Elisabeth Borne
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
C'est un pari politique ou c'est un pari vaccinal et de santé publique ?
- 0:31RelanceRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que le Président a obtenu des assurances des laboratoires ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Vous allez sur le site de Bridgestone aujourd'hui ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Est-ce que la situation des salariés de Bridgestone trouve une issue aujourd'hui ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Les Japonais ils sortent définitivement ou ils font quelque chose pour les salariés ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous lancez un appel à généraliser le télétravail ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Invité politiqueFait
« Le Président de la République suit évidemment la mise en œuvre de notre stratégie vaccinale avec beaucoup d'attention. »
- 1:36Invité politiqueChiffre
« Il y avait effectivement eu une annonce très brutale en septembre dernier de la fermeture d'un site où travaillent 863 salariés. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Moi j'avais deux objectifs, c'est évidemment ne laisser aucun salarié sans solution et puis aussi que l'entreprise exerce ses responsabilités. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« Il y a déjà plus de 450 offres d'emploi sur cette plateforme. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Renforcer le recours au télétravail, c'est un des leviers, une des mesures qui doit nous permettre d'éviter un nouveau confinement. »
- 3:58Invité politiqueFait
« La règle, elle est simple, elle n'a pas changé. C'est que tout ce qui peut être fait à distance doit être fait en télétravail. »
- 4:51Invité politiqueFait
« J'ai aussi mobilisé les services du ministère du Travail, notamment l'inspection du travail, qui vont recevoir une instruction aujourd'hui leur demandant d'intensifier leurs interventions en entreprise. »
- 6:52Invité politiqueChiffre
« Ils vont bénéficier par exemple de l'activité partielle prise en charge à 100% par l'État. »
- 7:14Invité politiqueChiffre
« Les saisonniers ont été recrutés à 95% dans les remontées mécaniques. »
- 7:22Invité politiqueChiffre
« On a à peu près 30 000 saisonniers sur les 60 000 qui travaillent pendant la saison au moment des vacances de Noël qui ont pu être embauchées. »
- 9:40Invité politiqueChiffre
« Le confinement tel qu'il s'est pratiqué au mois de mars, on a eu une chute de 30% de l'activité économique, plus d'un million de chômeurs de plus. »
- 12:42Invité politiqueFait
« On va avoir des vaccins AstraZeneca qui en effet à ce stade ne sont pas... dont l'effet n'est pas confirmé pour les plus de 65 ans. »
- 12:55Invité politiqueFait
« On pourra recourir à tous les vaccins qui ont une autorisation au niveau européen et national. »
Temps de parole
- Élisabeth Borne60 %
- Présentateur36 %
- Présentateur 24 %
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Radio Classique, l'invité de Guillaume Durand avec le Figaro. C'est un pari politique ou c'est un pari vaccinal et de santé publique ? La déclaration et l'intervention du Président de la République. Bonjour d'abord.
Bonjour, que le Président de la République suit évidemment la mise en œuvre de notre stratégie vaccinale avec beaucoup d'attention et qu'il a aussi voulu mobiliser les laboratoires pharmaceutiques pour qu'on puisse accélérer la production de vaccins sur le sol européen, ce qui va nous permettre effectivement de sécuriser notre stratégie vaccinale.
Mais est-ce que ça veut dire qu'à partir du moment où il a rencontré en fin de soirée justement ses patrons de laboratoire et qu'il a pris la décision d'aller au journal de TF1 un peu par surprise, ça veut dire qu'il a obtenu des assurances ? Parce que là, s'engager pour l'été, parler de quatre sites qu'on ne connaît pas encore où on pourra les fabriquer, ça veut dire quand même que les relations entre les laboratoires, l'État, la Commission européenne ayant été quand même assez compliquées ces derniers temps, les assurances ont probablement été préalables à l'intervention.
Oui, je vous confirme que si le Président de la République a pu annoncer effectivement ses avancées avec les laboratoires pharmaceutiques, cette capacité à produire des vaccins sur le sol français, c'est qu'il a pu avoir des engagements de la part des entreprises concernées.
Donc c'est une certitude et c'est une annonce que vous nous faites ce matin. Vous allez sur le site de Bridgestone aujourd'hui, c'est vrai ? J'étais hier sur le site de Bridgestone. J'étais hier sur le site de Bridgestone. Est-ce que la situation qui est une situation catastrophique pour les salariés trouve ce matin un aboutissement pour que certains d'entre eux puissent se reconvertir ou en tout cas trouver une issue à la fermeture du site ?
Alors il y avait effectivement eu une annonce très brutale en septembre dernier de la fermeture d'un site où travaillent 863 salariés. Moi j'avais deux objectifs, c'est évidemment ne laisser aucun salarié sans solution et puis aussi que l'entreprise exerce ses responsabilités, répondre à ses responsabilités au profit du territoire pour y recréer des emplois. Moi j'ai pu hier participer à une réunion de la plateforme territoriale qu'on a mise en place pour que tout le monde se mobilise pour retrouver des emplois.
Les Japonais ils sortent définitivement ou ils font quelque chose pour les salariés ?
Les Japonais ils ont très clairement à accompagner les salariés par exemple pour qu'ils puissent avoir des congés de reclassement pendant lesquels ils vont pouvoir se former. Pour retrouver un nouvel emploi, on a mis en place une plateforme qui réunit tout le monde, les élus, les acteurs de l'emploi, les entreprises. Il y a déjà plus de 450 offres d'emploi sur cette plateforme. Donc c'est important pour les salariés de voir que tout le monde se mobilise et par ailleurs qu'il y a des offres d'emploi. Ça ne dispensera pas l'entreprise de répondre à ses obligations pour le territoire en finançant autant de recréations d'emplois qu'il y a eu de destruction.
Et donc c'est tout l'enjeu de la négociation qui va s'ouvrir avec l'entreprise sur la revitalisation, donc le financement de ses créations d'emplois.
Nous sommes en direct avec Elisabeth Borne et nous naviguons entre la microéconomie, le régional et évidemment, j'allais dire le national. Dans toute la bataille qui est menée actuellement, il y a un argument important qui est l'argument du télétravail. J'ai presque envie de vous demander, est-ce que ce matin vous lancez un appel à tous les chefs d'entreprise pour qu'ils généralisent le télétravail ? Parce qu'il y en a beaucoup qui ne sont pas forcément favorables à ce télétravail. Et puis il y a aussi beaucoup de salariés qui se sentent mal à l'aise dans cette situation qui les éloigne de toute relation sociale. Est-ce que cet appel, vous nous le lancez réunir ce matin ?
Alors, effectivement, je suis consciente que c'est un effort important qu'on demande aux salariés, dont certains télétravaillent depuis maintenant plusieurs mois. Mais très clairement, aujourd'hui, je le dis, renforcer le recours au télétravail, c'est un des leviers, une des mesures qui doit nous permettre d'éviter un nouveau confinement. Donc je lance réellement un appel aux chefs d'entreprise, aux salariés, pour renforcer la mise en œuvre de ce télétravail. Je rappelle que la règle, elle est simple, elle n'a pas changé. C'est que tout ce qui peut être fait à distance doit être fait en télétravail.
Si toutes vos tâches peuvent être faites à distance, alors vous devez être à 100% en télétravail.
Madame Borne, c'est l'appel du 3 février, qui est lancé par Elisabeth Borne. Mais est-ce que c'est un appel musclé avec éventuellement, comment peut-on dire, j'allais dire, presque des menaces ou des sanctions financières, ou c'est simplement une intention, un souhait du gouvernement ?
C'est d'abord un appel à la responsabilité. Et moi, j'ai réuni les organisations patronales et syndicales lundi, en leur demandant de relayer ces messages dans les entreprises. On a aussi identifié un certain nombre de secteurs dans lesquels le recours au télétravail a baissé. Donc, on les contacte un par un pour leur demander de se remobiliser. J'ai aussi mobilisé les services du ministère du Travail, notamment l'inspection du travail, qui vont recevoir une instruction aujourd'hui, leur demandant d'intensifier leurs interventions en entreprise, pour accompagner, pour conseiller, mais aussi pour contrôler, et sanctionner le cas échéant.
Parce que vraiment, il y a des sanctions, si vous ne respectez pas les règles du protocole sanitaire en entreprise, qui prévoient un recours maximal au télétravail.
Vous devriez avoir des enquêtes dans les entreprises, c'est ce que vous annoncez. Vous allez débarquer par vous, mais les services vont débarquer dans les entreprises, pour savoir si les règles sanitaires sont...
Je confirme que mes services vont renforcer leurs interventions en entreprise, pour conseiller, pour contrôler, et le cas échéant pour sanctionner.
Il y a un monde qui est un monde touché, puisque les vacances arrivent. C'est le monde du ski, on va en parler dans un instant, mais je voudrais qu'on s'apesantisse sur les contrôles aux frontières, parce que ça vous concerne aussi, puisqu'on sait qu'il faut des tests PCR. Alors, il y a une grande différence entre les touristes, mais enfin le tourisme intra-pays européen, c'est quand même pas très recommandé, en tout cas c'est la recommandation du gouvernement pour l'instant, et puis les travailleurs frontaliers, c'est très compliqué.
Comment on fait la différence entre un Durand qui veut partir se promener pour aller faire du ski en Suisse, et un travailleur frontalier qui habite le Jura à Pontarlier, mais qui veut aller travailler de l'autre côté de la frontière ? Quelle est la marge de manœuvre, et comment faire pour distinguer ce qui est du domaine du plaisir à ce qui est du domaine de l'obligation ?
Non, mais quand vous avez des contrôles aux frontières, et on renforce ces contrôles, si vous justifiez que vous allez travailler de l'autre côté de la frontière, vous vous laisse passer, sinon on exige un test PCR, comme ça a été annoncé vendredi dernier par le Premier ministre.
Comme ministre du Travail, les stations de ski, vous le savez, sont dans une situation catastrophique, puisqu'on a vu évidemment que les locations avaient diminué dans les proportions phénoménales pour ces vacances de février, que pouvez-vous faire pour eux, de plus de ce qui a été fait ?
Alors, on les a réunis, on a réuni tous les acteurs de la montagne avec le Premier ministre lundi dernier, on a annoncé qu'on allait renforcer encore l'accompagnement des secteurs qui sont très impactés par effectivement ces restrictions et qui font baisser la fréquentation des stations de ski. Ils vont bénéficier par exemple de l'activité partielle prise en charge à 100% par l'État. Moi, j'ai aussi rappelé aux employeurs l'importance d'embaucher les saisonniers. Vous savez qu'on a partie de nos concitoyens qui font une bonne partie de leur activité pendant cette saison hivernale. J'avais lancé cet appel dès le mois de novembre. Il a été entendu par beaucoup d'employeurs.
Par exemple, les saisonniers ont été recrutés à 95% dans les remontées mécaniques. C'est moins le cas dans d'autres secteurs. Et donc globalement, on a à peu près 30 000 saisonniers sur les 60 000 qui travaillent pendant la saison au moment des vacances de Noël qui ont pu être embauchées. On sait qu'on a à nouveau un pic au mois de février. On passe en général à 120 000 saisonniers. Je relance un appel aux employeurs en leur demandant d'embaucher leurs saisonniers, de les placer en activité partielle prise en charge à 100%. Cette activité partielle prise en charge à 100% sera maintenue jusqu'à la fin de la saison, donc jusqu'au 15 avril.
Donc vraiment, c'est très important d'embaucher ces saisonniers.
Vous confirmez, Bruno Le Maire en a parlé, que les sanctions seraient assez violentes pour tous ceux qui installeraient une sorte de restauration clandestine ?
Mais je confirme, vous savez, aujourd'hui, on essaie tous d'éviter un nouveau confinement dont on mesure des impacts économiques, sociaux, les impacts aussi sur l'éducation des jeunes. Et on ne peut pas laisser quelques-uns braver les règles et nous mettre tous en risque.
Il faudrait qu'on écoute François Grosdidier, qui est le maire de Metz. Je vais demander à notre bien-aimé réalisateur. Il vient de s'exprimer il y a quelques instants parce qu'il considère que le reconfinement est quasiment une obligation. Car, dit-il, par exemple, dans ma région, à Metz, l'épidémie progresse, progresse, progresse. Voici François Grosdidier. Depuis le mois de décembre, je me tue à expliquer que le couvre-feu à 18h tue certainement les commerçants qui survivaient, continue à étouffer littéralement la culture, mais ne nous préserve pas de l'épidémie. Au contraire, nous explique davantage. Et on continue.
Plutôt qu'un couvre-feu généralisé, il vaut mieux un confinement fort, mais aux endroits où vraiment on a une poussée d'épidémie pour réguler le flux des urgences. Voilà, ce qu'il explique, c'est qu'en fait, il y a des pays, enfin, des pays des régions de France qui sont très touchés. On sait par exemple qu'aux Pays-Basques, il y a très peu de cas, que dans certaines régions de Bretagne, il y a très peu de cas. Eux, ils sont extrêmement touchés. Et au fond, ils vous reprochent de ne pas taper suffisamment fort sur la table dans des régions qui sont dans une situation dangereuse. La sienne, par exemple.
Écoutez, je peux vous assurer que toutes les semaines, voire tous les jours, on surveille les chiffres de l'épidémie et on essaye de prendre les meilleures mesures pour protéger la santé des Français, mais aussi tenir compte de ce qu'on sait aussi sur les impacts d'un confinement, sur l'économie. Je rappelle que le confinement tel qu'il s'est pratiqué au mois de mars, on a eu une chute de 30% de l'activité économique, plus d'un million de chômeurs de plus. On a aussi des enfants qui ont été très pénalisés dans leur scolarité.
Les cas, on s'en touche aussi maintenant.
Il faut aussi mesurer ce que ça veut dire un confinement. Donc, on veut trouver le meilleur chemin. Mais lui, il a peur pour ses hôpitaux. Mais vous pensez que le gouvernement ne se préoccupe pas de la situation dans les hôpitaux ? Moi, je peux dire à M. Gros Didier qu'on le suit jour par jour et heure par heure en cherchant le meilleur équilibre entre évidemment la priorité qui est donnée à la santé, mais aussi les meilleures mesures qu'on peut prendre pour casser la dynamique de cette épidémie et éviter effectivement tous les impacts économiques, sociaux, éducatifs que peut avoir un confinement.
Mais vous savez, Mme Borne, nous sommes en direct sur l'antenne de Radio Classique, qu'il y a dans la tête des gens qui nous écoutent ce matin parfois des informations qui sont contradictoires. Alors, vous faites partie, disons, vous avez une approche de la situation qui est rationnelle. Mais quand les gens qui nous écoutent savent que, par exemple, les Italiens déconfinent, que dans d'autres pays, c'est la fermeture totale, qu'ici, on a choisi une stratégie différenciée et que pourtant, on est européen, donc on devrait avoir une stratégie commune, que ce soit les vaccins ou les situations couvre-feu, confinement. On n'a pas de situation commune.
Il n'y a pas de comparaison entre ce qui se passe à Rome actuellement, ce qui se passe à Paris et ce qui se passe à Berlin ou à Munich.
Bien sûr, mais on n'est pas non plus dans la même situation. Vous savez, on a effectivement eu une flambée de l'épidémie au Royaume-Uni, par exemple, en Irlande, au Portugal. Laissez l'épidémie s'emballer comme elle l'a fait chez nos voisins et c'est bien pour ça qu'on est très attentifs à surveiller l'évolution des nouveaux cas, la diffusion des variants. Mais je rappelle aussi qu'on a eu un confinement au mois de novembre, ce que nos voisins n'ont pas eu, qui a permis de faire baisser le nombre de nouveaux cas et la pression sur notre système hospitalier et on essaie de prendre les meilleures mesures en tenant compte de la situation française.
Donc, au fond, c'est une politique européenne avec une... Il y a une dimension européenne, par exemple, pour être plus fort face à des laboratoires qui produisent à l'échelle mondiale et pour se procurer des vaccins. Et ensuite, on a des mesures qui doivent être adaptées à la situation de chacun des pays. Trouver le meilleur équilibre et ce n'est pas quelque chose qui est définitif. On est amené à l'ajuster au fur et à mesure les informations qu'on peut avoir sur l'épidémie, mais trouver le meilleur équilibre entre protéger la santé des Français, mais aussi protéger l'emploi des Français, permettre aux jeunes de continuer à aller à l'école, par exemple.
Dernier point, quand est-ce qu'on saura quels sont les quatre sites de fabrication des vaccins ? C'est semble-t-il l'objet de la négociation qu'il y a entre les patrons de laboratoires et le président de la République ?
Je pense que le gouvernement fera très prochainement des annonces à la fois sur la stratégie vaccinale compte tenu du nouveau vaccin qui est autorisé AstraZeneca et puis également dans la foulée des annonces qui ont été faites hier par le président de la République.
Et si AstraZeneca pose quelques problèmes pour les plus de 65 ans, est-ce que par exemple le gouvernement va regarder de très près Sputnik ? Parce qu'on parle beaucoup de l'arrivée de Sputnik aussi, peut-être.
On va avoir des vaccins AstraZeneca qui en effet à ce stade ne sont pas... dont l'effet n'est pas confirmé pour les plus de 65 ans. Donc on va réadapter la stratégie vaccinale et puis le président de la République l'a aussi dit qu'on pourra recourir à tous les vaccins qui ont une autorisation au niveau européen et national. L'objectif c'est évidemment d'aller le plus vite possible dans cette stratégie vaccinale.
Il est 8h28 sur l'antenne de Radio Classique. Nous étions avec Elisabeth Borne qui est ministre du Travail donc dans le gouvernement de Jean Castex. Elle était l'invité de Radio Classique ce matin. Merci, bonne journée à vous.
Élisabeth Borne