Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSud Radio (sur YouTube)· 23 juillet 2025 23 min

Audiovisuel public : une réforme impossible ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h, Maxime Liedu. Une demi-heure pour comprendre cette réforme impossible. Il y a évidemment un point d'interrogation sur l'audiovisuel public, un texte adopté au Sénat grâce à un vote et on en parlera sans doute dans ce mécanisme là bloqué à l'Assemblée nationale.

C'est une réforme portée par Rachid Adati et ça va venir vous toucher, vous auditeurs de Sud Radio parce que ça touche à la télé, ça touche à la radio et c'est évidemment aussi un enjeu politique. Bonjour Réy Cardon. Bonjour, vous êtes on vous entend régulièrement sur cette antenne.

Vous êtes sénateur PS de la Somme et si je n'abuse, vous êtes opposé à ce projet loi. Est-ce qu'on est d'accord ? Farouchement opposé.

Tout à fait. Farouchement opposé. Ça c'est dit.

Laurent Lafon, sénateur UDI à l'initiative de la proposition de loi sur la réforme de l'audiovisuel public. Bonjour monsieur le sénateur. Bonjour.

C'est à vous que va va s'adresser forcément la première question à savoir aujourd'hui quand on quand on en parle, ce projet de loi est encore un tout petit peu méconnu. On sait que c'est un objet politique porté par la ministre de la culture Rachida Adati. En quoi est-ce que l'audiovisuel public aujourd'hui en France avait un tel besoin d'être réformé ?

Laurent Lafond, d'abord, c'est pas nouveau cette réforme. Vous savez, ça fait plus de 10 ans qu'on en parle qu'il y a eu de nombreuses études, des rapports qui tous faisaient le même diagnostic. Il faut que l'audiovisuel public se réorganise et prenne en compte le nouveau paysage dans lequel il intervient.

Qu'est-ce que c'est ce nouveau paysage ? C'est un paysage où il y a des révolutions technologiques qui induisent des changements d'usage profonds. Qu'est-ce que je veux dire par là ? que euh l'arrivée d'Internet, le fait que aujourd'hui on écoute la radio, on regarde la télévision davantage ou de plus en plus sur internet que en annuant son poste de radio, en ouvrant son son téléviseur, ben tout ça ça introduit des des changements.

Or, notre audiovisuel public est encore organisé en ce qu'on appelle en silo. C'està-dire que vous avez Radio France qui fait de la radio, vous avez France Télévision qui fait de la télévision et ces entités ne se parlent pas, travaillent pas ensemble. Et donc on on a compris l'ange Laurent Linfond.

Si en une phrase vous deviez donner, on va dire les motivations que vous avez et pourquoi il faut absolument outre, on va dire le contexte dans lequel s'inscrit cette loi, les raisons pour lesquelles selon vous il est impératif de réformer ce service public en une ou deux phrases. En une ou deux phrases, c'est qu'aujourd'hui nos principaux concurrents, c'est pas euh de les principaux concurrents de visuel public, c'est pas TF1, c'est pas M6, c'est Google, c'est Yahoo, c'est euh Netflix, c'est tous ces acteurs américains qui ont des puissances financières incommensurables par rapport à nos capacités à nous et il faut s'organiser si on veut résister par rapport à ces puissances. Très bien.

Réy Cardon, sénateur PS de la Somme farouchement opposé à ce projet de loi. On a entendu Laurent Lafond qui a l'initiative de la proposition de loi. Vous qu'est-ce qui fait qu'en tant que sénateur PS vous vous opposez farouchement à cette loi ?

Parce que quand on entend de prime à bord Laurent Lafond, on a envie de dire que c'est du bon sens. Qu'est-ce qui mérite une opposition farouche Réy Cardon ? Ça mérite déjà de se poser les bonnes questions sur l'avenir de cet audio officiel public et cette réforme ne réfléchit pas à bon science sur cette question.

Elle cherche tout simplement à recréer, centraliser, hiérarchiser euh pour créer une espèce d'olding qui veut tout et rien dire, qui n'est même pas là pour faire des économies, qui n'est même pas là pour mieux stratégiquement répondre effectivement aux nouvelles technologies, mais surtout elle va à l'encontre des exigences démocratiques et culturelles que les Françaises et les Français demandent. Les Françaises et les Français demandent à la fois de respecter les spécificités locales et donc là encore, il y a eu beaucoup d'élus qui se sont mobilisés. Moi dans la somme, ça change déjà la donne puisqueen fait c'est le je dis pas que c'est le cet holding qui va qui va tout changer mais la moitié des journaux de la matinale de France Bleu Picardi et et autres sont remplacés par des flash réalisés par Paris.

Donc ça c'est un premier une première étape, ça commence en fait. On est en train de centraliser, de mettre une hiérarchie qui ne veut rien dire. Donc première opposition Rardon pour pour ceux qui nous écoutent pour qu'on essaie de simplifier cela cela au maximum et de le rendre compréhensible, pédagogique, audit première opposition, le risque en effet d'avoir peut-être une gouvernance beaucoup plus parisienne que prévue avec comme vous le disiez des remplacements en région qui se font actuellement justement dans l'hérit territoire et qui seraient peut-être gérés depuis Paris.

Ensuite, quels serait et quels sont pour vous encore les éléments sur lesquels il faut absolument se battre et qui vous paraît qui vous apparaît comme étant impossible que cette loi passe ? Bah moi déjà euh c'est le fait que un président directeur général cette ligne va diriger plus de 17000 euh salariés. Je parle pas des emplois indirects qui sont au-dessus de 100000.

Et là je ça me pose un problème à 2 ans des présidentiels, moins de 2 ans des présidentiels, je suis très inquiet sur la suite. Je en fait je ne comprends pas le sens et le besoin de basculer sur un format holding que la fonte rentre dans c'est pour ça si on vous entend si on vous entend bien Ry Cardon il y a donc un risque concernant la dépendance du service public et l'indépendance plus plus précisément du service public et un risque de centralisation à Paris. Laurent Lafond, même à tous les auditeurs, nous on sait que Sud Radio est énormément implanté.

On sait que les Français sont attachés à leur radio locale, qu'une radio c'est une identité. Est-ce que quand vous vous apprêtez à faire cette réforme sur l'audiovisuel public, est-ce que vous pouvez rassurer ceux qui nous écoutent mais également visiblement Rémy Cardon sur la centralisation peut-être excessive et le risque précisément et les doutes sur l'indépendance notamment à 2 ans d'une élection présidentielle ? Je sais pas si je rassurerai Remy Cardo parce qu'il est dans une logique très politique et et ma proposition de loi n'est pas faite pour ça.

Mais moi j'entends que il faut la décentralisation et et avoir une une une audiovisuel publique plus proche des des régions. C'est ce qu'on demande depuis une dizaine d'années. C'est bien pour ça qu'il y a le projet ici qui a essayé d'être mise en place parce que jusqu'à présent vous aurez du mal à me faire croire que France Télévision et même Radio France ont une relation de proximité. on les les mesures d'audience montrent qu'ils ont perdu des auditeurs justement notamment au niveau local dans les Oui.

Mais pourtant Laurent Lafond pardon, on pourrait dire que que des radios des radios de service public caracolent en tête des audiences et que on les connaît aussi bien sur la télé sur la radio. Il y a exactement mais il y a des en réalité des des chaînes notamment de télévision, on peut penser à France 3, on peut penser au à IS qui a remplacé France Bleu. Tout ça est un maillage territorial.

Pourquoi avoir absolument besoin de le changer ? Mais parce que on voit bien qu'ici ça ne fonctionne pas. Regardez les dernières mesures d'audience de médiamétrie.

Il y a effectivement de très bonnes écrit sur euh euh France Interre et euh France info. En revanche, elle chute euh sur ici. C'est bien pour ça qu'il faut arriver et notamment euh pour cet aspect-là sur la télévision, la radio de proximité et la télévision de proximité, on a au contraire actuellement avec les deux structures Radio France et France Télévision des structures qui sont très parisiennes même s'il y a une partie des effectifs qui sont en province.

Regardez le journal de 20h sur France Télévision et vous me direz si la province est est bien représentée. Écoutez le 79 de de France Interre le matin et vous me direz euh si euh la province est est bien écoutée. Non, objectivement c'est pas un argent.

Mais Laurent Lafond, dans ce cas-là, dans ce cas-là, je me fais aussi l'avocat du diable et je donnerai ensuite la la parole à Remy Cardon. Dans ce que vous me dites en disant "Ben, regardez comment sont fait les 20, regardez comment sont fait les journaux locaux. Si c'est vous qui êtes à l'initiative de la proposition de loi, on pourrait aussi dire "Ah ben voilà, ça veut dire que s'il trouve que les 20hures sont trop comme c, trop comme ça et les journaux trop trop comme c, trop évidemment qu'il y a potentiellement un risque sur l'indépendance ensuite du service public." Réy Cardon, est-ce que c'est ça que vous vous touchez du doigt ?

Bien sûr, je pense que diversité, ce pluralisme d'opinion est hyper important et c'est là où ça me fait peur de rassembler tout sur une holding. Un président directeur général va décider de tout pour alors que c'est une offre diverse avec différents canaux qui sont exploités, la radio, la télévision et en l'occurrence, excusez-moi monsieur Lafond, mais vos vos chiffres vous utilisez juste le chiffre de médiamétrie mais en réalité tous les chiffres démontrent que en fait que ça soit Radio France ou France Télévision les chiffres sont bons en fait et c'est c'est là où il y a de la mauvaise foi. Pardon Réy Cardon, je il est hors de question.

Il est hors de question ici pour nos auditeurs, on rentre dans une bataille de chiffres mais si la radio de services public caracole en tête, il est à remarquer que notamment les grands rendez-vous d'information que peuvent être les 13h et les 20h notamment sur ces derniers mois concernant le service public sont plutôt mauvais et c'est un euphémisme de que d'obser quand on regarde notamment la dégradation des rendez-vous de 13h et de 20h avec des choix notamment le rallongement des services d'information du soir qui ont clairement peiné les audiences du 20h. Et dans ce que dit Laurent Lafond, est-ce que vous entendez quand même la critique Rémy Cardon qui est ben oui, d'accord mais enfin toute la France en réalité n'est pas représenter. La direction est parisienne, les journaux sont parisiens et surtout quand on écoute parfois les journaux de la première radio radio de France et ben oui bien sûr qu'il y a des sujets qui ne représentent pas les Français.

C'est même un peu idéologisé. Alors là je mes bras m'entend. Il me semble que justement à Radio France France Télévision, on invite tous les partis politiques et on fait des plateaux plutôt équilibrés.

À la différence, c'est vrai, de plateaux comme C News ou autres où effectivement on a des plateaux totalement. Mais c'est la différence entre entre l'argent privé et l'argent public. Réy Cardon, pardon, c'est c'est la différence entre l'argent privé et l'argent public.

Ça vous vous le savez. C'est et ben justement préservons l'audiovisuel public pour qu'on ait des plateaux équilibrés digne de ce nom qui incarne le pluralisme politique puisque ce n'est pas le cas. Vous n'entendez pas les critiques.

Il me semble que Laurent Lafond une fois de plus le sénateur à l'initiative de la proposition n'est pas le seul. C'est une tendance qui monte de de dire que les médias de service public ont un problème avec la représentativité. On se souvient de certaines phrases notamment de Delphine Arnut concernant la réalité que qu'elle souhaite montrer telle que elle aimerait l'avoir et non pas telle qu'elle est.

C'est des c'est des phrases qui ont pu inquiéter parfois justement sur la dépendance sur l'idéologie qui peut exister. Est-ce que ça vous l'entendez ? En fait, moi je vais vous dire le contexte il est il est lamentable.

On a madame Dat qui est dans une situation compliquée avec toutes ses affaires. On a monsieur Lafond qui veut faire absolument une holding. Madame Dati était dans la même optique et voilà, on est à 2 ans de l'élection.

Ça a été fait en 4 mini sur les trois derniers jours ou quatre derniers jours de la session. par et on fait ça à l'arrache sans quorum prennent conscience des enjeux. On a on a fait un vote bloqué hein.

D'accord. Enfin c'est pas nous hein, c'est madame Dat et monsieur Lafon qui organisé un vote bloqué. Un vote bloqué c'est quoi ?

C'est juste en fait que on décide de manière antidémocratique les amendements ou les articles sur lesquels on va voter. Et on nous a baladé. Donc tout ça a été fait de manière antidémocratique.

Je tiens quand même à le rappeler, c'est important pour que tout le monde l'it en tête. Comment ça a été fait cette holding ? Laurent Lafond peut-être sur ça avant qu'on qu'on parte en pause dans quelques secondes sur cet aspect que la loi arriverait et serait installée par des méthodes antidémocratiques.

Qu'est-ce que vous répondez à Réi Cardon ? Mais aussi sans doute à beaucoup de gens qui nous écoutent, ils disent "Ah ben si en plus le gouvernement Macron essaie encore de faire passer une loi sans l'accord du parlement, ça ne peut pas être jouable." Écoutez, je vais juste rappeler au sénateur Cardon que en en France quand on respecte la Constitution, on n'est pas antidémocratique.

Au contraire, on est démocratique. En l'occurrence, tout ce qui a été fait respectait parfaitement la Constitution. Ce qu'on a constaté, ce texte de loi, je l'ai déposé il y a il y a 2 ans.

Il a été voté en première lecture au Sénat. Il y avait 100 amendements. On en a discuté en 4 heure. 2 ans plus tard, le les la gauche et en particulier le groupe PS a déposé près de 300 tr fois plus.

Tout ça pour une raison très simple, c'est que effectivement ils sont dans une attitude politique et on le voit bien à travers le le discours de Réy Cardon ce ce matin. Ils sont dans une attitude politique qui vise à empêcher le vote de ce texte. Et là ils ont tout fait pour faire ce qu'on appelle de l'obstruction parlementaire éviter qu'on arrive au vote parce qu'ils savaient qu'il y avait une majorité pour voter ce texte au Sénat.

C'est pas ça le plus important. Le plus important c'est de réformer l'audiovisuel public pour mieux le préserver pour faire en sorte que face à la concurrence et notamment des grandes plateformes américaines, il puissent être plus costaud. H résister davantage.

Monsieur Laurent Lafon, sénateur UD à l'initiative de la proposition de loi sur la réforme de l'audiovisuel public et Rémy Cardon, sénateur PS de la Somme. Vous restez avec nous précisément parce qu'on va continuer ce débat et on voit bien au-delà peut-être des remarques qui sont beaucoup plus politiques l'enjeu qui est autour de cette de cette loi, à savoir la préparation face au fameux au fameux gafam, le risque de dépendance ou d'indépendance. Est-ce que il est si dramatique que ça de d'imaginer un PDG à la techque du holding des médias de service public ?

C'est la question qu'on va vous poser messieurs dans un instant. Je vous propose d'uiser vos arguments l'un envers l'autre. On revient dans quelques instants sur Sud Radio pour comprendre pourquoi cette réforme est peut-être indispensable à tout de suite.

Sud Radio, c'est vous qui donnez le temp. Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h. Maxime Liedu toujours en compagnie de Laurent Lafond sénateur UD à l'initiative de la proposition de loi sur la réforme de l'audiovisuel publique et Réy Cardon sénateur PS de la Somme qui s'est parfaitement décrit comme étant farouchement opposé à cette loi.

On s'est quitté Laurent Lafon sur un de vos arguments qui était de construire peut-être le service public audiovisuel du futur, c'est-à-dire ceux qui doivent absolument se construire face au aux gars femmes. Mais je me mets aussi dans le dans le condré Micardon. pourraz vous répondre mais qu'est-ce qui empêche sachant que l'État est quand même a déjà les mains dans le combou de ce service public de le faire avec le système actuel ?

On a essayé on a essayé depuis plusieurs années à faire travailler Radio France et France Télévision avec des coopérations. le projet notamment TV Info, c'est le projet ici sur les radios sur les l'audiovisuel local et on constate que ça ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas parce que les organisations sont encore en silo, c'est-à-dire que chacun dans leur logique et dès qu'il y a un arbitrage à rendre, dès qu'il y a une priorisation à faire notamment sur le plan financier, et ben il y a plus personne pour décider parce que c'est l'esprit de Chapelle qui revient et Radio France comme France Télévision reste sur leur logique de on défend d'abord notre boutique et on C'est ça qu'il faut arriver à à faire dépasser et et ça on pourra le faire dépasser dans l'intérêt de tous et notamment des salariés de l'audiovisuel public qui pourront être davantage écoutés davantage regardés avec cette holding. Réy Cardon, est-ce que vous entendez quand même dans dans dans vos différentes dans vos différents arguments le fait que quand même le service public a peut-être besoin de se désenclaver de la logique dans laquelle il est depuis un certain temps, de se déparisaniser et de se préparer frontalement à ce qui arrive, c'est-à-dire les médias du futur, c'est-à-dire Netflix, c'est-à-dire Google, c'est-à-dire Amazon et c'est quand même factuel ça.

C'est pas que factuel, c'est politique. puisque monsieur Lafond dit que lui c'est une réforme qui est pas politique et c'est moi qui fait de la politique. Je suis désolé, je suis le sénateur.

Oui, je fais de la politique, monsieur Lafond. Et d'ailleurs en l'occurrence, désolé de vous le dire aussi comme ça, je trouve ça assez lamentable de présenter les choses comme quoi ça ne fonctionne pas, c'est désorganisé alors que c'est très organisé, c'est très clair pour les Français et il y a une certaine efficacité dans le pluralisme et l'information qui circule et aussi sur l'indépendance de cette information. Mais moi je je veux demander à monsieur Lafond une question très simple.

Est-ce que il est capable de nous promettre aujourd'hui qu'il n'y aura aucun fond privé ce sera une holding purement publique ? Ma question elle est très simple. Laurent Lafond.

Ah bah si le sénateur Cardon a lu la proposition de loi pour laquelle était appelé à se prononcer il y a une quinzaine de jours. Il il a dû le voir, c'est marqué noir sur blanc que c'est une holding qui est détenue à 100 % par l'État. Donc la question ne 100 % par l'État.

Oui. Et donc il y aura aucun fond. Alors du coup, pourquoi faire une holding ?

Je viens de vous l'expliquer pour arriver à faire travailler Radio France et France Télévision ensemble parce que aujourd'hui la la une bonne partie de de la population et je pense notamment aux jeunes ne regardent plus la télévision, n'écoute plus la radio. Ils vont sur le numérique à travers les réseaux sociaux, ils vont sur les plateformes pour s'informer, pour se divertir. Et on voit bien que sur les réseaux sociaux, il y a un mélange de de de l'audio, la radio et du visuel de la télévision et tout ça.

Il faut aussi que le système public l'intègre à travers deux formidables outils que sont Radio France et France Vision qui sont des très belles machines, des très beau des très beaux médias mais il faut qu'il travaille ensemble des stratégies communes. Est-ce que vous entendez aussi Laurent Lafon le le le Non, il il a dit Réy Gardon, vous avez la réponse à votre question normalement est-ce queil y aura des fonds privés au sein de cette holding ? Non.

Et la holding à quoi elle sert ? en réalité le seul outil juridique au niveau de l'entreprise pour réussir à englober d'aussi grosses structures que sont France TV et Radio France. Qu'est-ce que qu'est-ce qui n'est pas saisi de votre côté Ramy Gardon ?

Bah moi je ne comprends pas en fait l'objectif. On cherche en fait à faire une une proposition loi, même si ça mériterait quand même un projet de loi, mais en fait c'est beaucoup plus compliqué que ça. Puis monsieur Lafon a peut-être oublié tous les épisodes à l'Assemblée nationale, mais ça c'est pas grave, c'est encore un autre sujet.

Moi je ne comprends pas en quoi ça va changer de réorganiser de cette manière en format holding pour faire avancer tout le monde dans le même sens. L'idée c'est le pluralisme politique, ça se construit ça ça se construit aussi en gardant une certaine indépendance en gardant une certaine spécificité spécialisation dans certains domaines. La radio, c'est la radio.

L'audiovisuel c'est l'audiovisuel. Bah oui, enfin le avançons, avançons un peu dans le débat. Pardon Réy Cardan parce que je crois que et même ceux qui nous écoutent tout le monde sait ce qui est une holding.

C'est-à-dire que c'est un mot peut-être un peu barbare pour dire que on doit voir quelque chose au-dessus de des structures déjà existantes justement pour pouvoir mieux les faire travailler ensemble ou pour créer des passerelles. Ça c'est sur la holding. En revanche, vous avez soulevé autre chose qui est l'indépendance.

Et là, j'aimerais aussi me tourner vers vers Laurent Lafond. Vous savez qu'il y a dans cette dans dans ce projet de loi que vous portez concernant l'audiovisuel de services public la crainte que ce soit la nomination centraligée d'un d'un PDG. Donc ce serait quoi ?

On imagine et et et vous me dites si je me trompe mais normalement réalisé par l'Arcom, on voit les soupçons de politique et du risque du fait que l'Arcom fasse de la politique de plus en plus. Est-ce que en effet vous pouvez répondre aux inquiétudes de beaucoup de personnes qui se disent "Ah ben OK, donc si l'ARCOM commence à prendre position politiquement quand ils vont nommer évidemment le le le le nouveau PDG d'C holding pour diriger les médias, ça va devenir une version un peu moderne de l'ORTF. Alors pour répondre à votre question, je vais d'abord moi aussi poser une question tout en donnant la réponse et est-ce que considère que actuellement Radio France et France Télévision sont des structures indépendantes qu'ils ont leur ligne éditoriale à travers leurs différentes chaînes, leurs différentes médias ?

Ma réponse à moi oui. Ce sont des structures indépendantes et pourtant Radio France comme France Télévision sont des structures détenues à 100 % par l'État dont la ressource est quasiment exclusivement de la ressource provenant de l'État, une dotation provenant du budget de l'État et dont les présidents présidentes en l'occurrence sont nommés par ça prouve bien que on peut être indépendant sur les lignes éditoriales tout en faisant partie de structures d'audovisel public et c'est tant mieux c'est ce que je souhaite et c'est ce que je souhaite préserver. Qu'est-ce que c'est la holding ?

Ça sera une structure détenue à 100 % par l'État et financée à quasiment 100 % par l'État. Ça ne change rien de ce point de vue là par rapport à France, Télévision et Radio France. Quelles sont les garanties d'indépendance ?

En fait, qu'est-ce qui fait que c'est indépendant ? C'est le fait que les la capacité d'organiser des émissions, de produire des de la radio ou de la télévision reste au niveau des structures Radio France et France Télévision. Ça ne sera pas au niveau de la holding.

La holding n'aura aucun pouvoir éditorial. C'est très clairement dit par le Conseil d'État dans dans son avis. Et le procédure de nomination aussi de l'ARCOM est très important et vous voyez bien qu'à travers euh euh la procédure qui existe déjà pour France, Télévision et Radio France euh par l'Arcom, on a assuré une indépendance.

Hm. Laurent Lafon Rémy Gardon, une dernière question et et je vous demande d'être bref l'un et l'autre. Est-ce que vous pouvez notamment Laurent Lafond euh certifier qu'il n'y aura peut-être pas de coupe dans le budget parce que c'est aussi un un énorme une énorme crainte de la part des des salariés euh de coupe dans budget qui pourront continuer à travailler avec les mêmes effectifs, les mêmes budgets et qu'il n'y aura pas de de découpe, pas de tronçonneuse dans le service public.

Moi c'est ce que je souhaite mais vous savez c'est pas des le contexte budgétaire il est indépendant de la holding et le contexte budgétaire est très compliqué depuis plusieurs années. Il il y a eu des diminutions d'effectif ces dernières années, pas toujours sous le gouvernement depuis 2017 même avant. Donc c'est un contexte budgétaire qui est indépendant de la holding.

La holding au contraire elle doit aider l'audiovisal public à mieux travailler ensemble. Réy Cardon le mot de la fin notamment sur sur sur ce risque-là et les points de vigilance peut-être que vous voulez soulever sur ce point. précisément.

Bah déjà dans un premier temps, cette holding va coûter plus cher de ce qu'elle rapporte puisque on veut mutualiser mais au fur et à mesure du temps, l'idée quand même c'est de faire des économies, c'est de supprimer des postes, c'est de supprimer des moyens, c'est d'optimiser. Ce sont les termes d'ailleurs employés par celles et ceux qui défendent cette réforme comme monsieur Lafont. Et donc en l'occurrence euh construire une alors que je tiens à le rappeler l'audiovisuel public depuis 2015 a une augmentation de son budget de 3 % alors que l'inflation est de plus de 20 % depuis 2015.

Donc en l'occurrence ça marchait, c'était euh le modèle économique est viable, mais non, on cherche à tout changer pour justement politiser encore plus euh ce ce sujet qui est hyper important, c'est la concentration des médias et en l'occurrence, on cherche à concentrer l'audiovisuel public pour Merci beaucoup Ry Cardon et et Laurent Lafond, l'in et Laurent Lafond, sénateur à l'initiative de la proposition de loi sur la réforme de l'audiovisuel public et Rémy Cardon, sénateur PS de la femme opposant à cette réforme. Merci beaucoup. d'avoir été pendant plus d'une demi-heure les invités de Sud Radio pour qu'on puisse justement se faire une idée sur les enjeux de cette réforme et on suivra très attentivement où est-ce que cette réforme va terrir, si elle va réussir à passer les différents les différentes étapes démocratiques et à être voté comme il se doit.

Messieurs, c'était une excellente émission. C'était un bonheur de passer ces 3 heures de direct avec vous pour et pour vous pour comment je pourrais dire ça ? Bien sûr, comme ça s'est bien passé, on risque de se retrouver demain encore à la même heure entre 10h et 13h.

Même studio, même heure et je vous laisse entre les mains savantes de Jacques P6 qui reçoit Jean-Marc Généreux dans les clés d'une vie. Très bel après-midi sur Sud Radio. Sud Radio.

Sud Radio. Parlons vrai. Parlons vrai.

Sud Radio.