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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 11 décembre 2025 19 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Face à Face : Pierre de Villiers - 11/12

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    J'ai lu attentivement votre livre qui s'inscrit dans un moment d'inquiétude générale, de menace globale.

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Les forts attaquent toujours les faibles et c'est véritablement le fil conducteur de votre livre.

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Les faits m'ont donné raison. Vous parlez de lacunes, de manques, de manques d'effectifs, de logistique, de budget, de stratégie. Les choses ont-elles changé ?

  • 3:12OuverteRéponse directe

    Quand vous dites qu'au fond, en termes d'équipements importants, par exemple le nombre de chars, on en est toujours au même point. On a 200 chars. On n'en a pas un de plus qu'il y a 10 ans.

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Vous parlez d'ailleurs de cet effort, vous le saluez. Hier soir, les députés qui ont été consultés sur le budget de la défense l'ont largement soutenu.

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Ça vous rassure les 411 pour ? C'est-à-dire qu'au fond, ce que l'on entend aussi à demi-mot dans votre livre, c'est votre inquiétude sur l'unité ou non de la nation.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:02Invité politiqueFait
    « Je fais référence d'ailleurs à ce livre et la question qu'il faut se poser c'est sommes-nous prêts ? »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « J'avais pressenti tout ça en 2017. »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « Je sentais le désengagement progressif américain de l'Europe. »
  • 2:17Invité politiqueFait
    « Les faits m'ont donné raison. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « Mais nos armées ont été dimensionnées en une trentaine d'années. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Notre modèle, en termes de matériel majeur, n'a pas bougé depuis 2017. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « Nous avons, avec les crédits supplémentaires, je salue cet effort, mais il est finalement trop modeste par rapport à la dégradation de la situation internationale. »
  • 4:02PrésentateurChiffre
    « Mais ils ont, à 411 voix pour et seulement 88 voix contre, soutenu l'effort de 6,7 milliards d'euros supplémentaires. »
  • 5:30PrésentateurChiffre
    « On va démarrer avec 3 000 volontaires et 50 000 en 2035. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « Et quand je regarde l'histoire de France, en 1870, en 1914, en 1939, trois cas complètement différents. »
  • 11:34Invité politiqueFait
    « L'ennemi, aujourd'hui, il est de deux natures qui sont distinctes, mais pas disjointes. D'abord, le terrorisme islamiste radical, cette idéologie qui vise à éradiquer l'organisation de nos sociétés et qui progresse grandement dans notre monde, singulièrement en Afrique en ce moment, en descendant du nord vers le sud. »
  • 13:16Invité politiqueFait
    « Ce qu'il dit là, il le dit depuis longtemps. »
  • 13:45Invité politiqueFait
    « Il veut se désengager de l'Europe parce qu'il veut basculer vers ce qu'il considère être son futur adversaire ou son adversaire actuel, la Chine. »
  • 14:10Invité politiqueFait
    « Oui, nous avons perdu notre fierté. »
  • 16:58Invité politiqueFait
    « Nous avons la dissuasion nucléaire, nous n'avons plus la force conventionnelle suffisante pour faire la guerre. »

Temps de parole

  • Invité politique54 %
  • Présentateur46 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Pierre Devilliers, général d'armée, vous êtes l'ancien chef d'état-major des armées et vous publiez pour le succès des armes de la France. J'ai lu attentivement votre livre qui s'inscrit dans un moment d'inquiétude générale, de menace globale. Et ce qui m'a profondément inquiété à la lecture de votre livre, c'est qu'il aurait pu s'appeler « Une étrange défaite ».

0:46
Invité politique

Oui, je fais référence d'ailleurs à ce livre et la question qu'il faut se poser c'est sommes-nous prêts ? S'il advenait qu'il y a une situation un peu analogue à celle que connaissent les Ukrainiens. J'avais pressenti tout ça en 2017. Je voyais bien monter les états-puissances, le terrorisme islamiste radical. Je sentais le désengagement progressif américain de l'Europe. Et je voyais simultanément le réarmement de beaucoup d'états-puissances. Et nous, nous savourions les délices des dividendes de la paix. Haute pression, basse pression. Les forts attaquent toujours les faibles.

1:28
Présentateur

Les forts attaquent toujours les faibles et c'est véritablement le fil conducteur de votre livre. Vous commencez d'abord effectivement par raconter, re-raconter, ré-expliquer cet épisode qui est l'épisode qui fait que vous, l'homme de réserve, qui n'allait pas à l'époque sur les plateaux, vous étiez devenu l'homme du grand public parce que vous étiez apparu comme l'homme qui avait dit non. Vous aviez quitté votre job de chef d'état-major des armées à l'arrivée d'Emmanuel Macron après un différent que l'on avait cru à l'époque, un différent d'une sorte de vexation. Cette fameuse phrase « Je suis votre chef » qu'il avait dit, qu'il vous avait adressé, mais devant tous les autres.

Il y avait une question d'honneur, mais il y avait une question de fond, dites-vous. Vous aviez vu avant les autres. Les faits m'ont donné raison. Vous parlez de lacunes, de manques, de manques d'effectifs, de logistique, de budget, de stratégie. Les choses ont-elles changé ?

2:26
Invité politique

C'est-à-dire que nous avons une armée magnifique, avec des soldats marins, aviateurs, prêts au sacrifice suprême. Je n'ai aucun doute là-dessus. Mais nos armées ont été dimensionnées en une trentaine d'années. Avant la chute du mur, nous faisions la préparation à la guerre. Après la chute du mur, nous sommes capables de faire des opérations de guerre. Ce n'est pas la même chose. Il faut reprendre cette capacité à faire la guerre. Ça veut dire de l'épaisseur. Ça veut dire des effectifs supplémentaires, des équipements supplémentaires, de la logistique. On parle beaucoup de munitions en ce moment, quand on voit les consommations en munitions de la guerre moderne.

Ça veut dire les technologies modernes, par exemple la révolution des drones. Il y a beaucoup à faire et il y a urgence.

3:12
Présentateur

Quand vous dites qu'au fond, en termes d'équipements importants, par exemple le nombre de chars, on en est toujours au même point. On a 200 chars. On n'en a pas un de plus qu'il y a 10 ans.

3:23
Invité politique

Notre modèle, en termes de matériel majeur, n'a pas bougé depuis 2017. Nous avons 200 chars, dont 150 seraient bons de guerre, prêts à partir au combat. Nous avons 200 avions de combat et 15 frégates de port Miran pour la marine. Et nous avons, avec les crédits supplémentaires, je salue cet effort, mais il est finalement trop modeste par rapport à la dégradation de la situation internationale. Nous avons bouché les trous parce que pendant des décennies, nous avons laminé notre outil de défense.

3:53
Présentateur

Vous parlez d'ailleurs de cet effort, vous le saluez. Hier soir, les députés qui ont été consultés sur le budget de la défense l'ont largement soutenu. C'est un vote plutôt symbolique. Mais ils ont, à 411 voix pour et seulement 88 voix contre, soutenu l'effort de 6,7 milliards d'euros supplémentaires. Il était temps.

4:12
Invité politique

Oui, c'est un bon signe et j'ai écrit ce livre précisément pour cela. Pour que lors des prochaines élections, nous aurons les municipales, les législatives, les présidentielles, nous puissions mettre au premier rang des préoccupations de nos futurs élus la défense. Protéger la France et les Français.

4:31
Présentateur

Ça vous rassure les 411 pour ? C'est-à-dire qu'au fond, ce que l'on entend aussi à demi-mot dans votre livre, c'est votre inquiétude sur l'unité ou non de la nation. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement une question de munitions, ce n'est pas seulement une question de nombre de chars et ce n'est pas seulement une question de menaces. C'est aussi notre capacité, nous, à faire bloc.

4:47
Invité politique

Oui, nous savons très bien, nous les militaires, que les guerres se gagnent par les forces morales. Nos 25 000 jeunes qui rentrent dans l'armée tous les ans, on leur apprend à ne pas reculer. Et ils vont jusqu'au sacrifice suprême si nécessaire. Eh bien, il faut retrouver cette unité nationale, cette cohésion nationale. Et de ce point de vue-là, le vote d'hier est un bon signe. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Vous savez, la culture de défense, la culture de défense chez nos dirigeants a un peu disparu avec la suppression du service national.

5:18
Présentateur

Alors, d'ailleurs, vous en parlez, vous dites que la suspension, je vous cite, la suspension du service national par le président Chirac a été une faute politique majeure. Est-ce que vous êtes favorable au retour du service militaire ? Et d'ailleurs obligatoire ou volontaire ?

5:32
Invité politique

Alors, je suis favorable, et je l'écris dans mon livre, à ce qui a été proposé récemment par le président de la République. On va démarrer avec 3 000 volontaires et 50 000 en 2035. Je pense qu'on pourrait peut-être aller plus vite. Ça sera déjà un premier pas. Et ces soldats étant consacrés au théâtre national, ce qui va permettre de dégager des effectifs avec les engagés. Mais je suis favorable, surtout, à l'unité nationale. Il faut réapprendre à nos petits Français à aimer leur pays. Comment voulez-vous imaginer qu'ils se battent pour leur pays s'ils ne l'aiment pas ?

6:07
Présentateur

Mais justement, vous consacrez aussi de manière, je dirais, on vous sent assez prudent. Vous êtes, général Pierre de Villiers, aussi le frère de Philippe de Villiers, qui, lui, s'exprime beaucoup sur la question de la situation nationale. Et on sent bien, je crois pouvoir le dire, que dans votre livre, vous faites attention, justement, à ne pas tomber dans ce qui serait de l'ordre de la politique immédiate. Mais tout de même, vous vous inquiétez d'une crise, je cite, « civilisationnelle », c'est ce que vous dites. La dernière des crises, parce qu'il y a une juxtaposition de crises que vous listez, la crise économique, les crises...

Mais vous dites la dernière, mais sans doute la plus importante, c'est la crise civilisationnelle, une déshumanisation croissante, une perte de nos racines judéo-chrétiennes. Nous avons sacrifié notre identité en une soi-disant fraternité universelle. Ça veut dire quoi ?

6:58
Invité politique

On a commencé cet entretien par l'étrange défaite. Et quand je regarde l'histoire de France, en 1870, en 1914, en 1939, trois cas complètement différents. Il y a un point commun, c'est que nous étions, à l'époque, en crise économique, en crise politique, en crise sociale et en crise financière. Et l'enchaînement a été immédiat, incapacité de réarmer, défaite. Et je ne voudrais pas que ce scénario se reproduise, tout simplement.

7:25
Présentateur

Mais vous ajoutez à ces crises-là, cette toute nouvelle, qui est cette crise civilisationnelle. Vous avez dit, il faudrait que nos petits Français, je vous cite, réapprennent aussi, en quelque sorte, l'amour de la patrie. Je ne sais pas si vous aviez entendu, mais Louis Sarkozy, qui est chroniqueur chez moi sur RMC, a défendu la semaine dernière l'idée d'une sorte de loterie pour les migrants qui arriveraient en France, que 10% d'entre eux, chaque année, soient tirés au sort pour participer à ce service national volontaire, mais qui, dans l'espèce, serait obligatoire. Une sorte, en quelque sorte, de légion étrangère, mais de l'armée quotidienne.

Est-ce que vous estimez que ça pourrait être une bonne idée ? Est-ce qu'il faut faire un creuset de patriotisme ?

8:08
Invité politique

Mais bien sûr, il faut retrouver notre creuset national. L'amour du pays, l'amour du drapeau, la terre des pères, la patrie, c'est ça qu'il faut retrouver. Nous l'avons perdu avec ce mythe de la mondialisation, ce mythe de l'armée européenne. Nous l'avons perdu. Il faut retrouver la proximité, l'attachement à notre pays. Vous savez, nos jeunes, quand ils arrivent, au bout d'un mois de formation, ils ont la présentation au drapeau. Le drapeau français, bleu, blanc, rouge, passe avec honneur et patrie. C'est la nuée de tous ceux qui sont morts pour nous, qui passent devant eux. Et ils le sentent. Ils le sentent. Ils retrouvent leurs racines.

8:46
Présentateur

Je suis frappée, et je crois qu'on peut se le dire ici. Désormais, il y a prescription en quelque sorte. Quelques semaines avant que vous ne quittiez votre poste de chef d'état-major des armées, vous m'aviez reçu à déjeuner, à l'école militaire, pour me parler de ce dont vous étiez, je crois même, le plus fier à l'époque, qui étaient ces jeunes qui intégraient pour quelques semaines, quelques mois, l'armée. Et vous disiez que c'était la meilleure manière, précisément, de devenir français. Je me souviens à l'époque de votre passion pour ce modèle. Ça veut dire que vous n'êtes pas contre l'immigration, vous êtes contre le fait qu'il n'y ait pas d'intégration ?

9:23
Invité politique

Mais moi, je suis toujours passionné par ce modèle, ce creuser français. Et j'ai vécu des situations avec des jeunes issus de l'immigration qui se sont comportés comme des héros, évidemment. Mais il y a une différence, c'est qu'ils aimaient la France. Ils étaient prêts à se sacrifier pour elle, pour rendre, finalement, à la France ce qu'elle avait fait, l'accueil de leur grand-père, de leur arrière-grand-père. Et c'est cet amour de la France qu'il faut retrouver.

9:52
Présentateur

Ce n'est plus le cas ?

9:53
Invité politique

Écoutez, ce n'est plus toujours le cas. Et il faut le retrouver dans l'éducation nationale, dans les familles, dans notre société. Il faut qu'il y ait une nouvelle dynamique pour ce réarmement des forces morales. C'est le dernier chapitre de mon livre sur lequel j'insiste parce que c'est le cœur du sujet.

10:11
Présentateur

Un dernier chapitre qui se veut d'ailleurs plein d'espoir. Je vais dire même vos tout derniers mots. Les derniers mots de votre livre, c'est « Espérance rime avec France ». Vous voulez encore y croire, mais vous qualifiez notre époque d'ambiguë, je vous cite, avec ces justapositions de crise et ces démocraties qui sont faibles. Nos démocraties, l'Union européenne, l'OTAN, l'alliance qui est en train de disparaître avec les États-Unis, est-ce que tout cela nous affaiblit ?

10:38
Invité politique

Oui, mais l'ambiguïté, c'est un poison quand on gouverne. J'ai une expérience du commandement quand même en 43 ans. Il faut de la clarté. D'ailleurs, moi, les gens me disent « Avec vous, c'est clair. Quand vous faites une interview, c'est clair. Vous répondez de manière claire. » Je crois qu'on manque de clarté aujourd'hui. On ne peut pas faire le lundi quelque chose, le samedi l'inverse, en disant que tout va bien, Madame la Marquise. Ce n'est plus possible.

11:04
Présentateur

En fait, vous ne supportez pas le « et » en même temps ?

11:05
Invité politique

Je ne supporte pas l'ambiguïté parce que le stratège, il a besoin de clarté. Et la profondeur de temps que je donne à mon livre dans le modèle d'armée que je propose, c'est 2035. Et il y a de la clarté. On peut emmener les gens vite, fort, loin, à la condition qu'ils sachent où l'on va de manière claire.

11:24
Présentateur

Qui est l'ennemi ? C'est le nom de votre chapitre 2. Qui est l'ennemi ?

11:28
Invité politique

L'ennemi, aujourd'hui, il est de deux natures qui sont distinctes, mais pas disjointes. D'abord, le terrorisme islamiste radical, cette idéologie qui vise à éradiquer l'organisation de nos sociétés et qui progresse grandement dans notre monde, singulièrement en Afrique en ce moment, en descendant du nord vers le sud. Et simultanément, le retour des États-puissances, ces pays qui ont des stratégies de long terme, quand eux, ils visent génération au pluriel, nous, nous visons la prochaine élection au singulier.

11:58
Présentateur

Vous êtes effrayé, et vous le dites, par l'incapacité de nos politiques à reprendre de la hauteur, à regarder loin devant la monture et à être obsédé par la prochaine dépêche. Mais il y a aussi ce qu'il se passe du côté des États-Unis.

D'ailleurs, vous racontez l'une de vos dernières journées, alors que vous étiez chef d'État-major des armées, où, en gros, le matin, il y avait une réunion avec Angela Merkel, l'après-midi, avec Donald Trump, qui était venu pour le dernier 14 juillet que vous aviez vécu sur les champs, et vous aviez face à vous, au fond, la fin, ou en tout cas, une alliance de raison avec les Allemands, dites-vous, et de l'autre côté, un personnage hiératique, difficilement compréhensible sur le long terme, pas franchement méchant, mais difficile à suivre.

Aujourd'hui, quand vous entendez les mots de Donald Trump, il a parlé ce week-end à propos de la France, d'un effacement civilisationnel qu'il anticipe de l'Europe, de l'effondrement du taux de natalité, des pertes des identités nationales, de la perte de la confiance en soi. Il émet le vœu, je cite, que l'Europe reste européenne, retrouve sa confiance en elle-même sur le plan civilisationnel, abandonne son obsession infructueuse pour l'asphyxie réglementaire. Est-ce que vous partagez de ce point de vue-là l'inquiétude de Donald Trump ?

13:06
Invité politique

Alors, Donald Trump, il est très imprévisible dans son comportement, je l'ai vécu, et je l'ai vu lors de réunions, mais il est très prévisible dans ce qu'il dit. Ce qu'il dit là, il le dit depuis longtemps. Alors, ses propos sont très forts, voire très agressifs. Mais, en l'occurrence, ce n'est pas une surprise que les Américains, petit à petit, basculent vers le Pacifique.

13:29
Présentateur

Mais quand il dit ça, vous pensez qu'il le souhaite ? Il parle d'ailleurs de nos pays comme des pays en état de décrépitude. Pensez-vous qu'il le souhaite ou pensez-vous qu'il veut nous réveiller ?

13:38
Invité politique

Moi, je pense qu'il veut nous réveiller parce qu'il a besoin, je ne pense pas qu'il a besoin d'une Europe faible. Au contraire, il veut se désengager de l'Europe parce qu'il veut basculer vers ce qu'il considère être son futur adversaire ou son adversaire actuel, la Chine. Et ce n'est pas nouveau. Depuis Brzezinski et America First, ce n'est pas une surprise, je le sentais, dès 2017. Quant à notre pays, la description qu'il fait de notre pays, je crois qu'il faut que nous en tirions des leçons. Oui, nous avons perdu notre fierté.

Oui, les fractures sociales, intergénérationnelles, géographiques dans notre pays, l'archipel français, c'était déjà il y a plusieurs années, les fractures sont très profondes, je les décris dans mon livre.

14:25
Présentateur

Est-ce qu'au fond, ce qui vous inquiète le plus à court terme, c'est la guerre que des ennemis pourraient nous déclarer ou c'est la guerre qui s'installe en France dans cette archipélisation comme vous dites ? Est-ce que vous craignez carrément une guerre civile ?

14:38
Invité politique

Ce sont les deux situations qui sont inquiétantes, de l'extérieur et à l'intérieur. J'ai connu avant la chute du mur l'espèce naze parachutée qui venait pour préparer le terrain avec les Russes qui arrivaient. Nous n'en sommes pas là, mais nous avons des islamistes radicaux sur notre théâtre, sur notre territoire. Nous avons le cartel de la drogue qui s'installe et eux, ce ne sont pas des simples dealers. Ils tirent. Il y a un niveau de violence dans notre pays extrêmement inquiétant. La délinquance progresse, ce n'est pas un sentiment, c'est une réalité. Tous les Français le savent. Il est temps de restaurer l'autorité à l'intérieur de notre pays.

Et simultanément, à l'extérieur, effectivement, il y a des pays de plus en plus forts. Il y a l'islam radical qui fait pression. Donc, la situation est grave. C'est pour ça que j'ai repris ma plume. Ce n'était pas mon intention initiale. il faut réarmer la France pour que nous puissions préserver la paix car seule la force fait reculer la violence.

15:36
Présentateur

Vous ne vouliez pas reprendre la plume. Vous l'avez fait. Vous dites régulièrement que vous ne souhaitez pas avoir à nouveau des responsabilités d'une manière ou d'une autre. Mais est-ce que, comme pour le fait d'écrire, vous pourriez vous dire à un moment il faut quand même que j'y aille ?

15:50
Invité politique

Mon but unique, c'est au travers de ce livre de sensibiliser, d'informer, de mettre sur la table ce sujet de la protection de la France et des Français avant les futures échéances électorales. Vous n'y prendrez pas part ? Pour que, ce n'est pas du tout mon intention, mon intention c'est de mettre ce sujet sur la table pour que, enfin, dans une élection présidentielle, on puisse parler de la protection de la France et des Français.

16:16
Présentateur

Votre successeur, le chef d'état-major Mandon, qui parle de la question, au fond, on a surtout gardé la phrase sur il faut être prêt à perdre nos enfants mais il dit surtout il faut être prêt effectivement moralement parce que si les autres savent que nous ne sommes pas prêts à perdre nos enfants alors nous serons attaqués. De ce point de vue-là, partagez-vous le diagnostic. C'est la question centrale, évidemment.

16:41
Invité politique

La première qualité d'un peuple, c'est sa capacité à se défendre. Le général de Gaulle le disait, son concept d'autonomie stratégique, c'est le cœur de notre système encore actuel avec la dissuasion nucléaire et la force conventionnelle. Nous avons la dissuasion nucléaire, nous n'avons plus la force conventionnelle suffisante pour faire la guerre.

17:01
Présentateur

C'est précisément ce que j'allais vous demander. On a pendant des années pensé que de toute façon avec la bombe atomique nous n'étions plus menacés et quand on voit la Russie a la bombe atomique mais en réalité la guerre qu'elle a déclarée à l'Ukraine c'est une guerre conventionnelle. Est-ce que nous avons la force conventionnelle ? Est-ce que c'est cette guerre-là qui nous serait menée ?

17:18
Invité politique

La dissuasion nucléaire a gagné la guerre froide mais pour une raison majeure c'est qu'elle était couplée avec le même niveau de seuil de suffisance avec l'armée conventionnelle et c'est ce qu'il faut retrouver en urgence par un réarmement massif.

17:32
Présentateur

L'armée conventionnelle c'est-à-dire comme vous dites les munitions au sens propre du terme.

17:38
Invité politique

la logistique la capacité à durer les effectifs supplémentaires les effectifs ça veut dire qu'il faut que nous retrouvions une croissance démographique et puis les équipements majeurs Vous auriez dit

17:50
Présentateur

le réarmement démographique ?

17:52
Invité politique

Bien sûr je pense que une des raisons pour lesquelles la Russie continue à progresser militairement ce sont ses effectifs qui sont quatre fois supérieurs à sa population aux Ukrainiens. Donc il faut être prêt à perdre ses enfants ? Il faut accepter que la situation de paix que nous vivons depuis 80 ans est en train de changer et que la menace est grandissante. Et plus nous le ferons vite plus nous redeviendrons forts plus nous protégerons la paix. Civis Pachem Parabellum si tu veux la paix prépare la guerre.

18:23
Présentateur

Général d'armée Pierre Devilliers pour le succès des armes de la France c'est aux éditions FAYER Je profite d'ailleurs quand même de l'occasion pour m'adresser aussi à votre frère qui nous regarde peut-être parce que sachez et je trouve que c'est important que tout le monde l'entende que j'ai régulièrement également invité votre frère Philippe Devilliers qui a écrit aussi chez FAYER mais il refuse alors que je l'invitais et qu'il répondait à mes questions avant désormais ils sont préférés une sorte de huis clos où il y a les journaux la maison d'édition les émissions télé je crois pour ma part au débat il est donc le bienvenu n'hésitez pas également à le lui dire mais je voulais que le message soit passé merci

18:56
Locuteur

merci merci

Face à Face : Pierre de Villiers - 11/12 · Pourquijevote