Le Grand Jury de Natacha Polony
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 67 %Attaque 21 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:02OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il se passe quelque chose ? Quel sens donner à votre candidature ? Avez-vous des idées que les autres n'ont pas ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Un proche d'Emmanuel Macron dit ce matin dans le Parisien : la rue c'est bien, les urnes c'est encore mieux. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
- 3:46RelanceRéponse directe
Il y a les élections présidentielles dans six mois et ça, ça peut être le débouché politique. Il faudrait qu'il y ait un projet qui émerge aujourd'hui. Est-ce que ça ne pourrait pas être le début d'un apaisement ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut, selon vous, contrôler, limiter les réseaux sociaux ? Est-ce que ça vous choque que le gouvernement le souhaite ?
- 6:55RelanceRéponse partielle
Donnez-nous des exemples sur quoi la constitution, aujourd'hui, bloque des politiques.
- 7:23FerméeÉludée
Est-ce que c'est aussi votre idée ? [inverser la hiérarchie des normes]
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09PrésentateurFait
« Vous défendez une souveraineté française, la réindustrialisation, une augmentation de 20 à 30% des salaires. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« 320 000 personnes, c'est beaucoup. »
- 2:05Invité politiquePromesse
« Ce mouvement se manifestera à nouveau le 5 novembre. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Nous sommes dans une démocratie. Les choses doivent se régler dans les urnes. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Les attentes des citoyens ont été petit à petit repoussées, évacuées et que ce mouvement social est en fait l'expression du fait que la souveraineté du peuple n'a pas été entendue depuis des décennies. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Un mouvement lycéen, ça se gère en considérant les demandes qui s'expriment, d'autant plus quand ces demandes sont en fait légitimes. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Ce n'est pas constitutionnel. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Il y a aujourd'hui des dispositifs et des pratiques constitutionnelles qui, petit à petit, bloquent la volonté des citoyens. »
- 11:12Invité politiqueFait
« Nous avons détruit progressivement tous les instruments de l'intégration, que sont d'abord l'école républicaine, ensuite l'intégration par le travail, l'intégration au sein d'une collectivité salariale. »
- 12:23Invité politiqueFait
« Il y a des politiques que nous pouvons d'ailleurs trouver chez nos voisins européens. Regardez la politique que mène le Danemark pour justement éviter de concentrer des populations immigrées dans des ghettos. »
- 14:05Invité politiqueFait
« La fin de l'impunité, voilà quelle solution. »
- 21:50Invité politiqueChiffre
« 174 maires qui ont d'ores et déjà promis leur parrainage au bout de 15 jours. »
- 28:38Invité politiqueFait
« le problème c'est la carence d'offres politiques »
- 31:00Invité politiquePromesse
« Nous allons évidemment prendre en compte les carrières longues et la pénibilité »
- 31:16Invité politiqueFait
« ça a été torpillé par la demande d'Edouard Philippe d'ajouter un âge pivot à 64 ans »
- 32:34Invité politiquePromesse
« revenir sur les 10% pour les plus hautes retraites »
- 34:52Invité politiqueFait
« j'ai pris la parole récemment sur ces questions d'écologie »
- 36:05Invité politiquePromesse
« nous avons besoin d'une grande politique de l'eau »
- 38:49Invité politiqueFait
« les conditions dans lesquelles on fait vivre les professeurs français sont indignes »
- 39:23Invité politiquePromesse
« poser une augmentation de salaire des enseignants de 20 à 30% »
- 46:20Invité politiqueFait
« François Bayrou a eu le mérite d'alerter sur la question de la dette »
- 46:40Invité politiqueFait
« il n'y a pas à choisir entre le redressement de nos finances publiques et le redressement productif »
- 49:05Invité politiquePromesse
« je propose une taxe sur les produits pétroliers flottante »
- 52:16Invité politiqueFait
« il faut sortir de cette logique de destruction progressive de la solidarité européenne »
- 52:30Invité politiqueFait
« les Allemands ont toujours défendu un lien avec la Russie »
- 52:42Invité politiqueFait
« la dépendance aux parapluies nucléaires américains »
- 52:45Invité politiqueFait
« la dépendance aux exportations chinoises »
- 52:56Invité politiquePromesse
« la France doit poursuivre le retour de ses budgets militaires »
- 53:09Invité politiqueFait
« refuser systématiquement toutes dépenses militaires en Europe qui favorisent l'industrie américaine »
- 53:12Invité politiqueFait
« Ursula von der Leyen a expliqué il y a encore quelques semaines qu'il fallait aller acheter des missiles patriotes »
- 53:24Invité politiqueFait
« les Allemands signent encore maintenant des accords avec l'industrie de défense américaine »
- 53:25Invité politiqueFait
« c'est notre vassalisation pour des années »
Temps de parole
- Invité politique74 %
- Présentateur13 %
- ?5 %
- Intervenant4 %
- Intervenant 23 %
≈ 18,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Qui est vraiment Benyamin Netanyahou ? Le podcast.
Même s'il continue de passer tous ses étés en Israël, tout laisse alors à penser que Netanyahou a parfaitement adopté le style de vie américain. En 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, il prend pourtant une décision majeure en rejoignant les forces spéciales israéliennes, le Sayeret Matkal, dont fait déjà partie son frère Yoni. Cette décision est un tournant pour Bibi l'américain.
Qui est vraiment Benyamin Netanyahou ? C'est l'un des 300 podcasts à écouter sur l'application RTL.
Le
Grand Jury, présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans Ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur Public Sénat. Bonjour Natacha Polony. Bonjour. Vous êtes donc candidate à l'élection présidentielle, éditorialiste, journaliste, essayiste. Vous avez décidé de faire le grand saut. La question de ce dimanche est la suivante. Est-ce qu'il se passe quelque chose ? Quel sens donner à votre candidature ? Avez-vous des idées que les autres n'ont pas ? Vous défendez une souveraineté française, la réindustrialisation, une augmentation de 20 à 30% des salaires. Comment faut-il vous situer sur l'échec qui est politique ?
Bienvenue dans Ce Grand Jury, Natacha Polony. A mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Tam Tranui de Public Sénat et Stéphane Vernet de Ouest France. Dans Ce Grand Jury, Natacha Polony, nous aurons une séquence dédiée à l'actualité internationale et vous répondrez aussi aux questions des lecteurs.
Le
Grand Jury, sur le terrain.
Et
sur le terrain, c'était encore des manifestations. Hier, une mobilisation en baisse. 320 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur. 500 000 selon les syndicats. Et encore des violences dans quelques fins de cortège. Natacha Polony, est-ce que c'est le début de la fin de ce mouvement
? Alors,
ce mouvement est encore très important. 320 000 personnes, c'est beaucoup. Et surtout, ce mouvement se manifestera à nouveau le 5 novembre. Et là, il y aura très certainement l'expression à la fois de la colère lycéenne et du mouvement social dans son ensemble avec les manifestations syndicales. C'est un mouvement d'ampleur et qui nous raconte quelque chose de l'état du pays. Parce qu'en fait, c'est l'expression
d
'une souffrance. C'est l'expression d'une inquiétude pour l'avenir. Et c'est ça qui doit être pris en compte.
Avant de revenir aux revendications, un proche d'Emmanuel Macron dit ce matin dans le Parisien, la rue c'est bien, les urnes c'est encore mieux. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
Nous
sommes dans une démocratie. Les choses doivent se régler dans les urnes. Mais le problème que nous avons, c'est que nous sommes coincés dans une démocratie qui fonctionne mal. Pourquoi ? Parce que les attentes des citoyens ont été petit à petit repoussées, évacuées et que ce mouvement social est en fait l'expression du fait que la souveraineté du peuple n'a pas été entendue depuis des décennies. Que ce soit sur les grands choix économiques, que ce soit sur
les
différentes orientations qui sont celles du pays, on voit à quel point les Français n'ont pas été écoutés. Donc quand vous n'avez pas
de
débouché politique à une demande, quand vous condamnez les Français à voter par défaut pour faire barrage à tel ou tel, mais pas positivement pour un projet dont ils sauraient où ils les emmènent, vous aboutissez à une colère qui hélas se manifeste dans la rue. C'était le cas pour les Gilets jaunes, c'est le cas aujourd'hui.
En même temps,
il y a les élections présidentielles dans six mois et ça, ça peut être le débouché politique. Il faudrait qu
'il y ait
un projet qui émerge aujourd'hui. Est-ce que ça ne pourrait pas être le début d'un apaisement ? Est-ce que ça a du sens de manifester avec autant de force six mois avant une élection présidentielle ?
Alors d'abord, le mouvement lycéen par exemple s'est manifesté, il fallait immédiatement le prendre en compte. Ça n'a pas été fait, ce qui a laissé s'amplifier la colère. En fait, il faut une réponse.
On ne peut pas se contenter. Vous voulez dire qu
'au départ, c'est une erreur politique ?
Bien sûr, bien sûr. Un mouvement lycéen, ça se gère en considérant les demandes qui s'expriment, d'autant plus quand ces demandes sont en fait légitimes et sont le fruit de plusieurs années de dérive. Donc vous devez les écouter, vous devez présenter, ne serait-ce que respecter, respecter notre jeunesse. C'est le minimum. Et de même, le mouvement social, vous ne pouvez pas attendre indéfiniment, attendre jusqu'à l'élection présidentielle pour répondre au problème de pouvoir d'achat des Français. Il y a quelques éléments qui peuvent intervenir aujourd'hui. Et après, en effet, les grands sujets seront traités, doivent l'être, pour l'élection présidentielle. Les sujets de long terme.
Mais il y a du court terme. On
parle encore un
peu des manifestations, des débordements. Est-ce qu'il faut, selon vous, contrôler, limiter les réseaux sociaux ? Est-ce que ça vous choque que le gouvernement le souhaite ?
Ce n'est pas constitutionnel. Ça a été fait dans nos Outre-mer, ça a été fait en Nouvelle
-Calédonie.
Mais ça n'était pas, en fait, ça n'a pas été validé par le Conseil constitutionnel.
Par le Conseil d'État. Par le Conseil d'État, pardon.
Oui,
c
'est illégal. Et donc, vous ne pouvez pas généraliser cela. Et encore
une fois... Mais le projet de
loi Casseur-Payeur adopté cette semaine
au Sénat, il
revient. Oui, il y revient. Mais nous avons un blocage constitutionnel. Il va donc falloir, à un moment donné, sur divers sujets, regarder quel est le grand pacte démocratique de notre pays, c'est-à-dire ce que nous mettons dans notre Constitution et quelles sont les valeurs que nous y mettons. Mais sur le fond, les réseaux sociaux sont un symptôme. Si vous voulez éviter d'avoir des casseurs et des pillards, vous tenez compte des alertes. Le résultat du 17 octobre vient du fait que les signaux faibles n'ont pas été écoutés. Il y a eu une erreur de renseignement.
Non
seulement de renseignement, mais derrière, de calibrage du dispositif. Donc le problème n'est pas de supprimer les réseaux sociaux, le problème est de répondre correctement aux risques qui se manifestent et que, de toute façon, on peut repérer. Et d'ailleurs, j'en veux pour preuve le fait que les dernières manifestations se sont mieux déroulées parce que, justement, le risque était calibré.
La préparation.
Natacha Polanyi, vous parliez d'un nécessaire changement de constitution.
Alors,
pas un changement de constitution. Mais
il
y a aujourd'hui
des
dispositifs et des pratiques constitutionnelles qui, petit à petit, bloquent la volonté des citoyens. Je pense que nous allons y revenir dans
cette émission. Oui,
mais donnez-nous des exemples sur
quoi
la constitution, aujourd'hui, bloque des politiques.
On va venir, par exemple, sur les questions d'immigration, sur les questions de rapport entre le droit européen et le droit français. Les Français, à un moment donné, devront se prononcer sur ces questions-là.
C'est intéressant parce qu'il
y
a d'autres candidats, par exemple, qui veulent inverser ce qu'on appelle les normes,
c
'est-à-dire que,
d'abord, la
hiérarchie des normes,
c
'est-à-dire que le droit national soit prioritaire par rapport au droit européen et même au droit international. Est-ce que c'est aussi votre idée ?
Je crois qu'il faut faire attention à la manière dont on manie ces choses-là. Il y a certains domaines sur lesquels la constitution française doit explicitement
primer. Sur
la
préférence nationale ? Et nous
devons le faire.
Sur
l'idée d'une préférence nationale
?
Non, moi, je ne suis pas pour la préférence
nationale. Vous parlez d'immigration, donc... Non, non,
je ne suis pas pour... On peut parler d'immigration sur autre chose. La préférence nationale est portée par un parti qui, en fait, prône le maintien d'une France telle qu'on pense qu'elle était dans les années 50-60. Ce n'est pas ma vision. Moi, je crois en la nation. Pourquoi ? Parce que la nation, c'est un pacte politique. Ce que je défends, c'est la République et la nation.
C'est-à
-dire
la manière... Je termine juste sur un point. C
'est-à-dire le fait que, quand on est citoyen d'une nation, on a des droits et des devoirs. Le premier devoir d'un citoyen, c'est d'aller mourir potentiellement pour sa patrie. Quand on est citoyen, on peut être mobilisé. Ça implique, derrière, des droits qui sont des droits liés à cette citoyenneté. C'est cette évidence-là qu'il faut rappeler et sur laquelle il faut s'asseoir. Et ça n'a, justement, aucun lien, ni avec la religion, ni avec une supposée origine, parce que, justement, la nation française n'est pas ethnique ou religieuse.
Mais c'est vous qui évoquiez
un changement de constitution, notamment sur le sujet de l'immigration. Qu'est-ce qui, aujourd'hui, dans la constitution, bloque
sur
les sujets d'immigration ?
Non, ce n'est pas ce qui est dans la constitution. C'est l'interprétation qui en est faite par le Conseil constitutionnel sur différents éléments. Par exemple, quand
le
Conseil constitutionnel, aujourd'hui, utilise la notion de fraternité dans le préambule de notre constitution pour rendre impossible
la
lutte contre l'immigration illégale, c'est un problème, parce que c'est un principe politique et philosophique, la
fraternité. Vous voulez enlever le
principe de fraternité dans la constitution
? Alors
non, justement, je veux, évidemment, que le Conseil constitutionnel juge sur la loi, c'est-à-dire ce qui était prévu dans la constitution de la Ve République. C'est pour cela, d'ailleurs, que la Ve République n'a jamais voulu que le Conseil constitutionnel soit une Cour suprême. Mais
peu importe, c'est un...
Vous proposez la suppression du Conseil constitutionnel ? Du tout.
Le Conseil
constitutionnel n'a pas toujours existé ? Il n
'est
pas indispensable
? Vous ne voulez pas réformer la Constitution ? Il existe dans la Ve
République et c'est très bien. C'est un équilibre des pouvoirs. Son rôle est de vérifier la constitutionnalité des lois. Si
vous ramenez le Conseil constitutionnel à la loi, en fait, c
'est
le Conseil d'État qui fait ça. En fait, on n'a plus besoin du Conseil constitutionnel dans ces cas-là.
Non, le Conseil constitutionnel, dans son action, telle qu'elle était prévue par la Constitution de la
Ve
République.
Pour revenir sur le
sujet... Moi, je suis
pour la Ve République. Elle fonctionne très bien. Quand on la respecte et quand on la remet dans ses équilibres originels avec les contre-pouvoirs qui existaient dans la Constitution de la Ve République. Vous savez, le général de Gaulle et Michel Debré avaient prévu, justement, cet équilibre extrêmement sain entre la volonté des citoyens et l'État de droit. C'est cela que je prône. L'équilibre entre la volonté des citoyens et l'État de droit.
Dame Trenuit.
Oui, pour revenir sur le sujet de l'immigration que l'on évoquait, est-ce que vous diriez, comme Édouard Philippe, que lors des violences du 17 octobre, la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration était patente et qu'il y
a
eu, à travers cela aussi, la manifestation de l'échec de la politique d'intégration ?
Le
problème que nous avons aujourd'hui, c'est le fait d'avoir concentré des populations immigrées dans des ghettos et derrière, d'avoir imaginé que l'on pouvait se passer d'une intégration. Et je crois que nous avons détruit progressivement tous les instruments de l'intégration, que sont d'abord l'école républicaine, ensuite l'intégration par le travail, l'intégration au sein d'une collectivité salariale. Vous
avez
le lien avec les violences du
17 octobre ? Comme Édouard Philippe le fait.
Je regarde ce que nous montrent les images, mais la question n'est pas là pourquoi ? Parce que tous ces jeunes, pour beaucoup, sont français. Ils sont français. Moi, ce qui m'intéresse, c'est comment on fait pour que tous les jeunes français, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion, quelle que soit l'histoire de leurs parents, se sentent français et aiment la France. Et il faut leur rendre
cette envie
de vivre selon notre pacte politique, et ça,
comment
vous dire, l'intégration, ça concerne tous les jeunes, quels qu'ils soient, ce n'est pas que les enfants d'immigrés. Pourquoi ? L'intégration, c'est la façon dont les adultes font rentrer dans la société les jeunes générations, en leur faisant comprendre dans quelle société elles vivent, quelle est l'histoire de cette société et comment nous allons la prolonger
et
nous projeter. Vous avez des solutions, Natacha Apolloni, pour en finir avec les ghettos, comme vous dites ?
Oui, bien sûr, il y a des politiques que nous pouvons d'ailleurs trouver chez nos voisins européens. Regardez la politique que mène le Danemark pour justement éviter de concentrer des populations immigrées dans des ghettos. c'est en jouant sur notamment le logement social, c'est pour ça que par exemple on peut décider et c'est ce que je prône
de
modifier les règles d'attribution du logement social pour faire prévaloir le temps d'attente sur la liste de demandes plutôt que par exemple des critères sociaux ou familiaux. Vous pouvez également
éviter de concentrer les mêmes nationalités au même endroit. Si, ça change
beaucoup. Et vous pouvez éviter de concentrer trop d'immigrés dans un quartier donc vous permettez en fait une régulation de l'implantation. De même, vous pouvez aller regarder du côté de ce que fait l'Allemagne. L'Allemagne par exemple ne laisse pas la liberté d'installation pour les demandeurs d'asile. Pourquoi ? Pour éviter justement les concentrations. On ne peut pas intégrer quand on concentre les populations et qu'on crée des trappes à pauvreté. Ces trappes à pauvreté ensuite sont prises en main par des trafics et vous avez donc des territoires perdus de la République. C'est cela qu'il faut éviter.
Et de même, quand vous avez à l'école des classes dans lesquelles une majorité d'enfants est issue de familles qui ne parlent pas le français, il est beaucoup plus difficile de leur apprendre le français et donc de leur permettre de s'intégrer. C'est tout cela sur lequel il faut revenir notamment en donnant plus de moyens aux classes quand vous avez une forte proportion d'élèves allophones.
Très concrètement toujours, quelles solutions avez-vous face aux violences, toutes les violences qu'on a pu voir ces dernières semaines ?
La fin de l'impunité, voilà quelle solution. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire déjà
que
nous devons réviser la façon dont les forces de l'ordre luttent contre les nouvelles formes d'attaques, de casses et de pillages.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que le principe c'est qu'il faut s'adapter. On ne va pas attendre que les délinquants s'adaptent gentiment
à
la façon dont nous, nous gérons le maintien de l'ordre. Donc il va falloir faire un audit de tout ce qui s'est passé pour
savoir comment
être plus mobile, comment approvisionner les munitions puisque le 17 octobre c'est tout cela qui a péché. Derrière, il y a la réponse pénale et elle doit être extrêmement ferme. C'est pour cela que je suis par exemple pour l'adoption de peines planchées
qui
vont permettre ensuite une réponse immédiate. Je suis également pour le modèle des Pays-Bas. Aux Pays-Bas, on applique même les peines de prison très courtes. Pourquoi ? Parce qu'il faut que la sanction arrive immédiatement pour qu'elle soit perçue et comprise. Je
suis contre l'adaptation
systématique des peines de prison qui en fait dilue la peine.
Il y
a
un contre-argument aux peines immédiates et courtes c'est qu'elles désociabilisent et que généralement c'est plus compliqué ensuite pour ceux qui goûtent à la prison de
manière immédiataire. 15 jours de
prison c'est ce qui se passe aux Pays-Bas ça ne désociabilise pas et en revanche ça permet de comprendre que l'on a enfreint la loi et qu'on ne peut pas accepter de laisser enfreindre la loi. Encore une fois ce dont nous souffrons aujourd'hui
en
France c'est l'impunité c'est le sentiment d'impuissance de l'État c'est l'irresponsabilité. Il faut lutter contre ce sentiment qu'ont les Français que l'État est impuissant. Ce à quoi nous avons assisté le 17 octobre
c
'est un effondrement un effondrement de l'État dans sa capacité à protéger les citoyens et ce qui coûtera le plus cher et ce qui sera le plus dangereux c'est de laisser des Français avec l'idée qu'ils doivent se défendre
eux
-mêmes parce que l'État ne le fera pas. Donc nous devons mettre en œuvre tous les moyens pour un retour de l'État dans son autorité et ses prérogatives régaliennes.
Natacha Polony
Si on revient aux racines de ce mouvement et à la mobilisation lycéenne est-ce qu'il n
'y
a pas eu vous l'avez dit une forme de surdité de l'État mais aussi une violence disproportionnée vis-à-vis des jeunes à ce moment-là ? On a eu des experts de l'ONU qui ont parlé de leur consternation face à la répression des manifestations étudiantes il
y a
aussi eu ces jeunes éborgnés ces mains arrachées etc.
On
a eu en effet la mobilisation de forces de l'ordre parfois contre des blocages qui étaient pacifiques et peut-être qu'il aurait mieux valu que ces forces de l'ordre soient mobilisées davantage contre les casseurs qui eux s'infiltrent dans les mouvements et qui eux sont profondément dangereux. Les Black Blocks aujourd'hui salissent n'importe quel mouvement social et je m'étonne systématiquement de la façon dont on ne cible pas les Black Blocks et les pillards
et ce
qui aboutit
ça veut dire quoi ? Qu'il y a un problème dans notre doctrine de maintien de l'ordre voire qu'il y a même une volonté de ne pas s'attaquer à ce problème ? Alors
je ne me permets pas de juger ce sur quoi je n'ai pas de preuves en revanche j'observe que depuis plusieurs années les mouvements sociaux sont abîmés par des violences de la casse ce qui ne permet pas d'écouter le fond du mouvement social même quand ce mouvement social est soutenu par la majorité des français
et
je pense que si nous continuons sur cette ligne nous allons vers des violences de plus en plus grandes c'est pourquoi je pense que la répression contre les casseurs et les pillards n'est pas contradictoire avec la capacité à apporter une réponse politique au mouvement social
Natacha
Poligny est
-ce
que vous avez participé au rassemblement vendredi contre le racisme après l'attentat de Trappes en région parisienne ?
je n'y étais pas j'ai exprimé mon horreur devant cet attentat raciste je n'étais pas à ce rassemblement parce qu'il y avait plusieurs rassemblements et que j'ai été profondément gênée de voir que chacun devait choisir son rassemblement comme s'il fallait choisir son camp moi je ne choisis pas mes victimes c'est à dire que les victimes
d
'attentats en France en fonction de la couleur de peau ou de la religion il y en a eu et on se souvient de l'horreur d'Ozara Thora Mohamed Merah tuant des petits enfants juifs parce qu'ils étaient juifs aujourd
'hui quand on en arrive à une
division politique
qui tire
sur des gens en raison de leur couleur de peau et nous devons tout cela nous concerne tous c'est la France entière qui est attaquée dans ces cas là
que cela donne lieu à une division politique c'est ce que vous décrivez qu'est
-ce
que ça raconte de notre secteur politique aujourd'hui ?
ça raconte que nous voyons monter des mouvements qui choisissent les français et qui montent les français les uns contre les autres et nous le savons très bien aujourd'hui dans cette élection présidentielle il y a deux offres politiques l'une prétend incarner la nouvelle France comme s'il fallait remplacer et décider qu'une autre France ne pouvait pas se perpétuer et l'autre fantasme une sorte de France
éternelle et bien
moi je préfère toute la France et la France pour tous c'est-à-dire c
'est
l'universalisme républicain parce que c'est ça justement qui va nous
préserver des violences la droite
classique et la gauche qui ont choisi chacune leur rassemblement mais parce que nous avons un glissement progressif justement et une fraction une capacité à fracturer la communauté nationale et c'est justement cela qui doit absolument être empêché comment on empêche cela ?
on empêche cela en rappelant que l'universalisme français est un projet éminemment moderne de liberté ça fait trop longtemps qu'on a abandonné cette défense du modèle français fondé sur la laïcité fondé sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme mais avec la défense de notre manière de concevoir une communauté politique en France on ne regarde pas la couleur de peau en France on regarde les valeurs et les principes et il y a des valeurs et des principes qui dans notre histoire ne sont pas négociables et c'est cela qu'il faut remettre sur le devant de la scène notamment à travers le rôle de l'école qui est en fait l'instrument le creuset de la nation
le
grand jury quel président à l'Elysée Natacha Polony vous avez déclaré votre candidature à l'élection présidentielle le 14 octobre c'était donc il y
a
une quinzaine de jours est
-ce
que vous pouvez dire aujourd'hui il se passe quelque chose
?
oui
oui
et je trouve ça profondément encourageant
vous le rappelez ça fait 15
jours
que
j'ai déclaré ma candidature et au bout de 15 jours avant cela j'avais lancé ce mouvement cet appel aux orphelins de la politique ce mouvement qui est baptisé nous sommes la France parce que justement cette idée c
'est
de parler à l'ensemble des français et de rappeler ce qu'est la France et en quoi elle doit perpétuer sa vision et être une grande puissance
et
quel a été
l
'écho à votre annonce de candidature est-ce que ça a provoqué quelque chose ?
cet écho ce sont plus de 60 000 personnes qui ont afflué qui sont venus sur notre site internet dont 10 000 personnes qui se sont inscrites dans des comités locaux pour dire qu'ils voulaient participer à la campagne ce sont déjà des militants sur le terrain ce sont des maires qui me contactent pour me proposer de me parrainer d'autres que nos militants vont solliciter c'est-à-dire déjà et bien 174 j'ai regardé le chiffre ce matin 174 maires qui ont d'ores et déjà promis leur parrainage au bout de 15 jours et bien je trouve ça plutôt encourageant
il y a deux sondages qui vous ont testé comme on dit sondage Elab du 16 octobre 1,5% des intentions de vote sondage IFOP le 19 octobre 1% des intentions de vote est-ce que c'est décevant
?
non
c
'est au contraire c'est une base de départ encore une fois j'ai déclaré ma candidature il y a 15 jours donc vous voyez bien que nous allons petit à petit conquérir cela et ce qui est très intéressant d'abord je vous parlais des parrainages par exemple en quoi c'est un signe ?
parce
que ceux que je vois affluer parmi les maires ce sont en grande partie par exemple des maires femmes qui expriment le fait qu'elles sont assez contentes de voir un renouvellement de la classe politique de voir qu'on peut bousculer les choses qu'on peut justement arriver de l'extérieur moi vous savez j'ai pas j'ai pas 30 ans de carrière politique c'est parce que j'ai exercé des professions dans ma vie j'ai monté une entreprise avant ça j'avais été professeur j'ai eu une vie comme tous les français et c'est ça qui permet justement de renouveler les choses
mais
pour vous cette candidature se joue quand ?
c
'est à dire est-ce qu'il y a la question des 500 signatures vous assurez que vous les aurez est-ce que si vous êtes dans les sondages vous restez relativement bas est-ce qu'il
y a
un moment en février vous direz le moment est venu d'arrêter l'aventure ça n'a pas de sens
la
question c'est qu'est-ce que cette candidature apporte et ce qui me rassure c'est que les citoyens qui viennent vers nous les élus qui viennent vers nous eux ils voient très bien
ce
qu'apporte cette candidature pourquoi ? parce que justement c'est un projet c'est une offre politique qui n'existe pas pour l'instant tout le problème que nous avons c'est d'avoir des projets interchangeables portés par des personnes moi je ne suis pas là en tant que personne je porte un courant idéologique une autre façon de voir les choses c'est-à-dire une façon qui consiste à répondre à la crise que nous voyons qui est une triple crise et même un triple effondrement effondrement économique effondrement de l'école et effondrement de l'autorité de l'état et du pacte démocratique qui est le nôtre
vous avez été chevènementiste c'est votre famille politique d'origine on va dire en 2002 Jean-Pierre Chevènement avait été tenu en partie responsable du second tour Le Pen-Chirac là
il y a une perspective
de second tour Mélenchon-Le Pen est-ce que vous ne craignez pas qu'au fur et à mesure de la campagne il y
ait
une pression qui monte pour que des candidatures qui ne seraient pas des candidatures pour aller gagner l'Elysée soient remises en cause et donc
la vôtre alors
ma candidature est une candidature pour aller gagner l'Elysée justement parce que c'est une
réponse c'est
une réponse au blocage politique dans lequel nous sommes vous voyez à quel point nous avons ces deux offres dont je parlais qui sont identifiées par les français mais qui ne sont pas majoritaires dans le pays dont les français ne veulent pas parce qu'elles fracturent et puis nous avons au milieu
une forme je vais vous
répondre justement
pour
l'instant nous sommes dans un éparpillement pourquoi ? parce qu'aucune des offres actuelles aucune des candidatures actuelles n'a réussi à débloquer les choses pourquoi ? parce que nous avons des gens qui sont comptables des politiques qui ont été menées depuis 30 ans à divers points de vue que ce soit dans leur courant idéologique ou que ce soit dans leur personne même parce qu'ils sont anciens premiers ministres vous avez des gens qui nous ont menés là où nous sommes comment voulez-vous qu'ils apportent la réponse
c'est
ça le sujet
donc le sens de votre candidature c'est qu'ils sont tous nuls
? c
'est pas qu'ils sont tous nuls c'est qu'ils ont échoué ils ont échoué pour des raisons qui sont des raisons idéologiques des raisons politiques et vous parliez de Jean-Pierre Chevènement en 2002 Jean-Pierre Chevènement à l'époque était le seul homme politique qui alertait à cette époque-là sur la désindustrialisation qui alertait sur la perte d'influence de la France à l'international et qui apportait des propositions regardez-les je ne pense pas qu'il se soit trompé ce n'est pas parce qu'il a échoué qu'il s
'est
trompé c'est sans doute parce qu'il est arrivé trop tôt
vous
avez son soutien aujourd'hui c'est important ?
c'est extrêmement important et c'est un soutien qui m'honore parce que Jean-Pierre Chevènement fait partie de ces figures
de
la vie politique française et je lui rends un hommage infini de ces figures dont tout le monde
s
'accorde à dire aujourd'hui qu'il était visionnaire qu'il avait perçu ce qui était en train de se passer la défense qu'il a faite de la France et de l'Etat dans sa capacité à assurer ses missions ses missions d'égalité entre les territoires ses missions régaliennes tout cela
il
a été très seul à l'époque mais moi ce que je peux vous dire c'est qu'aujourd'hui tout ce sur quoi il avait alerté
s
'est révélé vrai les effondrements que nous voyons aujourd'hui c'est parce que ces alertes n'ont pas été entendues que ce soit sur l'école que ce soit sur l'industrie et de fait je vous citerai Victor Hugo rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue si maintenant il est possible d'entendre cela et de changer de bifurquer pour ne pas continuer vers l'effondrement ultime alors il faut le faire et c'est maintenant
qu'est-ce que vous pensez de cette phrase lorsqu'il s'agit du rassemblement national est-ce quelque chose qu'on entend régulièrement après tout c'est leur tour
mais on
n'est pas dans une question de répartition d
'un fromage on parle de la France on parle
de
l
'avenir de nos enfants c'est quelque chose que l'on n'a pas testé vous disiez vous-même que l'une des difficultés pour un certain nombre de candidats c'est d'avoir été aux manettes pendant ces 30 dernières années
vous
avez besoin de tester quelque chose quand vous pouvez analyser les propositions qui sont faites et que vous voyez qu'elles ne répondent pas aux besoins de la France moi je n'ai pas envie de tester la fracturation de notre communauté nationale je n'ai pas envie de tester le fait que nous allons nous retrouver potentiellement les uns contre les autres je pense qu'il y a la possibilité aujourd'hui de répondre en fait à toutes les majorités populaires qui se sont manifestées depuis des années que nous disent les français quand on regarde les grands mouvements d'opinion
que
les français attendent l'indépendance nationale les français attendent la justice sociale les français attendent une école qui permette la méritocratie et l'ascenseur social et les français attendent l'égalité entre les territoires avec des services publics qui fonctionnent ils attendent également une liberté d'innover d'entreprendre ce message il est clair le problème c'est la carence d'offres politiques donc ce n'est pas encore une fois on n'est pas face à un fromage que les uns et les autres vont se repasser
juste avant la pause et avec des réponses obligatoirement par oui ou par non pour ou contre est-ce que vous êtes toujours franchement de gauche c'est ce que vous avez dit il y a quelques années
oui même si je peux accueillir avec plaisir des gens de droite parce que je ne suis pas sectaire mais je viens de la gauche républicaine
de
Gaulle
qui est l'une de vos inspirations était-il un homme de droite
de
Gaulle était de France il ne justement comme moi il ne différenciait pas les gens en fonction de leur supposée appartenance
Stéphane Vernet est-ce que 34 candidats à la présidentielle c'est ce que donne les derniers recensements en la matière est-ce que c'est trop ou est
-ce
que c'est bien
?
est-ce que 4
femmes
à l'élection présidentielle ça vous semble trop
?
moi
je ne crois pas c'est une dimension
importante ça le fait d'être une femme et d'être candidate
c
'est une dimension importante ça fait partie de ce que je suis ça fait partie c'est ce qui dicte mes inquiétudes j
'ai trois enfants
je me sens responsable
c'est une candidature féministe ou
pas ?
je
suis une féministe du faire c'est-à-dire que je crois au modèle d'identification et je crois que les femmes doivent absolument prendre leur place dans la vie publique on
va revenir sur tout ce que vous avez envie de faire Natacha Polony candidate à l'élection présidentielle invité de ce grand jury ce dimanche on se retrouve dans un instant
suite
du grand jury présenté par Olivier Bost Natacha Polony candidate à l'élection présidentielle et l'invité de ce grand jury Tam Tranui pour Public Sénat et Stéphane Vernet pour Ouest France sont à mes côtés pour vous interroger
le
grand jury questions des lecteurs
des
questions des lecteurs recueillies par Ouest France
Stéphane Vernet
Natacha
Polony on a reçu beaucoup de questions des lecteurs et de lecteurs qui sont curieux de connaître votre programme et qui demandent des détails sur un certain nombre de points précis notamment sur la retraite je cite quelques-uns de ces lecteurs donc Eric de Bordeaux Dominique de Ramonville Saint-Aigne en Haute-Garonne Nathalie de Saint-Philibert de Grand-Lieu en Loire-Atlantique ou Bruno Danonnet en Ardèche qui nous demandent que ferez-vous pour les carrières longues ?
Nous allons évidemment prendre en compte les carrières longues et la pénibilité mais dans le cadre et je suis pour cela d'une réforme à points c'est-à-dire que c'était quelque chose qui était accepté par la majorité des français et notamment par la CFDT le syndicat majoritaire en 2019 ça a été torpillé par la demande d'Edouard Philippe d'ajouter un âge pivot à 64 ans qui est le contraire absolu de la philosophie d'une réforme à points or pour
ma part tout le monde
avait compris que la valeur du point risquait de baisser ensuite et les retraites baissaient
à la suite c
'est en effet assez complexe et il faut rentrer
dans les détails c'est pour
ça qu'il va falloir en fait relier la question des retraites à la question beaucoup plus large du temps de travail tout au long de la vie et donc de la façon dont petit à petit nous redressons notre économie on ne peut pas faire véritablement une réforme des retraites comme on le fait depuis des années c'est à dire en excluant la réflexion sur l'âge d'entrée sur le marché du travail nous sommes un pays où on rentre très tard sur le marché du travail en excluant cela de la façon dont on recrée de l'emploi parce qu'en fait les actifs pour l'instant portent toute la protection sociale et derrière si on leur demande à eux de travailler plus longtemps sans faire participer l'ensemble de la population notamment les retraités actuels et en particulier les plus aisés on n'arrive pas à faire passer une réforme des retraites
pour être
précis ça veut dire quoi faire participer les retraités actuels ça veut dire augmenter moins leurs pensions
revenir
sur les 10% pour les plus
hautes retraites travailler sur une désindexation en fonction évidemment du revenu de ces retraités et ça veut dire par exemple leur demander de renoncer aux 10% d'abattement ce qui est fait actuellement de la part de certains partis politiques et ce qui était prévu dans le budget c'est-à-dire leur expliquer en fait à eux et à tous les français que nous sommes dans le même bateau et que si le pays s'appauvrit si nos jeunes ne peuvent plus se loger ne peuvent plus faire d'enfants nous ne pourrons pas financer notre modèle social or ce que je veux c'est préserver ce modèle social parce qu'il est la grandeur de la France
sur la contribution de tous on a Rémi de l'en-des-vent dans le Morbihan qui nous demande si vous iriez jusqu'à préconiser que toutes les retraites supérieures au salaire médian soient plafonnées non ça c'est excessif pour vous
? ça c'est excessif le salaire médian c'est 2228 euros par mois et puis surtout ça dépend totalement de la situation des retraités eux-mêmes ça n'est pas la même chose de vivre en région parisienne ou de vivre dans un département comme par exemple la Corrèze ou la Creuse ce n'est pas la même chose d'être propriétaire de son logement ou d'être locataire il faut prendre en compte ces différences sinon on est forcément injuste et je pense que c'est en garantissant justement l'entrée dans cette complexité en faisant en sorte de garantir une justice sociale et fiscale qu'on fera participer tout le
monde
donc
système à points et quelque part retraite à la carte la
capacité des individus
la dernière fois ça a
terminé
en usine à gaz
pardon
la
dernière fois ça a terminé en usine à gaz
non ça s'est terminé encore une fois parce que derrière cela il y avait la volonté d'imposer systématiquement et de façon indéterminée un allongement sans tenir compte de la pénibilité des différences de carrière on ne peut pas ne pas prendre en compte le fait que je veux dire quelqu'un comme moi qui est rentré à 27 ans sur le marché du travail et qui exerce un métier qui n'est pas pénible ne doit pas partir au même moment que quelqu'un qui a commencé à 20 ans et qui exerce un métier épuisant c'est inadmissible autre
question des lecteurs pour vous Alexis de Mulhouse dans le Haut-Rhin nous demande quelle place pour l'écologie dans votre programme il trouve qu'on ne vous entend pas sur ce sujet pourquoi
?
alors j'ai pris la parole récemment sur ces questions d'écologie parce que c'est un sujet absolument essentiel et l'été que nous venons de passer nous montre à quel point il faut agir et de même je crois que c'est une part importante du malaise de nos lycéens donc il y faut une réponse ma réponse elle part d'un constat le système dans lequel nous sommes qui consiste à faire fabriquer à l'autre bout du monde des produits qui nous sont vendus par la publicité et les réseaux sociaux alors même qui ne sont pas forcément très utiles et qui traversent la planète entière est une absurdité écologique donc nous devons
tenir compte du fait c'est pour la
déconsommation c'est ça ? une baisse
de l'art ?
oui pour la production sur le sol français selon nos normes parce que c'est à partir de là que nous allons pouvoir maîtriser justement ces normes écologiques et faire en
sorte de produire mieux de
produire à bas coût en France sur des produits de grande consommation et sans grande valeur ajoutée vous pensez que c'est ça la solution pour la France
?
la solution n'est pas de produire à bas coût la solution est d'aller petit à petit vers une production plus vertueuse et une production qui respecte nos normes et qu'on ne met pas en concurrence avec le reste du monde deuxième point je crois en un état planificateur je prends un exemple nous avons besoin d'une grande politique de l'eau nous avons vu là encore cet été nous avons des villes qui désormais ne peuvent plus avoir leur propre eau on est obligé de donner aux gens des bouteilles parce que les régies
sont à sec les nappes
phréatiques sont à sec que faut-il faire
? un
grand plan d'infrastructure 20% de notre eau part dans des tuyauteries défectueuses derrière il faut un plan de stockage de l'eau là où c'est nécessaire pas de façon indéterminée et justement réparer est-ce qu'après d
'une manière générale
pour terminer sur l'écologie vous êtes contre toute écologie qui serait quelque part contraignante c'est-à-dire qui pousse soit par des taxations soit par des obligations
de comportement ce qui me dérange c
'est quand on fait porter l'écologie sur les plus pauvres et ceux qui n'ont pas le choix quand on explique aux gens que alors même qu'on a éloigné leur lieu de travail de leur lieu de vie et qu
'on
les a rendus dépendants de la voiture parce qu'on n
'a
pas prévu de train on vient leur expliquer qu'ils sont comptables de la fin du monde ça c'est inacceptable et c'est pour ça que je prône une politique d'investissement et d'investissement productif mais quand vous avez un grand plan d'infrastructure comme par exemple des infrastructures ferroviaires comme par exemple un plan d'électrification et bien en fait vous recréez de la valeur sur les territoires et donc vous ne faites pas porter ça sur les plus pauvres j'ajoute une chose la France doit devenir leader du recyclage pour des raisons écologiques et pour des raisons d'indépendance les matières premières que nous n'avons pas nous devons être capables grâce à nos ingénieurs grâce à nos chercheurs de les récupérer sur les produits que nous avons déjà et de les réutiliser
une
question sur un secteur que vous connaissez l'éducation Stéphane Vernet
Laurence de Laval en Mayenne nous dit dans l'éducation l'objectif des années 80 était d'amener 80% des élèves au bac nous pouvons constater le résultat déplorable dit Laurence pourrait-on envisager comme ambition de cette campagne présidentielle d'atteindre 60% des jeunes à l'emploi avant leurs 25 ans
?
Mais bien entendu et
tout
simplement avec une grande loi de programmation de l'école qui revienne sur toutes les erreurs qui ont été faites c'est un sujet sur lequel je me penche et sur lequel j'alerte depuis 25 ans à l'époque il était totalement impossible tabou de dire que nous étions en train de détruire l'école républicaine donc quel plan doit-on mettre en oeuvre ?
D
'abord lutter contre la crise des vocations les professeurs aujourd'hui manquent c'est ce que nous disent nos lycéens pourquoi ils manquent ? parce qu'ils sont mal payés et parce qu'ils sont maltraités vous les comprenez ces
professeurs vous-même avez été enseignant
pendant
quelques
mois
alors
j'ai
enseigné dans l'éducation nationale pendant un an et pendant neuf ans dans le supérieur et je peux vous dire que les conditions dans lesquelles on fait vivre les professeurs français sont indignes et que nos professeurs du secondaire sont payés deux fois moins par exemple que leurs homologues allemands c
'est pour ça que vous
aviez abandonné l'éducation ?
ah
non moi
j'ai abandonné
j'ai poursuivi l'enseignement parce que j'adorais ça mais en même temps je faisais du journalisme et petit à petit l'un et l'autre n'étaient plus compatibles mais vous savez transmettre c'est quelque chose d'extraordinaire essayer d'éveiller chez des jeunes l'envie de comprendre d'aimer c'est ça qui est fondamental poser une augmentation de salaire des enseignants de 20 à 30% comment est
-ce
que vous
y arrivez
? petit à petit ce sera un coût pour la nation à terme c'est-à
-dire
il ne s'agit pas de commencer d'emblée par 20 ou 30% il s'agit de monter en puissance progressivement à terme en effet ça coûte environ 10 à 12 milliards mais à terme pas tout de suite donc ça rentre dans le cadre d'une
politique
budgétaire c'est justement pour ça que j'y venais on ne fait pas ça tout de suite bien sûr on s'appuie pour moitié sur une réorganisation de l'ensemble du système par exemple sur la suppression de certaines filières qui ne fonctionnent pas qui ne mènent pas à l'emploi par la redistribution des moyens et l'autre partie est financée par une réorganisation de l'état et par justement une augmentation de la production mais surtout c'est d'ailleurs pour ça que pour l'instant je m'en réjouis il y a plutôt un consensus sur la nécessité d'augmenter les professeurs mais ça ne suffira pas vous devez aussi revoir la formation des professeurs par des écoles normales 2.0 nouvelles qui permettraient de transmettre les méthodes dont on sait qu'elles marchent et surtout l'enjeu et ça ça va parler à toutes les familles rétablir le thermomètre faire en sorte que des élèves des enfants sachent exactement quel est leur niveau et pour ça il faut rétablir des critères objectifs c'est-à-dire utiliser davantage les évaluations que nous faisons c'est-à-dire mettre en place des certifications anonymes tout ce qui va permettre à un jeune de ne pas être laissé dans l'angoisse au moment de Parcoursup parce qu'il est incapable de savoir si les filières qu'il demande vont fonctionner et dernier point
nous
envoyons nos jeunes à l'abattoir et c'est scandaleux
là
pourquoi vous avez des jeunes lycéens dans la rue parce qu'ils savent très bien que toute une part des filières vers lesquelles on les envoie ne mèneront à aucun emploi et là nous maintenons dans les lycées pros et les bacs techno des filières du tertiaire qui mènent à moins de 30% d'insertion professionnelle et
on
continue à y envoyer des jeunes
c
'est scandaleux pour bien répondre à l'électrice de West France vous êtes bien pour que les jeunes travaillent plus tôt
mais
bien entendu on a allongé la durée d'études tout en vidant les diplômes de leurs fonctions en fait on sur scolarise nos jeunes mais on les sous-instruit c'est un mensonge vis-à-vis d'eux ils se codent un jour contre le mur
une dernière
question des
lecteurs question de société Stéphane Vernet Catherine de Lésignan-Corbière dans l'Aude nous demande ce que vous comptez faire contre le burqa le niqab le voile dans la rue elle, elle dit donc Catherine je propose l'interdiction totale de ces signes religieux dans tout l'espace public et vous
alors il
faut répondre à Catherine que la laïcité à la française
est
la meilleure manière de répondre aux problèmes notamment d'entrisme islamiste que nous voyons se développer sur notre territoire
donc pas l'interdiction dans l
'espace public
par la laïcité la laïcité n'est pas seulement la loi de 1905 qui elle
est
une loi qui en effet régule les rapports et donc on ne va pas interdire le voile dans l'espace public parce qu'on n'interdit pas il faut bien comprendre ce qu'on appelle l'espace public c'est la rue vous y êtes en tant qu'individu privé donc vous avez le droit de manifester votre religion le problème que nous avons c'est en fait un combat culturel qui est de faire comprendre ce qu'est la laïcité et notre pacte politique je le dis la laïcité n'est pas un principe juridique c'est un principe politique c'est le fait que nous formons une communauté nationale d'individus qui décident de leur loi en dehors d'une loi divine et ça ça doit s'expliquer aux jeunes ce n'est pas contre eux ce n'est pas contre une religion que la laïcité est mise en place c'est au contraire pour libérer les individus parce que personne ne doit être assigné à sa à sa supposée origine à sa supposée communauté il n'y a pas de communauté et d'ailleurs je pense que dans les médias et dans le monde politique il faudrait faire attention à ça il n'y a pas d'autre communauté que la communauté nationale en France donc c'est un principe de liberté chacun peut choisir son destin et la république viendra protéger ce choix
Natacha Polony je rappelle que vous êtes candidate à la présidentielle dans cette course comment regardez-vous l'éruption de David Lysnard et de sa dynamique
? alors c
'est très intéressant parce que je remarque que David Lysnard par exemple propose 300 milliards d'économies c'est-à-dire plus des deux tiers du budget des recettes globales de l'état ce qui est quand même assez surprenant c'est un peu un concours à celui qui a la plus grosse tronçonneuse actuellement et premier point j'observe qu'il apprécie beaucoup Ravier Milley ces 32 000 entreprises qui ont fermé en Argentine depuis l'arrivée de Ravier Milley donc je suis un peu inquiète
mais ça ne correspond
pas à une attente alors
ce
que je crois moi c'est que la situation dans laquelle nous sommes ne vient pas du fait que nous avons trop d'état
nous
avons une inflation administrative nous avons une administration qui vient nous expliquer à quelle hauteur doit être la barrière devant une école à quelle hauteur doit être un extincteur dans une entreprise ça c'est une folie furieuse en revanche
nous
en sommes là parce que nous avons petit à petit privé l'état de ces moyens d'action quand vous n'avez plus de services publics quand vous n'avez plus de gares on les ferme on a fermé 1000 kilomètres de voies ferrées sur les 10 dernières années quand vous n'avez plus la possibilité que vos forces de l'ordre luttent contre les casseurs et contre les pillards ce qu'il nous faut c'est un état qui soit remis à sa place et qui est les moyens d'action
toujours pour parler de cette affiche présidentielle il y
a
une primaire chez les sociodémocrates l'idée d'une primaire au sein du bloc central un peu élargi et relancé notamment par Gabriel Attal est-ce que vous pourriez vous inscrire dans une logique de primaire ?
non mais
on
va organiser une primaire des repêchés de la Macronie justement parce que visiblement Gabriel Attal si j'ai bien compris arrive autour de 5% dans les sondages donc il se sent très très seul il a besoin donc de se rassembler avec ses camarades je ne vois pas ce que j'irais faire dans
une
primaire
qui rassemblerait tous ces gens qui ont peur
du peuple français et de ses choix
alors
une autre question sur votre positionnement idéologique est
-ce
que vous n'êtes pas quelque part un peu le nouveau François Bayrou c'est-à-dire un constat implacable de l'état de la France l'idée que les politiques tous ceux qui ont oeuvré jusque-là ont été dans des logiques partisanes vaines et qu'ils ont échoué et qu'il faut tout changer on a vu qu'une fois aux manettes c'est parfois plus difficile
alors François Bayrou a eu le mérite d'alerter sur la question de la dette et il avait parfaitement raison
la
politique que je propose pour ma part est une politique économique qui n'a pas été pratiquée depuis des décennies alors même que c'est la seule qui permettra d'empêcher l'amplification
de notre dette vous dénoncez
un système économique qui détruit les classes populaires et les classes moyennes c'est quoi votre solution ?
vous
voulez changer de système économique
?
ce que je veux c'est rappeler une évidence économique
il
n'y a pas à choisir entre le redressement de nos finances publiques et le redressement productif puisque les deux vont de pair c'est par le redressement productif qu'on va sortir de la situation dans laquelle nous
sommes et ça
on l
'a déjà entendu
c'était l'une des bases du macronisme de dire on relance par la consommation on relance aussi par
l'investissement alors on ne relance pas par la consommation
non mais par la consommation et aussi par l'investissement et donc la croissance va amener et va régler tous nos problèmes de financement et de dette c'était l'idée de base du macronisme le
macronisme a voulu relancer par le ruissellement en favorisant les grands groupes qui sont déjà les plus favorisés dans notre système économique en ouvrant la France à des capitaux étrangers à travers notamment Choose France qui est en fait un pillage de nos actifs stratégiques donc c'est exactement l'inverse de ce que je propose puisque ce que je propose c'est une véritable politique de production sur le sol français c'est à dire de prioriser systématiquement ce qui fait que l'argent des contribuables français l'argent de l'état va retourner dans l'économie je vous donne un exemple il y a un domaine où ça marche parce que c'est le seul domaine où nous avons préservé une industrie extrêmement puissante c'est l'industrie de défense aujourd'hui quand vous dépensez un euro dans la défense c'est à deux ou trois ans un euro vingt qui retourne dans l'économie française et à échelle de cinq ou six ans plus d'un euro cinquante voire un euro soixante il y a des investissements qui justement enrichissent le pays mais pour ça il faut utiliser les outils la commande publique la défense de nos intérêts vitaux et la structuration en filière ça va être le cas par exemple sur l'IA
l
'IA est un domaine extrêmement j'allais dire physique et matériel c'est à dire que pour avoir de l'IA il faut produire des aimants il faut produire des terres rares il faut avoir des data centers donc il faut une énergie décarbonée ce sont les conditions d'une
réindustrialisation vous avez parlé
de grand groupe Total Energy affiche des bénéfices records avec une hausse de son bénéfice net de 124% sur un an vous êtes toujours pour les super profits c'est un argument je suis pour la taxation des super profits pour la taxation des super profits pardon c'est un argument en faveur mais qu'est-ce que vous feriez si Patrick Pouyanné mettait sa menace à exécution c'est-à-dire ne plus plafonner les prix à la pompe lui qui estime que c'est tirer une balle dans le pied d'un champion français
alors
c'est justement pour ça que je propose une taxe sur les produits pétroliers flottante qui va permettre de faire baisser le prix pas seulement chez Total pas seulement pour amener tous les consommateurs dans une seule enseigne mais pour bénéficier à l'ensemble des français c'est un dispositif évidemment qui n'a pas vocation à être pérenne parce qu'il coûte l'avantage qu'elle soit flottante plutôt que de baisser indistinctement les taxes c'est que quand le prix des carburants quand le prix des carburants redescend vous remontez
les taxes sur la taxation des
super profits c'est là-dessus qu'il dit qu'il mettra une menace à exécution
oui
en effet et bien nous n'avons pas et la République française n'a pas à se soumettre à la volonté d'un grand groupe qui est largement favorisé par le système français et je me réjouis qu'il y ait des grands groupes qui s'enrichissent du moment qu'ils font preuve de solidarité en respectant la justice fiscale par exemple
tout
est politique
Natacha
Polony vous dites qu'il faut refuser l'escalade militaire avec la Russie qu'est-ce que ça veut dire précisément est
-ce
que ça veut dire que la France et l'Europe sont dans une escalade militaire
c
'est pas la France et l'Europe la situation est préoccupante et nous voyons qu'elle peut déraper et le rôle de la France qui est je le rappelle une puissance dotée de l'arme nucléaire qui a un siège au conseil de sécurité est d'oeuvrer pour la paix c'est-à-dire
de
profiter de ce moment où la Russie se retrouve obligée de dépendre de la Chine et donc a besoin
de
discuter de profiter de ce moment pour que la France et les Européens soient autour de la table parce que ce qui se passe actuellement
vous
m'expliquez
pas cette phrase refuser
l'escalade militaire
oui
refuser l'escalade militaire ça veut dire expliquer que le rôle de la France est de mettre fin à un conflit qui aujourd'hui est gelé depuis des mois et qui hélas est en train de détruire l'Ukraine et de la détruire de façon absolument tragique je rappelle que cette guerre est une guerre très sale une guerre où sont testées toutes les horreurs possibles aujourd'hui
donc ça veut dire vous dites il faut discuter avec la Russie
oui
bien sûr
on
ne discute qu'avec
ses ennemis vous savez c
'est le principe de la diplomatie mais sauf que
Vladimir Poutine le refuse et la façon dont il pose la possibilité d'une discussion fait que toute discussion est aujourd'hui impossible pour
l'instant les discussions sont en train d'être menées absolument partout sauf justement autour de notre table et c'est cela qui m'inquiète c'est à dire qu'aujourd'hui les discussions sont en train de reprendre avec Donald Trump donc sans tenir compte de
la volonté des Européens sur des bases
commerciales qui n'ont rien
à voir avec une recherche de la paix et
bien justement c'est pour cela de même nous avons des pays européens qui mènent des initiatives je rappelle par exemple que là actuellement à Kaliningrad le conseiller de Vladimir Poutine Dimitriev rencontre des membres du patronat allemand c'est à dire que les uns et les autres en fait poursuivent leurs propres intérêts c'est pour ça qu'il faut sortir de cette logique de destruction progressive de la solidarité européenne et il faut surtout faire en sorte de pousser
l'avantage actuel vous
êtes en train de dire que les Allemands sont ambigus sur la question de l'Ukraine aujourd'hui
les Allemands
ont
toujours défendu
un
lien avec la Russie je rappelle que le modèle allemand à une époque où il était d'ailleurs vanté même en France reposait sur la dépendance au gaz russe bon marché la dépendance aux parapluies nucléaires américains et la dépendance aux exportations chinoises et on nous expliquait qu'il fallait nous caler sur ce modèle là qui était forcément meilleur que le nôtre pour ma part je ne crois pas je crois que la France doit poursuivre le retour de ses budgets militaires pour justement se positionner comme une nation forte doit refuser systématiquement toutes dépenses militaires en Europe qui favorisent l'industrie américaine Ursula von der Leyen a expliqué il y a encore quelques semaines qu'il fallait aller acheter des missiles patriotes et les allemands signent encore maintenant des accords avec
l'industrie
de défense américaine c'est notre vassalisation pour des années la
France doit porter
la paix et l'indépendance
merci beaucoup Natacha Polony pour ce grand jury bon dimanche à tous on se retrouve la semaine prochaine
Sous
-titrage ST'
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