Conférence de presse de Sébastien Chenu et Stéphane Ravier à l'Assemblée Nationale le 7-11-2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15Invité politiqueChiffre
« les 37 milliards qui seront récupérés à travers les différentes taxations des carburants ne seront pas réorientés sur le budget de l'écologie »
- 5:39Invité politiquePromesse
« Article 1er, l'article 1609-A du Code général des impôts est ainsi supprimé »
- 5:51Invité politiquePromesse
« l'instauration de tarification des déplacements effectués au moyen de véhicules terrestres à moteur type péage urbain à l'entrée des communes est interdite »
- 7:49Invité politiqueFait
« on ne peut pas clamer que l'on défend le pouvoir d'achat comme le fait Emmanuel Macron et son gouvernement et en même temps augmenter le prix de la carte grise »
Temps de parole
- Sébastien Chenu64 %
- Stéphane Ravier36 %
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Bon, nous sommes dans la semaine de discussion du projet de loi de finances. Stéphane pourra nous dire peut-être où ils en sont au Sénat. Nous sommes en plein débat sur le volet dépenses et les missions et que Marine Le Pen, elle, s'est positionnée, a fait un certain nombre de propositions concernant le budget de la mission Outre-mer la semaine dernière. Louis Alliot, lui, a fait un certain nombre d'observations concernant l'opération Barkhane. Ça, c'était un peu l'actualité de la maison la semaine dernière.
Et hier soir, Ludovic Pajot et moi avons demandé au gouvernement de revoir sa politique concernant les radars et de réorienter les budgets qui étaient consacrés au déploiement de nouveaux radars à la sécurité routière à travers la rénovation du réseau routier. Et nous pensons effectivement que cette politique du tout radar, elle trouve ses limites et qu'aujourd'hui, c'est plutôt la rénovation du réseau routier qui devrait être privilégiée plutôt que de taxer les Françaises et les Français. Ceci nous amène évidemment à deux choses.
L'actualité sur les carburants, le débat qui vit dans la société française nous permet de constater que le gouvernement, non seulement déploie une fiscalité nouvelle, une fiscalité cachée, une fiscalité hypocrite, puisque les 37 milliards qui seront récupérés à travers les différentes taxations des carburants ne seront pas réorientés sur le budget de l'écologie, loin de là, mais que les Françaises et les Français ont de plus en plus de mal à supporter cette pression fiscale, en particulier lorsqu'ils sont automobilistes ou ruraux et qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture, ils voient bien qu'ils sont devenus les vaches à lait du gouvernement.
Nous nous sommes beaucoup opposés, nous continuons à nous opposer, c'est pour ça que nous soutenons le mouvement du 17 novembre. Et dans le même état d'esprit, le sénateur Ravier et moi-même avons souhaité déposer une proposition de loi contre la création, l'installation de pH urbain. Et je vais laisser le sénateur Ravier la présenter, que ce soit sa philosophie ou son mode d'action, et vous expliquer les raisons pour lesquelles nous faisons ce choix.
Merci Sébastien. Trop, c'est trop. Je crois que ça peut se résumer par ces quatre mots. Trop, c'est trop. Ou c'est trois mots. Trois mots. Tout augmente. Sébastien a évoqué le fait, cette réalité que les Français sont de plus en plus considérés comme des vaches à lait. Encore faudrait-il qu'il y ait du lait. Et cette inquisition fiscale qui passerait aujourd'hui par cette facilité accordée par le gouvernement aux communes que de mettre en place des péages urbains est une volonté supplémentaire, un acte supplémentaire que de taxer, de taxer toujours plus. Alors sous couvert bien sûr d'écologisme, qui est une véritable doctrine, une idéologie désormais.
On essaie une fois de plus de culpabiliser les Français qui, soyons fous, prenant l'exemple marseillais, que je connais un petit peu et qui est, je crois, à l'image de ce qui peut se passer dans tout le pays, les marseillais, quand ils se rendent dans le centre-ville, ce sont essentiellement les marseillais et même les autres, eh bien sont contraints de prendre leur voiture et parce que les transports en commun à Marseille ne sont pas à la hauteur de la deuxième ville de France, eh bien la sécurité n'est pas au rendez-vous dans ces transports et souvent la qualité de ces transports n'est pas optimale. Donc les marseillais sont contraints de prendre leur voiture.
Nous savons depuis des années déjà et encore plus aujourd'hui que le carburant est devenu lui aussi un objet de matraquage fiscal. Il y aura ce 17 novembre une action menée et soutenue par tous, par nous tous en tout cas, pour dénoncer ce racket. Et à ce racket, le gouvernement voudrait y ajouter ces fameux péages urbains. Je le répète, les marseillais en particulier, les français en général, n'ont pas besoin de cette contrainte fiscale, de cette contrainte et de cet empêchement à pouvoir circuler librement, de façon d'ailleurs égalitaire. On va créer par ces péages urbains, s'il devait y avoir le jour, une inégalité entre les citoyens.
Celles et ceux qui sont parmi les plus pauvres risqueraient de ne plus pouvoir se rendre dans les centres-villes, comme contrairement à d'autres. Il y a donc là une atteinte à l'égalité entre les citoyens, en plus donc du racket fiscal. Toujours, toujours sous couvert d'écologisme. Alors, dans cette volonté qui est la nôtre que de préserver ce pouvoir d'achat, avant que le Rassemblement National puisse prendre les commandes de ce pays et faire en sorte que le pouvoir d'achat reparte à la hausse, eh bien, la première des mesures, c'est donc de protéger l'ensemble des français, de faire en sorte que ce racket fiscal cesse. Et ce projet de loi se résume en deux articles.
Vous voyez, on ne perd pas de temps en palabres. Article 1er, l'article 1609-A du Code général des impôts est ainsi supprimé. Article 2, après l'article 1609 du Code général des impôts, inséré à l'article, l'instauration de tarification des déplacements effectués au moyen de véhicules terrestres à moteur type péage urbain à l'entrée des communes est interdite. C'est clair, c'est net, c'est définitif. Et cela vaut, comme cela est mentionné, sur l'ensemble du territoire, pour l'ensemble des français, qu'ils habitent la ville, qu'ils soient en périurbain ou dans ce monde rural, tout le monde a le droit, selon nous, de circuler au prix où cela coûte désormais, y compris dans les centres-villes.
Voilà.
J'ajoute, si tu me le permets Stéphane, qu'à l'heure où un certain nombre de nos dirigeants s'opposent à la création de frontières, à remaitriser, à réorganiser des frontières nationales, il est interrogatif, on va dire, de voir que les mêmes créent des frontières à l'intérieur de nos pays et souhaiteraient séparer un certain nombre de nos compatriotes des villes et des compatriotes peut-être de la ruralité ou de la périphérie à qui on rendrait la vie plus difficile et l'accès aux villes plus difficile.
Je crois que tout ça va dans le sens de ces métropolisations auxquelles nous, nous nous opposons toujours, c'est-à-dire la concentration des richesses et des moyens publics au bénéfice des mêmes populations et des mêmes métropoles. Et celles et ceux qui défendent cette idée de péage urbain, je crois, au-delà même du caractère scandaleux, fiscalement scandaleux comme l'a rappelé Stéphane Ravier, il y a un caractère évidemment d'une très grande injustice à travers ce type de dispositif. C'est la raison pour laquelle vous nous retrouvez ce matin vous présentant cette proposition interdisant les péages urbains puisque nous, nous allons au bout de nos idées.
Nous sommes cohérents, on ne peut pas clamer que l'on défend le pouvoir d'achat comme le fait Emmanuel Macron et son gouvernement et en même temps augmenter le prix de la carte grise, augmenter le prix des contrôles techniques, augmenter le prix du carburant, installer en tout cas faciliter aux communes le pouvoir d'installer des péages urbains, tout ça n'est évidemment pas cohérent, nous nous sommes, et chacun pourra s'exprimer clairement à ce sujet.
On entend ici et là, sur l'ensemble des bancs de l'Assemblée nationale et des fauteuils du Sénat, c'est plus confortable, sur les fauteuils, et bien que chacun clame qu'il faut défendre le pouvoir d'achat, mais dans les actes, on retrouve toujours les mêmes à la manœuvre pour fiscaliser, pour racketter davantage les contribuables, et en particulier l'automobiliste qui est considéré aujourd'hui comme un véritable délinquant, en tout cas par les pouvoirs publics. Or, encore une fois, pouvoir utiliser son véhicule pour aller travailler, pour aller consommer, pour se déplacer, pour aller voir sa famille, ses amis, c'est une liberté. Ce n'est pas un acte de délinquance.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Sébastien Chenu