đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Laurent Nunez sur RMC
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Hier soir, c'est bien cela ?
Oui, vous ĂȘtes bien informĂ©. Oui, il y a eu une policiĂšre qui a Ă©tĂ© agressĂ©e par un individu qui essayait de rentrer dans le ministĂšre. Et donc cette policiĂšre a Ă©tĂ© affectĂ©e Ă la garde du ministĂšre. Et donc elle en a empĂȘchĂ©. Il lui a Ă ce moment-lĂ sautĂ© dessus. Donc elle est blessĂ©e, blessĂ©e lĂ©gĂšrement. Mais les effectifs qui assurent la protection autour du ministĂšre sont intervenus trĂšs rapidement et ont interpellĂ© effectivement cet individu.
Est-ce qu'on en sait un peu plus sur le profil oĂč se montre cet individu, Ă l'heure oĂč on se parle ?
Je peux difficilement en dire plus, si ce n'est que c'est un individu qui semble assez perturbé psychologiquement. Je n'ai pas d'autres informations à ce stade, si ce n'est évidemment que saluer la réactivité de cette policiÚre et des effectifs qui ont immédiatement interpellé l'individu.
Qui va bien ce matin, cette policiÚre, de ce qu'on entend, elle est blessée légÚrement ?
Elle a Ă©tĂ© blessĂ©e lĂ©gĂšrement. Il y a une suspicion de fracture, je crois. En tout cas, elle a Ă©tĂ© quand mĂȘme hospitalisĂ©e. Mais encore une fois, vous savez, autour des ministĂšres, on a des dispositifs policiers qui sont trĂšs renforcĂ©s. Et donc, il y a pu avoir une intervention immĂ©diate. Et puis surtout, elle a empĂȘchĂ© un individu qui, manifestement, en profitant de l'ouverture de la grille, a essayĂ© d'entrer. Mais voilĂ , je n'en sais pas plus Ă ce stade. Mais en tout cas, je vous confirme cette information.
Avant de parler de la sĂ©curitĂ© autour des Jeux, j'aimerais peut-ĂȘtre un petit mot sur le remaniement annoncĂ© hier avec la ministre des Sports, des Jeux Olympiques et Paralympiques qui reste en place, AmĂ©lie OudĂ©a-Castera. Elle perd la tutelle de l'Ă©ducation. Est-ce que c'est une bonne nouvelle, quand on est prĂ©fet de Paris, Ă moins de six mois des Jeux, de garder les mĂȘmes interlocuteurs ?
Ăcoutez, moi, je n'ai pas de commentaire Ă faire sur le remaniement.
Vous avez un devoir de réserve ?
En tout cas, Mme AmĂ©lie OudĂ©a-Castera a Ă©tĂ© en charge des Jeux dans son prĂ©cĂ©dent portefeuille. Et donc, voilĂ , elle va continuer Ă l'ĂȘtre. Et pour nous, Ă©videmment, pour nous, les hauts fonctionnaires que nous sommes, les opĂ©rationnels de la prĂ©paration des JO, c'est Ă©videmment une bonne chose. On travaille trĂšs bien avec AmĂ©lie OudĂ©a-Castera, qui suit le dossier dans sa globalitĂ©. Pour la sĂ©curitĂ©, c'est Ă©videmment le ministre de l'IntĂ©rieur. Et moi, je suis sous l'autoritĂ© du ministre de l'IntĂ©rieur. Mais oui, c'est une bonne chose. Il y a une continuitĂ© qui, maintenant, Ă six mois des Jeux, Ă©videmment, c'est une bonne chose, bien sĂ»r.
à six mois des Jeux, Laurent Nouniez, il y a un reportage que j'aimerais vous montrer, qu'on l'a diffusé ce matin sur BFM TV et RMC. C'est celui de Romain Poiseau, qui a tourné à la station de métro Stalingrad à Paris, envahi par les consommateurs de krach. On regarde et je vous interroge par la suite.
Ce soir-lĂ , il est seulement 21h, quand une toxicomane nous aborde. Elle nous demande un stylo et un tampon pour fabriquer une pipe Ă krach.
Ouais, lĂ , on est complĂštement dedans.
Puis elle s'en prend Ă une passante et la menace.
Vous dites lĂ , je n'ai pas.
Une scĂšne habituelle pour Alicia.
Ah ouais, lĂ , c'est... Il faut ĂȘtre neutre, le plus neutre possible. Encore quelqu'un qui ne sait pas marcher droit lĂ -bas. Comme s'ils Ă©taient Ă©puisĂ©s, ils n'avaient pas dormi depuis trois jours, quoi. Comme des zombies. Il y en a quand mĂȘme pas mal. 22h, il n'y a mĂȘme que ça sur le quai. Ăa veut dire que je suis tout le temps face à ça ?
Les consommateurs de krach dans le métro, Laurent NouniÚs, vous disiez, le problÚme de consommation sera réglé au moment des jeux.
Le problĂšme du krach sera rĂ©glĂ© au moment des jeux. Du krach, pardon. Et mĂȘme avant, mĂȘme avant. Depuis octobre 2022...
Mais on les croise dans le métro ?
Depuis octobre 2022, on a démantelé le campement à ciel ouvert qui était sur la place Baron. Enfin, on l'a totalement démantelé. Le square, pardon, Baron, on l'a totalement démantelé. On mÚne des actions résolues contre les trafiquants. Parce que le problÚme, c'est les trafiquants de krach. Vous savez, en 2022, on en a interpellé 285. En 2023, c'est 491.
On va y revenir les trafiquants. Mais lĂ ...
Mais c'est important de lutter contre le trafic. Moi, je dirige des policiers...
Ils ne sont plus en surface, ils sont sous terre.
Je dirige des policiers qui mÚnent des actions résolues, déterminées contre les trafiquants, qui alimentent ces consommateurs. Et nous avons par ailleurs une action de voie publique. Moi, c'est ce que me demande le ministre de l'Intérieur. Nous sommes trÚs présents partout dans le Nord-Est parisien pour disperser les consommateurs et veiller à ce que les services médico-sociaux puissent les prendre en charge. Parce que le problÚme, c'est plus un problÚme policier.
Mais ça veut dire, quand ils sont dans les stations de métro, ce n'est plus votre problÚme.
Attendez, je ne sais pas ce que je suis en train de vous dire. Je suis en train de vous dire que le problĂšme du crack, nous l'avons traitĂ©. On interpelle les dealers de crack. Encore une fois, on a doublĂ© le chiffre d'interpellation. Et puis les consommateurs, j'ai un trĂšs gros dispositif de voie publique pour les disperser et faire en sorte qu'ils perturbent le moins la vie des riverains. Ils subsistent des endroits oĂč il y a des consommateurs. Je ne le nie pas. En partie dans certaines stations de mĂ©tro, dont celles qui figurent dans votre reportage.
Et puis actuellement, dans le 19e arrondissement, en surface, j'ai envie de dire, on a un souci du cĂŽtĂ© du canal, du cĂŽtĂ© de la forĂȘt du linĂ©aire. On continue Ă avoir des consommateurs qui sont systĂ©matiquement dispersĂ©s. Maintenant, le problĂšme du crack, ce n'est pas qu'un problĂšme de police et de court terme. C'est un problĂšme de prise en charge mĂ©dico-sociale.
Mais qui ne fait pas son travail ?
C'est un problÚme médico-social. Et les autres pouvoirs publics chargés de ce dossier montent en puissance sur ce sujet. Et le problÚme va évidemment se résoudre par la prise en charge des consommateurs. On est un collectif. Moi, je ne jette la pierre à personne. Il y a un collectif. Il y a le volet répressif et judiciaire que je dirige avec madame la procureure de la République de Paris. Et puis, vous avez évidemment l'Agence régionale de santé, la préfecture, la ville de Paris, tous les acteurs qui travaillent à nos cÎtés pour prendre en charge ces consommateurs. Mais je peux rassurer, en tout cas, pendant les Jeux, là , actuellement, dans le métro, tous les jours, j'ai 125 patrouilles.
Pendant les Jeux, j'en aurai 700. 700. Quasiment 5 fois plus.
C'est-Ă -dire qu'il n'y aura plus ces images-lĂ ?
Vous pouvez prendre l'engagement aujourd'hui qu'on ne verra plus de consommateurs de craie. On ne verra plus des policiers partout. Mais on ne rĂ©glera pas la solution en chassant les consommateurs. Ce qu'il faut maintenant, c'est les prendre en charge tous. Alors, des progrĂšs Ă©normes sont faits. Vous savez, ils ne sont plus que 100 Ă 150 Ă errer dans le nord-est parisien, lĂ oĂč ils Ă©taient plusieurs centaines il y a encore deux ans. Donc, on a fait d'Ă©normes progrĂšs. Mais en tout cas, ce que je peux vous le garantir, c'est ce que me demande le ministre de l'IntĂ©rieur, c'est que pendant les Jeux, il y aura une prĂ©sence forte de policiers sur la voie publique.
Et évidemment, nous interviendrons pour éviter que ces individus ne viennent perturber, des individus qui ne sont pas toujours forcément dangereux, mais qui éviter qu'ils viennent évidemment...
Ils participent du sentiment d'insécurité, on entendait...
Absolument. En tout cas, on interviendra pour disperser, comme nous le faisons déjà actuellement. Mais là , on va le faire à la puissance 5.
Vous Ă©voquiez les trafics. Est-ce qu'on sait d'oĂč il vient ce krach ?
C'est un krach qui vient essentiellement des Antilles, essentiellement d'ailleurs anti-Guyane, on va dire. Et ils passent, donc, ils arrivent par des mules, des personnes qui transportent de la cocaïne. Et donc, il y a une action qui est menée déjà en amont.
C'est par les aéroports, notamment ?
Il y a une action qui est menée en amont aux aéroports. Chaque année, c'est plusieurs centaines de cocaïne qui est saisie. Et puis ensuite, il arrive à la main de trafiquants. Le réseau de krach, ce sont des petits réseaux de krach et qui ensuite vont vendre leurs galettes de krach qu'ils transforment de la cocaïne à des consommateurs qui sont en grande détresse. Mais on a doublé, j'insiste, on a doublé entre 2022 et 2023 le nombre de trafiquants interpellés. Donc, 491 en 2023, 285 en 2022.
Cinq fois plus de patrouilles pendant les Jeux. Elles ont vocation à persister ou ce sera juste pendant un moment donné ?
Ce sera évidemment pendant les Jeux. Mais comme le demande le ministre de l'Intérieur, il y aura aussi un héritage en matiÚre de sécurité. C'est-à -dire que tout ce que nous faisons actuellement pour la préparation des Jeux, toute cette action de lutte contre la délinquance partout dans l'agglomération parisienne, qui a produit en 2023 d'excellents résultats. Je vais profiter pour dire que la délinquance en région parisienne a baissé.
J'y viens, Laurent Nouniez. Vous posez la question des patrouilles parce que prĂ©cisĂ©ment, il y a d'un cĂŽtĂ© les rĂ©sultats du ministĂšre de l'IntĂ©rieur qui montrent qu'effectivement, les chiffres de la dĂ©linquance pour 2023 ont plutĂŽt tendance Ă ĂȘtre en recul pour la rĂ©gion Paris. Et puis, il y a en parallĂšle ce qu'on appelle une enquĂȘte dite de victimation de l'Institut Paris RĂ©gion. C'est une enquĂȘte qui est menĂ©e tous les deux ans auprĂšs de 9000 personnes. Plus d'un tiers de ces personnes interrogĂ©es disent avoir peur dans les transports. Ăa reste l'un des points noirs de l'insĂ©curitĂ©. Vous allez peut-ĂȘtre me dire du sentiment d'insĂ©curitĂ© qui persiste en rĂ©gion ?
Moi, je ne parle pas de sentiment d'insĂ©curitĂ©. D'abord, vous dire, merci de rappeler les chiffres puisqu'on entend parfois dire des choses contraires. La dĂ©linquance, elle baisse significativement sur le territoire dont j'ai la responsabilitĂ©, c'est-Ă -dire l'agglomĂ©ration parisienne. Notamment, et vous avez raison de le souligner, dans les transports. On a des vols violences qui baissent en 2023 par rapport Ă 2022 de bien au-delĂ de moins 20%. Et puis mĂȘme des violences aux personnes tout simplement dans les transports qui baissent de 17%.
Et compte tenu du poids que pÚse l'agglomération parisienne dans la délinquance générale, on représente un tiers des vols violences au plan national, 30% des atteintes aux biens. Donc évidemment que ces bons chiffres se répercutent sur la délinquance au niveau national qui enregistre aussi de trÚs bons chiffres.
Mais les Franciliens disent quand mĂȘme avoir peur.
Oui, alors je vais y venir. Mais quand les chiffres sont bons, il faut le rappeler. Vous savez que si les chiffres n'Ă©taient pas bons, je pense qu'une partie des oppositions et autres nous le signaleraient. Mais bon, les chiffres sont bons, ce sont des faits constatĂ©s qui sont enregistrĂ©s de maniĂšre beaucoup plus neutre et beaucoup plus sincĂšre que ça a pu se faire il y a quelques annĂ©es. Je tiens quand mĂȘme Ă me le dire. On a eu quand mĂȘme une rĂ©forme de l'outil statistique. Je ne ferai pas d'autres commentaires. Mais quand on parle des chiffres de la dĂ©linquance, il faut se souvenir aussi de ce qui se faisait dans le passĂ©.
En tout cas, nous, nos chiffres baissent sur des items significatifs. Ăvidemment que c'est souvent insuffisant pour jouer sur le sentiment d'insĂ©curitĂ© qui peut tenir lieu Ă un fait, un fait grave, le fait de croiser effectivement des consommateurs de krach dans le mĂ©tro alors mĂȘme qu'il n'y a pas forcĂ©ment d'actes dĂ©lictueux, ça entretient ce sentiment d'insĂ©curitĂ©. Et c'est pour ça que l'action que nous demande de mener le ministre de l'IntĂ©rieur, elle porte Ă©videmment sur les chiffres. Bien sĂ»r, il faut faire baisser la dĂ©linquance. Mais il souhaite aussi que nous soyons visibles. Il faut rassurer les gens par une prĂ©sence qui va d'ailleurs au contact pour ĂȘtre rassurant.
Et ça, c'est extrĂȘmement important aussi.
Et je précise, les chiffres sont meilleurs sur la région dont vous avez la charge, au national. En revanche, les indicateurs principaux sont plutÎt à la hausse sur les agressions physiques, les cambriolages et les violences sexuelles. Je vous pose une question.
Les cambriolages au plan national progressent bien moins que par le passé. Donc en région parisienne, ils baissent. Au national, ils progressent moins bien. Et vous avez des items au plan national, notamment sur les transports qui intéressent beaucoup les Français, qui sont aussi en baisse significative au plan national. Je veux le signaler.
Quand on voit ces chiffres, pour ceux qui nous Ă©coutent et qui disent « mais je vois que les chiffres sont Ă la hausse en France », est-ce que vous, vous n'ĂȘtes pas que le PrĂ©fet de Paris, vous avez accĂšs Ă beaucoup plus d'informations... Le PrĂ©fet de Paris, c'est Marc et Villon. Le PrĂ©fet de Paris, vous avez accĂšs Ă beaucoup plus d'informations en rĂ©alitĂ© que sur le seul pĂ©rimĂštre qui est le vĂŽtre. Est-ce que vous dites « mais on sera prĂȘt, on sera prĂȘt le 26 juillet, il n'y aura aucun problĂšme sĂ©curitaire pendant ces Jeux ? »
Mais Ă©coutez, aucun problĂšme sĂ©curitaire. D'abord, il faut rester modeste. Il faut rester modeste sur les questions de sĂ©curitĂ©. On sera prĂȘt en termes de sĂ©curisation des Jeux. Ăvidemment, on y travaille complĂštement. D'ailleurs, les dispositifs de sĂ©curisation des Jeux, de protection des sites, de protection de la cĂ©rĂ©monie, tout est calĂ© en rĂ©alitĂ©. Et puis, on sera prĂȘt sur la lutte contre la dĂ©linquance parce que le ministre nous demande de mettre en place ce qu'on appelle des plans dĂ©linquance zĂ©ro, notamment dans les endroits oĂč il y aura des sites olympiques. C'est ce que nous faisons notamment dans le nord-est parisien, dans le centre de Paris et puis en Seine-Saint-Denis.
Et donc, on monte en puissance, on mÚne des opérations de lutte contre la délinquance.
C'est ce qui vous inquiÚte le plus, la délinquance ? Plus que par exemple le risque terroriste ?
Ăcoutez, il y a une multitude de risques. Il y a les risques, les attaques cyber, il y a Ă©videmment l'attaque terroriste. Mais lĂ , nous avons des dispositifs renforcĂ©s, les services de renseignement travail, nous avons des dispositifs renforcĂ©s aux abords des sites, partout dans la capitale. Et puis, il y a la sĂ©curisation des millions de personnes qui vont venir aux Jeux olympiques. Et ça, Ă©videmment, c'est aussi une prĂ©occupation forte d'Ă©viter que ces personnes soient victimes d'actes malveillants, d'actes de dĂ©linquance.
Laurent Nunez, prĂ©fet de police. Hier, Ă ce mĂȘme micro, se trouvait l'avocat Thibaut de Montbrial, prĂ©sident du centre de rĂ©flexion sur la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, qui lui, s'alarmait prĂ©cisĂ©ment du risque d'attaque terroriste. Quel est l'Ă©tat de la menace Ă l'heure oĂč on se parle ?
L'état de la menace, il est toujours trÚs élevé. Je ne vais pas la redétailler, évidemment.
On est au mĂȘme niveau, il n'y a pas eu d'alerte supplĂ©mentaire ?
On est toujours au mĂȘme niveau de menaces terroristes. Et le ministre de l'IntĂ©rieur a rappelĂ© encore rĂ©cemment qu'il y a Ă©videmment cette menace endogĂšne qui peut provenir d'individus qui sont prĂ©sents sur le territoire national. Mais la menace exogĂšne, celle d'Ă©quipes projetĂ©es, n'est pas du tout Ă©cartĂ©e. Et elle demeure aussi une de nos prĂ©occupations. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que les services de renseignement sont totalement mobilisĂ©s pour dĂ©tecter ce type de menace dans le partenariat Ă©troit qui s'est bĂąti entre eux depuis 2017.
Une menace Ă©levĂ©e, ça veut dire que lĂ , Ă l'heure oĂč on se parle, des attentats continuent Ă ĂȘtre dĂ©jouĂ©s rĂ©guliĂšrement, y compris depuis le 1er janvier, par exemple.
Ăcoutez, ça, c'est la compĂ©tence des services de renseignement. Mais vous savez qu'on a dĂ©jouĂ© plus...
Vous avez, je crois, une partie de la compétence du terrorisme, de brigades anti-terroristes.
J'ai sous mon autoritĂ© un des 10 services de renseignement de la communautĂ© française du renseignement. Et puis aussi un service judiciaire en matiĂšre de lutte anti-terroriste Ă la direction de la police judiciaire de la prĂ©fecture de police de Paris. Mais voilĂ , les services de renseignement dĂ©jouent des attentats et surtout, parfois mĂȘme bien en amont,
y compris depuis le début de l'année.
Détectent des individus, y compris depuis le début de l'année. C'est en permanence. En permanence, les services de renseignement travaillent et resserrent les mailles du filet pour éviter que ce ne soit commis des attentats.
Est-ce qu'on sait aujourd'hui empĂȘcher des drones d'accĂ©der Ă certaines zones aĂ©riennes comme on fait avec des voitures, oĂč on peut mettre des blocs de bĂ©ton Ă l'approche de zones piĂ©tonnes, oĂč on peut mettre des zones rouges de circulation ? Ăa, on sait faire avec des drones ? Oui, bien sĂ»r, on sait faire.
D'abord, il y a des mesures...
On sait Ă©viter un pĂ©rimĂštre aĂ©rien, on sait empĂȘcher toute pĂ©nĂ©tration de drones.
Bien sĂ»r, vous avez des mesures rĂ©glementaires qui empĂȘchent... Vous savez, il y a des techniques qui sont mises en place par les services de police. Ă la prĂ©fecture de police, nous avons des unitĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans la lutte anti-drones. Et puis, nous avons des techniques de brouillage qui permettent de prendre Ă©videmment le contrĂŽle des drones, dĂšs lors qu'il est dĂ©tectĂ© comme Ă©tant un drone ennemi. C'est-Ă -dire quand c'est un drone ami, un drone de tĂ©lĂ©vision, ou un drone qui a une autorisation, parce qu'il y a aussi des dispositifs rĂ©glementaires qui autorisent le pal sur le vol des drones. Ăvidemment qu'on sait dĂ©tecter tout cela.
C'est un dispositif dont je tiens d'ailleurs à dire qu'il a parfaitement fonctionné pendant la Coupe du monde de rugby.
Vous avez dĂ©jĂ utilisĂ©... Le dispositif qui a Ă©tĂ© utilisĂ© pendant la Coupe du monde de rugby sur les drones, nous dites-vous, c'est le mĂȘme qui sera dĂ©ployĂ© pendant les Jeux.
Absolument, c'est le mĂȘme, sauf que pendant les Jeux olympiques, ce sera un dispositif renforcĂ©, puisque nous aurons le concours du ministĂšre des ArmĂ©es. On aura un dispositif de sĂ©curitĂ© aĂ©rienne renforcĂ©, notamment pendant la cĂ©rĂ©monie.
Donc j'apprends ce matin qu'on sait interdire Ă des zones...
On sait intercepter des drones.
On sait intercepter des drones. Laurent Niaise, quel sens ça a ? Je vous pose cette question. On a vu une campagne lancée par le Dijob, c'est la délégation interministérielle aux Jeux, pour recruter des retraités, pour sécuriser les Jeux olympiques et paralympiques. Quel sens ça a de faire appel à des retraités ? Je rappelle qu'aujourd'hui, un policier part à la retraite à 57 ans. Mais ça veut dire que sur les Jeux, on va aller chercher des personnes qui ont plus de 64 ans. on va leur dire qu'on a besoin de vous.
D'abord, on mobilise... D'abord, avant d'en arriver Ă la mobilisation de rĂ©servistes, je tiens Ă dire quand mĂȘme qu'il y a un effort trĂšs consĂ©quent qui va ĂȘtre fait Ă la demande du ministre de l'IntĂ©rieur par le directeur gĂ©nĂ©ral de la Gendarmerie nationale, le directeur gĂ©nĂ©ral de la Police nationale, pour malouer, pour la gestion des Jeux, sur toute l'Ăle-de-France, Ă©normĂ©ment de renforts de policiers. Donc on aura un pic Ă ... on aura un pic Ă prĂšs de 45 000 forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure certains jours mobilisĂ©es pour la sĂ©curisation des Jeux olympiques.
Mais on va avoir besoin de faire revenir des retraités.
Il y a des missions qui sont des missions de volontariat, de sĂ©curisation aux abords, oĂč on aura Ă©normĂ©ment de volontariat. et t'appelles Ă des volontariats. La ville de Paris mobilise des volontaires, le Cojo mobilise des volontaires. Et des retraitĂ©s, Laurent Nunez. Nous-mĂȘmes, Ă la prĂ©fecture de police, nous allons mobiliser des volontaires.
Des personnes qui ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme Ă©tant... comme ayant droit au repos, parce que peut-ĂȘtre fatiguĂ©es par la vie.
Enfin, je ne connais pas l'appel du Dijob, je ne sais pas ce dont... Je ne sais pas ce dont vous parlez. Ce que je peux vous dire, c'est que nous allons avoir des rĂ©servistes de la police nationale, de la gendarmerie, qui vont intervenir Ă©galement pour la sĂ©curitĂ© des Jeux, qui peuvent ĂȘtre des personnes qui sont retraitĂ©es, mais pas que. Ce sont peut-ĂȘtre des personnes qui sont... Mais ça ne vous choque pas, vous, des retraitĂ©s qui sont sĂ©curisĂ©es ? Absolument pas. Non, mais attendez. Absolument pas. Enfin, absolument pas.
IndĂ©pendamment, encore une fois, de la valeur de chacun. Mais le principe mĂȘme d'aller chercher des personnes qu'on a jugĂ©es, voilĂ , trop fatiguĂ©es pour continuer Ă exercer leur...
Moi, je vous parle des rĂ©servistes de la police nationale, de la gendarmerie nationale, dont certains peuvent ĂȘtre des rentres... Non, je rĂ©ponds Ă votre question. Donc, nous avons besoin, effectivement, d'un certain nombre de volontaires pour des missions d'orientation, pour des missions de l'appoint, de la sĂ©curisation. Mais ça n'a rien de choquant. Non, absolument pas. Absolument pas. CĂŽtĂ© des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, le ministre de l'IntĂ©rieur a validĂ© tous nos plans de dĂ©ploiement. Et donc, on travaille maintenant Ă l'accueil de ces fonctionnaires de police et de ces militaires de la gendarmerie pour sĂ©curiser les Jeux.
Et sur les plans de circulation, juste avant d'entrer dans ce studio, j'ai consulté le site Anticiper les Jeux. Franchement, quand on voit la liste des restrictions, Laurent Nouniez, livraison à domicile à éviter pendant les Jeux. Les déménagements... Je vous interromps tout de suite, c'est complÚtement faux. Si possible, je vous cite le site. Si possible, pas pendant les deux mois. Conseiller dans la mesure du possible de diminuer ses déplacements ou de décaler ses horaires. Ma question est simple. Est-ce qu'il faut fuir l'ßle de France quand on est francilien pendant ces Jeux ?
Pardon, je vous retourne une question. Avez-vous bien compris la dĂ©marche qu'on a engagĂ©e ? Ce que vous ĂȘtes en train de me lire, c'est ce que nous avons lancĂ© dans le cadre d'une concertation fin novembre sur les pĂ©rimĂštres de circulation. LĂ , on ne parle que de pĂ©rimĂštres de circulation motorisĂ©s. Les gens peuvent marcher, se promener en vĂ©lo. Sur certains sites de Paris, certains sites de Paris, pardon, autour des sites olympiques, c'est quand mĂȘme la moindre des choses.
Oui, mais autour d'un site olympique, une personne ùgée qui se fait livrer ses courses,
une mĂšre cĂ©libataire... Je vais y venir, je vais y venir. La moindre des choses, c'est quand mĂȘme de prĂ©voir des pĂ©rimĂštres de circulation motorisĂ©s pour protĂ©ger les piĂ©tons qui se rendent sur les sites olympiques. Je ne ferai pas, vous me traiteriez d'incompĂ©tent. Donc on a prĂ©vu des pĂ©rimĂštres de circulation et on a prĂ©vu de nombreuses dĂ©rogations qui sont en train d'ĂȘtre discutĂ©es. J'ai reçu tous les acteurs de la rĂ©gion Ăle-de-France, les acteurs qui comptent. J'Ă©tais encore hier dans une rĂ©union publique dans le Paris Centre.
Vous dites que ça ne va pas ĂȘtre invivable.
Et tous les cas que vous avez cités, c'est marrant parce que justement, on a prévu des dérogations pour qu'ils puissent rentrer en véhicule dans les périmÚtres.
Donc il ne faut pas fuir Paris ?
Livraison de commerce, livraison de personnes ĂągĂ©es vulnĂ©rables Ă domicile, ce sera possible. Donc un, il ne faut pas fuir Paris. Deux, je crois qu'il faut quand mĂȘme qu'on soit rigoureux sur l'information qu'on donne. Parce que les Jeux Olympiques, c'est quand mĂȘme un Ă©vĂ©nement exceptionnel pour notre pays. Et Ă force d'avoir une approche pessimiste des choses, on va dĂ©courager tout le monde. Donc nous travaillons avec mes Ă©quipes Ă faire en sorte que les personnes que vous avez citĂ©es puissent bĂ©nĂ©ficier de dĂ©rogations. J'insiste, pour pouvoir circuler en vĂ©hicule, simplement en vĂ©hicule, en piĂ©ton et en vĂ©lo, ce sera possible.
Laurent Nunez, prĂ©fet de police, il est 8h51, j'ai une question, rĂ©ponse rapide s'il vous plaĂźt. J'aimerais reparler d'un phĂ©nomĂšne particulier, celui des homejackings. On a vu ces derniĂšres semaines un certain nombre de personnalitĂ©s, de cĂ©lĂ©britĂ©s ciblĂ©es pour des cambriolages avec violence, sĂ©questration. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire Ă ce sujet ? OĂč en sont les enquĂȘtes ? Est-ce qu'il y a une bande ou des bandes qui Ă©cument en ce moment l'Ăźle de France Ă la recherche de personnalitĂ©s pardon du terme Ă dĂ©pouiller ?
Alors d'abord, il faut bien que vos tĂ©lĂ©spectateurs comprennent ce que c'est qu'un homejacking. Un homejacking, c'est quand des individus rentrent en gĂ©nĂ©ral par ruse en se faisant passer pour un faux plombier, un postier, dans un domicile, donc souvent dans la tranche de la matinĂ©e ou la tranche de soirĂ©e, et commettent des violences physiques ou des violences psychologiques, et parfois souvent mĂȘme les deux, pour commettre un cambriolage, avec violence. Donc l'infraction en tant que telle n'existe pas. C'est soit vol par effraction, c'est soit vol avec violence, donc voilĂ . Et donc ce phĂ©nomĂšne est un phĂ©nomĂšne qui est en baisse ces derniĂšres annĂ©es.
On était encore à 400 il y a deux ou trois ans. L'année derniÚre, c'était 300. On était sur 300 faits. Donc on est sur un nombre de faits limités, mais qui sont, évidemment, nous luttons contre ces faits. Il y a 40% d'élucidation, 40% d'élucidation. Je rappelle que c'est 13% pour les cambriolages. Et ce qui marque, c'est que ce sont évidemment des personnes connues qui sont ciblées. Et vous avez raison, pour certains auteurs, ils appartiennent à des bandes organisées, qui ont d'ailleurs souvent des commanditaires, et qui effectivement mandatent ces auteurs pour aller commettre un certain nombre d'hombre-jacking. Et nous avons d'excellents résultats. 40% d'élucidation.
Et on va évidemment continuer compte tenu de la notorité des personnalités qui parfois sont visées.
Beaucoup Laurent Nunez, préfet de police, 8h53 sur RMC et BFM TV.
Merci Neila Latrousse. Et bonjour Ă vous dans un instant de l'inĂ©dit dans ce live. Nouvelle rĂ©vĂ©lation de BFM TV sur l'assassin du professeur Daras. Nouvelle ministre de l'Ăducation ce matin. Et nouvelle gaffe monumentale de Joe Biden. A tout de suite.
Je m'inquiĂšte. A tout de suite.
Laurent Nuñez