La Grande interview avec Sébastien Chenu député RN du Nord, vice-président du RN et vice-président de l’Assemblée nationale
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Europe 1. Interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Sébastien Chenu. Bonjour à vous, vice-président du Rassemblement National, député du Nord. Il fait chaud, la France suffoque, épisode caniculaire sur tout le pays. Plus de 300 records de températures battues hier. Aujourd'hui, ça sera encore plus chaud. L'alerte canicule vaut dans 8 départements, c'est du jamais vu à cette époque de l'année. Le gouvernement annonce 7 décès, donc 5 noyades. Il y a une réunion interministérielle, Sébastien Chenu, jeudi à Matignon, pour évaluer le risque sanitaire. Que faut-il faire ?
Est-ce qu'il faut prendre des dispositions spéciales pour aider les populations les plus vulnérables ?
D'abord, moi, je vais avoir une pensée pour les professionnels qui vont accompagner, en particulier les populations les plus sensibles, dans les EHPAD, dans les écoles, dans les hôpitaux. Pensez à eux. D'abord, il y a une prise de conscience qui doit être faite. Oui, le changement climatique est une réalité. Vous ne le niez pas ? Non, on ne remet pas en cause cette réalité factuelle. Il y a un changement climatique dont il faut prendre conscience. Et il faut, de l'autre côté, l'adapter à un discours qui soit pragmatique, celui d'une écologie du réel, une écologie pragmatique et pas une écologie punitive. Donc il faut de la croissance, il faut être capable de stocker de l'eau.
C'est aussi l'enjeu actuellement de la loi sur l'agriculture. Chez nous, c'est la députée du Lot-et-Garonne, Hélène Laporte, qui mène ce combat, stocker l'eau pour permettre à nos agriculteurs de pouvoir continuer à travailler et à nourrir les Français. Et je pense qu'en cela, on est très éloigné effectivement des revendications de la gauche sur la décroissance, sur l'arrêt du nucléaire.
Mais eux disent que vous êtes climato-sceptique, que vous ne proposez rien en réalité dans votre programme qui aille dans un sens de la préservation de l'environnement, de la dépendance aux énergies fossiles. Vous voulez supprimer un certain nombre de taxes qui justement nous permettraient de nous libérer de cette dépendance aux énergies fossiles.
Non, je viens de vous dire que nous avions tout à fait pris conscience de ces changements climatiques et que nous étions favorables à une écologie du pragmatisme. Quand je vous dis, par exemple, le stockage de l'eau, nous sommes évidemment en opposition avec la gauche qui refuse ce qu'ils appellent les méga-bassines. En réalité, ce n'est pas des méga-bassines, c'est des capacités à stocker l'eau qui tombe du ciel.
Oui, mais alors précisément sur les carburants que j'évoquais, notre dépendance au pétrole, on a un prix des carburants très très haut aujourd'hui. Vous proposez de baisser des taxes, notamment la taxe CEE, Certificat d'économie d'énergie, qui permet la transition énergétique, qui permet la rénovation thermique des bâtiments. Ce n'est pas contradictoire avec ce que vous venez de me dire, Sébastien Chenu ?
Non, là, en réalité, ce sont des cash machines. En réalité, le gouvernement cherche de tous les côtés et à travers ces certificats d'économie d'énergie dont nous appelons effectivement à la fin, c'est Jean-Philippe Tanguy qui a levé ce lièvre quelque part. Là, c'est une cash machine pour inquiéter les Français. En tous les cas, ce n'est pas efficace. Ça n'a pas démontré son efficacité. La seule efficacité que ça a démontré, c'est que ça remplit les caisses de l'État. Aujourd'hui, les Français, ils se retrouvent quoi ? Ils se retrouvent seuls face à leur pompe à essence. On leur promet, le gouvernement leur promet, quelques bricolages, quelques rafistolages divers et variés.
Nous, on promet une politique et on propose une politique qui soit pérenne. Parce qu'en cas de coup dur, quand vous avez des finances publiques aussi dégradées, si vous n'avez pas des politiques qui soient pérennes tout au long de l'année et la baisse de la TVA sur toutes les énergies, parce qu'on ne peut pas vivre sans se chauffer, on ne peut pas vivre sans essence, sans pouvoir se transporter, eh bien, vous vous retrouvez dans la difficulté. Les Français, en fait, sont confrontés à cette double difficulté, c'est-à-dire la situation au Moyen-Orient et des finances publiques ici dégradées par la faute de ceux qui nous gouvernent.
Nous, on propose des politiques pérennes, ça veut dire faire des choix aussi, ça veut dire faire baisser d'un côté la dépense publique et permettre de rendre cet argent aux Français, rendre leur argent aux Français.
Mais en baissant les taxes, Sébastien Chenu, encore une fois, ces taxes-là, elles sont fléchées, elles vont à la rénovation thermique, elles vont à la transition écologique. Comment vous compensez donc cette baisse de revenus de recettes pour l'État par d'autres recettes ?
En changeant la dépense publique, en changeant l'organisation de la dépense publique. Nous, ça fait des années, vous savez, nous, on n'est pas pour mener la même politique que les autres. En réalité, eux, ils ne choisissent rien, ils ne sont pas capables de se remettre en cause. Ils disent qu'on continue de la même façon, c'est-à-dire qu'on continue sur la dépense publique, sur l'immigration, on continue sur l'éolien à subventionner une énergie intermittente qui coûte très cher. Là, il y a des milliards à aller chercher aussi. Et à partir du moment où vous réorganisez votre dépense publique, vous faites d'autres choix, des choix qui bénéficient aux Français.
Mais on est d'accord que vous êtes, pour le fait qu'on soit moins dépendant aux énergies fossiles et que vous avez des mesures très concrètes dans votre programme.
Oui, bien entendu. D'ailleurs, je viens de vous en citer quelques-unes, mais par exemple, le nucléaire nous semble être effectivement non seulement une voie d'avenir, une voie sûre et une voie d'économie. Aujourd'hui, la croissance...
Il a été relancé en France par Emmanuel Macron.
D'accord, mais enfin, il avait été arrêté, il avait reculé. Et ce sont finalement ces allers-retours sans cesse sur toutes les politiques, en particulier sur celles-ci, qui nous pénalisent et qui nous mettent en retard. Et puis, il y a des choix politiques forts. Moi, je vois qu'en Europe, les autres pays, un certain nombre d'autres pays, ont baissé les taxes. On baissé la TVA, baissé les taxes. La France est comme une île dans laquelle on dit aux Français « Débrouillez-vous, on va juste mettre des petits morceaux de scotch et vous rafistoler et puis on va gagner du temps. » Parce que le Premier ministre, il a cherché surtout à gagner du temps.
Effectivement. Est-ce qu'il faut taxer les super-profits des pétroliers Total ?
Les super-profits, oui. Oui. Il ne s'agit pas d'essayer de nuire à nos super-champions. Moi, je crois que Total est un champion industriel français. Il faut le préserver. Mais des sur-profits, qu'est-ce que c'est ? Parce qu'il faut être clair, il ne s'agit pas des profits classiques. Les sur-profits, ce sont des dividendes supplémentaires que les grands groupes font pour des raisons qui ne sont pas liées à leur stratégie. Le Covid, la guerre, ils font des sur-profits et il est normal de leur demander, parce qu'ils ont un rôle social aussi, une compensation, en tous les cas, un geste de solidarité
qui peut effectivement
passer par le plafonnement des prix. C'est une façon de contribuer. C'est une façon... Donc on leur mettrait et la taxe et le plafonnement. Non, on ne va pas ajouter une taxe sur une autre. Mais si demain, ils ne plafonnaient plus les prix, alors il faudrait qu'ils puissent évidemment compenser à travers un sur-profit, une taxe sur un sur-profit.
Et comment est-ce que vous compensez, vous, ces baisses de revenus pour l'État ? Où est-ce que vous allez chercher l'argent ?
Vous savez, je vous l'ai dit tout à l'heure, je vous ai donné quelques sources d'économies réelles. Je vous donne par exemple un exemple. On parle souvent des agences d'État. Un exemple qui est très récent. Les agences, nous, on considère qu'elles coûtent beaucoup d'argent, plusieurs milliards d'euros. La semaine dernière, le gouvernement se vantait d'une première femme, c'est toujours très bien qu'une femme prenne des responsabilités à la tête du Conseil économique, social et environnemental. Ça coûte 35 millions d'euros par an. C'est une des nombreuses structures mises en place par l'État qui coûtent de l'argent aux Français et qui ne sert à rien. Ça ne sert à rien.
Ce sont des copains qui sont placés là, ils ne sont pas élus. 2 500 euros de rémunération mensuelle pour des gens qui rendent des rapports que personne ne lit, qui ne sert à rien. On supprime le C2. Mais bien sûr, on supprime ce Conseil économique et social. Il y en a aussi un par région. La mesure que vous proposez
c'est des milliards d'euros.
On est d'accord ? Bien entendu. C'est pour ça que je vous ai dit un exemple d'une structure. Mais des structures comme ça, vous en avez combien dans le pays ? Des structures qui coûtent horriblement cher. Les ARS et leur coût de fonctionnement qui coûtent des milliards d'euros aux Français. Regardons comment on peut donner cet oxygène qui permettrait de rendre de l'argent aux Français. Moi, je crois qu'on est suradministrés, mal administrés et que tout ça coûte très cher aux Français.
C'est une maladie française la suradministration. Vous avez la baguette magique pour supprimer les normes, de la bureaucratie. Non, pas la démocratie.
On n'a pas de baguette magique. On a une volonté politique. Et je peux vous dire que cette volonté politique qui nous anime, c'est un niveau d'exigence très important que nous avons parce que nous savons que les Français, s'ils nous font confiance, ne nous pardonneraient pas d'aller au bout de nos propositions. Donc effectivement, on a un niveau d'exigence très important.
Sur les ZFE, les fameuses zones à faible émission, là, les Français sont ultérés. Le Conseil constitutionnel a censuré la suppression de ces ZFE. Qu'est-ce que vous, vous allez proposer ?
Nous, on va proposer qu'un débat puisse avoir lieu à l'Assemblée nationale. À nouveau ? Bien sûr. Avec un vote, oui. Mais l'Assemblée nationale, c'est la voix du peuple. Elle doit être entendue. Et ça ne peut pas être rayé d'un trait de plume par une conception que pourrait avoir le Conseil constitutionnel, une lecture extensive de ce qu'est un cavalier législatif. c'est un peu technique. Mais grosso modo, le Conseil constitutionnel a fait de la politique. Chez nous, le député du Gard, Pierre Merin, a permis que les ZFE soient, qu'il y ait un vote sur les ZFE et qu'elles disparaissent purement et simplement. Le Conseil constitutionnel les remet dans le jeu.
Donc, on dit à la présidente de l'Assemblée nationale, mettez ça à l'ordre du jour, faisons un débat et un vote. C'est la volonté populaire de voir les ZFE qui sont des mesures d'écologie punitive. C'est-à-dire que des Français dans des voitures anciennes. Mais tu as un impact quand même sur la pollution ? Non, parce que vous savez très bien que dans nos villes, non, ce n'est pas démontré que ça crée beaucoup d'embouteillages, qu'il n'y a effectivement pas de démonstration de la baisse de la pollution dans nos centres-villes à cause de ces ZFE.
Mais en revanche, c'est un impact social fort puisque des Français qui ont des vieilles voitures ne pourront pas, se trouveront exclus de l'entrée des centres-villes. C'est totalement inadmissible.
Est-ce que le Conseil constitutionnel, pareil, vous avez quelque chose à proposer pour le réformer, ce Conseil constitutionnel enlève un certain nombre de substances des lois qui sont amenées ?
Mais d'abord, je pense qu'il faut que les lois, les normes, la loi française s'impose. Et pour cela, c'est pour cela qu'on propose un référendum sur l'immigration. Parce qu'une fois qu'un référendum sur l'immigration aura été voté, le texte, en tous les cas, aura été approuvé par les Français, il rentrera dans la Constitution et s'imposera à tous. Il n'y aura pas de lecture en seconde semaine de ce que peut être une loi sur l'immigration. Donc je pense qu'il faut toujours donner aux Français la possibilité de s'exprimer et faire entrer notamment ce qu'on veut dans la Constitution pour que ça s'impose à tous.
Sébastien Chenu, vice-président du RN sur CNews et Europe 1, Gérald Darmanin justement a proposé dans le journal du dimanche un moratoire de 3 ans sur l'immigration légale. Est-ce que vous lui dites banco au garde-fond?
Non mais Gérald Darmanin se moque des Français. Pourquoi ? Il a été ministre de l'Intérieur. Jamais nous n'avons sous Gérald Darmanin, sous son autorité, délivré de droits d'asile par exemple. Autant. Mais il a fait bien pire votre ministre. Vous savez l'immigration c'est plusieurs choses. C'est du droit d'asile. Sous Gérald Darmanin il n'y en a jamais eu autant. C'est du regroupement familial, de la réunification familiale. Sous Emmanuel Macron et bien il a été et cette réunification familiale a été étendue. C'est des migrations économiques. En réalité très peu des gens qui viennent sur notre territoire travaillent. C'est des étudiants. Plus 70% d'étudiants ça coûte 1 milliard d'euros.
Tiens vous parliez d'économie. C'est du logement social et c'est des bourses. C'est 1 milliard d'euros l'immigration et les studentines. Et puis ces chiffres évidemment sont bien plus importants que ce que la gauche elle-même avait réalisé. Donc Gérald Darmanin qui demande de faire l'inverse de ce qu'il a fait lui-même. L'inverse de ce qu'il a fait lui-même se moque des Français. Vous savez au Canada dans les périodes de forte activité économique il faut entrer au maximum 300 000 personnes par an qui ont un métier, un compte bancaire et un rapport avec les besoins économiques. Nous au pire de la crise nous faisons entrer sans aucun contrôle 600 000 personnes par an.
Comment voulez-vous qu'on s'en sorte ? Tout le monde entre, personne ne sort. Donc Gérald Darmanin se moque des Français.
Mais il propose des choses que vous pourriez proposer. Ça fait longtemps qu'on propose ça mais heureusement
qu'on n'attend pas Gérald Darmanin pour mener une politique efficace en matière d'immigration puisqu'il a fait pire que la gauche. Donc nous, nous ne comptons ni sur Gérald Darmanin ni sur Edouard Philippe ni sur aucun de ces guignols qui ont mis la France dans l'état dans lequel elle est. Oui parce que franchement ce petit théâtre de marionnettes dans lequel ils viennent vous dire qu'il faut faire l'inverse de ce qu'ils ont fait lorsqu'ils s'agitaient eux-mêmes est insupportable pour les Français. Ils ont abîmé notre pays.
Vous parlez de qui ? Alors de Gérald Darmanin, de Gabriel Attal qui est aussi candidat, d'Edouard Philippe qui ont tous été dans les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron. C'est eux les guignols dont vous parlez ?
Mais écoutez, c'est un peu pour les présidentielles, c'est le calendrier de l'avant. Tous les jours, vous ouvrez une case, tous les jours, il y en a un nouveau. Tout ça ne faut chez Gabriel Attal. On a pu voir des images, cette façon de se déguiser en homme de terrain alors qu'on voit effectivement les coutures de son pantalon qui montrent que c'est un techno parisien. C'est aussi une façon de se moquer des Français. C'est un délit de sa gueule ? Non, pas du tout. C'est simplement que Gabriel Attal, il est la continuité. Donc qu'il ne nous fasse pas croire à une sorte de rupture, il est la continuité du Macronisme. Je vous donne trois exemples. Gabriel Attal disait le Mercosur c'est non.
Bon, le Mercosur c'était oui et il l'a voté. Le président, Gabriel Attal disait je vais dé-smicardiser la France. Le nombre de travailleurs au SMIC quand il était Premier ministre quand il arrive, 12%. Le nombre de travailleurs au SMIC quand il part, 17%. Il a resté combien de mois
Premier ministre ?
Oui, presque un an. Et troisième sujet, la dette qui a augmenté évidemment, qui a explosé sous Gabriel Attal, c'est 200 milliards d'euros de plus de dette. Donc il ne pourra pas se défaire
du bilan de ce qu'il a fait
et du bilan d'Emmanuel Macron ? C'est normal que quelqu'un soit jugé à l'aune de ce qu'il a fait. Gabriel Attal, nous l'avons vu à l'œuvre, qu'il se fasse passer maintenant pour Oliver Twist, quasiment un enfant des rues ou le lendemain pour une sorte de Jacques Chirac de campagne.
sa vie personnelle. Non, ou le lendemain, ou le lendemain,
une sorte de Jacques Chirac de campagne. Sincèrement, personne n'est dupe, c'est de la com' et je trouve que ce n'est pas respectueux des Français. Il ne faut jamais chercher à faire croire l'inverse de ce qu'on est dans la vie. Or, Gabriel Attal se déguise chaque jour, mais en matière de déguisement, c'est vrai qu'Emmanuel Macron aimait bien les déguisements. Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu se déguiser d'ailleurs.
Entre Edouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, vous avez une préférence pour un candidat que vous pourriez affronter, l'ERN, au second tour de la présidentielle de 2027 ?
Je pense que les candidats du bloc central sont les plus intéressants à voir face à nous parce que ce seront des projets de société contre notre projet de société, des bilans contre un projet et je pense qu'effectivement ce sera beaucoup plus valorisant comme débat démocratique. Valorisant ? Si c'était la France insoumise, ça serait dévalorisant ? Oui, parce qu'il y a forcément un rejet de la France insoumise dans une grande partie de la population française qui fait que l'élection se joueraient beaucoup plus sur le rejet.
Là, ce sera vraiment est-ce que vous voulez continuer avec le projet d'Edouard Philippe, la retraite à 67 ans, celui de Gabriel Attal qui est à peu près le même et le bilan et leur méthode que nous connaissons ou est-ce que vous voulez le projet que porte Marine Le Pen que les Français connaissent aussi d'ailleurs ? Ce sont des choses très différentes et c'est pour ça que je pense que le choix de société, plus il est différent, plus on peut le défendre sans qu'on sombre dans le rejet, plus c'est intéressant.
Ça voudrait dire que si l'ERN était élu en 2027 face à Jean-Luc Mélenchon, ce serait moins légitime comme élection ? C'est ce que vous nous dites, ce ne serait pas légitime ?
Elle se construirait, cette élection, elle se construit davantage sur le rejet et donc c'est moins intéressant. C'est légitime parce que les Français de toute façon votent et qu'il faut respecter leur choix. Mais on sait très bien que le rejet de Jean-Luc Mélenchon, il est très fort et que le débat, ne serait-ce que le débat, serait moins intéressant. Face aux candidats du Bloc central, c'est intéressant de les confronter à leur bilan. Vous avez vu, j'ai parlé du bilan de Gérald Darmanin, j'ai parlé du bilan d'Edouard Philippe, j'ai parlé du bilan de Gabriel Attal. Leur bilan fait leur projet.
Nous, je pense qu'on est capable de leur montrer que non seulement ils se sont trompés mais qu'il y a d'autres voies possibles.
Est-ce que vous ne pensez pas, Sébastien Chenu, qu'à force de sondage, de dire que le RN de toute façon serait qualifié pour le second tour, vous ne jouerez pas déjà une élection que vous pensez déjà avoir gagnée ?
Non. C'est pas un peu le risque, le danger ? Nous considérons que cette élection sera très difficile. Vous n'êtes pas sûr
d'être au second tour ?
Mais rien n'est jamais sûr. Vous savez, les sondages un an avant la présidentielle n'ont jamais donné le résultat. On ne sait toujours pas qu'ils seront les candidats. Donc par conséquent, on aborde cette élection avec beaucoup d'humilité mais beaucoup de détermination. On est décidé à redresser le pays. On est décidé à appliquer notre programme. Vous savez, les Français ne nous pardonneraient pas s'ils nous donnent la chance de pouvoir gouverner demain. ne nous pardonneraient pas de ne pas tenir nos promesses. Nous, nous n'aurons pas une seconde chance, une centième chance, une millième seconde chance.
La seule chance que nous aurons, ce sera d'appliquer notre programme et d'être au rendez-vous de la promesse tenue vis-à-vis de nos électeurs.
Quand est-ce que, Sébastien Chenu, vous allez dévoiler complètement ce programme qui est parcellaire pour l'instant étant donné que vous n'avez pas le nom de votre candidat ?
D'abord, on connaît des grandes lignes de notre programme. Quand on parle du pouvoir d'achat, quand on parle de l'immigration, je pense que les Français sont très au clair sur ce que nous proposons. Mais effectivement, la première des choses, c'est savoir qui va porter. Est-ce que la justice va décider de nous priver de la candidature de Marine Le Pen ? Auquel cas, Jordan Bardella est celui qui est le mieux préparé pour reprendre ce programme, pour pouvoir le porter le plus loin possible. Sans doute un peu différemment de Marine Le Pen. Mais parce que ce sont des personnalités différentes. Avec une sensibilité plus libérale, je ne sais pas. Mais ce ne sont pas des clones.
Ce ne sont pas des clones. Ils ont chacun leur personnalité. Donc il y a deux RN ? Non, il y a un programme et il y a deux candidats possibles. En tous les cas, il y a une candidate aujourd'hui, Marine Le Pen. Et si la justice nous privait de cette candidature, Jordan Bardella porterait ce programme. Il y a un seul programme. Ils l'ont d'ailleurs tous les deux défendu. La dernière fois, c'était les législatives. La fois d'avant, c'était les européennes. Ils ont défendu le même programme.
Mais est-ce que Marine Le Pen a vraiment envie d'être candidate ? Si jamais la justice lui mettait par exemple une peine avec un bracelet électronique, qu'est-ce qui l'empêcherait finalement de se présenter ?
Vous savez, Marine Le Pen est une femme libre. Elle a toujours placé ses idées, sa liberté au-dessus de tout. Et je pense que si elle est candidate, elle veut pouvoir le faire librement, pas sous contrainte. Et donc par conséquent, elle a déjà annoncé que si elle devait être candidate, elle ne pourrait pas le faire en étant au sens propre entravé. Elle ne pourrait pas le faire donc par conséquent, elle en tirait un certain nombre de conséquences.
Mais avec les moyens technologiques actuels, on peut faire des meetings à distance, on peut éventuellement faire des hologrammes. Jean-Luc Mélenchon l'avait fait en son temps.
Mais Marine Le Pen, c'est le peuple. Marine Le Pen, c'est le rapport au peuple le plus direct qu'il soit.
L'intelligence artificielle, vous vouliez nous parler du pape Léon XIV qui a publié l'encyclique Magnifica Humanitas. Il appelle notamment à désarmer l'intelligence artificielle. On sait que ça va jouer dans la campagne présidentielle. Il y a 16% des Français qui sont décidés au municipal en demandant à l'IA pour qui voter. Qu'est-ce que vous dites vous sur l'IA ?
J'ai trouvé ça intéressant l'encyclique du pape parce qu'en fait, finalement, elle est très politique. Il dit plus que certains politiques. Moi, je crois qu'il ne faut pas avoir peur de l'intelligence artificielle. Ça ne sert à rien. Vous l'utilisez ? Très peu, en réalité, mais il va falloir que je m'y mette un peu. Et Marine Le Pen, on a déjà fait un sujet d'une tribune. Elle explique qu'il faut que la France devienne leader en la matière, qu'on n'a pas de raison. On en est loin. On en est loin. C'est aussi quelque chose qui n'a pas été anticipé. Pourtant, on nous avait vendu un président de la République très technophile, capable de prendre ses sujets à bras le corps. On en est loin.
Donc, je pense qu'il ne faut pas en avoir peur. Mais ce que disait le pape, et ce qui doit être aussi une source de proposition, c'est qu'elle doit être soumise à la dignité, le contrôle de cette intelligence artificielle doit être soumise à la dignité humaine. Et Marine Le Pen proposait une régulation via l'ONU, en tous les cas, via l'Organisation des Nations Unies, parce que c'est un domaine qui dépasse évidemment les frontières.
L'ONU que, de temps en temps, vous décrivez, là, vous lui retenez...
Ça pourrait lui donner du sens. Ça pourrait avoir du sens, justement. Donc, par conséquent, pas de raison d'avoir peur, soumise à la dignité humaine. On ne veut pas d'une société technique, on veut une société de l'espérance. Et Marine Le Pen considère, et nous avec, qu'effectivement, la France a encore du chemin à faire dans le domaine.
Du chemin à faire et avec des préoccupations des Français qui sont évidemment très quotidiennes. La sécurité, le samedi prochain qui s'annonce avec les violences prévisibles autour éventuellement d'une victoire du PSU, on le souhaite en Ligue des Champions, ça vous inquiète ? Il y a un dispositif de sécurité qui sera majeur. On ne peut plus rien faire en France, on ne peut plus rien fêter.
Ben si, regardez, Lens, les joueurs de Lens, lorsqu'ils gagnent face à Nice, il faut les saluer. Il y a eu des délendements
avec les supporters du PSU.
Il y a eu en tous les cas dans le Pas-de-Calais aucune garde à vue pour des faits délictuels. Donc aujourd'hui, il y a encore des gens qui montrent qu'on peut célébrer des victoires sans casse lorsqu'on n'est pas des voyous. J'ose espérer que pour dimanche prochain les choses seront gérées comme elles doivent l'être. Je pense que le fait de beaucoup en parler va pouvoir nous permettre, je l'espère, de faire baisser la pression. Mais oui, on peut encore dans notre pays lorsqu'on y met les moyens et lorsqu'on a en face des gens qui respectent la loi, on peut encore faire la fête quand on a de belles victoires. Donc il ne faut pas avoir peur
de descendre dans la rue si on le veut.
On ne doit pas avoir peur dans notre pays.
Merci Sébastien Chenu. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée.
Merci Sébastien Chenu. Merci Laurence Ferrari. Restez avec nous sur Europe 1 dans un instant. Vos signatures du mercredi, votre club culture et le journal de Roland-Garros 8h33.