que vous ne voulez plus entendre la prescription... - C.Herrmann: Tant qu'un magistrat ne l'a pas prononcée et dit que les faits pouvaient être prescrits...

L'intérêt des faits sériels, c'est que chaque nouveau fait va interrompre la prescription pour le précédent. C'est une chaîne à l'envers. Nous attendons de voir quels faits serons retenus.

On pourra vérifier ceux qui sont prescrits. Pour moi, il n'y a pas de prescription... - P.Cohen: On parle de rapidité et de lenteur.

Vous vous étonniez de la célérité des enquêteurs à entendre P.Bruel. Où en est le dossier sur PPDA? - C.Herrmann: Je peux répondre...

Je représente 9 victimes. Je me permets, mais il est en instruction, dans une instruction bien menée. Elle est menée par 2 magistrats de Nanterre, qui font un travail conséquent et rapide.

Toutes nos clientes ont été entendues. C'est plus de 9 heures d'auditions. On ne voit jamais ça pour des victimes.

On a pris le temps de les entendre, de les écouter. Des expertises sont en cours. Ca avance bien.

Il y a 13 victimes qui sont constituées. On en représente 7. Ca avance de façon normale, continue et dans des délais normaux. - E.Tran Nguyen: Je vous parle d'une victoire qui embarrasse...

A.Zverev, qui a remporté Roland-Garros. Ca faisait 3 fois que cette victoire lui échappait.

C'est pour lui le sacre d'une vie. C'est loin de susciter l'euphorie qu'un tel parcours devrait le faire en temps normal. En le voyant gagner, beaucoup pensent aux accusations de violences conjugales qui le visent.

Accusations formulées par 2 anciennes compagnes, dont la mère de sa fille, qui avait mis fin à un procès en 2024 après avoir trouvé un accord financier avec le tennisman, qui a toujours nié. Ceci explique le choix du journal "L'Equipe", qui n'a pas fait sa une avec Roland-Garros. C'est une première depuis 21 ans.

Ils ont préféré mettre en avant l'équipe féminine de handball de Metz. - A.Zverev a gagné, mais c'est un athlète qui a un passif d'accusations, dont il a fait l'objet.

C'est un sujet. On a fait le choix d'en parler. On s'est dit qu'il était important et pertinent de mettre en valeur le 1er club français qui remporte la Ligue des champions de handball.

C'était le seul titre qui manquait au handball français. C'est fait depuis hier. Ca nous a semblé naturel de les mettre à l'honneur. - E.Tran Nguyen: Le malaise est partagé sur les réseaux sociaux par des voix influentes comme J.Godrèche.

Elle a relayé un billet de "Libération". M.Leonardi réclame justice pour ses 2 anciennes compagnes.

De nombreux jeunes hommes s'expriment sur TikTok. - Le tennis a perdu. A.Zverev soulève son 1er titre en Grand Chelem. - Je n'arrive pas à me réjouir de ça. - Certains disent: "On ne mélange pas le sport et la vie extérieure." Le mec a le droit de démonter sa femme, gagner le Roland-Garros et tout le monde le félicite. - On envoie le message que c'est normal. - E.Tran Nguyen: Même malaise du côté de nos téléspectateurs.

La justice est passée par là. Il a le droit de jouer. - C.Ollivier: Je crois qu'il n'a pas été condamné définitivement parce qu'il y a eu un accord financier.

Ce qui me frappe, c'est que tous les articles qui parlaient de sa victoire ont quand même souligné qu'il y avait eu des accusations de violences conjugales. Il ne fait pas la une de "L'Equipe". Ils ont mis une équipe féminine de handball.

Il est juste dans une petite vignette. "L'Equipe" n'est pas spécialement en pointe...

On voit quand même que ce sont des sujets qui infusent dans la société. C'est souligné. On en parle.

A.Hakimi, footballeur du PSG qui a remporté la Ligue des champions la semaine dernière, est renvoyé devant la cour criminelle départementale pour viol. - P.Cohen: La ligne éditoriale de "L'Equipe", c'est "on fait avec".

On a connu des éditos plus enthousiastes. - C.Barret: Quelques mots.

Il est important de souligner qu'une société se mobilise sur des phénomènes comme celui-ci. Certains pourraient être interpellés...

C'est une procédure qui a été conduite en Allemagne. En France, c'est impossible qu'il y ait un accord financier qui mette fin aux poursuites. C'est très important.

C'est très protecteur des victimes. Là aussi, la constitution de partie civile, ça veut dire que c'est la justice qui mène l'enquête avec les moyens de la justice. C'est quelque chose de protecteur.

Je n'ai pas répondu à ce que vous indiquiez tout à l'heure, mais il faut que la victime soit bien traitée dans le procès, mais pas que la victime. C'est une affaire de plusieurs parties. C'est aussi une affaire pour la société.

Il faut que la société perçoive combien la justice traite de la meilleure des manières toutes les affaires criminelles avec les victimes et les personnes poursuivies. - A.-E.Lemoine: P.Bruel est présumé innocent.

Merci beaucoup. Merci à toutes les 2. Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. - C.Ollivier: Je reste avec plaisir. - A.-E.Lemoine: On commence avec J.-L.Mélenchon qui met la pression sur le reste de la gauche. - L.Sénéchal: Il a lancé sa campagne présidentielle devant 26 000 personnes.

Une foule dense devant la nécropole des rois de France. J.-L.Mélenchon a promis l'indépendance pour la Nouvelle-Calédonie, une large autonomie à la Corse et pourquoi pas à La Réunion et aux Antilles.

Il a accusé le RN de promouvoir un "suprémacisme et de diviser les peuples en ethnies et en religions". Il s'est placé en défenseur des immigrés et de leurs descendants. - J.-L.Mélenchon: Nous ne renierons pas, mesdames et messieurs les fachos, les sacrifices et la mort de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici, dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir.

On est chez nous. - L.Sénéchal: Ce slogan était plutôt utilisé dans les meetings du RN.

J.-L.Mélenchon avait déjà revisité un autre slogan de l'extrême droite quand il avait parlé de "grand remplacement" de générations.

Ca a provoqué une passe d'armes avec J.Bardella sur le droit du sol. Il estime ceci. ...

Les magistrats qui ont condamné M.Le Pen en première instance doivent rendre une autre décision de justice. - P.Cohen: C'est pas les mêmes juges. - L.Sénéchal: Il y a eu d'autres juges menacés dans les décisions rendues contre N.Sarkozy.

Vous craignez pour vos collègues qui vont rendre cette décision le 7 juillet prochain? - C.Barret: Ce qui est certain, c'est qu'une société ne fonctionne pas bien si les juges ne peuvent pas rendre, en toute indépendance, les décisions qu'ils souhaitent rendre.

Ca fait partie...

Vous avez évoqué la question des collègues qui s'étaient prononcés en première instance. Nous avons un collègue à la Cour pénale internationale qui fait l'objet de sanctions. Il y a d'autres menaces...

Ca a été rendu public par le garde des Sceaux. Menaces qui résultent de la criminalité organisée. Il y a 2 ans, zéro magistrat était protégé en France parce qu'il faisait l'objet de menaces directes.

Des magistrats de l'antiterrorisme...

En dernier lieu, il y en avait 17. En 2 ans, 17 magistrats qui sont sous protection parce qu'ils sont directement menacés...

Quelquefois par les dossiers, mais pour ce qu'ils représentent aussi, ce qui est inquiétant dans une société. Nous sentons cette pression, les menaces sur les réseaux sociaux contre la procureure d'Auch. Il faut que nous nous ressaisissions collectivement.

Si nous ne pouvons plus rendre la justice parce qu'on est sous la menace de la peur, comme les journalistes avec l'information, ça ne fonctionne plus...

Il faut être vigilant sur ce point. - A.-E.Lemoine: Aux Philippines, au moins 31 morts après un puissant tremblement de terre. - L.Sénéchal: Magnitude 7,8. 8 mois après un séisme qui avait déjà fait 76 morts dans le pays.

Les Philippines sont touchées régulièrement par des tremblements de terre. Il a d'abord fait déborder les piscines et les bassins de pisciculture. Certains poissons se sont retrouvés dans le mauvais bassin.

C'est à la campagne. En ville, les dégâts sont considérables. Là, on est dans une ville de 700 000 habitants.

Les bâtiments s'effondrent. Les clients de centres commerciaux sont pris au piège. Un restaurant a été entièrement détruit.

Cris. Un membre des services de secours se précipite à l'intérieur de ce restaurant avec sa caméra allumée. Il croise des clients qui sont en panique, à qui il crie de sortir.

Il tombe sur un employé qui est au courant de rien, tout au fond dans les cuisines. ... - L.Sénéchal: Ce tremblement de terre a eu lieu à 7h30, heure locale.

Les enfants étaient déjà à l'école. Souvent, ils étaient dehors. Il y a une cérémonie de lever de drapeau aux Philippines.

Parfois, ils étaient à l'intérieur. Le pire a souvent été évité. Cris de peur.

Dans cette école, aucune victime ni blessé, parmi les enfants. L'aéroport international a été touché. Une alerte tsunami a été émise. 50 000 habitants se sont réfugiés sur les hauteurs, loin de la côte.

Cette alerte a été levée. - A.-E.Lemoine: D.Trump s'emporte en pleine interview. - L.Sénéchal: Il participait à la plus vieille émission de télévision au monde.

Jamais on avait assisté à la scène que vous allez voir. Il ne parvient pas à dérouler ses fake news comme il voudrait sur son élection de 2020, prétendument truquée. Il choisit de couper court à la discussion. ... - L.Sénéchal: Trump s'est vanté en public d'avoir quitté le plateau.

C'est un coup de pression supplémentaire sur les médias, qu'il entend mettre au pas. - P.Cohen: Il y a aussi un signe de nervosité. - L.Sénéchal: CBS, dont il est proche, a viré le présentateur.

Il a pris la parole avec émotion. ... - L.Sénéchal: Il raconte aussi concrètement comment le camp de Trump fait pression pour peser sur le contenu de l'émission via une rédactrice en chef.

Après la mort d'une femme tuée par un agent de l'ICE...

Il était interviewé sur CNN, une chaîne qui pourrait être rachetée et connaître la même mise au pas que celle qui est en cours à CBS. - A.-E.Lemoine: Le pape superstar en Espagne. - L.Sénéchal: Il a été acclamé au Parlement espagnol.

Une ovation de 7 minutes avant qu'il ne rende hommage aux victimes de violences sexuelles dans l'Eglise. Il a célébré une messe géante à Madrid. 1,2 million de personnes présentes dans la capitale espagnole.

C'est un pays très catholique. Il est arrivé comme une rockstar, accueilli par une foule en délire. On dirait des fans de foot, les personnes qui viennent assister à la messe du pape.

Les fans hardcore sont les religieux et religieuses. Ils courent pour ne pas rater une miette de la messe. Dans le métro de Madrid, les soeurs ont rempli l'intégralité du quai.

Le pape est aussi fan de sport, surtout en civil. ... - L.Sénéchal: Le pape est fan de foot, mais pas seulement.

Il est fan de basket. Il y a la finale de basket entre les New York Knicks et les San Antonio Spurs de V.Wembanyama.

Les Knicks mènent 2-0. On l'interroge là-dessus. ... - L.Sénéchal: Pour une fois, les soeurs ne sont pas d'accord avec le pape.

Elles supportent les Spurs de V.Wembanyama. Elles sont parfois dans les stades.

Elles ont béni Wembanyama. Ca ne lui a pas réussi. Il a perdu ses 2 premiers matchs.

Regardez comment se préparent les adversaires attitrés face aux Français. Ils prennent une échelle. New York et son parterre de stars.

Ils viennent pour voir jouer les Knicks. S'ils gagnent chez eux, ils seront champions. Les prix des billets s'envolent. 6000 dollars minimum pour les toutes petites places.

Regardez à quoi cela correspond... ... - L.Sénéchal: Trump sera là la nuit prochaine.

Il a annoncé sa venue au stade. Regardez la sécurité à cause de ça. Tout le quartier est sécurisé. - A.-E.Lemoine: Toi, tu seras demain à "C à vous".

Pas de suspense. Merci à tous d'être venus sur le plateau. Dans un instant, Izïa, L.Ruquier et le coup de coeur de Patrick pour "Colonna, une tragédie corse".

Les Actualités de Bertrand et le dîner.