Marine Le Pen, présidentielle, Moyen-Orient... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Coquerel
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France Info. Bonjour Eric Coquerel. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. On en parlait il y a quelques minutes. Marine Le Pen a donc été condamnée. Elle s'est pourvue. Elle se pourvoit en cassation. Et elle a lancé sa campagne hier depuis la ville de la Flèche dans la Sarthe. Écoutez l'accueil qu'elle a reçu.
La France Insoumise se comporte aujourd'hui comme un véritable pourrisseur de notre démocratie. On peut combattre sur le fond des adversaires politiques. On ne peut pas tenter de les empêcher physiquement d'aller à la rencontre des électeurs. Donc la France Insoumise doit aujourd'hui retrouver la raison.
Voilà accueil un peu mouvementé donc Eric Coquerel. Est-ce que ce type de comité d'accueil, il y avait donc des Insoumis, il y avait des écologistes également, vous espérez que Marine Le Pen elle le reçoive à chaque fois ?
Écoutez on verra bien ce que décident les Français par rapport à ça. Mais je vous rappelle qu'elle a été condamnée à deux reprises. pour un détournement de fonds publics particulièrement grave. On pense que c'est jusqu'à 4 millions d'euros sur un système structurel qui a duré 11 ans. Elle est actuellement, précisons-le, présumée innocente. Mais ça c'est du, excusez-moi, car vous permettez de vous dire, ça c'est des éléments de langage qu'a mis le Rassemblement National. Alors c'est la procureure générale près de la Cour d'Appel qui l'a dit quand même.
Et redit ce matin par Rémi Aix, procureur général de la Cour de cassation sur France Inter, elle est toujours présumée innocente.
D'un point de vue procédural c'est vrai, mais d'un point de vue sur le fond ce n'est pas vrai. Parce qu'à la différence d'un appel par exemple, la Cour de cassation juge sur le droit et non plus sur le fond. Et dans les faits, la condamnation, la culpabilité de Marine Le Pen n'est pas effacée. Ce qui est suspendu, ce sont les peines. Donc on est dans une situation où très clairement, sa culpabilité, et d'ailleurs je pense qu'elle sait très bien que la Cour de cassation ne reviendra pas là-dessus. La seule raison pour laquelle elle a appelé à la Cour de cassation, c'est pour éviter le bracelet dont elle avait dit qu'elle ne ferait pas campagne avec.
Et il y a aussi une question sur le droit qui pourrait s'appliquer. Je vous le dis, sur la culpabilité de Marine Le Pen, ce n'est pas effacé. Et donc, puisque très souvent le Rassemblement National nous explique, notamment aux commissions des finances, que le grand problème c'est la fraude sociale. Ils laissent de côté la fraude fiscale des riches. Là c'est une fraude sociale XXL qu'ils ont commis. Et donc ça ne m'étonne pas qu'il y ait des Français qui disent, bon, ok elle a le droit de faire campagne, c'est ce que décidait le tribunal.
Mais que c'est quand même difficile de laisser passer quelqu'un qui n'a jamais de mots assez durs pour des petits délinquants et qui là tout d'un coup va faire campagne avec le fait d'avoir fraudé de manière considérable. Vous ne l'empêchez pas de faire campagne, donc c'était ça ma question. Non, une protestation ce n'est pas un empêchement. C'est elle qui met ça en scène hier. Mais il ne faut pas s'étonner que des Français l'accueillent le lendemain d'une condamnation de ce type aussi grave avec autre chose que des fleurs.
Éric Coquerel, il ne faut pas s'étonner où vous allez organiser dans chacun de ces déplacements de manière très claire. Parce que l'implantation de la France insoumise est très importante. On entend dans votre discours que vous allez rappeler sans cesse à Marine Le Pen qu'elle a été condamnée deux fois pour détournement de fonds publics. La question est donc, est-ce que vous, vous allez organiser votre campagne aussi pour qu'elle porte ce stigmate pendant neuf mois ?
C'est vous qui dites qu'on va le rappeler sans arrêt ? Non, je vous pose la question. On est le lendemain d'une condamnation extrêmement grave. Je vous répète, c'est un détournement de fonds publics extrêmement grave. Personne ne le remet en question. Il y a deux tribunaux qui les ont constatés. Donc, elle ne peut pas s'attendre à aller comme ça sur un marché et puis faire comme si rien n'était. Donc, c'est normal qu'il y ait des gens qui, à un moment donné, protestent. Donc, c'est ce qui s'est passé. Elle n'a pas été empêchée. Ce n'est pas vrai. Et je vous le dis à l'avance. Nous, ça ne va pas être une organisation systématique des choses.
Mais par contre, bien évidemment, on ne peut pas considérer de la même manière une candidate qui est condamnée pour, je répète, ce que j'appelle une fraude sociale XL. Parce qu'eux, ils aiment bien manier ça pour diviser les pauvres. Pour dire, le problème dans ce pays, c'est le pauvre qui va toucher le RSA alors qu'il n'a pas le droit. Alors que, eux, ça ne les dérange pas de détourner les fonds publics et Mme Le Pen en premier lieu. Bon, ça sera quand même nécessaire de lui rappeler, je crois.
C'est un pari politique et c'est un pari judiciaire de la part de Marine Le Pen. La Cour de cassation fera tout pour tenir l'objectif de rendre sa décision avant le premier tour de l'élection présidentielle. Rémi Haidt, le procureur général de la Cour de cassation, l'a dit ce matin sur France Inter. Est-ce que vous pensez que pour Marine Le Pen, c'est un pari perdant et qu'elle risque de se retrouver à faire la fin de la campagne avec un brasset électronique ?
Je ne sais pas. Et je vous avoue que je n'ai même pas envie d'entrer dans une discussion. Pourquoi je n'ai pas envie d'entrer ? Ça va vous concerner quand même pour mener la campagne ? Ok, mais je n'ai pas non plus envie, une fois que sa culpabilité est établie, une fois qu'on sait que ce qu'a fait le Rassemblement National est Mme Le Pen vis-à-vis de fonds publics. Je n'ai pas envie de passer notre temps sur est-ce que Mme Le Pen va pouvoir aller jusqu'au bout, est-ce qu'elle aura un bracelet ou pas, occultant un peu le reste de la campagne.
Vous allez devoir vous adapter à ça pendant toute la campagne, Éric Coquerel.
Je compte bien sur vous pour essayer de nous adapter, mais moi ce qui m'intéresse par exemple, c'est...
Ce n'est pas tout à fait pareil d'avoir un candidat qui est quand même malgré tout favori des sondages, qui est condamnés, qui est aux prises avec la justice...
Vous constaterez avec moi que ce qu'a décidé hier le tribunal, c'est le fait qu'elle pouvait faire campagne. Le problème qu'elle s'est posé elle-même, c'est qu'elle a dit je ne ferai pas campagne avec un bracelet. C'est-à-dire qu'en termes d'inillégitimité, le tribunal dit, ça sera finalement aux électeurs de décider, elle peut se présenter. Elle a une peine, j'observe d'ailleurs entre parenthèses qu'elle doit au fait de substituer pour les courtes peines le bracelet au lieu de la prison ferme de Mme Belloubet, le fait d'être libre aujourd'hui parce qu'elle s'y est opposée à ça.
Elle profite de tout ce qu'elle a critiqué dans le système, l'individualisation des peines, le bracelet, le fait de pouvoir compter sur un juge d'application des peines...
Et donc vous vous souvenez qu'elle est rattrapée par ses positionnements politiques ?
Elle m'amuse un peu, c'est un peu le baiser de la mort si vous voulez. C'est-à-dire tout ce qu'elle demande par rapport à des délinquants, elle en profite aujourd'hui pour du coup pouvoir faire campagne. Donc elle va pouvoir faire campagne. Alors est-ce qu'à la fin du fin, la cour de cassation décidera finalement de revenir au fait qu'elle doit porter son bracelet ? Bon elle manifestement, elle compte un peu sur le temps et sur le fait que personne n'osera l'arrêter à quelques semaines de la campagne. J'allais dire on verra bien. Moi ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est qu'on a une coupable de détournement de fonds publics qui va rentrer en campagne. Les Français jugeront.
J'ai vu que 60% des Français ne sont pas satisfaits.
Les Français jugeront, il y a différents sondages.
Et je suis, attendez je termine là-dessus, moi je préfère que ce soit les électeurs qui tranchent, je vais vous dire. Voilà, entre nous et le Rassemblement National, c'est-à-dire entre un parti raciste qui va sans arrêt toujours chevaucher la manière de diviser les Français, je vous l'ai dit, sur la fraude sociale, sur l'immigration, ça va revenir vite. On ne connaît pas son programme, je ne sais pas si son programme sera celui néolibéral de M. Bardella, j'en sais rien. Moi c'est ça qui m'intéresse. Vous allez sur son site aujourd'hui, vous n'avez pas un mot là-dessus. Voilà, et donc nous c'est ce qu'on va combattre de manière forte pour la battre.
On comprend aussi que vous n'êtes finalement pas mécontent que ce soit Marine Le Pen. Ça nous est égal. Ça nous est totalement égal. Dans les deux cas, on battra le candidat du Rassemblement National qui est en face de nous.
Mais le match il est là, Éric Recrelle. Le match il est là, c'est vous contre eux, c'est aussi ce que dit Jean-Luc Mélenchon. A la fin, ça se termine entre eux et eux.
Je vais vous dire que je le pense de plus en plus parce que je pense que Mme Le Pen a plus de chance, paradoxalement, si la cour de cassation n'en revient pas, parce que vous savez qu'il y a aussi une hypothèse, où la cour de cassation annule et du coup on en revient à l'inéligibilité. Mais ça, on en dégage. Pourquoi a-t-elle plus de chance ? Parce que M. Bardella, pour le coup, était en train d'afficher un programme néolibéral décomplexé. C'est en gros la poursuite du macronisme avec en plus des images. Marine Le Pen est plus proche de vous. Non, ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Je pense que Mme Le Pen, quelque part, peut éviter ce genre d'erreur.
Pourquoi ce genre d'erreur ? Parce que je pense qu'on a une population qui ne supporte pas le néolibéralisme. Et je pense qu'elle est plus incline et peut-être qu'elle peut plus tenir le choc d'une campagne d'aller au deuxième tour. Ce que je crois, c'est que que ce soit M. Bardella ou Mme Le Pen, je vous le répète, dans tous les cas, on les pliera au deuxième tour. C'est moi l'analyse que je fais, simplement parce que je pense qu'on a... Un pays, une population qui ne se fera jamais à voter pour l'extrême droite face au candidat de gauche qui sera au deuxième tour. Qui est le on d'un mot, Éric Coquerel ? Qui est le on ? Lequel on ? Vous avez dit qu'on les pliera au deuxième tour.
Jean-Luc Mélenchon, nous les battrons. Jean-Luc Mélenchon, tout ce qui l'accompagne, le programme, etc.
Il reste neuf mois de campagne. On verra, en effet, à la fin, qui sera qualifié pour le second tour et qui gagnera cette élection présidentielle. Le jour de la condamnation de Marine Le Pen, l'Assemblée nationale a voté une nouvelle loi, Éric Coquerel, sur le permis de tirer des forces de l'ordre un nouveau droit pour les policiers et les gendarmes, qui fait polémique, considéré désormais, a priori, comme en situation de légitime défense. La France insoumise s'est très fortement opposée à ce nouveau texte. Vous allez jusqu'à dénoncer un permis de tuer, Éric Coquerel.
Bah oui, c'est le cas. Alors, il faut bien qu'on refasse l'histoire. La présomption de légitime défense pour les policiers, c'est inspiré du programme de Jean-Marie Le Pen. D'accord ? Avant, personne ne mettait ça dans ses programmes.
Mais c'est un droit qui avait déjà évolué, notamment sous Cazeneuve, quand il était ministre de l'Intérieur.
Oui, mais ça c'est autre chose. Attendez, je vais revenir, si vous voulez bien. C'est quelque chose qui est inspiré de Jean-Marie Le Pen. Jusqu'à maintenant, tous les gouvernements, et même tous les hiérarchies policières s'y étaient opposées, par la situation que ça provoque. Pourquoi c'est extrêmement grave ? Parce que M. Nunez, dans l'Assemblée nationale, n'a pas arrêté de nous dire « mais ça existe déjà ». Bien sûr, la légitime défense existe, les policiers ont le droit de tirer en légitime défense, et même quand il y a un risque pour autrui. Ils ont le monopole de la violence légitime, ils ont le droit. Mais par contre, la présomption, ça veut dire qu'on va inverser la preuve.
On va déterminer qu'à l'avance, il y a une présomption qu'en réalité, ils avaient le droit de tirer parce qu'ils étaient en danger. C'est une chose absolument considérable. C'est-à-dire que ça sera aux personnes qui en sont victimes de prouver qu'en réalité, le policier n'était pas en légitime défense, alors que jusqu'à maintenant, c'est la preuve qui se passe.
Cette présomption pourra être renversée par n'importe quel procureur. C'est ce que dit M. Laurent Mignès.
S'il y a un doute... Donc, je regarde ce qui se passe. J'en reviens maintenant à la loi Cazeneuve, qui effectivement a institué, non pas une présomption de légitime défense, mais a institué le fait que c'est aux policiers de juger des risques encourus s'il y a un refil de temps pérenne.
Et de répondre de manière proportionnée et adéquate à la situation.
Le bilan de ça, c'est que vous avez eu, depuis, 35 passagers de voitures non armés qui ont été tués par la police, 5 fois plus qu'avant 2017, 10 fois plus, même plus, 35 fois plus qu'en Allemagne, il y a eu une seule personne autour de dire. Et donc, ce que je suis en train de vous dire, c'est le fait de laisser une présomption, le fait que le policier peut... On va juger si le policier pensait que, inévitablement, ça augmente le nombre de tirs et le nombre possible de blessures ou de morts. C'est ce qui s'est passé, ce qui se passera encore plus gravement.
Éric Coquerel, vous entendez aussi ce que dit le ministre de l'Intérieur en disant qu'en effet, un procureur à tout moment pourra revenir sur cette présomption, pourra déclencher une enquête. et finalement, de vous répondre, c'est de votre côté qu'il y a une présomption de culpabilité contre la police. Vous ne faites pas confiance à la police française ?
Excusez-moi, ce n'est pas un problème de confiance. La police française... Non, non, non, non. Parce que dans ces cas-là, si vous voulez, il n'y a aucun garde-fou nulle part. Mais vous faites confiance à la police ? Je vous rappelle que vous avez un article 5, je crois que c'est l'article 5 des créations des droits de l'homme, qui nous donne la possibilité d'aller contrôler les agents, en gros, publics. Mais est-ce que vous faites confiance à la police française ? La question est simple. Attendez, ce n'est pas une question de confiance. C'est que la police, elle a un droit absolument important, qui est le droit, le monopole de la violence légitime.
À partir de là, qui peut entraîner la vente de quelqu'un. Donc, vous m'excuserez, mais oui, c'est normal que ce soit hyper contrôlé, parce que sinon, tout est possible. Surtout dans une police, et là, je vais revenir, effectivement, qui est travaillée, notamment depuis des années, par des syndicats d'extrême droite de la police, qui sont toujours plus pour donner des possibilités à des policiers d'utiliser les hommes. Surtout une police... Donc, il y a bien un problème de confiance de votre part par rapport à la police française. Ce n'est pas sa responsabilité, écoutez-moi.
Une police dont la doctrine est de toujours plus les surarmés, de passer d'une police de proximité à des policiers qui sont équipés comme des robocops qui arrivent dans des quartiers. Et donc, moi, ce que je regarde, c'est qu'on a le plus mauvais bilan en termes de mort par la police ou de blessure par la police de toute l'Europe, et que je sache, on n'a pas le meilleur bilan en termes de délinquance. Donc, vous voyez bien qu'il y a un problème de fond qui n'est pas le fait d'accuser tel ou tel policier, qui est le fait d'accuser une doctrine.
Et là, ce qu'on leur donne, c'est qu'on donne quelque chose, d'ailleurs, qui ne va pas toujours être facile à juger pour les policiers, c'est pour ça que souvent, ils ne l'ont pas réclamé, qui ne peut qu'entraîner, malheureusement, des morts de personnes. Excusez-moi, ce n'est pas rien d'être tué par la police quand vous n'avez pas d'armes et quand vous n'avez, en réalité, rien fait qui mérite le fait d'être tué.
Bon, Eric Coquerel. On va continuer, on va parler des conséquences de l'actualité internationale sur l'économie française, parce que c'est aussi votre domaine.
Nous sommes toujours avec Eric Coquerel, député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale. On voulait évoquer aussi avec vous les questions internationales, alors que le sommet de l'OTAN vient de se conclure en Turquie et que les hostilités ont repris entre les Etats-Unis et l'Iran de nouvelles frappes. Encore cette nuit des Américains, le cessez-le-feu est terminé, affirmait Donald Trump. Il ne veut plus négocier. Eric Coquerel, est-ce que vous craignez une reprise de la guerre avec les conséquences sur l'économie mondiale et tout particulièrement en France ?
Avec Donald Trump, je crains tout. Il est aussi possible que Donald Trump, demain, tout d'un coup, annonce que tout va bien, etc. Il l'a déjà fait. C'est-à-dire qu'on remarquera qu'en général, c'est le roi de l'antiphrase. Un jour, il dit, demain, l'Iran va être rasé de la carte et le lendemain, il est prêt à signer un accord de paix. Tout ça fait partie aussi, j'allais dire, d'une certaine mise sous tension qui a peut-être, d'ailleurs, qui a plusieurs objectifs, à mon avis. D'abord, il y a un premier objectif, on va en parler, je crois, après.
C'est qu'en même temps, se passe le sommet de l'OTAN sur lequel, en gros, Donald Trump veut accentuer la vacialisation de l'Europe et faire avaler à l'Europe, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à maintenant, le fait qu'il avait raison d'intervenir en Iran, etc., c'est-à-dire une guerre illégale. Et puis, deuxièmement, faire avaler à l'Europe le fait d'augmenter jusqu'à 5% des...
Sur le premier point, ça n'a pas tellement fonctionné, Éric. Non, je dis que c'est fonctionné.
Je dis que son objectif, oui, enfin, il est quand même à un sommet de l'OTAN, si vous voulez, où, après avoir déclenché une guerre illégale avec Israël, qui a quand même embrasé toute une région, et ce n'est pas fini, vous l'avez constaté, après avoir mis l'économie mondiale à bout de souffle avec l'augmentation du prix de carburant, bon, j'observe quand même que ça ne se passe pas trop mal pour lui et qu'il est peu contesté, en réalité, par rapport aux Européens. Et il est venu surtout leur dire... Il est venu surtout leur dire... Excusez-moi, laissez-moi finir. Il est surtout venu leur dire qu'il faut maintenant nous acheter nos armes.
C'est-à-dire qu'il a fixé comme règle le budget de chaque pays pour les armes, c'est ça qu'il est venu faire. Et donc, je pense... Pourquoi je reviens là ?
Ça fait des années qu'il le répète et qu'il n'est pas toujours très écouté sur ce sujet d'objectifs. Vous vous trompez, parce que... C'est vrai que les budgets augmentent.
Voilà, les Etats-Unis, l'augmentation, c'est 143% sur les 5 ans passés d'apportations d'armes de l'OTAN et que là-dedans, il y en a 60% qui viennent des Etats-Unis. Donc vous avez tort de dire qu'il n'est pas très écouté. Ça fait tourner à fond. J'ai dit, il n'est pas écouté partout. Peut-être pas écouté partout, mais je viens de vous donner des chiffres. Il est suffisamment écouté pour que ça fasse tourner la machine de production américaine parce que, figurez-vous, la question de l'armement est devenue pour beaucoup un système de remplacement industriel pour le système capitaliste et les Américains en jouent.
Érico Crède, on vous entend. Vous dites que son rapport de force fonctionne par rapport à l'OTAN et qu'en effet, beaucoup d'Européens ont investi, décident d'investir plus dans cette défense. dans cette défense. Mais notre question, elle était aussi sur cette reprise de la guerre et les conséquences sur l'économie française. Il y a eu, cette semaine, un comité d'alerte sur les finances publiques. Les effets de la guerre au Moyen-Orient, ça a baissé les prévisions de croissance à 0,7%. Les finances publiques, elles sont exemptes. Si de nouveau, les détruits d'Hormuzes sont bloqués, il va y avoir de nouveau les prix à la pompe qui vont augmenter. Une grande difficulté pour les Français.
Vous, qu'est-ce que vous proposez ?
Alors, je voudrais juste faire déjà une première récession parce que vous n'avez pas laissé finir. C'est qu'il n'est pas non plus impossible que la raison d'intervention de Donald Trump soit liée à cette augmentation des prix du Brent tout simplement parce qu'on sait que depuis qu'il est président des Etats-Unis, il s'est considérablement enrichi, qu'il continue à jouer l'homme d'affaires et que, figurez-vous, il est notamment lié à toute l'industrie pétrolière qui gagne de l'argent, y compris le total, quand il y a l'augmentation du Brent. Donc, ce n'est pas complètement impossible que tout ça ait un rapport. Très rapidement, en deux mots,
l'interview est en train d'arriver à sa fin pour les Français qui peuvent être impactés par toutes ces conséquences.
Aujourd'hui, ce qu'on a décidé, ce que le gouvernement décide, c'est des annulations de crédit pour réduire les déficits. Moi, je pense qu'il aurait fallu un projet de loi de finances rectificative qui puisse aller chercher des recettes nouvelles, par exemple, sur les super profits réalisés par une entreprise comme Total au premier trimestre, plus 51% par rapport à la dernière. Ce n'est pas le choix de faire le gouvernement, ce qui fait qu'il propose que ce soit les Français et la collectivité qui payent cette crise, dont on voit bien, n'est pas terminée et qui, en plus, à mon avis, va s'aggraver par la question de la canicule et des incendies. Nous, on propose de faire face à tout ça.
Ce sujet dont on aura
évidemment l'occasion d'en reparler. Merci à vous, Éric Coquerel, vous êtes député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale et merci à Camille Girère. Restez sur France Info.
Éric Coquerel