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interviewFrançois Ruffin· 21 janvier 2026 4 min

Le courage en Iran

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je voudrais saluer à nouveau le courage du peuple iranien puisque c'est la troisème fois en 15 ans qu'il se soulève. Il y avait eu 2009 2022 avec femme vie liberté et aujourd'hui ce grand mouvement partie du bazar de Teran. Pourquoi il y a tous ces soulèvements ?

La toile de fond le grand désir c'est un désir de liberté, c'est un désir de démocratie parce que le peuple iranien est aujourd'hui un peuple très éduqué. Finalement, il y a une réussite quelque part de l'éducation iranienne et qui conduit aujourd'hui à ce désir de démocratie et de liberté et qui la trouve comme étincelle déclenché et renforcé par une crise économique majeure, notamment parce que le pouvoir iranien dépense beaucoup pour financer le Hamas et le Esbola et que en plus cette politique ne marche pas, n'amène pas à des victoires mais amène au contraire à des défaites tout comme le financement d'un nucléaire militaire. Il y a là ce grand combat à nouveau entre la contestation et la répression avec 12000 morts au moins.

Le souci c'est qu'il y a non pas une opposition mais des oppositions sans une figure qui apparaîtrait comme l'alternative au Mol parce que les opposants sont fragmentés ils sont en prison. Il y a la figure de Reza Palavi, le fils du chat qui apparaît mais qui n'est pas une figure largement populaire, pas seulement à cause des crimes commis par son père parce que l'année dernière il avait soutenu les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Or, il y a en Iran, je vais pas parler du cinéma iranien qui est l'une de mes passions, mais Or, il y a en Iran un grand sentiment patriotique nationaliste.

Et d'ailleurs, quand Trump et Netaniau quand le Mossade font les loges du soulèvement, finalement c'est un service qu'il rendent aux dirigeants en faisant entendre que cette révolution, cette contestation, elle est liée à des puissances étrangères et qu'elle va être une forme de trahison. Donc, que faire ? Que faire pour l'Europe ?

D'abord dire que l'Europe là-bas ne compte pas, sa voie ne compte pas notamment parce qu'après la rupture des accords sur le nucléaire iranien en 2015, nous n'avons pas été capable de nous éloigner des choix des Américains. Et donc la seule manière de peser, c'est de faire du lien avec des puissances du Sud, avec le Brésil, avec l'Arabie Saoudite, avec l'Inde, avec l'Indonésie pour qu'il y ait une condamnation unilatérale des crimes commis par le régime iranien. La deuxième chose, c'est qu'on doit s'opposer à toute frappe, à toute frappe américaine, à toute frappe israélienne en Iran.

Parce qu'on a vu ce que ça a donné en Libye, on a vu ce que ça a donné en Syrie. Ça n'aboutit pas sur la démocratie mais sur le chaos. Enfin, le troisème point, je viens de signer un texte avec mon ami et camarade pourya Amir Shai qui réclame que on soit en mesure d'installer des terminaux en bordure de l'Iran.

C'est des terminaux qui permettraient aux Iraniens, un certain nombre d'Iraniens de retrouver le contact avec l'extérieur. Un contact par internet, un contact par mail, un contact qui permettrait d'envoyer des images, d'envoyer des photos, d'envoyer des témoignages. Et on voit très bien la bataille qu'il y a, la bataille qu'il y a sur l'image autant à Tréran qu'à Gaza pour que les crimes les crimes commis par ces régimes et bien ne soient pas passés sous silence mais qu'il y ait des noms, des prénoms, qu'il y ait des visages, qu'il y ait des images, qu'il y ait des témoignages et que ça soit pas un vaste crime anonyme avec juste une statistique pour ce bain de sang, pour cette boucherie à l'arrivée.

Et donc, il est notre devoir ici, malheureusement, très modestement à travers cette vidéo dans mon bureau, même si nous manquons aujourd'hui d'images, de témoignage, de reportage, de visage, de ne cesser de parler du peuple iranien qui se soulève courageusement contre son tyran. Yeah.