L'invité de Bourdin Direct : Michel Barnier - 11/10
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct. Jean-Jacques Bourdin. Michel Barnier, bonjour. Bonjour et bonjour à tous ceux qui nous regardent.
Ancien commissaire européen, négociateur du Brexit, congrès du 1er au 4 décembre, congrès LR. Les adhérents voteront, vous gagnerez, Michel Barnier.
Je sens un mouvement en profondeur de confiance, un lien qui se consolide avec les militants, les sympathisants. Tout ça, d'ailleurs, Jean-Jacques Bourdin, je le dis en passant, qui veulent m'aider ou qui ont confiance en moi, qui peuvent adhérer jusqu'au 15 novembre aux Républicains. Et je les encourage. Oui, je sens ce mouvement de confiance. Je l'ai encore vu cette semaine pendant des visites sur le terrain, en Auvergne, en Bourgogne. J'ai senti cela et je pense que je peux gagner cette confiance sur le fond parce que j'ai la capacité, je pense, de rassembler, de réconcilier et en même temps d'être élu président de la République.
Bien, Michel Barnier, si Xavier Bertrand n'est pas candidat, il devra céder. On est d'accord. S'il n'est pas candidat à ce congrès, il devra céder.
Oui, j'aime bien les questions qui consistent à poser des problèmes qui ne sont pas encore posés. Peut-être, je ne sais pas. Mais un bras de fer avec lui sera engagé. Écoutez-moi, chacun doit prendre ses responsabilités. C'est ce mouvement de décider de qui il va soutenir comme président de la République. C'est le choix des militants. Il faut respecter ce choix, que chacun respecte ce choix.
Donc, il ne les respecte pas s'il n'est pas candidat.
Je vais dire simplement les choses. Tous ceux qui veulent le soutien de cette famille politique, de ces militants qui ont été très patients et que je remercie. Tous ceux qui veulent le soutien des élus, qui sont d'ailleurs les plus nombreux, puisque c'est notre famille politique, il y a le plus grand nombre d'élus locaux, municipaux, départementaux, régionaux. Tous ceux qui ont l'ambition de porter le projet que nous avons et qui correspond à ce qu'attendent les Français. On peut en parler, je le souhaite. En tout cas, c'est l'objet de cette campagne. Tout cela, ils doivent respecter la règle du jeu qui a été choisie par les militants.
Et donc, c'est une question de loyauté et de confiance mutuelle. C'est tout ce que je peux dire sur ce sujet. Chacun doit prendre...
S'il n'est pas candidat, il est déloyal et il devra céder. Chacun doit prendre ses responsabilités. Chacun a compris Michel Barnier. Edouard Philippe, lui aussi, lui aussi est dans la compétition, peut-être pas pour 2022, mais pour 2027, c'est certain. Il a fondé son parti Horizon. Il réaffirme son soutien à Emmanuel Macron. Donc, 2027, Christian Estreuzi, lui, a fondé un mouvement, la France audacieuse, dites-moi. La droite républicaine, dites républicaine, elle est républicaine. La droite est divisée, éparpillée, fragmentée.
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, M. Bourdin. Non, mais d'accord, mais... M. Philippe a choisi de quitter notre famille politique. C'est aussi une responsabilité. Il a été le premier ministre de M. Macron pendant 3 ans. Et alors, moi, je n'ai pas bien compris ce qu'il a fait samedi. Je ne suis pas d'ailleurs sûr que M. Macron ait compris lui-même. Il dit des choses intéressantes, mais étonnantes, qui montrent une sorte de double jeu. Il faut mettre de l'ordre dans la rue, dit-il. Il faut mettre de l'ordre dans les finances. Ça veut dire qu'il y a du désordre. Et c'est des désordres. Pourquoi on garderait le même président, s'il y a du désordre ?
Il dit, je fais une nouvelle offre politique, alors qu'il a été le premier ministre de M. Macron pendant 3 ans. S'il faut une nouvelle offre politique, pourquoi maintenir le même président ? Donc, je trouve qu'il y a une sorte de double jeu. C'est une sorte de club autour d'un homme. Je ne vais pas en dire plus que cela. Et ça ne m'empêchera pas de mêler ma route.
Oui, beaucoup d'élus venus des LR, ou encore LR. On rejoint Edouard Philippe. Oui, je connais bien ces hommes et ces femmes. Oui, vous les connaissez bien.
Il n'y a vraiment rien de nouveau. Beaucoup d'entre eux ne sont plus d'ailleurs chez les Républicains. Moi, je veux rassembler ma famille. Et je veux ensuite l'élargir et retrouver la confiance des femmes qui ont pu aller à droite ou au centre et qui nous retrouveront sur la base d'un projet et d'un homme qui porte ce projet.
Alors, un autre homme fait la une de toute l'actualité, c'est Éric Zemmour. De votre actualité ?
Non, pas de la mienne. On le voit partout. La vôtre aussi, pardon. Non, moi, je n'ai pas trop de soucis. La classe politique ne parle jamais d'Éric Zemmour, Michel Barnier ? Je ne parle jamais parce que vous en parlez beaucoup. Ce qui m'intéresse... Il n'existe pas ? Si, il existe. Il a la capacité de commenter, de faire des analyses. Quand on commence à diviser les Français et les citoyens ou à la distinguer selon leur race, leur culture, leur religion, leur identité, ça finit toujours par des affrontements. Et moi, je pense que notre pays a déjà trop de tensions. Les gens sont trop dos à dos au lieu d'être côte à côte. Il y a trop de tensions dans notre pays pour en rajouter aujourd'hui.
On a besoin d'un président qui traite les problèmes, qui apporte des solutions, qui soit crédible. C'est ce président-là que je veux être... Je ne veux pas qu'on rajoute des tensions dans notre pays. Voilà ce que je veux dire de M. Zemmour.
Mais même dans votre famille politique, on parle beaucoup d'Éric Zemmour, Éric Ciotti, qui voteraient Zemmour en cas de second tour. Macron, Zemmour, vous aussi ?
Non. M. Ciotti dit ce qu'il souhaite, et moi, je vous dis, puisque vous m'interrogez, que je ne veux pas me mettre dans une situation...
Mais pourquoi est-ce qu'il séduit une partie de vos adhérents, de vos militants, de vos sympathisants ?
Je reviens à votre question précédente, simplement pour dire que, dès l'instant où je pense que les Français, à partir de l'unité de notre famille et du projet que je présenterai, les Français me verront au deuxième tour, la question que vous posez ne se posera pas.
Oui, oui, oui. Mais si vous ne l'êtes pas, elle se posera. C'est Michel Barbier. C'est les Français qui décideront. Vous savez pour qui vous voterez dans ce cas-là ?
Les Français, je voterai pour moi.
Non, non, mais d'accord. Non, mais ça, c'est facile. Non, ce n'est pas facile. Mais si vous êtes battus, si vous êtes battus, pardon, entre Macron et Zemmour, qui choisissez-vous ?
Je viens de vous dire que cette hypothèse-là, quand vous adressez un candidat à la présence de la République, et c'est mon cas, qui pense qu'il est capable de rassembler sa famille et les Français, cette question ne se posera pas. Elle ne se posera pas.
Bien. Et si elle se pose, vous répondrez en temps voulu, si j'ai bien compris. Emmanuel Macron présentera mardi un plan d'investissement de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Indispensable, ce plan d'investissement ?
Ce qui me frappe, quand son ancien Premier ministre, au Havre, quand je le vois, c'est qu'on a le sentiment qu'ils veulent effacer en cinq mois, cinq ans d'inaction. Et on voit à Marseille, l'autre jour, le président sortant, faire des promesses. J'ai très bien compris qu'il aille à Marseille parler des quartiers, de l'insécurité, qui est le principal échec de ce quinquennat. Mais j'aurais compris qu'il aille à Marseille à la fin de son quinquennat pour faire le bilan de l'action engagée au début, pas pour parler des dix ans qui viennent. Et là, on le voit, par exemple, on me dit que dans ce plan, ils veulent reparler du nucléaire.
Mais ce quinquennat, c'est le quinquennat des occasions manquées, d'un manque de décision. Et notamment, sur cette question majeure, on a eu le nucléaire honteux pendant cinq ans. Et maintenant, on va le relancer. C'est très tard. Même si ce n'est pas trop tard, c'est très tard. Donc, qu'on investisse, c'est très bien. Notre pays a besoin d'investir, notamment avec l'aide de l'Union Européenne, je le dis en passant. Mais je trouve que vouloir faire en cinq mois le rattrapage de cinq ans d'occasion manquée, c'est quand même un problème pour les citoyens.
Bien, Michel Barnier, on parlait de l'Europe à travers la pêche, à travers la Pologne. Mais j'ai lu, j'ai lu, c'est un ténor du parti qui aurait dit, Michel Barnier, trop sérieux, un peu rasoir. Vous êtes sérieux et rasoir, Michel Barnier ?
Oui, j'ai toujours été sérieux sans trop me prendre au sérieux. On n'attend pas du chef de l'État qu'il monte sur la table pour danser. C'est une fonction difficile, elle va être très difficile, ça va être très grave de gouverner ce pays. On a besoin, je pense, d'un nouveau président qui est de l'expérience. Peut-être c'est ça, la critique qui est derrière, mais je ne crois pas que ce soit une critique. Vous savez, l'expérience, ça compte. Avoir de la bouteille, ça compte, même pour les journalistes.
On est d'accord. Une incitation. Vous proposez une incitation à l'engagement citoyen. J'ai vu ça. Pour les collégiens, les lycéens,
expliquez-moi. Oui, c'est un projet qui est d'ailleurs élaboré au Parlement. L'idée, sur la base de ce qu'on appelle le service citoyen, que chaque jeune au collège, au lycée et plus tard, puisse une semaine par an consacrer son temps à des actions publiques, à l'apprentissage de la citoyenneté, de la vie en commun, de l'histoire, de notre culture, et que ce temps-là soit inscrit dans un parcours citoyen, dans un contrat citoyen. Obligatoire. Obligatoire. Je pense qu'une semaine par an, dans la vie d'un collégien ou d'un lycéen, avec des personnes qui viennent dans votre établissement scolaire, qui vous apprennent des résistants, des professeurs, des chefs d'entreprise, des sportifs.
Je trouve que ce temps-là d'apprentissage de la citoyenneté, c'est ce qui manque actuellement et qui explique beaucoup de problèmes qu'on a dans notre société.
Vous voulez aussi créer un ministère de la sécurité publique ayant autorité sur la police, la gendarmerie et l'administration pénitentielle. Un ministère de l'intérieur
et de la sécurité publique qui ne s'occuperait que de cela. Que de cela. Et pas comme c'est le cas du ministre de l'intérieur aujourd'hui qui est en charge de toute l'administration territoriale et du dialogue avec les collectivités locales. Il y aura un ministre chargé aussi de ce qu'on appelle la décentralisation, des libertés locales, de tout ce qui a manqué depuis 4 ans, c'est-à-dire le travail en commun des communes, des régions, des départements. Regardez la crise du Covid où on a voulu gérer cette crise très grave de manière verticale, d'une sorte de solitude de l'État avec beaucoup d'attitudes péremptoires. On aurait mieux géré cette crise avec tout le monde.
Et donc, il y aura un ministre chargé du contrat de progrès national avec les collectivités locales et il y aura un ministre chargé de l'intérieur et de la sécurité publique.
Puis, à propos du Covid, je vais revenir sur ces sujets-là, mais à propos du Covid, la vaccination, faut-il la rendre obligatoire ? Je pense que la seule solution pour sortir de cette crise est en effet que tout le monde soit vacciné. Oui, avec un succès français quand même, puisque la France est très vaccinée parmi les pays du monde les plus vaccinés. Français et Européens.
Et on a bien fait au niveau européen de mutualiser pour que dans cet espace commun qui est le nôtre au niveau du continent, il n'y ait pas des pays qui soient très mal vaccinés et d'autres qui le soient très mal vaccinés. Mais vaccination obligatoire, c'est l'affaire de chacun de savoir s'il doit, en restant chez lui, ne pas être vacciné. Mais dès l'instant, on va dans un lieu public et qu'on prend le risque d'être contaminé ou de contaminer les autres, je pense que c'est l'intérêt général que d'être vacciné.
Et le remboursement des tests, le non-remboursement des tests pour celles et ceux qui ne sont pas vaccinés, c'est une bonne mesure ? Je pense que c'est une mesure logique d'encouragement. Logique d'encouragement. Bien, moratoire sur l'immigration. C'est ce que vous proposez. Moratoire de 3 à 5, on est bien d'accord. Comment faites-vous ?
D'abord, qui veut dire que la politique d'immigration fonctionne en France ou qu'elle fonctionne en Europe ? Même la Cour des Comptes européennes a dit, il y a quelques jours, que ça ne marchait pas ni pour l'asile ni pour les reconductions à la frontière. Et en France, on voit bien les problèmes qui sont d'ailleurs exploités, attisés par les Zemmour et autres. Donc, quand une politique ne fonctionne pas, il faut qu'elle fonctionne. Il faut la changer.
Donc, je propose de remettre à plat l'ensemble des procédures qui ne fonctionnent pas, qui sont quelquefois détournées, l'attribution des titres de séjour, le regroupement familial et pendant 3 à 5 ans, d'utiliser ce temps pour remettre à plat et changer ce qui doit l'être et puis aussi de prendre le temps de négocier avec nos partenaires européens. Je comprends, mais moratoire, ça veut dire quoi ? Moratoire, ça veut dire un coup d'arrêt. Ça veut dire qu'on stoppe, par exemple... On stoppe toute immigration ? Non, on ne stoppe pas tout. On regarde de manière intelligente et pragmatique, par exemple. Ce n'est pas tout à fait pareil. Oui, mais ça veut dire un coup d'arrêt.
On ne va pas stopper l'accueil des étudiants étrangers. On ne va pas stopper l'immigration. On va continuer.
Il y a 700 points de passage entre la France et la Belgique. Pour les contrôler, Michel Barnier...
Ce n'est pas là qu'il faut contrôler. C'est pour ça que dans ce moratoire, il faut le temps de discuter avec nos partenaires pour que les frontières extérieures européennes ne soient plus des passoires et pour que Schengen fonctionne, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et puis le troisième temps, ce sera le temps de négociation avec les pays d'émigration économique qui ne se comportent pas correctement avec nous, notamment pour les réadmissions.
Est-ce que le droit européen a la primauté sur le droit français ? Vous avez vu ce qui se passe en Pologne.
Oui, mais en Pologne, ce n'est pas une question de droit. C'est une question politique. Elle est très grave. Les Polonais, enfin le gouvernement actuel, les cherchent à vouloir contraindre et à mettre au pas la justice. C'est ça qui est grave. Ils disent pour ça que les traités européens sont contrôlés à notre constitution. Et donc c'est très grave. Il faut traiter cette question sur le plan politique et que le Conseil européen, le Conseil des chefs d'État, demande aux Polonais oui ou non, voulez-vous rester dans l'Union européenne ? Moi, ce que je dis, ce n'est pas du tout la même chose.
Ça veut dire que le droit européen a la primauté sur le droit français ?
Oui ou non ? La constitution européenne est supérieure au droit européen. C'est une règle habituelle. La constitution française, le droit européen, s'applique en France puisque nous l'avons accepté à travers des traités. Nous avons signé des traités, nous nous sommes engagés, Michel Vornier. Exactement, et nous devons les respecter. Et c'est ce que nous faisons. Et c'est ce que je ferai. Simplement, ces traités, on ne peut pas les ratifier, Jean-Jacques Bourdin, s'ils sont contraints à la constitution. Et donc, quand il y a une contradiction, on change la constitution. Et si on ne la change pas, on ne peut pas ratifier. Oui, mais aujourd'hui,
est-ce que le droit européen a la primauté sur le droit français ?
Oui, il a la primauté, mais pas sur notre constitution. Pas sur notre constitution. Bien. C'est d'ailleurs une règle qui s'applique en Allemagne ou en Espagne. Est-ce qu'il faut sanctionner
la Pologne ?
Je pense qu'il faut poser une question de vérité, une question de confiance à la Pologne. Voulez-vous, oui ou non, être dans l'Union européenne ? Parce que, ce qui est grave en Pologne, c'est qu'en 2004, ils ont adhéré à l'Union européenne. Oui, en conscience, démocratiquement, en sachant ce qu'ils faisaient. Ils ont accepté les traités. On ne donne pas l'Union, on n'accepte pas les traités. Donc, revenir en arrière là-dessus, aujourd'hui, c'est extrêmement grave. C'est extrêmement grave.
Comme est extrêmement grave la position de la Grande-Bretagne, vous avez négocié le Brexit au nom de l'Union européenne.
La Grande-Bretagne, elle, elle est sortie de l'Union. Elle est sortie. C'est ce qui conduit d'ailleurs à dire, en passant à un certain nombre de militants européens que je connais, que j'aime bien, qu'il faut faire attention. Moi, j'ai une différence avec ces gens qui m'ont critiqué quand j'ai proposé le moratoire sur l'immigration en disant, Barnier a changé d'idée sur l'Europe. Non, je suis toujours passionnément patriote et européen. Européen, en plus d'être patriote, pas à la place d'eux. Simplement, il se trouve que j'ai géré le Brexit pendant quelques temps. Et le Brexit, ce n'est pas une petite affaire. Et que j'ai dit dans un livre... Vous avez défendu le droit européen.
Oui, et j'ai dit dans un livre que j'ai publié sur le récit de cette négociation, le premier chapitre s'appelle Un avertissement. Oui. On va tirer des leçons. Si on ne tire pas les leçons, c'est qu'on est irresponsable. Il y a des raisons au Brexit qu'il faut comprendre. Il y a un sentiment populaire qui s'est exprimé dans beaucoup de régions britanniques qui est exactement le même chez nous. Le sentiment d'être laissé de côté, de ne pas être protégé, la désindustrialisation et parfois l'immigration mal contrôlée. Il faut tirer les leçons. Si on ne tire pas les leçons de ce sentiment populaire, il y aura d'autres Brexit. Voilà ce que je pense. Oui. Mais les pêcheurs...
Et moi, je n'ai pas envie qu'il y ait d'autres Brexit.
Les pêcheurs français sont... Comment qualifiez-vous la position britannique sur cette affaire de la pêche ? Les pêcheurs français, ils ont raison.
Ils ont raison. Ils ont simplement une chose qui est très simple et qui met en cause la réputation ou la signature du Royaume-Uni. Est-ce que, oui ou non, M. Johnson va respecter la signature qu'il a imposée au bas de deux traités, puisque j'ai négocié deux traités avec lui, un en novembre 2019 qui comporte notamment un règlement sur l'Irlande, la paix en Irlande. Et là aussi, il y a des menaces britanniques. Et sur la pêche, le 24 décembre, c'était le jour de Noël, que j'ai passé tout seul à Bruxelles, puisque c'était trop tard pour rejoindre ma famille. Ce jour-là, nous avons conclu un accord avec un accord de pêche raisonnable que M. Johnson ne respecte pas aujourd'hui.
Il se comporte un peu comme des flibustiers. Flibustiers ?
Et les flibustiers, on prend des mesures ? Oui. Alors, on doit... Est-ce que la France... Vous avez vu les menaces françaises, hein ?
C'est pas seulement la France. Nous parlons de l'Union européenne. C'est l'Union européenne. J'ai négocié au nom de l'Union européenne en défendant les entreprises, les agriculteurs, les pêcheurs européens. Est-ce qu'aujourd'hui, des sanctions doivent s'être prises ? Ah, je pense qu'il y a le moyen maintenant, comme je crois que le gouvernement y réfléchit, il a raison, il est temps, au niveau européen, d'utiliser des leviers dans le traité pour que les Britanniques fassent simplement une chose, qui est de respecter leur signatère. Quel levier ?
Il y a des leviers qui consistent à rétablir des tarifs, à fermer des zones de pêche réciproquement, à interrompre ou à suspendre telle ou telle partie de l'accord. Et puis, au bout de la route, si ça devient très grave, il faut que les Britanniques fassent attention, il peut y avoir une mise en cause totale du traité que nous avons signé, qui est un traité de libre-échange. Une mise en cause totale ? Oui, c'est possible de suspendre cet accord si une partie ne le respecte pas.
L'Union européenne pourrait menacer la Grande-Bretagne de suspendre
les accords du Brexit. Cette possibilité existe, mais avant d'en arriver à cette solution extrême, nous n'y sommes pas. Oui. Heureusement, il y a des suspensions croisées et des mesures intermédiaires qui peuvent être prises. Elles sont prévues dans le traité. Bien, je voulais vous poser
une dernière question parce que vous êtes démocrate chrétien. Est-ce que les prêtres ont l'impérieuse obligation d'alerter lorsqu'ils ont connaissance de faits de pédocriminalité ?
J'appartiens à la famille démocrate chrétienne et au-delà, ma famille politique est plus large. Oui. Je suis fidèle à cette tradition qui est celle de la Ve République et de ma famille politique depuis le général de Gaulle. Je pense que sur une question extrêmement grave après le rapport de Jean-Marc Sauvé qui est un rapport extrêmement grave et sérieux, je pense d'abord à toutes ces victimes, à ces vies qui ont été détruites. Ma réponse est oui, je pense que la loi s'applique à tous, la loi républicaine s'applique à tous et qu'il y a dans notre loi républicaine une disposition qui concerne la non-assistance en personne en danger.
Et le secret professionnel n'est pas absolu
en cas de crime. Je pense que quand il s'agit de tels crimes, de violences sur des enfants, de viols, je pense que la loi doit s'appliquer.
Merci Michel Barnier d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. Merci. Merci.
Merci. Merci.
Michel Barnier