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DébatSud Radio (sur YouTube)· 26 octobre 2025 22 minContradictoireFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Souveraineté numérique : faut-il vraiment y croire ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quand on entend ce mot souveraineté numérique, on en imagine une France indépendante capable de tout contrôler. C'est la réalité ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il a encore une crédibilité et justement on force les petites entreprises à l'adopter mais les plus grands qui sont des rôles modèles ne l'adoptent pas. Quelle est sa validité aujourd'hui ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est prêt à payer plus cher et être moins performant pour être vraiment souverain aujourd'hui ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Vous avez le sentiment qu'il y a une vision du numérique qui gouverne notre pays à laquelle les élus peuvent se rattacher ou chacun fait les choses dans son coin ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que toutes ces langues du terroir demain ont un avenir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Philippe LatombeFait
    « On est loin d'avoir la totale maîtrise de la chaîne et je parle même pas des des puces, des ordinateurs, enfin tout ce qui va avec. »
  • 6:00Philippe LatombeFait
    « Le RGPD est quand même une réglementation qui est qui est absolument nécessaire pour protéger nos valeurs, pour protéger l'utilisation de nos données. »
  • 9:00Caroline ZorneFait
    « On a l'illusion que ça revient moins cher, mais il y a des solutions européennes et françaises euh qui sont qui s'appuie sur du logiciel libre euh et open source et qui reviennent moins cher. »
  • 12:00Caroline ZorneChiffre
    « Le projet de loi de finance qui prévoit qu'on va avoir, je crois, 14 millions d'euros sur l'inclusion numérique pour 16 millions de personnes absolument déconnectées du numérique. »
  • 15:00Caroline ZorneFait
    « Mistrral est français, voilà. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Bonjour et bienvenue dans le Numérique pour tous, l'émission dédiée au digital, à l'innovation et à la tech responsable. [musique] Et aujourd'hui, on va parler de souveraineté numérique.

Alors, attention hein, derrière ce mot devenu à la mode se cache une réalité bien plus inconfortable, celle d'une France finalement dépendante des technologies étrangères. Alors, la souveraineté est-elle un mirage politique ? Privilégie-on réellement la préférence nationale et comment pourrait-elle devenir une réalité ?

C'est ce que nous tenterons de comprendre avec nos invités, le numérique pour tous spécial souveraineté numérique. L'illusion française. C'est tout de suite et c'est sur Sud Radio.

Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Et pour commencer cette émission spéciale souveraineté et numérique, j'ai le plaisir de recevoir Philippe Latombe. Bonjour Philippe.

Vous êtes député élu dans la circonscription de la Vandé et spécialiste des questions de cybersécurité, de souveraineté numérique et de protection des données. Alors Philippe, quand on entend ce mot souveraineté numérique, on en imagine une France indépendante capable de tout contrôler. C'est c'est la réalité.

Non, c'est une illusion. Non non, on n'est pas capable de tout contrôler. On le voit bien avec l'ensemble des applications sur les téléphones que chacun utilise.

On le voit bien sur les ordinateurs avec les systèmes d'exploitation. On est loin d'avoir la totale maîtrise de la chaîne et je parle même pas des des puces, des ordinateurs, enfin tout ce qui va avec. D'ailleurs, on a vu où ça nous a mené cette semaine.

Ah ben, on a vu avec AWS, on l'avait déjà vu avec Microsoft, souvenez-vous, juste avant le les Jeux Olympiques avec une mise à jour un peu désastreuse avec Crowd Strike qui avait paralysé. Nous, on avait été épargné. Ça montre bien que parfois c'est c'est ça a du bon, c'est que nous n'étions pas dans la mise à jour parce qu'on était tellement hanté diluviant dans nos systèmes d'exploitation que on avait pas la mise à jour de [grognement] Microsoft à l'époque.

La AWS c'est plus gênant parce que ça montre bien que les applications qui sont utilisées au quotidien elles sont hébergées dans du cloud et dès que ces entreprises prennent l'eau pour des raisons techniques ou pour des raisons de cybersécurité, ben c'est l'ensemble du du système mondial qui tousse euh certaines entreprises ont ont méchamment souffert. Ben justement de manière plus globale les risques vraiment fondamentaux sur notre territoire avec cette absence de souveraineté à terme puisque le processus va s'amplifier. Quels sont-ils ?

On a doucement glissé d'une question qui reste d'actualité mais qui est un peu mise sous le sous le boissau pour l'instant qui est la la question de la captation des données parce qu'on a du chiffrement en un sombre de choses qui permettent quand même de s'en prémunir en en partie. On est passé à la question du kill switch. la possibilité pour les Américains de nous couper l'accès à des services.

Ils l'ont fait auprès de d'entreprises chinoises, auprès de d'universités chinoises, auprès d'entreprises indiennes. Ils l'ont fait avec la Cour pénale internationale. Ça nous en est que c'est un jour Donald Trump n'étant pas content vis-à-vis de la France pour une raison ou pour une autre, peut-être parce que notre engagement avec l'Ukraine n'est pas forcément de son de son goût, il décide de nous sanctionner un tout petit peu et donc ça peut se passer par la coupure de service numérique.

Et là par contre, ça serait dramatique pour notre économie. Conséquence. Bah conséquence, on aurait aujourd'hui pas de mise à jour sur nos systèmes d'exploitation du type Windows.

On aurait pas forcément accès à des un cent de services qui peuvent nous être proposé, qui servent aux entreprises pour fonctionner. Donc voilà, on pourrait avoir un petit problème par exemple avec Sales Force, on pourrait avoir un problème avec Palenti, on pourrait avoir un problème avec pas mal de d'applications pour certaines qui dépendent aussi du enfin ou en tout cas qui sont très liés au ministère de la défense américaine. Euh on a vu récemment là aussi la fameuse école polytechnique qui a suspendu ses abonnements à une plateforme américaine.

C'est un effet d'annonce pour montrer qu'on fait des grands gestes ou alors il y a une réalité ? Ça a été un combat pendant 4 ou 5 mois de de ma part de la part de sénateur d'un personnes. On avait appris que que Microsoft que Polytechnique voulait recourir à Microsoft sur le dans son [grognement] dans son mode de fonctionnement.

ça c'était pas passé en plus auprès de de l'ensemble des instances de polytechnique. Euh je rappelle que les universités normalement sont agnostiques technique technologiquement et donc on avait il y avait une vraie levée de bouclier. Euh la patronne de Polytechnique avait été convoquée en commission d'enquête au Sénat et je pense que c'est la suite de cette audition qui s'est très mal passée pour elle qui a fait que elle est obligée de de rétropédaler.

Alors pour l'instant c'est une suspension. On est en train de voir avec les sénateurs comment est-ce qu'on peut transformer la suspension en arrêt. Alors là, on parle de polytechnique, mais il y a quand même beaucoup d'universités et de ministères qui confient leurs données à des à des serveurs américains et à des logiciels américains.

On est dans le déni, on est dans une inertie ou on est dans une forme de de cynisme administratif ? Les trois, mon capitaine. Euh le premier c'est que c'est forcément des solutions qui sont super simples et donc il suffit d'appuyer sur un bouton pour les déployer.

Donc pourquoi est-ce qu'on s'embêterait à prendre des systèmes un peu plus compliqués à déployer alors qu'on a un truc simple ? La deuxième, c'est que facialement ça coûte pas cher oui. Et sauf que on se rend compte que d'abord c'est pas cher puis ensuite l'augmentation des tarifs fait que le budget des DSI explose et que ça va pas très bien.

Donc c'est aussi des la politique marketing de la part des des de ces opérateurs notamment américains. Et puis [grognement] globalement c'est le vieux syndrome IBM des années 80, c'est je prends américain, je prends IBM, je suis sûr de pas me tromper, de pas me faire engueuler. Donc je le fais, c'est plus c'est plus facile.

C'est ça. Je suis sûr de pas me faire engueuler dans ma boîte. plus gros donc je suis couvert comme ça au moins j'ai pas j'ai pas pris un petit pousset qui va nécessiter beaucoup de travail et qui s'il plante on va me le reprocher.

Voilà. Euh Philippe, on sait que les géants américains ne respectent pas forcément le règlement sur la protection d'anodonné he ce règlement s'appelle le RGPD, je je le rappelle. Est-ce qu'il a encore une crédibilité et justement on force les petites entreprises à l'adopter mais les plus grands qui sont des rôles modèles ne l'adoptent pas.

Quelle est sa validité aujourd'hui ? Bah le RGPD est quand même une réglementation qui est qui est absolument nécessaire pour protéger nos valeurs, pour protéger l'utilisation de nos données. C'est vrai que parfois il y a des biaetis d'utilisation et ce que je reproche moi, c'est c'est pas que les entreprises américaines ne respectent pas le RGPD, c'est que l'Europe a décidé par la possibilité de faire du transfert de données directement aux États-Unis, la possibilité de s'affranchir du RGPD.

Mais mais normalement, il devrait quand même s'appliquer et il s'applique de fait pour l'ensemble des entreprises qui qui travaillent directement sur le sol français ou sur le sol européen. Il s'applique, on le voit, il y a quand même des avancées. Regardez sur les réseaux sociaux, il y a un nombre de choses qui vont mieux en terme d'utilisation des données de transparence.

Je parle pas du contenu, je parle de l'utilisation de de des données. La vraie question c'est en quoi le RGPD est compatible avec l'intelligence artificielle, avec le règlement sur l'intelligence artificielle ? Et ça ça risque d'être une vraie difficulté.

On peut pas faire rentrer un rond dans un carré. On a un vrai sujet sur les dataset donc les les les collection de données qui servent à entraîner les modèles. Il va falloir qu'on arrive à à faire évoluer le RGPD pour qu'il colle à l'ICT et que l'ICT intègre aussi la question de la protection des données dans le l'entraînement des modèles.

D'ailleurs, pas mal de données de santé sont parties hein. C'est un gros sujet avec le Health Data Hub il y a quelques années. Est-ce que ça un jour on on y verra clair ou alors on va on va mettre Ouais.

Il y a des évolutions très importantes qui sont en train de se passer avec la plateforme des données de santé parce que depuis une condamnation, il fallait changer le nom. Donc on l' on l'a rebaptisé en français. La plateforme des données de santé est en train de changer de gouvernance.

Il y a un nouveau directeur général par intérim qui vient d'arriver et il y a un appel d'offre qui est en cours pour basculer l'hébergement des données vers du souverain. Donc on est dans quelque chose qui évolue. La vraie question c'est c'est c'est est-ce que cet exemple là qui a été très médiatique et très emblématique va servir de révélateur pour l'ensemble des des ministères et des entités de l'État pour arrêter de fonctionner comme selon vous est-ce que ça va être un révélateur ?

Je pense qu'il y a une prise de conscience de la part des des des ministères, au moins dans la partie stratégique. Euh je pense que l'arrivée de Donald Trump qui n'a rien changé la politique américaine mais qui est simplement un révélateur brutal de ce que sont les Américains euh montre que nous ne pouvons pas durablement rester euh sur sur le modèle que nous avions avant et donc utiliser des services américains n'importe comment. Je trouve que les pays européens commencent à évoluer.

Euh les les Hollandais ont un peu évolué sur le sujet. Ils ont même proposé à leur gouvernement d'avoir un hébergement des données de l'État sur du souverain. Les Allemands sont en train de bouger aussi sur le sujet.

C'est pas pour rien qu'il y a un sommet sur la souveraineté qui est franco-allemand qui a lieu mi-novembre. C'est qu'il y a quand même une prise de conscience européenne sur le sujet. Euh Philippe, vous avez interpellé le gouvernement récemment sur la doctrine Cloud Centre.

Expliquez-nous un petit peu en quoi a consisté ce coup de gueule. et avec euh le changement de gouvernance, on va dire, au niveau de de notre ministère numérique, est-ce que le le projet va être suivi des faits ? Mais en fait, le le la question c'est euh plus que la la doctrine Cloudocante qui est en fait la question de la souveraineté, de la protection des données euh personnelles et données sensibles de l'État qu'on a essayé de régler par la loi Senne.

Donc normalement, ça devrait se décanter et j'attends les décrets, c'est là c'est là mon coup de gueule. Le deuxième coup de gueule, c'est la position de la dume sur le sujet, donc la direction interministérielle du numérique qui, je trouve n'assure pas son rôle de coordonateur au sein de l'État euh et plutôt dans l'envie de justifier son existence par la création de solutions technologiques qui sont même en concurrence avec le privé. Ce qui fait que il y a il y a un écosystème qui qui crie euh et c'est pas son rôle.

Enfin, quand on a un appel d'offre à 700 millions pour recréer d'un coup d'un seul l'équivalent de Microsoft, Google et à WS, j'y crois pas. Euh, ils ont dépensé eux gafam pourtant très agile des milliards pour le faire. Je vois pas comment 700 millions avec nos petits bras tout musclés, on arrive à on arriverait à le faire en France.

Donc euh il faut qu'on et puis on est en dans une situation budgétaire qui fait qu'on peut faire attention à 700 millions quand même. Euh je pense que il faut que la DINUM soit vraiment coordonateur, qu'elle se pose la question de ce que c'est qu'une donnée sensible de l'État, comment est-ce qu'on la traite et puis qu'elle serve de SN d'État, c'est de d'entreprise de service numérique d'État. c'est qu'elle arrive à à aider les ministères, à définir leurs besoins, à les écrire, à à écrire les appels d'offre, à les aider à choisir au moment des appels d'offres et ensuite à à les aider à accompagner la mise en place des chantiers numériques.

Je le vois dans ma dans ma circonscription et dans mon département, on a expérimenté un logiciel qui s'appelle Arpège à la CNAM, enfin la CPM pour traiter les IGI. C'est un drame. [raclement de gorge] Les indem journées, pardon, c'est un drame, ça marche pas. on est obligé de l'abandonner en race campagne mais la le logiciel va rester dans ces deux départements là parce qu'on a pas de machine arrière possible et donc on va avoir des gens qui vont subir ce ce logiciel pendant 4 ou 5 ans avant qu'il soit remplacé.

C'est pas normal. La Dinum aurait dû intervenir et ça c'est un cas public mais je pense qu'il y en a beaucoup d'autres. Nous avons une nouvelle ministre du numérique, vous l'avez salué cette semaine.

Que lui avez-vous souhaité au-delà d'une longue durée de vie ? Euh qu'elle puisse avoir les moyens de son action. Et en fait, c'est là où je je suis content qu'on ait un une ministre déléguée, c'est qu'une ministre avec quand même un pouvoir, c'est pas un secrétariat d'État, c'est quelque chose d'un peu plus important.

Malheureusement, elle est encore rattachée à Ber alors que le coup d'avant qui a pas duré très longtemps certes, mais le coup d'avant Clara Chapaz était rattaché au ministère de la fonction publique. Et ça ça avait un intérêt parce que laadinum notamment est rattachée fonctionnellement à la au ministère de la fonction publique. Donc voilà, donc elle elle aurait été de plein exercice en étant rattaché à la fonction publique.

C'est mon c'est mon mon petit regret. Qu'est-ce qu'il faut lire derrière les lignes avec ce rattachement ? C'est que Ber a encore gagné comme d'habitude quoi.

Merci Philippe Lat. Je rappelle que vous êtes député à l'Assemblée nationale et spécialiste des questions cybersécurité, de souveraineté numérique et de protection des données. Restez avec nous sur cette émission spéciale numérique et souveraineté dans quelques instants.

Le numérique pour tous, ça continue et c'est sur Sud Radio. Sud Radio, le numérique pour tous, [musique] Vanessa Perez. Et pour continuer cette émission spéciale numérique et souveraineté, nous avons le plaisir d'accueillir Caroline Zorne.

Caroline, vous êtes notamment présidente de LAAD, l'association pour le développement citoyen des e-services sur le territoire et également vice-présidente de l'Eurométropole de Strasbourg et spécialiste bien évidemment des questions de souveraineté numérique. Alors, j'ai envie de poser la même question que cette question d'introduction à Philippe Latombe. La souveraineté numérique est-elle une illusion Caroline ?

Oui oui oui. Bonjour Vanessa. Oui, je pense qu'on peut on peut le dire comme ça.

Je je ne diraiis pas mieux que le député La tombe précédemment. C'est une illusion. C'est d'ailleurs un élément de langage hein qui devient extrêmement courant.

Euh donc on se gargarise de souveraineté, souveraineté numérique euh mais derrière ces derrière cette appellation de façade, ça devient comme une IGP. Et bien il y a peu de choses derrière et notamment il manque des moyens pour pour y travailler réellement. Mais alors, [grognement] est-ce qu'elle est compatible quand même avec la mondialisation ?

Parce que voilà, on partage de plus en plus de serveurs de de d'infrastructures qui viennent de de l'étranger, des services, toutes les applications qu'on utilise au quotidien sans les citer, Chat GPT et les autres. On peut pas vivre sur notre petit territoire sans se connecter au monde. Oui, c'est vrai, c'est vrai.

On doit être on doit être connecté au monde et je tiens à rappeler que il est plus temps de se poser la question est-ce queon doit ou non accepter la mondialisation ? Elle est là, donc il faut en tirer le meilleur parti. Euh néanmoins, je pense queil faut être absolument réaliste et aujourd'hui on ne l'est pas.

On parle beaucoup de souveraineté numérique, mais on s'en donne pas les moyens et donc on n'est pas on n pas la capacité de faire face à ces géants du numérique. Ça devrait être nos données, nos villes, nos territoires, nos choix et aujourd'hui nos choix sont complètement aliénés par la volonté des gens du numérique. Mais est-ce qu'on est prêt à payer plus cher et être moins performant pour être vraiment souverain aujourd'hui ?

Alors, vous dites payer plus cher. Pourquoi payer plus cher ? puisque on a aujourd'hui des capacités françaises européennes qui permettraient de ne pas payer plus cher.

Moi ce qui me vraiment m'agace énormément, c'est que les géants du numérique ont réussi à nous faire croire que leur service était accessible et pas cher. Et vous avez tout compris. Donc vous avez votre licence, vous avez la maintenance, vous avez vous avez tout ce qu'il vous faut pour un prix qui est parfaitement lisible.

Et en général dans les budgets de des collectivités, c'est du fonctionnement, c'est pas d'investissement. Bon euh donc sans être trop technique sur le sujet, on a l'illusion que ça revient moins cher, mais il y a des solutions européennes et françaises euh qui sont qui s'appuie sur du logiciel libre euh et open source et qui reviennent moins cher. Et vous avez le sentiment que les collectivités locales quand elles font leur appel d'offre euh elles ont tout un tas de critères et en fait les solutions, elles sont plutôt néanmoins des solutions internationales que des solutions qui sont locales.

D'ailleurs, est-ce qu'il existe des solutions locales ? il en existe mais par facilité, par habitude euh et puis aussi parce qu'on n' jamais eu une grande stratégie euh nationale sur la question et bien on prend les mêmes et on recommence. Et donc c'est ça qui est insupportable.

Et vous vous avez le sentiment là aussi que les élus comprennent suffisamment les enjeux du numérique avec tout le respect que je leur dois he mais pour euh pour prendre des bonnes décisions stratégiques qui soient qui participent, on va dire d'une vision nationale européenne du numérique mais pas du tout. Je veux dire, on on je il faut le dire ici, il y a peu d'élus qui comprennent quelque chose aux questions numériques, mais comme tout le monde finalement, vous allez pas vous faire des amis. Alors c'est vrai, mais je l'assume, mais comme tout le monde, on manque cruellement d'éducation au numérique.

Une éducation populaire au numérique, une éducation scolaire au numérique. Et les élus n'ont pas de formation obligatoire sur la cybersécurité alors que leurs décisions, par exemple vont être les premières à impacter les questions de cyber sur les collectivités. Donc si vous aviez vu la tête de mes collègues quand j'ai prononcé le mot cryptomonnaie locale dans l'hémicycle du conseil municipal, il pour certains personne n'avait entendu parler de Bitcoin.

Il pensait que c'était une illusion. Mais vous avez le sentiment qu'il y a une vision euh du numérique qui gouverne notre pays à laquelle les élus peuvent se rattacher ou chacun fait les choses dans son coin ? Alors, on y travaille quand même hein dans des associations comme l'ATS, comme les Interconnectés, Commission numérique de France urbaine.

Euh, je suis dans beaucoup de de mouvements qui préparent justement cette cette relève et cette prise de conscience. Euh mais néanmoins, quand vous avez aujourd'hui un budget, pardon, on va parler un petit peu argent, euh le projet de loi de finance qui prévoit qu'on va avoir, je crois, 14 millions d'euros sur l'inclusion numérique pour 16 millions de personnes absolument déconnectées du numérique, vous faites le ratio, ça fait très peu. Or, il faut pas imaginer que on arrivera à monter en compétence sur les questions numériques en France et en Europe si on n pas un accompagnement des personnes qui sont les plus éloignées.

Sinon, ce sont des personnes qui vont toujours se tourner vers les les géants du numérique qui ont le plus euh qui ont le plus de moyens pour faire de la publicité. Donc, on retournera sur Microsoft, sur Google. D'ailleurs, aujourd'hui, c'est bien clair, on ne parle même pas euh d'un fichier euh euh texte ou d'un tableur.

On parle de Word et d'Excel. Tout a été remplacé dans notre inconscient. Il faut lutter contre ça.

Mais vous avez le sentiment qu'aujourd'hui euh mettre des milliards pourrait compenser justement ce retard et euh pourrait permettre d'accompagner nos citoyens ou alors c'est peines perdues. Sur quoi on les met les milliards ? Parce que il y a la question de l'investissement, il y a la question des infrastructures, il y a la question euh de revenir dans la compétition, reprendre reprendre du galon, c'est une chose.

Mais si derrière vous avez une population qui est pas formée, qui est pas sensible et qui va pas comprendre en fait les enjeux des investissements que vous avez fait, vous avez tout perdu. Alors, vous avez une vision vous très intéressante sur la façon de repenser la ville par rapport au numérique parce que justement les serveurs peuvent produire de l'électricité, peuvent alimenter justement une nouvelle économie. Est-ce que vous pourriez un peu développer cette façon justement avec laquelle vous inversez un peu les choses et vous repensez cette intégration numérique de manière holistique, on va le dire comme ça ?

Oui. Oui. Ouais.

Les les collectivités ne sont pas démunies. C'est vrai qu'on manque de moyens. C'est vrai que c'est compliqué de lutter contre cette main mise là des géant du numérique, mais on a quand même euh en théorie la main mise sur notre territoire.

Et donc on a des plans locaux d'urbanisme, on a des stratégies du du territoire, maintenant il faut les croiser aussi avec des stratégies d'aménagement numérique du territoire. Et oui, lorsque vous avez des data centers, puisque si on parle de souveraineté numérique, il faut quand même se dire qu'on a besoin de plus en plus de data center sur notre territoire et qui n'appartiennent pas et qui ne tournent pas avec des des données outraatlantiques mais qui sont vraiment chez nous. Bon, mais il va falloir les accueillir.

Pour les accueillir, qu'est-ce qu'on fait quand on est une ville ? Est-ce qu'on attend le dernier moment qu'un opérateur arrive et puis on fait une réunion de concertation avec les gens qui sont pas contents dans le coin puis on leur dise "Oui, bon ben écoutez, on en a quand même besoin économiquement sur le territoire." Non, c'est pas ça qu'il faut faire.

Moi, je pense que il faut réussir à intégrer ces éléments d'infrastructure parce que l'avenir est aux infrastructures numériques intelligemment. Et oui, un data center, ça produit de la chaleur. Euh ça peut avoir euh un impact sur l'artificialisation des sols et il faut y prendre il faut y faire attention. mais aussi ça dégage de l'énergie et donc cette énergie là, il faut pouvoir la penser avec les réseaux de chaleur sur les territoires de la même manière que aujourd'hui ça va pas ça ne va pas plaire à tout le monde non plus ce que je vais dire mais aujourd'hui si vous minez du Bitcoin vous pouvez avoir une stabilisation du réseau électrique parce que aujourd'hui on a de plus en plus des énergies renouvelables dans le réseau électrique sauf que l'Espagne l'a vécu ce blackout il y a quelques mois lorsque vous avez beaucoup d'énergie solaire vous avez des hauts et des bas miner du Bitcoin ça permet de stabiliser alors miner du Bitcoin pour nos auditeurs.

Juste décryptez-nous. Euh pour créer un Bitcoin, cette cryptoonnaie, vous avez besoin d'utiliser beaucoup d'énergie mais ce sont des gens qui utilisent de l'énergie. Ils appuyent sur le bouton on, il y a beaucoup d'énergie, ils appuyent sur off, ça s'arrête, c'est extrêmement agile.

Alors que quand vous avez par exemple des data center, vous les arrêtez pas les data center. Ça veut dire que il faut réussir à réfléchir intelligemment les énergies du numérique pour les mettre là où on en a besoin en France sur notre territoire. Et je vais ajouter que lorsque vous avez un réseau qui est stabilisé, vous avez un réseau qui revient moins cher.

Donc ça veut dire faire baisser la facture de de la facture d'électricité des Français. On vous écoute aujourd'hui ou qu'est-ce qui freine cette réflexion justement ? C'est cette éducation au numérique.

Oui. Oui. C'est un gros problème d'éducation au numérique.

C'est pas un sujet qui va intéresser le plus les élus. Pardon. Pardon de le dire.

Et donc on commence quand même. Vous en avons un en plateau. Il semble intéressé mais c'est c'est c'est comment dire ? un plaisir vraiment d'avoir un député comme le député laton parce que effectivement il pousse des sujets et ça fait réagir.

Caroline, un sujet qui nous touche au quotidien, vous vous défendez le territoire et le territoire c'est aussi des langues et aujourd'hui avec ces intelligences artificielles justement qui uniformisent le langage avec la traduction de langue anglo-saxonne pour les I américaines et de langues chinoises, est-ce que toutes ces langues du terroir demain ont un avenir ? Je j'ai peur pour ces langues en fait. J'ai peur pour ses langues et j'ai peur pour ces cultures parce que aujourd'hui qui sait pas assez de monde à mon avis que lorsque vous utilisez chat GPT, vous utiliser UNIA qui est un modèle californien.

Lorsque vous utilisez dipsic ça va être chinois. lorsque vous utilisez et ainsi de suite. En fait, Mistrral est français, voilà.

Euh mais on a besoin de prendre conscience en fait de ce fait que plus vous utilisez des I qui sont générés sur des bases de modèles sur des modèles de langage étrangers, plus vous absorbez inconsciemment en fait cette manière de voir la vie, cette manière de voir les choses. Donc c'est pas parce que vous vous utilisez chat GPT que vous allez finir par remplacer votre jambonombeur par un smoothie avocat. Néanmoins, il faut quand même prendre garde à ce changement euh profond de nos sociétés euh qui sont engendrées par des utilisations d'intelligence artificielle sans qu'on ait parfaitement conscience en réalité de ce qu'on fait.

Caroline, pour conclure, on peut concilier le progrès technologique et la préservation de notre territoire culturel numérique. Mais oui, oui, nous le pouvons, nous le devons et c'est pour ça qu'il faut réussir à investir sur cette éducation au numérique et sur cette réflexion sur le numérique sans avoir peur, sans être bloqué par des fantasmes. J'entends beaucoup parler en ce moment de technofascisme, de de de crypto broos, de gens.

Alors, il y a partout des gens qui ont intérêt à prendre le pouvoir. Ça c'est pas une nouveauté. À faire du marketing de la peur.

Exactement. Mais il faut résister à ça. Merci Caroline.

Le mot de la fin, monsieur le député Philippe Latbe, est-ce qu'on peut consilier le progrès technologique et euh la préservation de notre territoire ? Ah oui, c'est c'est absolument nécessaire. Et pour revenir ce qui a été dit tout à l'heure et on a un exemple au niveau national, c'est la filiale de de DF qui s'appelle Exion qui est une filiale qui fait du calcul et du minage, qui pourrait faire du minage et qui pourrait équilibrer notre réseau et EDF souhaite la céder à une entreprise américaine.

Donc c'est absolument pas normal qu'on puisse laisser l'interrupteur de notre réseau électrique à aux Américains. Et je partage l'idée qu'il faut intégrer maintenant dans les plans locals d'urbanisme, dans la le développement des territoires, les infrastructures numériques, c'est l'avenir et il faut les penser en amont. Effectivement, c'est toujours trop tard quand on décide de mettre une antenne euh sans avoir demandé au à nos concitoyens s'ils étaient d'accord ou pas, qu'on l'avait pas placé sur la carte, que voilà.

Et pour les data center, c'est pareil, on a besoin d'électricité, on a besoin d'eau, on a besoin de d'artificialisation de sol. Donc peut-être qu'on peut le faire dans des friches dans des endroits différents. Ça se passe.

Repenser notre approche du numérique. Merci beaucoup monsieur le député Philippe Platon. Merci Caroline Zorn, le numérique pour tous.

Bah c'est fini pour aujourd'hui. Et pour prolonger la discussion, on se retrouve sur vos réseaux sociaux préférés et ceux de nos invités. Il est temps pour moi de vous souhaiter une excellente fin de weekend et de vous dire à la semaine prochaine.