La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, est l'invitée de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Stéphanie Rist. La grippe est arrivée en France. Elle est précoce cette année si l'on en crois santé publique France.
Les passages aux urgences se multiplient. Alors est-ce qu'il y a déjà de l'inquiétude dans les dans les hôpitaux ? Où est-ce qu'on en est ?
Alors pour l'instant on est toujours ce qu'on appelle une circulation basse du virus qui veut dire que bah comme tous les ans, elle est en train d'arriver mais on est encore au moment où il faut se faire vacciner. Vous savez que le vaccin mais quelques jours avant d'être efficace. Donc je dis à toutes les personnes fragiles, les plus de 65 ans qui ont des maladies chronique, allez vous faire vacciner maintenant.
C'est le bon moment. Vous pouvez aller chez votre médecin, chez le pharmacien, chez d'autres professionnels de santé, allez vous faire vacciner. Le vaccin, on peut se faire vacciner depuis le 14 octobre en France.
C'est ça. Oui, on a bien démarré d'ailleurs cette année et je remercie les professionnels qui ont travaillé avec mon ministère par rapport à l'année dernière pour améliorer la quantité de gens qui doivent se faire vacciner. Donc allez-y, c'est le moment là.
C'est le bon moment. Alors, est-ce qu'il faut rendre obligatoire la vaccination des professionnels de santé et les résidents en EPAD ? C'est en tout cas une proposition qui est dans le débat du budget de la CQ à l'Assemblée en ce moment.
Oui, exactement. On a mis cette proposition dans le débat pour les parlementaires, mais on l'a mis à la condition que la haute autorité de santé qui est une agence indépendante nous disent qu'il y a une confirmation scientifique qui a un intérêt à le faire. Est-ce que de vacciner les soignants, ça protège les malades ?
Si la haute autorité le dit et ça elle va s'exprimer début 2026, et ben comme ça nous pourrons pour la prochaine saison obliger les soignants à le faire. Alors passons au budget. Ça nous emène directement à cette question.
Le budget de la sécurité sociale qui est en cours de discussion à l'Assemblée nationale. Les retraités manifesté hier, ils appellent à manifester à nouveau le 2 décembre. Ils ont peur des mesures qui seront adoptées entre gel des pensions de retraite, minimas sociaux, même si le premier ministre s'est voulu rassurant.
Il y a aussi le doublement des franchises médicales. Et quand on est retraité, les visites chez médecin se multiplient. Ça veut dire médicament.
Est-ce que vous comprenez leurs inquiétudes ? Oui, il y a beaucoup d'inquiétudes autour de ce budget de la sécurité sociale que je comprends. La plus grosse inquiétude qu'on devrait avoir, c'est celle de la non pérennité de notre sécurité sociale.
Parce que si on n plus de financement pour la sécurité sociale, on narrive plus à se protéger notamment les plus fragiles. Mais ce que je veux dire par exemple sur les franchises, l'augmentation, le doublement des franchises, c'est forfait de responsabilité, ça épargne les gens qui ne peuvent pas les payer. Vous savez qu'un français sur trois ne paye pas ses franchises, les plus fragiles financièrement ou les plus les femmes enceintes, les mineurs.
D'autre part, ça fait un coût moyen de 42 € par an supplémentaire ces franchises, ce doublement de franchises. Et en parallèle, nous travaillons aussi à diminuer les dépassements d'honoraires chez les médecins. Donc je dis à ces personnes retraitées qui sont inquiètes, je le comprends, nous allons essayer aussi d'améliorer le coût total qu'ils ont à la fin à payer pour la santé.
Vous savez qu'on est le pays du monde où c'est le moins élevé. Oui. Mais quand par exemple vous voulez étendre la la participation forfaitaire au dentiste, on sait très bien aujourd'hui en France que beaucoup de de Français ne vont plus chez le dentiste parce que ils n'ont plus les moyens.
Donc augmenter la participation euh forfaitaire euh aux dentistes, euh passer la boîte de médicament de 1 à 2 € euh 4 € pour les actes médicaux. Euh mine de rien, c'est euh c'est beaucoup pour le pouvoir d'achat des Français. Alors, vous avez raison.
Je comprends. Vous savez aussi que c'est plafonné parce que je voudrais pas qu'on fasse croire que ce soit des sommes donc il y a un plafond à 200 € par an. J'entends que ça peut être pour certains beaucoup.
Le débat va être à l'assemblée dans les mains des parlementaires. Vous le savez, euh cette mesure sur les dentistes est une mesure qui concerne l'année 2027. Donc nous allons voir euh si les parlementaires souhaitent conserver cette mesure ou pas.
Alors l'hôpital de camp n'a plus d'interne pour le moment. La maternité des lilas a fermé à à Paris. Elle a fermé ses portes.
L'hôpital va mal. Sébastien Lecornu a promis 1 milliard d'euros il y a quelques jours. C'est pour financer quoi ?
Du personnel, un meilleur fonctionnement. C'est c'est pour faire quoi ? C'est un milliard d'euros qu'il a promis.
Je voudrais redire que dans ce budget de la sécurité sociale, c'est 5 milliards de plus au stade initial de ce budget pour la santé. Donc c'est une augmentation de 5 milliards pour la santé, hein. Le budget de la santé, on est à 250 milliards juste pour la santé par an.
Les 1 milliard supplémentaires sont pour plusieurs raisons. Pour les hôpitaux et puis pour le développement des maisons France santé. Vous savez que le premier ministre s'est engagé à ce qu'il y a un médecin à 30 minutes de chaque français et dans les 48 heures, il y a un financement aussi pour ces maisons France santé dans ces 1 milliard.
Oui, mais est-ce que ça veut dire plus de personnel dans les hôpitaux, un meilleur fonctionnement puisqueen attendant vous avez été obligé de débloquer la la réserve pour financière pour l'hôpital de camp et il y a pas que camp qui est concerné par toutes ces difficultés de personnel. Oui, il y a deux choses. Il y a un problème de démographie, un manque de médecin qui fait que parfois on est obligé de fermer des services à l'hôpital.
Ça ça a pas de rapport avec le financement. Et puis il y a parfois des sujets de financement pour l'hôpital avec certains hôpitaux qui sont en déficit et pour lequel nous renforçons les financements à travers ces 1 milliard. Alors, à force de revenir sur euh de nombreuses mesures, comment maintenir l'objectif de 4,7 % et être un déficit de 17,5 milliards alors euh qu'on prévoit euh 23 milliards.
C'est tout l'exercice qu'on fait, je dirais, heure par heure à l'Assemblée avec Oui, mais à force de faire des concessions les parlementaires, comment est-ce qu'on va on va tenir cet objectif de 4,7 % ? à chaque fois qu'il y a des concessions, à chaque fois qu'il y a des parlementaires qui votent des mesures qui euh baissent les les les dépenses, par exemple, enfin qui augmentent les dépenses ou qui baissent les recettes, et ben à chaque fois en face, il y a des mesures qui viennent compenser. En tout cas, c'est tout le travail de la discussion qu'on a avec les parlementaires en tant que gouvernement.
On est là, on les accompagne pour techniquement chiffrer, leur dire bah voilà, là vous perdez 500 millions, il va falloir les trouver ailleurs. C'est tout ce travail de de compromis qu'on est en train de faire à l'Assemblée. Alors le Premier ministre le disait, a fait beaucoup de concessions au socialistes, ça fait grincer des dents chez dans le socle commun et chez les LR.
Les LR qui menacent clairement de de ne pas voter le budget. À force de ménager les uns, il perd les autres, ils jouent à un jeu dangereux. Sébastien Lecornu sur ce sur ce budget de la sécurité sociale.
La situation politique est compliquée, je crois que chaque français le sait, mais la situation politique, elle entraîne aussi une responsabilité et j'espère et je le pense en tout cas je le souhaite qu'il y ait une majorité de parlementaires responsables qui ont un intérêt au pays avant des intérêts politiques et je suis persuadé que on aura une majorité de parlementaires qui souhaitera cette responsabilité. Le débat est compliqué évidemment parce que chacun a ses convictions et heureusement mais ce que je vois à l'assemblée, c'est un grand nombre de députés qui débattent très profondément du sujet, très durement même très durement mais qui sont là en train de de rappeler leur conviction et de dire "OK, bon, je fais un peu de compromis, c'est douloureux, donc fais un pas aussi vers moi." Enfin voilà, c'est vraiment intéressant.
Vous savez, ça fait 8 ans que je fais ce débat à l'Assemblée du budget de la sécurité sociale. J'étais rapporteur de ce budget. Moi, je trouve vraiment les débats intéressants et pour l'intérêt des Français, que on soit LR, socialiste, renaissance, on est là pour l'intérêt des Français et et je pense que ça fait du bien.
Mais au bout du bout, les débats traînent. Euh est-ce que il va pas falloir passer par des ordonnances au final puisque si le budget n'est pas voté, il reste ordonnance, loi spéciale, hein. La le premier ministre, la ministre Mamilie de Monchalin a été assez clair sur les ordonnances.
Notre travail, il est heure par heure à l'Assemblée à ce stade. Ensuite, le texte va aller au Sénat, va revenir. Pour l'instant, on n'est pas du tout dans le sujet des ordonnance.
Pour l'instant, on est le sujet d'obtenir un compromis. Et à ce stade, je pense qu'on peut y arriver et on doit y arriver. C'est l'intérêt des Français, vraiment.
Alors, Stéphanie Riste, vous êtes ministre de la santé mais vous allez bientôt repartir en campagne électorale pour une législative partielle dans votre circonscription. Euh c'est une circonscription, vous l'aviez largement emporté hein en 2024 grâce ou à cause du Front républicain. Est-ce que vous prenez votre risque comme dit Emmanuel Macron ?
Oui, mais l'état du pays le nécessitait. Comme je vous l'ai dit, je connais bien le budget de la sécurité sociale. C'était important au moment où le ministre de la santé arrivait dans le budget d'avoir quelqu'un qui connaît.
Chacun prend ses risques. Là, je suis vraiment concentré sur le budget de la sécurité sociale et puis après, je serai concentré sur les l'élection, mais j'auraiis surtout des équipes qui feront la campagne pendant que je serai ministre de la santé. et puis on verra bien.
Vous n'avez pas peur justement après ce budget de retourner sur le terrain et de faire campagne et que selon ce qui se passe sur ce budget, vous soyez obligé de de justifier et que ben votre poste de député soit potentiellement, vous savez le sujet, c'est pas moi là vraiment le sujet un pour moi là, c'est qu'on réussisse une campagne de vaccination contre la grippe parce que ça protège les gens et ça protège nos services d'urgence et les professionnels de santé. Donc allez vous faire vacciner et c'est le budget de la sécurité sociale. C'est ça dont ont besoin les Français.
Merci beaucoup Stéphanie Ris. Merci. Merci beaucoup B.
Merci madame la ministre d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale de France info qui se poursuit avec dans un instant un nouveau journal avec Julia Vanels.
Stéphanie Rist