Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewbsmart· 10 juillet 2026 44 min

SMART SPACE - Emission du samedi 11 juillet

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Space. On est ici au cœur des assises du New Space à Paris. Un rendez-vous qui réunit pour la cinquième fois tous les acteurs du secteur spatial et de la nouvelle économie du secteur spatial. Ils sont ici pour tirer un premier bilan de l'année passée, mais aussi pour préparer, construire l'année à venir. Alors on va recevoir sur ce plateau des acteurs clés, le GIFAS, l'Alliance New Space, l'ISAE Super-Héros, mais aussi le CNES, Connect by CNES et puis la Fondation de l'Espace en Fin d'émission. La vice-présidente de la région Île-de-France aussi seront sur ce plateau pour parler des enjeux du New Space et aussi du Next Space. On y va.

Et on commence avec notre première interview dans cette émission spéciale dédiée aux assises du New Space. Je suis avec Jean-Marie Béthermi. Bonjour. Bonjour. Bienvenue sur ce plateau de Smart Space au cœur des assises du New Space. Vous êtes CEO de Safran Data System et vice-président de la commission espace du GIFAS. Alors le spatial français, c'est 5 milliards à peu près d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Une filière qui change d'époque. Après l'ère des démonstrateurs, j'allais dire, on va passer à l'ère de l'industrialisation pour la plupart de ces acteurs-là. C'est un moment important qu'on va commenter ensemble. 530 entreprises du GIFAS, un tiers actives dans le spatial.

Qu'est-ce que ça nous dit, ce tableau-là du recroquement que vous proposez ?

1:35
Invité

Donc le GIFAS, c'est 500 entreprises, 5 milliards de chiffre d'affaires dans le spatial et plus de 150 membres qui sont soit 100% spatial ou qui ont une activité dans le spatial. Donc on est effectivement à l'orée d'un challenge gigantesque de transformation de ce marché, ce qui donne un sens encore plus fort à cette filière. Cette filière qui abrite sur ces 500 membres, abrite plus de 100 nouveaux acteurs qui sont des startups avec un programme dédié créé au GIFAS qui s'appelle Starter pour accueillir ces nouveaux acteurs, ces nouveaux membres du GIFAS.

2:27
Présentateur

Alors on parle de l'année 2026 comme un changement d'époque. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour vous ?

2:31
Invité

On sort d'un marché qui était principalement de la très haute couture pour des applications d'État, pour des applications scientifiques, vers un marché où la demande évolue vers du volume, vers des infrastructures et des montants d'investissement qui vont grandissant. On a trois sources de financement. L'argent privé, levé par les opérateurs et les récentes levées de fonds montrent une envie du marché à investir dans le spatial. On a les financements gouvernementaux pour poursuivre ce qui a été fait, en particulier étendre l'infrastructure de navigation de Galiléo pour l'Europe, du Léo PNT qui devrait compléter, des investissements souverains comme Iris Carré.

Et l'ensemble de ces investissements représente un challenge très très important pour l'industrie de demain.

3:39
Présentateur

Une manière d'émuler cette industrie-là et de l'accompagner vers l'industrialisation de manière concrète finalement ?

3:44
Invité

Tout à fait. On était dans le passé, quand on faisait deux fois le même objet, on était satisfait. Aujourd'hui, on est sur des organisations avec beaucoup d'industrialisation et une industrie de volume qui doit être capable de délivrer des fonctions complexes, mais à des coûts qui n'ont plus rien à voir. J'aurais envie de faire la comparaison entre on passe de la haute couture au prêt à porter.

4:13
Présentateur

Le next space, c'est le terme qu'on entend déjà aujourd'hui dans les assises du new space. Ça décrit bien ce passage à l'échelle. Comment va réussir notre entrée dans ce next space ?

4:29
Invité

Alors, on a un challenge devant nous très important. Aujourd'hui, on est aux assises du new space et on ne peut que se réjouir de voir que l'écosystème français a permis de faire éclore des acteurs qui sont à différents stades de maturité, avec certains aujourd'hui qui ont réussi leur introduction dans les marchés. On est face à ces challenges. La filière nous paraît essentielle. Il faut qu'on arrive à travailler ensemble, puisqu'on a moins d'argent disponible que certains continents comme les acteurs américains. Il faut qu'on arrive à être plus efficace entre nous. La diversité des acteurs va devenir une richesse.

Les manières de penser, les nouveaux modes de travail sont vus par la filière comme un enrichissement qui va nous permettre de relever les futurs challenges et pas du tout comme une menace. Pour avancer le nerf de la guerre, il faut avoir de la visibilité. Ce matin, on parlait des contrats de service. On parle aussi de ces investissements qui s'accélèrent dans le monde commercial, gouvernemental et souverain. Et ça, c'est un contexte qui est privilégié pour les acteurs, les industriels, prendre leurs responsabilités et investir pour accompagner ce mouvement.

5:58
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Marie Éternier, d'avoir pris le temps de venir sur le plateau de Smart Space. Aujourd'hui, on enchaîne avec d'autres interviews spéciales dans cette émission. Du laboratoire à l'industrialisation, la région Île-de-France contribue à son échelle à l'émergence. D'acteur du spatial, on a avec nous Alexandra Dublanche. Bonjour. Bonjour. Bienvenue sur le plateau de Smart Space. Vous êtes vice-présidente de la région Île-de-France. Et vous êtes venue assister aujourd'hui aux assises du New Space.

6:27
Invité

Pourquoi c'est important pour vous d'être là et de représenter la région ? Déjà, parce que c'est un grand rendez-vous de tout cet écosystème et que la région Île-de-France est à la fois la première région dans le New Space en nombre d'établissements, la deuxième en nombre d'emplois. On a à peu près un quart des emplois du New Space dans notre région Île-de-France. On a un écosystème incroyable avec des grandes institutions comme le CNES, l'ESA, l'ONERA, etc. Et on a tout, évidemment, une grande région d'innovation. Et nous, la région Île-de-France, le but, c'est à la fois de capitaliser sur cette grande filière aérospatiale défense en général et l'innovation.

Et du coup, le New Space est d'être là avec quelques annonces avec le CNES tout à l'heure.

7:09
Présentateur

Alors, comment la région, elle alimente ce terreau de chercheurs d'innovation que vous avez mentionné pour faire fleurir ce secteur spatial aujourd'hui ?

7:18
Invité

Nous, vraiment, on est en soutien, en soutien d'une filière. Donc, on va aider. Là, je viens de voir quelques entreprises à la TIR, Trust Me, qui sont très innovantes, qui sont des pionniers dans leur domaine. Il y en a une qui fait des data centers dans l'espace. Maintenant, c'est assez incroyable. Et donc, nous, on va être là souvent au début. Mais on va aussi les suivre tout au long de leur développement jusqu'à l'industrialisation. Donc, on va être là sur des aides à l'innovation, même à la recherche en amont, sur les labos, parce que beaucoup sont issus de laboratoires. Donc, on va être présent là.

Les incubateurs qu'on finance, je pense, Igor Hanov ou des réseaux comme Starbust, que nous, on a beaucoup aidés. Et après, on aide à l'innovation sur ces entreprises. Et le but, c'est aussi qu'elles industrialisent et qu'elles produisent en Ile-de-France. Donc, vraiment, on va les suivre. Et là, par exemple, on vient de créer un fonds qui s'appelle le Fonds Réindustrialisation, avec beaucoup d'investissements dans ce secteur. Je pense notamment à Ionix. Donc, dans la miniaturisation des propulseurs. Et donc, le but, c'est que maintenant, ils produisent en Ile-de-France avec une usine en Ile-de-France. Et là aussi, il va y avoir des aides de la région financière et d'accompagnement.

8:36
Présentateur

On a l'exemple de Sirius Space aussi qui s'implante dans la région.

8:39
Invité

Exactement, qui est un beau succès également.

8:41
Présentateur

Et c'est un bon exemple de comprendre aussi comment vous fonctionnez. C'est-à-dire que vous n'avez pas forcément les moyens d'aller au-delà de la série A en termes d'investissement, mais vous allez aider à l'implantation localement finalement.

8:50
Invité

Oui, et puis être là au début quand personne n'est là. On avait justement, on a revu Sirius Space la semaine dernière. Il nous disait merci d'avoir été là quand personne ne croyait vraiment en nous. Donc, nous, on va être là à ce moment. On va prendre plus de risques évidemment que le secteur privé pour investir dans ces entreprises à leur début. Mais ensuite, les suivre. Et voilà, et Sirius typiquement, là, maintenant, ils produisent, ils industrialisent en Ile-de-France. Ils sont passés de 23 à 150 salariés sur le territoire. Donc, c'est de la création d'emplois, c'est de l'attractivité, c'est du rayonnement international. Bien sûr. Et nous, on répond présent.

En normaux, vous avez deux annonces aujourd'hui importantes avec le CNES. Vous pouvez nous les présenter. Alors, ça fait un moment qu'on a une convention avec le CNES pour agir sur la formation, pour agir sur l'impact environnemental, accompagner, être exemplaire dans la région Ile-de-France. On va renouveler cette convention tout d'abord. Et ensuite, on va annoncer les lauréats de ce qu'on appelle nous les Challenge IA, Challenge Intelligence Artificielle. On va prendre une grande institution, ici le CNES, qui va poser une question qui peut être résolue par l'intelligence artificielle.

Donc là, c'est l'utilisation des images satellites pour l'observation des océans, par exemple, ou d'un territoire dans le temps. Comment on utilise toutes ces images de l'IA qui sont prises dans le temps pour ensuite en faire un historique du territoire, par exemple, et voir comment le territoire se développe. Donc, on met en lien cette institution et des startups. On fait appel à l'écosystème Start-up Ile-de-France. On les attire par un prix financier. Donc, on a mis un million d'euros sur ce challenge. Et ensuite, pour moi, le plus gros intérêt, c'est qu'ils vont travailler ensemble.

Donc là, on va annoncer les deux lauréats de ce Challenge IA avec le CNES et la collaboration qui se crée et qui va porter...

10:27
Présentateur

Florier, on l'espère. Merci beaucoup, Alessandra Dublanc, vice-président de la région Ile-de-France, d'avoir pris le temps de répondre à nos questions aux assises du New Space. On enchaîne, quant à nous, avec notre colp sur Bismarck. Le New Space va-t-il traverser la vallée de la mort sans encombre ? Passer du laboratoire à l'orbite, c'est un défi titanesque que la plupart des acteurs réunis ici aux assises du New Space ont décidé de relever. Alors, comment passer à l'échelle industrielle ? C'est la question, évidemment, qu'on va se poser aujourd'hui dans ce Space Talk dédié aux assises du New Space avec nos invités en plateau au cœur des assises. À ma gauche, Frédéric Adrania, bonjour.

11:06
Auditeur

Bonjour, Cécilia.

11:07
Présentateur

Responsable du programme Connect by PNES au sein du PNES, l'agence spatiale française. À vos côtés, Géraldine Romano, directrice adjointe de l'ISAE Supaero. Bonjour. Bonjour, Cécilia. Bienvenue sur ce plateau délocalisé. En face de vous, Vincent Clot, bonjour.

11:21
Auditeur

Bonjour.

11:22
Présentateur

Bienvenue sur le plateau. Alors, vous êtes directeur du Space Business Catalyst chez Thales Aïna Space et vous venez représenter aujourd'hui le J-FAS. Bienvenue sur ce plateau. Et puis, juste à côté de vous, Samuel Mamou. Bonjour, Cécilia. Bienvenue. Donc, vous, vous, pardon, dirigez l'alliance New Space. Alors, on est réunis tous ensemble à cette cinquième édition des assises du New Space. Donc, ça fait cinq ans qu'on réunit ce secteur, qu'on voit grandir ces acteurs. Est-ce que déjà, on a un premier retour comme ça d'expérience ? L'objectif, il y a cinq ans, c'était de lancer le champion ou les champions européens du New Space. Qu'est-ce qu'il en est aujourd'hui, Samuel ?

12:03
Invité

Alors, en cinq ans, on voit que le New Space français a beaucoup évolué. C'est-à-dire qu'on est parti de quelques start-up qui s'étaient lancées, soutenues par le CNES, soutenues par l'État. Et aujourd'hui, on arrive à des acteurs industriels qui ont des usines, qui ont des produits et des services qui vendent en France, en Europe, à l'international. Et donc, on voit des premiers acteurs qui veulent se positionner comme des champions à l'international.

12:22
Présentateur

Oui, Frédéric, peut-être ?

12:24
Invité

Oui, je suis assez d'accord. Alors, effectivement, dans 2022, etc., il y avait une espèce de bulle aussi. Il y a eu beaucoup, beaucoup de créations de start-up. Ça a été encouragé, comme l'a dit Samuel, par les instances politiques et le CNES notamment. On voit maintenant un petit peu un tassement. Il y a effectivement le passage à l'échelle, ça va être le sujet d'aujourd'hui. Mais on voit aussi une industrialisation, mais un certain tassement, un regroupement, une consolidation de l'écosystème.

12:45
Présentateur

Oui. Vous avez un regard sur ces cinq années écoulées, sur cette consolidation du secteur ?

12:51
Invité

Alors, je pense qu'aujourd'hui, on entre effectivement dans une phase de rationalisation. Il y a eu beaucoup de foisonnement ces cinq dernières années. On arrive finalement dans la phase, et c'est ce dont on va parler aujourd'hui, mais dans la phase de rationalisation de tous ces acteurs. Voilà. Nous, à Lisa et Superhero, on incube des start-up, mais on les prend plutôt dans la phase d'amorçage. Donc, on n'a pas encore ce recul sur ce regard.

13:13
Présentateur

Oui. Vincent Clot, un mot sur ce regard en arrière ?

13:17
Invité

Oui. Juste pour rajouter, effectivement, c'est la phase de la maturation, c'est la phase de la consolidation des fragmentations avec des acteurs, des nouveaux acteurs qui sont de plus en plus matures. Et le sujet, ça va être en tant qu'écosystème au global. Donc, les nouveaux entrants et les différents acteurs, c'est ce qu'on vit au sein du GIFAS. Comment, tous ensemble, on va pouvoir grandir, comme le mentionné, par exemple, Elanubis, ce matin, sur le plateau, Jean-Paul Bétermier. Tous ensemble, comment on consolide tout ça, tout en maintenant aussi un flot.

L'idée, c'est qu'il continue à y avoir des nouvelles start-up qui se créent, etc., et qu'on puisse les accompagner les uns et les autres pour vraiment avoir ce tissu industriel solide, global, et qu'ils puissent aller au-delà de la France, vers l'Europe et vers l'étranger.

14:05
Présentateur

Et avoir finalement ce ou ces champions, dont je parlais en introduction de ma question, qui est l'objectif aussi de ces assises du New Space. Donc, on pourrait dire qu'on sait très bien amorcer des start-up, mais on a du mal à faire cette transition, ce passage à l'échelle. Qu'est-ce qui explique ça ?

14:25
Invité

Plusieurs raisons. Premièrement, je pense que c'est une question de financement et de financeurs, d'investisseurs privés. On a eu des très bons investisseurs en France qui se sont positionnés sur du CID et sur des premières levées de fonds. On a eu un peu plus de mal et ça a mis un peu plus de temps pour créer cette communauté d'investisseurs pour ces prochaines étapes. On l'a vu dans tous les secteurs de la deep tech, c'est-à-dire que ce n'était pas uniquement lié au spatial.

14:42
Présentateur

Donc, ce n'était pas forcément plus facile de démarrer non plus ?

14:45
Invité

Il y a eu un démarrage qui dépend des entreprises. Une start-up créée en 2015 a eu plus de difficultés à démarrer qu'une start-up créée en 2019-2020 dans le spatial. Mais là, aujourd'hui, on voit quand même un écosystème d'investisseurs de fonds de croissance qui veulent investir dans le secteur, qui sont soutenus par des initiatives publiques françaises et européennes. On pense notamment à Tibi3 qui a été annoncée il y a quelques semaines avec un vrai focus sur les questions de deep tech. Scal-up Europe qui a été annoncée par la Commission européenne avec une volonté très forte de soutenir et de mobiliser des capitaux privés pour être injectés dans notre écosystème de deep tech européen.

15:16
Présentateur

Oui. Vincent, un mot sur un ?

15:18
Invité

Oui, effectivement. Je pense qu'il y a un sujet de financement pour les start-up. Et puis, il y a aussi un sujet de consolidation et de se concentrer sur les sujets qui comptent. C'est-à-dire, moi, dans mon expérience personnelle, ce que je vois, c'est qu'il y a des sujets, quelque part, ce n'est pas là qu'on va innover. Donc, autant les mettre à disposition les uns des autres, des moyens industriels existants, que ce soit au CNES, que ce soit dans les grands groupes, dans les PME-ETI, comme la COMAT, par exemple. Et puis, vraiment, que les moyens soient resserrés vers l'innovation et puis l'émergence commerciale.

Et par rapport à ça, le sujet de fond, de mon point de vue, c'est qu'il y a toujours cette comparaison avec les États-Unis en particulier. C'est vrai, il y a une différence de moyens, mais il y a aussi, je pense, ne pas s'interdire et oser d'aller de l'avant.

16:12
Présentateur

Une question de culture, alors, aussi, qui joue beaucoup.

16:14
Invité

On parle aujourd'hui beaucoup de SpaceX, etc. Je ne fais pas oublier qu'il y a eu à une époque ariane qui était complètement prédominant. Donc, ça ne veut pas dire qu'on n'est pas capable de repasser devant à un moment donné.

16:28
Présentateur

Le fait que ça a existé, ça ne veut pas dire que ça existera, quand même, Vincent.

16:31
Invité

Mais enfin, il ne faut pas être défaitiste. Je pense que c'est vraiment important d'être positif. Il y a des challenges, il faut aller de l'avant, ne pas se cacher la copie, clairement. Mais voilà, le passage à échelle, notamment côté Jifas, on est en train de mettre en place une initiative scale-up pour accompagner les adhérents start-up, justement, à monter, effectivement, en gamme, en capacité, en cadence, etc. Donc, voilà, le sujet. Je pense qu'il y a effectivement un sujet culturel, au-delà du financement, bien entendu. Et si on se compare avec les États-Unis, on est les Français, on est très bons ingénieurs.

Donc, on est très bons pour trouver des solutions, pour faire de l'innovation technologique. Et pour passer de cette innovation technologique à une entreprise, c'est moins notre culture. Et justement, je plaide coupable aussi, parce qu'en tant que Connect Backness, on accompagne depuis le début des entreprises, des start-up. Et on est nous-mêmes des ingénieurs, donc on est toujours beaucoup plus intéressés à faire des prototypes, à faire des roles, plutôt qu'à aider l'écosystème à passer à l'échelle, à passer du sur-mesure au prêt-à-porter, à faire des Clio, pour le dire autrement.

Et donc, il faut qu'on apprenne ça aussi, nous, CNES, bien qu'on soit essentiellement des ingénieurs, qu'on apprenne le langage des industriels, qu'on apprenne à parler argent, financement, et qu'on apprenne à les aider aussi, à passer à l'échelle, à faire la production.

17:44
Présentateur

Alors justement, on parle d'apprendre, Géraldine, c'est le rôle aussi de les aider, d'inculter cette culture-là, de la commercialisation, c'est-à-dire de les préparer à dépasser le labo pour aller plus loin ?

17:57
Invité

Tout à fait. Alors nous, en fait, on forme des ingénieurs innovateurs, des ingénieurs entrepreneurs, donc on a toute une politique d'accompagnement pour apprendre, déjà, en cours. Je pense qu'on a des exemples autour de la table de gens qui sont passés par nos salles de cours. Et aussi, on incube. Donc, c'est-à-dire qu'on a cette transition, on forme, et derrière, on accompagne pendant un an les jeunes qui sortent de l'école, ou les chercheurs d'ailleurs, de l'école, qui veulent lancer des startups.

Ce qu'on remarque, nous, c'est qu'on forme quand même globalement avant tout des ingénieurs, c'est un peu ce que tu disais, c'est-à-dire qu'on forme avant tout des ingénieurs, ils ont des très bonnes idées techniques, mais ça ne suffit pas. Et il faut derrière apprendre le marketing, les levées de fonds, la commercialisation, et le marché, trouver son marché. Et ça, c'est quelque chose dans lequel on essaye vraiment d'accompagner au maximum pour passer de la bonne idée technique, deep tech, à vraiment le passage à l'échelle de « je trouve mon marché et je deviens rentable ». Parce que finalement, c'est de ça qu'on parle.

C'est comment derrière, après l'amorçage financé par les États, ou par le GIFAS, ou par toutes les entités qui financent, comment derrière, la startup devient autonome et devient rentable.

19:03
Présentateur

Et ça, ça a été un défi peut-être pour l'ISAE d'aller chercher cette culture-là, d'aller apprendre à l'inculquer, donc peut-être de la comprendre d'abord ?

19:09
Invité

Oui, alors ça a été un défi. Moi, je n'y étais pas au moment où c'est arrivé, mais en tout cas, c'est aujourd'hui quelque chose, je pense, qui est vraiment installé. Donc, on a un espace qu'on a créé il y a quelques années qui s'appelle Lean of Space, où on a regroupé, il peut y avoir des étudiants, des chercheurs et des startups qu'on héberge. On héberge 12 startups aujourd'hui. Et c'est aussi un espace de prototypage. Donc, en fait, on fait se rencontrer les gens vraiment dans l'objectif d'avoir toutes ces facettes.

Et le défi aujourd'hui, effectivement, c'est d'essayer d'attirer, de grossir cet écosystème et d'attirer des profils les plus variés possibles pour qu'ils s'enrichissent mutuellement. Je pense que le danger, c'est d'être seul, c'est d'être isolé. Et je crois vraiment que l'écosystème apporte ce soutien aussi aux startups.

19:52
Présentateur

Samuel ?

19:53
Invité

Peut-être pour compléter ce qui a été dit sur le volet marché, sur cette approche marché, je pense que les premiers succès du New Space sont des acteurs qui sont très vite allés à l'export, partis à l'international pour vendre leurs produits et leurs services. Et c'est comme ça qu'ils ont réussi aujourd'hui à être des acteurs solides. On peut donner quelques exemples. Si on pense à Unseen Labs, qui a sa conciliation d'une vingtaine de satellites en orbite, en renseignements électromagnétiques, historiquement pour de la surveillance maritime, très vite, ils ont été certes accompagnés par la DGA, mais ils sont allés très vite à l'international.

20:22
Présentateur

Oui, ils ont pu quand même se consolider avec des contrats publics. Et cet usage dual défense a permis quand même d'assurer et de montrer sa crédibilité aussi.

20:31
Invité

Tout à fait. Et on peut citer un autre exemple, alors qu'il est un peu plus loin de ces contrats publics, chez nos équipementiers. Des startups comme Trustme, qui fait des moteurs, ou AnyWaves, qui fait des antennes, qui ont été soutenues parce que c'est des deep tech qui sont, en tout cas pour Trustme, qui sont sortis dans le laboratoire de recherche. Donc soutenus finalement par tout cet accompagnement français qui existe depuis le début, mais qui est arrivé à se déployer très vite à l'international, sur des marchés aux Etats-Unis, en Japon, en Corée du Sud. Et c'est là où on voit cette dynamique et la richesse du New Space à l'international. Oui.

Oui, la commande publique, c'est très important pour les entreprises. Plutôt que des subventions, ils nous le disent tous, ils préfèrent des commandes, des vraies commandes. Et je pense que c'était un des objectifs du programme France 2030, qui a bien joué son rôle là-dessus. C'était de, au lieu de donner encore une fois des subventions à des entreprises, c'était vraiment de leur passer des contrats avec un service à la clé. Et ils ne sont payés que si le service est rendu. Donc c'est vraiment les mettre dans une logique commerciale. Donc ça, c'était pas mal, oui.

21:19
Présentateur

Oui, mais le problème, c'est que c'est bientôt fini, France 2030.

21:22
Invité

Oui, ça a été...

21:23
Présentateur

Est-ce que ça s'arrête au pire moment ?

21:26
Invité

Non, je pense que ça a bien soutenu effectivement la filière. Il y a eu un foisonnement, comme le disait Gérardine. Donc on arrive dans cette phase de consolidation. Donc ce serait peut-être bien effectivement de trouver une suite à France 2030, peut-être plus réduite, plus sélective. Plus sélective, peut-être pour éviter de se coudrer. Voilà, exactement. Je pense que c'était utile de soutenir l'ensemble de l'écosystème. Il y avait beaucoup d'innovations de foisonnement. C'était utile. Bon, maintenant, peut-être qu'il faut effectivement choisir pour éviter de se coudrer.

21:48
Présentateur

Vous attendez aussi, Vincent, du côté du GIFAS, cet engagement de l'État pour continuer à accompagner cette transition ?

21:55
Invité

Oui, tout à fait, notamment sur la partie nouveaux entrants, etc. Mais vraiment sur cette approche de contrat d'ancrage également pour ces nouveaux entrants. Après, effectivement, je rebondis sur ce que tu disais, Frédéric. Effectivement, il y a eu cette vertu de déjà un petit peu, entre guillemets, observer le terrain au travers des différents projets. Et là, on commence à sentir effectivement des champions qui émergent. Et on voit bien aussi l'État à travers des prises de participation plus conséquentes ou même au niveau des fonds européens, pour le coup, dans un certain nombre de startups qui permettent cette consolidation et de partir aussi à l'export à l'étranger.

Pour parler d'une startup qui n'est pas française, mais qui est européenne, qui s'appelle ISAI, c'est un bel exemple d'une startup qui, même pour faire le parallèle avec des industriels allemands, par exemple, donc Finlande-Allemagne, est en train de gagner des marchés assez conséquents hors de l'Europe, etc. Donc, le soutien de l'État, oui, évidemment, dans la mesure des possibilités. Mais c'est aussi dans des temps où peut-être les moyens sont un peu plus réduits, qu'on peut chacun un peu plus être dans la collaboration. Et c'est vraiment notre dogme. C'est votre vision, oui. Il y a une notion d'écosystème qui va se serrer les coudes en France, en Europe.

Et en particulier, je peux en témoigner dans toute l'activité d'accélération industrielle du côté de Thales-Sainia Space, au sein du Space Business Catalyst. Il y a vraiment cette idée d'aider des acteurs, tels que Space Walker, à se développer, à avancer, à aller trouver d'autres fonds derrière avec nous. Tu parlais de l'export, par exemple, Samuel, ou même en France au niveau des défenses civiles, etc.

Donc, le sujet, c'est maintenant, une fois qu'on a commencé à avoir identifié ceux qui vont aller peut-être le cran plus loin, mettre les moyens qui vont bien dans la mesure des possibles et se concentrer sur ce qui, encore une fois, va faire la différence dans le produit, la solution d'une entreprise XYZ.

24:06
Présentateur

Oui, vous pensez quand même qu'il faut être capable de se démarquer dans la qualité de ce qu'on va proposer parce que le passage à l'échelle, c'est aussi une question de produire vite et peut-être à bas coût. Est-ce qu'on est capable de faire ça en Europe ?

24:18
Invité

Il y a des expériences. Par exemple, vous avez Airbus avec OneWeb qui a fait quelque chose de vraiment très intéressant à la croisée du monde automobile, de l'aéronautique de masse et puis du milieu du spatial. Quand on regarde l'avantage, là où je vois vraiment des synergies évidentes, des quick wins entre les nouveaux acteurs et les acteurs historiques, ça va être tous les moyens de production, d'industrialisation, d'essais, de tests, c'est des choses importantes. Mais à un moment donné, ça va être plus la technologie de base qui va faire la différence.

24:52
Présentateur

D'accord.

24:52
Invité

Et sur ces moyens industriels, etc., certes, on a toujours à apprendre et à injecter les méthodologies qu'on peut trouver par exemple dans l'automobile, etc. Mais on arrive à un point de maturité qui fait qu'on est capable d'aller plus loin, même pour aller au-delà du spatial parmi les membres du GIFAS. Alors ça concerne les acteurs, un acteur historique, Thalès, avec le groupe Renault qui, sur la production de drones, typiquement s'allie pour être justement dans cette mise en cadence. Donc oui, on peut le faire. Et oui, on commence à le faire sur différents secteurs, y compris le spatial. Oui, tout à l'heure, je disais que la France, on est un pays d'ingénieurs et moins d'entrepreneurs.

Mais il y a quand même des exemples qui ont marché. New Space, tout à l'heure, Samuel disait, ont ouvert une usine de production. Donc ça veut dire qu'on sait faire. Il y a Kailabs qui a gagné des contrats aux États-Unis parce qu'ils ont été capables de faire de la production et de baisser les coûts. Et c'est comme ça qu'ils ont gagné, pas uniquement grâce à leur superiorité technologique. Donc oui, il y a quelques exemples qui marchent. Mais il faut apprendre de ces exemples et puis le généraliser. Oui, j'ai ravi. Quand on parle de New Space, finalement, moi, je vois deux facettes. Il y a la facette de faire la même chose différemment et effectivement, aller plus vite, faire moins cher.

Et puis, il y a la facette nouvelle technologie. Et ce qu'on est en train de discuter là, c'est finalement l'articulation entre ces deux mondes. Est-ce qu'il y a un espace commun entre les deux ? Comment on arrive à rapprocher les deux ? C'est les questions un peu que je trouve qu'on...

26:18
Présentateur

C'est clair, bien sûr. Et ça, est-ce que vous le voyez aussi auprès des étudiants, des gens que vous accueillez, qui sont le futur de ces méthodologies-là, en fait ? Est-ce que ça, c'est des choses que vous inculquez ? Une réflexion de base qui est déjà là ? Est-ce qu'on va produire plus vite avec une qualité moindre ? Est-ce qu'on apprend à penser des produits pour qu'ils soient déjà produits de manière industrialisée plus tard ? Ce qui n'était pas forcément le cas dans certaines technologies spatiales.

26:44
Invité

Pour les ingénieurs, sur la production ? Exactement.

26:46
Présentateur

C'est le design to manufacture.

26:48
Invité

Alors nous, on a la chance, Alisa, de former aussi à l'aviation. Donc forcément, le design to manufacture dans l'aviation, c'est assez évident. On a beaucoup de demandes de l'industrie en ce moment sur la production. C'est vrai que tu parlais de OneWeb. En fait, ce qui a été fait, c'est de transposer des technologies de l'aéronautique et de l'automobile pour l'appliquer au spatial. Et finalement, ça se fait. Et donc oui, on apprend à concevoir des produits qu'on peut fabriquer plus facilement, qu'on peut fabriquer moins cher. Et aussi, je pense qu'un aspect qu'on inculque de plus en plus, c'est l'aspect de souveraineté.

C'est-à-dire que si on se rend dépendant d'un équipement, parce que finalement, on ne fabrique pas tout, il y a toujours des puces qu'on va aller acheter ailleurs. Si on se rend dépendant d'un unique composant, c'est aussi une vulnérabilité. Et donc, quelque part, c'est quelque chose qu'on inculque. Vraiment, cette notion de faire attention à toute la chaîne de valeur, du plus petit bout au plus gros bout, qui est peut-être le plus visible.

27:44
Présentateur

Oui. Et là, on rejoint les questions de souveraineté, qui sont évidemment évoquées beaucoup ces temps-ci, mais qui montrent aussi qu'il faut penser, dès aujourd'hui et dès hier, j'allais dire, autrement pour produire demain une entreprise qui sera aussi compétitive et souveraine, et donc qui sera choisie pour ces contrats. Les contrats de défense, ça peut faire vivre une entreprise, l'usage dual, il est important pour l'avenir des entreprises aujourd'hui, l'alliance New Space. Du côté de l'alliance, quel est votre regard peut-être sur... Vous avez dit que l'export, Samuel, c'était ce qui pouvait être la clé de la réussite pour aller plus vite et être capable d'aller industrialiser.

Est-ce qu'il y a d'autres éléments pour vous qui vont jouer ? Est-ce que tout le monde est égal ? Par exemple, est-ce qu'un manufacturier va avoir plus d'avenir dans cette nouvelle phase qu'un fabricant de fusée, par exemple ?

28:39
Invité

Je pense qu'il faut se séparer et distinguer plusieurs catégories d'acteurs au sein du New Space qui n'ont pas les mêmes enjeux et pas la même approche. On a la première catégorie qui sont ces Neo Prime, donc nouveaux maîtres d'oeuvre industrielles qui veulent développer un système complet, l'assembler, le produire et le vendre, qui peut ressembler à un Airbus quand il fabrique un satellite ou à un Airbus Diffen & Space ou un Thales ANS Space. On a le deuxième volet qui est plutôt un équipementier qui va vendre un produit, un composant, un moteur de satellite. Et on a le troisième volet qui sera plutôt le fournisseur de services ou l'opérateur de constellations.

Et là, dans ce volet-là, dans le volet fournisseur, un service sera forcément mondial et il sera nécessaire dans le monde entier. Et donc, on pourra attacher un service commercial qu'on pourra vendre à la fois à des départements de la défense étranger et à des acteurs commerciaux, à la fois en France et à l'étranger. Sur un Neo Prime, l'approche sera différente parce que l'idée sera aussi de se positionner pour trouver sa place dans un secteur où on est en train de verticaliser de plus en plus les capacités spatiales et de voir où est-ce qu'il peut se positionner sur cette activité-là.

Et finalement, l'enjeu pour ces acteurs-là, ça va être de se dire comment à l'international on peut se développer, comment on peut recréer des coopérations au niveau européen avec d'autres acteurs industriels parce que la supply chain est aussi une belle façon de créer des coopérations entre une boîte polonaise avec une boîte française ou une boîte belge. Et dans le même temps, le dernier sujet, c'est comment au niveau européen on va faire évoluer notre approche de commande publique pour acheter des solutions sur étagère, acheter du service, ce qui ne va pas forcément remplacer toutes nos capacités patrimoniales, mais qui va se faire un complément de ces capacités-là. Pourquoi ?

Parce qu'aujourd'hui, on est dans une phase de développement où on a des besoins massifs de capacités spatiales pour des activités militaires ou de sécurité civile. Et finalement, on ne pourra pas y répondre uniquement avec des capacités patrimoniales, c'est-à-dire qu'elles sont achetées et développées par le ministère des Armées. Et donc, acheter du service à une entreprise privée commerciale française permet de soutenir cette entreprise, la permettre de devenir un champion à l'échelle internationale, tout en permettant de répondre à un besoin institutionnel propre.

Et de cette façon-là, si l'entreprise a vraiment une vision marché et se développe sur un marché, on vient vraiment la soutenir avec une commande plus qu'une solution, une autre action.

30:54
Présentateur

Est-ce que la préférence européenne, elle peut combler les besoins de financement qui peuvent arriver, le manque de commandes parfois ?

31:01
Invité

Très clairement, puisqu'on parle de passage à l'échelle, il faut aussi qu'on change d'échelle et qu'on arrête de raisonner national et qu'on raisonne vraiment au minimum européen, voire international. Et là, je vais parler pour moi. Donc, effectivement, notre programme Connect Backness, c'est essentiellement quand même pour l'écosystème français. On travaille déjà très bien avec l'ESA et avec la Commission européenne. Mais demain, il faut vraiment qu'on le fasse beaucoup plus. Parce que si on veut que nos champions deviennent des vrais champions internationaux, il faut déjà qu'ils deviennent des champions européens.

Il faut vraiment qu'on adapte et qu'on aligne nos programmes nationaux avec ceux qui sont européens, ça c'est clair. Et peut-être que la défense européenne, s'elle était mieux organisée, ça aiderait nos champions nationaux. C'est vrai que la défense, elle est quand même très nationalisée en Europe. Bien sûr. Si on avait une vraie défense européenne, je pense que ça nous aiderait.

31:40
Présentateur

La tendance n'est pas à l'européen en termes de défense, si je puis me permettre, ne serait-ce que dans l'attribution des budgets. On n'est pas les premiers à attribuer des budgets défense par rapport à nos voisins allemands, par exemple, si on peut citer cela. Est-ce que vous avez un regard sur cette question de préférence européenne ? Et aussi peut-être, j'ajouterais, sur une question de réglementation européenne, puisque c'est le sujet d'actualité aussi. Bruxelles qui est un peu en bras de fer avec Starlink sur la question des fréquences, etc. Et donc ce choix de dire non, on va garder aussi ce qui fait notre atout pour nos Européens.

32:11
Invité

La sensation, c'est qu'il y a une vraie prise de conscience sur ce besoin. Effectivement, vous parlez de Starlink, etc. On l'a observé, ou même on parle d'autres sujets anthropiques qui sont obligés de fermer l'accès à ces modèles via du jour au lendemain. Bien sûr. Donc il y a une prise de conscience évidente. Après, le sujet, c'est comment on continue à vivre, entre guillemets, au jour le jour, en préparant cette transition pour être totalement en souveraineté. Et le sentiment, c'est quand même qu'au niveau européen, cette prise de conscience est de plus en plus forte.

On peut observer peut-être des sociétés qui avaient peut-être plus pignon sur rue en étant pas seulement en Europe, venant d'ailleurs, et qui sont de plus en plus forcées, contraintes, et que ce soit à l'Est ou à l'Ouest.

33:01
Présentateur

C'est vrai, notamment des profils franco-américains qui avaient aussi un intérêt d'un point de vue de la réglementation à garder ce pied entre les deux mondes et qui vont devoir peut-être se réorienter.

33:12
Invité

Exactement.

33:15
Présentateur

Le Next Space, c'est le mot qui va ressortir de cette journée aujourd'hui. Est-ce que vous avez votre propre définition ? Est-ce que c'est ce qu'il décrira demain, en quelques mots, chacun pour que ce talk ?

33:25
Invité

Peut-être, en quelques mots, consolidation, résilience et souveraineté.

33:31
Présentateur

Ce sera le...

33:32
Invité

Oui, consolidation, slash, maturation. Et voilà.

33:37
Présentateur

Oui.

33:37
Invité

Oui, ça pourrait être effectivement de passer de l'innovation technologique à la production, à la réduction des coûts, passage à l'échelle, nouveau européen déjà. Voilà, ce serait ça pour le Next Space. Le Next Space. Alors moi, ça va plutôt être un espoir, je vais le présenter comme ça, l'espoir qu'on arrive à réellement aller dans des ruptures technologiques où on pensera plus loin, mais vraiment plus loin.

Je pense que de l'autre côté de l'Atlantique, il y en a qui y pensent déjà, mais vraiment, voilà, aujourd'hui, on est très enfermés dans le marché parce qu'on est obligé d'être rentable, mais malgré tout, il ne faut pas perdre de vue que le spatial, ça reste un rêve dans les yeux de tout le monde. Et moi, j'ai un rêve qui est vraiment de voir développer des technologies pour des vaisseaux interstellaires, vraiment le Next, Next, Next Space.

34:20
Locuteur

Ça, c'est très bien.

34:21
Présentateur

Une vision très anticipée de la suite, Samuel, pour conclure cette émission.

34:24
Invité

C'est pour moi, note d'espoir aussi, espoir plutôt européen, c'est-à-dire de dire qu'on arrive à redonner à l'Europe sa puissance spatiale qu'elle a connue par le passé, qui est aujourd'hui discutée par beaucoup d'acteurs, notamment aux Etats-Unis. Mais je pense qu'on a toutes les capacités aujourd'hui de revenir sur le devant de la scène. Et à la fois start-up, grands groupes et tous les acteurs, avec le monde académique et le monde de la recherche, je pense qu'on peut arriver dans cette nouvelle étape.

34:45
Présentateur

Peut-être que le Next Space serait donc cette nouvelle formule, cette nouvelle recette pour réunir, après un temps d'émulation, tous les acteurs européens et faire un champion, Vincent.

34:53
Invité

Oui, peut-être pour ajouter, il y a vraiment cette notion d'écosystème que tu évoques. On a commencé maintenant depuis, je pense, une dizaine d'années à aller vers ceci. Et il faut continuer à consolider entre les écosystèmes, clairement, travailler ensemble. Et peut-être, comme on est en Europe et qu'on vit des temps, aujourd'hui il fait un petit peu chaud, c'est un peu facile, mais il y a un vrai enjeu pour moi, l'espoir, c'est aussi que le spatial soit de plus en plus dans un cercle vertueux. Oui, durable. Avec les enjeux cercle du haut à côté qu'il faut bien gérer, mais quand même contribution de plus en plus à tout ce qui est développement durable, etc.

Je pense que ça peut vraiment être aspirationnel aussi pour les jeunes générations.

35:33
Présentateur

Et embarquer tout le monde dans cette aventure du spatial qu'on est venu observer aujourd'hui aux Assises du New Space. Merci à tous d'avoir échangé sur ce secteur avec nous dans notre talk. On enchaîne avec notre dernière interview dans cette émission spéciale. A tout de suite. La Fondation de l'Espace fête son premier anniversaire ici aux Assises du New Space. Pour en parler, Laurence Monoy-Smith, bonjour. Bonjour. Bienvenue sur ce plateau, toujours au cœur des Assises du New Space. Vous êtes directrice développement durable au CNES, qui est le cofondateur de cette fondation de l'espace dont vous êtes venue nous parler aujourd'hui.

Premier anniversaire, quelle a été la vocation de la fondation quand vous l'avez annoncé il y a un an déjà aux Assises du New Space ?

36:21
Invité

Écoutez, alors c'est vrai, on est sur les fonds baptismaux là. Un an, on est encore très petit. Mais, ceci dit, ça fait longtemps qu'on en parle. On avait réfléchi à cette fondation il y a bien 3-4 ans déjà. Et c'était une demande qui avait par ailleurs, en dehors de ces réflexions qu'on avait au CNES, il y a une demande qui avait émergé ici aussi, au sein des Assises du New Space, du premier livre blanc. Et donc, nos réflexions au CNES et la demande des Assises se sont rencontrées. D'où le fait que nous avons porté ce projet qui a maintenant un an et dont le premier conseil d'administration s'est tenu au mois de septembre l'année dernière. Qu'est-ce qu'il y a derrière ça ?

Il y a la volonté de faire mieux connaître ce que le spatial fait dans notre vie quotidienne. Le spatial, c'est tous les jours, c'est se repérer quand on va chez des amis, c'est consulter la météo, c'est toute une série de services extrêmement importants dans notre vie quotidienne, mais aussi pour l'adaptation au changement climatique. Comment est-ce qu'on peut aider les agriculteurs à mieux irriguer leur terrain ? Comment est-ce qu'on peut repérer, depuis nos satellites, les îlots de chaleur dans les villes et les aider à mieux s'adapter ? Tout ceci est fort d'actualité.

Donc, on avait cette idée de, voilà, le spatial, c'est tous les jours dans notre vie et pourtant c'est mal connu, c'est mal connu du grand public. Donc, c'est un petit peu ça qu'on a voulu porter. Et si c'est mal connu du grand public, ça veut aussi dire que du coup, on a du mal à trouver tous les ingénieurs, techniciens et ensemble de chargés de missions, salariés, etc. pour pouvoir travailler dans nos entreprises. Et en particulier, une diversité de profils. Le problème du spatial, c'est qu'il attire beaucoup des scientifiques, évidemment, parce que ça a l'air très technique. On avait l'ISAE aussi dans cette émission tout à l'heure. Absolument.

Mais nous, on a besoin dans le spatial de plein de profils différents. On a besoin de femmes. Beaucoup de femmes. On manque de femmes dans le spatial. On a besoin de gens qui ont des compétences, des talents très différents. Et donc, faire connaître le spatial auprès du grand public, le faire connaître auprès de tous ces jeunes qui pensent qu'ils ne sont pas spécialement concernés ou qui pensent qu'ils n'ont pas les compétences. Alors que nous, on a besoin de tout ça. Donc, derrière la Fondation de l'espace, il y a vraiment ça. Il y a la volonté de porter un spatial européen.

Un spatial dont les valeurs, les ambitions, les objectifs sont peut-être un peu différents de ce qui est porté par d'autres grands pays spatiaux comme la Chine, les États-Unis, etc. Donc, il y a une identité au spatial européen. Il y a un certain nombre de rêves, d'ambitions qui sont portés par un spatial européen. La Fondation, c'est tout ça. Le grand public, le rêve et les nouveaux talents. Et on a envie de porter ça de manière très ambitieuse.

39:14
Présentateur

Une énorme ambition, c'est exactement le mot que j'allais choisir. Mais une ambition assez noble et dont on a besoin ici aujourd'hui aux Assises. On comprend bien qu'il y a un besoin de faire connaître le secteur à tous pour aussi créer des synergies avec d'autres acteurs, d'autres secteurs qui n'ont pas assez de connaissances dans le secteur spatial et avancer demain vers cette nouvelle économie. La Space Jam, c'est aussi le sujet du jour. Est-ce que vous pouvez nous parler de ça ? À 17h30, il va y avoir une remise de prix avec Thomas Pesquet qui sera là, qui est ambassadeur, je crois, de la Fondation de l'espace. C'est plus que ça, c'est notre président.

39:49
Invité

Votre président. Voilà. C'est vraiment notre grand président. Et il a pris son rôle à bras-le-corps et très à cœur. Donc, la Space Jam, écoutez, c'est un projet dont on a eu l'idée il y a à peu près dix mois. On voulait mettre en scène et valoriser toutes les applications avales, en particulier du spatial. Ce spatial tourné vers la Terre. C'était très important puisque le titre de la Game Jam, c'est Objective Terre. Donc, c'était vraiment l'idée qu'on avait derrière. C'était ça, valoriser les applications du spatial à travers des jeux vidéo. Vous le savez, la France est une terre d'excellence de la production de jeux vidéo.

Nous exportons nos talents partout dans le monde et nous sommes capables de produire de très grands jeux comme on l'a encore vu tout récemment avec le prix Claire Obscur du studio de Montpellier. C'est vrai. Et donc, on a organisé un grand concours. Donc, une Game Jam, c'est l'objectif pour ceux qui ne sont pas familiers avec ça. C'est vous donner 15 jours à des équipes qui, en 15 jours, doivent organiser leur équipe de manière à rendre un jeu le plus opérationnel possible, le plus sympa à jouer possible, le plus attrayant possible, juste en 15 jours. Donc, c'est un peu une course de vitesse. Et on leur donne un thème. Donc, nous, on a dit, voilà, l'objectif, c'est la Terre.

Et on a mis un certain nombre d'entreprises sponsors pour expliquer ce qu'elles font. et ça leur a donné des idées. Donc, on a 250 jeunes qui sont inscrits, à peu près. Ils ont produit, on a été aidés par les grandes écoles de jeux vidéo françaises. Et ils ont produit à peu près 25 jeux. Et donc, c'est ça dont on va remettre les prix tout à l'heure. Donc, des jeux qu'on va récompenser pour la qualité de leur graphisme. Bien sûr. Pour leur gameplay, c'est-à-dire le côté très sympa du jeu, très attractif. Pour, on a fait voter le grand public. Oui. Parce que tout ça a eu lieu, voilà, on l'a mis en ligne, etc. Et le grand public, les écoles.

Donc, il y a eu une petite compète entre les écoles pour voter, etc.

42:02
Présentateur

Donc, c'est important, avec ces projets-là, de voir qu'on peut rendre accessible aussi par le jeu, mais par la créativité, le secteur spatial et par la culture peut-être aussi.

42:13
Invité

Exactement. C'est diffusé, en fait, c'est une façon de diffuser notre culture du spatial. Oui. Ce que nous faisons, parce que, voilà, c'est pas... Quand on parle de spatial au grand public, tout de suite, on s'imagine Interstellar. Alors qu'en fait, l'essentiel du spatial, 99% des satellites sont tournés vers la Terre. C'est pour ça qu'on l'a appelé Space Jam 99.

42:32
Présentateur

Et alors, d'autres projets qu'on peut citer très rapidement avant de conclure. Toujours tournés vers les jeunes, il y a le déclic spatial. Vous pouvez nous en dire un mot. Et puis ensuite, dans quelques mois, l'espace se déplacera à Cannes, pour le Cannes Festival.

42:47
Invité

Exactement. On a donc, déclic spatial, c'est notre opération stage de seconde. Je vous ai dit, on cherche des nouveaux talents. On cherche à ouvrir les yeux des jeunes qui n'ont pas du tout pensé au secteur spatial. Et donc, on a demandé à plein d'entreprises. On a organisé, en fait, une logistique qui fait que de nombreuses entreprises ont accueilli des poules de jeunes par 10, par 30, selon leur capacité. Et comme ça, on a organisé chaque jour une visite. On a fait ça à Toulouse, en Haute-Savoie et à Paris. Donc, c'était notre première itération. L'année prochaine, donc cette année, on a eu 100 jeunes. L'année prochaine, on espère faire encore mieux.

Mais en tout cas, ça permet d'ouvrir des yeux. Bien sûr. Et le cinéma, alors, ce sera le mot de la fin. Alors, nous avons créé le premier festival international du spatial, un cinéma for space. Il se trouve que la communauté d'agglomération Cannes-Pays-de-les-Reims est un cofondateur de notre fondation. Et nous accueillons au Palais des Festivals, en grande pompe. Donc, ce festival qui est un festival un peu particulier parce qu'il fait se rencontrer des scientifiques, des acteurs, des metteurs en scène et des grands réalisateurs pour discuter autour d'un film, de discuter de ce que cela veut dire, des questions qui sont posées par le spatial, le tout devant un grand public.

Et le programme est d'ores et déjà pratiquement en ligne. Pratiquement en ligne.

44:10
Présentateur

On va aller découvrir ça. Vous êtes invité à aller découvrir ça et à vous intéresser au travail de la Fondation de l'espace pour en découvrir un peu plus sur ce que l'espace peut rendre possible aussi pour la Terre et pour vous. Merci à tous de nous avoir suivis dans cette émission spéciale en direct des Assises du New Space. On se retrouve très vite sur Bsmart. Merci à tous.