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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 31 août 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéEurope & international

Macron va t-il s'arroger les pleins pouvoirs ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Alors c'est la crise, ça y est Nils ?

  • 4:33OuverteÉludée

    Vous aviez un propos qui a étonné boomers sur la situation économique. Est-ce que vous réitérez ces propos ? Est-ce que les boomers sont responsables ?

  • 6:40OuverteRéponse directe

    Comment les ministres ont-ils appris la nouvelle de la demande de confiance de Bayrou ?

  • 9:16RelanceRéponse directe

    Marine Tondelier a critiqué Bayrou. Que répondez-vous ?

  • 18:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu as pu glaner quelques infos à l'Élysée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:04PrésentateurFait
    « Macron prononçait la dissolution de l'Assemblée et imposait un gouvernement de droite avec Barnier à sa tête, malgré les résultats des urnes qui avaient mis le NFP en tête. »
  • 4:46InvitéFait
    « Boomer, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire ceux qui sont les enfants du baby-boom. J'en suis. »
  • 5:18InvitéFait
    « Ceux-là qui ont profité de l'aisance de l'après-guerre, qui ont travaillé beaucoup, mais qui ont profité de cet élan-là, ils devraient être aujourd'hui, à mes côtés, les premiers, pour qu'on baisse la dette et pour que ça ne soit pas les plus jeunes qui soient obligés de la payer. »
  • 8:24PrésentateurFait
    « François Bayrou a échappé à plusieurs motions de censure grâce au parti de Marine Le Pen à l'extrême droite. »
  • 10:28InvitéFait
    « Mais ce n'est pas sur la confiance. On n'a rien compris. Et là, quand il se rend compte que tout le monde dit, bah oui, nous, on va répondre qu'on n'a pas confiance. Voilà, on va voter contre. »
  • 12:25PrésentateurFait
    « L'article 16 de la Constitution permet au président de la République de s'arroger les pleins pouvoirs en cas de situation de crise. »
  • 15:18InvitéFait
    « Le RN s'est reculé sur le report de l'âge de départ à la retraite, puisqu'il a dit que ce n'était plus une priorité. »
  • 15:42InvitéFait
    « La productivité de l'économie française, entre 2017 et 2025, elle stagne. »
  • 20:23PrésentateurFait
    « Marine Le Pen réclame comme Mélenchon une dissolution, voire une démission du président interne. »

Temps de parole

  • Présentateur59 %
  • Présentateur 220 %
  • Invité9 %
  • Invité 26 %
  • Présentateur 34 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode de Les Indiscrets sur le Média, votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils Vilqueux, grâce à son carnet d'adresses sans égale et sa connaissance fine des acteurs politiques de tous bords. Nils nous permet d'armonter chaque semaine les coulisses et ce qui se trame dans la politique française et d'aller chasser les indiscrétions, une émission permise grâce à votre soutien.

Et face à la montée de l'extrême droite, le Média a encore plus besoin de vous, alors soutenez notre projet Riposte, une campagne citoyenne cruciale pour bâtir une chaîne d'infos indépendante et populaire. Cette bataille pour la démocratie nous concerne tous, ça se passe dès maintenant sur campagne.lemedia.tv.fr. Mais tout de suite, c'est parti pour Les Indiscrets. Au sommaire cette semaine, et c'est reparti comme en 24, comme en 2024. Emmanuel Macron risque fort de se retrouver sans Premier ministre le 8 septembre prochain. François Bayrou a décidé de jouer qui tout double en réclamant la confiance des députés, sinon il part. Les oppositions ont tout de suite annoncé qu'elle voterait non.

Emmanuel Macron, lui, affiche une confiance à toute épreuve, mais se retrouve à nouveau en première ligne. Nils a enquêté sur les enjeux et coulisses de cette rentrée politique hors normes. Et vous entendez ce silence ? C'est Marine Le Pen qui reste en retrait du tumulte politique, alors que le pays connaît une grave crise de gouvernance politique et une colère sociale qui devrait s'exprimer le 10 septembre dans les rues. La patronne du RN donne l'impression d'attendre que le fruit Macron tombe pour recueillir le pouvoir. On va tenter d'y voir plus clair dans la stratégie du parti d'extrême droite pour la rentrée. Bonjour Nils. Salut Lisa, salut à toutes et à tous.

Alors c'est la crise, ça y est Nils ? Oui, et tu l'as dit en introduction, il y a comme un goût de déjà-vu dans le scénario que Macron et son Premier ministre tentent de vendre aux Français. Il y a un an, Macron prononçait la dissolution de l'Assemblée et imposait un gouvernement de droite avec Barnier à sa tête, malgré les résultats des urnes qui avaient mis le NFP en tête. A l'époque déjà, les observateurs de la politique, dont nous aux médias, les journalistes, nous demandions comment ce gouvernement à droite allait tenir sans majorité à l'Assemblée. Ça n'avait pas raté, Barnier était tombé au bout de trois mois.

Et à la place, Macron avait sorti de son chapeau Bayrou, un politicien sur le retour à la ligne politique floue qui a accumulé les erreurs et les casseroles, dont le gigantesque scandale Bétharam que nous avons largement couvert aux médias. Il n'empêche, on a tenu huit mois, me souffle un soutien du Béarnet qui trouve que ce n'est déjà pas si mal. Mon interlocuteur met la fin tendue du gouvernement sur le compte de la composition de l'Assemblée sans majorité pour le président. Mais il y a aussi la personnalité de François Bayrou qui pouvait apparaître aux yeux du grand public comme un centriste bountain, potentat local mais capable de discuter avec l'ensemble des partis.

En réalité, le Premier ministre est apparu dans toute sa médiocrité, menteur sur Bétharam, on l'a dit, mais aussi sur la situation économique du pays qu'il n'a de cesse de dramatiser. Sans souffle, sans projet, il n'a cessé de louvoyer pour gagner du temps son obsession, comme Emmanuel Macron, et tenir à Matignon. Sans compter ces gaffes et sorties loufoques, pour ne pas dire ridicules, qui lui ont valu les moqueries du public mais aussi un certain mépris de la part de ses pairs, non ?

Oui, si au début les impairs de François Bayrou ont pu le rendre touchant aux yeux de certaines personnes, comme lorsqu'il cherchait ses papiers lors de son premier discours de politique générale à l'Assemblée. Il a vite lassé par son côté décalé qui tranche avec la gravité de la situation qu'il n'a cessé de marteler auprès des Français. Et alors là, nouvelle gaffe sur les boomers, comme on dit lors de son intervention au JT de TF1.

3:50
Invité

Les premières victimes, c'est les plus jeunes des Français, à qui on a réussi à faire croire, je disais tout à l'heure, ça sera dans les livres d'histoire. C'est eux qui sont les victimes, c'est eux qui devront payer la dette pendant toute leur vie. Et on a réussi à leur faire croire qu'il fallait encore l'augmenter. Vous ne trouvez pas ça génial ? Tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers, comme on dit, qui, de ce point de vue-là, considèrent que, ma foi, tout va très bien. Je crois, moi, que la lucidité, c'est la première vertu d'une nation et la volonté de s'en sortir.

4:30
Présentateur

Voilà. Et finalement, le lendemain, on dirait qu'il n'assume plus.

4:33
Auditeur

Vous aviez un propos qui a étonné boomers sur la situation économique. Est-ce que vous réitérez ces propos ? Est-ce que les boomers sont responsables ?

4:41
Invité

Non, non. Vous déformez ce que j'ai dit. Alors, je vais vous dire ce que j'ai dit. Boomer, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire ceux qui sont les enfants du baby-boom. J'en suis. Ceux qui sont nés après la guerre, entre 1945 et 1965, ces 20 années ou 25 années-là, eh bien, c'est une génération qui a été très nombreuse. C'est la renaissance démographique de la France après la guerre. Alors, c'est une expression que votre génération a inventée et que j'ai donc simplement reprise. Qu'est-ce que je dis ?

Je dis que ceux-là qui ont profité de l'aisance de l'après-guerre, qui ont travaillé beaucoup, mais qui ont profité de cet élan-là, ils devraient être aujourd'hui, à mes côtés, les premiers, pour qu'on baisse la dette et pour que ça ne soit pas les plus jeunes qui soient obligés de la payer. Vous avez entendu ce que j'ai dit là. La dette qu'on a accumulée, c'est votre génération qui va la payer. Ceux qui sont au travail et ceux qui seront au travail demain. Et je trouve qu'il y a là quelque chose qui est immoral. Qu'une génération ne pense pas à la génération suivante.

qu'elle lui impose sans le lui dire la charge d'avoir à payer pendant des décennies des facilités que nous avons rencontrées aujourd'hui, ça n'est pas normal. Et qui devrait être en première ligne ? Ben, c'est les parents. Parents, grands-parents.

6:14
Auditeur

On a ceux qui ne veulent pas, en fait.

6:17
Invité

Mais ceux qui ne veulent pas, c'est exactement l'objet du débat.

6:21
Présentateur

Voilà, en fait, c'est un peu comme Emmanuel Macron. On n'est pas assez intelligent pour comprendre cette pensée complexe. C'est vraiment du Bayrou pur jus. Et puis, Lisa, il a aussi fait preuve de l'acheter, comme me le faisait remarquer un ministre, après avoir appris qu'il comptait demander la confiance des députés le 8 septembre. Eh bien, il n'avait mis aucun de ses collègues dans la confidence. Alors, je demandais justement à ce ministre si, effectivement, comment ils avaient appris la nouvelle. Eh bien, il me dit, on a tous fait une tête de 36 pieds de long en Réunion, puisque, effectivement, on n'avait pas été mis au parfum.

Et donc, pourtant, ce ministre n'est pas quelqu'un anti-Bayrou, parce qu'on sait qu'il y a plusieurs tendances, effectivement, au sein du gouvernement. Tout le monde n'est pas pro-Bayrou. Mais, en réalité, le Premier ministre a traité directement avec Emmanuel Macron, qu'il a rencontré au fort de Brégançon la semaine dernière. Et Emmanuel Macron a probablement fait semblant de croire que ce plan pourrait marcher. Il a pris son risque, c'est ce que m'explique un familier de l'Élysée qui cite la phrase favorique du président, souvenir de ses années de banquier d'affaires chez Rothschild.

C'est vrai que dans l'entourage des ministres, pour avoir un petit peu arpenté les couloirs de l'Élysée cette semaine, on l'a dit aussi, « Ah, mais Bayrou, de toute façon, on a l'habitude, il fait ça tout seul, on n'a pas été prévenu, on commence à avoir l'habitude de sa manière de fonctionner. » Donc, on sentait quand même une petite rancœur là-dessus. Et Bayrou n'a pas raté ou pas pris l'occasion de négocier en plus avec les oppositions. Oui, absolument. Alors, c'est vrai, tu décris très bien cette atmosphère, effectivement, de retournement contre François Bayrou. Là, petit à petit, tout le monde le lâche. C'est un peu… Ils ne veulent pas couler avec le navire Bayrou.

Et puis, c'est vrai qu'il a très, très mal traité avec les oppositions. Lui, qui se voyait en tout cas comme un grand négociateur, un centriste, un pur jus, il a réussi quand même à se mettre à dos la gauche, dont les écolos et l'EPS, qui n'étaient pourtant pas fermés au dialogue au départ. Et surtout, le Rassemblement National, qui constituait quand même son meilleur garde-fou contre une censure à l'Assemblée. On rappelle quand même que François Bayrou a échappé à plusieurs motions de censure grâce au parti de Marine Le Pen à l'extrême droite. Alors, d'abord, il a procrastiné tout l'été en prétendant qu'il ne prenait pas de vacances. Il a fait un peu comme Gérald Darmanin.

Moi, je ne prends pas de vacances. Je travaille, sous-entendu contrairement à ses collègues. D'ailleurs, ça a fait beaucoup plaisir aux ministres. C'était la première cassure, entre guillemets. Et puis, d'ailleurs, l'un de ses ministres me confiait début août qu'il ne comprenait pas, je cite, à quoi Bayrou occupait ses journées. Voilà. Et puis, les socialistes, notamment, qui sont les plus gouvernements compatibles, si j'ose dire, ont attendu en vain un signal de Matignon qui n'est jamais venu. Mais en plus, François Bayrou les a accusés de ne pas avoir répondu à ses appels. C'était au direct du 20h de TF1 lundi, dont on a déjà vu un extrait assez maladroit de sa part.

Autant te dire que ça n'a pas plu du tout aux oppositions. Regardez le coup de gueule de Marine Tondelier, la patronne des écolos.

9:19
Invité

Je vais en discuter, comme c'est toujours le cas, avec les présidents de groupes parlementaires à l'Assemblée nationale, Cyril Châtelain, et au Sénat, Guillaume Gontard. Mais on va se dire les choses, on est déjà allé le voir deux fois. On l'a écouté parler, on l'a entendu dire à Cyril Châtelain et à moi qu'on n'était pas encore nés, je ne sais pas quoi, donc on n'a rien compris. On lui a entendu, quand on lui posait des questions sur les sujets environnementaux, qu'en fait, il avait fait des pistes cyclables à peau, donc tout allait bien se passer. Et au deuxième rendez-vous, il nous a quand même expliqué que l'acétamipride, il avait des preuves que ce n'était pas dangereux pour la santé.

Et au-dessus de ses notes, il y avait des grands logos du ministère de l'Agriculture qui, comme chacun sait, est un expert en matière de santé. Ah ben non, c'est raté. Et donc, voilà. Et là, quand j'entends dire à la télé, bon, là, maintenant, c'est sûr, je vais discuter. Il lui reste un compte à rebours de 12 jours pour tout vous dire. Moi, je pensais que ce soir, il allait annoncer sa démission anticipée pour en finir, voilà, de ce fiasco. Non, lui, il reste 12 jours. Alors là, je vais commencer à discuter. Alors qu'il a fait, il a attendu la fin de la session parlementaire pour faire des propositions qui sont inacceptables pour les Français. Et il le sait.

Il a fait ça ce jour-là pour ne pas qu'il y ait de débat parlementaire possible. Il attend juste avant le début de la reprise de la session parlementaire pour là mettre sa confiance en jeu en disant que ce n'est pas vraiment de la confiance. Mais ça s'appelle un vote de confiance. Mais ce n'est pas sur la confiance. On n'a rien compris. Et là, quand il se rend compte que tout le monde dit, bah oui, nous, on va répondre qu'on n'a pas confiance. Voilà, on va voter contre. Il dit, attendez, attendez, là, je vais vous recevoir. C'est un peu tard quand même. Et surtout en disant, je n'ai pas pu leur parler avant parce qu'ils étaient en vacances. C'est même insultant.

10:43
Présentateur

Il dit du coup, j'ai appelé tout le monde.

10:46
Invité

Moi, il ne m'a pas contacté. Je sais par les journalistes qui veulent me voir. Et ça, vous voyez, il fait comme tout depuis le début à l'envers.

10:52
Présentateur

Voilà, alors évidemment, ça pose quand même un certain nombre de questions. Et ça pose aussi un gros problème à Emmanuel Macron. Alors, il n'a évidemment aucun scrupule à être débarrassé de Bayrou, qu'il déteste. On rappelle quand même que François Bayrou s'est imposé à Matignon. Ce n'était pas du tout le premier choix d'Emmanuel Macron. Alors, évidemment, le président l'a appelé son ami en public la semaine dernière. Toi et moi, on sait ce que ça veut dire. Quand Emmanuel Macron commence à parler d'amitié concernant son premier ministre, c'est comme Édouard Philippe. Deux mois après, il est mort politiquement. Ou en tout cas, il est éjecté du gouvernement.

Et le problème, c'est qu'Emmanuel Macron, si Bayrou, effectivement, n'obtient pas la confiance du Parlement, ce qui a l'air d'être en bonne voie, va se retrouver sans fusible. Puisque le premier ministre, quand même à Matignon, est censé être le fusible du président. C'est-à-dire, il prend les coups à sa place. Et là, Macron va se retrouver un petit peu à poil. Pour reprendre l'expression du célèbre comte d'Andersen, le roi est nu. Et preuve que la situation est grave, la dissolution n'est désormais plus écartée par le locataire de l'Élysée. Je pense que tu en as eu peut-être l'écho aussi lors de ton déplacement à l'Élysée, après le Conseil des ministres.

Mais l'entourage, effectivement, d'Emmanuel Macron répète aux journalistes, il ne va pas se priver d'un pouvoir constitutionnel. Et même des finelles, comme Gérald Darmanin, évoquent désormais publiquement cette éventualité, c'est dire. Alors, l'autre possibilité qui est évoquée en sous-main, c'est l'article 16 de la Constitution, qui revient comme un diable sorti de sa boîte. Donc, l'article 16 de la Constitution permet au président de la République de s'arroger les pleins pouvoirs en cas de situation de crise. Alors, évidemment, on n'en est pas encore là.

Mais n'oublions pas que l'année dernière, en 2024, quand le même scénario avait déjà été joué, le président avait fait venir à l'Élysée d'éminents constitutionnalistes et juristes, de mémoire, c'était le journal L'Opinion qui l'avait révélé, pour connaître les modalités de cet article, donc le fameux article 16, qui n'a pas été utilisé depuis De Gaulle en 1961, lors du putsch des généraux à Alger. Voilà, donc ça remonte quand même. En attendant, Macron, je cite, fait comme s'il avait encore la main, soupire l'un de ses anciens conseillers qui a gardé de bons contacts au château.

Et d'ailleurs, le Figaro relate que mardi soir, le président a réuni une soixantaine de ses collaborateurs dans la salle des fêtes à l'Élysée pour vanter son bilan et les appeler à rester combattifs face à la situation politique. Et donc, cet ancien conseiller me dit, on ne sait pas trop ce qui relève de l'inconscience ou de la méthode couée chez le chef de l'État. Et une autre mauvaise surprise pour Bayrou, c'est venu du Rassemblement national, c'est ton deuxième sujet. Et oui, puisque quelques heures après que Bayrou a annoncé qu'il allait se soumettre à un vote de confiance à l'Assemblée, le parti d'extrême droite a fait savoir qu'il ne la voterait pas, cette confiance.

Parce que s'il s'était abstenu, le Premier ministre aurait pu atteindre le quorum nécessaire de voix, effectivement, pour se maintenir. Mais non, peu après, Marine Le Pen a précisé la position de son groupe qui votera, je cite, « évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou ». Voilà, on le voit s'afficher ce fameux tweet. Alors ça, effectivement, François Bayrou ne s'y attendait pas, et d'ailleurs pas plus qu'Emmanuel Macron selon mes informations. Marine Le Pen n'a pourtant voté aucune des huit motions de censure qui ont visé le gouvernement. Il y en a huit quand même, entre février et début juillet. Mais la donne politique et sociale a changé.

Les frontistes ont lu les sondages, comme les autres partis. On rappelle que plus des trois quarts des Français sont contre Bayrou. Et puis, tu l'as dit en introduction, il y a ce fameux mouvement du 10 septembre, alors qu'il suscite une réaction mitigée au sein du Rassemblement national. On en a parlé pour préparer cette émission, puisque le Rassemblement national a fait savoir qu'il n'avait pas vocation, je cite, ni à être l'instigateur, ni l'organisateur de manifestations. Et d'ailleurs, il ne donnera pas officiellement de consignes assez sympathisantes. C'est ce qu'a assuré vendredi dernier la députée Edwige Diaz, qui est aussi vice-présidente du parti, à l'AFP.

Et en fait, on peut dire que le RN se signale par un double discours sur les questions économiques et sociales. Le parti s'affiche comme un parti des petites gens, alors qu'il épouse en réalité une politique violemment antisociale. Alors, on sait que Bardella, dans ses discours, a déjà dénoncé le soi-disant assistana concernant les prestations sociales. Le RN s'est reculé sur le report de l'âge de départ à la retraite, puisqu'il a dit que ce n'était plus une priorité. Hier, d'ailleurs, il y avait la journée de rencontre entre les politiques et les grands patrons. C'était au MEDEF, effectivement.

Et on a vu Bardella, qui a voulu donner des gages, effectivement, au patronat, avec ce petit Laus, qui a beaucoup fait ricaner sur les réseaux sociaux. Regardez ça. Et moi, je pense que le problème dans notre pays, et l'un des indicateurs dont personne n'a parlé aujourd'hui, c'est que la productivité de l'économie française, entre 2017 et 2025, elle stagne. Et le sujet essentiel, c'est qu'il n'y a pas assez de gens qui, en quantité, travaillent dans notre pays. Il est anormal qu'alors que le premier emploi stable soit de 27 ans en Allemagne, qu'il soit de 23 ans en France, il faut pousser les jeunes plus tôt sur le marché du travail. Il faut mettre en place le collège modulaire.

C'est une erreur que de considérer que toute une classe d'âge, que toute une génération, doit être poussée vers des bacs plus 5 à l'université. Parce que la réponse aussi aux besoins d'un d'oeuvre de nos entreprises, c'est de faire ce qui se fait en Allemagne ou en Suisse, c'est de mieux orienter plus tôt, plus jeunes, et de revaloriser les métiers manuels. Voilà, et pour cause, Bardella n'a aucune expérience professionnelle autre que la rente politique, puisqu'il travaillait comme assistant parlementaire avant d'être élu.

Et puis l'ERN reste ambigu dans ses intentions vis-à-vis du patronat, en s'opposant à une nouvelle réforme de l'assurance chômage, tout en faisant souffler le chaud et le froid autour de la flat tax. Deux grands dossiers défendus, évidemment, bec et ongle, par le patronat, comme l'a noté Libération aujourd'hui. Dans tous les cas, le journal note tout de même que cette année, l'ERN a été reçu, comme tous les autres partis, sur un pied d'égalité, alors qu'il était encore perçu comme un danger l'an passé par le patron de l'organisation. Décidément, le capitalisme se nourrit du fascisme.

Et c'est un sujet qu'on a beaucoup parlé dans l'Instant Porcher, l'émission économique que je fais avec Thomas Porcher. On le sait très bien que l'extrême droite, c'est une escroquerie sur le plan économique. C'est un programme extrêmement libéral. Et on se rappelle aussi de Jordan Bardella, qui avait soutenu Bernard Arnault en disant qu'il se lève plus tôt que ses salariés. Donc, il ne faut pas oublier ce genre de choses. Mais en tout cas, c'est vrai que l'attitude du RN, elle a un petit peu bousculé au niveau de l'État et d'Emmanuel Macron, non ? Oui, il y a eu un vrai désarroi à la tête de l'État.

Et d'ailleurs, mes sources macronistes insistaient sur le coup de massue que représente ce volte-face du RN vis-à-vis de Bayrou et aussi vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Le dernier conseil des ministres, mercredi, auquel tu as assisté en tout cas à sa sortie, s'est déroulé dans une ambiance crépusculaire, selon un participant, avec, je cite, une intervention uniquement du président dans ses souvenirs de campagne. Donc, ça commence à remonter. Et un Bayrou, je cite, très en retrait, comme s'il était déjà parti. On avait le sentiment que lui et le président avaient eu une discussion difficile avant, donc, la Réunion me confie ma source.

Et toi, alors, Lisa, tu étais à l'Élysée mercredi, comme je l'ai dit. Est-ce que tu as pu glaner quelques infos ? Alors, à l'Élysée, dans l'entourage des ministres, on voit qu'ils essaient de garder la face, de dire que ce n'est pas la fin. On est combatif, le fameux élément de langage que tu as rapporté d'Emmanuel Macron. Mais on sent la crise venir quand même. Bayrou, tu le disais, comptait sur l'abstention du RN et sur une négo avec l'EPS. Et ça a vraiment étonné, en fait, que les deux parties annoncent le non au vote de confiance aussi rapidement, en fait. Ils pensaient qu'ils pourraient encore un petit peu négocier. Ce n'était pas vraiment dans les plans.

Et on voit aussi qu'est martelé l'esprit de responsabilité avec l'argument de « là, ce n'est pas un vote pour ou contre Bayrou, ce n'est pas un vote pour ou contre le budget, mais c'est au moins s'entendre sur le diagnostic qu'il faut dépenser moins et produire plus. » Alors, normalement, les socialistes ne veulent pas dépenser moins et produire plus. Et puis, en coulisses, des ministres grognent un peu, vraiment sur l'attitude du PS jugé comme politicienne pour gagner des électeurs à l'approche des municipales. Je cite une ministre « le PS est censé être un parti de gouvernement ». Et c'est là qu'un journaliste lui a dit « peut-être qu'ils ont aussi quelques convictions politiques ».

Ça, je laisserai débattre les gens aux médias. Mais le président de la République, en fait, aurait dit que la situation est préoccupante financièrement, mais pas cata, en tout cas. Et autre info, la suppression des jours fériés, ce n'est pas le truc des Républicains, mais ils vont quand même voter, car il faut de la responsabilité. Donc voilà, au pouvoir, on s'étonne vraiment de l'attitude du PS et du RN, car je cite « la censure ou le vote sur le budget existe encore, même après le vote de confiance ». Voilà un peu l'état d'esprit. Et ils nous ont promis qu'ils n'ont pas parlé du « après 8 septembre ». On n'en a pas parlé, on pense qu'au 8 septembre.

Pour l'instant, on n'a pas parlé du « après ». Après, ça reste des promesses et des off, donc on sait comment ça se passe. Oui, et puis surtout, l'ambiance n'est pas tout à fait en coulisses. En tout cas, l'ambiance n'est pas tout à fait la même, et notamment chez les conseillers, puisque tu sais, nous journalistes, en général, on a des off aussi, on a des dialogues avec les conseillers ministériels. Donc c'est l'entourage des ministres qui travaillent chacun sur leur dossier thématique. Et puis eux, en fait, clairement, sont déjà en train de préparer leur CV et de relancer leur chasse à l'emploi.

Donc je ne sais pas si, en tout cas, si le discours officiel effectivement se veut volontariste et pas cata, pour reprendre les mots d'Emmanuel Macron, il y a quand même une atmosphère de fin de règne. Alors désormais, effectivement, Marine Le Pen réclame comme Mélenchon une dissolution, voire une démission du président interne. Alors pourquoi ? Eh bien, elle a l'espoir que celle-ci débouche sur la cohabitation avec elle ou Bardella à Matignon. Et donc, en ce cas, effectivement, l'ERN aurait déjà les clés du pouvoir avant 2027. Et puis, il y a peut-être une raison moins avouable à ce refus de voter la confiance à François Bayrou.

Marine Le Pen, on le rappelle, a été condamnée à une peine d'inéligibilité, j'ai réussi à le dire, en première instance à l'issue de son procès sur l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen. Pour le moment, théoriquement, elle ne peut plus se présenter à une nouvelle élection. Ça veut dire, là, si, effectivement, Macron dissout l'Assemblée et qu'on va tous devoir retourner dans l'isoloir comme l'année dernière, ça veut dire qu'elle ne pourra pas se représenter actuellement, effectivement, les députés.

Alors, il se dit, dans le petit milieu politico-médiatique, que la patronne des députés RN pourrait tenter un coup de force juridique et politique en se présentant malgré tout à l'élection si Macron décidait de dissoudre l'Assemblée. C'est vrai que Marine Le Pen n'a jamais caché son intention de mettre au pas le Conseil constitutionnel. Et puis, elle s'en prend aussi régulièrement aux juridictions européennes, comme la Cour européenne des droits de l'homme. Et c'est vrai aussi que ces deux juridictions n'ont pas encore tranché sur la question de son inéligibilité. Alors, une candidature dans le Pas-de-Calais pourrait servir de ballon d'essai avant celle de 2027.

En fait, c'est en tout cas dans les cartons de la patronne du RN. Et puis, Lisa, rappelons-nous, qui a été nommée récemment président du Conseil constitutionnel grâce à l'abstention bienveillante du RN ? Eh bien, Richard Ferrand, un fidèle du président. Et à l'époque, l'attitude du RN avait fortement interrogé une partie de la classe politique, dont le défunt député LR, Olivier Marlex, qui avait parlé effectivement d'un deal secret entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Alors, évidemment, on ne fait pas de complotisme, mais moi, j'avais fait un sujet pour Politis à l'époque et effectivement, des sources macronistes m'avaient assuré que Richard Ferrand bénéficiait d'une certaine bienveillance de la part de la patronne du RN. De là à penser que le RN attend un renvoi d'ascenseur pour permettre à Marine Le Pen de se présenter. Malgré tout, il n'y a qu'un pas. Merci beaucoup, Nils. Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de Les Indiscrets. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, et plus on le dit, plus c'est vrai.

Face aux 105 millions d'euros du milliardaire ultra-conservateur Stérin qui veut installer l'extrême droite au pouvoir, le média lance Ripost, une contre-offensive vitale et citoyenne. C'est notre unique chance de bâtir une chaîne d'info populaire et indépendante, capable de percer sur les réseaux sociaux et sur la TNT francilienne pour donner enfin la parole à celles et ceux qu'on ignore. Ensemble, reprenons le terrain et protégeons notre démocratie. Soutenez-nous sur campagne.lemédiatv.fr. Bonne journée.