Prisons : quand les détenus font la loi... - C dans l’air l’invité - 25.01.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Des prisons de haute sécurité pour narcotrafiquants sont-elles nécessaires selon vous ?
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82 000 téléphones récupérés par an en prison : est-ce une réalité ?
- 0:50OuverteRéponse directe
Des surveillants corrompus facilitent-ils les trafics en prison ?
- 1:10OuverteRéponse directe
Les narcotrafiquants ont-ils des réseaux au sein des prisons ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Pourquoi les narcotrafiquants sont-ils des caïds en prison ?
- 1:50OuverteRéponse directe
La peur a-t-elle changé de camp entre surveillants et détenus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ce n'est pas moi qui le dis, mais la pénitentiaire. 82 000 détenus et 58 000 téléphones par an qui sont récupérés. »
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« Plus ils sont hauts placés, et plus c'est facile de les acheter. »
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« Il y a 17 000 détenus liés au narcotrafic. »
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« Si jamais on vous menace, votre famille, combien de temps vous allez résister sachant que vous êtes seul ? »
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« On va lui faire une vie impossible. Toutes les fois où il va ouvrir une cellule, on va lui cracher dessus, l'insulter. »
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« Ca commence quand vous êtes en promenade et qu'il y a un énervé qui vient vous voir et vous dit qu'il veut un paquet de spaghettis. »
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« Ca fait 60 ans qu'on échoue. Il est peut-être temps de changer. »
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« La peur a changé de camp. La drogue est absolument partout. La violence aussi. »
- 7:35P.BottonFait
« Vous avez des jeunes qui sont habitués à n'obtempérer à rien, ni à leur famille, ni à la police. »
- 7:55P.BottonFait
« La réinsertion n'existe pas. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On vous attend ! ... - A.de Tarlé: P.Botton, bonsoir.
Vous êtes ancien homme d'affaires, ancien détenu. Vous avez connu la prison. Vous publiez "Quand les détenus font la loi" chez Robert Laffont.
G.Darmanin, le ministre de la Justice, a annoncé la création de prisons de haute sécurité dédiées aux narcotrafiquants. Des prisons où il sera "impossible de se faire livrer des téléphones ou des drogues".
Aujourd'hui, de ce que vous avez vu, c'est monnaie courante? - P.Botton: Ce n'est pas moi qui le dis, mais la pénitentiaire. 82 000 détenus et 58 000 téléphones par an qui sont récupérés. - A.de Tarlé: Il y a des surveillants qui viennent d'être mis en examen pour des affaires de corruption dans la prison d'Osny.
Ils ferment les yeux contre rémunération pour faire rentrer du cash, des téléphones portables... - P.Botton: Plus ils sont hauts placés, et plus c'est facile de les acheter.
C'est une phrase d'un détenu que j'ai connu. Des affaires comme ça, il y en a beaucoup. Vous avez eu Villepinte, notamment. - A.de Tarlé: Les narcotrafiquants ont de l'argent et les surveillants sont mal payés, donc c'est facile... - P.Botton: Je ne crois pas que ce soit ça.
L'argent est très important, évidemment. Je veux protéger les surveillants. Ils ont un métier très difficile.
Ils sont menacés, en fait. Si jamais on vous menace, votre famille, combien de temps vous allez résister sachant que vous êtes seul? Ils ont menacé une juge d'instruction à Avignon.
Elle a dû vendre sa maison et déplacer les enfants d'école. - A.de Tarlé: "Tu vas fermer les yeux sur ce colis, sinon, je vais m'occuper de toi, de tes enfants"? - P.Botton: Ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe.
Si un surveillant est ciblé, à ce moment-là, dans toute la prison, on va lui faire une vie impossible. Toutes les fois où il va ouvrir une cellule, on va lui cracher dessus, l'insulter. Il y a 17 000 détenus liés au narcotrafic. - A.de Tarlé: Ils arrivent à faire la loi... - P.Botton: C'est le titre du livre! - A.de Tarlé: Est-ce qu'il y a Une sorte de détenu qui a l'ascendant sur les autres?
Est-ce que les narcotrafiquants font parti de cette "race" de détenu qui fait la loi? - P.Botton: Bien sûr.
C'est très connu, bien sûr. - A.de Tarlé: Pourquoi?
Pourquoi les narcotrafiquants sont-ils des caïds? - P.Botton: Déjà, ils ont des réseaux au sein de la prison.
C'est vraiment comme ça. - A.de Tarlé: Ca veut dire quoi, être un caïd?
Ca veut dire qu'on vous respecte? - P.Botton: Moi, j'ai été menacé pour d'autres raisons.
C'était par rapport à un appel à la prière que je contestais. Ceux qui m'ont défendu, ce n'est pas les surveillants, mais des détenus qui m'ont dit: "Il ne va rien t'arriver. Viens avec nous." - A.de Tarlé: Vous êtes en train de dire que la peur change de camp? - P.Botton: Totalement.
Quand je dis que les surveillants sont de la chair à canon, c'est ça. Ils sont totalement lâchés par leur hiérarchie. J'entends des gens contester les décisions de G.Darmanin, à qui je fais confiance, pour l'instant.
Il vient d'arriver. Il prend des décisions. Les autres n'en avaient pas pris.
Les gens qui parlent ne sont jamais dans les coursives. Ils ne sont jamais au coeur du problème des prisons. Les magistrats, je n'en ai jamais vu.
Ils rentrent dans les prisons pour les commissions d'application des peines. Et ils sont très respectés. - A.de Tarlé: Il y a des narcotrafiquants qui arrivent à faire embaucher des surveillants à leur main, il paraît.
Il y a des surveillants qui sont des copains. - P.Botton: J'en ai entendu parler il y a 3 ans à la maison d'arrêt d'Arles.
Aujourd'hui, il y a une chose qui change. Les Français le voient. Que vous soyez dans le Lot-et-Garonne, à Paris, à Marseille, dans la Creuse, en Lozère, de toute façon, vous y avez droit.
C'est pour ça que les Français doivent s'occuper de leurs prisons. Ils ne doivent pas dire: "On les met en prison et on s'en fout." Ils ressortent et vont mettre en danger votre famille.
Regardez tous les dégâts collatéraux qu'il y a eu. - A.de Tarlé: Quand vous dites respecter G.Darmanin... - P.Botton: Je ne dis pas ça. - A.de Tarlé: "Il va montrer que quand on est en prison, on ne peut pas avoir une vie agréable." Est-ce qu'il y en a qui ont une vie agréable et d'autres, comme vous, qui ont une vie épouvantable? - P.Botton: Il n'y a pas de vie agréable en prison. - A.de Tarlé: Pourquoi a-t-il dit ça? - P.Botton: Il fait de la politique.
Quand vous êtes enfermé 22 heures sur 24, loin de votre famille, que c'est compliqué pour eux, il n'y a pas de vie agréable. - A.de Tarlé: Est-ce que les caïds arrivent à avoir du haschisch... - P.Botton: Il n'y a pas que les caïds.
Il y a de la drogue de partout. - A.de Tarlé: C'est pour acheter la paix civile? - P.Botton: Je n'en sais rien.
On dit que ça rentre par les surveillants, et je suis content. On disait que ça rentrait par les parloirs des familles. Ce n'est pas vrai.
On protège nos familles, nous. On n'a pas envie de les utiliser pour ça. Ca rentre par les surveillants...
Mais ça ne rentre pas par les familles. - A.de Tarlé: Vous disiez tout à l'heure: "A un moment, j'ai eu des ennuis en prison." Quels sont les moments de vulnérabilité où on a peur? - P.Botton: Ca commence quand vous êtes en promenade et qu'il y a un énervé qui vient vous voir et vous dit qu'il veut un paquet de spaghettis. - A.de Tarlé: C'est quoi? - P.Botton: Un paquet de spaghettis.
Soit vous dite oui...
Ca commence par ça, et après...
Le ballon en promenade qui passe là, là... "Tu vas arrêter?" "Oui, mais j'ai besoin de 1000 euros." - A.de Tarlé: On ne renonce pas à aller en promenade, du coup? - P.Botton: Il ne faut surtout pas.
C'est un bras de fer. - A.de Tarlé: Vous tenez tête à des caïds qui ont des méthodes... - P.Botton: Oui. - A.de Tarlé: Vous recherchez un protecteur? - P.Botton: Pas du tout.
Je suis un vieux bonhomme. Je connais malheureusement bien la prison, cet univers. Je connais bien les détenus.
Vous allez le voir droit dans les yeux et vous lui dites: "Défonce-moi si tu veux, mais ça ne marchera pas. Tu n'auras rien." - A.de Tarlé: Vous avez fait 2 passages en prison, un au début des années 90 et un au début de 2020.
Ca a beaucoup changé? - P.Botton: La peur a changé de camp.
La drogue est absolument partout. La violence aussi. La population pénale a changé.
Vous avez des jeunes qui sont habitués à n'obtempérer à rien, ni à leur famille, ni à la police. Ils ont intégré la prison. - A.de Tarlé: Comment on ressort de la prison?
Vous dites que c'est l'école du crime. - P.Botton: Je ne savais pas où trouver des armes... - A.de Tarlé: Quand on met des petits jeunes en prison, ils ressortent comment? - P.Botton: C'est une folie.
Il faut profiter de cette période d'incarcération. Dans 7 jours, on va fêter l'anniversaire de R.Badinter, qui l'avait bien compris.
Il faut profiter de cette période pour les remettre dans le droit chemin. Ce n'est pas quand on est à 4 dans une cellule prévue pour 1, ou quand on est confronté à la violence ou qu'on reste 22 heures sur 24 dans une cellule que ça va arriver. Il faut que les Français l'entendent.
C'est un discours complètement inaudible, je le sais. - A.de Tarlé: Il faut construire des prisons et en finir avec la surpopulation carcérale? - P.Botton: Et quand ils sont incarcérés, pour certains détenus, il faut leur donner cette chance.
Il faut leur donner ce qu'ils n'ont pas à l'extérieur. Evidemment, ça choque. Que voulez-vous?
Qu'ils sortent en vous tirant dessus ou qu'ils sortent mieux? On a tout un travail à faire, là-dessus. La dame qui m'a maquillé m'a dit: "Je voulais maquiller les femmes en prison et on ne me l'a pas permis." Ca, c'est une honte.
Vous savez ce que c'est pour une femme détenue, de retrouver son visage de femme? C'est comme ça que vous réintégrez les gens. Vous avez des gens qui veulent aider, et on le leur refuse.
C'est une honte. Tant qu'on sera comme ça, on va échouer. Ca fait 60 ans qu'on échoue.
Il est peut-être temps de changer. - A.de Tarlé: La réinsertion, comment ça se passe?
Est-ce qu'il faut cacher qu'on est passé par la prison pour trouver un emploi, un logement? - P.Botton: La réinsertion n'existe pas.
Evidemment, je ne suis pas du tout représentatif. Je vais vous expliquer pourquoi. Pour avoir un emploi, vous allez vous tourner vers qui? - A.de Tarlé: Vers le caïd qu'on a rencontré en prison? - P.Botton: Bien sûr.
Toute la société a à faire un geste. Le boulanger peut essayer de prendre un gars. Je suis pour qu'on le paye, ce boulanger.
Gérald Darmanin