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interviewRMC· 22 janvier 2024 20 min

🔴 DIRECT -L'intégrale de l'interview politique de Xavier Bertrand sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

C'est vrai, l'argent ne tombe pas du ciel.

0:02
Xavier Bertrand

Oui, mais les impôts tombent de ce gouvernement. C'est un impôt. Bien sûr, c'est l'impôt à tal. Le Premier ministre, aujourd'hui, en prenant ses fonctions, peut nous faire tous les discours qu'il veut sur la baisse des impôts sur les classes moyennes. On sait pertinemment qu'avec cette première hausse de l'électricité, ça va être, d'après ce qui a été dit hier, 200 à 250 euros de plus par an. Mais il y a la deuxième couche, l'an prochain. Là, c'est que la moitié du chemin. Ce qui a été annoncé hier soir, l'an prochain, ce sera exactement la même chose. C'est-à-dire qu'on aura, d'une main, on aura pris avec la seule électricité, à peu près 500 euros par an.

Et avec la baisse de 2 milliards d'euros pour les classes moyennes, on va rendre généreusement 100 euros par an. Le comptier part. Alors, ils peuvent nous dire tout ce qu'ils veulent. Les impôts vont baisser, les taxes vont baisser. Ce sont des mensonges. La vérité, c'est qu'on prend plus, beaucoup plus aux Français tout de suite que ce qu'on leur donnera peut-être demain. Et après, on s'étonne que la colère monte.

1:00
Invité

On va baisser de 2 milliards d'euros les impôts pour les classes moyennes. En fait, c'est un tour de passe-passe pour vous. Même pas.

1:07
Xavier Bertrand

Là, je vous dis, l'électricité. Allez, on prend les chiffres du ministre hier soir. La première lame, c'est 20 euros par mois, c'est-à-dire 250 euros par an en moyenne. Mais il y en a notamment les ménages les plus fragiles qui sont dans des passoires thermiques, mal isolés encore aujourd'hui. Avec souvent des chauffages électriques. Donc sur les deux ans, ça va être, au bas mot, 500 euros de plus. Et on va leur rendre, ce ne sont pas mes chiffres, ce sont les chiffres des économistes, peut-être en 25, pour ceux qui gagnent entre 1 500 et 2 500 euros par an, on va leur rendre 100 euros. Et 500 euros d'un côté, 100 euros de l'autre, moi je n'ai pas fait l'ENA, mais je sais compter.

Et les Français savent compter tout aussi bien.

1:43
Invité

Ce que dit Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, c'est qu'au fond, ce n'est qu'un retour à la normale, c'est-à-dire qu'ils ne reviennent qu'à ce qui était avant ce bouclier tarifaire. Écoutez, c'est justification.

2:00
Présentateur

Nous avons pris en charge la moitié de la facture des ménages pendant la crise énergétique. Aucun autre État européen ne l'a fait. Nous avons beaucoup protégé. Nous revenons à la normale. Il faut aussi protéger nos finances publiques, parce que si demain, il y a à nouveau une pandémie ou une autre crise, on sera bien content de pouvoir protéger les Français, les salariés, les entreprises.

2:19
Invité

Mais ça, vous le dites aussi ?

2:21
Xavier Bertrand

Oui, mais il est en train de faire payer le quoi qu'il en coûte. On avait pensé que le quoi qu'il en coûte, c'était pour protéger les Français, protéger l'économie française. Là, on est en train de leur dire maintenant, vous allez rembourser le quoi qu'il en coûte. Voilà aujourd'hui clairement la vérité.

2:33
Invité

On est punis en quelque sorte ?

2:35
Xavier Bertrand

Oui, mais c'est vrai. Et puis en plus, les problèmes de pouvoir d'achat, c'est toujours le problème numéro un. Ce week-end encore, à Saint-Quentin, les gens me parlaient des difficultés pour faire les courses. Ceux qui ont changé leurs habitudes, qui sont passés d'une enseigne de grande distribution à une autre, parce que c'est moins cher, c'est le quotidien des Français. Il s'agit, regardez, nos gouvernants, les politiques, tout le monde regarde les sondages. Il n'y a pas besoin de lire des sondages pour voir, priorité numéro un, le pouvoir d'achat. Et là, on leur met aux Français la tête sous l'eau. Voilà la réalité. Et après, on s'étonne que la colère monte.

Mais comment ils prennent le pouls des Français, ces gouvernants-là ? Comment ce gouvernement comprend ce qui se passe dans le pays ? Ils ne comprennent pas ce qui se passe dans le pays. Et ce n'est pas nouveau. Ça avait été le cas avec les Gilets jaunes. C'est le cas aujourd'hui avec l'agriculture. Ils ne comprennent pas ce qui est en train de se passer sur la santé. Ils ne voient pas le drame national qu'est celui aujourd'hui du logement. De toute façon, ce n'est pas un gouvernement pour les gens qui ont des problèmes. Ce n'est pas un gouvernement pour les gens qui ont du mal.

3:31
Invité

Ça veut dire quoi, ça ? C'est que c'est un gouvernement pour voir les riches ? Ils sont déconnectés.

3:36
Xavier Bertrand

Ils ne se rendent pas compte. Tout se décide ici dans un carré de 5 km² à Paris. Quand il y a des déplacements, je le vois bien, sur le terrain, aux côtés des sinistrés, des inondations. C'est, pardonnez-moi, mais avec des tonnes de caméras. Tout ça, comment vous voulez comprendre les choses ? Le Premier ministre est venu le 9 janvier.

3:53
Invité

C'était son premier déplacement ?

3:55
Xavier Bertrand

Aussitôt, il est venu. Aussitôt, lui, il est venu. Je lui ai fait une proposition concrète, très concrète, pour les artisans, les commerçants, qui, eux, peuvent se payer une franchise de catastrophe naturelle de plusieurs milliers d'euros. Je lui ai dit, Monsieur le Premier ministre, la région, j'ai la compétence économique et l'État, ont fait moitié-moitié de façon à les soulager de plusieurs milliers d'euros. Il a répondu quoi ? Il me dit, je vous donne réponse à la fin de la semaine. Et ce n'était pas la semaine dernière, c'était la semaine d'avant. Vous n'avez toujours pas de réponse ? Oui, mais pendant ce temps-là. Moi, j'ai revu l'autre jour, à Arc, j'ai revu les commerçants.

Ils me disent, Monsieur Bertrand, on en est où ? On en est où ? Moi, de toute façon, je ferai ma part, quoi qu'il arrive. Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour répondre ? Parce que ce n'est peut-être pas compliqué, ce n'est peut-être pas important pour eux. Mais pour les gens concernés, c'est important. Il est temps que la politique revienne à taille humaine, à taille concrète.

4:40
Invité

Cette question du pouvoir d'achat, elle est évidemment sur l'électricité. Vous estimez que c'est, au fond, une forme de retour d'un impôt, ce retour de la taxe sur l'électricité. Vous avez évoqué la colère des agriculteurs et les gilets jaunes. Vous avez même évoqué la santé. Dans le même temps, il y a, et ça a été confirmé par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, un doublement de la franchise sur les médicaments, de 50 centimes à 1 euro. Il y a, et c'est un des motifs de la colère des agriculteurs, la hausse de taxes sur les gazoles non routiers depuis le 1er janvier. Est-ce que vous vous dites que ces trois points sont liés ?

5:11
Xavier Bertrand

Ils sont en train de semer les graines d'une nouvelle colère, mais d'une colère nationale, pas seulement celle des agriculteurs. J'entendais ce matin, je sais qu'on est sur BFM, mais sur RMC. On est sur les deux. Ce boulanger à Nice, je crois, excusez-moi, je l'ai écouté, ce n'était pas un énervé, mais il explique de façon très claire, je n'y arrive plus. Je n'y arrive plus. Son augmentation, je faisais le calcul dans la voiture, ça va être 1 500 euros de plus par an, parce qu'il a décidé, pour garder ses salariés, de les fidéliser, de les payer. Il n'y arrive pas. Il n'y arrive pas.

5:43
Invité

Il était en direct, Frédéric Roy, depuis Nice, c'était à 8h20.

5:47
Xavier Bertrand

Mais quand il explique justement que les collègues autour de lui, soit certains fermes, soit ont envie de s'allier à ce mouvement de colère, mais encore une fois, ils n'apprennent pas de leurs échecs au gouvernement. Ils n'apprennent pas de leurs échecs.

5:58
Invité

Vous redoutez que cette colère, on va venir vraiment au cœur des colères des agriculteurs, mais vous redoutez que la manifestation de la colère, qui donc désormais, ça y est, est sur les routes de France depuis 5 jours, et encore ce matin, notamment sur la 64, que cette manifestation de la colère ne s'agrège avec d'autres ?

6:15
Xavier Bertrand

Je le crains. Moi, j'ai toujours, notamment au moment des Gilets jaunes, j'avais indiqué qu'il y avait un vent de colère qui soufflait. Et puis surtout, moi, j'ai fait des propositions. La fameuse prime de 1 000 euros, qui est devenue la prime de Macron, c'est moi qui l'ai proposé à l'époque pour sortir de cette crise. Moi, vous savez, je suis un opposant, mais un opposant qui pense que l'intérêt général est au-dessus de tout. Donc, je préfère que l'on évite les crises, et surtout que l'on trouve des solutions aux problèmes des Français.

Ce que je fais dans ma région, vous savez, je ne suis pas un magicien, mais quand on décide d'aider financièrement ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler, la région des Hauts-de-France, ce n'est pas la plus riche de France. Mais 240 euros par an, non imposables, c'est important pour les gens.

6:52
Invité

Le patron de la FNSEA estime que des actions vont se poursuivre. Il sera reçu en fin de journée aujourd'hui par Gabriel Attal à Matignon. Mais visiblement, cette réunion, elle est déjà dépassée, puisque les agriculteurs, j'en avais plusieurs en direct ce matin sur RMC, mais le patron de la FNSEA lui-même dit que de toute façon, ils ont prévu de continuer à se mobiliser, et à se mobiliser toute la semaine, avec éventuellement une montée des tracteurs sur Paris.

7:16
Xavier Bertrand

Ils sont à bout. Ils sont à bout. Ça fait des années, et quand il y a un salon de l'agriculture, et en dehors, il y a des messages qui sont adressés, des messages de détresse. Et puis, une fois que le salon est terminé, la vie reprend son cours, encore une fois, pour le gouvernement. Là, aujourd'hui, il y a un sujet à Bruxelles. Il y a eu un plan qu'on a appelé le Green Deal, le pacte vert, qui prévoit, tenez-vous bien, la décroissance agricole. Il y a de plus en plus de monde sur la planète.

7:43
Invité

On leur demande de produire moins.

7:45
Xavier Bertrand

Il faut produire moins. Ça, peut-être qu'avant l'Ukraine, dans certains esprits, c'était formidable, je n'ai jamais pensé que c'était formidable, mais avec la crise en Ukraine, il faut tout revoir.

7:55
Invité

Donc il faut mettre ça, le Green Deal, il faut le mettre sur pause.

7:58
Xavier Bertrand

Il faut le remettre à plat, sur pause, bien évidemment, et revoir en plus les conditions de cette nouvelle politique agricole commune. Après, il y a un sujet franco-français. Ah mais nous, on a beau être en République, on est plus royaliste que le roi. Sur les produits phytosanitaires, sur les normes. Je le vois moi-même dans les Hauts-de-France par rapport à la Belgique. Écoutez, il y a des produits agricoles en Belgique qui ne poussent pas comme chez nous parce qu'ils utilisent des produits qu'on n'utilise pas. C'est la même Europe.

8:22
Invité

On est particulièrement zélés dans l'application des normes qui ont été décidées dans ce fameux Green Deal. Il y a une minorité agissante qui n'aime pas les agriculteurs.

8:31
Xavier Bertrand

Comment on fait ? Une minorité agissante, notamment les verts, qui n'aiment pas les agriculteurs. Or, les agriculteurs, ils savent combien et comment il faut respecter la nature pour produire et nourrir.

8:40
Invité

On a été trop loin dans l'écologie. Oui, mais alors attendez, il y a quand même un truc que j'aimerais bien vous suivre. C'est qu'on a Emmanuel Macron qui nous dit, mardi soir dernier, qu'il va lancer un grand plan contre l'infertilité. Et on sait qu'une partie de l'infertilité qui touche aujourd'hui les couples, les hommes comme les femmes, ça vient notamment de ces produits chimiques, de ce phytosanitaire. Et de l'autre côté, on dit, oui, mais en même temps, on ne veut pas trop appliquer les normes. Comment on fait ? Je ne blâme personne. Je dis simplement, comment on fait pour suivre ces deux exigences en même temps ?

9:11
Xavier Bertrand

Ces deux exigences, les agriculteurs les ont en tête. Ce qu'ils produisent, ils le donnent à manger à tous les Français. Ils le donnent à manger à leurs enfants. Donc pensez bien que si c'était vraiment nocif, ils ne produiraient pas comme ça et ils ne donneraient pas cela à nourrir à tous les Français et à leurs enfants. Ils sont conscients de la place de la nature et ils vivent avec la nature tous les jours.

9:31
Invité

En fait, c'est à eux qu'il faudrait faire confiance.

9:33
Xavier Bertrand

Il faut leur faire confiance, mais notamment, regardez, des produits sont interdits. Ils disent, d'accord, qu'est-ce qu'on a à la place ? Qu'est-ce qu'on a à la place ? Prenez les cerisiers, on a interdit les produits pour traiter les cerisiers en France. Dans d'autres pays européens, on continue à produire avec ces fameux mêmes produits. C'est la même Europe. Donc arrêtons d'en mettre plus. Et quand on nous dit qu'on va avoir une grande loi, qu'est-ce que le gouvernement a besoin d'une loi pour simplifier ? C'est tout de suite qu'on peut le faire. Une grande loi qui d'ailleurs est repoussée. Bien sûr. Mais attendez, dans la grande loi, c'était un guichet unique pour les nouveaux.

Tiens, vous voulez de la simplification ? Sur le gazole non routier, notamment le gazole que mettent les agriculteurs, notamment dans les tracteurs. Il y a une partie de défiscalisation, ça doit être 42 centimes, qui est directement décomptée. Et puis il y a 15 centimes, tenez-vous bien, ils vous seront remboursés quand vous aurez fait une déclaration à l'administration. Et vous ne croyez pas qu'on peut simplifier ça tout de suite, immédiatement, sans grande loi ? Mais vous savez pourquoi c'est comme ça, le remboursement ? Parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas le temps ou qui n'arrivent plus sur les formalités, et bien qui ne font pas les démarches.

35 à 40% des agriculteurs ne se font pas rembourser la part de défiscalisation. Il y a quoi ? Il y a du cynisme ? Mais bien sûr, du cynisme d'État.

10:44
Invité

Ça veut dire qu'il y a une forme de cynisme d'État à se dire, bon, il y en a une partie qui ne feront pas les démarches, et donc on va gagner, ce sera toujours ça de venir pour les tests ?

10:52
Xavier Bertrand

Et bien si, c'est ça, exactement par cœur. Parce qu'en faisant ces formalités, en ayant des épreuves en plus pour les agriculteurs, il y en a 35 à 40% qui ne demandent pas le remboursement de ces 15 centimes. Oui, c'est du cynisme d'État, pendant que les gens souffrent. Voilà la vérité.

11:08
Invité

Mais pendant ce temps-là, il y a effectivement l'Europe, vous le disiez, et d'ailleurs les accords du Mercosur qui importent, les accords avec la Nouvelle-Zélande, qui importent des produits qui ne respectent pas ces fameuses normes que l'on applique à nos propres agriculteurs. Sauf qu'il y a quand même des élections européennes dans quelques mois. Le RN s'est rendu sur place. Jordan Bardella a montré sa solidarité avec la colère des agriculteurs. Est-ce que vous n'avez pas peur que ceux qui sont contre l'Europe, contre cette Union européenne-là, ne gagnent du coup ?

11:38
Xavier Bertrand

Mais quelle proposition de loi le RN dépose là tout de suite pour l'agriculture ? Laquelle ? Je vous pose la question. Je ne cherchais pas, il n'y en a pas. Par contre, il y a des élus, par exemple Julien Dive, qui est député LR de l'Aisne, qui lui est avec des propositions concrètes et en plus en ayant mis en place un système de retraite agricole qui n'existait pas auparavant.

11:58
Invité

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le RN ne fait que souffler sur la colère sans apporter de solution pour vous ?

12:03
Xavier Bertrand

Leur seul talent, c'est de profiter de l'exaspération et de la colère des Français. Ils viennent présenter leurs condoléances aux Français tous les jours. Ce sont des vautours. Regardez, il était sur place avant même le ministre pour dire « ça va mal, ça va mal ». Mais le vrai problème quand on fait de la politique, c'est pour que ça aille mieux. Et prenez en plus sur un autre sujet, sur la question du revenu agricole. Le nombre d'agriculteurs en dessous du seuil de pauvreté, le nombre d'agriculteurs qui ne comptent pas leurs heures, ils font plus que 35 heures et qui ont un revenu qui n'est même pas supérieur au SMIC. Et quand le conjoint ne travaille pas, il n'y arrive plus.

C'est du désespoir. Et ce n'est pas seulement en les recevant qu'on réglera. C'est un changement complet. Est-ce qu'on veut vraiment se nourrir avec les meilleurs produits ? Vous parliez de la Nouvelle-Zélande.

12:44
Invité

Quand c'est produit à l'autre bout du monde, mal, personne ne dit rien.

12:48
Xavier Bertrand

Moi, je préfère que ça soit produit en France.

12:50
Invité

Mais en vrai, Gabriel Attal va recevoir la FNSEA tout à l'heure. Mais est-ce que c'est lui vraiment qui détient les manettes ? Est-ce que ce n'est pas en effet l'Union Européenne, quand elle signe des accords avec la Nouvelle-Zélande, quand elle signe l'accord du Mercosur ? Est-ce qu'on a encore la main ?

13:04
Xavier Bertrand

Sept ans. Ça fait sept ans que le président de la République a été élu. Ça fait sept ans que ce gouvernement, pour beaucoup d'entre eux, gère le pays. Et ce n'est pas aujourd'hui qu'il faut découvrir ce malaise profond. Et est-ce qu'on a encore la main ? Oui. Parce que la France n'est pas un petit pays. La France est un pays qui, au niveau européen, est tout à fait capable de dire non, comme à une grande époque. On n'est pas obligé de tout avaliser, des règles internationales qui font qu'on importe des produits qui sont justement produits avec des règles qu'on n'accepte pas chez nous.

13:34
Invité

Si on n'avalise pas, on sort de facto des traités européens ?

13:37
Xavier Bertrand

Non, je vais vous expliquer. Non, ça, ce n'est pas les traités européens. C'est aussi à l'Europe de dire les choses. Regardez les agriculteurs, que ce soit aux Pays-Bas, que ce soit en Roumanie aussi. En Allemagne. Il y a le même malaise. Est-ce que l'on veut continuer à produire ou importer ? Moi, je veux qu'on continue à produire ici.

13:55
Invité

Vous évoquiez les Pays-Bas. C'est notamment la colère des agriculteurs et cette colère très importante et ces mouvements de tracteurs partout dans le pays qui ont aussi poussé un Geert Wilders au pouvoir. Est-ce que vous ne vous dites pas que cette colère, malgré tout ce que vous dites là, elle va quand même pousser le RN au moins au pouvoir sur les élections européennes ?

14:16
Xavier Bertrand

Qui est responsable de cela ? Le gouvernement de M. Attal aujourd'hui, les gouvernements de M. Macron. Ils sont en train de dérouler un tapis rouge. Pourquoi ? Vous le savez aujourd'hui, quelle est la situation politique ? M. Macron n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Sans majorité absolue, même avec des 49-3, vous ne prenez pas de décision forte. Vous n'avez pas des réformes efficaces. Vous n'avez pas des textes qui permettent d'améliorer la vie des Français et de redonner de l'espoir aux Français.

14:44
Invité

Est-ce que vous redoutez la violence de ces mouvements ?

14:46
Xavier Bertrand

Je ne souhaite pas cette violence. À tout moment, je me suis élevé contre les violences, que ce soit dans des manifestations, que ce soit dans la vie quotidienne. La violence, c'est la pire des choses.

14:55
Invité

Mais est-ce que vous sentez que ça pourrait éventuellement dégénérer ?

14:55
Xavier Bertrand

Oui, mais encore une fois, le rôle du politique, c'est d'anticiper. C'est d'apporter des solutions aux problèmes. Ce n'est pas de rajouter des problèmes aux problèmes.

15:03
Invité

Donc, n'attendons pas de loi. Simplifions tout de suite.

15:05
Xavier Bertrand

Tout de suite, la question du Génère que j'ai posée, tout de suite, ça peut être fait. Mais par contre, sur l'électricité, il est encore temps d'écouter ce que disent les Français.

15:14
Invité

Pour vous, il est encore temps que Bruno Le Maire revienne sur cette idée d'augmenter.

15:17
Xavier Bertrand

Et en plus, celle du 1er février, ça n'est que la moitié du chemin qui a déjà été annoncé. Mais là, du bout des lèvres, ils n'ont pas fait trop de bruit, ils n'ont pas klaxonné pour le dire.

15:26
Invité

J'en parlais de la violence. Il y a une violence aussi contre les élus qui se manifeste de plus en plus. Et notamment, on a frôlé le drame pour le maire de Marc-en-Barreuil, près de chez vous. Les freins de sa voiture ont été sectionnés. Son épouse l'a constaté. Et heureusement, elle a emmené la voiture immédiatement chez le garagiste, qui a fait le constat que les freins avaient été sectionnés. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui à ça ?

15:47
Xavier Bertrand

Bernard Gérard, c'est un ami. Je le connais bien. Je le connais bien. C'est le président de l'Association des maires du Nord. Vous imaginez, chez vous, votre véhicule, les freins sectionnés. Donc là, ce n'est pas une injure qui est déjà inadmissible. C'est que là, ça veut dire qu'on met en cause sa vie. C'est déjà arrivé qu'un maire perde la vie. C'était dans le Var. Voilà, quelques années. Beaucoup d'émotions. Et quand l'émotion était retombée, on est repassé à autre chose. On doit être intraitable sur les plaintes qui concernent les élus, parce que les élus représentent les Français.

Moi, je suis, vous le savez, depuis plusieurs années, pour ceux qui représentent l'autorité publique, les policiers, les gendarmes, les pompiers, mais aussi pour les élus, que quand les faits le justifient, la condamnation entraîne une peine minimum. C'est-à-dire qu'on sache pertinemment que si l'on met en cause un élu, son intégrité physique qui plus est, dans ces cas-là, ce sera directement prison. Et là, vous verrez qu'il y aura à nouveau un effet dissuasif. Mais il faut clairement mettre un coup d'arrêt à cette dérive. Prison automatique. Si les faits, bien évidemment, sont justifiés au terme d'un procès. Mais il faut mettre un coup d'arrêt à tout cela.

Ça concerne les élus, les policiers, les gendarmes, les pompiers, nos médecins aussi, dans certains endroits, qui sont agressés alors qu'ils viennent porter secours. Ce coup d'arrêt, il est indispensable, et tout de suite.

17:03
Invité

Xavier Bertrand, est-ce qu'Amélie Oudea Castérin a ravivé une forme de guerre entre le public et le privé ?

17:09
Xavier Bertrand

Oui, d'une certaine façon, alors qu'il lui suffisait de dire que son choix pour ses enfants, c'était l'école libre. Moi, je suis très attaché à la liberté de choix. Elle avait qu'à le dire et l'assumer. Voilà, c'est aussi simple que ça.

17:21
Invité

Et est-ce qu'un établissement comme le collège lycée privé Stanislas peut continuer à toucher des subventions ?

17:29
Xavier Bertrand

Écoutez, moi, je suis très attaché à cette liberté de choix. Mais il faut que ce soit dans le cadre des principes républicains. Républicains. C'est-à-dire que l'égalité des chances doit être bien évidemment au rendez-vous. Je crois qu'il y a eu des enquêtes. C'est au gouvernement aujourd'hui d'en tirer toutes les leçons. Et vous le savez aussi, je suis très attaché à la liberté de choix. Mais je suis très attaché aussi à ce que tous les établissements respectent bien les principes de la République.

Vous savez que j'ai un sujet indifférent chez moi, dans un domaine différent, pour des raisons différentes, avec le lycée Averroès, pour lequel le préfet m'a suivi pour dire on dénonce le contrat d'association. Mais contrat ou pas, on doit à chaque fois vérifier que tous les principes républicains sont bel et bien respectés. C'est ce que j'ai voulu faire pour le lycée Averroès.

18:14
Invité

– L'uniforme pour tous ?

18:15
Xavier Bertrand

– Oui, bien sûr. Mais franchement, vous avez vu ce dont on a parlé tout à l'heure. Et je vous remercie d'aborder ça à la fin de l'entretien. C'est important. Mais c'est beaucoup moins important que les sujets dont on parlait tout à l'heure.

18:24
Invité

– Mais ça fait partie aussi de ce…

18:27
Xavier Bertrand

– La région est candidate, je l'ai déjà dit au… – Pas seulement la ville, pas seulement les villes,

18:30
Invité

mais la région tout en fait…

18:32
Xavier Bertrand

– Gabriel Attal, quand il était ministre de l'Éducation, je lui ai dit aussitôt, on est partant et on financera une partie des uniformes détenus parce que c'est nécessaire. Mais déjà, que tous nos élèves, nos jeunes, lire, écrire, compter, aller vers un métier, l'enjeu, il est clairement là. Et sur tous les sujets que vous avez évoqués tout à l'heure, vous avez évoqué, on a évoqué rapidement la question de l'infertilité. Président de la République…

18:57
Invité

– Le réarmement démographique.

18:58
Xavier Bertrand

– Oui, enfin le terme, il aurait pu s'en passer. Le terme, il aurait pu s'en passer parce que ça aussi, la liberté de choix des parents, des femmes, c'est quelque chose d'essentiel. Et pourquoi on fait des enfants ? Parce qu'on s'aime et parce qu'on a confiance en l'avenir. Parce qu'on a de l'espoir d'une vie meilleure pour eux. Et ça repose clairement sur les perspectives d'avenir. Mais comment vous voulez avoir confiance en l'avenir quand c'est si difficile tous les jours ? Et c'est ce message-là qu'ils doivent entendre ceux qui nous gouvernent aujourd'hui.

19:24
Invité

– Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC BFM TV. – Merci d'avoir regardé cette vidéo ! – Sous-titrage Société Radio-Canada