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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 juillet 2020 51 minComplaisantDivertissementNumériqueÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

On s'autorise à penser | VLC : Le startupper qui ne voulait pas être riche | Jean-Baptiste Kempf

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 59 %Attaque 31 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Combien d'utilisateurs dans le monde se servent de VLC ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Quelle est la raison fondamentale du succès de VLC ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Peut-on faire la genèse de VLC ? Comment il est né ?

  • 5:53OuverteRéponse directe

    Comment fonctionne la collaboration au projet VLC aujourd'hui ?

  • 6:43OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des salariés à temps plein ? Des contributeurs externes ?

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Qui est la société Vidéolabs ? Que fait-elle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:49PrésentateurChiffre
    « On est à peut-être 500 millions d'utilisateurs actifs de VLC. »
  • 1:54PrésentateurChiffre
    « La base installée de VLC qui doit être autour de 800, 900 millions de VLC installés dans le monde. »
  • 4:55PrésentateurFait
    « En 95, on est 10 ans, 11 ans avant YouTube, être capable de faire du décodage vidéo plus gros qu'un timbre poste sur un ordinateur normal, c'était quasiment de la science-fiction. »
  • 5:12PrésentateurFait
    « On était avec des 486 DX 33 et 66, c'est vraiment des antiquités. »
  • 10:01PrésentateurFait
    « J'aurais pu me faire énormément d'argent si telle était la question, aucun problème. »
  • 10:19PrésentateurFait
    « Je suis contre le faire mal. Et pour le moment, on n'a jamais trouvé une façon bien de faire de l'argent autour de VLC, donc on préfère ne pas en faire. »
  • 12:33PrésentateurFait
    « Il y a beaucoup, beaucoup de Français qui sont très, très bons à créer les choses. »
  • 14:25PrésentateurFait
    « Ah ouais, on va avoir plein de boîtes, ça va être bien, on va avoir des capitaux. Mais quand tu fais du volume, tu ne fais pas de la qualité. »
  • 15:03PrésentateurFait
    « En France, là, on n'a que de l'esbrouf, on n'a que plein, plein, plein de petits start-up, dont la plupart, c'est n'importe quoi. »
  • 15:17PrésentateurFait
    « Le premier investisseur en France, ça s'appelle Pôle emploi. »
  • 15:35PrésentateurFait
    « On a plein de petites boîtes qui sont sur un marché qui n'existe pas et qui sont en fait subventionnées, mais qui ne servent à rien. »
  • 32:24PrésentateurChiffre
    « Ça doit être un milliard pour avoir un truc qui est à peu près correct. »
  • 40:32PrésentateurChiffre
    « Si par exemple, il n'y avait pas X264, en open source, YouTube, ça leur coûterait 20, 50 millions, l'encodeur vidéo de VidéoLan, ça leur coûterait 20, 50, 100 millions de dollars par an. »
  • 41:32PrésentateurChiffre
    « L'éducation nationale, 323 millions, l'ouvoie pour la direction, le département de la défense. »
  • 49:46PrésentateurFait
    « Je crois que c'est LFI qui disait qu'il ne voulait plus passer de 5 tranches sur l'impôt sur le revenu, mais c'était 11. »

Temps de parole

  • Présentateur82 %
  • Invité17 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

On s'autorise à penser, présenté par Lucas Gautron, VLC, le startupper qui ne voulait pas être riche, avec Jean-Baptiste Kempf.

0:11
Invité

Vous connaissez certainement le logiciel VLC, l'incontournable lecteur multimédia made in France en forme de cône de chantier, utilisé par des centaines de millions de personnes à travers le monde. Ce que vous ignorez peut-être, en revanche, c'est que derrière ce logiciel libre, édité par une association à taille humaine et à but non lucratif, se cache un homme plutôt discret et, disons-le, un peu atypique dans son milieu. Devenu chevalier de l'Ordre national du mérite à 35 ans, cet ingénieur de l'École centrale Paris, aujourd'hui à la tête du projet, l'a rejoint il y a 17 ans. Et bien qu'il soit l'un des principaux responsables de ce succès français, il est bien loin d'être milliardaire.

Quand on le lit ou qu'on l'écoute, on a le sentiment qu'il en a gros et qu'il a un peu envie de balancer sur la Startup Nation, la French Tech, les licornes, les blablacars et autres applications et tout ce milieu qui pourtant devrait être le sien. Son nom, Jean-Baptiste Kempf. Avec lui, nous évoquerons son parcours, bien sûr, mais aussi sa vision du monde des Startup, du numérique et de l'innovation, les alternatives et stratégies à développer contre les plateformes et le rôle que la France pourrait ou devrait jouer dans cette lutte. Bonjour Jean-Baptiste Kempf. Bonjour. Alors, j'aimerais quand même qu'on parle un peu de VLC avant d'aller dans le fond du sujet.

Déjà, est-ce que tu peux nous dire plus précisément combien d'utilisateurs dans le monde se servent de ce logiciel ? Combien il y a eu de téléchargements à peu près ?

1:26
Présentateur

Alors en fait, la bonne réponse, c'est que je ne sais pas. Parce que comme c'est un logiciel gratuit et libre, les gens ont le droit de le rediffuser. Et comme on ne fait pas de ce qu'on appelle de télémétrie, en vrai ça s'appelle de l'espionnage, je ne sais pas qui utilise VLC et comment on utilise VLC. Ce que je sais, c'est à peu près avec les nombres de téléchargements sur notre plateforme et les nombres de mises à jour, ça donne une idée à peu près du nombre de téléchargements et d'utilisations. On est à peut-être 500 millions d'utilisateurs actifs de VLC. Après, comment tu définis actifs ?

C'est un peu compliqué, mais ça te donne à peu près la base installée de VLC qui doit être autour de 800, 900 millions de VLC installés dans le monde. Après, c'est très difficile de savoir exactement parce que pour faire ça, il faudrait se mettre à espionner les utilisateurs et nous, on ne fait pas ça. – Mais en gros, il y a des usages de particuliers ?

– On a vraiment de tout, on a beaucoup de particuliers, des gens qui lisent des DVD, des Blu-ray, des gens qui regardent l'illégal, plein de mal de gens qui l'utilisent pour écouter de l'audio et dans le monde professionnel de la télé et du broadcast, tout le monde utilise VLC, que ce soit Sony Pictures quand ils font le dernier Spider-Man ou la télé RTBF.

2:30
Invité

– Si tu devais donner la raison fondamentale du succès de VLC, ce serait quoi ?

2:34
Présentateur

– La raison fondamentale du succès de VLC, c'est que personne n'a cherché à ce que ce soit un succès. Donc en fait, c'est un peu un troll, mais en fait, c'est juste que c'est un logiciel fait par des geeks, pour des geeks, pour se faire plaisir et donc en fait, il n'y a pas eu de marketing, il n'y a pas de fonctionnalité qui ne sert à rien, c'est juste le but, c'est de faire plaisir à nos utilisateurs. C'est vraiment un produit qui répond aux besoins utilisateurs et c'est toujours ce qui nous a défini.

2:56
Invité

– Alors justement, tu parles des intentions derrière ce logiciel, est-ce qu'on peut en faire un peu la genèse ? Comment il est né ? Parce que c'est une histoire assez

3:03
Présentateur

particulière. – En fait, souvent, ce que je déteste, c'est quand les gens me présentent comme créateurs de VLC, parce que d'abord, un, ce n'est pas vrai et deuxièmement, il n'y a pas de créateurs. VLC, c'est un projet qui fait partie d'un autre projet qui s'appelait VideoLAN, qui est devenu un projet open source en 2001, mais qui avant était un logiciel pas open source et qui est la continuité d'un autre projet dont le but n'était absolument pas de faire un produit comme ça.

– Alors, l'histoire originelle, c'est en 1995, en fait, sur l'école centrale Paris, donc le campus à Châtenay-à-Labry qui vient d'être détruit, tout est géré en fait par les étudiants, la sono, les soirées, mais aussi la cafette, la coopérative, le bar, la télé, la radio et le réseau. Donc en fait, on est dans un campus un peu bizarre où c'est les étudiants qui s'occupent du réseau informatique et pas comme d'autres écoles. Et en fait, ils veulent un réseau plus rapide et ils n'ont pas l'argent pour le faire. Donc ils vont voir l'école et l'école dit, ah non, vous comprenez, le campus, c'est pas nous qui gérons, etc.

Et il leur dit, bah, allez demander à nos partenaires, qui a une façon de dire, allez dégager. Dégager, il n'y a rien à voir. Et en fait, les étudiants, en fait, on était en 1994, ce qu'ils voulaient, c'était jouer aux jeux vidéo, en réseau, parce qu'à ce moment-là, leur réseau suffisait pour aller envoyer quelques mails et les premiers sites internet, mais ils voulaient jouer en réseau. Et en fait, c'est ce qu'ils vont faire, on leur dit d'aller voir des partenaires, ils vont voir des partenaires, ils vont voir évidemment Bouygues, et Bouygues leur dit, le futur de la télé, c'est le satellite.

Bon, non, mais bon, il y a 25 ans, on pouvait se dire que c'était le futur, et à ce moment-là, tu achetais des box qui étaient décodeurs MPEG-2 qui coûtaient, je ne sais pas, 5 000, 6 000 francs, et des antennes qui coûtaient 1 500 francs. Et sur le campus, il y a 1 500 étudiants, donc le coût aurait été monstrueux. Donc l'idée, c'était juste d'en acheter une énorme et de diffuser, en fait, par le réseau, puisque en fait, c'était des flux numériques, sur le réseau. Alors évidemment, aujourd'hui, ça semble évident, en 95, on est 10 ans, 11 ans avant YouTube, être capable de faire du décodage vidéo plus gros qu'un timbre poste sur un ordinateur normal, c'était quasiment de la science-fiction.

Mais ils voulaient vraiment leur réseau, donc en fait, ils lancent le projet de 95 à 97, puis en 97, ils ont une démo, ça crache, mais ce n'est pas grave, ils font la démo 30 secondes, ça crache au bout de 40, ils ont un super ordinateur où il y a 64 mégaoctets de RAM à l'époque, donc évidemment, ça nous fait rigoler, mais on était avec des 486 DX 33 et 66, c'est vraiment des antiquités. Et le projet s'arrête là, le projet s'appelait Network 2000, ils ont un nouveau réseau, ils sont contents.

Et un an plus tard, il y a un groupe de gars, d'étudiants qui disent, mais en fait, peut-être ça intéresserait d'autres personnes, et il y a le début de la mouvance du logiciel libre, donc ils disent, on va faire un logiciel qui va fonctionner pour Centrale, mais aussi hors de Centrale, et qui sera open source. Mais donc en fait, VLC, c'est une partie du projet Vidéolan, qui est la suite du projet Network 2000, qui est la suite du réseau étudiant de Centrale Paris. Donc il n'y a aucun moment où quelqu'un s'est dit, putain, je vais discuter, je vais faire un nouveau lecteur vidéo qui va tout casser.

C'est une conséquence, et il n'y a pas de créateurs, il y a plein de gens qui ont créé, il y a plein de gens qui ont travaillé tout au long du projet. Et toi, tu interviens à partir de 2003, c'est ça ? En fait, moi je rentre à Centrale en 2003, je deviens vice-président du réseau, et c'est comme ça que je rentre dans Vidéolan. Et moi, au début, je ne m'occupe quasiment que de la diffusion vidéo sur la résidence. Et puis, je commence à faire des petits trucs à partir de 2005 sur le code, et surtout pendant mes stages en 2006, c'est là où je commence à faire beaucoup plus de trucs sur VLC.

6:15
Invité

Donc c'est un peu les cadres associatifs au sein de l'école qui t'ont encouragé à t'impliquer et à apprendre ?

6:21
Présentateur

À l'époque, à l'école Centrale Paris, il y avait une énorme vie associative et un peu moins de focus sur les cours. En tout cas, pour à peu près 20% des élèves, il faisait beaucoup d'associatifs, et c'est génial parce qu'en fait, ça t'apprend beaucoup plus de choses dont tu vas avoir besoin plus tard dans ta vie qu'un énième cours de physique quantique ou de mécanique des fluides.

6:43
Invité

Et du coup, aujourd'hui, c'était un projet étudiant qui a évolué, mais qui collabore au projet ? Est-ce qu'il y a des salariés à temps plein dessus ? Est-ce qu'il y a des contributeurs externes qui alimentent le code source ? Ça se passe comment ?

6:53
Présentateur

Alors, dans l'histoire, en fait, au début, c'est un projet étudiant, et puis jusqu'à 2001, ce n'est pas open source, donc c'est que des étudiantes centrales qui peuvent s'y mettre. En 2001, quand il passe, en février 2001, quand il passe en open source, ce moment-là, il y a des gens qui commencent à contribuer, notamment un Hollandais et un Français qui habitait à Londres, et qui commencent à aider. Et puis, chaque année, en fait, c'est un groupe d'étudiants qui vient et qui repart. Et ça, ça marche comme ça jusqu'en 2005, 2006. Et là, en fait, le logiciel devient un peu trop gros et surtout devient un peu trop compliqué pour des étudiants. Donc, ça ne marche plus, le modèle.

Et nous, on se retrouve en janvier 2007, où en fait, on n'est plus que deux et demi, Rémi, moi et Christophe. Et donc, en fait, là, on se rend compte qu'il faut relancer différemment. Et donc, en fait, c'est ça qui va emmener à la création de l'association en 2008. Et moi, pendant un an et demi, je vais trouver des nouveaux étudiants ou parler aux anciens étudiants qui sont maintenant professionnels pour dire, venez travailler, contribuer. Donc, c'est une période qui va finalement aller jusqu'à 2013, 2014, où la plupart du développement est fait par des bénévoles sur leur temps libre.

Et puis, à partir de 2012, moi, je monte une entreprise à côté, mais qui est à côté de l'assaut et qui commence à embaucher des gens de l'assaut pour pérenniser un peu le logiciel. En particulier parce que l'open source, c'est un peu moins, notamment le logiciel libre et un peu moins sexy qu'il ne l'était parce qu'il s'est énormément professionnalisé. Donc, en fait, les gens disent, pourquoi j'irais le faire gratuitement quand je peux le faire professionnellement ? Et puis, surtout, il y a les smartphones qui font que c'est beaucoup plus difficile de développer pour les smartphones qu'avant. Donc, en fait, l'association, elle existe toujours. Je suis toujours président depuis 2008.

Elle n'emploie personne. Elle a très, très peu de moyens. Et les gens qui contribuent sont soit des gens externes, soit bénévoles, soit payés par les entreprises, soit payés par mon entreprise.

8:45
Invité

Qui est la société Vidéolabs, c'est ça ?

8:47
Présentateur

C'est une société Vidéolabs.

8:48
Invité

Et elle fait quoi, cette société ?

8:49
Présentateur

Elle fait du service professionnel, des fonctionnalités en plus pour VLC. Et en fait, maintenant, on fait 70% du travail de VLC. C'est une société SAS, mais il n'y a pas d'investisseurs. Enfin, on travaille, on ressent plus à une Scope, en fait, qu'à une SAS. En 2012, 2013, en fait, je voulais voir comment on pouvait pérenniser le modèle. Moi, j'avais de plus en plus d'étudiants qui me disaient, bah non, moi, je veux faire le Uber de la farine ou le Airbnb des pierres tombales ou le lacet connecté ou le prochain Flappy Bird. Et aller bosser dans l'open source, ce n'était pas le truc sexy. Alors que normalement, moi, les mecs de l'open source, c'était les gros cadors.

Et tout le monde voulait faire des startups. Donc, j'ai dit, bah, en fait, on va faire une startup autour de VLC. Et ça permet aussi d'aller récupérer des subventions, parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de subventions, CIR, JEI, FUI, PIA et d'autres choses comme ça, qui ne sont accessibles qu'à des entreprises ou des labos de recherche universitaires. Mais quand tu es une asso, tu ne peux rien avoir.

9:44
Invité

Mais du coup, parce que vous, vous ne faites pas de pub, pourtant, vous pourriez récolter des... Ça représente une fortune, la valeur ne serait-ce que des données que vous pourriez emmagasiner sur ce que consultent les gens, etc. C'est une mine d'or, ça, non ?

9:56
Présentateur

Non, il est hors de... J'aurais pu me faire énormément d'argent si telle était la question, aucun problème. Mais il est hors de question que je gagne de l'argent de façon pas éthique. Donc, espionner les utilisateurs, mettre de la pub, c'est-à-dire finalement espionner les utilisateurs, ou tout ce genre de merdier d'installer des toolbars pourris ou grosso modo des trucs d'antivirus qui sont finalement plus des virus qu'autre chose, c'est hors de question. Attention, je ne suis pas contre faire de l'argent et gagner de l'argent. Je suis contre le faire mal. Et pour le moment, on n'a jamais trouvé une façon bien de faire de l'argent autour de VLC, donc on préfère ne pas en faire.

Et donc, oui, c'est sûr, ça pourrait être beaucoup plus gros vu le nombre d'utilisateurs, mais on préfère le faire bien.

10:33
Invité

Parce que, par exemple, il y a des gens qui vous ont approché, je crois que c'est Google qui avait proposé un contrat.

10:38
Présentateur

Alors, on a eu Google, mais en Google, ce n'était pas les pires, on en a eu plein d'autres qui étaient bien pires. Google, il voulait qu'on installe Chrome. Enfin, d'abord, ils avaient une barre de recherche que tu mettais dans tes navigateurs, que tu rajoutais, qui te mettait tout pour que tu ailles tout faire sur Google. Puis après, c'était le pousser Chrome, en même temps que l'installer de VLC. Mais eux, à la limite, c'était encore à peu près propre. Après, on a eu une quantité de mecs, et on en a toujours, qui viennent nous proposer des dizaines de millions pour faire de la merde.

11:06
Invité

Mais du coup, tu parlais par contre des jeunes qui rêvent de, tu disais, l'Airbnb, des pires tombales, c'est ça, des choses comme ça. Est-ce que c'est différent, d'ailleurs, de l'époque où, toi, tu étais à Centrale, les jeunes aujourd'hui qui sortent des grandes écoles, c'est vraiment une généralité ? Si c'est le cas, à quoi tu l'attribues ?

11:23
Présentateur

En fait, il ne faut pas croire que c'est pire qu'avant, en fait. C'est juste qu'avant, ils partaient, tu sortais de Centrale, Polytechnique, HEC, enfin bref, toutes celles que tu veux. Les mecs partaient faire du conseil, conseil en strata ou conseil en organisation, ou alors ils deviennent un micropion dans des boîtes du CAC 40, que ce soit L'Oréal ou des trucs bancaires. Et maintenant, ils disent, en fait, je préférais monter une petite entreprise et avoir un vrai impact. Donc, quand même, je trouve que c'est plutôt bien. Le changement de mentalité, il est bien parce que les gens, ils veulent créer un truc. Donc ça, c'est bien.

Après, de là à aller jusqu'à l'open source, non, ça n'arrive pas. Donc, il y a beaucoup de choses à critiquer sur les startups, mais je trouve que maintenant, le fait que tu aies envie d'aller monter une boîte plutôt que d'aller bosser en marketing chez L'Oréal, c'est plutôt une bonne chose.

12:15
Invité

Mais Macron, lui, quand il dit, il faut des jeunes français qui ont envie de devenir milliardaires, il avait dit ça dans les échos en 2015. Toi, ça t'inspire quoi ?

12:23
Présentateur

Alors, c'est très compliqué parce que tout ce qui est financement, en fait, est très compliqué. Quand tu vas dans la Silicon Valley, tu as énormément de Français, tu as beaucoup d'Indiens et de Chinois. Et tu te rends compte qu'en fait, il y a beaucoup, beaucoup de Français qui sont très, très bons à créer les choses. Mais c'est vrai qu'il y a un problème de financement. Je ne pense pas que le but, ce soit d'être milliardaire. Mais par contre, ce qui serait bien, c'est que, enfin, ce qui serait utile, c'est que les gens qui aient des milliards ne soient pas juste des Américains. Je pense que, évidemment, ce n'est pas ce qu'il pense, lui.

Lui, il pense vraiment la partie vraiment purement d'argent. Moi, je pense juste qu'il est important d'avoir des leaders français, mais que tu peux les faire bien. Et donc, en fait, l'argent, ça doit être un moyen de faire des trucs bien et ça ne doit jamais être un but. Et voilà, c'est la grosse différence. C'est que moi, je pense que ce n'est pas un but. Et lui, il pense que c'est un but. Donc, ce serait bien parce que ça permet de réinjecter dans les écosystèmes et notamment pour faire de la vraie tech, tout ce qu'on appelle maintenant un peu des deep tech, pour en comparer, à contrario de la French tech.

Il y a plein de technologies et c'est important, notamment pour le modèle social français, d'avoir encore des choses que tu puisses exporter. Parce que sinon, en fait, tu passes ton temps à avoir ta balance commerciale négative. Et donc, finalement, la France s'appauvrit par rapport au reste du monde. Ce qui est bien dans l'idée de la Startup Nation, c'est de dire qu'il faut soutenir la création. Oui, mais en fait, soutenir la création, oui, mais pas n'importe comment. Et là, c'est ça la grosse différence. C'est que pour lui, c'est quel que soit le prix, ils font des deals avec Google, avec Uber, avec Microsoft. Et ce n'est pas du pérenne.

C'est vraiment juste du on crée, on a plein de trucs, on peut avoir des capitaux et ça marche quelques années. Mais en fait, le problème, c'est qu'en fait, tout ça est sous perfusion permanente. Il faut énormément créer de startups pour que ça fonctionne. Donc ça, c'est sur la partie vraiment Startup Nation. Aucun d'entre eux n'a jamais montré de boîte. Certains, que ce soit le ministre du Travail ou Macron, jamais ils ont rempli une fiche de paye. Donc ils n'ont aucune idée de comment ça fonctionne. Donc ils ont juste la division. Ah ouais, on va avoir plein de boîtes, ça va être bien, on va avoir des capitaux. Mais quand tu fais du volume, tu ne fais pas de la qualité.

Le problème des startups en général, c'est un problème de financement. C'est-à-dire que monter les petites boîtes et les faire monter jusqu'à un ou deux personnes, cinq personnes, dix personnes, ce n'est pas dur. La difficulté, c'est comment tu passes de 10 à 100 ou à 200 avec des business models qui soient pérennes et qui soient éthiques. Et ça, en fait, en France, on a complètement perdu ça. On a soit les grosses groupes, soit les tout petits trucs. Et les Allemands, par exemple, ont été très forts, ont réussi à garder, par exemple, une capacité industrielle d'entreprises de 200, 500 personnes. Et en fait, c'est ça qui est important.

Et pour ça, en fait, il manque, il y a un gros problème, c'est qu'il faut des financements avec des levées de fonds importantes, mais qui est donc ce qu'on appelle série B, série C. Et en France, là, on n'a que de l'esbrouf, on n'a que plein, plein, plein de petits start-up, dont la plupart, c'est n'importe quoi. Mais comme elles sont sponsorisées beaucoup au début, en fait, c'est facile de tenir un an ou deux ans parce que tu récupères ton chômage. Parce qu'il faut savoir quand même que le premier investisseur en France, ça s'appelle Pôle emploi. Non, mais c'est vrai, c'est-à-dire que tu peux pendant 15 mois être payé avec ton ancien salaire pour créer une boîte. C'est absolument génial.

C'est une très bonne idée. Mais aux États-Unis, il y a plein de boîtes. En fait, elles auraient été tuées tout de suite parce qu'en fait, au bout de 3 mois, 6 mois, tu te rends compte que ce n'est pas un truc qui marche. Et là, en fait, on a plein de petites boîtes qui sont sur un marché qui n'existe pas et qui sont en fait subventionnées, mais qui ne servent à rien. Évidemment, elles n'ont pas de but. On n'a pas le marché qui fait la sanction derrière ou des investisseurs qui disent non, non, mais ça, c'est n'importe quoi, arrête. Et donc, en fait, on perd beaucoup trop, on a trop de petites entreprises et de start-up qui ne ressemblent à rien.

Et quand tu regardes à la station F ou la French Tech, tu as une pléthore de trucs qui sont… Et tu vois, quand je te dis le Airbnb des pierres tombales ou le lacet connecté, franchement, je te fais rigoler, mais franchement, il y en a, ils ne sont vraiment pas loin de ça.

16:11
Invité

Il y a la start-up qui fait les slips anti-ondes, là, qui a des investissements de la…

16:16
Présentateur

Alors là, quand tu arrives sur les anti-ondes, c'est-à-dire qu'on est dans de l'anti-scientifique total et c'est n'importe quoi. Mais il faut faire attention quand même, je modère un petit peu, il faut faire attention. Aux États-Unis, c'est pareil. En fait, le ratio que tu as normalement, c'est que sur dix boîtes qui reçoivent de l'investissement, tu en as une qui explose, deux qui sont à l'équilibre, qui font des boîtes qui sont des boîtes normales et sept qui se pètent la gueule. Ça, c'est le ratio normal. Et voilà, c'est un peu darwinisme social, c'est vrai. Mais c'est ce qu'il fait. Le problème, c'est que là, aujourd'hui, sur la French Tech, on est plutôt à un, peut-être cinq et cent.

Et c'est le problème. Et surtout, il y a plein de boîtes, quand elles commencent à vraiment décoller, elles se font rafler par des Américains qui ont beaucoup d'argent ou des Anglais. Et donc, en fait, on n'a rien. Donc voilà, ça, c'est vraiment un des problèmes. Et le deuxième problème, c'est que les boîtes du CAC 40 considèrent que plutôt que de faire de l'innovation en interne, ils vont plutôt aller faire leur shopping de start-up. Comme ça, ils montrent qu'ils sont innovants. C'est super, regardez, on est cool. Et ça fait super cool à leur board. Ils achètent des boîtes et on n'en font rien ou ils la détruisent.

Donc, parce qu'en fait, finalement, ah oui, mais tu comprends, ça nous prend un peu de marché. Donc finalement, ces gros groupes, en fait, vont avoir des gros soucis dans le futur parce qu'ils ne savent pas y innover.

17:36
Invité

Alors justement, là-dessus, il y a un bouquin qui est intéressant. Je ne sais pas si tu l'as lu de Nick Sornex sur Capitalize des plateformes. Voilà. Et il explique bien dedans, notamment, il fait une typologie des types de plateformes. Et il met de côté, par exemple, les Uber et Deliveroo. Et selon lui, leur succès, il est vraiment dû à des conditions particulières qui ne sont pas amenées à durer. C'est qu'il y a un chômage élevé qui pousse les gens à se diriger vers des jobs mal payés. Par ailleurs, il y a une politique monétaire qui fait qu'il y a du cash. Et il y a des entreprises qui cherchent à investir un peu partout.

Et finalement, on a l'impression que c'est un peu du toque, certaines de ces plateformes. C'est-à-dire que derrière, il n'y a pas... C'est surtout le lobbying, c'est surtout les circonstances favorables qui font que ça existe. Et pourtant, c'est désigné comme la quintessence de la start-up. Mondialement, ce n'est pas considéré comme la quintessence de la start-up. Non, mais je ne dis pas... Mais dans le langage, un peu...

18:22
Présentateur

Oui, mais en fait, ce qui est tout à fait vrai, mais c'est surtout que c'est aussi de la condition légale. Les Français et en général, les Européens, en fait, ont ce que j'appelle cette diarrhée légale et adorent faire des trucs hyper compliqués. Et en fait, ça devient tellement compliqué qu'en fait, tu crées des niches ou des failles. Et en fait, ce qui n'est pas bien quand il y a trop de lois et qu'elles sont trop compliquées, c'est que les seuls qui en profitent, c'est les riches. Donc, par exemple, Uber, tu vois, ils utilisent... Ils exploitent complètement le droit du travail. Mais en même temps, le droit du travail, c'est tellement compliqué que... Voilà, donc, c'est une circonstance.

Ils sont très forts. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas de morale. C'est l'exploitation totale. Il y a des plateformes comme ça. Et là, on parle tout ce qui est uberisation. Et même dedans, tu as plusieurs niveaux. C'est-à-dire que quand tu commences un peu à voir ces entreprises, tu as des boîtes qui sont vraiment des souraclures, quoi. Uber. Et tu as des boîtes qui sont comme Airbnb qui ont des problèmes, mais en interne, c'est pas des... C'est une boîte, mais c'est pas des vrais connards. Donc, en fait, c'est très difficile parce qu'en fait, tu mets tout ça dans un groupe.

Et en fait, ces plateformes qu'on a appelées maintenant d'Uberisation, qui est de la désintermédiation totale et du profit, en fait, de l'auto-entrepreneur, tu as plein de choses différentes dedans, des mecs qui sont un peu limites à des mecs qui sont vraiment des mecs crades, quoi.

19:44
Invité

Dans le bouquin, il parle aussi un peu des stratégies, de ce qu'il appelle les plateformes pour s'étendre, dominer. Et en fait, il y a un peu un catalogue, justement, de stratégies. D'abord, il y a une stratégie qui consiste à développer des dépendances en créant des écosystèmes dans lesquels on verrouille complètement les gens. C'est ce que font, par exemple, les GAFAM, par exemple, Facebook, où l'idée, c'est qu'on puisse consulter et vivre sur Internet sans en sortir. Il y a d'autres stratégies comme exploiter les données et les algorithmes pour asseoir leur domination en mettant des barrières d'entrée aux éventuels compétiteurs.

Il cite l'exemple de Ross Ross qui loue ses moteurs et leur maintenance aux constructeurs d'avions et qui, derrière, peut utiliser toutes les données accumulées sur les données de contrôle, etc., pour avoir un avantage énorme. Netflix fait la même chose. Netflix fait la même chose, c'est-à-dire ?

20:30
Présentateur

Tu peux expliquer. Eh bien, Netflix, en fait, donc, avant Netflix, toutes les données de production et de visionnage étaient à peu près partagées dans l'écosystème. C'est-à-dire que tu pouvais savoir, tu avais une connaissance globale avec signes et chiffres, avec rentra, quelque chose. Toute l'industrie, en fait, avait les informations de quels films avaient fonctionné en télé, en radio, en DVD, etc. Aujourd'hui, tu n'as aucune donnée. C'est-à-dire que tu n'as aucune idée de savoir si Casa de Papel ou Carnival Raw, ça a fait 1 million de vues, 5 millions de vues, 10 millions de vues, 100 millions de vues.

Et en fait, ils utilisent ces informations de vues et de likes pour, en fait, avoir un avantage incroyable. C'est-à-dire que Netflix, quand ils vont voir maintenant des producteurs, ils disent, je veux ça. Ils ont la démographie, ils savent comment ils veulent que ça fasse. Ils te disent, tu vois, ils ont quasiment des potentiomètres, autant de dramas, autant de trucs comme ça. Et ça, c'est parce qu'ils ont des données très, très fortes. Mais tu ne peux pas mettre Netflix dans la même catégorie qu'Uber, tu vois. Ce n'est pas vraiment... Netflix, ils n'exploitent pas la misère humaine. Tu vois, donc...

21:34
Invité

Non, non, mais ça peut être un problème d'être dépendant de plateformes qui t'occupent un espace...

21:38
Présentateur

C'est évident, mais en même temps, personne ne travaille pour aller casser des plateformes. Il n'y a pas d'investissement. Le média, vous êtes diffusé sur YouTube. YouTube, c'est un monopole monstrueux. Pourquoi est-ce qu'on a ces plateformes ? C'est qu'en fait, il y a un système de winner takes all. C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte sur Internet, c'est-à-dire la première fois, c'est que celui qui prend, qui gagne, tu ne vas pas arriver dans un triumvirat avec un leader qui a 40% et puis deux, trois mecs qui ont 20% derrière. Tu vois, par exemple, L'Oréal. Prenons L'Oréal, ils ont un gros marché et puis en fait, il y a quand même plein d'acteurs.

Quand tu arrives sur des Facebook ou des Google, quand ils prennent le marché, ils ne s'arrêtent pas à 50%, ils arrivent à 90% et ensuite, tu ne peux pas t'en sortir. Et là, à ce moment-là, une fois qu'ils ont leur marché, ils utilisent les données, ils utilisent en fait surtout leur capacité légale et leur lobbying pour rester en place. Donc, par exemple, la GDPR qui est contre, qui a été votée par les Européens, contre les cookies, etc. Soit disant pour embêter Google, en fait, ça a aidé Google parce que Google, ils ont eu la capacité financière pour s'adapter et tous les autres n'ont pas réussi.

22:43
Invité

Et ça fait chier les petits.

22:44
Présentateur

Et ça fait chier les petits. Donc en fait, ils ont un marché et c'est très difficile de casser leur marché. Ce que tu vas pouvoir faire, c'est aller récupérer quelques petites niches qui ne sont pas intéressantes pour eux, mais c'est très difficile à casser parce que justement, Internet a cet effet réseau. C'est ce qu'on appelle la loi de Metcalf qui fait que la valeur d'un réseau est au carré du nombre de pires. Et donc en fait, tu es dans ce cas un peu bizarre qui fait que quand tu gagnes, tu gagnes tout le marché. Et à ce moment-là, tu as des mécanismes techniques que tu n'avais pas dans les industries traditionnelles où tu peux rester en place et c'est impossible de te déboulonner.

23:18
Invité

Alors, je t'ai posé aussi cette question parce que justement sur ces deux aspects particuliers qui est verrouiller les gens dans un écosystème et par ailleurs exploiter les données. En fait, quelque part, VLC, est-ce que vous n'êtes pas un peu l'anti-plateforme de ce point de vue ? Parce que vous, vous développez des moyens qui favorisent l'interopérabilité puisque votre souci, c'est d'avoir quelque chose qui est assez universel finalement en termes de contenus accessibles et que vous pouvez décoder. Et puis, par ailleurs, en fait, vous créez un espace libre où les gens peuvent passer, consulter des contenus sans qu'il y ait une exploitation de leurs données.

Vous incarnez l'anti-plateforme ?

23:48
Présentateur

C'est vrai. Nous, on a un côté très décentralisé mais en fait, on n'est pas une plateforme. Donc en fait, aujourd'hui dans VLC, tu n'as pas de contenu. Tu utilises pour regarder tes contenus que tu as récupéré légalement, illégalement, ce n'est pas mon problème. Les gens utilisent VLC pour faire plein de trucs, il y a des gros connards qui utilisent VLC, il y a des mecs qui sont absolument des saints qui utilisent VLC. Moi, je n'ai pas le contrôle. On n'a pas de plateforme dans VLC.

On se pose la question justement d'amener du contenu pour justement aller voir qu'est-ce qu'on peut faire pour justement que les gens puissent apporter leur contenu à la masse sans devoir passer par une plateforme. Mais pour ça, ça demande une vision, une volonté et malheureusement de l'argent. Tu vois, par exemple, moi, je ne suis pas une plateforme parce que je ne pourrais pas avoir une plateforme, ça coûte trop cher. Aujourd'hui, moi, je n'ai pas d'argent. Donc voilà, c'est un peu la limite du modèle. C'est que là, pour aller se battre contre les plateformes, les grosses plateformes, il faudra en fait du cash et ce cash, je ne l'ai pas.

24:38
Invité

On a parlé un peu de la question du cadre juridique. Tu as mentionné le fait que, bon, il y avait Vidéolande qui est l'association. Ta société, ça ressemble un peu à S-COP. Il se trouve que nous, au Média, par exemple, il y a une association et deux sociétés qu'on veut se transformer en société coopérative. Qu'est-ce que tu penses, par exemple, je ne sais pas si tu connais Mobicop, c'est un peu l'équivalent d'un blabla car mais en forme coopérative. Est-ce que tu penses que ça fait partie de la réflexion, cette question du cadre juridique ?

25:06
Présentateur

En fait, oui, ça fait partie de la réflexion mais ça n'est pas suffisant. C'est-à-dire que là, pour aller se battre contre eux, et donc là, on ne parle pas juste des plateformes mais vraiment la partie GAFAM. Par exemple, tu vois, on va prendre l'exemple d'Apple. Apple, ils n'ont pas du tout la partie plateforme où ils arnaquent. Ils vendent un truc hyper cher qui est un produit de luxe et les gens achètent pour plein de raisons sociales mais ils sont moins limites que Facebook. Malgré tout, pour aller contre ces gens-là, ça va être très difficile d'aller concurrencer Apple.

Donc là, tu dérives des plateformes en général sur les GAFAM qui, eux, ont un tel poids que leur pratique soit nouvelle ou ancienne, que ce soit Uber ou Apple, tu vois, ce n'est pas pareil. Et là, c'est vrai que c'est très difficile parce qu'il va falloir, il faut des moyens de financement et surtout, il faut que ce soit facile. Et ça, c'est un des problèmes principaux que je vois et je pense que c'est une des raisons pour lesquelles VLC fonctionne. Les gens, ils n'utilisent pas VLC parce que c'est open source.

99,99% des gens, ils n'ont aucune idée qu'ils utilisent VLC, ils n'ont aucune idée que c'est open source, ils n'ont aucune idée que c'est libre et ils s'en foutent, ils utilisent VLC parce que ça marche. Et ça, c'est important, c'est que quand tu arrives avec une alternative, les gens, il faut que l'alternative, elle soit aussi facile à utiliser. Et pour moi, et là, on sort du cadre GAFAM ou même informatique, c'est que les gens, ils ne vont pas changer. Si à tout problème social, ta réponse, c'est qu'il faut changer les gens, tu as perdu. Ouais d'accord, je vais changer les gens. En fait, non, les gens, tu ne les changes pas.

Les gens, tu peux les changer si ce que tu leur proposes, c'est soit un tout petit peu plus facile à utiliser, par exemple le KVLC, c'est plus facile qu'elle ait téléchargée des codec packs, donc les gens vont l'utiliser. Soit tu es à le même niveau de difficulté, mais tu rajoutes un truc moral. C'est-à-dire que tu dis, par exemple, trier les ordures, ce n'est pas très compliqué, ça te demande un effort supplémentaire, mais en fait, le gain moral est tellement important que tu le fais. Mais souvent, dans les trucs open source ou même en général tout ce qui est environnement sociaux, on te dit, oh là là, il faudrait que tu fasses ça. Et là, en fait, le ça, c'est un effort monstrueux.

Regarde, Uber, en tant qu'utilisateur, c'est tellement génial. Putain, je suis partout, je clique, ça arrive, ils arrivent, les mecs ne peuvent pas annuler, ils ne peuvent pas t'engueuler. En tant qu'utilisateur, putain, le changement, et ça a même changé le fait que maintenant, les taxis sont quand même vachement plus polis maintenant qu'il y a 15 ans. Il ne faut pas oublier que le client et l'utilisateur final, mes clients et utilisateurs, c'est l'important. Et en fait, beaucoup trop de gens qui veulent se battre contre les plateformes, contre les GAFAM, ils oublient qu'il faut faire des produits qui soient sexy et des produits fonctionnels.

Parce que, oui, tu vas pouvoir atteindre 10% de marché en disant, regardez, on se bat contre les méchants, super. Le média, regardez, on se bat contre TF1. Mais en vrai, si tu veux dépasser une niche, il faut que tu apportes quelque chose qui soit quand même aussi bien. Et le problème, c'est que pour atteindre ces niveaux d'aussi bien, il faut des gens et ces gens coûtent cher.

28:16
Invité

Alors justement, on a l'impression que si on veut faire aussi bien qu'eux et pas aussi mal dans le sens moral du terme que les Facebook et les Google, il va falloir des moyens assez énormes. Toi, tu dis la question du financement.

28:27
Présentateur

Ils ne sont pas aussi énormes, attention, parce qu'en fait, tu as vu ce qu'ils ont fait. Donc en fait, eux, tu as un avantage quand même, c'est que tu n'es pas les premiers entrants. C'est-à-dire qu'en fait, tu peux te rendre compte qu'ils ont fait des conneries. Ça, c'est les conneries. Et puis surtout, il y a des technos qui sont développés, donc ça coûte moins cher. Et surtout, si ton but n'est pas forcément d'écraser la concurrence, tes moyens en fait et ta croissance peut être plus faible, donc tes moyens ne sont pas aussi importants. Mais par contre, ils ne sont pas nuls. Qu'est-ce qui fait que ça ? Au début, en fait, il n'y aurait pas besoin de grand-chose.

Mais en fait, là, on a un tel retard que, ouais, par exemple, il faudrait avoir des investissements, je pense, étatiques sur certains sujets, sur avoir un OS de smartphone ouvert, l'équivalent de Google Docs ou d'Office 365, des choses comme ça, que finalement, tout le monde utilise. Je suis sûr qu'au média, vous utilisez Google Docs. Enfin, si, c'est pas... Ouais ? Évidemment, quoi. Mais évidemment. Et donc, en fait, là, il y a un besoin. C'est-à-dire que pour arriver, en fait, on a un tel retard qu'il y a un besoin. Et donc là, je pense... Mais aussi, il faut avoir un système de financement de start-up et de bonne start-up qui soit fonctionnel et vertueux.

C'est possible, mais pour ça, il faut avoir un cadre légal et il faut avoir surtout des hommes politiques qui comprennent ce qu'ils font. Et aujourd'hui, on n'a pas ça en France. Alors, on peut peut-être parler

29:52
Invité

de l'exemple, par exemple, de Quant, donc le moteur de recherche français qui a quand même une ambition assez grande de concurrencer les autres et qui a des financements, pour le coup, des financements européens même. Mais il y a quand même pas mal de controverses sur le sujet. En gros, on lui reproche de finalement réutiliser des technologies qui sont issues d'autres plateformes, de ne pas être une véritable alternativité. C'est quoi le problème ? Je crois que tu as dit... Ouais, en fait... C'est RFI que tu as dit que tu voulais reprendre le truc, c'est ça ?

30:23
Présentateur

Non, mais en fait, à un moment, il y avait un article dans Le Monde qui était remplacé. Ils cherchent un nouveau CEO. Ils ont trouvé le CEO, le PDG. Ils ont pris finalement le PDG adjoint. Et moi, j'ai envoyé un mail en disant mais vous êtes sûr que vous ne voulez pas que je vienne ? C'est une boutade, mais en fait, pas forcément. Alors, attention, Quant, on a raconté tout et n'importe quoi. Il y a eu des controverses, en particulier, je pense qu'ils ont fait des erreurs. Mais l'erreur, ils arrivent dans un marché qui est très compliqué, qui est très difficile. Ils veulent aller vite.

Personnellement, de ce que je comprends, je pense qu'il y a une partie du management de Quant qui n'est pas assez bon et qui est trop bien payée. Mais surtout, il y a une erreur de technique. Je pense que Google, c'est un marché parce qu'à l'origine, c'était techniquement meilleur. Et on revient à ce que je disais tout à l'heure, il faut que tes produits soient sexy. Et si tu n'as pas des produits sexy, c'est embêtant. Par contre, le débat qui est la polémique sur le fait qu'ils utilisaient le cloud Microsoft, en fait, c'est une fausse polémique. Parce qu'en fait, le cloud Microsoft, c'est-à-dire que plus tard, ils pourront utiliser le cloud OVH s'ils sont fonctionnels.

C'est juste que Microsoft leur a donné des crédits gratos et ils utilisent ça pour s'imposer. Moi, ça ne me pose pas du tout de problème. Il y a une autre polémique dans la sous-polémique qui est qu'ils utilisent les résultats de recherche de Bing. Et là, c'est un petit peu plus petit, mais encore, je comprends, il faut, tu as un retard, tout est justifiable. Tu peux prendre plein de raccourcis du moment que tu as un plan, et c'est ça qui est important, d'avoir un plan pour en sortir. Une fois que tu déploies sur le cloud Microsoft, si tu te débrouilles bien, une fois que tu le déploies sur le cloud OVH, ça ne changera pas grand-chose.

Utiliser les résultats de recherche de Bing, c'est déjà plus embêtant parce que là, tu dépends vraiment sur ton cœur de métier. Ça ne veut pas être ça, le projet, c'était justement... Quand tu commences, quand tu commences, arriver aujourd'hui le jour 1 et monter un Google, moi, tu vois, comme ça, je te dis, tu as... c'est 200 millions, 300 millions, peut-être un milliard. Ça doit être un milliard pour avoir un truc qui est à peu près correct. Mais est-ce que justement, l'enjeu, il ne le justifie pas ?

32:30
Invité

Oui, mais où tu vas trouver un milliard ? Quand même, si on fait ça à un échelon... Non,

32:35
Présentateur

je n'y crois pas parce que ça avait été essayé un peu dans le passé avec un truc européen dont j'ai oublié le nom. Tu vois, ça m'avait marqué Quairo, Quairo, un truc comme ça. En fait, tu ne peux pas juste mettre de l'argent. C'est-à-dire qu'en fait, il faut aussi des gens qui lead et qui aient l'envie. Et donc, voilà. Donc, ce qui est bien quand même, c'est Quant, c'est qu'ils ont quand même des mecs super bons. Il y a des mecs comme Tristan Nitto chez eux, ils ont M. Champot qui sont vraiment des mecs qui comprennent ce qu'ils veulent et qui ont une vraie vision. Mais je pense quand même que Quant, ils n'investissent pas assez dans leur technique. Mais ça, c'est avis de geek qui travaille.

Enfin, VLC, c'est parce que techniquement, c'est génial que ça fonctionne. Et je pense que Quant, ils ont un peu oublié ça.

33:14
Invité

C'est un problème stratégique ou tu penses qu'il y a un défaut aussi de main d'oeuvre qui est prêt à se lancer dedans ? Non,

33:20
Présentateur

mais attends, ils arrivent, ils ont un projet, ils doivent gérer des RH, des gens décentralisés, l'État qui arrive, de les trucs politiques, tout le monde qui leur dit regardez quand je fais cette moteur de recherche, les réseaux sociaux, etc. En fait, c'est très compliqué. Ils ont grossir, en fait, très vite, c'est difficile. L'exemple typique, c'est Mozilla, tu vois, qui sont une boîte qui a 500 millions de dollars par an et qui en font une catastrophe, quoi. Il faudrait que c'est maintenant 5% des parts de marché qui sont en les 30. Donc, grossir très vite, c'est difficile parce qu'il faut structurer. Moi, VLC, on est tout petit et aussi, on est efficace parce qu'on est tout petit.

33:57
Invité

Alors, si l'enjeu, c'est de reprendre possession du numérique et de ne pas l'abandonner à des gens qui ont toutes sortes de projets mais qui ne sont pas forcément liés à nos intérêts, ça signifie, a priori, qu'il faut maîtriser toutes les technologies et toute la chaîne des composants et de la production. Et utiliser des logiciels et des systèmes d'exploitation libres, ça ne suffit pas. Il faudrait, par exemple, pouvoir fabriquer nos propres processeurs, etc. Est-ce que la France, elle en est capable ? Oui. Est-ce qu'on en est capable ? On a déjà le niveau de... Qu'est-ce qui bloque, alors ?

34:23
Présentateur

Il n'y a pas de technologie trop compliquée pour les Européens, pour le moment. L'intelligence artificielle, ce n'est pas un problème de technologie, c'est un problème de volume de données. Donc, là, c'est là la limite.

34:35
Invité

Oui, mais c'est quand même un problème ne serait-ce que ça parce qu'on n'a pas forcément envie d'accepter n'importe quel...

34:39
Présentateur

de faire beaucoup de choses avant d'arriver aux limites, en fait. C'est-à-dire qu'entre... Oui, c'est sûr, tu as un retard techno, peut-être, mais avant d'arriver au moment où on a le retard technologique... Enfin, je veux dire, pour aujourd'hui monter un Uber, décentraliser, fédérer, il n'y a aucun problème technique. On arrête de nous raconter n'importe quoi. Je veux dire, ça reste une mise en relation de gens sur Internet. C'est une plateforme. Tu vois, il n'y a pas de raison. Ton Airbnb, c'est la même remarque. Ce n'est pas forcément ce qu'on a envie de faire. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'avant d'arriver à les limites technologiques françaises, on va avoir du...

Tu mentionnais après les processeurs. Je rappelle qu'en France, on a un fondeur qui s'appelle ST Microelectronics qui accrole à Grenoble et qui est aussi une partie en Italie. Et en fait, ils ont des capacités, on a des capacités. Et puis surtout, il y a tout ce qui est maintenant open source sur les microprocesseurs avec tout le produit qui s'appelle Open Risk. Il y a des choses à faire et donc il n'y a pas... Je ne crois pas à la barrière de la plateforme, de la techno. Par contre, il y a trois problèmes. Il y a un problème politique et qui est un vrai problème, c'est que nos dirigeants et alors là, de tous les partis sont des gros nuls.

35:54
Invité

Et pourquoi ils sont des gros nuls ?

35:55
Présentateur

Ils sont des gros nuls parce que c'est des hommes politiques professionnels et parce qu'ils sont complètement dépassés. Parce qu'ils ont 50 ans et donc... Et encore, je suis poli parce que la moyenne au Sénat, ça doit être plutôt 75. Ils n'ont jamais rien compris et surtout, ils sont d'une... Sans dire élite, mais d'une classe sociale où en fait, tu vois, tout leur est arrivé directement. Et c'est le même problème que tu as à la tête de L'Oréal ou à tous mes anciens camarades de promotion de centraliens qui pensent que faire des slides, c'est bosser. ils ont un tel décalage par rapport à la vraie vie qui font qu'ils ne comprennent rien à Internet.

Là, on a eu, après l'histoire Griveaux puis l'histoire Castaner où maintenant, ils se mettent à essayer d'attaquer l'anonymat sur Internet ou le pseudonymat alors qu'en fait, on sait qui c'est, ça n'a été posté pas sur une plateforme. C'est un prétexte pour... Bien sûr, mais c'est un prétexte mais pas seulement. Ils sont tellement à côté de la plaque. Tu vois, ils ne sont pas juste un peu à côté de la plaque. Ils sont tellement à côté de la plaque. Donc, il y a un problème politique grave. Il y a un problème de financement malheureusement et de source de financement.

Il faut que les grosses boîtes françaises réinvestissent dans les techs françaises et dans les techs, pas dans un énième plateforme de désintermédiation. Je pense que ça, c'est le deuxième problème. Et le troisième problème, c'est un truc assez français, c'est de ne pas croire en la technologie. C'est-à-dire que, c'est bizarre, mais on fait beaucoup d'ingénieurs mais en fait, les ingénieurs, ils sont considérés comme, je ne vais pas dire des sous-merdes, mais quand même pas loin. Aux États-Unis, les beaux-gosses chez Google, chez Facebook, c'est les ingés. En France, les ingés, ils sont sous-payés, ils sont payés moins bien que les marketeux. Et d'ailleurs, on parlait de compte.

Je suis pareil que si on prend la grille de salaire, le directeur marketing, il est plus payé que le directeur technique. Et ça, c'est un vrai problème parce que c'est comme ça que tu gardes les jambons.

37:43
Invité

Et à quoi tu attribues ça, en fait, cette espèce de religion où on délaisse un peu l'aspect technique ? Et d'ailleurs, est-ce que tu ne souscris pas à la thèse de, je voulais te demander, d'Emmanuel Todd sur la crétinisation des élites ? Parce que tu dis, le problème, c'est nos dirigeants politiques qui sont à la ramasse, les grandes boîtes, elles n'investissent pas

37:58
Présentateur

au bon endroit. Je ne sais pas parce que je n'ai pas bien lu et là, on va arriver vraiment dans la limite où je vais dire une connerie. Mais oui, je pense qu'il y a un vrai problème d'élite et de reproduction sociale qui est que c'est trop facile pour eux. Et comme c'est trop facile pour eux, en fait, ils n'ont pas à faire l'effort. Vers VLC, c'est du boulot. Quand les gens me demandent combien d'heures je bossais, je ne réponds pas parce que, franchement, il y a des moments, il y avait des semaines, notamment quand je faisais ça à temps plein. Si je te dis qu'il y a des semaines où je faisais 90 heures, je prenais mes vacances pour aller faire des comptes VLC. Il y a un travail.

Le travail, il est important et il ne faut pas l'oublier. Et ça, c'est vrai qu'il y a un petit risque en France, c'est d'oublier cette valeur. Et c'est dommage, on aime bien être cool en France, mais les Chinois, les Américains, ils ne vous attendent pas.

38:53
Invité

Alors, j'ai une question un peu, je ne dirais pas philosophique quand même pas jusque-là, mais en fait, VLC, c'est quand même suffisamment d'utilisateurs pour dire que ça a une contribution qui est non négligeable à l'économie mondiale d'une certaine façon puisque c'est un peu… Mais finalement, il y a pas mal d'entreprises qui peuvent s'en servir et s'en servir gratuitement. Est-ce que ce n'est pas un problème qu'elles puissent tirer du profit, profiter finalement de quelque chose qui a été conçu hors de leur cadre, qui est le fruit peut-être des formations dont vous avez bénéficié dans un établissement qui est public central ? Est-ce que cet accaparement-là ne te gêne pas ?

Est-ce que tu trouves que finalement, ce n'est pas plus mal ?

39:38
Présentateur

En fait, la partie open source est libre, elle marche si tout le monde joue le jeu. Donc, c'est vrai que c'est un peu un problème. Donc là, en fait, moi je parle, là on parle de VLC mais en fait, on a un peu dérivé. En fait, il y a VLC et il y a les autres projets open source que les gens ne connaissent pas du grand public mais qui sont FFmpeg, qui sont X264, qui est un encodeur vidéo fait par le projet VidéoLan.

Et en fait, toutes les vidéos que tu vois sur Internet, tout YouTube, tout Facebook, tout, pas Netflix, mais à mon avis quasiment, tout ce que tu vois en ligne, en vidéo est fait par ce groupe de personnes d'une, cinquante, soixante, donc VLC, la communauté VLC met plein de trois autres communautés à côté et les plateformes et les grands groupes en fait, ont vraiment un aspect prédatoire. Ils arrivent, ils prennent et surtout, ils ne donnent quasiment rien. Ce qui donne c'est une sous-partie. Si par exemple, il n'y avait pas X264, en open source, YouTube, ça leur coûterait 20, 50 millions, l'encodeur vidéo de VidéoLan, ça leur coûterait 20, 50, 100 millions de dollars par an.

Et ce qui donne à la communauté, c'est des miettes. Donc en fait, le problème, c'est que, ça c'est un problème moral de profiter et d'utiliser en fait toutes les technologies open source en disant, elles sont mises à disposition, ça aide tout le monde, ça permet de ne pas redévelopper 40 fois le même truc et de se focaliser sur les choses qui sont vraiment à haute valeur ajoutée. Mais en même temps, il faut quand même jouer le jeu et tu as de plus en plus de gens qui ne jouent pas le jeu et les entreprises françaises sont comme les américaines là-dessus, c'est-à-dire que vraiment, tu n'as pas de moralisation. mais l'État fait la même chose.

L'État préfère payer des centaines de milliers, voire centaines de millions d'euros des consultants plutôt que pour aller faire des déploiements absolument débiles de paye, on a eu l'éducation nationale, 323 millions, l'ouvoie pour la direction, le département de la défense et ça ne les gêne pas de mettre énormément de pognon dans les sociétés de service mais par contre, il n'y a aucun code qui est réutilisable et qui peut bénéficier à tout le monde et ça, c'est un vrai problème parce que qu'une entreprise ne soit pas morale finalement, c'est le capitalisme ultra-libéral, tant pis, il faudrait le changer, etc.

mais ce n'est pas moi à ma petite échelle qui va le changer mais quand les États, notamment un État comme l'État français ou l'État allemand, dépensent des milliards quand même dans leurs outils informatiques et ne contribuent quasiment rien, c'est grave alors qu'ils ont des exemples comme VLC qui sont grands et c'est un peu le problème, c'est que moi quand je me présente avec VLC, je dis bonjour, surtout les politiques, je dis bonjour, je fais le logiciel français le plus utilisé au monde et en fait, en parenthèse, je dis, est le moins rentable.

42:28
Invité

Toi, à ton avis ici, les États ne font pas davantage pour l'imposition de ces plateformes qui profitent finalement, qui s'accaparent les fruits d'innovation. Est-ce que c'est parce que le rapport de force ne leur est pas favorable ou est-ce que c'est parce qu'ils adhèrent à cette religion-là que ces plateformes, elles sont motrices de l'innovation, que finalement, c'est normal ?

42:47
Présentateur

Alors, tu as plusieurs parties. Sur la partie plateforme, tu vois par exemple le soutien à Uber ou Airbnb, c'est qu'en fait, ils voient que ça permet d'embaucher de façon partielle des gens. Donc là, tu vois là, oh super, etc. Oh, ça fait embaucher des gens qui bossent, ça augmente un peu, ça soutient le PIB. Et ça, à la limite, c'est un argument que je peux comprendre quand tu n'as pas d'alternative.

Mais après, sur la partie solution numérique et vraiment solution, là, c'est du foutage de gueule total parce que c'est juste par fainéantise et parce qu'ils connaissent ça et notamment parce que tes hommes politiques, ils ne connaissent que les gros groupes et ils n'ont vu que ça et c'est la technique de save your ass, quoi. Tu ne prends que le leader parce que… Tu ne te feras jamais engueuler si le projet ne fonctionne pas parce que tu as choisi le leader. Ah, bah désolé, j'ai acheté Microsoft, je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas. Alors que si tu prends un risque en prenant une plateforme plus petite, un truc français et que ça ne marche pas, c'est toi qui te fais virer.

Donc en fait, vis-à-vis de tes supérieurs, tu sauves ton cul, tu prends le minimum de risque. Et les hommes politiques français et les gens dans les grosses boîtes, c'est la culture de je ne prends pas de risque. Et ça, il faut comprendre. Alors ça, c'est un des points positifs de la French Tech. On a quand même un peu une culture de risque qui arrive. Avant, quand tu plantais une boîte en France, tu étais fiché à la Banque de France, tu étais tricard, tu ne pouvais plus faire de prêt, tu ne pouvais vraiment rien faire.

Et ça, c'est très embêtant parce que, par exemple, les Américains, ils aiment bien les gens qui ont planté une boîte avant parce qu'en fait, quand tu as planté une boîte avant, tu as appris des trucs en te plantant et tu as appris plus qu'en ayant du succès. parce que les grosses start-up qui ont fonctionné, c'est de la chance. Les mecs qui ne te disent pas que c'est de la chance, c'est des menteurs ou c'est des mecs qui sont vraiment un égo monstrueux. Mais toi, par exemple, Facebook, ce n'était pas le premier réseau social. Il y en avait plein avant. Il y en avait plein qui marchaient. Mais il était au bon moment, aux États-Unis, dans une bonne démographie.

Son but original n'était pas du tout un but de faire Facebook. C'était d'avoir des photos des autres nanas pour les noter. Non mais, il faut quand même le rappeler. Et il était au bon moment et ça a cartonné. Donc, il faut beaucoup de travail. Il faut pas mal de cash, malheureusement. Mais ça, ça vient après. Mais il faut avoir de la chance. Et pour avoir de la chance, il ne faut pas avoir peur de prendre du risque. Et en France, on a cette aversion au risque très très forte. Et c'est pour ça que c'est bien que les jeunes veuillent monter les start-up. Moi, je dis que c'est dommage qu'on leur laisse faire n'importe quoi.

Mais c'est bien parce que ça donne la culture du risque en disant je vais essayer un truc et si ça merde, ça merde. mais c'est pas grave. Tu vois, par exemple, le Média, vous n'êtes pas diffusé sur la TNT, vous avez essayé un truc, vous avez eu plein de problèmes, ça je suis sûr.

45:33
Invité

On va parler au passé.

45:35
Présentateur

Non, mais pourquoi ? C'est hyper important. C'est que tu prends un risque. C'est un risque important de lancer des nouveaux médias et si ça marche, c'est cool. Si ça marche pas, c'est pas grave, on en fera un autre. Donc, cette culture du risque, elle est absolument absente des élites françaises et c'est dommage. et ça, tu vois, Quant, c'est super, ils ont une culture du risque, c'est un projet, ils s'en prennent des baffes. De toute façon, les seuls gens qui ne se prennent pas de baffes, c'est les gens qui ne font rien et qui n'essayent pas.

Moi, je vais être directeur, plutôt que de monter Quant, tu vois, il pourrait être directeur technique chez L'Oréal, il serait payé dix fois plus, il serait tranquille, il ne foutrait pas grand-chose, il serait en réunion à se gratter le bide pendant des heures et des heures et des heures et à prendre ses cafés. c'est bien de créer et d'essayer. C'est dur, c'est sûr et des baffes, tu t'en prends mais il n'y a qu'en ne faisant rien que tu ne prends pas de baffes.

46:29
Invité

Alors, je voudrais finir par une question un peu personnelle mais pas trop, ça ne t'inquiète pas.

46:33
Présentateur

Tu peux poser des questions personnelles et au besoin, je ne te répondrai pas.

46:35
Invité

D'accord. Non, c'est que j'ai lu que tu te définissais dans Society comme un libertarien et que cependant, tu disais que tu n'étais pas choqué s'il fallait payer 50% d'impôts. Alors,

46:46
Présentateur

comment tu... En fait, c'est très compliqué parce qu'en France, il y a... Donc moi, je ne rentre pas du tout sur les chiquiers politiques français. Il y a plein de mots autour de la liberté qui sont soit libertariens soit libertaires et qui sont des notions en fait qui sont finalement débiles et très très loin de ma pensée parce qu'en fait, ce sont une partie notamment en fait que nous, les libertariens américains, c'est Madeleine quoi, c'est l'ultralibéralisme, c'est le laisser faire de faire n'importe quoi. Alors que, moi, je suis plus au sens vraiment liberté de la révolution française, c'est-à-dire du slogan français, c'est vraiment la partie liberté sociale, pas du tout économique.

Donc, en fait, moi, je suis très embêté avec toute la gauche française qui, pour moi, ne fait que de faire de l'interdiction. On a un côté français, alors je vais choquer pas mal de vos gars mais ce n'est pas très grave, mais qui a un côté très stalinien. Ah, il y a un problème, on va interdire ! Et en fait, et ça, c'est un problème de la gauche française en général, mais ça te fait juste plus, plus, plus, plus de lois, plus, plus, plus d'impôts qui sont compliqués. Et en fait, moi, je suis absolument contre les lois compliquées. Moi, je pense qu'on a trop d'impôts et de niches fiscales en France, pas en volume, ça ne me choque pas qu'on ait 55% de prélèvements obligatoires.

Ce qui me choque, c'est que ces 55% soient sur 400 impôts et 9000 niches fiscales. Parce que les gens qui vont profiter des niches fiscales ou de la complexité légale, c'est les gens qui ont l'argent pour se payer des fiscalistes et des juristes et des avocats. Et les gens qui se font niquer la gueule, à la fin, c'est les petits gens, c'est les gens normaux. Il y avait encore des mecs qui font de la prison ferme pour avoir... Là, c'est un agent qui a détourné de l'argent public à 130 000 euros et il fait de la prison ferme. Et nos hommes politiques, par contre, putain, ce n'est pas 100 000, c'est des millions et eux ne prennent jamais rien. Quand ils vont en prison, on les fait sortir assez.

Attends, mais Balkany, c'est la première fois... Mais c'est pas grave que Balkany soit sorti. C'est embêtant, etc. Mais l'important, c'est qu'ils soient rentrés. La première fois qu'on en a mis un, en taule ferme. Et c'est ce soir, vous allez au poste. Vous allez en taule. C'est pas... Oui, bon, on va faire un truc, on se ferme en sursis, puis ensuite, on a de l'application des peines, etc. Donc, moi, je n'aime pas du tout le système qu'un peu la gauche française pousse qui est... Ah, il y a un problème. On va faire une loi. Parce qu'en fait, on fait plein de lois.

Elles se battent les unes les autres et ceux qui sont capables de passer entre les lois, c'est les gens qui ont de l'argent ou du pouvoir. Donc, moi, je préfère... Moi, je suis énormément pour avoir des trucs très simples. Tu vois, par exemple, on parlait impôts, mais moi, je suis absolument contre tout ce qui est seuil. Tu vois, les tranches, je suis absolument contre parce que ça te fait des effets de seuil qui sont toujours problématiques. Alors, je crois que c'était... Alors là, je vais peut-être dire une connerie, on me corrigera, mais je crois que c'est LFI qui disait qu'il ne voulait plus passer de 5 tranches sur l'impôt sur le revenu, mais c'était 11.

Mais c'est la même bêtise, en fait. C'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'il y ait 5 tranches, 11 tranches, 20 ou 50. Il faut qu'il y ait une infinité de tranches. C'est-à-dire que ce qu'on appelle... Enfin, tu vois, on n'est plus au 19e siècle. On a des ordinateurs, on sait calculer, ça s'appelle une intégrale. Il faut que tu aies une infinie de seuils, c'est-à-dire qu'au lieu d'avoir un système comme ça, il faut... Et on peut le définir. Donc moi, je suis pour un état beaucoup plus simple, des règles beaucoup plus simples.

Et le problème, c'est que les gens qui veulent des règles beaucoup plus simples, en général, c'est parce que de l'autre côté, ce qu'ils veulent, c'est moins d'états en volume. Moi, je ne suis pas pour avoir moins d'états en volume. Je suis pour avoir plus de liberté. Et donc là, on est dans les libertés fondamentales. On n'est pas du tout dans le libertarisme économique. Parce que je pense que les lois compliquées, ça ne profite que aux élites et aux groupes. Merci, Jean-Baptiste Kempf. De rien. Le Média est indépendant des puissances financières et n'existe que grâce à vos dons. Soutenez-nous sur lemédiatv.fr Et pour ne rien rater de nos contenus, abonnez-vous à nos podcasts.

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