Sébastien Chenu : "Bruno Retailleau, c'est le candidat zéro crédibilité !" (France 2)
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- 0:00ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour Sébastien Chenu, merci d'être avec nous ce matin.
- 0:02OuverteRéponse directe
Et on a un nouveau candidat à la présidentielle depuis hier, ça ne vous a pas échappé, Bruno Rotaillot.
- 0:13OuverteRéponse directe
Alors est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle cette candidature de Bruno Rotaillot pour vous ?
- 1:16RelanceRéponse directe
Vous dites zéro crédibilité, mais est-ce qu'à l'inverse, on ne pourrait pas dire que le fait justement d'avoir été ministre de l'Intérieur, d'avoir présidé le groupe de LR au Sénat, lui donne une crédibilité, lui donne une sorte de présidentiabilité, que Jordan Bardella ou Marine Le Pen n'ont pas, compte tenu de leur manque d'expérience ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Donc Marine Le Pen reste la candidate numéro un, si j'ose dire, mais même si une peine d'inéligibilité était prononcée, compatible avec sa candidature, mais qui lui imposerait par exemple de porter un bracelet électronique et qui aurait de toute façon porté une condamnation, est-ce que ça ne serait pas un handicap dans cette campagne ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Le Rassemblement National menace de déposer une nouvelle motion de censure, elle est présidente de votre groupe, sur la programmation pluriannuelle de l'énergie, la fameuse PPE présentée hier par Sébastien Lecornu. Pourquoi vous voulez censurer le gouvernement là-dessus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Bah oui, il était ministre d'Emmanuel Macron, Bruno Rotaillot, jusqu'à preuve du contraire. »
- 0:30Invité politiqueFait
« En réalité, Bruno Rotaillot, c'est le candidat zéro crédibilité. »
- 0:39Invité politiqueFait
« Zéro crédibilité sur le régalien, il a perdu tous les arbitrages, l'aide médicale d'État. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Sur la délivrance de titres de séjour, elles ont explosé. »
- 0:55Invité politiqueFait
« En 2025, c'est un nombre record. »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« Et puis zéro crédibilité sur le budget, parce qu'il a accepté 20 milliards d'euros de hausse d'impôt sous Beyrou. »
- 1:03Invité politiqueChiffre
« 10 milliards d'euros d'impôt avec les ministres LR dans le gouvernement Macron sous le corps nu. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Je vous rappelle que des ministres LR sont ministres d'Emmanuel Macron, mais que de l'autre côté, Bruno Rotaillot dit qu'il faut censurer le gouvernement, il ne le censure pas. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Il se retrouverait forcément minoritaire. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Je rappelle que c'est la transposition d'une directive de l'Union Européenne. »
- 4:55Invité politiqueChiffre
« Il y a une hausse de l'éolien en mer, fois 15. »
- 5:06Invité politiqueChiffre
« Nous, on l'a calculé, il sera à peu près 300 milliards d'euros. »
- 5:33Invité politiquePromesse
« Nous, on voulait un moratoire. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Madame de Montchalin, elle sera quoi qu'il en soit, juge et partie. »
- 7:13Invité politiqueFait
« Non, non, on ne lâche pas l'Ukraine, mais ce n'est pas un prêt, c'est un don. »
- 7:21Invité politiqueChiffre
« En fait, c'est 80 milliards d'euros financés sur les marchés par l'Union européenne, qui va emprunter sur les marchés. »
Temps de parole
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Bonjour Sébastien Chenu, merci d'être avec nous ce matin. Et on a un nouveau candidat à la présidentielle depuis hier, ça ne vous a pas échappé, Bruno Rotaillot. Pourquoi je vous en parle ? Parce que c'est quelqu'un qui peut mordre sur votre électorat. Il défend notamment des positions proches des vôtres sur les questions migratoires. Alors est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle cette candidature de Bruno Rotaillot pour vous ?
Allez, un candidat macroniste de plus, après Édouard Philippe. Bah oui, il était ministre d'Emmanuel Macron, Bruno Rotaillot, jusqu'à preuve du contraire. Après Attal, après tous les Xavier Bertrand et les macronistes LR compatibles. En réalité, Bruno Rotaillot, c'est le candidat zéro crédibilité. Moi, je l'ai vu à l'œuvre. Donc j'entends Bruno Rotaillot, j'entends ce qu'il raconte, mais je l'ai vu à l'œuvre. Zéro crédibilité sur le régalien, il a perdu tous les arbitrages, l'aide médicale d'État. C'est pas ce que disent les Français lorsqu'on les interroge dans les études d'opinion. En tous les cas, c'est factuel. Sur l'aide médicale d'État, rien n'a avancé.
Sur la délivrance de titres de séjour, elles ont explosé. Ils ont explosé sous Bruno Rotaillot. En 2025, c'est un nombre record. Et puis zéro crédibilité sur le budget, parce qu'il a accepté 20 milliards d'euros de hausse d'impôt sous Beyrou. 10 milliards d'euros d'impôt avec les ministres LR dans le gouvernement Macron sous le corps nu. Donc en réalité, Bruno Rotaillot, c'est beaucoup de bavardage, beaucoup de bruit. Mais dès qu'il est aux actes, c'est nul. Regardez sur l'Algérie, ça a été nul aussi.
Vous dites zéro crédibilité, mais est-ce qu'à l'inverse, on ne pourrait pas dire que le fait justement d'avoir été ministre de l'Intérieur, d'avoir présidé le groupe de LR au Sénat, lui donne une crédibilité, lui donne une sorte de présidentiabilité, si vous me pardonnez ce néologisme, que Jordan Bardella ou Marine Le Pen n'ont pas, compte tenu de leur manque d'expérience ?
Non, ça lui donne un titre, ça lui donne une médaille, ça lui donne un vernis, mais c'est une médaille en chocolat. Vu les résultats lamentables qui ont été les siens, vu la nullité qui récompense finalement l'ensemble de son oeuvre, lorsqu'on regarde, on peut considérer que Bruno Rotaillot, une fois qu'il a été aux affaires, s'est montré un très mauvais ministre et en tant que président de LR, un homme de petits arrangements, de petits tambours. Je vous rappelle que des ministres LR sont ministres d'Emmanuel Macron, mais que de l'autre côté, Bruno Rotaillot dit qu'il faut censurer le gouvernement, il ne le censure pas.
En réalité, Bruno Rotaillot, côté crédibilité, ça n'en voit pas grand-chose.
Alors, dans le contexte en tout cas du procès où figure Marine Le Pen, il y a aujourd'hui quelque chose qui se passe dans votre électorat, c'est que 69% des sympathisants ARN qui ont été interrogés ces derniers jours considèrent désormais que Jordan Bardella ferait un meilleur candidat que Marine Le Pen. Est-ce que pour eux, la page n'est pas tournée et Jordan Bardella est désormais le candidat naturel, ce qu'était Marine Le Pen jusqu'à présent ?
Vous savez, j'ai entendu tellement de fois et tellement de journalistes me dire que Marine Le Pen était morte, qu'elle était enterrée, que c'était fini, que je me méfie maintenant de ce genre de discours. Nous, on a organisé les choses de façon à ce qu'il y ait aujourd'hui une candidate à la présidentielle qui s'appelle Marine Le Pen et un futur Premier ministre qui s'appelle Jordan Bardella. Si Marine Le Pen était empêchée, puisque son sort est entre les mains de la justice, c'est d'ailleurs assez interrogatif de voir que les candidats, le casting de la présidentielle peut reposer sur des décisions de justice, eh bien c'est Jordan Bardella qui prendrait le relais.
Et en cela, il est populaire, il faut s'en féliciter.
Donc Marine Le Pen reste la candidate numéro un, si j'ose dire, mais même si une peine d'inéligibilité était prononcée, compatible avec sa candidature, mais qui lui imposerait par exemple de porter un bracelet électronique et qui aurait de toute façon porté une condamnation, est-ce que ça ne serait pas un handicap dans cette campagne ? Vous, dont l'ancien slogan était « tête haute et main propre », je reprends le slogan de Jean-Marie Le Pen des années 40 et 10.
Les Français sont assez grands pour savoir qui ils ont envie d'avoir comme président de la République. Si Marine Le Pen est éligible, si elle peut s'adresser aux Français... Même si elle est condamnée, ce n'est pas un handicap. Mais moi je ne suis pas sûr qu'elle soit condamnée, je pense même l'inverse, et on verra bien. Mais si Marine Le Pen est éligible, alors c'est les Français qui décideront du modèle de société qu'ils veulent et de la ligne politique qu'ils veulent et de qui doit la porter. Et moi je pense que pour l'alternance, qu'on attend, que les Français attendent, réclament très nombreux, la seule candidate qui incarne cette alternance, c'est Marine Le Pen, évidemment.
Pour vous, c'est encore elle. Le Rassemblement National menace de déposer une nouvelle motion de censure, elle est présidente de votre groupe, sur la programmation pluriannuelle de l'énergie, la fameuse PPE présentée hier par Sébastien Lecornu. On a un petit peu de mal à comprendre parce que cette PPE, elle propose plutôt plus de nucléaire, une sorte de stagnation sur l'éolien et le solaire, c'est-à-dire ce que vous préconisez, vous bougez la tête. Pourquoi vous voulez censurer le gouvernement là-dessus ?
Bon d'abord sur la forme. Le gouvernement prend un décret, ne fait pas un vote, ne sollicite pas un vote du Parlement. Il se retrouverait forcément minoritaire. Ça montre bien que ce texte, il est vraiment mauvais. Je rappelle que c'est la transposition d'une directive de l'Union Européenne, c'est-à-dire qu'on a encore un gouvernement soumis à l'Union Européenne. Sur l'aspect démocratique, on voit bien qu'ils n'en ont cure, un peu comme les nominations, celle de Mme de Montchalin, tout ça... On va parler d'Amélie de Montchalin dans un instant. Mais sur le fond, il y a une baisse du nucléaire quand même dans ce projet. Il y a une hausse de l'éolien en mer, fois 15.
Une directeur supplémentaire. Oui, d'accord, mais on a reculé, on revient. En fait, c'est très brouillon. Et puis, il y a un aspect budgétaire qui est absolument indécent, qui n'est pas travaillé. Nous, on l'a calculé, il sera à peu près 300 milliards d'euros. Donc en fait, on a un texte particulièrement brouillon, qui aboutira à quoi ? Un renchérissement du coût des énergies pour les Français. Avec une hausse, je vous le dis, 15 fois sur l'éolien en mer, tout le monde sera touché.
Sur l'éolien en mer, mais sur l'éolien à terre, l'éolien terrestre, pardon, il y a plutôt une stagnation.
X2, x2, x2, donc on reste dans des... Non, mais on n'est pas dans un recul de l'éolien et des énergies intermittentes qui coûtent très cher. Nous, on voulait un moratoire. Vous voulez un moratoire, voire même un démontré certain. Ce n'est pas dans le texte. On avait obtenu par les députés du Rassemblement National un moratoire grâce à Tanguy. Eh bien, aujourd'hui, ce moratoire n'est pas acté. Donc, il mérite d'être censuré.
On parlait à l'instant d'Amélie de Montchalin et Marine Le Pen et Jordan Bardella et d'autres responsables du RN se sont insurgés, mais ils ne sont pas les seuls d'ailleurs dans la classe politique contre la future nomination de l'actuel ministre des Comptes publics à la tête de la Cour des Comptes. Qu'est-ce qui vous dérange tant, alors que cette personne, Madame de Montchalin, est reconnue pour sa compétence, qu'il y a eu dans le passé d'autres nominations dites politiques, Pierre Jox sous François Mitterrand ou Philippe Séguin sous Jacques Chirac ? Où est le problème aujourd'hui ?
Alors qu'elle a déjà dit qu'elle se déporterait pour ne pas avoir, par exemple, à réfléchir sur son propre budget.
Non mais justement, Emmanuel Macron nous avait vendu un autre monde, un nouveau monde, fin des pratiques de copinage, des recasages. Vous savez, j'ai regardé la liste des ministres, des anciens ministres recasés dans les hauts conseils, associés à ceux-là dans les instances, dans les agences. C'est absolument invraisemblable. Madame de Montchalin, elle sera quoi qu'il en soit, juge et partie. Vous ne pouvez pas, lorsque vous avez créé un budget, le budget de la France, plus 10 milliards d'euros d'impôt... Elle a fait savoir qu'elle se déporterait, comme on dit... D'accord, mais alors, non qu'elle ne peut pas être présente de la Cour des comptes. Il y a d'autres sujets que le budget.
D'accord, mais enfin, la Cour des comptes, principalement, s'occupe du budget et des budgets publics, c'est-à-dire du budget de la France, mais aussi du budget de tas d'établissements publics. C'est Amélie de Montchalin qui s'est occupée en tant que ministre des comptes publics, de valider, de financer un certain nombre d'établissements publics. Elle est juge et partie. C'est le royaume du copinage. Ces gens-là ont décidément un problème avec la démocratie. Une toute dernière question qui n'a rien à voir.
Pourquoi le RN et Jordan Bardella n'ont-ils pas voté, on va parler de l'Ukraine, le prêt de 90 milliards d'euros accordés par l'Europe à l'Ukraine ? On a l'impression que vous ne voulez pas à tout prix que l'Ukraine gagne ou ne perde pas la guerre contre la Russie.
Non, non, on ne lâche pas l'Ukraine, mais ce n'est pas un prêt, c'est un don. En fait, c'est 80 milliards d'euros financés sur les marchés par l'Union européenne, qui va emprunter sur les marchés. C'est l'Union européenne, donc ça veut dire les Européens qui vont financer. Et c'est un don parce qu'en fait, l'Ukraine ne remboursera. Et où est le problème ? Est-ce qu'on a aujourd'hui les moyens, et en plus c'est un don pour acheter des armes, qui ne seront pas forcément des armes européennes ? Est-ce qu'on a les moyens de faire un don de 90 milliards à l'Ukraine pour acheter des armes qui ne seront pas européennes ?
Sincèrement, le montage financier, il est largement bancal, ça va coûter très cher.
Sébastien Chenu