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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 juillet 2025 10 min

Qui est Laurent Duplomb, le sénateur qui a donné son nom à la loi controversée sur l'agriculture ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

à l'origine de la loi, semble très agacé par cette pétition, qui, selon lui, a été instrumentalisée. Portrait de cet agriculteur et ancien responsable de la FNSEA. - 6h, L.Duplomb est déjà au volant de son tracteur.

Dès que possible, il vient prendre soin de son exploitation et de ses 300 vaches. - L.Duplomb: Elles attendent pour rentrer.

Une fois qu'elles sont rentrées, le robot les trait. C'est un métier noble. On travaille avec du vivant, c'est loin d'être simple.

Ce n'est pas toujours tout rose. C'est rare s'il n'y a pas un problème dans la journée. C'est cette vie qui est intéressante. - Né en ville dans une famille de sidérurgistes, ces contraintes, il s'y est adapté.

Il a multiplié par 4 ses rendements malgré l'explosion des charges. - L.Duplomb: Pour avoir un revenu, qui n'est pas différent de celui d'il y a 30 ans, il a fallu s'agrandir. - Depuis 8 ans, c'est aussi au Sénat qu'il défend le travail des agriculteurs.

Il a même donné son nom à la loi Duplomb, qui autorise à nouveau les usages des néonicotinoïdes, des pesticides suspectés d'être cancérigènes. Un passage obligé pour cet ancien responsable de la FNSEA. - L.Duplomb: On ne peut pas me condamner d'être celui qui est le soutien de la FNSEA.

Pendant 8 ans, j'ai écrit des rapports. Je l'ai dit à beaucoup de journalistes: "Je ne suis pas le lobby de la FNSEA." - Une fois la traite finie, il troque ses bottes pour le costume de sénateur.

Là encore, il aime jouer la carte du bon sens rural. Son profil séduit Les Républicains, son parti. - L.Wauquiez: L'esprit de Laurent, pragmatique et concret. - L.Wauquiez assure le service après-vente de la loi Duplomb, modèle de victoire pour LR. - L.Wauquiez: C'est une certaine vision de la France, la reconnaissance de ceux qui travaillent pour mettre un coup d'arrêt aux normes folles avec lesquelles on tue ceux qui entreprennent dans notre pays.

J'ai un immense respect pour ce qu'il a porté. Avec ce qui est devenu la politique aujourd'hui, avec autant de blocages, il n'y en a pas beaucoup qui auraient été capables d'y arriver. - Cette double casquette, éleveur-sénateur, qu'on voit aussi sur le terrain, comme sur cette visite de chantier. - L.Duplomb: On est sur une maison qui a été réhabilitée. - Il a une idée à la minute.

Il a toutes les idées pour faire économiser l'argent. Il est précieux. - Ces dernières semaines, l'élu fait parler de lui.

Loi Duplomb, proposition de supprimer l'Agence bio, déclarations sulfureuses sur le réchauffement climatique, le sénateur de droite persiste et signe. - L.Duplomb: La réalité, car on n'est pas dans le moule de la pensée unique, que l'on n'est pas alarmiste...

Quand on essaye d'avoir un message plus objectif, qui discerne un peu de ce qu'on peut entendre autrement, on est toujours menacé d'être trumpiste ou climatosceptique. - Quant à la loi qui porte son nom, elle doit encore passer d'ici le 10 août le filtre du Conseil constitutionnel. - A.de Tarlé: Question. - J.Fourquet: C'est un peu tout ça, mais c'est un profil assez classique dans nos campagnes.

C'est des profils qu'on retrouve dans le grand syndicat agricole majoritaire, la FNSEA. Vous avez des agriculteurs devenus des entrepreneurs. Il a 300 vaches.

C'est une grosse exploitation. Souvent, ces agriculteurs prennent des responsabilités dans leur champ professionnel. Il a été président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, un département agricole important.

L.Duplomb a aussi exercé des responsabilités dans des coopératives laitières. On est dans le Massif central.

Ce sont des zones d'élevage laitier. D'aucun diront que c'est l'agrobusiness car il a travaillé Chez Sodiaal et Candia. Souvent, ces agriculteurs-entrepreneurs engagés dans l'action syndicale sont aussi engagés dans l'action locale.

Le prolongement logique à leurs yeux, c'est l'engagement politique. Il a commencé par être adjoint au maire de sa commune, puis sénateur. Souvent, on a ce type de profil dans cet écosystème. - A.de Tarlé: On dit qu'on a un monde agricole fragilisé qui se réduit, mais qui reste influent?

Il a toujours les manettes? - R.Garrat-Valcarcel: Il y a moins de gens dans le secteur primaire aujourd'hui en France qu'il y a 30 ou 40 ans.

Electoralement, au sens strict, ce n'est pas grand-chose. Par contre, ils sont localisés. Il y a aussi un syndicalisme agricole très fort.

Le syndicalisme, agricole ou autre, est-ce quelque chose où vous vous formez. Vous devenez élu, vous allez au conseil municipal, vous devenez maire, conseiller départemental...

Ca devient un électorat des élections sénatoriales. Ce n'est pas un hasard si cette proposition de loi émane du Sénat. Ca représente un électorat important dans les campagnes des élections sénatoriales. - A.de Tarlé: On a entendu L.Duplomb dire qu'il n'était pas le lobby de la FNSEA, mais que la FNSEA était devenue son lobby.

Ca traduit une radicalisation du monde agricole et de la FNSEA qui est un peu débordée par les agriculteurs en colère? - L.Lavocat: La FNSEA s'implique dans la définition de la politique agricole française depuis plusieurs décennies.

Ce n'est pas nouveau. C'est la cogestion entre le ministère et la FNSEA. Cette loi Duplomb, c'est la quintessence d'une mission de lobbying de la FNSEA.

Il y a eu des manifestations agricoles en janvier 2024, puis, dans l'été, la FNSEA fait paraître une sorte de loi idéale dans laquelle elle liste un certain nombre de revendications. La loi Duplomb reprend un certain nombre de ces revendications. - A.de Tarlé: Il y a des passages de la FNSEA qu'on retrouve dans le texte de loi? - L.Lavocat: Oui.

J'irais plus loin. Quand on regarde les amendements déposés par l'Assemblée nationale, par des députés LR et RN, c'était écrit noir sur blanc: "Cet amendement a été corédigé avec la FNSEA." Le syndicat agricole a pesé de tout son poids pour inscrire ses revendications dans son texte et pour la mise à l'agenda de ce texte à l'Assemblée nationale.

Il n'était pas prévu, au départ, que ce texte soit examiné aussi vite par les députés. Il y a eu des pressions, notamment d'A.Rousseau, pour qu'il soit inscrit au plus vite. - A.de Tarlé: Question. - J.Fourquet: Il n'y a pas d'enquête ou de sondage réalisé sur le profil des signataires, mais quand on atteint un volume de 1,4 million de signataires via une plateforme d'accès libre, ça ne se recrute pas uniquement dans telle ou telle composante.

On peut penser qu'il y a quand même un tropisme politique qui pèse plutôt à gauche parmi ces signataires. C'est des questions de santé publique, de liens entre alimentation, écologie et santé. Ca peut toucher des gens d'obédiences politiques hétéroclites et hétérogènes. - F.Gemenne: Y compris les agriculteurs. - J.Fourquet: Justement, quand on regarde cette question des néonicotinoïdes, celui qui serait réautorisé concerne à la fois les producteurs de betteraves, le Bassin parisien et le nord de la France...

Gros bastions de la FNSEA. Ca concerne aussi les producteurs de noisettes dans le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Ils sont les bastions de la Coordination rurale, plus à droite.

Après la mobilisation dont on a parlé, il y a eu les élections en chambre d'agriculture qui ont été marquées par une poussée importante du vote pour la Coordination rurale,