Remaniement gouvernemental et vote de confiance à Elisabeth Borne... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Monsieur.
Vous avez entendu peut-être les quelques noms de ce nouveau gouvernement qui commence à être égrené. On a par exemple l'arrivée de François Braune au ministère de la Santé. C'était lui qui était chargé d'une mission flash justement par le gouvernement sur l'état de l'hôpital public. Olivier Véran, l'ancien ministre de la Santé qui devient le porte-parole de ce gouvernement. Et puis aussi à noter Damien Abad qui va quitter le gouvernement, lui qui est accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles. D'abord votre première réaction en tant que vice-président de l'Assemblée nationale et porte-parole du Rassemblement national.
Bon il y a plusieurs choses d'abord sur la forme. C'est un peu curieux ce gouvernement dont les noms sont égrenés au hasard de on ne sait trop quoi d'ailleurs. J'entends Bruno Le Maire lui-même indiquer qu'il demeure ministre. On entend des noms ici et là. La maison n'est pas très tenue quand même. Ça donne un peu ce sentiment vu de l'extérieur. Moi je note en tous les cas le départ d'Olivier Véran des relations avec le Parlement. Non ça c'est une bonne chose. Nous nous l'avions demandé. Je ne sais pas si nous avons été entendus. Vous n'avez pas de bonne relation avec lui. C'est-à-dire que c'est plutôt lui qui n'a pas envie d'en avoir avec nous. Et pas seulement avec nous.
Puisqu'il avait indiqué que la France insoumise et le Rassemblement national n'étaient pas dans l'arc républicain. Se plaçant d'ailleurs en totale contradiction avec les propos du président de la République. Ce qui en faisait évidemment un ministre des relations avec le Parlement un peu boiteux.
Le président de la République qui vous avait quand même exclu vous le Rassemblement national et la NUP de toute possibilité de coalition gouvernementale.
Non mais là-dessus nous sommes des adversaires politiques. Nous sommes des opposants politiques du gouvernement et de la politique d'Emmanuel Macron. Donc on n'allait pas entrer au gouvernement vers la politique d'Emmanuel Macron. Mais en revanche qu'un ministre des relations avec le Parlement dise que nous ne faisons pas partie de l'arc républicain. Alors que nous sommes allus exactement de la même façon que les autres députés de la majorité par exemple. Étaient très choquants pour un ministre des relations avec le Parlement. Il ne l'est plus. Tant mieux. C'est une bonne chose. Et il arrive au porte-parole là du gouvernement.
Oui il ira vendre finalement la soupe du gouvernement tous les jours.
Mais c'est lui par exemple qui a suspendu les médecins et les soignants opposés au vaccin et dont vous demandez la réintégration.
Oui absolument. On sait qu'Olivier Véran a été un ministre très contesté. Il a pris des décisions tout à fait contestables que nous continuons à contester. Moi je ne me réjouis pas de le voir au gouvernement. Mais il n'est plus en relation avec le Parlement. C'était absolument compliqué de travailler avec lui. Je note en fait que ce gouvernement c'est quand même beaucoup des technos. On parle de Jean-François Caranco à l'outre-mer. De François Braune à la santé. Des gens qui ont probablement des compétences techniques mais qui ne sont pas des politiques. Or on a bien vu la difficulté qu'avaient souvent des technocrates à enfiler un costume de ministre.
Et puis très faible ressource humaine du côté de la Macronie.
15 ministres se sont présentés au législatif. 12 ont réussi.
Oui d'accord mais certains sur des postes plus exposés que d'autres. Mais on voit aussi la difficulté quand même de la ressource du côté d'Emmanuel Macron. Il a très peu de ressources.
A propos effectivement de politique, le rendez-vous important aussi cette semaine c'est mercredi avec le discours de politique générale de la première ministre. Qu'allez-vous faire à l'issue de ce discours ? Est-ce que par exemple si elle demande la confiance, vous pourriez, le Rassemblement National, vous abstenir ?
Alors la question se pose effectivement plutôt dans ce sens, avant de savoir ce qu'on va faire, il faut savoir ce qu'Elisabeth Borne souhaite faire elle-même. Elisabeth Borne va discourir, elle va présenter les grandes lignes de sa politique et puis ensuite elle a le choix, ce n'est pas une obligation, de demander la confiance du Parlement. Je crois qu'avant elle des premiers ministres comme Pierre Moroy ou Edith Cresson ne l'avaient pas fait.
Tous les ministres qui avaient des majorités relatives n'ont jamais demandé la confiance du Parlement.
Donc il est possible qu'elle ne le fasse pas, moi à titre personnel j'aurais préféré qu'elle le fasse parce que je trouve que c'est une marque de considération du Parlement, ce n'est pas obligatoire. Par conséquent on attendra de voir ce qu'elle fait mais nous ne sommes pas en capacité en tous les cas, nous ne sommes pas favorables à voter la confiance à ce gouvernement.
Si vous vous abstenez en quelque sorte la confiance sera votée puisque ça exclut les députés ARN du vote.
Il y a deux choses, nous n'avons pas confiance dans ce gouvernement donc nous ne voterons pas la confiance. Maintenant si elle demande la confiance, est-ce qu'on votera contre ou est-ce qu'on s'abstiendra ? Moi je l'ai toujours dit, nous l'avons toujours dit, Marine Le Pen l'a toujours dit, on n'est pas là pour casser la machine, on n'est pas là pour faire vaciller Elisabeth Borne à la première heure pour la faire remplacer peut-être par un autre ministre de la même couleur politique. Vous ne demandez pas particulièrement son départ.
Le problème ce n'est pas Elisabeth Borne, Elisabeth Borne, de toute façon on l'entend très peu, ça n'imprime pas du tout ce qu'elle raconte, elle est là pour appliquer une feuille de route bien nébuleuse il faut bien le dire d'Emmanuel Macron à ce stade. Le problème ce n'est pas le personnage donc on ne votera pas la confiance si toutefois elle la demande, on verra, on pourrait s'abstenir.
Une précision très importante Sébastien Chenu, si elle ne demande pas la confiance et si la NUP comme d'ores et déjà effectivement ça a été indiqué dépose une motion de censure, est-ce que vous pourriez mêler vos voix à celle de la NUP ?
Non mais on ne va pas commencer comme ça. Non mais est-ce que c'est une ligne rouge pour vous ? Non mais ce n'est pas la ligne rouge, vous savez nous pendant 5 ans nous étions 7 députés alors ça ne s'est peut-être pas beaucoup vu mais nous avons voté des propositions de loi, des amendements de la France Insoumise, de la République En Marche, des Républicains. Jamais une seule fois, vous m'entendez, un député républicain En Marche ou Insoumis n'a voté un amendement quand bien même cet amendement était un changement de virgule. Le sectarisme de ces gens-là a été absolument flagrant. Donc on ne va pas commencer par tout casser parce qu'il y a deux approches.
Où vous êtes une opposition, nous on est l'opposition, la plus forte opposition, le groupe le plus fort. Une opposition qui est constructive, on se dit quel est l'intérêt du pays, est-ce qu'à chaque fois qu'on s'oppose on peut proposer autre chose pour bien montrer aux français qu'il n'y a pas qu'une solution, qu'il n'y a pas qu'une politique possible dans le pays, il n'y a pas qu'une politique libérale. Donc une opposition comme on le veut, constructive, on s'oppose et on propose ou alors vous êtes une opposition qui casse tout.
Et ça c'est l'extrême gauche de la France Insoumise, on l'a vu rien qu'à l'heure arrivée, c'est une opposition qui ne respecte pas les institutions et qui veut tout casser. Les français nous le disent, moi ils me l'ont encore dit ce week-end sur le terrain, vous êtes là pour proposer, pour vous opposer, vous n'êtes pas là pour tout casser.
Alors on va voir avec vous dans un instant quelles sont les propositions, les urgences puisque certains projets de loi ou certaines propositions de loi peuvent arriver dans les jours voire les heures qui viennent. Et revenir avec vous également sur la composition de ce nouveau gouvernement dont les noms sont en train d'arriver petit à petit sur France Info. 8h40 d'abord Sébastien Chenu, le fil info c'est avec Diane Ferschit. Olivier Véran nommé porte-parole du gouvernement, il remplace Olivia Grégoire, nommée elle ministre déléguée des PME. Ce sont les premiers noms du remaniement ministériel ce matin avec le départ aussi de Damien Abad et de Crisoula Zakharopoulou.
A la santé François Brun remplace Brigitte Bourguignon, Bruno Le Maire lui conserve son poste de ministre de l'économie. Bruno Le Maire qui annonce par ailleurs ce matin une aide pour les salariés aux petits revenus qui possèdent une voiture face à la hausse des prix du carburant. Aide qui reste à préciser, le prêt garanti par l'Etat est prolongé jusqu'à la fin de l'année. Une ancienne militante du parti de gauche saisit le comité de suivi des violences sexistes et sexuelles de la France Insoumise. Au sujet d'Éric Coquerel, elle sera entendue, affirme sur France Info la députée et l'EFI. Danielle Simonnet, c'est elle qui a créé ce comité.
Mais n'instrumentalisons pas la lutte contre les violences sexuelles, ajoute-t-elle. Rappelant qu'Éric Coquerel vient d'être nommé président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Trois jours seulement après le début de la course, une journée de repos pour les coureurs du Tour de France. Ils ont quitté le Danemark hier soir. Demain, c'est le Belge Wood Van Aert qui s'élancera de Dunkerque avec sur les épaules le maillot jaune. Le 8.30 France Info, Laurin Sénéchal, Jean-Jérôme Bertolus.
Toujours avec Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, vice-président de l'Assemblée nationale. Dans ce nouveau gouvernement qui devrait être annoncé dans les prochaines heures, voire dans les prochaines minutes, Damien Abba ne figure plus comme ministre des Solidarités. Mais après une plainte pour tentative de viol, sa position était intenable. Et notamment, sa position était intenable pour Elisabeth Borne ?
Sa position devenait intenable. Moi, je n'ai pas beaucoup de sympathie politique pour Damien Abba. Mais je pense qu'en tout état de cause, la présomption d'innocence ne doit pas être remplacée dans notre pays par la présomption de culpabilité. Ça, c'est un principe auquel il faut rester attaché. Maintenant, je pense que Damien Abba, à partir du moment où il avait une telle affaire, qu'il y a une plainte et qu'il doit se défendre, il était compliqué pour lui. Et je pense qu'il s'est mis aussi un peu dans cette situation. C'est-à-dire qu'il a accepté de prendre des responsabilités ministérielles, alors qu'il avait ses dossiers, ses histoires qui, évidemment, venaient polluer son...
C'est aussi le cas de la secrétaire d'État à la francophonie, qui est elle-même, qui a trois plaintes pour viol, effectivement, puisqu'elle était... Izoula Zakharopoulos, qui était gynécologue.
Il y a un côté de... Et qui quitte aussi le gouvernement. Oui, mais je pense qu'il y a une responsabilité personnelle. Quand on a des plaintes, réglons les affaires devant la justice, quelles qu'elles soient, ressortons innocents ou coupables, mais en tout cas, traitons ces affaires devant la justice, et puis n'essayons pas d'assumer d'autres responsabilités tant que ces affaires ne sont pas traitées. Pour le reste, le gouvernement avait été bien imprévoyant en nommant Damien Abad.
Mais c'est une ligne rouge que vous êtes en train de tracer, que le Rassemblement national trace, vous qui êtes porte-parole de ce parti. Quand il y a une enquête pénale qui est ouverte, ça justifie qu'un ministre démissionne ?
C'est pas ça. Je pense que, eux, les intéressés sont au courant, évidemment, qu'ils ont visiblement une plainte, un dossier ouvert, etc. Dans ces cas-là, n'allez pas assumer, j'ai envie de leur dire, n'allez pas assumer une responsabilité nouvelle d'Ami Abad. Et on l'a bien vu, ces affaires-là, elles étaient déjà anciennes. Il n'y avait pas de plainte avant qu'ils rejoignent le gouvernement. Oui, il y avait des affaires anciennes. Donc, il faut traiter les choses plutôt que d'essayer d'assumer. Parce qu'après, vous êtes pollué par ça, et votre action est polluée, et toute l'action du gouvernement.
Justement, à propos, maintenant, d'Éric Coquerel, député de la France Insoumise, nouveau président de la Commission des Finances. Il n'y a pas une plainte, mais une pré-plainte en ligne, qui a été déposée par ce féticier. C'est une ex-sympathisante du Parti de Gauche, une figure des Gilets jaunes. Elle accuse, en fait, Éric Coquerel, non pas d'une agression physique violente, mais de gestes déplacés. Est-ce qu'il y a, oui ou non, une affaire Coquerel ? Est-ce qu'il peut, oui ou non, se maintenir à la tête de la Commission des Finances ?
Il y a deux volets, je pense, dans cette histoire. Il y a l'aspect politique, et puis il y a l'aspect du droit. L'aspect politique, je vois qu'Éric Coquerel, contre qui nous avons mené la bataille, pour la présidence de la Commission des Finances, avec Jean-Philippe Tanguy, se voit confronté à une pré-plainte au moment où il vient d'être élu président de la Commission des Finances. Je ne sais pas si derrière, ça veut dire qu'il y a une volonté de le déstabiliser politiquement. Moi, je n'ai évidemment pas beaucoup d'atomes crochus avec Éric Coquerel, qui fait partie de ces députés, qui ne nous saluent pas d'ailleurs. Qui refuse de vous serrer la main.
Donc, si vous voulez, ce n'est pas un type dont le comportement est parfaitement républicain. Mais je vois qu'en tous les cas, là aussi, il est, je ne sais pas s'il est victime, en tous les cas, il est mêlé à une affaire dont il doit être présumé innocent, puisqu'il n'y a pas de plainte au moment où nous nous parlons.
Vous soulignez le calendrier. Pour vous, il y a quelque chose d'un peu...
Un calendrier un peu particulier. Pour moi, Éric Coquerel est présumé innocent, parce qu'on ne peut pas établir l'avis politique de notre pays sur des rumeurs. Mais l'avis politique ou l'avis économique et sociale. Si demain, M. Bertholus, il y a des rumeurs qui disent que vous vous comportez très mal, et qu'il faut... Ce qui est, à mon avis, absolument impossible à imaginer, et qu'il faut vous priver d'antenne, ce serait particulièrement injuste. On ne peut pas faire reposer l'avis économique, sociale et politique de notre pays sur des rumeurs. Et puis, l'aspect du droit.
Je dis, moi, je suis attaché à la présomption d'innocence, qui ne doit pas être remplacée par la présomption de culpabilité. Mais qu'est-ce que c'est aussi que cette histoire de comité à LFI... La cellule. De cellules, de trucs de secte, qui vient examiner des dossiers de plaignantes, de plaintes... Écoutez, il y a un droit dans ce pays. Donc, vous avez un problème de droit. Vous considérez que vous devez porter plainte. Vous portez plainte. Vous pouvez même être accompagné. Moi, je suis très attaché au fait que les femmes, en particulier, qui sont victimes de comportements déplacés, puissent être accompagnées, entendues, écoutées.
Mais devant la justice, qu'est-ce que c'est que ces histoires dans lesquelles on va régler en interne, par des commissions théodules, à côté du droit de la République, des affaires de ce style ? Vous savez, LFI, en fait, est prise au piège de ses propres comportements politiques. Ils ont jeté l'opprobre sur des dizaines de personnalités politiques ou médiatiques durant ces dernières années. Ils ont condamné, mis à l'index les uns et les autres. Et puis, quand ça les touche, on ne les entend plus. Ils sont très mal à l'aise. Ils ont dit qu'on a un comité qui va régler ça. Il n'y a pas besoin d'un comité. Il y a une plainte. On va en justice. Il n'y a pas de plainte.
Tout ceci n'a pas raison à être réglé dans un comité.
C'est facile au Rassemblement National de dénoncer des violences sexuelles ou du harcèlement ?
Non, mais je veux dire, il ne faut pas avoir d'indignation à géométrie variable. Voilà ce que je veux dire.
Vous parlez de cette cellule au sein de la France Insoumise. Il ne pourrait pas y avoir au moins quelque chose d'écoute, d'accueil des victimes au sein du Rassemblement National, par exemple. Ça, c'est impossible. Non, mais attendez.
Il y a un état de droit. Il y a des règles. Il y a des possibilités. Moi, je suis pour qu'on renforce la possibilité pour les femmes d'être accueillies, écoutées, entendues. Et les victimes, plus généralement. Mais pas au sein du Rassemblement National. Mais un parti politique, ce n'est pas fait pour ça. Enfin, je veux dire, qu'est-ce que c'est que ces histoires ? Un parti politique, ce n'est pas un organe en parallèle du droit.
Mais si une femme ou un homme se dit victime d'agressions sexuelles au sein du Rassemblement National, au sein de moments qui font partie de la vie du parti politique ?
Eh bien, je l'engage dans ces cas-là à déposer une plainte. C'est assez simple. Nous engageons les gens qui considèrent qu'ils sont victimes, ici ou là, dans leur vie professionnelle, dans leur vie politique, dans leur vie syndicale, qui sont victimes de discrimination, de comportements déplacés, à utiliser la voie de la justice. Mais non, la personne à qui se confiait au sein du Rassemblement National. Non, mais un parti politique, ce n'est pas SOS Amitié. Je veux dire, il y a un droit aujourd'hui. Il faut renforcer l'accueil des victimes et faire appliquer le droit avec la présomption d'innocence.
Sébastien Cheneau, vous avez été élu, et bien élu, vice-président de l'Assemblée Nationale, 290 voix, dont des voix de la droite républicaine, de LR, dont des voix de Renaissance, le parti d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous vous félicitez qu'à l'Assemblée, il n'y ait plus de cordon sanitaire autour des députés du Rassemblement National ? Vous êtes devenu, en quelque sorte, des députés comme les autres.
Mais nous sommes des députés comme les autres. Nous sommes élus comme les autres. Nous sommes parfaitement républicains. Il était normal que l'organisation de l'Assemblée Nationale, à travers ses vice-présidents, soit le reflet, soit la photographie politique des grands équilibres de cette Assemblée. C'était normal. C'est l'inverse qui n'aurait pas été acceptable. Et donc, par exemple, vous dirigerez les débats à l'Assemblée,
puisque vous serez amené, un jour ou l'autre, à être ce qu'on appelle au perchoir, à dominer l'hémicycle. Vous dirigerez les débats d'une manière, on va dire, équilibrée, sans parti pris, impartiale. Mais pourquoi cette question ?
Est-ce que vous poseriez cette question à un autre député d'opposition ? Non.
Mais jusqu'à présent, le Rassemblement National, votre position de responsabilité et de pouvoir au sein de l'Assemblée est inédite. C'est pour ça que je vous pose la question.
Non, mais je veux dire, il n'y a aucune raison qu'on soit différent dans la manière d'organiser les débats, que les deux vice-présidents, Alain Laporte et moi-même, ne soyons pas impartiaux. C'est même la fonction que nous devons honorer. Donc nous le ferons avec beaucoup de distance sur les appareils politiques, de façon à ce que les débats soient bien menés.
Ça va changer quoi, Sébastien Chenu, au perchoir ?
Écoutez, dans l'organisation de l'Assemblée Nationale, je pense pas grand-chose, en réalité. Mais dans la tenue des débats ? Dans la tenue des débats, pas grand-chose, parce que dans la tenue des débats, je pense que je serai un vice-président qui ressemble à un autre vice-président, c'est-à-dire qui cherche à faire en sorte que la machine fonctionne bien. Vous savez, moi j'étais très marqué. Lorsque nous sommes arrivés la semaine dernière à l'Assemblée Nationale avec les 88 autres députés du Rassemblement National, mes 88 collègues, nous avons voulu, et nous l'avons dit, nous sommes là pour respecter une institution.
Nous ne sommes pas là pour la transformer en ZAD, en squat, en Assemblée Générale des Verts, et donc nous respectons celle-ci. Et puis vous avez eu d'autres comportements. Nous ne sommes pas arrivés en dansant. Nous nous mettons effectivement, alors ça paraît un peu désuet, peut-être devant vous messieurs, des vestes et des cravates, mais lorsque nous sommes dans cette institution, nous mettons des vestes et des cravates, parce que nous respectons ceux qui nous ont précédés. A l'Assemblée, ça ne nous paraît pas du tout désuet. Mais ça ne nous paraît pas, vous savez, moi j'ai l'habitude de dire, on aime bien quand ça a de la tenue. Eh bien voilà, on aime bien quand ça a de la tenue.
On aime bien respecter les institutions de notre pays.
On va parler dans un instant de deux dossiers brûlants, l'état d'urgence sanitaire, parce qu'il doit prendre fin à la fin du mois, et le pouvoir d'achat avec ce projet de loi qui est attendu dans les prochains jours. D'abord le fil info. Il est 9h moins 10, voici Diane Ferchit. Le président de la République a promis un gouvernement d'action avec ce remaniement dont on connaît les premiers noms. Bruno Le Maire conserve son poste de ministre des Finances et de l'Économie. C'est Olivier Véran qui devient porte-parole du gouvernement. Il remplace Olivia Grégoire. Elle devient, elle, ministre déléguée des PME à la Santé.
Brigitte Bourguignon est remplacée par le médecin urgentiste François Braune. A noter également Damien Abad et Crisola Zakharopoulou qui quittent le gouvernement Clément Bonne. Il est quant à lui chargé des transports. Le comité de suivi des violences sexistes et sexuelles de la France Insoumise saisie par une ancienne militante du parti de gauche Sophie Tissier met en cause Éric Coquerel pour un comportement, selon elle, offensant et harcelant. Elle parle de gestes déplacés et de mains baladeuses lors d'une soirée organisée par le parti il y a 8 ans. Reprise des recherches ce matin après l'effondrement d'une partie du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes.
Au moins 6 morts, plusieurs blessés en cause, selon les scientifiques, le réchauffement climatique. Le tireur présumé à des antécédents psychiatriques indique ce matin la police danoise. Le jeune homme de 22 ans armé d'un fusil est suspecté d'avoir ouvert le feu hier faisant 3 morts et 3 blessés graves dans un centre commercial de Copenhague. Le 8.30 France Info, Laurin Sénéchal, Jean-Jérôme Bertolus. Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale et porte-parole du Rassemblement national. Le Covid a fait son retour en France. On est à plus de 100 000 cas par jour en moyenne, 1 000 hospitalisations par jour.
Et pourtant, nous allons sortir à la fin du mois de l'état d'urgence sanitaire. Le gouvernement prépare un nouveau texte pour peut-être le prolonger. On parle de, notamment, réinstaurer un pass sanitaire aux frontières de la France. Est-ce que ça fait partie des mesures dont vous êtes favorable ?
Bon, plusieurs choses. D'abord, sur le Covid, moi, je ne veux pas oublier de signaler que le tribunal administratif, dernièrement, a indiqué que l'état français avait été fautif en ce qui concerne le stockage des masques. C'est à noter parce que ça veut dire que ce gouvernement, l'état, n'a pas bien géré, en réalité, cette pandémie. Et je crois qu'il faut garder ça en mémoire. Nous, ce que nous souhaitons, c'est faire en sorte que les gens retrouvent de la liberté. Mais liberté, ça veut dire responsabilité. On l'a toujours dit. Plus vous êtes libre, plus vous devez être responsable. Donc, on fait confiance aux Français. On ne les infantilise pas.
On leur dit, assumez un certain nombre de gestes barrières là où vous sentez, là où vous pensez qu'il y a la nécessité de le faire. On ne les prend pas pour des enfants. Il y a d'autres choses qui nous semblent être des priorités. C'est la réintégration, par exemple, des soignants. Ça, c'est une priorité.
Les soignants qui étaient suspendus parce qu'ils ne se sont pas vaccinés.
Voilà, suspendus parce qu'ils n'étaient pas vaccinés. Et ça, nous allons nous mobiliser également au Parlement sur ces réintégrations. Ça, ça nous semble être la priorité.
Ça veut dire que vous avez déposé un amendement au Rassemblement National sur le projet de loi. Exactement. Pour demander la réintégration des soignants. Vous êtes consulté avant que ce texte n'arrive à la finir.
Non, nous n'avons pas été consultés avant. J'ai vu que Mme Borne avait dit qu'elle retiendrait l'ensemble des préconisations du professeur Braun, qui visiblement devient lui-même ministre de la Santé. Ça montre combien il était indépendant lorsqu'il faisait ses propositions, puisqu'il était celui qui avait écrit, je crois, le programme santé du président de la République. Donc non, ils ne consultent pas à l'extérieur. Ils font ça entre eux.
Concernant le pouvoir d'achat, le projet de loi qui reprend les mesures de pouvoir d'achat du gouvernement sera débattu à partir du 18 juillet à l'Assemblée. Est-ce que vous allez voter pour l'ensemble de ce paquet pouvoir d'achat ?
On va regarder ça. D'abord, quel est l'état du pays ? Bruno Le Maire avoue désormais que l'état du pays, de la santé économique de notre pays n'est pas bon, qu'il a construit un budget sur des données qui ne correspondent pas à la réalité économique du pays. Parce qu'il a changé. D'accord, mais enfin, on lui avait dit, nous lui avions indiqué que lorsqu'il construisait un budget sur, je crois, 2,5%, sur 4% de croissance, alors qu'il y en a 2,5%, c'était évidemment pas tenable. Qu'on a devant nous un mur d'inflation, 5,8%, presque 6% d'inflation.
L'un des taux les plus faibles de la zone euro, il le répète.
D'accord, mais alors ça change quoi ? Il est très important ce taux d'inflation, et donc on avait dit à Bruno Le Maire que tout ça allait nécessiter des choix différents de ce qu'il faisait. Aujourd'hui, il est en train d'ouvrir les yeux, ou plutôt de revenir sur le baratin qu'il a fait aux Français.
Un petit mot, j'en profite pour vous demander, il y a 50 milliards de surplus de recettes fiscales dues à l'inflation, notamment sur la TVA, dues aussi à la croissance. Est-ce qu'il faut redistribuer cette cagnotte aux Français, ou est-ce qu'il faut épurer les comptes en matière budgétaire ?
L'inflation, c'est de l'argent qui a été finalement pris dans la poche des Français. Les prix augmentent, les Français dépensent plus, et donc il y a cette, vous appelez c'est une cagnotte, c'est 50-55 milliards.
C'est le mot qui est depuis quelques années.
Il faut le redonner aux Français. Mais moi je crois qu'il faut des solutions pérennes, et ça va répondre en partie à votre première question.
Davantage que remettre les finances publiques à flot.
Nous, nous pensons qu'aujourd'hui, la politique d'échec, par exemple, n'est pas une politique ni pérenne ni responsable. Distribuer des chècs avec tous les mauvais calibrages, on l'a vu la dernière fois, des détenus ont reçu des chècs, des députés européens ont reçu des chècs, donc ça montre que le système est mal calibré, et faire des chècs pour payer des taxes nous semble être une drôle de logique politique. Vous voulez baisser la TVA sur l'énergie, sur l'essence. Nous on veut une baisse. Et ces 55 milliards peuvent permettre, en tous les cas, peuvent être un élément qui permette d'arriver à cette baisse de la TVA à 55.
Comment vous êtes sûr que Total va répercuter cette baisse de la TVA ?
D'abord, il va falloir aussi demander un effort à Total. Il y a des structures aujourd'hui, des entreprises qui ont fait des bénéfices inhabituels, on va dire, à cause de la guerre en Ukraine. Alors vous parlez, on peut parler de Total. Des bénéfices de guerre ? Oui, on peut parler de CMACGM, qui a vu ses bénéfices multipliés par 10. Et qui fait un geste, en réduisant justement... Sincèrement, ce n'est pas à la hauteur. Ce n'est pas du tout à la hauteur. Nous, ce qu'on souhaite...
Il y a d'autres entreprises, pardon, par exemple dans les filières agricoles, on dit qu'il y a le prix de certaines matières premières, comme le blé, qui est fixé maintenant sur les marchés internationaux, et puis les agriculteurs français doivent payer ce prix. Est-ce qu'il y a d'autres entreprises qui devraient, aujourd'hui, être taxées, compte tenues de profits de guerre ?
Les entreprises qui ont fait des bénéfices inhabituels entre l'année guerre en Ukraine et les années précédentes doivent être taxées à la hauteur de ces profits inhabituels et contribuer. C'est-à-dire que nous considérons que sur le bénéfice inhabituel fait, il faut en prendre des deux tiers et on leur a en laissé un tiers.
Qu'est-ce que ça veut dire, inhabituel ?
Vous faites le calcul. Vous regardez les bénéfices faits les années auparavant, et vous regardez les bénéfices faits l'année de guerre en Ukraine, et vous faites simplement le calcul, vous faites la soustraction, et vous voyez quel a été le bénéfice inhabituel, supplémentaire, et vous le taxez. Voilà, ça paraît immédiat. Vous savez qu'on l'a déjà fait. Un bénéfice supplémentaire par rapport à une année normale. Oui, mais vous savez qu'on l'a déjà fait. Par exemple, pendant le Covid, les mutuelles de santé ont déjà été elles-mêmes taxées pour contribuer à l'effort dans la lutte contre le Covid. On sait très bien faire ça.
Dans l'immédiat, est-ce que vous, par exemple, vous demandez à Total, effectivement, qui fait une ristourne aux automobilistes qui empruntent les autoroutes et donc qui passe par ces stations-services d'autoroutes, cette ristourne de 12 centimes, vous demandez à Total de l'étendre à toute la France, à toutes, à ces milliers de stations-services en France, ça serait déjà...
Ce serait bien le minimum, mais encore une fois, la politique des ristournes ne fait pas une politique globale, ne fait pas une politique cohérente. Nous, ce qu'on veut, c'est des mesures pérennes. Et pour revenir à votre première question, quand il y aura des mesures pérennes, qui ne seront ni des gadgets, ni des pansements sur des jambes de bois, qui permettront aux Français de retrouver du pouvoir d'achat, nous les voterons. Lorsque ce sera des outils de communication qui ne résolvent rien, il ne faudra pas compter sur nous. Merci Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National, vice-président de l'Assemblée,
invité de France Info ce matin. Merci.
Merci. Merci.