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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 20 décembre 2025 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleImmigration & asile

Énergie, commerces, taxes... Cet hiver qui va nous coûter cher - C dans l’air - 21.11.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Chaque jour qui nous rapproche de Noël a son cortège de mauvaises nouvelles. On apprend aujourd'hui que 30 % des bénéficiaires du chèque énergie pourraient en être privés. Hier, on mesurait la colère suscitée par la hausse de la taxe foncière. Autre taxe qui vient d'être votée, celle sur les petits colis, censée lutter contre la marée de colis chinois qui nous inondent chaque jour mais qui porte aussi un coup au pouvoir d'achat. Le budget de la France, qui semble impossible à boucler, peut-il aggraver la situation?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Ca tombe mal, cette histoire de chèque énergie. Il concernerait moins de personnes à un moment où la part de personnes ayant eu froid chez eux l'hiver a augmenté de 20 points de pourcentage entre 2020 et 2025.

  • 4:05OuverteRéponse partielle

    On sait si le gouvernement est prêt à reculer sur la hausse de la taxe foncière? Quand il annonce une consultation flash, c'est une façon de commencer à préparer les esprits?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    Le moment est symbolique. On commence à faire les achats de Noël. On apprend que les petits colis expédiés en dehors de l'UE seront taxés de 2 euros. Le RN dénonce une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes. Ce sont les plus pauvres qui vont la subir?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Vous parlez de l'énergie. Je voulais insister sur cette autre annonce, la taxe sur les petits colis de 2 euros. C'est intéressant de voir les réactions politiques. Elles sont nombreuses et contrastées. Celle du RN dénonce "une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes". Ce sont vraiment les classes moyennes qui vont trinquer?

  • 10:05OuverteRéponse directe

    Question. Est-ce qu'il y a du made in France pas cher?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15A.CasseFait
    « On apprend aujourd'hui que 30 % des bénéficiaires du chèque énergie pourraient en être privés. »
  • 2:05A.CasseChiffre
    « la part de personnes ayant eu froid chez eux l'hiver a augmenté de 20 points de pourcentage entre 2020 et 2025. »
  • 4:05A.CasseFait
    « Hier, on mesurait la colère suscitée par la hausse de la taxe foncière. »
  • 6:05A.CasseFait
    « les petits colis expédiés en dehors de l'UE seront taxés de 2 euros. »
  • 8:05A.CasseChiffre
    « Shein revendique 20 millions de clients en France. C'est le premier marché en Europe en volume. »
  • 10:05B.JeudyFait
    « Il n'y a pas beaucoup de made in France pas cher, mais il est tout à fait possible de produire en France. »
  • 12:05A.CasseFait
    « Les députés ont adopté hier la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. »
  • 2:30B.JeudyFait
    « Le gouvernement cherche de l'argent, cherche à boucher les trous, pour parler de manière expéditive. »
  • 4:30E.DuteilChiffre
    « La ministre du Budget a dit que ça rapporterait 500 millions d'euros. »
  • 6:30M.Le PenFait
    « L'explosion des petits colis, c'est aussi le résultat de l'effondrement du pouvoir d'achat des Français depuis 8 ans. »
  • 10:30B.JeudyChiffre
    « La France est le 3e pays le plus endetté de la zone euro. »
  • 11:00A.-S.AlsifChiffre
    « On a 5 % de déficit. »
  • 14:00S.LecornuFait
    « Est-ce qu'on est encore capables de sauver la démocratie représentative? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

et agissez dès aujourd'hui. ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. Chaque jour qui nous rapproche de Noël a son cortège de mauvaises nouvelles. On apprend aujourd'hui que 30 % des bénéficiaires du chèque énergie pourraient en être privés.

Hier, on mesurait la colère suscitée par la hausse de la taxe foncière. Autre taxe qui vient d'être votée, celle sur les petits colis, censée lutter contre la marée de colis chinois qui nous inondent chaque jour mais qui porte aussi un coup au pouvoir d'achat. Le budget de la France, qui semble impossible à boucler, peut-il aggraver la situation?

Faut-il se préparer à d'autres mauvaises surprises comme la taxe foncière? Pour en parler, B.Jeudy, directeur délégué et éditorialiste à "La Tribune Dimanche".

On retrouvera votre édito dont on n'a pas encore la une... - B.Jeudy: Elle n'est pas encore faite. - A.Casse: J'ai l'impression qu'elle se fait ce soir.

E.Duteil, bonsoir. Vous êtes directeur de la rédaction de "L'Usine nouvelle".

Cette semaine, vous évoquez les Etats-Unis. S.Fay, vous êtes journaliste pour "Le Monde".

A.-S.Alsif, vous êtes économiste pour BDO France.

Votre étude sur le risque protectionniste est parue. On commence par la mauvaise nouvelle du jour, au moment où le froid touche la France: 30 % des bénéficiaires pourraient ne pas toucher le chèque énergie. - B.Jeudy: Une mauvaise nouvelle qui fait partie de cette ambiance de rentrée avec le fait que le gouvernement cherche de l'argent, cherche à boucher les trous, pour parler de manière expéditive.

On voit les quelques mauvaises nouvelles sur le pouvoir d'achat s'accumuler. Il y a eu la taxe foncière. Vous avez fait une émission sur les valeurs locatives cadastrales revues à la hausse qui vont entraîner une mauvaise nouvelle pour les propriétaires.

Là, c'est le chèque énergie. Mais globalement, puisqu'on va parler du budget et des mauvaises nouvelles, il y a peu de bonnes nouvelles pour le pouvoir d'achat. C'est plutôt des mauvaises nouvelles qui se préparent.

La seule ligne que veut tenir S.Lecornu, c'est essayer de faire un budget qui atterrisse à moins de 5 % de déficit du PIB en 2026. Pour ça, il faut à la fois trouver des recettes, donc sans doute des augmentations d'impôts, qui seront plus ou moins importantes, on verra si on a un budget, et, vu qu'il n'y a pas beaucoup d'économies sur les dépenses, c'est des recettes de poche que le gouvernement est en train de faire à droite et à gauche pour réduire et réduire le déficit autant que faire se peut. - A.Casse: Ca tombe mal, cette histoire de chèque énergie.

Il concernerait moins de personnes à un moment où la part de personnes ayant eu froid chez eux l'hiver a augmenté de 20 points de pourcentage entre 2020 et 2025. - E.Duteil: On parle du chèque 2026, pas celui qui est arrivé il y a quelques semaines.

Lui, son montant n'a pas été modifié. Il faut rassurer les téléspectateurs. Le chiffrage de 30 %, c'est les associations concernées qui agitent ce chiffon rouge.

C'est pas encore clair. On n'a pas le détail. Il y a une grosse enveloppe déjà pour le chèque énergie.

Elle serait réduite, donc une partie des bénéficiaires en sortiraient. Il faut attendre d'avoir le détail. Après, dans quasiment tous les pays, il y a eu une hausse des prix de l'énergie.

On n'a pas fait autant de chèques dans tous les pays pour financer le niveau énergétique. Le gouvernement justifie ça par le fait que, malgré tout, même si on est plus élevés qu'avant la crise ukrainienne, les prix de l'électricité ont tendance à se stabiliser. La commission de régulation de l'énergie a dit que sur l'année 2026, a priori, ce qui est l'ancien tarif devrait rester relativement stable.

Certes, un peu plus cher qu'avant, mais c'est aussi pour ça que le gouvernement, même si Bruno avait raison dans son explication...

Ca donne l'impression d'aller chercher des bouts de ficelle un peu partout, et pas toujours très judicieusement. Au bout, on se dit que 63 euros de taxe foncière, là, un chèque relativement important, ça a un impact sur le budget. - A.Casse: On sait si le gouvernement est prêt à reculer sur la hausse de la taxe foncière?

Quand il annonce une consultation flash, c'est une façon de commencer à préparer les esprits? - B.Jeudy: Ca ressemble à une mise sur pause.

En plus, on en a beaucoup parlé. Les élus vont aller en circonscription ce week-end. Ca va un peu râler.

Ca fait partie des choses qui descendent jusqu'aux Français. Globalement, ce budget, ils ont du mal à y voir clair. Même nous, on a du mal.

De toute façon, le gouvernement est un peu coincé. Il y aura des mauvaises nouvelles. Cette mesure sur le chèque énergie, c'est vraiment ce qui a mis la France dans le rouge, d'où ces chèques.

Toute cette politique, c'est ce qui doit être arrêté. C'est facile à dire de manière macroéconomique...

C'est plus compliqué dans le détail des situations de gens en grande précarité. - A.Casse: Il faudrait peut-être une mesure plus ciblée? - S.Fay: Il y a un micmac administratif, un double micmac sur le chèque énergie.

D'abord, comme le budget a été adopté par loi spéciale, il y a un retard dans le temps. Il aurait dû être versé au printemps. Ca laissait le temps aux gens qui ne le reçoivent pas de le réclamer.

Là, il arrive en novembre. Il fait froid. Si on ne le reçoit pas automatiquement, c'est plus compliqué de le réclamer quand on a besoin de payer des factures élevées.

On le reçoit pas automatiquement parce qu'avant, avec la taxe d'habitation, c'était facile de trouver les bénéficiaires. Les fichiers étaient liés. Aujourd'hui, la taxe d'habitation n'est plus payée que par les résidences secondaires et pas par tous les ménages.

C'est moins facile d'identifier les ménages qui le touchent. Pour faire un recours, il faut aller sur Internet, regarder si on est éligible, faire sa demande...

C'est pas toujours facile. C'est une mesure très ciblée sur les ménages les plus modestes. Il faut qu'ils devinent qu'ils sont peut-être bénéficiaires et qu'ils fassent une démarche pour les toucher.

Le pourcentage de ménages qui l'auront va automatiquement être plus faible. C'est le problème que soulèvent les associations. - A.Casse: Le moment est symbolique.

On commence à faire les achats de Noël. On apprend que les petits colis expédiés en dehors de l'UE seront taxés de 2 euros. Le RN dénonce une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes.

Ce sont les plus pauvres qui vont la subir? - A.-S.Alsif: Pas forcément.

Je vais faire mon économiste...

Quand il y a des mesures, il y a un contexte macroéconomique. En fonction des chiffres macroéconomiques, on met en place des mesures. Ce n'est plus le cas avec le gouvernement actuel...

Je vais me faire l'avocat du diable, mais quand vous regardez les chiffres, le pouvoir d'achat a repris depuis plus de 2 ans. Les salaires augmentent plus vite que l'inflation. L'inflation en France est parmi les plus basses de la zone euro.

Elle l'est parce que les prix de l'énergie se sont effondrés. La logique économique: vous avez une augmentation des prix de l'énergie, vous avez un chèque. Vous n'avez plus d'effondrement, vous n'avez plus de chèque.

L'essence a augmenté, mais le gaz et l'électricité sont stabilisés. La mesure devrait être ciblée sur le gaz et l'électricité. Les logements qui ont le plus de difficultés énergétiques sont des gens qui utilisent ces énergies. - A.Casse: Vous parlez de l'énergie.

Je voulais insister sur cette autre annonce, la taxe sur les petits colis de 2 euros. C'est intéressant de voir les réactions politiques. Elles sont nombreuses et contrastées.

Celle du RN dénonce "une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes". Ce sont vraiment les classes moyennes qui vont trinquer? - B.Jeudy: On voit, avec cette mesure simple, 2 euros sur les colis de moins de 150 euros, tous ces colis qui arrivent de l'étranger...

Les camps politiques, notamment le RN, sont pris en pleine contradiction. Le RN a fait du pouvoir d'achat l'axe de sa campagne de 2022. Il est beaucoup sur les questions...

C'est un parti nationaliste, qui défend le localisme, qui est contre la mondialisation et l'européisme. Et lorsqu'il s'agit de taxer les colis qui arrivent de Chine, il sort l'argument de "c'est la consommation populaire", et il a raison...

Parmi les gens qui achètent ces produits très peu chers, il y a beaucoup de couches populaires. Mais il est pris dans ses propres contradictions. On est au coeur d'une contradiction.

Les insoumis n'ont pas voté contre, Mais ils ont beaucoup discuté et réussi à bouger, je crois, la position du gouvernement. Même au sein de l'allié de M.Le Pen, E.Ciotti, son parti a voté pour.

On voit les contradictions au sein des camps politiques. Mais il faut se souvenir que cette taxation des petits colis, il y a un an, était déjà en discussion. L'un des prédécesseurs de monsieur R.Lescure, E.Lombard, était plutôt contre, au départ.

Au tout début, je l'avais interviewé et il disait que c'était de la consommation populaire et qu'il fallait faire attention. Après, il s'est rallié. - E.Duteil: Il était contre parce qu'il y avait une discussion européenne et qu'il ne voulait pas qu'on le fasse tout seuls dans notre coin parce que sinon, la Chine allait envoyer ses colis en Belgique ou en Espagne.

Là, plusieurs pays veulent installer cette taxe, donc il y aurait moins de possibilités de contournement. Si le gouvernement décide finalement de la voter, c'est parce qu'il considère que ce sont les plateformes qui vont devoir payer. Bon courage...

La ministre du Budget a dit que ça rapporterait 500 millions d'euros. Je suis prêt à parier 6 bouteilles d'eau pour revenir sur ce plateau l'année prochaine et voir si on a récupéré les 500 millions. - B.Jeudy: Vous prenez un grand risque. - E.Duteil: On ne peut pas parier des bouteilles d'alcool.

Cela dit, on va tester les bouteilles d'eau...

Les plateformes vont devoir payer. Elles n'ont généralement pas de véritables structures en France, ne payent pas la TVA ici. C'est une des raisons qui expliquent la baisse de la TVA.

Ca va être compliqué d'aller la chercher. Après, même si les plateformes vont sûrement répercuter ces 2 euros d'une manière ou d'une autre et que le consommateur va évidemment devoir payer, si on ne veut pas être inondés...

Surtout, cette taxe a un sens, pour une fois. On sait où elle doit aller. S'ils le font vraiment, ils ont dit que ces 500 millions devraient permettre de recruter des douaniers et acheter des scanners.

Là aussi, chiche! Il faut se rendre compte de ce qui arrive en Europe: 800 millions de colis chinois sont arrivés sur l'année en France. 800 millions de colis!

Comment voulez-vous, même avec 4 scanners et 12 douaniers en plus, réussir à les contrôler? Tout ça est un tissu de mensonges, mais c'est indispensable... - A.Casse: Il y a une contradiction.

Tout est lié. Le pouvoir d'achat se tend. Le budget de Noël est à 491 euros en moyenne.

Il n'a pas été aussi bas depuis 2017. C'est ce qui fait carburer ces marques chinoises aussi. Parce que le budget des Français baisse, ils achètent chinois. - E.Duteil: Il faut lutter contre l'idée que ce sont uniquement les gens les moins aisés qui vont acheter chez Shein.

Ceux qui ont l'occasion d'aller au BHV à Paris, allez voir les files d'attente et vous verrez que ce ne sont pas que des gens pas aisés. Evidemment que les gens pas aisés n'ont pas le choix d'acheter chez Shein. Mais il y a des gens qui ont beaucoup plus de moyens et qui aiment surconsommer.

C'est pareil quand vous alliez à l'époque chez Primark ou ce genre de choses. A un moment, vous avez quelque chose de vraiment pas cher, pourquoi dépenser 3 fois plus dans le magasin d'à côté? En plus, on vous le livre.

On est aussi sur une question de société. On dit qu'on est inondés par les produits chinois. On parle d'une taxe de 2 euros qui serait dans tous les cas entrée en vigueur, puisqu'elle était soutenue par les pays européens à Bruxelles. - A.Casse: Les Chinois ont toujours une longueur d'avance.

Une première façon de contrer cette mesure est d'installer des entrepôts en France. - A un mois de Noël, Repérage et premières courses devant les grands magasins parisiens. La période des fêtes, un enjeu économique considérable pour les enseignes françaises.

Des marques prêtes à livrer une guerre sans merci au géant de la vente en ligne Shein. Ce mercredi, 12 fédérations de commerce attaquent en justice la plateforme chinoise. Une plainte collective pour concurrence déloyale.

Du jamais-vu en France. - Ca fait 5 ans que nous alertons les autorités publiques sur le fait que ces plateformes extra-européennes ne respectent pas nos règles. Les produits mis sur le marché par Shein, les récents contrôles du gouvernement l'ont prouvé, sont non conformes, voire dangereux pour les consommateurs et nos enfants.

Ca touche tous types de produits, aussi bien de la bijouterie que des jouets, de la puériculture...

On peut pas laisser passer. - Les marques réclament la reconnaissance du préjudice économique avec des dommages et intérêts qui pourraient s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros. De son côté, Shein dénonce une action infondée. ...

Shein, bête noire aussi du gouvernement français. Début novembre, le géant chinois du e-commerce s'est fait épingler pour avoir vendu sur son site des poupées d'enfants à caractère pédopornographique ainsi que des armes blanches. Colère et menace du ministre de l'Economie. - R.Lescure: Si ces comportements venaient à se produire, notre main ne tremblerait pas.

Nous demanderions aux fournisseurs Internet de couper tout accès de ces plateformes au marché français. - Shein doit aussi faire face à l'ouverture controversée de sa boutique au BHV. Son arrivée a donné lieu au départ de nombreuses marques françaises.

Pas de quoi décourager ces clients. - Je vois les prix ailleurs, c'est trop cher pour moi. Je suis pas riche. - Ca permet de se faire plaisir et faire plaisir aux autres.

J'achète beaucoup pour mes enfants et petits-enfants. - Le cas Shein et sa déferlante de produits bon marché devenu l'objet d'une bataille politique à l'Assemblée. - Adopté. - Mercredi, les députés ont adopté une taxe de 2 euros sur chaque petit colis en provenance des pays hors de l'UE.

Une redevance destinée à contrôler les marchandises des sites de fast fashion et défendue par le gouvernement. - A.de Montchalin: Beaucoup d'artisans et commerçants nous regardent ce soir.

Ils peuvent être fiers de ceux et celles qui les ont soutenus. - Seul le RN a voté contre cette taxe, au nom du pouvoir d'achat des classes populaires. - M.Le Pen: L'explosion des petits colis, c'est aussi le résultat de l'effondrement du pouvoir d'achat des Français depuis 8 ans.

Ils ne peuvent plus acheter comme ils le voudraient chez nos commerçants et artisans, en partie parce que ces commerçants et artisans sont écrasés par des charges, normes, impôts, assurances, coût de l'insécurité dont vous êtes en partie responsables. - Shein décidément dans le viseur des parlementaires. La plateforme chinoise est convoquée par les députés le 2 décembre pour s'expliquer notamment sur ses conditions de production. - A.Casse: Les Chinois ont une longueur d'avance.

Temu sous-loue des entrepôts en France. Les Chinois vont envoyer leur marchandise depuis la France pour éviter les taxes. - E.Duteil: Ils vont évidemment trouver le moyen de contourner.

Ils ont qu'à regarder ce qu'avait fait Amazon. C'est jamais que recommencer les choses. Amazon avait décidé d'installer une filiale en France, mais ils n'ont installé que la filiale commerciale.

Ils ont mis tout ce qui gagne de l'argent, la cloud et tout ça autre part. Les Chinois sont hyper réactifs. Il suffit de regarder les chiffres de leur commerce extérieur.

Dès que D.Trump a annoncé ses droits de douane, ils ont inondé l'Europe de produits. Evidemment qu'ils vont trouver une solution. - A.Casse: Ils vont parfois livrer en une journée, revoir toute la chaîne de livraison. - S.Fay: Ils sont en train d'installer leur propre réseau d'entrepôts et de camions.

On va découvrir des nouveaux acteurs chinois sur le territoire français. On n'importera plus de petits colis, mais on importera toujours les marchandises dans un port ou dans un entrepôt. Elles seront éclatées et distribuées par ces entreprises chinoises et plus par La Poste ou les distributeurs habituels.

Mais les colis seront toujours là. Il y a un problème plus fondamental: la Chine a une capacité de surproduction dans tous les domaines. Dans l'automobile, mais c'est pareil sur tout le reste, la Chine peut produire la totalité de la demande dans le monde.

Ses usines ne tournent qu'à 50 ou 60 %. On a la même chose sur tous les domaines, notamment le textile. C'est facile pour Shein, quand ils voient que les internautes s'intéressent à un produit, de demander à des ateliers aux conditions très difficiles avec des gens qui peuvent passer, dans les façonniers, un mois à travailler de 8h à 23h sans jour de repos. - A.Casse: C'est ce modèle qui permet l'ultra fast fashion.

Comment on la définit? Shein sort 7000 nouveaux produits par jour? - S.Fay: Avant, il y avait les collections automne/hiver et printemps/été.

Après, on est passés à des collections retrouvées en permanence. Ils regardent ce que les internautes recherchent et se disent que tels produits marchent. Ils envoient à tous leurs façonniers "je voudrais tant de pièces de tel produit" et si ça marche, ils produisent à la demande.

Là où ils ont toujours un coup d'avance, c'est qu'ils sont déjà en train de se dire qu'ils vont pas faire de l'ultra fast fashion mais de la production à la demande. "Comme on sait exactement ce que vous voulez, on va produire ce que vous voulez." Quand on aime bien le costume de tel personnage dans une série, on recherche sur Google et ils produisent à la demande.

Ils pensent même un jour réussir à produire à la taille, en robotisant. - A.Casse: Donc on pourrait regarder B.Jeudy à la télévision et dire qu'on veut porter le même costume? - S.Fay: Oui, et un jour, vous pourrez renseigner votre taille...

On n'en est pas encore là. Il y a une chose qu'ils arrivent pas à faire. Ils ont tout robotisé, mais dans le textile, on n'arrive pas à robotiser quelqu'un qui plie un t-shirt et le glisse dans la pochette qui vous vaudra une taxe de 2 euros.

Ce sont des personnes qui touchent 700 ou 800 euros par mois pour plier les t-shirts et les mettre dans des sacs. - A.Casse: Vous dites qu'ils ont une longueur d'avance, mais de combien?

Combien d'années? - A.-S.Alsif: Je dirais qu'ils ont plus de 40 ans.

Ils ont mis un plan...

Quand ils sont rentrés à l'OMC, leur plan a été sur tout ce qui est énergie, terres rares, électronique, IA, sur tout ce qui est stratégique, d'avoir 80 % des parts de marché. Comme ça, il serait incontournable de passer par eux. En 2001, ils sont entrés dans l'OMC.

Leur plan se termine en 2049. On est sur le très long terme et ils y arrivent parfaitement. L'argument, c'est encore le pouvoir d'achat.

Les chiffres ne sont pas... - A.Casse: On a vécu une inflation très haute.

Les prix se sont stabilisés sans baisser. - A.-S.Alsif: Mais les salaires augmentent.

L'inflation, c'est l'augmentation générale des prix, dont les salaires. La question qu'on devrait se poser, c'est si on a accès au marché chinois comme ils ont accès à notre marché. On a accès à 2 % de leur marché.

Ils ont accès à 98 % du nôtre. On a aussi des enseignes pas chères qui font des vêtements, espagnoles, italiennes...

Est-ce que ces entreprises peuvent aller en Chine et faire la même chose? Non. Ils prennent le prisme du pouvoir d'achat parce que c'est ce qui résonne le plus politiquement, jamais le sujet, c'est comment on est couverts.

Comme ils ont pris ce gap technologique dans plein de domaines...

A cause de cette situation, la part des ventes des voitures en Allemagne s'est effondrée. On est à moins de 4 %. Il y a eu 2 ans de récession, quasiment plus de croissance.

C'est considérable. L'automobile, en Europe, c'est 14 millions d'individus. - A.Casse: J'en reviens aux marques de vêtements, puisqu'on parlait de Shein. "Raz-de-marée", c'est la bonne expression?

Shein revendique 20 millions de clients en France. C'est le premier marché en Europe en volume. - E.Duteil: On peut parler de raz-de-marée, pour une raison simple: nous ne faisons plus de textile en France depuis 20 ou 30 ans.

Nous sommes incapables de le faire au tarif où Shein produit. N'importe quel t-shirt made in France correctement produit avec du coton correct, vous êtes vite autour de 15 ou 20 euros, parmi les moins chers. Nous avons perdu ce combat par rapport à Shein et c'est irréfragable.

Le problème, c'est que cantonner l'image que nous avons des produits venus de Chine à quelque chose de temporaire, c'est une erreur. On vit avec l'inondation des produits. Je parlais avec une productrice de jouets en plastique.

Ils ont décidé de rester 100 % en France. La patronne me disait qu'elle avait rarement fait un aussi mauvais mois de septembre de sa vie. Ils en sont à la 3e génération, donc ils ont vécu beaucoup de mois de septembre avant Noël.

Les Chinois ont inondé les magasins... - A.Casse: Une grosse alerte est sortie aujourd'hui sur de nombreuses plateformes en ligne, pas uniquement chinoises, qui proposent des jouets qui présentent un danger pour la sécurité et la santé des enfants. 3 dangers: les petites pièces qui peuvent être ingérées, l'accès direct aux piles au lithium qui présentent un danger de lésions internes, et les ventouses amovibles qui peuvent faire suffoquer les enfants.

Ce qui est compliqué, c'est qu'il y a pas de responsable juridique en face. - E.Duteil: La productrice de cette entreprise de jouets dont je parlais a fait partie de cette étude.

C'est la 2e année. Ils prennent 70 références. Ce qui est déprimant, c'est qu'il n'y a pas d'amélioration par rapport à l'an dernier.

Il y a un problème de sécurité. Si ça s'arrêtait aux jouets, ce serait déjà dramatique, mais c'est sur à peu près tout. C'est important de pouvoir vérifier.

La grosse opération du gouvernement qui a ouvert 200 000 colis, ils ont bien vu qu'il y avait des problèmes. - B.Jeudy: C'est assez dramatique.

Ca montre l'impuissance de l'Etat. On dit que 80 % des produits sur les plateformes Shein, Temu et autres ne sont pas conformes. Là, il y a l'assignation de certaines plateformes devant la justice en début de semaine prochaine. - A.Casse: Shein pourrait être suspendu pour une autre raison pendant 3 mois. - E.Duteil: Ils vont être auditionnés par une mission de la commission des affaires durables.

On publie une pétition de 82 députés dimanche à l'occasion de S.Le Feur. Ils se battent.

Il faudrait que l'Etat soit plus autoritaire. Il a fallu ce scandale des poupées Shein pour que ça réveille un peu les pouvoirs publics face à cette invasion des produits chinois. - A.Casse: Pas assez.

On n'a pas suspendu. - B.Jeudy: On a tergiversé, on ne sait pas si on va y arriver...

On n'a pas tous les outils. - A.Casse: Dans le contexte qu'on décrit au fil des émissions avec cette inquiétude des Français, ce budget qui devrait faire mal, est-ce qu'on va vers un Noël des petits colis chinois? - B.Jeudy: C'est bien engagé.

Même s'il y a une suspension la semaine prochaine... - E.Duteil: Les colis sont déjà arrivés pour Noël. - S.Fay: Il va y avoir une tension chez tout le monde entre "est-ce que j'achète un peu moins et de meilleure qualité?" ou "est-ce que j'achète beaucoup?".

Chacun peut faire son choix. On peut offrir un jouet en bois made in France, chercher un vêtement made in Europe, plutôt qu'acheter un vêtement Shein. Il faut rappeler l'effet que ça fait.

C'est pas que la France. Vous parliez de raz-de-marée. Quand on regarde l'Indonésie, leur premier producteur de textile a fait faillite parce qu'ils sont aussi envahis par les textiles chinois.

C'est 60 % du e-commerce en Pologne. Les acteurs locaux sont laminés. On peut aussi réagir en essayant d'avoir une autre consommation, même si c'est difficile, pour contrer... - A.Casse: Ca arrive qu'on se dise qu'on va acheter moins, plus cher? - S.Fay: Il y a beaucoup d'achats de seconde main, de reconditionné.

Il y a une partie d'achats responsables. Mais systématiquement, c'est le prix qui fait la différence. C'est quand même bien qu'on le fasse en conscience.

Et à force de critiquer la mauvaise qualité et les problèmes d'éthique de ces plateformes, à terme, ça peut agacer les autorités chinoises. Ils ont dit aux constructeurs de voitures qu'ils ne voulaient pas de problèmes de qualité sur les voitures. A force d'avoir du "Shein-bashing" dans les 2 sens, sur le pays et la qualité des produits qui en sortent, ils ne veulent pas avoir cette image de produits bas de gamme par rapport à Pékin. - A.Casse: 11,9 % des achats sur les 7 premiers mois de l'année sont concernés.

Ca montre qu'il y a une consommation de crise qui s'installe. - A.-S.Alsif: On le voit dans le pouvoir d'achat, notamment sur les travailleurs en dessous du Smic ou autour du Smic.

Il y a une baisse du pouvoir d'achat, car ils n'ont pas eu cet effet de rattrapage par le salaire. Les biens de consommation, habillement, équipements, loisirs, ça a énormément baissé. On le voit.

Beaucoup d'enseignes comme Camaïeu ont eu des difficultés. Il y a une baisse importante sur cette catégorie. La grande question, c'est aussi comment on régule le marché et qui respecte quelles normes.

On peut pas à chaque fois se battre, dire qu'on protège le marché. Encore une fois, le marché chinois est très protégé. On n'y a pas accès.

On peut pas se battre contre et accepter ça sans contrepartie. Le rapport de force est défavorable. - A.Casse: Question. - B.Jeudy: Le RN, globalement, défend le pouvoir d'achat.

C'est sa politique. En l'occurrence, ils font un vote contradictoire avec leur politique générale, qui est une politique de repli, anti-européenne, anti-mondialisation. Mais ils dénoncent, par la voix de J.-P.Tanguy, une atteinte à la consommation populaire et des classes moyennes à propos de la taxe sur les petits colis.

Ils sont pris dans une contradiction, mais ils s'accrochent à cette idée. M.Le Pen s'est moquée de la mesure qui consiste à financer des moyens de contrôle en disant que les contrôles, c'était 0,0125 % de produits contrôlés issus de ces plateformes.

Elle a ironisé sur la mesure, la taxe de 2 euros, qui est destinée à financer les contrôles supplémentaires. - A.Casse: "Le tsunami chinois détruira toutes les PME industrielles de la Pologne à la Bretagne", dit le patron de Bpifrance dans "Les Echos".

Selon lui, l'Europe doit se fermer temporairement. - Dans les plaines enneigées du Jura résonne le son des machines à coudre. Cet atelier confectionne depuis 4 ans des vêtements pour les professionnels. - On a des lignes de production assez classiques.

Etape par étape, chaque opérateur fait sa partie du vêtement: le dos, l'arrière, la manche, le bouton...

Ca finit au contrôle. - Les produits sont 100 % français. - On vérifie que c'est la bonne taille. - Ils se heurtent à la concurrence féroce des produits asiatiques.

Des prix cassés impossibles à égaler. - J'ai une matière française qui va me coûter 5 euros. Je vais avoir 7 euros de main-d'oeuvre et de charges.

En Chine, le tissu va me coûter 80 centimes et je vais avoir 2 euros de main-d'oeuvre. Beaucoup d'entreprises sont en difficulté ou ont des contraintes fortes et vont serrer le budget. On raisonne en prix d'achat et pas en coût d'usage. - Le patron tente de lutter contre la baisse des contrats, mais l'instabilité pèse sur le carnet de commandes. - J'avais un client dans le bâtiment qui avait un projet de polos, pulls et t-shirts.

Ils ont dit que le budget n'arrêtait pas de bouger, qu'ils savaient pas s'ils allaient licencier...

Pour l'instant, le devis est bloqué. - L'entreprise est sur le fil, menacée de faillite dans les prochains mois. Une dizaine d'emplois dans l'atelier ont déjà été supprimés.

Un climat d'incertitude qui inquiète Virginie, couturière en contrat de réinsertion. - C'est important de consommer local pour que les entreprises continuent d'exister et qu'on ait du travail. Mon salaire ne me permet pas d'acheter que français, mais j'essaye de plus en plus. - Pour essayer d'alerter sur sa situation critique, l'entreprise a lancé un appel à l'aide sur les réseaux sociaux. *-L'Atelier textile jurassien, c'est fini.

Sauf si avec vous et pour vous, on reçoit plus de 10 000 pièces en commande. - C'était cet été. On était au bord du gouffre.

La décision était de se dire qu'on n'allait pas mourir en silence. "Ca fait 3 ans qu'on se bat, on va crier notre douleur et transformer l'essai." - Dans ce combat, David a l'impression d'être contre Goliath, seul contre l'Etat. - On a vu ça sur le magnifique Salon du made in France.

Tous les partis cherchent l'image, le buzz. C'est un défilé de lapalissades. Ils nous apprennent rien, ils n'avancent rien.

Quand est-ce qu'ils vont proposer quelque chose? Quand est-ce qu'ils vont venir avec nous sur le terrain? Je pense qu'il faut des séances de travail, mais des vraies, pas de communication. - 70 000 entreprises devraient fermer la parenthèse avant la fin de l'année en France. 345 000 emplois sont menacés. - A.Casse: Cette entreprise a lancé un appel à l'aide et la solidarité n'a pas suffi à les sauver. - S.Fay: La solidarité peut fonctionner.

Regardez Duralex. En Chine, ils ont la matière première. Les discussions près des ateliers de confection et une main-d'oeuvre beaucoup moins chère...

C'est un choix à faire de chaque entreprise, chaque consommateur. C'est pas non plus facile de les aider. Ce qu'il faut, c'est avoir cette prise de conscience.

On a vu une entreprise de textile. Si, demain, elle arrête, c'est catastrophique, mais la souveraineté du pays n'est pas forcément compromise. Quand vous regardez ce que fait la Chine sur les terres rares et les aimants industriels... - A.Casse: On en parlera tout à l'heure.

Comment la France essaie de contre-attaquer? Question. Est-ce qu'il y a du made in France pas cher? - B.Jeudy: Il n'y a pas beaucoup de made in France pas cher, mais il est tout à fait possible de produire en France.

Vous pouvez produire en France tout ce qui est à valeur ajoutée. Dans l'automobile, on arrive à produire quand même des voitures en France même si le secteur est compliqué. On peut tout à fait produire en France.

Vous avez plein de boîtes qui produisent en France. Saint-Gobain, si vous fabriquez une maison, vous pouvez mettre du placoplâtre...

Il est fabriqué en France. L'Oréal, 26 % de la production mondiale de tout ce qu'ils vendent partout dans le monde est encore produit en France. Si vous regardez le détail des chiffres, vous verrez que c'est principalement des parfums.

Il n'en reste pas moins qu'on arrive à produire en France aujourd'hui. Plein de groupes produisent. - E.Duteil: Armor-Lux, société bretonne...

Grâce aux marchés publics. - A.Casse: Ce sont des commandes. - B.Jeudy: Il y a des clauses qui permettent, grâce à des règlements européens, de favoriser les marchés nationaux. - A.Casse: Question. - S.Fay: La TVA est un impôt très compliqué.

Dès qu'on y touche, il faut l'autorisation des autres partenaires européens. On pourrait baisser la TVA sur les produits peut-être faits en Europe, mais on ne peut pas distinguer un pays. On est dans une union douanière. - A.Casse: Il n'y a pas quelque chose qui pourrait favoriser le made in France? - S.Fay: Ce serait l'automatisation de l'industrie.

Quand vous regardez l'industrie chinoise, il y a 470 robots pour 10 000 employés. En France, on a 186 robots pour 10 000 employés. Les Chinois, avec les Coréens, et les Japonais sont parmi les plus avancés. - A.Casse: Vous étiez en Chine, récemment. - S.Fay: Il y a le Neijuan.

C'est l'involution. C'est une spirale de guerre des prix qui fait que plus on produit, puis on travaille et moins on gagne. A cause de ces surcapacités, ils sont en guerre des prix permanente.

La seule solution pour sortir de cette dépression des prix, c'est d'aller à l'export et d'exporter leur espèce de guerre des prix. On est dans une société et une économie hypercompétitive. Quand les prix baissent, ils peuvent moins bien payer leurs salariés.

Ils sont dans une bagarre entre acteurs absolument terrible. Ils veulent exporter vers le reste du monde. - A.Casse: Que voulait dire le patron de Valeo hier quand il disait que la Chine est trop féroce? - S.Fay: Le coût de production d'une voiture en Chine, il y a 77 % de coût de main-d'oeuvre en moins.

Il faut se battre avec les critères chinois. Il faut être beaucoup plus efficace et beaucoup plus rapide dans toutes les procédures. Surtout, ils sont...

Ils veulent être les premiers sur les nouveautés technologiques. Ils veulent adopter tout de suite les nouveautés technologiques. Valeo, en Chine, c'est son premier centre de recherche. - A.Casse: "Le tsunami chinois Détruira toutes les PME de la Pologne à la Bretagne." - B.Jeudy: Il faut faire attention à tout cela.

Le cas de Valeo, c'est que si le patron qui est un des plus gros équipementiers au monde, qui fait en sorte que vous n'accrochez plus une voiture quand vous vous garez, ce qu'il dit, c'est que leurs usines là-bas, ils ont des milliers de collaborateurs là-bas, elles sont plus performantes et pas que pour des questions de coût. Elles sont aussi plus efficaces au quotidien. Ce n'est pas que parce qu'ils travaillent plus.

Les usines sont poussées à l'extrême avec des gens extrêmement investis. Les collaborateurs français aussi, mais il dit qu'il est challengé par la Chine pour la France. Il faut rassurer les gens.

On ne va pas détruire toutes les PME. Oui, ça ne va pas très bien. Il y a un baromètre excellent dans un journal qui s'appelle "L'Usine nouvelle".

C'est un tout petit peu celui que j'ai la chance de diriger. Quand vous regardez notre baromètre industriel, il y a à nouveau plus de fermetures d'usines. Malgré tout, nous ouvrons encore des usines en France, y compris des PME, une toute petite PME qui s'appelle Somocap, qui fait des pièces à partir de caoutchouc pour l'aéronautique, s'est complètement réinventée avec une toute nouvelle usine, totalement robotisée.

Ils vont augmenter la production. Ils ont gardé leurs collaborateurs. Laisser penser que tout est perdu, c'est impensable.

Bien sûr que non. On est un pays ouvert à l'international. Il y a plusieurs strates.

Toutes les entreprises françaises tournées vers l'international ne vont pas si mal que ça. Ceux qui sont franco-français, qui se sont peu robotisés, qui utilisent peu l'IA, oui, ils sont dans des situations compliquées. La Chine, ça ne va peut-être pas durer si longtemps.

Ils ont un problème de démographie. Eux-mêmes vont être concurrencés par le Vietnam et ce genre de choses. Ils sont aussi dans une période où ils ont besoin d'aller à fond pour essayer de casser le plus de monde possible. - A.Casse: Que peuvent faire les politiques face à cette situation?

Les députés ont adopté hier la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. Le RN s'est abstenu sur ce point. - B.Jeudy: Il y a des votes, parfois, qu'il ne vaut mieux pas essayer de comprendre tout le temps.

S'agissant du vote sur le blocage de la TVA, c'est une marotte des insoumis. Ils l'ont passé passé hier. Je ne suis pas sûr que ça tienne.

Ca ne passera pas le Sénat. La TVA, c'est très compliqué. On ne fait pas ce qu'on peut en France.

Il faut des autorisations de Bruxelles. - A.Casse: Vous le regardez comment, ce budget?

Vous dites qu'il risque d'entraîner une contraction de la croissance. - B.Jeudy: C'est un budget établi Pour rester sous les 5 % de déficit.

C'est l'objectif du Premier ministre. Ils rognent beaucoup de choses, y compris des éléments de pouvoir d'achat, d'aides publiques. C'est un budget qui va aussi avoir des conséquences sur les collectivités, moins d'aides.

On voit bien que le Premier ministre est en train de négocier avec les régions, les départements et les communes. Il a fait la tournée habituelle des congrès. Il réduit un peu les coupes, mais il y en aura quand même.

On sait que l'année 2026, entre les municipales, les baisses d'aides aux collectivités, ça va entraîner évidemment une baisse de la commande publique et donc une baisse d'activité. On sait que les collectivités publiques sont sources de beaucoup d'activités. C'est clairement un budget qui ne va pas entraîner une croissance très élevée en 2026.

D'ailleurs, il est bâti sur une hypothèse de croissance de l'ordre de 1 %. - A.Casse: On va écouter les mots graves hier du Premier ministre devant les maires.

On a l'impression qu'il est lui-même déprimé. - S.Lecornu: Est-ce qu'on est encore capables de sauver la démocratie représentative?

Je ne vois pas beaucoup de progrès social qui peut sortir du désordre politique. La France ne peut pas se permettre un déclin uniquement sur fond de désordre politique. On sent tous très bien que quelque chose de grave peut advenir. - A.Casse: On a l'impression qu'il nous prédit le chaos. - B.Jeudy: C'est toujours son idée de "il faut trouver un compromis".

Si lui stigmatise. Il emploie souvent le mot "désordre". Il estime que les partis extrêmes, que ce soit le RN ou les insoumis, contribuent au désordre. - A.Casse: On va vers quoi?

Un budget voté avant Noël? - B.Jeudy: D'abord, on va sans doute, ce soir, vers un budget première partie en première lecture à l'Assemblée nationale qui ne sera pas voté, peut-être même voté par personne.

Ce serait un camouflet pour le Premier ministre. Suivant le calendrier constitutionnel, il va aller au Sénat et être examiné par les sénateurs. S'il n'est pas voté, c'est la copie initiale qui sera examinée par les sénateurs qui, probablement, ne la voteront pas.

Ensuite, pendant la 3e semaine de décembre, il y aura peut-être une 2de lecture du budget. Le Premier ministre espère qu'à ce moment-là, comptant sur la responsabilité des partis "de gouvernement", le PS, les LR, trouveront un compromis. - A.Casse: C'est peu probable?

C'est la loi spéciale qui semble le plus probable? - B.Jeudy: Soit il n'y a pas de vote, soit il enclenche des ordonnances, mais il ne veut pas.

On a eu la loi spéciale l'année dernière. Il reprend le budget qui a été voté l'année dernière. Ensuite, on continue à discuter du budget et on peut avoir une discussion budgétaire qui s'éternise jusqu'au début du printemps et, peut-être, de guerre lasse, un accord entre les partis.

On voit bien que c'est une situation d'enlisement et de paralysie politique. Le Premier ministre espère ce compromis qui, selon lui, mettrait fin au désordre politique. On voit bien qu'aujourd'hui, il n'est pas tellement soutenu, ni par les patrons qui trouvent que la note devient salée ni par les partis.

Très peu le soutiennent. On est dans une situation politique assez inédite, de blocage presque institutionnel. - A.Casse: On parlait des petits colis chinois.

Autre dépendance à la Chine: les terres rares. Les aimants qui sont dans notre téléphone, notre machine à laver, les voitures électriques, les avions de chasse...

En France, on n'a pas de mine de terres rares, mais on a des idées pour les recycler. C'est ce que fait une entreprise à Grenoble. - Au coeur des Alpes, près de Grenoble, cette entreprise fabrique un objet précieux, omniprésent dans notre quotidien. - Voici un aimant.

C'est des aimants avant aimantation. Ca peut être carré, rond, cylindrique. On est submergés d'aimants, mais on ne les voit pas.

Ce sont des petites pièces à l'intérieur des moteurs. Dans une voiture électrique, il y a 1 kg d'aimants. S'il n'y en a pas, la voiture ne peut pas démarrer. - Un composant central produit ici, en Isère, et réclamé par des entreprises partout en Europe. - L'Allemagne, la France, l'Italie font partie des plus grosses zones géographiques à fournir.

La Pologne, beaucoup. - Il y a une vraie demande? - Une demande énorme. - Un marché en plein essor mais qui est pour l'instant dominé par la Chine.

Les aimants sont produits à partir de terres rares. Pékin fabrique 90 % du stock mondial. Un quasi-monopole que cette entreprise tente de contrer.

Comment? En produisant des aimants autrement, à partir de matières recyclées. - Ca fait combien de temps? -150 heures. - Un procédé technique et novateur.

C'est un enjeu de vie ou de mort pour les entreprises européennes, selon Erick Petit. - Du jour au lendemain, les Chinois sont capables de mettre des restrictions. Toute l'industrie de la défense dépend des aimants.

Nos constructeurs automobiles peuvent fermer leurs usines parce qu'ils ne pourront plus produire de moteurs. Dans ma carrière, j'ai participé à un certain nombre de fermetures d'usines. Je suis content de participer à la création d'autres usines. - Le pari: relancer une production disparue dans les années 90 dans la région de Grenoble. - En 40 ans, on a des fournisseurs de machines, des gens qui travaillaient tout autour...

Tout disparaît très rapidement. On réinvente à notre façon avec nos problématiques. - Leur secret: recycler des anciens aimants. - On a des déchets d'aimants qui viennent d'IRM, d'éoliennes.

Ca fait 40 ans qu'on en consomme et qu'on les met de côté. - Plutôt que de les jeter, E.Petit veut les transformer.

Une production française forcément un peu plus chère que les aimants chinois. Le prix de la souveraineté. - On n'accepte pas de payer plus cher de manière générale.

C'est vrai dans le textile aussi. Mais si on n'est pas capables aujourd'hui de faire l'effort, demain, on n'a plus d'usines, plus d'emplois. On ne sera plus capables de faire des efforts. - Une réindustrialisation qui nécessite l'action des pouvoirs publics. - On travaille de 6h à 18h. - L'entreprise reçoit des subventions de la région, mais elle demande plus. - On est dans un secteur où on est manipulés par les Chinois.

On a besoin de conditions de marché. Ca passe par de la protection douanière, des sujets très politiques. C'est en dehors de nos mains.

Il faut qu'on rende ces productions de marché intéressantes pour que n'importe quel investisseur dise qu'on va faire de l'argent. - Encore faut-il de la stabilité politique. - Demain, on a un budget qui n'est pas voté pour des raisons qui vont échapper à tous les Français qui eux, se lèvent le matin.

On peut avoir des entreprises qui vont payer le prix de ce budget qui n'est pas adopté parce qu'elle n'auront pas de crédit, parce qu'elles auront des investisseurs qui ne viendront plus et donc des opportunités qu'elles vont rater. - Les fondateurs de l'entreprise espèrent ouvrir une plus grande usine d'ici 2028 pour produire 1000 t par an contre 50 actuellement et faire aimer les aimants français. - A.Casse: C'est aussi ça, la contre-attaque? - E.Duteil: Bien sûr.

Il y a plein de projets comme ça en France. La question sur "est-ce qu'on peut s'en sortir": bien sûr. Ce projet a été lancé il y a quelques années.

Ce qu'on voit, c'est une usine pilote. Ca se passe toujours comme ça quand on lance un nouveau dispositif. Il y a un autre très beau projet en France porté par une entreprise qui s'appelle Carester qui va récupérer les batteries.

Mine de rien, on n'en a pas en France. Il y en a dans le sous-sol, des terres rares. - A.Casse: En Bretagne? - E.Duteil: Un peu partout en France, mais à des niveaux pas aussi importants qu'en Chine.

Il y a de vrais projets en France. Veolia est aussi très en pointe là-dessus. En recyclant, on va pouvoir acquérir une partie de notre souveraineté.

Des terres rares, on en a en Europe. D.Trump a essayé de négocier un accord avec l'Ukraine.

On s'appuie sur des statistiques soviétiques de l'époque. A priori, en Ukraine, il y en a. Il y en aurait en Serbie aussi.

On peut encore s'en sortir là-dessus. Le seul truc, c'est que les Chinois ont pensé il y a 20 ans aux terres rares et à la chaîne de valeur de tout ce dont ils auraient besoin. Nous... - A.Casse: On est encore en retard. - S.Fay: Vous n'avez pas ça.

Ce qui est difficile avec les terres rares, c'est de les séparer des autres matières avec lesquelles elles sont imbriquées. Le processus de raffinage est très polluant. Nous, on le faisait.

Comme ça pollue, on a exporté ces usines en Chine. On a rouvert une usine à La Rochelle. Il faut qu'on accepte, et ce n'est pas si facile, de récupérer ce type d'usines qui sont compliquées pour l'environnement. - E.Duteil: On peut le faire plus proprement aujourd'hui. - S.Fay: En ce moment, le gouvernement chinois a décidé de n'exporter les terres rares que sur licence.

Il faut dire comment on va s'en servir pour avoir la licence. Il faut donner tous ses secrets industriels et commerciaux. Tout le monde est embêté par ça. - A.Casse: C'est au coeur du bras de fer entre la Chine et les Etats-Unis? - S.Fay: Et l'Europe aussi.

On est prêts à payer ces aimants recyclés, mais ils sont beaucoup plus chers que les autres. Est-ce qu'on sera prêts à aller faire l'effort de prix quand on reviendra à la normale? - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - A.-S.Alsif: On l'a très justement dit.

On a un problème de marché qui n'est pas du tout assez protégé. L'Europe a tout à fait les capacités de répondre en protégeant d'une manière ponctuelle, partielle, une partie de son marché, notamment le temps de faire des transferts de technologie. C'est ce qui s'est passé quand les entreprises européennes sont allées en Chine.

On a ce rapport de force à cause des surcapacités de production. J'ai été en Chine. C'était quelque chose de récurrent.

Le marché européen, c'est vraiment leur 1re cible. Il faut le retourner et en faire un atout de négociation. On ne veut pas ne plus avoir de produits chinois.

Ce que l'on veut, c'est remettre en cause cet aspect des parts de marché majoritaire. L'Europe a les moyens de le faire si elle a une volonté politique. - A.Casse: Question. - E.Duteil: C'est compliqué de répondre à cette question.

On a été à la hauteur pendant le covid. On a été le pays qui a le plus aidé. On ne peut pas aider malheureusement toutes les entreprises.

On le voit sur un terrible plan social, chez NovAsco, où il va y avoir 500 collaborateurs...

LFI va remettre sur la table une nationalisation d'ArcelorMittal qui appartient pourtant à une entreprise privée. On parle de plusieurs milliards d'euros si jamais il fallait sauver ArcelorMittal. Pendant longtemps, on le pensait protégé...

Le gouvernement pourrait toujours faire plus, c'est sûr. On a un travers français où les entreprises commencent à dire qu'elles vont mal à un moment où elles sont allées trop loin dans leurs difficultés. Le retournement est plus compliqué. - A.Casse: Question. - E.Duteil: Je ne crois pas que ce soit rentable.

On avait posé la question au patron de Shein il y a quelques mois. Il nous avait dit qu'il n'était pas encore complètement rentable, dans mon souvenir. Il nous avait aussi dit qu'il n'utilisait pas l'IA pour prévoir les commandes, donc... - A.Casse: Peut-être que c'est à prendre avec précaution.

Question. - B.Jeudy: Dans tous les cas, il faut faire quelque chose.

La France est le 3e pays le plus endetté de la zone euro. C'est surtout le seul pays dont la dette continuera d'augmenter l'année prochaine. Celle des Italiens et des Grecs...

La France est dans une situation compliquée sur le plan de son endettement. Pas au niveau de ce qu'ont connu les Grecs. - A.-S.Alsif: On a 5 % de déficit. - B.Jeudy: On n'a jamais atteint leur niveau de déficit.

C'est clair qu'il y a un endettement qui se poursuit. On n'inverse pas la courbe. - E.Duteil: Je sais que ça peut paraître fou vu tout ce qu'on raconte, mais nous ne sommes pas encore en crise économique.

On a encore notre capacité à ne pas y entrer. On n'en est pas loin. On a fait 0,7 de croissance sur une année, à peu près.

C'est comme quand on commence à être en récession. C'est 2 trimestres à la suite de croissance négative. L'Allemagne est en crise économique, mais nous ne sommes pas en crise économique. - A.Casse: J'entends que nous ne sommes pas "encore" en crise économique. - E.Duteil: Quand vous voyez le Medef qui a fait une lettre au Premier ministre...

On a encore notre destin en main. - A.Casse: Question. - S.Fay: C'est une des difficultés étonnante avec ce qu'on voit sur les produits chinois.

On ne se rendait pas compte de la marge. Aujourd'hui, quand vous voyez un produit, si vous ne l'achetez pas tout de suite, vous vous dites que vous l'achetez après et vous allez découvrir que sur une de ces plateformes chinoises, pour un quart du prix, vous allez avoir 20 pièces. Vous vous rendez compte de toute la marge faite sur la commercialisation.

Il faut qu'on revienne...

Il faudrait expliquer aux gens comment est construit le prix, combien ça coûte d'avoir une boutique dans un village, d'avoir des employés, du service pour les gens...

Il faut que ce soit mieux expliqué par les commerçants. - A.Casse: Merci beaucoup d'avoir été nos invités ce soir.

Tout de suite, "C à vous" avec M.Bouhafsi. Bonsoir. - M.Bouhafsi: A.Kessaci était assassiné à Marseille le 13 novembre.

Le ministre de la Justice revient de Marseille. Il est notre invité dans quelques secondes. La France frissonne.

Ce week-end, il va neiger et faire très froid. La journaliste météo star de TF1, E.Dhéliat, est notre invitée.

Ca démarre dans quelques instants. - A.Casse: Bonne soirée sur France 5.