Loi "intégrale" contre les violences sexuelles, carburants... Le "8h30 franceinfo" de Clémence Guetté
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:33FerméeRéponse directe
Est-ce que vous partagez la sévérité de cette peine ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Et sur la sévérité de la peine, le fait que ce père de famille soit condamné à six mois de prison ferme avec incarcération immédiate, ça vous semble une bonne décision ?
- 2:03OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes d'accord avec cette mesure d'éloigner les enfants de leur établissement scolaire ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Quel regard vous portez sur ces chiffres de l'économie française ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Clémence Guettet, quelles sont les solutions ? Comment en sort la France de cette crise ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Comment relancer l'investissement dans l'économie française ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:34Invité politiqueChiffre
« Les 500 plus grandes fortunes dans notre pays, depuis le 2017, le début de la Macronie, ils ont doublé leur fortune pendant qu'on en est à 10 millions de pauvres dans notre pays. »
- 4:43Invité politiqueFait
« Je rappelle aussi que les grands groupes, par rapport au TPE-PME, là aussi on observe un énorme décrochage avec un surenrichissement. »
- 6:30Invité politiquePromesse
« Bloquer les prix du carburant, bloquer les prix des produits de première nécessité, bloquer les prix de l'énergie. »
- 7:27Invité politiqueFait
« Le scandale qui se prépare pour cet automne, c'est que M. Lecornu, dans une série d'annonces plus ou moins discrètes, vient de nous expliquer que la surcontribution exceptionnelle, qui devait rapporter 7 milliards durant l'année 2026, n'aura duré même pas un an, puisqu'il prévoit déjà, dans le budget qui arrive, de la supprimer. »
- 8:47Invité politiqueChiffre
« Toutes les suppressions d'impôts vis-à-vis des plus riches et des très grands groupes, c'est 62 milliards de manques à gagner par an. »
- 11:58Invité politiquePromesse
« Un cinquième de la dette est détenue par la Banque Centrale Européenne. Nous pourrions la transformer en dette perpétuelle à taux nul qui ferait que la charge de la dette pour la France immédiatement baisserait. »
- 22:21Invité politiqueChiffre
« Les associations demandent 3 milliards. »
Temps de parole
- Clémence Guetté66 %
- Invité15 %
- Présentateur12 %
- ?7 %
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Bonjour
Camille.
Bonjour Benjamin.
Et bonjour Clémence Guettet, députée de la France Insoumise, responsable du programme de LFI. On va parler du décrochage économique de la France avec vous, de vos propositions, de la campagne aussi et des divisions à gauche. Mais d'abord une réaction à ce qui fait d'actualité également ce matin et ce père de famille qui a menacé de mort une enseignante d'une école de son fils.
C
'était en Haute-Garonne, il lui a menacé de lui couper la tête. C'était lundi. Hier soir, il a été jugé en comparution immédiate, condamné à six mois de prison ferme. Avec incarcération immédiate,
ce
qui est assez rare,
est
-ce que vous partagez la sévérité de cette peine
?
D'abord, je veux adresser tout mon soutien à l'enseignante en question. J'espère qu'elle va pouvoir rapidement revenir, prendre ses activités. Je crois que c'est ce que souhaitent d'ailleurs tous les parents d'élèves de cet établissement.
J'apporte
mon soutien aussi à la communauté éducative et puis à tous les enfants qui, je pense, ont pu être choqués, perturbés par ce contexte, par cette affaire. De manière plus large, les enseignants alertent à intervalles réguliers. Ce qui est positif, en l'occurrence, c'est que la protection fonctionnelle vis-à-vis de l'enseignante a été activée rapidement et que la justice a pu aussi faire son travail rapidement. Ça n'est pas le cas dans d'autres affaires. En l'occurrence, il me semble que ça a été plutôt
positif. Et donc, en effet,
ça a été rapide. Son alerte a été prise au sérieux.
Donc, c'est une bonne chose. Et sur la sévérité de la peine, le fait que ce père de famille soit condamné à six mois de prison ferme avec incarcération immédiate, ça vous, Benjamin le rappelait, c'est très rare, ça vous semble une bonne décision ?
Il me semble que quand il y a une alerte, il faut qu'elle soit prise au sérieux. Qu'on déplore toutes et tous responsables politiques quand ce n'est pas le cas. Et donc là, ça a été le cas. Après la sévérité de la peine, je ne suis pas juge, vous ne l'êtes pas non plus. C'est la justice qui a fait son travail, qui a pris sa décision. Donc, je la respecte, c'est tout. Et pour compléter,
deux, des enfants de ce père de famille sont également obligés de changer d'école. Cela correspond à l'application d'un nouveau décret qui est passé cet été pour protéger le personnel de l'éducation nationale face à des parents violents. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette mesure d'éloigner les enfants de leur établissement scolaire ? Pour le
coup, j'ai lu des communiqués de syndicats de l'éducation nationale qui ne partagent pas tous le principe
de cette
mesure-là. Qui disent que pour le bien-être des enfants, pour la façon dont ils construisent leur parcours scolaire, ce n'est pas toujours une bonne idée. Donc, moi, je ne suis pas non plus professeure.
Et
donc, j'ai tendance à écouter les syndicats et les professionnels. En l'occurrence, s'ils estiment que ce n
'est
pas forcément une bonne idée, je pense qu'on doit pouvoir réfléchir à d'autres mesures. Et puis, en fait, je pense surtout aux enfants. C'est-à-dire, voilà, il
y
a une situation qui est difficile,
à mon avis. C'est l'équilibre entre
les deux, la protection des profs.
Exactement, c'est l'équilibre entre les
deux. Et puis, j'ai envie de dire, là, on parle du bout de la chaîne. Mais ce qui est important aussi, c'est la prévention. C'est-à-dire, comment le dialogue peut être facilité entre les parents, les professeurs ? Comment on peut faire de la prévention sur ce niveau d'agressivité, de violence qui, pour la communauté éducative, est très dur à vivre, en plus de conditions de travail qui sont déjà extrêmement difficiles, avec des classes surchargées et des enfants qui n'étudient pas dans de bonnes conditions ?
Clémence Guettet, à la une de l'actualité ce matin. Il y a aussi les très mauvais chiffres de l'économie française, chiffre publié par l'INSEE hier, avec un décrochage important de la France, une croissance en berne qui ne devrait pas dépasser 0,4% en 2026, loin de ce qui était prévu et c'était déjà modeste. Quel regard vous portez, Clémence Guettet, sur ces chiffres ?
Je suis atterrée parce que ça fait des mois qu'on alerte sur ce risque de croissance en berne, parce qu'en fait on a plein de mécanismes dans le pays qui sont extrêmement négatifs. Le pouvoir d'achat des Français qui est très limité, le niveau de pauvreté qui explose dans notre pays, un déficit public dont on nous dit qu'il va être comblé avec des coupes budgétaires successives sur les services publics, et on voit que ça n'atteint pas
son effet. En l'occurrence, il y a
beaucoup de conséquences d'origine extérieure, la guerre en Moyen-Orient, la canicule de cet été aussi qui provoque des
effets sur la consommation, sur la production. Tout ça peut mettre en cause
malgré tout les choix économiques qui sont faits,
c
'est-à-dire ceux du néolibéralisme, ceux des coupes budgétaires, ceux d'épargner toujours les plus riches pour la contribution aux recettes de l'État et du budget du pays, ceux de ne pas choisir de relancer la consommation populaire comme nous on prévoirait de le faire en augmentant les salaires. Tous ces choix économiques-là peuvent être questionnés. La France décroche à bien des niveaux l'investissement des ménages, l'investissement des entreprises. Malgré ça,
il
y a des choix qui ont été faits très nets, de favoriser les plus riches. Je rappelle que les 500 plus grandes fortunes dans notre pays, depuis le 2017, le début de la Macronie, ils ont doublé leur fortune pendant qu'on en est à 10 millions de pauvres dans notre pays. Je rappelle aussi que les grands groupes, par rapport au TPE-PME, là aussi on observe un énorme décrochage avec un surenrichissement. Donc ce sont bien des choix politiques qui sont à l'origine de la trajectoire économique de la France.
Et on pourrait considérer à un moment donné que ces génies de l'économie que sont les macronistes pourraient être mis un petit peu en cause sur leur gestion, le creusement de la dette, le déficit public, la croissance qui est en berne, et écouter d'autres solutions comme nous le proposons
nous. Justement,
Clémence Guettet, quelles sont les solutions ? Comment en sort la France de cette crise ? Vous avez commencé à le dessiner en disant que l'important c'est aussi la consommation, redonner du pouvoir d'achat aux Français. Dans le détail, dans cette économie française à l'arrêt, il y a certes la consommation en berne, mais il y a aussi les investissements qui
sont quasiment à l'arrêt.
Comment là-dessus vous jouez ? Parce que si vous voulez augmenter les salaires, augmenter aussi les taxes sur les super profits, ça ne va pas forcément faciliter l'investissement dont l'économie française semble
avoir besoin.
Les taxes sur les super profits, comme son nom l'indique, ce sont des super profits. C'est-à-dire que ça n'empêche pas les entreprises de faire du profit, de faire des bénéfices, de pouvoir réinvestir. Le seul problème, c'est qu'aujourd'hui les grands groupes dont on parle, ce sont des super profits qui sont essentiellement captés pour faire des dividendes et pour être reversés à des actionnaires qui sont déjà des énormes actionnaires.
Il y a aussi l'augmentation
des salaires
dans ce que vous proposez.
Le problème,
c
'est que les entreprises ne réinvestissent pas ensuite dans l'économie réelle. Donc nous, ce qu'on propose, c'est de faire autrement,
c
'est-à-dire augmenter immédiatement le SMIC. Ça, je rappelle que c'est une décision du gouvernement. Aujourd'hui, les Français sont étranglés. Le coût du carburant, on va peut-être en reparler, c'est une énorme actualité. L'inflation et la crise inflationniste, notamment sur les produits alimentaires, n'est pas terminée. On pourrait faire des choses très simples. Bloquer les prix du carburant, bloquer les prix des produits de première nécessité, bloquer les prix de l'énergie. Je rappelle l'augmentation du gaz qui a lieu en septembre.
Il
va y en
avoir une en
octobre. Les gens n'en peuvent plus. Donc,
il
faut immédiatement augmenter les salaires, ce qui va générer de la consommation populaire, ce qui va permettre aussi aux petites entreprises, notamment, de pouvoir remplir leur carnet de commande,
de pouvoir leur vivre. Les salaires en permettant aux entreprises,
en même temps, d'investir. Les chefs d'entreprise le disent bien. Tout le monde aimerait bien pouvoir augmenter les salaires, sauf que ça coûte beaucoup d'argent. On le fait comment ? Pour donner de l'air tout de même aux entrepreneurs
d'investir. En fait, les
entreprises, cette catégorie globale n'existe pas. Il
y
a aujourd'hui, dans notre pays, des très grands groupes, dont, je veux le dire, un scandale se prépare pour la rentrée, parce que ces très grands groupes qui font des surprofits, notamment liés à la situation géopolitique, notamment liés à la crise agricole qu'on a pu connaître, ou à la crise pétrolière, ces très grands groupes-là génèrent des surprofits exceptionnels. Le scandale qui se prépare pour cet automne, c'est que M.
Lecornu, dans une série d'annonces plus ou moins discrètes, vient de nous expliquer que la surcontribution exceptionnelle, qui devait rapporter 7 milliards durant l'année 2026, n'aura duré même pas un an, puisqu'il prévoit déjà, dans le budget qui arrive, de la supprimer. Mais nous disons que quand des entreprises fondées sur profit exceptionnels sont des profiteurs de guerre et de crise, ils doivent contribuer de manière pérenne.
Donc vous maintenez
cette taxe-là pour financer
nos déceintes. Mais bien sûr qu'il faut maintenir cette taxe-là, et y compris
élargir
son assiette. Lui dit que c'est exceptionnel,
Sébastien Lecornu, ça doit le rester.
Mais non, ça ne doit pas le rester. Des profiteurs de guerre et de crise. Est-ce qu'on tolère ça dans notre économie, quand il y a 10 millions de pauvres dans notre pays ? Moi, je ne le tolère pas, et donc on va se battre pendant l'examen budgétaire. Et puis,
il
faut sortir
de cette logique.
Clémence Guettet, pour revenir sur ce point,
et
pour préciser, ça fait donc partie des propositions avancées par le Premier ministre pour le budget, diminuer la taxe sur les profits des grands groupes,
comme le
soulignait Benjamin, l'argument est de dire que ce qui est exceptionnel doit rester exceptionnel. On peut l'entendre aussi, parce que ce qui compte, c'est la confiance également des entreprises dans la parole de l'État. Si une taxe est présentée comme exceptionnelle et s'instaure dans la durée, il
y a un problème de confiance. Mais en fait,
ça fait 10 ans que les macronistes ont fait des choix budgétaires qui nous font perdre des dizaines de milliards par an. Toutes les suppressions d'impôts vis-à-vis des plus riches et des très grands groupes, c'est 62 milliards de manques à gagner par an. Avec 62 milliards, là, je vous rappelle que dans le budget, ils cherchent 30 milliards de coupes qui vont le faire, notamment sur les questions de santé. On aurait 62 milliards si on n'avait pas supprimé l'ISF, mis la flat taxe, supprimé progressivement la CVAE. C'est l'argent qui devait relancer
aussi l'économie et être réinjecté dans l'économie. Est-ce qu'on constate ce matin, vous et moi, que ça a relancé
l'économie ? Non, la croissance est en berne, le déficit augmente, la charge de la dette augmente dans le poids
que ça pèse sur notre pays. Donc,
ce sont de mauvais choix budgétaires qui ont été faits. Et je déplore le fait que, bien souvent pour les Français, les taxations, elles ne sont pas exceptionnelles. Elles sont permanentes. Je pense notamment à l'impôt le plus injuste qui soit, qui est la TVA, que tous les Français payent. Mais quand vous avez des petits revenus, ça pèse beaucoup plus sur vous. Et quand on parle de très grands groupes qui font des milliards de surprofits, par exemple Total, qui va s'en mettre plein les poches avec la crise pétrolière qui a des conséquences sur les Français, là, ça doit être exceptionnel. Ça ne doit durer que huit mois.
Non, l'État français a besoin de se financer, a besoin de financer notamment ses services publics.
Vous
parliez
du prix de l'essence. Rapidement, vous disiez, c'est simple, il suffit de bloquer. Ça ne paraît quand même pas si simple à faire, de bloquer le prix de l'essence. Plusieurs disent, notamment le gouvernement dit, c'est impossible à faire et ça risquerait d'entraîner une pénurie. Mais oui, et puis des pluies de
sauterelles.
Si
les distributeurs vendent à perte, ils n'auront pas forcément
la possibilité. Ils ne
vendraient pas à
perte. C'est l'argument.
Là aussi, il y a des petits distributeurs et il y a d'énormes entreprises pétrolières. Total, ils maîtrisent à la fois toute la chaîne, l'extraction, le raffinage, la distribution. Alors, on nous fait croire qu'il a fait l'aumône aux Français de bloquer, de plafonner légèrement, mais croyez
-moi, ils font encore des marges
exceptionnelles. Les 6 milliards de surprofit pour les pétroliers en 2026,
ça
va être Total qui va en capter l'essentiel. Donc non, les Français n'ont pas payé cette crise. Si jamais on baissait les taxes, par exemple, comme le propose le Rassemblement
national. Exactement,
ça fait partie des propositions
baissées à 5
,5
% pour
que ce soit moins cher.
En plus du fait que ça ne promet pas des prix qui soient raisonnables pour les Français, je vous rappelle, aujourd'hui, un plein, ça coûte plus de 110 euros. C'est intenable pour les gens. Ça veut dire qu'ils se privent de déplacement, ils renoncent à des soins,
ils
renoncent à des loisirs, etc. Et donc, cette solution, elle ne fonctionne pas parce qu'en plus de ne pas garantir des prix raisonnables, elle fait perdre des milliards à l'État français en recettes. Et là aussi, ensuite, c
'est
la cure d'austérité, les coupes budgétaires. Dans le budget qui arrive, je veux quand même faire une alerte, le budget qui arrive, il va être particulièrement sanglant et tranchant sur les questions de santé. Les gens vont payer plus cher, par exemple, des frais dentaires. Ça veut dire qu'ils vont renoncer à des soins. Les gens vont payer plus cher aussi les transports sanitaires. Vous savez, c'est les transports quand vous êtes malade pour vous amener à l'hôpital. Les mutuelles, vraisemblablement, vont répercuter les
décisions budgétaires
en augmentant les prix. Non mais d'accord, des pistes, mais je suis parlementaire, je vous dis sur
quel sujet on va batailler.
Je trouve que la contribution exceptionnelle des grandes entreprises devait être élargie et pérennisée et que les Français devraient voir leurs soins de santé, par exemple,
notamment
intégralement remboursés.
Un autre sujet que vous avez mis sur la table, Clémence Guettet, c'est celui de la dette qui s'est imposée dans ce début de campagne présidentielle. Vous proposez-vous de la geler, de la congeler, de la foutre au feu, selon les expressions, une partie de la dette de la France, en tout cas celle qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. Vous demandez un débat à l'Assemblée nationale à ce sujet au Premier ministre qui vous a répondu d'abord d'un mot ou pas ?
À ce stade, non, mais on va avoir une réponse, on en a systématiquement quand on
demande ce genre de débat. à la présidentielle
qu'on tranchera cette question ?
Il me semble que ce sujet, comme vous l'avez dit, arrive plus vite que prévu et que par ailleurs, 6 Français sur 10, d'après le sondage qu'on a eu, sont plutôt favorables à cette solution. Pourquoi ? Parce que les gens qui nous disent qu'on va rembourser cette dette ne nous disent jamais comment on va le faire. Ils essayent de faire des programmes d'austérité et on voit
que...
Ils
proposent quand même, ça ne vous convient pas forcément dans ce
qu
'ils
proposent. Ils proposent, ils essaient de faire et ça ne fonctionne pas. Ça ne
fonctionne pas. 1 280 milliards de dettes supplémentaires pendant la Macronie. Je veux dire, si ces gens détenaient une solution qui fonctionnait, ça se saurait. Que proposent-ils sinon ? C'est un scénario à la grecque. Ils proposent que tous les Français soient dans un niveau de pauvreté absolument hallucinant comme le sont les Grecs depuis la cure d'austérité qui leur a été imposée.
Je l'ai à la dette, ce n'est pas non plus une solution
miracle.
Il y
a encore...
Je ne parle pas de solution miracle. Présidente
de la BCE disait déjà que ce sera une violation pure et simple des traités de
l
'Union européenne.
Donc on se met en dehors des traités de l'Union européenne. La chef des néolibéraux
de l'Union européenne n
'est
pas d'accord avec
nos solutions. Vous m'accorderez le fait que ce n'est pas une surprise.
Par ailleurs, Mme Lagarde, elle est au service des peuples souverains de l'Union européenne. Ça n'est pas elle qui doit prendre les décisions politiques.
Les décisions politiques,
également discutent, s'interrogent
sur la possibilité de leur
proposition. En deux mots, pour conclure, l'idée politique, c'est quoi ? De faire passer l'idée que finalement, la dette, ce n'est pas une contrainte et que la campagne présidentielle qui est lancée et les programmes politiques qui doivent être proposés ne doivent pas être plombés par cette dette. C'est ça, votre message ? L
'idée politique que nous voulons faire passer, c'est que les peuples sont souverains sur leur destinée économique et qu'ils n'ont pas à être étranglés et que par ailleurs, toutes les forces politiques, qui nous font croire que nous n'avons pas d'autre choix que de rembourser cette dette, c'est-à-dire de budget après budget, détruire les services publics dans ce pays, sont en train de mentir. Il y a d'autres solutions. Un cinquième de la dette est détenue par la Banque Centrale Européenne. Nous pourrions la transformer en dette perpétuelle à taux nul qui ferait que la charge de la dette pour la France immédiatement baisserait.
Et nous pouvons
avoir des alliés en Europe pour cette solution.
Effacer la dette serait illégal, dangereux et inutile. C'est ce que dit à l'instant le gouvernement de la Banque de France.
Clémence Guettet, députée et responsable du programme de la France Insoumise, vous êtes notre invité ce matin. Alors que la fête de l'humanité ouvre ses portes dans quelques heures sur la base aérienne de Bretigny-sur-Orge en banlieue parisienne, comme chaque année, des concerts et des rencontres politiques pendant tout le week-end, Fabien Roussel, le patron du Parti communiste, y tiendra un meeting demain. Lui qui vient de se lancer dans la campagne présidentielle. Est-ce que vous regrettez sa candidature
? Alors
d'abord, on va se rendre à nous aussi à la fête de l'humanité parce que c'est un moment qui est un moment de rentrée important, qui est une fête populaire. Il va y avoir vraisemblablement beaucoup de monde. Jean-Luc Mélenchon tiendra un débat à l'agora de l'humanité justement aujourd'hui en fin de journée. Et puis, il fera aussi un discours, un meeting sur le stand de la France Insoumise dès demain.
Il y aura plein de débats, des
moments... Comment ?
Voilà pour le programme sur la question...
Oui, mais c
'est important de le dire parce qu'il
y a
beaucoup de gens qui vont se rendre à cette fête populaire.
C'est
un rassemblement de masse. Quant à la candidature de M. Roussel, les communistes ont pris leur choix. Enfin, ils ont fait leur choix. Ils ont pris leur décision selon un processus interne qui est le leur. Donc, je n
'ai
pas ni à le déplorer ni à le saluer. Vous ne le regrettez
pas ? Je
le respecte. Moi, ce que je sais, c'est que le nombre de candidats à gauche a toujours été important pour les élections présidentielles. Vraisemblablement, il va en être de même dans cette élection présidentielle. Mais cela dit, ça n'est pas une surprise. Ça fait des mois que nous disons que ça va se passer de cette manière-là. Ce que je sais, c'est que le nombre de candidats n'est pas un problème. Le nombre d'électeurs et d'électrices peut être un problème pour nous.
C'est exactement ce que dit Fabien Roussel.
Et donc, il nous faut aller convaincre des gens. Il nous faut aller convaincre des gens qui, aujourd'hui, sont des abstentionnistes ou qui ne savent pas encore que dans quelques mois dans notre pays, il y a un choix pour l'élection présidentielle qui peut être absolument majeur. Et puis, ce que je dis aussi, c'est qu'il y a déjà plein de militants et militantes communistes qui militent avec nous dans
la campagne Qui regrettent en effet qu'il n'y ait
pas une candidature commune. En 2022,
vous
vous estimiez beaucoup chez les Insoumis que vous avez manqué les voix de Fabien Roussel pour aller au second tour.
La question
est quand même importante.
La question est importante et elle est importante sur le fond. La question, c'est celle du programme qui va être porté. Nous, on fait le
constat... Une candidature
commune sur le fond,
elle
est impossible.
On fait le constat qu'en 2012, en 2017, on a pu partir ensemble pour les élections présidentielles,
qu
'on a pu porter un programme commun. Plus récemment, dans une histoire qui n'est pas si éloignée que ça, pour les élections législatives, on a réussi à porter des programmes ensemble pour la NUPES et pour le NFP. Je pense qu'en matière de réduction du temps de travail, de place à donner à la sécurité sociale, tous ces combats qui sont issus du mouvement ouvrier qui sont dans notre programme et qui sont ceux qui sont dans celui du Parti communiste français, nous permettraient de faire une campagne ensemble. Voilà ce que je pense.
Après, que voulez-vous que je vous dise à part que je respecte le choix des communistes et que, par ailleurs, ils devront avoir toutes et tous en tête, et là, je parle des électeurs, le fait qu'en effet, en 2022, il nous a manqué quelques centaines de milliers de voix pour
accéder au second tour. Pour accéder au second tour. Donc,
en clair, Clémence Guettet serait sans langue de bois. Ce
n'est pas de la langue de bois ce que je veux dire. Je
vous dis que, sur le fond, on aurait pu
converger. Ce
n'est pas de la langue de bois.
Est-ce que vous dites à Fabien Roussel « Fabien, rejoins-nous, arrête avec cette candidature qui peut être mortifère »
Non, mais je
ne lui dis rien. Je pense que Fabien Roussel est un dirigeant politique qui sait prendre ses responsabilités. Donc, il le fait en connaissance de cause. Moi, je m'adresse aux militants et je m'adresse aux électeurs. Voilà. De toute évidence, il y aura la candidature de M. Roussel pour le Parti communiste
français. Jean-Luc Mélenchon va le voir aujourd'hui. Et par ailleurs, je
termine juste, si vous me le permettez, quand il a dit que la France insoumise attendait, venait chercher les votes uniquement des quartiers périphériques français, quand il a eu des déclarations qui ont pu être légèrement insultantes pour les gens qui croient en notre programme, qui le défendent et qui votent pour nous in fine, on voit bien qu'il ne représente pas l'entièreté non plus ni des responsables politiques du Parti communiste français, ni des militants, ni des électeurs électrices eux-mêmes. Voilà.
Vous parliez du nombre de candidatures à gauche.
Il
y a donc Fabien Roussel qui s'est déclaré. Il y a cette primaire aussi du Parti socialiste qui est sur les rails pour le mois d'octobre. Cinq candidats aussi déclarés pour cette primaire du côté du PS. Quel regard vous portez, vous Clémence Guettet, sur cette primaire du Parti socialiste
?
Pour être très honnête, ça m'indiffère. Voilà. Je pense que...
Ça n
'aura pas de conséquences sur
votre campagne ?
soyons dans le monde réel. Peut-être que nous, sur ce plateau, on est passionnés de politique et que ça nous intéresse beaucoup, cette histoire de primaire. Ce que je peux vous dire, c'est que je pense que dans le pays, les gens s'en fichent du nombre de candidats, etc., on a un problème dans la façon dont ce sujet est traité comme absolument omniprésent, alors qu'il s'agit d'une primaire à 15 euros qui va attirer un nombre limité des lecteurs. Les socialistes sont souverains, là aussi, ils vont faire leur choix, ils feront campagne ensuite. Ce que je peux vous dire, c'est que j
'ai
le sentiment qu
'on
ne fait pas la même chose. Eux font une primaire à 15 euros et c'est charpé pour savoir si ce
sera le Parti socialiste ou l'amicale des macronistes déçues. Nous, pour ne pas, on fait une campagne présidentielle. Vous
estimez que c'est trop cher ?
J'estime que si les gens
ont 15 euros à mettre dans un projet de gauche utile pour le pays, ils devraient contribuer à notre campagne. On a besoin de dons pour faire campagne, pour faire des meetings de masse, pour diffuser nos idées dans le pays. Voilà, ils ont décidé en interne. C'est leur choix souverain. Vraiment, on est en campagne, on n'attend rien, à vrai dire, parce qu'on a 8 mois et c'est petit, 8 mois pour convaincre un nombre de gens conséquents de se rendre aux urnes.
On a du croire
de se dire qu'il y
a
une alternative notamment à l'extrême droite
et à son projet mortifère. Peu importe qui sera
désigné par cette primaire du Parti socialiste, il n
'y
aura aucun rapprochement d'aucune manière avec l'un des candidats déclarés dans la
primaire.
Ça n'est pas à l'ordre du jour,
Oui, peu importe le résultat.
Sur un tout autre point, Clémence Guettet, on voulait aborder avec vous la loi qu'on appelle la loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles. Cette proposition de loi, elle est portée par 150 associations féministes et de protection à l'enfance. Elle a commencé à être étudiée à l'Assemblée nationale hier. Votre groupe, la France Insoumise, ne la soutient pas. Pourquoi ?
On n
'en
est pas signataire en tout cas parce que cette loi pour nous n'est pas une loi intégrale justement. Elle a un nom qui est trompeur,
c
'est-à-dire qu'il y a des manques pour nous qui sont absolument fondamentaux dans cette loi. Je pense aux questions de prévention, notamment de ces violences sexistes et sexuelles. On ne peut pas prétendre combattre des violences qui sont systémiques dans notre pays en ne voyant qu'un petit bout de la lorniette du problème.
Il y a quand même 150
associations féministes et de protection à l'enfance qui soutiennent
en disant
qu'il y a peut-être des manquements mais le symbole est là, il est important, ça permet aussi quand même des avancées. Est-ce que ça ne mérite pas votre soutien
pour autant
? L'avancée majeure déjà c'est qu'on en parle. C'est un sujet. Les violences sexuelles notamment sur les enfants étaient un océan de silence et de tabou dans notre société. Donc les associations féministes et enfantistes, je les salue, je remercie leur mobilisation parce qu'elles ont permis de percer ce mur de silence. Les violences sexuelles faites aux femmes, vous le savez, depuis MeToo ont réussi à en parler mais il n'empêche que les solutions elles ne sont toujours pas mises en place.
Mais vos réserves sont mal
comprises sur cette loi ? Peut-être mais on discute avec la coalition des 150 associations dont vous parlez très régulièrement. Mes collègues Gabriel Catala et Sarah Legrin qui sont chefs de file sur ce texte ont échangé encore ce début de semaine. Je vous assure qu'elles sont mieux comprises que ce que vous semblez dire. La première chose c'est qu'il faut des moyens. Les associations demandent
3
milliards. Depuis des années, dans le budget que nous allons examiner juste après la loi intégrale, il n'y a pas ces 3 milliards.
Il
y a un
engagement qui est symbolique. Il nous faut de la prévention, de l'accompagnement des victimes, le remboursement à 100% des
services de santé. Nous
allons faire des amendements avec tout ce que je viens d'essayer de vous dire.
Les femmes en
situation de handicap, les femmes des Outre-mer
victimes de violences
ne sont pas prises en compte. Il y a beaucoup de choses à améliorer.
Merci
beaucoup Clémence
Guettet,
députée du Val-de-Marne, responsable du programme de la France Insoumise. Je signale aussi votre livre sorti en cette rentrée pour une politique de l'amitié. L'info continue sur France Info. Restez avec nous.
Clémence Guetté