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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 décembre 2024 24 min

Censure de Michel Barnier, négociations possibles, nouveau gouvernement... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure, vous êtes donc attendu à midi à l'Elysée avec les présidents du groupe PS à l'Assemblée et au Sénat, Patrick Cannaire, Boris Vallaud, dans l'ordre inverse d'ailleurs, vous allez donc rencontrer Emmanuel Macron, est-ce que ça veut dire que vous allez participer à une alliance, ça y est ?

0:21
Olivier Faure

Non mais là vous mettez peut-être un peu la chariot avant les bœufs. On va discuter avec le chef de l'État parce que la situation du pays le mérite et nous avons demandé d'être reçu par le chef de l'État pour lui dire ce que nous avons nous en tête, pas pour se plier à ses désidératins. Moi je ne suis pas dans une situation où je viens simplement plier un genou devant le chef de l'État, je suis là.

0:45
Présentateur

C'est pas comme ça d'ailleurs qu'a été évoquée la question je crois.

0:48
Olivier Faure

Écoutez, moi j'ai mal pris ce qu'il s'est raconté hier soir sur nos antennes. Le chef de l'État nous explique en gros que tout le monde est irresponsable sauf lui. Je rappelle quand même que cette situation, elle vient de quoi ? Elle vient d'une dissolution folle intervenue au lendemain d'un scrutin européen où l'extrême droite n'avait jamais été à un niveau aussi élevé. Il a pris le risque d'avoir Jordan Bardella à Matignon. Et depuis nous vivons une situation assez baroque où après que le Front Populaire soit arrivé en tête de l'élection, il a nommé un Premier ministre qui a fait 5% dans l'élection législative.

Et donc je ne voudrais pas quand même qu'on en vienne à dire ensuite qu'il y a un Front Antirépublicain. Qu'est-ce qu'il y a d'Antirépublicain au fait de voter une censure ? C'est constitutionnel. Vous n'arrivez pas dans de bonnes dispositions à l'Élysée, si on vous comprend bien. Et je rappelle aussi que la raison pour laquelle Emmanuel Macron a refusé de nommer à l'époque Lucie Casté à Matignon au mois de juillet, c'est parce qu'il considérait qu'elle allait être censurée par Marine Le Pen et par ses propres amis. Et donc il avait en fait anticipé une censure. Et voilà maintenant qu'on nous explique qu'il y aurait un Front Antirépublicain. Non, je ne suis pas antirépublicain.

Je suis même très républicain. Et le respect de la tradition républicaine, c'est de dire qu'aujourd'hui, il devrait y avoir un Premier ministre de gauche à Matignon et non pas un Premier ministre de droite entouré par deux potiches, une de droite, une de gauche, qui servirait de faire valoir. Ça, ça n'est pas le schéma dans lequel je m'inscris. Et donc ce que je suis venu vous dire ce matin, c'est que moi je ne souhaite pas qu'on arrive en fait à une nomination ultra rapide parce qu'il faudrait se dépêcher, etc. Je souhaite qu'il y ait une négociation. Je souhaite qu'on puisse se dire les choses très franchement. Il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée.

2:33
Présentateur

Ça veut dire quoi Olivier Faure ? Une négociation, c'est avec qui déjà ? C'est avec Emmanuel Macron ? Ou vous dites Emmanuel Macron, c'est pas son affaire, c'est pas à lui de négocier, on veut pas négocier avec lui. On doit négocier entre partis, entre forces politiques de l'Assemblée.

2:44
Olivier Faure

On est obligé de parler avec Emmanuel Macron parce que c'est lui qui nomme le Premier ministre. Et c'est lui qui peut figer le jeu. Mais je ne souhaite pas qu'il se fige. Je souhaite au contraire que nous puissions entrer en discussion et que nous puissions voir, pour un contrat à durée déterminée, il ne s'agit pas de dire, on verra, mais il ne s'agit pas de dire que la droite et la gauche se confondent. Moi je suis contre la confusion. Je pense que ce qui a fait monter Marine Le Pen, c'est précisément le sentiment que la droite et la gauche étaient pareils. Bon, maintenant je vois bien qu'il n'y a pas de majorité absolue.

Et qu'il faut bien à un moment venir arracher un certain nombre de décisions en échange de compromis et de concessions réciproques. Donc c'est la raison pour laquelle je suis prêt à entrer en discussion. Ça ne veut pas dire que je suis prêt à dire que je suis devenu Macroniste. Je ne suis pas Macroniste et ne compte pas le devenir.

3:30
Invité

Il y a plusieurs choses. D'abord juste petit point de calendrier. Vous dites, pas trop vite ? En gros ce que dit Marine Tondelier aussi qui a écrit au Président de la République pour lui dire, non, un compromis, on ne le fait pas en 48 heures.

3:40
Olivier Faure

Moi je suis pour qu'il y ait un préfigurateur, qu'il y ait quelqu'un qui puisse organiser la confrontation. Et je suis prêt à venir discuter de tous les sujets et voir ce qu'il est possible de faire sur une durée limitée qui permet de faire avancer le pays et donc de ne pas le mettre à l'arrêt. Vous imaginez une personnalité ? Moi je ne veux pas de blocage institutionnel. Je veux que le pays soit gouverné. Mais je ne veux pas non plus laisser penser un seul instant qu'il y aurait d'un seul coup une gauche et une droite qui se confondent et qui sont prêtes à tout faire ensemble.

4:11
Présentateur

Donc vous imaginez une personnalité qui vous permettrait de négocier, c'est ça ?

4:15
Olivier Faure

Un préfigurateur, il y a des tas de gens qui peuvent... Comme ça se fait à l'étranger. Comme ça se fait à l'étranger. Et ce que je vous dis là n'a rien d'étonnant. Dans toutes les démocraties européennes, parfois ça prend un mois, deux mois, trois mois.

4:25
Invité

Mais un préfigurateur, ça veut dire une sorte de Premier ministre quand même qui assure la fonction pour que, notamment la loi spéciale financière, on en parlera, mais soit adoptée très vite. Et ensuite, un Premier ministre...

4:35
Olivier Faure

C'est presque un détail. Moi ce que je veux...

4:36
Invité

Ça nous est présenté comme l'urgence en fait.

4:38
Olivier Faure

Non mais il y a... L'urgence, c'est de trouver des solutions pour débloquer la crise politique démocratique dans laquelle nous sommes...

4:46
Présentateur

Et qui pourrait être ce préfigurateur déjà, pour commencer ?

4:49
Olivier Faure

Je suis d'accord déjà là-dessus. Non mais si je lâche un nom, aussitôt il sera... Mettons-nous d'accord sur quelqu'un qui peut être celui qui organise les bons offices et qui peut être celui qui permet de faire dialoguer des gens différents.

5:02
Invité

Quelqu'un de neutre, ça se trouve ça ?

5:03
Olivier Faure

Quelqu'un de neutre, en tout cas quelqu'un qui est disposé à jouer ce rôle-là. Mais ce n'est pas le vrai sujet. Le vrai sujet, c'est d'organiser une confrontation. Et donc qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on est prêt à faire des concessions sur quel sujet ? Et encore une fois, pour une durée qui est une durée limitée, au terme de laquelle chacun reprend en fait ses billes. Et moi, ce que je suis prêt à dire ? Je suis prêt à dire à celles et ceux qui m'ont fait confiance et qui m'ont dit, on vous élie pour telle et telle raison. Ils voient bien que je ne peux pas avancer pour l'instant. Comme ils voient bien qu'Emmanuel Macron ne peut pas avancer.

Donc je dis, pour l'instant, je ne peux pas faire ce que je veux. Mais je suis prêt à donc commencer à discuter, obtenir des concessions, ne pas aller jusqu'au bout de ce que je voudrais. mais ça ne veut pas dire que je renonce pour autant à ce que je veux. Ça veut dire que plus tard, quand on reprendra dans les élections législatives ou présidentielles, eh bien chacun prendra son propre projet. Et ce sera projet contre projet. Pour l'instant, comme on ne peut pas avancer, il faut bien qu'on trouve une solution parce qu'on ne peut pas mettre le pays à l'arrêt pendant des mois parce qu'on a des entreprises, on a des salariés, on a des EHPAD, des hôpitaux. Tout ça, ça doit tourner.

Et on ne peut pas dire, on arrête tout et on joue la politique du pire.

6:10
Invité

Ces discussions, on parle d'abord programme ou on parle d'abord casting ? Je dis casting, qui on met autour de la table ? On commence par quoi ?

6:18
Olivier Faure

Déjà, le périmètre, ce n'est pas le président qui le fixe. Le périmètre, c'est toutes celles et ceux qui veulent travailler à cette solution. Donc vous n'excluez pas la France insoumise ? Mais la France insoumise, pour l'instant, s'est auto-exclu de cette discussion. Et elle a dit qu'elle ne voulait pas parce qu'elle joue autre chose. Elle joue la démission du chef de l'État. J'ai dit aussi que moi, je n'étais pas sur la démission du chef de l'État. Je ne vais pas rajouter de la folie à la folie. Les écologistes, par exemple, qui eux ne sont pas reçus à la l'État. Les écologistes, les communistes, par exemple, ont dit qu'ils étaient prêts à cette discussion.

Eh bien, il faut qu'ils rentrent dans cette discussion. Le chef de l'État ne peut pas dire « Je reçois les socialistes, mais je ne reçois pas les écologistes ou les communistes » alors même qu'ils ont fait part de leur volonté de concourir à une solution. Ce n'est pas possible.

7:00
Invité

Si on entend bien quand même, vous actez le fait qu'on met les insoumis de côté, ce qui est très attendu par un certain nombre de personnalités dans le bloc central, etc.

7:08
Olivier Faure

Ce que j'observe comme vous, c'est que pour l'instant, les insoumis ont dit que la solution, c'était le départ du chef de l'État. Le chef de l'État n'entend pas partir. On ne va pas maintenant rentrer dans une guérilla permanente qui bloquerait complètement le pays, qui mettrait en danger un certain nombre d'emplois, qui mettra en danger tout simplement notre vie collective. Tout ça parce qu'on espère le départ du chef de l'État. Donc, pour l'instant, je vois qu'ils se sont auto-exclus de cette discussion.

7:33
Invité

De l'autre côté de l'échiquier, vous allez jusqu'où ? Est-ce que vous incluez des LR dans cette coalition, dans ces discussions ?

7:41
Olivier Faure

Moi, je mets tous ceux qui ont participé au Front Républicain. LR, ça se discute. Alors, vous les mettez ou vous les mettez pas ? Parce qu'ils n'étaient pas dans le Front Républicain.

7:48
Invité

Laurent Wauquiez, il est autour de la table ou pas ?

7:50
Olivier Faure

Mais si Laurent Wauquiez veut venir, il peut venir autour de la table. Simplement, moi, ce que je dis, c'est qu'à un moment, en fait, moi, ce que je veux, c'est des concessions réciproques. Je veux que...

7:59
Présentateur

Alors, on va venir sur le fond des concessions parce que c'est quand même très intéressant. L'aspect de la personne, vous dites toujours qu'il faut un Premier ministre de gauche. Ça me paraîtrait correspondre exactement à ce que les Français ont dit. Pour être très clair, le Parti Socialiste ne participera pas à un gouvernement dont le Premier ministre ne serait de LR ou du Bloc Central. Ça me paraît compliqué, en effet.

8:24
Invité

Il participerait à une coalition ? Un accord de non-censure, comme le disent beaucoup de voix chez vous, au BES ?

8:30
Olivier Faure

Les mots sont chargés. Moi, je ne parle pas de coalition de ça.

8:32
Invité

Vous n'êtes compte ? Il faut bien savoir de quoi on parle.

8:34
Olivier Faure

Alors, vous parlez... Vous utilisez quel mot, alors ? Accord de non-censure, coalition, accord... Pour l'instant, nous avons dit quoi ? Nous avons dit que nous voulions un Premier ministre de gauche avec un accord qui est un accord de non-censure, en échange duquel nous acceptons de ne pas utiliser le passage en force, notamment avec le 49-3. Ce qui veut dire que nous sommes contraints au compromis puisque nous n'avons pas de majorité absolue au Parlement.

8:56
Présentateur

Alors, pardonnez-moi, je comprends mal, Olivier Faure. Alors, un accord de non-censure pour ne pas censurer un Premier ministre de gauche ? Oui, par exemple. C'est un peu curieux, non ? Un accord de non-censure pour ne pas censurer un Premier ministre qui ne serait pas de votre bord, pourquoi pas ? Mais un Premier ministre qui est de votre bord, pourquoi vous ne... Ce n'est plus un accord de non-censure, vous êtes partie prenante.

9:15
Olivier Faure

C'est à la majorité relative actuelle de dire qu'elle ne censurerait pas un Premier ministre de gauche, en échange de quoi ce Premier ministre de gauche dirait « je n'utiliserai pas le 49-3 », ce qui oblige...

9:25
Présentateur

C'est à vous qui êtes dans la non-censure, alors effectivement, je comprends bien.

9:27
Olivier Faure

Voilà, et ce qui oblige au compromis. Bon, maintenant, je vois bien que les discussions sont engagées, etc., et qu'il y a, en fait, la nécessité certainement d'aller plus loin dans le type de discussion que nous devons avoir. Donc, je suis prêt à ce que nous nous engagions dans une discussion, que ce soit une discussion y compris sur le fond.

9:45
Invité

Attendez, juste pour finir, votre gauche, à nouveau, elle va jusqu'où ? Bernard Cazeneuve, sur qui vous avez eu des mots assez durs dans le monde. Vous le censurez ou pas un gouvernement ?

9:55
Olivier Faure

Je ne suis pas en train de censurer qui ce soit, je suis en train de dire que ça ne peut pas se faire sur des bases floues.

9:59
Invité

Si, puisque c'est de ça qu'on parle.

10:01
Olivier Faure

Mais non, j'ai toujours dit, même y compris sur Bernard Cazeneuve, je n'ai jamais dit que j'étais contre Bernard Cazeneuve. J'ai dit que je ne savais pas ce que Bernard Cazeneuve proposait. Est-ce que vous savez, vous, ce que Bernard Cazeneuve propose au pays ? On ne l'a jamais entendu en parler. Donc, ce que je dis, c'est que moi, je veux partir du fond. Et je veux que nous puissions savoir à quoi les uns et les autres s'engagent. Ce n'est quand même pas difficile de comprendre que les Français qui nous ont élus, ne nous ont pas élus pour savoir si on est au gouvernement ou pas. Ils veulent savoir ce que nous irons faire dans un gouvernement.

Et donc, moi, ce que je veux, c'est qu'il y ait un engagement, et je le répète, sur un contrat à durée déterminée, qui permet de dire qu'on ne bloque pas le pays, et pendant qu'on ne bloque pas le pays, voilà ce qu'on peut faire, et voilà ce quelles sont les avancées qui sont possibles.

10:39
Invité

Voilà, la base programmatique, on n'est pas dans une campagne présidentielle, mais les conditions, on dit lignes rouges, les vôtres, c'est quoi ?

10:47
Olivier Faure

Moi, je souhaite, et ce n'est pas nouveau non plus, je partirais de ce que sont nos chantiers prioritaires avec le Front Populaire. Donc, ça passe par les retraites, ça passe par la question... Donc, l'abolition de la réforme des retraites ? Mais je suis prêt à discuter. J'ai dit l'autre soir... C'est-à-dire ?

11:02
Invité

Vous avez dit conférence de financement.

11:04
Olivier Faure

Je suis conscient du fait qu'il y a de l'argent à trouver, que ce n'est pas simplement dire abrogation, abrogation, abrogation, et puis après, on verra bien ce qui se passe. Donc, j'ai dit que j'étais prêt à ce que, avant d'abroger, nous commencions par rechercher les financements. Donc, une conférence de financement avec les partenaires sociaux. Pendant ce temps-là, un gel de cette réforme, pour que les gens qui sont censés partir maintenant, enfin, qui sont censés ne pas partir maintenant, au contraire, eh bien, puissent partir.

On gèle cette réforme, on fait une conférence de financement, et à l'issue, quand on a trouvé le mode de financement et la réforme qui permet de financer, eh bien, là, on abroge. Ça permet de tenir tous les bouts de la chaîne. C'est un exemple de ce que nous pourrions faire dans une négociation qui permettrait de se dire que, pendant les prochains mois, puisque nous ne sommes pas d'accord sur l'ensemble...

11:50
Présentateur

Mais, pardon, votre négociation jusqu'ici, Olivier Faure, de ce que j'entends, c'est un peu pile-je-gagne, face-tu-pair. C'est vous qui avez le Premier ministre, c'est vous, enfin, plutôt, c'est les macronistes qui ne vous censurent pas, et la réforme des retraites, on la suspend. Alors, je sais que c'est sans doute une base de négociation, mais c'est quand même...

12:09
Olivier Faure

Mais, vous ne croyez quand même pas que, en fait, je vais venir dans une discussion en expliquant que je vais faire le programme et je vais assurer la continuité du macronisme. Enfin, ce n'est pas le mandat que j'ai reçu des Français qui m'ont élu. Et je ne vais pas venir... Enfin, je rappelle quand même que il y a quand même des vérités qu'il faut rappeler. Il y a eu une coalition qui est arrivée en tête le 7 juillet. Ça n'était pas les macronistes ensemble pour la République. C'était le Front populaire. Donc, il y a une logique au fait que... J'ai une légitimité pour ce que je viens vous dire ce matin. J'aurais pu... Si j'avais été un parti à 3% ou à 5% comme M.

Barnier et que je venais vous dire ce matin « Voilà ce que je veux faire ! » Vous me diriez quand même « C'est un peu culotté ! » Mais vous ne l'avez pas dit, M. Barnier. En revanche, à moi, vous le dites. Alors que moi, je suis, en fait, issu d'une coalition qui est celle qui a gagné. On l'a beaucoup dit avant le gouvernement.

13:00
Invité

Mais Olivier Faure, pour être bien sûr d'avoir bien entendu, parce qu'il y a plusieurs façons d'entendre ce que vous dites là, puisqu'on est entre deux eaux, vous parlez de conférence de financement sur les retraites, ça veut dire que les 64 ans, ce n'est plus le premier sujet. Vous êtes OK pour discuter différemment et pas forcément des 64 ans tout de suite.

13:16
Olivier Faure

Mais pour moi, le sujet, ça reste les 64 ans. Simplement, ce que je viens de dire, c'est qu'on ne peut pas, si on est responsable, dire qu'on est simplement pour l'abrogation sans dire parallèlement comment est-ce qu'on finance. Donc moi, j'ai des propositions. C'est le côté fait par le Front populaire. Mais j'admets le fait qu'il faille remettre l'ouvrage sur le métier et que les partenaires sociaux, donc les syndicats et le patronat, soient associés à la discussion, qu'on trouve quels sont les financements qui permettent de valider le fait que nous abrogions. Et donc, à ce moment-là, une fois que les financements alternatifs sont trouvés, on abroge.

Et on abroge notamment cet âge pivot de 64 ans qui est finalement l'élément central de cette réforme qui la rend totalement injuste puisqu'il y a des gens qui vont travailler au-delà de ce qu'ils auraient dû travailler, au-delà de la 43 annuités, et qui vont financer la retraite de ceux qui, en réalité, pour qui ça n'a rien changé. Pour vous, pour moi, ça n'a rien changé, cette réforme. Par contre, pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, pour ceux qui ont des métiers pénibles, pour eux, ça a tout changé parce qu'ils vont devoir travailler plus longtemps. Et ce matin, Olivier Fort, patron du PS,

14:26
Invité

député socialiste de Seine-et-Marne, on continue à évoquer la construction, la possible construction d'une coalition, d'un gouvernement de coalition. Alors, on était sur un Premier ministre de gauche. Est-ce que cette hypothèse-là prévoit des ministres du Bloc central et de LR ?

14:43
Olivier Faure

Non mais, pourquoi est-ce qu'on commence toujours par parler, en fait, du casting ? Moi, je ne suis pas... C'est vous qui avez commencé, Olivier Fort.

14:52
Invité

On a parlé du programme et on vous a posé la question au début, précisément. Est-ce qu'on va au programme ou est-ce qu'on va au casting ? On a parlé un peu du programme et on peut continuer à le faire. Mais simplement pour savoir avec qui vous discutez. Parce que le périmètre du programme, il dépend aussi de qui est autour de la table. On peut le poser des deux côtés.

15:05
Olivier Faure

Ce n'est pas moi qui décide de qui est prêt à discuter.

15:08
Invité

Est-ce que vous, vous êtes prêt dans le gouvernement ?

15:11
Olivier Faure

Mais je suis prêt à discuter avec tous ceux qui sont à l'exclusion du RN, évidemment, qui sont prêts à participer à cette discussion. Ça ne veut pas dire qu'à la fin, on retrouve tout le monde. Ça ne veut pas dire que tout le monde sera dans ce périmètre.

15:23
Présentateur

Est-ce que ça veut dire qu'on ne retrouve personne ?

15:25
Olivier Faure

C'est un risque. Mais moi, ce que je souhaite, c'est... On ne dise pas non aucun ministre du Bloc central. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse aboutir à quelque chose. Je dis simplement que dans une négociation, vous ne savez pas à quoi vous aboutissez à la fin. Je dis simplement que ce que je veux, c'est que moi, si j'y vais dans cette discussion, c'est pour aller arracher un certain nombre de points sur lesquels j'ai des convictions fortes et sur lesquelles je veux que ça avance. Je veux plus de justice. Je ne veux pas moins de justice. Je veux plus de services publics. Je ne veux pas moins de services publics. Je ne veux plus d'accès aux soins.

Je ne veux pas moins d'accès aux soins. Je veux plus de sécurité, pas moins de sécurité, et ainsi de suite. Donc, je ne veux pas qu'on se retrouve dans une situation où on considère que...

16:05
Invité

Sur tous ces sujets-là, c'est compatible avec la présence de ministres du Bloc central, voire de LR.

16:12
Olivier Faure

Mais ce n'est pas à moi d'en décider. Je dis simplement que... Vous pourriez mettre un veto, Olivier. Ce qui m'intéresse, c'est le fond. Je veux qu'à un moment, les Français aient le sentiment que c'est eux qu'on considère et pas simplement des gens qui se regardent en permanence le nombril et qui espèrent décrocher un gyrophare avec un chauffeur. Ça ne m'intéresse pas. Ce que je veux, c'est qu'on puisse dire aux Français oui, le pays, pour l'instant, il est bloqué. Et donc, on l'a débloqué. Et voilà sur quoi nous allons avancer. Ça, ça m'intéresse.

16:39
Présentateur

Sur le fond, justement, Olivier Faure, on a évoqué votre proposition sur la réforme des retraites. On verra ce qui en ressort du côté des macronistes et de la droite. Quelle concession, autre, vous êtes prêts à faire ? Parce qu'il y a la question de la politique de l'offre. Par exemple, on sait qu'Emmanuel Macron, il dit voilà, il ne faut pas y toucher à cette politique. Là-dessus, il y a un accord avec la droite et les macronistes. Est-ce que vous, vous êtes prêts à réviser peut-être certaines de vos propositions ?

17:07
Olivier Faure

Mais dans la discussion, nous serons obligés. Et même dans ce que nous disons depuis le mois d'août, en réalité, c'est que nous sommes obligés au compromis. Sur quoi, par exemple ? Sur ce sujet-là ?

17:15
Présentateur

Sur le sujet des entreprises ?

17:17
Olivier Faure

Mais sur tous les sujets, nous sommes obligés au compromis parce que nous ne pouvons pas... Personne n'a une majorité absolue. Donc forcément, on est bien obligés de dire que... Et sans doute qu'eux aussi

17:25
Présentateur

devront faire un pas. Vous avez raison, oui.

17:27
Olivier Faure

Mais vous aussi. Quand je veux 100 et que j'obtiens 50, ça s'appelle faire un pas. Ça s'appelle dire que... Moi, j'aimerais, par exemple, qu'on rétablisse un ISF qui rapporte plutôt 15 milliards que 3.

17:38
Invité

Ben, on verra. Vous avez entendu Emmanuel Macron. Il dit pas de pression fiscale supplémentaire.

17:41
Olivier Faure

Oui, mais... Non, non, mais... Ça, c'est pas lui. Non, mais attendez. Là, c'est là que ça va pas. C'est que moi, je suis pas d'accord pour dire que je vais simplement faire la politique d'Emmanuel Macron. Dans ces cas-là, je viens pas. Je suis pas... Enfin, je... Il y a eu un... Enfin, je rappelle ça en permanence, mais il y a eu un vote des Français. Moi, je suis pour qu'on respecte le vote des Français. Mais un ISF, Olivier Faure, par exemple... Donc, ils ne m'ont pas donné un chèque en blanc, mais ils ont encore moins donné un chèque à Emmanuel Macron. Et donc, ça suppose qu'à un moment, eh bien, on se dise que, quand même, la justice fiscale, c'est un sujet qui va être mis sur la table.

Olivier Faure, un ISF, par exemple, qui rapporte... On n'ira pas jusqu'au bout de ce que nous souhaitons, mais ça ne peut pas être rien non plus. Et donc, j'irai, en fait, tout à l'heure à l'Élysée, et plus tard, peut-être, dans une discussion qui s'ouvrirait, pour aller chercher le maximum de ce que je peux obtenir.

18:21
Présentateur

Et je vois que même le modem... Pour que les auditeurs aient une idée, vous parliez de l'ISF, vous dites, moi, je veux 15 milliards, on est à 3, bon, si c'est 5, 6, 8, je ne sais pas, là, vous dites, OK, on peut voir. Exactement. Si c'est 1, vous dites non.

18:36
Olivier Faure

Oui, bien sûr. Ça veut dire qu'à un moment, je suis prêt, effectivement, à considérer qu'on ne peut pas tout obtenir. Mais je ne suis pas prêt non plus à venir expliquer que je trouve que la politique de l'offre telle qu'elle est conduite par Emmanuel Macron, elle me va... Mais vous êtes conscient que vous allez faire hurler la partie la plus radicale de la gauche ? Mais la partie la plus radicale de la gauche... Avec qui vous avez pu vous allier. Bien sûr, mais moi, je veux bien qu'on dise qu'on veut 15, 30, 45 milliards, mais pour l'instant, qu'est-ce qu'on a ? On a zéro. Donc, je préfère avoir comme vous dites 8 plutôt que zéro.

Bien sûr qu'on peut toujours dire qu'il y a un monde idéal, mais malheureusement, ce monde idéal, nous ne l'avons pas. Et de toute façon, nous n'avons pas obtenu une majorité absolue. Donc, dans l'intervalle, avant d'obtenir le scrutin de nos rêves, eh bien, il faut bien qu'on prenne autant qu'on peut prendre pour satisfaire les besoins des Françaises et des Français. Pourquoi je dis, par exemple, 7 ou 8 milliards ?

Parce que ça correspond, par exemple, au fait que dans ces cas-là, on ne touche pas, on ne désindexe pas les retraites, on remet de l'argent dans l'hôpital public, dans les EHPAD, on ne touche pas aux tickets modérateurs, donc les gens continueront à accéder aux soins sans avoir besoin de mettre de l'argent de leur poche. Voilà ce que je veux.

Et ce que je veux aussi, c'est simplement rappeler qu'il y a des gens qui se sont beaucoup enrichis dans la période et que ce n'est pas normal qu'on dise que c'est l'immense majorité des Français qui vont payer la facture que d'autres ont finalement ce dont ils ne s'acquittent plus parce qu'on leur a accordé des cadeaux qui sont des cadeaux que je considère comme insensés dans la période. Voilà, donc ça me paraît, oui, évident que... Et la raison pour laquelle je reviens à la censure, nous n'avons pas censuré de gaieté de cœur, nous l'avons fait parce que ce projet était injuste. Donc ça n'est pas...

Enfin, on ne va pas venir dans un gouvernement pour remettre le même projet, se dire que finalement on a eu tort de censurer et qu'il est injuste Mais il y a des choses dans le projet

20:28
Présentateur

peut-être à garder, y compris la taxe sur les grosses entreprises du CAC 40, y compris un certain nombre de mesures qui ont été avancées. Vous vous souvenez que dans le débat,

20:38
Olivier Faure

ceux qui ont refusé cette taxe, qui était pourtant portée par Michel Barnier et que nous, nous avons voté, ceux qui étaient contre, c'étaient les macronistes. Donc moi, je veux des gages. Je ne veux pas que... Ça, aujourd'hui,

20:50
Invité

vous en discutez avec eux.

20:51
Olivier Faure

Je ne veux pas être dans une situation où ils nous accordent encore moins que ce qu'ils ont accordé à Michel Barnier. Ce n'est pas moins qu'il faudra accorder ces plus. Autrement, ça ne peut pas marcher. On ne peut pas être dans une situation où on dit c'est mon bilan, rien que mon bilan et de toute façon, le projet, c'est le bilan.

21:07
Invité

Ça, Olivier Faure, vous en discutez avec qui ? Vous parlez à qui depuis ces dernières heures ?

21:13
Olivier Faure

Je parle avec toutes celles et ceux qui... Voilà, je ne vais pas trahir les uns et les autres mais je parle avec des gens... Mais dans ce qu'on appelle

21:19
Invité

le bloc central ?

21:20
Olivier Faure

Oui, dans le bloc central. Avec Marc Fénaud ? Je ne donnerai aucun nom et que ce soit Boris, ou que ce soit Patrick, nous discutons tous... Boris Vallaud, Patrick Caner, le président de groupe à l'Assemblée et au Sénat. Nous avons des contacts les uns et les autres et nous discutons non seulement avec des gens du bloc central mais aussi avec nos partenaires de gauche parce que la question, ce n'est pas simplement de faire... Avec la droite, vous parlez avec la droite ?

Cavalier seul, mais c'est de dire de arriver à entraîner à un moment le pays sur un projet que je rappelle à durée déterminée pour ne pas le bloquer mais aussi pour obtenir des concessions qui permettent aux gens de comprendre qu'ils ont été protégés, considérés et qu'on n'est pas simplement dans une histoire, dans une espèce de nouveau banto politique dans lequel on se répartit des postes. Moi, je ne suis pas demandeur d'un poste. Je n'ai pas d'arrière-pensée personnelle.

22:13
Invité

C'est intéressant ce que vous dites parce que du côté de François Bayrou et du Modem, on laisse entendre qu'ils sont capables d'emmener les socialistes et donc vous confirmez que vous discutez effectivement avec eux. Est-ce que c'est un pacte de non-agression, ne pas vexer les uns, ne pas aller trop loin ou est-ce que c'est des véritables concessions que vous allez essayer d'obtenir ? Pour l'instant,

22:36
Olivier Faure

je n'en sais exactement rien. Cette discussion-là, pour l'instant, elle est quand même très liée à ce que le chef de l'État va faire parce que si c'est lui qui gèle le jeu tout de suite en nommant un Premier ministre en disant c'est comme ça et on ne prend pas et voilà, dans ces cas-là, ça va vite s'arrêter. On ne pourra plus discuter. Mais moi, je souhaite qu'il soit une discussion approfondie et nous verrons bien ce qu'il se passe. Voilà. Donc, je ne suis pas en train de vous dire que c'est tout ou rien.

Je dis simplement que pour l'instant, on est dans le flou parce que le chef de l'État s'est exprimé mais en donnant le sentiment qu'il voulait en réalité un casting et puis derrière sa politique. En tout cas, vous dites Olivier Faure.

23:14
Invité

Il y a une hypothèse qu'on n'a pas évoquée. C'est vous, Olivier Faure, ce Premier ministre de gauche.

23:19
Olivier Faure

Non mais je ne suis pas en train de... Je ne suis pas venu vous dire...

23:21
Invité

Non mais c'est une question. Elle se pose la question. Est-ce qu'elle se pose la question ?

23:24
Olivier Faure

Ça peut être n'importe qui à gauche. Je ne suis pas là pour vous dire... Enfin, vraiment, c'est même un Premier ministre de gauche qui serait là posé comme la cerise sur le gâteau mais qui serait en réalité astreint à mener une politique de droite. Pour moi, ça n'a aucun intérêt. Ce que je veux, c'est que nous puissions savoir ce que nous allons dire aux Français. Est-ce qu'aux Français, on revient en leur disant oui, on va avoir plus de justice ? Oui, on va s'engager résolument dans les traditions écologiques ? Oui, on va faire en sorte que les services publics fonctionnent mieux ? A partir de là, ok, ça va mettre de l'avancé. On va devoir s'arrêter.

23:57
Présentateur

Le reste, voilà. Merci à vous. Merci à moi. Merci Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste qui va rencontrer tout à l'heure Emmanuel Macron à l'Élysée. Merci d'avoir été l'invité du 830 France Info. Merci Bérangère Bonte. Merci. Les informés avec Renaud Dely sont à suivre dans 5 minutes. Merci.

24:13
Locuteur

Merci. Merci. Merci.