Assomption : «C'est une fête de l'espérance», assure Monseigneur Patrick Chauvet
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« Qu'ils soient sages ? Voilà, non ce que j'attends c'est que si on a, il y a longtemps, on y avait plutôt une majorité pour l'euthanasie ou le suicide assisté. »
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« Aujourd'hui, ce n'est pas si évident. Je pense que nos fidèles, naturellement, ils ont bougé, mais on a eu le temps de faire quand même une réflexion sur ce projet qui engage toute une anthropologie. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Je pense, parce que je connais très bien les petites sœurs des pauvres, ce qui fait la beauté de ce que font ces petites sœurs, c'est que toute personne âgée, pauvre, qui sont dans leurs établissements, jusqu'au dernier souffle, il y a une religieuse qui tient la main, qui est là pour la pacifier et tout. »
- 1:45Invité politiquePromesse
« Ça s'appelle la compassion. »
- 2:11Invité politiquePromesse
« Je ne suis pas responsable des petites sœurs des pauvres, mais je pense que, comme elles l'ont dit, dans ce cas-là, nous fermons nos établissements, on ira ailleurs. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« Les petites sœurs des pauvres, elles sont partout dans le monde. »
- 2:32Invité politiquePromesse
« Je les encouragerais, si elles ne peuvent plus exercer leur, j'allais dire, leur ministère, leur mission, confiée par l'Église. »
- 2:42Invité politiquePromesse
« effectivement, elles vont secouer leurs sandales et elles iront ailleurs. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Le fameux pont, le pont du 15 août. »
- 3:11Invité politiquePromesse
« Une fête, je trouve, qui récapitule aussi un peu toute notre vie. »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« La France à la Vierge Marie. »
- 3:38Invité politiquePromesse
« Voilà. »
- 3:56Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que notre vie ne s'arrête pas avec la mort. »
- 4:00Invité politiquePromesse
« Et donc, ça veut dire que cette fête nous montre, nous rappelle ce qu'est la mort. »
- 4:18Invité politiqueFait
« La mort, c'est une entrée, une Pâque. »
- 5:29Invité politiquePromesse
« La visite du successeur de Pierre, c'est toujours un moment incroyable. »
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Europe 1 7h, 9h, Europe 1 matin
Bon début de matinée sur Europe 1, il est 8h11, Jacques Serret, vous recevez Mgr Patrick Chauvet, curé de la Madeleine, ancien recteur archi-prêtre de la cathédrale d'Autre-Dame de Paris.
Bonjour Mgr, bonjour. Le Conseil constitutionnel doit se prononcer au plus tard, dimanche, sur le texte créant un droit à l'euthanasie et au suicide assisté. Le Premier ministre l'a lui-même saisi sur trois points, le délai de réflexion, la protection des majeurs vulnérables et la liberté de conscience des établissements. Qu'attendez-vous des sages Mgr Chauvet ?
Qu'ils soient sages ? Voilà, non ce que j'attends c'est que si on a, il y a longtemps, on y avait plutôt une majorité pour l'euthanasie ou le suicide assisté. Aujourd'hui, ce n'est pas si évident. Je pense que nos fidèles, naturellement, ils ont bougé, mais on a eu le temps de faire quand même une réflexion sur ce projet qui engage toute une anthropologie. Et la question c'est, qu'est-ce que l'homme ? Et donc, j'espère, j'espère, que les sages vont reprendre peut-être et puis réfléchir sur tel ou tel point. Vous avez évoqué le problème, par exemple, de nos établissements. Oui.
Je pense, parce que je connais très bien les petites sœurs des pauvres, ce qui fait la beauté de ce que font ces petites sœurs, c'est que toute personne âgée, pauvre, qui sont dans leurs établissements, jusqu'au dernier souffle, il y a une religieuse qui tient la main, qui est là pour la pacifier et tout. Ça, c'est le travail. Ça s'appelle la compassion. Donc, si on veut supprimer toute cette dimension de la compassion, effectivement, j'espère, je pense que les sages ne seront pas toujours très sages.
Mais est-ce que, justement, ce point que vous soulevez là, est-ce que c'est une ligne rouge ? Par exemple, si cette disposition, en l'occurrence, est validée, telle qu'elle est prévue actuellement par la loi telle qu'elle a été votée, que feront concrètement les établissements catholiques ?
Je ne suis pas responsable des petites sœurs des pauvres, mais je pense que, comme elles l'ont dit, dans ce cas-là, nous fermons nos établissements, on ira ailleurs. Les petites sœurs des pauvres, elles sont partout dans le monde. Mais je trouve dommage qu'on perde un petit peu ces petits trésors d'amour qu'il y a dans notre beau pays de France. Donc, je les encouragerais, si elles ne peuvent plus exercer leur, j'allais dire, leur ministère, leur mission, confiée par l'Église, effectivement, elles vont secouer leurs sandales et elles iront ailleurs.
Monseigneur Chauvet, pour un chrétien, la mort, ce n'est pas seulement la fin de l'existence, c'est aussi l'entrée dans la vie. Ça nous conduit à l'assomption que les chrétiens vont célébrer demain, 15 août. Pour beaucoup de Français, c'est surtout un jour férié au milieu des vacances. Que célèbre-t-on exactement, Monseigneur Chauvet ?
Le fameux pont, le pont du 15 août. Pour nous, c'est une fête très importante. Une fête, je trouve, qui récapitule aussi un peu toute notre vie. D'abord, le 15 août, c'est la fête de la France. Voilà, Marie est la patronne de la France. Donc, je pense qu'on a besoin de prier pour notre beau pays et de confier une nouvelle foi « La France à la Vierge Marie ». L'assomption, c'est de dire, nous croyons, que Marie est corps et âme au ciel, dans la contemplation. Voilà. Et donc, ça revient à la question de la mort.
Oui, justement. Vous voyez un lien entre tout ce débat sur la fin de vie et l'assomption, justement.
Mais oui, parce qu'il y a, autant dans la fin de vie, il n'y a pas beaucoup d'espérance, autant dans la fête de l'assomption, il y a de l'espérance. C'est-à-dire que notre vie ne s'arrête pas avec la mort. Et donc, ça veut dire que cette fête nous montre, nous rappelle ce qu'est la mort. Et la mort n'est pas un repli sur soi. Ce n'est pas un retour néant pour nous. La mort, c'est une entrée, une Pâque. C'est un passage, une récapitulation, ou si vous voulez, une consécration. La mort, c'est, j'allais dire, il ne faut pas la rater, sa mort. Il faut qu'on puisse dire « me voici Seigneur ». Au fond de notre cœur, même dans un quart, trois quarts de seconde qu'apporte « me voici Seigneur ».
C'est vraiment un acte d'offrande la mort, parce que, comme disait la petite Thérèse de l'enfant Jésus, parce que j'entre dans la vie. C'est-à-dire, c'est vraiment ce passage qui fait que j'attends naturellement la résurrection. Et la Vierge Marie, je reviens au 15 août, et la Vierge Marie, elle, elle a connu la mort, mais elle est passée de la mort à la vie, j'allais dire, entre guillemets, sans transition. Elle est au ciel, corps et âme, ce que nous, nous espérons, pour chacun d'entre nous. Et donc, je vous dis, c'est une fête, pour moi, de l'espérance.
Une Assomption qui sera célébrée dans le monde entier, partout en France, et aussi à Lourdes. Lourdes, où l'on attend un peu plus de 20 000 pèlerins ce week-end. Lourdes, où va se rendre le pape Léon XIV le mois prochain ? Pourquoi l'Église de France, aujourd'hui, a-t-elle besoin d'être confortée par cette venue du pape ?
La visite du successeur de Pierre, c'est toujours un moment incroyable. Que le pape vienne sur cette vieille terre, cette vieille Europe, sur la fille aînée, quand même, de l'Église. Même si on est plutôt une grand-mère fatiguée, il n'empêche qu'on est quand même la fille aînée. Et donc, c'est normal que le pape puisse aller ainsi, de pays en pays, pour d'abord nous conforter dans notre foi. Il est là pour nous rappeler les exigences de l'Évangile, pour nous donner des orientations. Il est frappé par tous ces catéchumènes que nous avons. Donc, il veut effectivement, et il le rencontrera, il veut essayer de comprendre qu'est-ce qui se passe.
Il veut essayer de comprendre le rôle de l'Esprit-Saint. Alors voilà, nous, je pense que la France va répondre. Elle va répondre, tout simplement, parce qu'on l'a déjà vu, pour la veillée des jeunes, c'est complet. Déjà, le premier jour, il y avait plus de 200 000 personnes pour... C'est déjà un énorme succès. C'est un énorme succès en une journée. Mais moi, je pense que... Je trouve que ça, c'est beau que le pape puisse célébrer la messe devant notre plus belle avenue. Je pense qu'il y a longtemps que les Champs-Élysées n'auront pas vu le pape.
Justement, pour conclure, Mgr Chauvet, au moment où la France s'apprête à inscrire dans la loi la possibilité de donner la mort, quel message du pape attendez-vous ?
Eh bien, j'attends qu'il reprenne le message évangélique, c'est-à-dire, je suis la vie. C'est son thème, et je pense qu'il évoquera, d'une manière peut-être diplomatique ou politique, mais il développera cette idée que, voilà, nous, nous sommes pour la vie et non pour la mort.
Merci, Mgr Chauvet, curé de la Manlène, ancien recteur archiprète de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Merci d'avoir été en direct ce matin sur Europe 1 avec nous. Très bonne journée à vous.