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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 4 mai 2024 39 minComplaisantMixteEnvironnement & énergieInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesLogement

Guillaume MALOT : Maire SE (Sans Etiquette) de Saint-Romain-au-Mont-d'Or

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 78 %Attaque 5 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l’invité politique, le samedi de 11h à midi, avec vous Guillaume Malot, bonjour.

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Alors, je suis très content de vous recevoir parce que c’est la première fois, et c’est même peut-être un des premiers médias auxquels vous participez, parce que vous êtes un jeune maire, à la fois en âge et en âge, vous êtes élu depuis quand ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Mais on commence toujours par une question un petit peu d’actualité. Il y a quelques jours, c’était le 1er mai, et il y a, comme le veut la tradition, un certain nombre de manifestations syndicales, c’est le jour du travail. Et il y a aussi un certain nombre d’élus qui participent à ces défilés. Et il y a eu, notamment à Saint-Etienne, un candidat aux européennes, Raphaël Glucksmann, pour ne pas le nommer, qui a été exfiltré d’un cortège. Au-delà de l’aspect personnel, etc., moi, ce qui m’intéressait, c’était de se dire, vous, en tant que maire, en tant qu’élu, qu’est-ce que ça vous inspire, cette espèce de perte de repère ou d’autorité vis-à-vis de la fonction qui est celle de l’élu ?

  • 1:36RelanceRéponse partielle

    Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que les gens osent maintenant vous écrire, revendiquer, viennent protester, même dans votre bureau ou à la mairie ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Et vous, comment est-ce que vous êtes arrivé à l’engagement public ? C’est-à-dire que vous étiez sur une liste, vous êtes arrivé dans cette commune, c’était pas votre métier, puis si d’un coup, le maire a démissionné, on va y revenir, mais comment vous avez décidé un jour de vous dire « Tiens, ce serait bien que je participe à la vie de ma commune ? »

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Je suis élu, ça va faire bientôt deux ans que je suis maire de Saint-Romain. »
  • 3:26Invité politiqueChiffre
    « Oui, voilà, on est 1230 à peu près, au dernier recensement de l'INSEE, 1236 exactement. »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « J'ai 40 ans, voilà, absolument. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « On est arrivé sur le marché du travail extrêmement diplômé, pour la plupart, avec des difficultés à trouver du travail. »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « On a vu des gens de la génération, moi, de mes parents, pas forcément très diplômés, s'en sortir très bien, pouvoir être propriétaire de une, voire parfois de deux maisons, etc. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « Et je pense que ça, c'est ce changement de paradigme, il est assez fondamental. »
  • 6:22Invité politiqueFait
    « C'était pas prévu. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Donc, effectivement, c'est assez valorisant d'un point de vue personnel. »
  • 7:12Invité politiqueFait
    « Et finalement, j'ai accepté de prendre cette fonction et j'envisageais pas complètement l'étendue de cette fonction. »
  • 8:30Invité politiqueFait
    « Absolument. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Moi, très clairement, aujourd'hui, je ne pourrais pas gérer la commune sans, je dirais, l'équipe d'adjoints et de conseillers délégués qui m'entourent. »
  • 10:46Invité politiqueFait
    « Alors, nous, on se définit comme un village rural de montagne. »
  • 11:47Invité politiqueFait
    « Nous sommes 1236 habitants exactement dans un centre-bourg historique extrêmement bien préservé au milieu d'un écrin végétal et d'une topographie qui rappelle plus, finalement, les villages de Savoie ou de Haute-Savoie que ce qu'on peut trouver dans la métropole lyonnaise. »
  • 15:40Invité politiqueFait
    « le premier geste que j'ai fait d'apaisement réel et sincère, c'était de dire toutes les procédures, en fait, il n'y en avait qu'une qui avait été initiée par la commune de Saint-Romain. »
  • 15:52Invité politiqueChiffre
    « Reste 39 procédures qui sont toutes, en fait, aujourd'hui initiées par M. Hermann et qui sont toutes en cours. »
  • 16:08Invité politiqueFait
    « Il a été condamné à la remise en état. »
  • 17:47Invité politiqueFait
    « Les chiffres sont complètement décorrélés de la réalité de notre village. Je vous dis, on est 1238, je dois avoir peut-être 40 places de stationnement disponibles et on parle de milliers et de milliers de visiteurs. »
  • 19:04Invité politiqueChiffre
    « J'ai à peu près 90% du budget qui est supporté par les Saromagno eux-mêmes sur leur taxe foncière. »
  • 20:34Invité politiqueChiffre
    « On parlait d'une centaine de logements construits. »
  • 20:42Invité politiqueChiffre
    « Donc quand on vient rajouter 100 logements, c'est 20% de croissance d'un coup. »
  • 24:02Invité politiqueChiffre
    « 80% de la population qui est éligible à un logement social. »
  • 28:08PrésentateurChiffre
    « Nous, on est aux alentours de 400 000 euros par an. »
  • 28:08PrésentateurChiffre
    « Nous, on est aux alentours de 400 000 euros par an. »
  • 28:20Invité politiqueFait
    « Si je dois financer demain un équipement collectif sur la commune, j'en dette la commune sur 15 ou 20 ans systématiquement. »
  • 28:39Invité politiqueFait
    « On est complètement dépendant en fait, à la fois de la métropole, de la région, de l'État, de l'Europe. »
  • 30:49Invité politiqueFait
    « Moi, je suis un apôtre de Jean-Marc Jancovici et avec un regard détaché mais un regard un peu scientifique sur les choses. »
  • 31:55Invité politiqueFait
    « L'échelon métropolitain est vraiment intéressant sur ces questions-là. »
  • 33:21Invité politiquePromesse
    « Je pense que c'est intéressant d'expérimenter le revenu universel. »
  • 33:26Invité politiquePromesse
    « Je pense que c'est intéressant d'expérimenter la semaine de 4 jours pour les fonctionnaires de la mairie. »
  • 33:30Invité politiquePromesse
    « Le congé menstruel par exemple pour les femmes est une piste très intéressante à étudier. »
  • 37:06Invité politiqueChiffre
    « On est un des plus gros clubs de trail sur la métropole avec plus de 220 adhérents. »

Temps de parole

  • Invité politique63 %
  • Présentateur35 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval.

0:11
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, avec vous Guillaume Malot, bonjour. Bonjour. Vous êtes le maire de Saint-Romain au Mont-d'Or. Absolument. Exactement, et j'ai découvert avec vous comment on appelle les habitants de votre commune. Les Saint-Romagnaux et les Saint-Romaniottes. Excellent, parce que ce n'est pas évident. Alors, je suis très content de vous recevoir parce que c'est la première fois, et c'est même peut-être un des premiers médias auxquels vous participez, parce que vous êtes un jeune maire, à la fois en âge et à la fois en âge, vous êtes élu depuis quand ?

Je suis élu, ça va faire bientôt deux ans que je suis maire de Saint-Romain. Alors justement, on va partir un petit peu à la découverte de votre parcours, de votre engagement, de votre commune, etc. Et surtout, on va aussi discuter de transition énergétique, parce que, vous allez nous le dire, mais votre métier vous amène à être assez au fait de ces sujets. Mais on commence toujours par une question un petit peu d'actualité. Il y a quelques jours, c'était le 1er mai, et il y a, comme le veut la tradition, un certain nombre de manifestations syndicales, c'est le jour du travail. Il y a aussi un certain nombre d'élus qui participent à ces défilés.

Et il y a eu, notamment à Saint-Etienne, un candidat aux européennes, Raphaël Glucksmann, pour ne pas le nommer, qui a été exfiltré d'un cortège. Au-delà de l'aspect personnel, etc., moi, ce qui m'intéressait, c'était de se dire, vous, en tant que maire, en tant qu'élu, qu'est-ce que ça vous inspire, cette espèce de perte de repère ou d'autorité vis-à-vis de la fonction qui est celle de l'élu ? Est-ce que vous, parfois, vous en avez été victime ? Est-ce que vous le sentez, le ressentez ?

1:36
Invité politique

Qu'est-ce que vous pensez de tout ça ? C'est une très bonne question, vous avez raison. Moi, je mets ça en parallèle, je dirais, de la montée de la violence sur les réseaux sociaux aussi, et de, je dirais, de la montée de l'anonymat là-dedans. À mon échelle, je ne pensais pas, mais c'est vrai qu'on le ressent régulièrement, via des e-mails, via des commentaires sur les réseaux sociaux, et cette violence, elle s'insinue quand même beaucoup, et il n'y a plus de filtre, que ce soit un élu local ou je pense à un élu...

2:04
Présentateur

Est-ce que les gens osent maintenant vous écrire, revendiquer, viennent protester, même dans votre bureau ou à la mairie ? C'est pas rare de voir des gens qui...

2:12
Invité politique

Alors, du coup, c'est plus rare de les avoir directement à la mairie, mais par contre, via des e-mails, des choses beaucoup plus anonymes, là, on a beaucoup de revendications, y compris des choses assez violentes parfois, donc ça ne m'étonne pas qu'on puisse après dériver sur le terrain.

2:27
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas un peu problématique, quand même, par rapport à la fonction et l'essence même de la vie politique ? Et vous, comment est-ce que vous êtes arrivé à l'engagement public ? C'est-à-dire que vous étiez sur une liste, vous êtes arrivé dans cette commune, c'était pas votre métier, puis si d'un coup, le maire a démissionné, on va y revenir, mais comment vous avez décidé un jour de vous dire « Tiens, ce serait bien que je participe à la vie de ma commune ? »

2:46
Invité politique

Alors, moi, je suis issu d'une famille où il y a beaucoup de personnes qui ont été dans des mandats politiques, on a toujours beaucoup été dans ces sujets-là à la maison, donc j'ai une culture, je pense, en tout cas j'espère, politique. Après mon engagement au niveau de la commune, il s'est fait autour d'un projet immobilier structurant pour le village, et j'avais l'impression que l'équipe en place était un petit peu en limite sur ce qu'ils étaient en mesure de proposer pour le village, et donc j'ai souhaité leur amener mes petites compétences que j'avais à l'époque sur ce sujet-là.

3:17
Présentateur

C'est une manière de contribuer, parce que vous avez eu une expertise sur un sujet, on en bat dire « moi, je peux apporter ça ». Quand on parle de village, juste, c'est quoi ? 1200 habitants à peu près ?

3:26
Invité politique

Oui, voilà, on est 1230 à peu près, au dernier recensement de l'INSEE, 1236 exactement. Alors, vous disiez que vous êtes maire sans étiquette, c'est ça ?

3:34
Présentateur

Absolument. Ça veut dire quoi, sans étiquette, d'ailleurs ?

3:37
Invité politique

Alors, j'ai, moi, un conseil municipal où il y a quasiment toutes les sensibilités politiques qui sont représentées, je dirais, donc on essaie d'arbitrer avec ça, je trouve que c'est assez riche, finalement. Moi, je n'ai pas envie de représenter un parti politique, c'est ça que ça veut dire. Moi, je représente, en fait, une génération. Je représente, voilà, une génération qui… Vous avez 40 ans, on ne l'a pas dit. J'ai 40 ans, voilà, absolument. Nous, quand je dis nous, c'est la génération post-choc pétrolier, on est dans la génération des crises. Moi, depuis que je suis sur le marché de l'emploi, c'est la crise, le marché de l'immobilier, c'est la crise, etc.

On n'a connu à peu près que ça dans notre génération, donc on est une génération où on a vu assez rapidement qu'on n'arriverait pas au niveau de vie qui était celui de nos parents, en fait. On est arrivé sur le marché du travail extrêmement diplômé, pour la plupart, avec des difficultés à trouver du travail. Moi, je suis de la génération contrat-première embauche, etc., où on a vu, finalement, pas mal de désillusions par rapport à la période d'expansion économique qu'ont pu connaître, finalement, nos parents. On a vu des gens de la génération, moi, de mes parents, pas forcément très diplômés, s'en sortir très bien, pouvoir être propriétaire de une, voire parfois de deux maisons, etc.

Nous, on a assez vite compris dans notre génération que si on arrivait à la fin de notre carrière professionnelle à être propriétaire d'un appartement, ce serait déjà pas mal. Et je pense que ça, c'est ce changement de paradigme, il est assez fondamental. Et moi, il est au cœur, aujourd'hui, de mon engagement.

5:04
Présentateur

C'est comme ça que vous êtes né, parce qu'effectivement, il y a, selon les générations des gens qui sont nés dans l'associatif, dans des partis, dans des ONG, etc., où c'est plutôt cette logique qui est la vôtre, parce que vous travaillez dans un groupe. Vous êtes un peu spécialiste de questions, d'ailleurs, de ce qu'on appelle HSE, c'est Hygiène, Santé, Environnement. C'est ça, dans un grand groupe qu'on ne nommera pas. Mais vous avez toujours, d'ailleurs, conservé cette activité professionnelle. C'est important pour vous, ça ?

5:28
Invité politique

Oui, absolument. Alors, en plus de ça, l'un enrichit l'autre. Donc, je trouve ça vraiment intéressant. Oui, absolument, la fonction d'élu, aujourd'hui, ne permettrait pas, si vous voulez... Ni d'en vivre, d'ailleurs. Oui, d'en vivre décemment. Donc, j'ai gardé mon emploi, qui est d'ailleurs un emploi que j'apprécie beaucoup, et dans un environnement qui est extrêmement intéressant intellectuellement.

5:52
Présentateur

Ça vous permet quoi, de garder un peu les pieds sur terre ? Peut-être de vous nourrir ? Parce que quand on devient élu, pour revenir un petit peu sur l'histoire, c'est que vous vous engagez au conseil municipal, l'ancien maire démissionne, pour des tas de raisons, notamment liées, et on en parlera dans la deuxième partie de notre émission, à la fameuse demeure du chaos, qui est sur votre commune, et que les Lyonnais et grands Lyonnais connaissent bien. Et tout d'un coup, on vient vous chercher, on vous dit, écoute, c'est le moment, ce serait bien que ce soit toi le maire. C'est ça, l'histoire, en fait ? C'était pas prévu, de devenir maire ?

6:20
Invité politique

C'était pas prévu. Je m'étais pas engagé même pour être adjoint initialement, puisque, comme vous l'avez dit, moi j'ai un travail, donc je suis cadre dans une grande entreprise du CAC 40. Ça m'occupe déjà beaucoup. J'ai trois enfants également en bas âge, donc initialement, je voulais, comme je vous l'ai dit, apporter mes compétences au groupe de la majorité. Il s'avère que l'ancien maire m'a proposé d'être adjoint, au début, en charge des questions de développement durable, puisque c'est vraiment ce qui est au centre de mes préoccupations aujourd'hui, avec toutes ses composantes. Et puis, effectivement, quand il a démissionné, les autres adjoints m'ont demandé de prendre la suite.

Donc, effectivement, c'est assez valorisant d'un point de vue personnel. D'un point de vue narcissique, c'est quelque chose qui se produit pas très souvent. Donc, ça a été une vraie question, une vraie question de famille, de savoir si on y allait ou pas. Et finalement, j'ai accepté de prendre cette fonction et j'envisageais pas complètement l'étendue de cette fonction.

7:21
Présentateur

C'est un peu, on a dit oui, puis après, on découvre. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si vous devez vous qualifier, est-ce que vous êtes un homme politique ou quelqu'un qui fait de la politique, un citoyen qui s'est engagé ? Est-ce que la politique, après tout, c'est un métier, en fait ? Ça ne devrait pas l'être.

7:35
Invité politique

J'ai l'impression que ça le devient de plus en plus. Ça devient très technique. Il y a beaucoup, beaucoup de choses. Être un élu, moi, j'apprends tous les jours à être élu. Il y a beaucoup de figures imposées quand on est élu. J'ai eu la chance d'être extrêmement bien coaché puisque mes voisins maires du Val-de-Saône ont été extrêmement, et le sont encore, bienveillants avec moi. Ils sont, pour certains, plusieurs mandats à l'hôpital. Ils ont transmis aux petits jeunes qui arrivaient, voilà comment ça se passe. Il faudrait leur poser la question, mais j'ai un peu cette impression. Et en tout cas, je m'enrichis beaucoup de leur savoir-faire. Et je les remercie de partager avec moi.

8:18
Présentateur

Et puis, c'est vrai que c'est sans doute, vous qui êtes habitué peut-être, à ces formes de travail. C'est un travail d'équipe, en fait, parce qu'on oublie souvent, on parle souvent du maire. Mais en fait, un conseil municipal, vous devez être 15 en tout. Absolument. Voilà. C'est quand même un travail où chacun apporte sa contribution. Vous êtes le chef d'orchestre. C'est quoi votre fonction d'un maire aujourd'hui dans une petite ville comme la vôtre ?

8:39
Invité politique

Vous avez assez bien résumé. Moi, très clairement, aujourd'hui, je ne pourrais pas gérer la commune sans, je dirais, l'équipe d'adjoints et de conseillers délégués qui m'entourent. D'ailleurs, je voudrais vraiment les remercier ici. J'ai la chance d'avoir une équipe qui est vraiment extraordinaire autour de moi. J'ai des gens de grandes compétences, d'une grande valeur, à la fois humaine et professionnelle. J'ai des gens qui sont de très bon niveau, chacun dans leur métier et sur lesquels je peux absolument m'appuyer les yeux fermés. C'est indispensable. Je vous l'ai dit, moi, j'ai un métier à côté, j'ai une famille, donc je ne peux pas être à tous les niveaux.

Je n'ai pas l'intention de l'être. Ça, ça avait été pour moi très clair dès le début. J'ai pris la casquette de maire. Je garde celle d'adjoint en charge de l'urbanisme. Et donc, il faut que je puisse déléguer un maximum les yeux fermés.

9:27
Présentateur

Il n'empêche, ça m'étonne toujours un petit peu, mais vous avez aussi quand même une opposition dans votre commune. Je crois qu'il y avait trois listes au dernier municipal. C'est pour ça que je disais, est-ce que c'est politique comme opposition ou c'est plus un peu parfois personnel, individuel ou une histoire ? Comment vous regardez cette opposition ?

9:42
Invité politique

Écoutez, j'ai du mal à me positionner, parce que je n'ai pas vraiment d'autres expériences. Il me semble que parfois, on est vraiment dans la politique. Je suis assez étonné, parce que dans un petit village, j'ai l'impression que ça ne devrait pas. Et qu'on oublie un petit peu le bien commun. Il y a parfois de la posture un peu politicienne, ce que vous n'avez pas trop. Absolument, absolument.

10:01
Présentateur

Bon, c'est ça qu'on va aussi découvrir. C'est aussi pour ça que j'avais envie de vous recevoir, pour avoir aussi peut-être une manière un peu différente de regarder la vie publique. On va découvrir votre commune, parler évidemment de transition écologique, et puis peut-être un peu des européennes, dans une deuxième partie de notre émission. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission L'Invité politique, le samedi de 11h à midi. Toujours avec vous, Guillaume Malou. Je rappelle que vous êtes maire de Saint-Romain-en-Bondor. Et c'était intéressant de vous découvrir, puisque vous êtes un jeune élu dans la fonction, depuis 2022 simplement. On parlait de votre commune.

Alors, est-ce que vous diriez d'ailleurs que c'est une commune rurale, ou c'est encore une commune qui fait partie de la Bourlieu Lyonnaise ? Comment est-ce qu'on définit votre collectivité ? Est-ce que c'est un village, une ville ? Comment vous en parlez ?

10:46
Invité politique

Alors, nous, on se définit comme un village rural de montagne. Donc, c'est assez contradictoire avec l'aspect très urbain de la métropole de Lyon. C'est notre carte qu'on joue au sein de la métropole.

10:59
Locuteur

D'accord.

11:00
Invité politique

On est de montagne, parce qu'on a un territoire qui est... C'est quoi, l'altitude moyenne ? Non, c'est la pente. La pente. Qui va définir le fait d'être associé à un territoire de montagne. Eh bien oui, je découvre quelque chose.

11:11
Présentateur

Alors, dans votre collectivité, vous êtes maire depuis deux ans. Comment vous en parlez ? Comment vous faites un peu la carte postale de cette commune à quelqu'un qui ne la connaîtrait pas ? Parce que, sans exagérer, mais c'est vrai que parfois, les monts d'or, on en a une vision un petit peu particulière. Est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est autre chose ? Est-ce qu'il y a quelque chose en particulier dans votre collectivité qui est différent ?

11:31
Invité politique

Eh bien, écoutez, on a la chance d'avoir un territoire qui est assez exceptionnel au niveau de la métropole. Et le mot exceptionnel, il est évidemment choisi. Comme je vous ai dit, on est un territoire rural de montagne au sein d'une métropole extrêmement urbaine de plus d'un million d'habitants. Nous sommes 1236 habitants exactement dans un centre-bourg historique extrêmement bien préservé au milieu d'un écrin végétal et d'une topographie qui rappelle plus, finalement, les villages de Savoie ou de Haute-Savoie que ce qu'on peut trouver dans la métropole lyonnaise. Donc, on a vraiment une carte à jouer du point de vue du tourisme.

Mais d'ailleurs, les Lyonnais ne s'y trompent pas parce qu'ils sont très nombreux à venir le long des quais de Saône. Alors, le long des quais de Saône et puis aussi venir faire du trail ou faire du VTT dans les monts d'or parce qu'on a des chemins extraordinaires sur notre territoire. Et je dois dire, un patrimoine historique assez bien préservé, assez bien mis en valeur d'ailleurs par un certain nombre d'associations qui permet un dépaysement quand même remarquable aux portes de Lyon pour tous les gens qui viennent s'y aventurer le week-end.

12:39
Présentateur

Alors, justement, puisque vous parlez des gens qui viennent le week-end, on peut difficilement parler de votre commune sans parler aussi de la demeure du chaos puisque c'est sur votre commune qui est localisée. Alors, je ne sais pas comment l'appeler ce musée d'art contemporain à ciel ouvert qui a été fondé par Thierry Herrmann, le fondateur d'ArtPrice, qui est le leader mondial, je crois, de la cotation des œuvres d'art. Et c'est à la fois, on pourrait imaginer, quelque chose d'extraordinaire, de fascinant et de génial et en même temps, quelque chose qui a été très compliqué puisque c'est aussi, je crois, la source de la démission de l'ancien maire.

Depuis plus de 20 ans, 30 ans, il y a des relations très très complexes entre la demeure du chaos et la commune. Pourquoi ? Et qu'est-ce que vous, vous avez décidé de faire autrement peut-être ?

13:19
Invité politique

Écoutez, je vous remercie de me poser la question. C'est vrai qu'aujourd'hui, on peut difficilement parler de Saint-Romain sans parler de ce dossier. C'est un dossier qui est extrêmement complexe. Vous l'avez dit, aujourd'hui, ça fait plus de 20 ans que les premiers échanges ont démarré avec le porteur de projet. C'est un dossier qu'on résume souvent en étant assez simpliste. Est-ce qu'on est pour ou contre la création artistique ?

En fin de compte, c'est beaucoup plus complexe que ça puisque la question, elle se pose vis-à-vis du code de l'urbanisme et du droit à la modification de l'habitat dans un bourg qui, comme je vous le disais, est protégé puisque c'est un bourg qui présente une qualité architecturale assez remarquable avec plusieurs monuments historiques. Et donc, en fin de compte, les riverains de Saint-Romain, eux, doivent subir et accepter une réglementation relativement lourde sur leur maison. Et on a là un porteur de projet qui, sans l'accord de la collectivité, vient monter un projet.

14:22
Présentateur

Pour faire simple, en fait, pour que les gens comprennent, c'est une question de règles. C'est-à-dire que dans un village, dans une commune, on ne peut pas faire n'importe quoi, il y a des règles qui s'appliquent à tous et que le porteur du projet, comme vous l'appelez, a toujours pris un peu de liberté avec les murs extérieurs, les façades, etc. Et en gros, faisait absolument pas comme tout le monde. Et donc, le point de départ, c'est de dire, moi, comme élu et vos prédécesseurs, j'ai besoin de faire respecter la même règle que pour tous. Absolument.

14:47
Invité politique

Après, il en va de la crédibilité vis-à-vis des autres habitants du village. Alors nous, comme on s'est positionnés là-dessus, au sein de mon équipe, je pense qu'on est vraiment ouverts sur la partie culturelle. On est vraiment... Il n'y a pas du tout de difficulté à accepter ça. Je pense qu'on est tous volontaires pour aller vers... disposer d'un outil culturel d'ampleur sur le territoire. Ça, je pense qu'on est tous d'accord. On enfonce des portes ouvertes quand on dit ça. Maintenant, la question qui est posée, c'est comment on fait ?

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a ici quelqu'un qui a un rayonnement et une puissance de communication qui est très importante, qui peut faire venir sur le territoire des milliers de personnes.

15:28
Présentateur

Qui peut faire des procès et des procédures pendant des années, des années, etc. Parce qu'il y a une quarantaine

15:34
Invité politique

de procédures en cours. Absolument. Alors, nous, quand on est arrivé, moi, quand je suis arrivé à la mairie, le premier geste que j'ai fait d'apaisement réel et sincère, c'était de dire toutes les procédures, en fait, il n'y en avait qu'une qui avait été initiée par la commune de Saint-Romain. On la met de côté, on la met en veille, on l'éteint. Reste 39 procédures qui sont toutes, en fait, aujourd'hui initiées par M. Hermann et qui sont toutes en cours.

15:59
Présentateur

Il y a un truc inextricable qui s'est fait pour remettre en l'état un certain nombre de murs.

16:05
Invité politique

Aujourd'hui, le jugement, il est ferme et définit. Il fait un cours d'appel de Grenoble 2018. Il a été condamné à la remise en état. Donc maintenant, si vous voulez, on essaie de négocier autour de ça. Il y a quand même un incontournable qui est cet arrêté de la cour d'appel. Maintenant, pour négocier, il faut être deux et il faut faire un pas

16:20
Présentateur

devant l'autre. Est-ce que vous avez l'impression que votre geste, parce que vous avez un peu tendu la main, est-ce que ça a provoqué quand même une réaction ? Est-ce que depuis, il y a eu une forme d'avancée ou pas plus que ça aujourd'hui ? Il y a eu une forme d'avancée

16:30
Invité politique

puisqu'on est allé sur la reprise avec les architectes du patrimoine, du mur d'enceinte le long de la rue de la République. Donc ça, c'est un travail formidable et je remercie tous les acteurs de ce travail. Vraiment, ça embellit à la fois la commune et le musée. Maintenant, c'est une toute petite partie de la négociation en cours. Je dis ça, ça fait partie d'un jugement. On n'est même pas encore dans la négociation. La négociation, elle devra se faire avec le porteur de projet, avec le ministère de la Culture, avec la DRAC pour savoir si demain, ces gens-là veulent, comme ils le disent, avancer sur la notion de musée, qu'ils se mouillent un peu.

Moi, mon bureau, je l'aurais dit et j'ai fait des demandes officielles de rencontres, y compris avec le ministre de la Culture, pour négocier avec lui sur le comment on fait pour accueillir autant de publics.

17:19
Présentateur

Derrière, c'est ça aussi qui est important peut-être pour que les gens comprennent, c'est qu'il y a des enjeux de sécurité. Le maire, il est responsable. Et en fait, vous avez une petite collectivité avec des moyens réduits, on en parlera, qui accueillent un monument ou un bâtiment qui sera peut-être reconnu comme tel. Donc, il faudrait que la région, le ministère, tout le monde participe, qui, je crois, accueillent plus de 2 millions de personnes depuis maintenant. On se rend compte que vous ne pouvez pas gérer, pas stationner tout le monde et que vous avez besoin d'aide en vrai.

17:45
Invité politique

Les chiffres sont complètement décorrélés de la réalité de notre village. Je vous dis, on est 1238, je dois avoir peut-être 40 places de stationnement disponibles et on parle de milliers et de milliers de visiteurs. Donc, moi, j'interroge, comme vous avez dit, le directeur régional de l'action culturelle, le ministère, je veux dire, maintenant, vous voulez avancer là-dessus, très bien, dont acte, comment fait-on ? Comment je fais, moi, en tant que maire, pour assurer la sécurité de tous ces visiteurs ? Et tant que ce point-là n'est pas validé, on n'acceptera pas d'avancer, ce n'est pas possible. Je mets en jeu ma responsabilité là-dessus, donc je n'irai pas sans garantie.

Et quand bien même demain, on a quand même déjà un petit peu imaginé un certain nombre de scénarios, on ne reste pas les bras croisés à attendre que le ministère daigne nous répondre, quand bien même on aurait un afflux d'argent miraculeux qui viendrait du ministère, ne serait pas sur la commune. Ou mettre les places de stationnement. Ou mettre les places de stationnement, je vous l'ai dit, on est un village rural de montagne, moi, aujourd'hui. Donc, il va y avoir des solutions alternatives et là, je fais un appel à tous les grands argentiers, que ce soit de la métropole, de la région ou de l'État, pour mettre en place des solutions alternatives si vraiment ils soutiennent ce projet.

18:48
Présentateur

À la limite, il y a plus de places de stationnement chez votre fameux voisin de Colombes, chez Bocuse, il y a à mon sens plus de places. Absolument, absolument.

18:55
Invité politique

Non, non, mais il y aurait sans doute des choses à faire. Moi, la ligne rouge que je mets, c'est qu'aujourd'hui, j'ai un budget qui est extrêmement réduit sur la commune. J'ai à peu près 90% du budget qui est supporté par les Saromagno eux-mêmes sur leur taxe foncière. Il n'est pas question que ce soit eux qui contribuent à des aménagements qui permettraient de faire fonctionner cet outil. C'est très clair.

19:17
Présentateur

C'est pour ça que c'est important aussi parfois de prendre le temps d'échanger sur la réalité de ce que c'est que ce dossier. Alors, j'allais dire que c'était à la fois une chance, mais on le voit peut-être aussi un poids cette notoriété de la demeure du chaos. Est-ce que ça a pas un peu aussi peut-être occulté d'autres projets ou d'autres choses que vous faites dans le quotidien ? C'est quoi le quotidien du maire de Saint-Romain ? Quels sont vos projets principaux ? Peut-être grands travaux ? Les perspectives ? Qu'est-ce que vous voulez faire de ce village aujourd'hui ?

19:45
Invité politique

Ce qui est sûr, c'est que ce dossier prend beaucoup de temps et beaucoup d'énergie aux élus de la commune. Il n'empêche qu'on ne reste pas effectivement les bras ballants et on essaie de faire avancer un certain nombre de dossiers. Je vous l'ai dit, moi, ce qui a motivé mon engagement aujourd'hui, c'était de faire face à l'urbanisme dans cette zone. On voit qu'on a une volonté de densifier, de construire effectivement sur les monts d'or. Le PLUH de 2019 est très clair là-dessus. On a eu beaucoup, beaucoup de promoteurs qui nous ont porté beaucoup de projets. Est-ce que c'est-à-dire qu'il y a du fonds de c'est disponible ? Il y en a peu, mais il y en a un petit peu.

Et on a notamment un gros projet qui a motivé la candidature des trois listes en fin de compte. À l'échelle de la métropole, ça ne paraît pas grand-chose. On parlait d'une centaine de logements construits. Il faut se rendre compte que nous, sur le village, c'est 505 boîtes aux lettres. Donc quand on vient rajouter 100 logements, c'est 20% de croissance d'un coup. Ce qui est mis en perspective de la métropole, si je disais au président de la métropole qu'on va prendre 20% de population... Ils ne seraient peut-être pas d'accord non plus. Voilà, je pense qu'ils ne seraient pas d'accord non plus.

Donc évidemment, je ne vais pas faire la rengaine de ce que tous les maires qui passent à votre micro disent. Effectivement, il nous faut des équipements publics, etc. Nous, on n'est pas contre. En revanche, on est dans un cadre patrimonial et il a fallu interroger quand même à la fois l'architecture, l'emplacement, les flux, etc. Donc c'était un énorme travail qu'on a mené avec des partenaires, je dois dire, de qualité. Donc on a quand même... Nos arguments ont été écoutés. On a négocié à la fois avec la métropole, à la fois avec les promoteurs. Et on mène un travail depuis plusieurs mois maintenant sur interroger l'habitat de transition.

En fait, puisqu'on est dans une zone, vous me demandiez tout à l'heure, campagne ou banlieue. Le banlieue, nous, on se définit plutôt comme une zone tampon de transition. Et ce qu'il convient aujourd'hui de faire sur cette zone, on essaie de l'étudier. On essaie d'étudier cette notion d'habitat de transition qui n'est ni du collectif, ni de l'individuel. Et donc, on travaille avec des architectes et des urbanistes sur ces notions-là pour proposer des projets qui soient un petit peu novateurs sur la manière d'habiter, sur les espaces communs, sur les accès en extérieur, etc.

21:55
Présentateur

Et du coup, ce grand projet d'une centaine de logements, il va se faire, mais peut-être plus doucement et un peu aménagé. Absolument. À quel horizon, du coup ? L'horizon,

22:03
Invité politique

c'est des dépôts de permis sur le courant de l'année prochaine. Et puis, le projet a démarré quand même en 2018. Donc, vous voyez, on est quand même sur quelque chose d'assez long.

22:13
Présentateur

Et dans cette logique, justement, parce que l'urbanisme, c'est souvent un sujet qui est polémique et de plus en plus polémique, notamment dans des villages comme ça, un peu préservés, où il y a un combat entre la nécessité d'accueillir le prix du foncier, préserver l'identité. Donc, on voit bien une espèce de quadrature du cercle. Est-ce que, du coup, la discussion ou la concertation ou la manière d'aller dialoguer avec les habitants, c'est aussi peut-être une nouvelle manière d'être élu aujourd'hui ? C'est-à-dire qu'on ne peut plus rien faire sans aller discuter, en fait ?

22:41
Invité politique

Ça, je crois que c'est clair. Il faut se mouiller. Il faut aller au contact de la population. Moi, personnellement, j'ai fait le choix d'animer des séquences de réunions publiques, d'ateliers, de déambulations urbaines avec les habitants pour à la fois récolter leurs avis et à la fois pour qu'ils puissent discuter, alors non pas avec moi, mais avec des professionnels à la fois de l'urbanisme et de l'architecture pour, des fois, déconstruire un certain nombre d'idées et de points de vue un petit peu tout fait et profiter de l'expérience de ces professionnels. Donc, c'est des rendez-vous auxquels les gens participent bien.

Je veux dire que je suis assez content et dans lesquels il en ressort des choses assez riches.

23:24
Présentateur

Quand on parle de ces questions et des enjeux de logement, on est aussi souvent sur des problématiques qui ont un lien avec ce qu'on appelle la mixité, c'est-à-dire la manière ou pas d'accueillir ou de construire un certain nombre de logements sociaux dans le cadre de la loi SRU notamment. Est-ce que c'est un sujet, là encore, sans le stigmatiser, mais ce sont des endroits un peu plus préservés ? Comment est-ce qu'on verre ? Et vous, quelle est votre politique vis-à-vis de ça sur la mixité ?

23:48
Invité politique

Il y a plusieurs choses. Dans moi, le mot mixité ne me fait pas peur, le mot logement social ne me fait pas peur. J'entendais Renaud Per donner des chiffres, mais il y a énormément de gens qui sont éligibles à des logements. 80% de la population qui est éligible à un logement social. Moi, le terme ne me fait pas du tout peur. On a un vrai phénomène dans les monts d'or, particulièrement. Je ne me permettrai pas de parler pour les autres territoires que je connais moins.

Mais moi, les logements sociaux qu'on va mettre à disposition, ils sont quand même fléchés sur des personnes âgées qui habitaient des maisons avec terrain et qui n'ont plus les moyens de les entretenir et qui veulent des appartements, sur des jeunes qui sont en primo-accédant sur la commune, sur des mamans célibataires avec enfants. On est sur des profils qu'on souhaite garder sur la commune et qu'on souhaite avoir. Le profil extrêmement précaire, etc., représentera sans doute une partie des gens qui seront éligibles, mais pas uniquement. Donc, moi, je suis content de pouvoir proposer du logement abordable social à cette population. C'est clair,

24:51
Présentateur

c'était important d'en parler. On va parler, évidemment, des Européennes, de tout ce qui va être transition. La question, comment est-ce qu'on fait quand on est un maire pour ces questions ayant joué de la transition énergétique et on se retrouve pour ça dans une troisième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission avec vous, Guillaume Malot, le maire de Saint-Romain au Mont-Dor. Toujours ? Ça n'a pas changé. Absolument. On était en train de parler de votre commune, de votre engagement, de la demeure du chaos, de vos projets, de l'urbanisme.

C'est quoi le quotidien d'un élu entre justement son activité professionnelle et puis, j'allais dire, le temps à la mairie ? Comment est-ce que vous vous êtes organisé ? Vous évoquiez le fait d'avoir pris cette décision en famille. Enfin, je suppose que ce n'est pas forcément simple. C'est quoi votre quotidien ?

25:38
Invité politique

Écoutez, le quotidien, il est de toute façon centré autour de mon activité professionnelle. C'est beaucoup de réunions après le soir. C'est beaucoup de rendez-vous les week-ends. Et puis, on a la chance aujourd'hui d'être une génération où on peut faire du télétravail. Donc, je peux assurer une présence, je dirais, physique à la mairie tout en travaillant à côté. Ce qui me permet de faire travailler les agents quand ils ont besoin de signer un document, etc. Donc, de prendre du temps avec eux entre midi et deux, par exemple, et d'être assez réactif de ce côté-là.

26:11
Présentateur

On voit quand même que c'est un engagement, vous l'évoquiez, du week-end, du soir, en plus d'eux. Est-ce que, quelque part, quand on réfléchissait un peu au démarrage de cette émission sur le statut de l'élu, sur ce que c'est que d'être maire aujourd'hui, est-ce que c'est un engagement, une profession, un sincérdoce, une passion, etc. Est-ce qu'il n'y a pas aussi de plus en plus de freins ? C'est-à-dire que, vous l'évoquiez, c'est presque un nouveau métier qu'on doit apprendre et en même temps, ce n'en est pas un. On est payé un tout petit peu, mais ce n'est pas un salaire. On est soumis à un certain nombre de normes, de réglementations permanentes.

Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à changer pour que les gens aient de nouveau envie de s'engager ? C'est des centaines de maires qui, chaque mois, démissionnent ? Bien sûr,

26:51
Invité politique

bien sûr. C'est un constat qui est partagé, y compris par l'association des maires de France, qui milite auprès des plus hautes instances de l'État dans ce sens-là. Le statut de l'élu local, mais les adjoints, c'est pareil, et peut-être de manière encore plus forte puisque l'indemnité d'adjoints est encore plus faible. Effectivement, il y a une crise d'évocation là-dessus et on la comprend. Les responsabilités, elles sont énormes. Vous en parliez tout à l'heure, il y a même maintenant de la violence à l'encontre des élus en direct, ce qu'il n'y avait pas forcément avant. Et donc, tout ça fait que finalement, les gens ne se sentent plus les épaules d'administration.

27:26
Présentateur

Épuisés par la fonction et les responsabilités.

27:29
Invité politique

Absolument.

27:29
Présentateur

Et puis peut-être aussi par, je ne sais pas si c'est votre cas, est-ce qu'il y a justement par rapport à la faiblesse d'un budget en termes d'investissement et de l'aide de ressources, est-ce qu'il n'y a pas de temps en temps une forme de frustration qui arrive ? Du moins, comment est-ce que vous gérez la frustration par rapport à ce que vous aimeriez faire, ce qui n'est pas possible de faire, vu tous les enjeux qui sont les vôtres

27:51
Invité politique

au quotidien ? Comment on gère la frustration ? Ça, je ne sais pas. Chacun a ses manières de faire, j'imagine. En tout cas, ce que vous dites est très vrai. Aujourd'hui, les budgets d'investissement n'y sont plus. C'est très, très difficile. Une commune comme la vôtre,

28:07
Présentateur

c'est quoi un budget d'investissement ? Nous, on est aux alentours de 400 000 euros par an. Alors, c'est vrai que pour un citoyen, on se dit 400 000 euros, c'est énorme. Pour un couple ? Oui, pour un couple. Mais quand le moindre équipement coûte 2, 3, 4 millions, on ne fait rien avec 400 000 euros.

28:19
Invité politique

C'est ça. Ça veut dire que si je dois financer demain un équipement collectif sur la commune, j'en dette la commune sur 15 ou 20 ans systématiquement et je ne fais rien d'autre pendant ces 15 ou 20 ans que de payer cet équipement.

28:30
Présentateur

Ou alors, il faut aller chercher des tas de subventions diverses et variées et même ça, ça...

28:33
Invité politique

Ce qui fait qu'on est complètement dépendant en fait, à la fois de la métropole, de la région, de l'État, de l'Europe, on en a parlé tout à l'heure, pour aller chercher des subventions. Ce qui pose quand même un problème. C'est-à-dire qu'après, si vous êtes en porte-à-faux avec l'une ou l'autre de ces institutions, vous savez que vos projets ne pourront pas aboutir. Donc, c'est quand même assez compliqué. Moi, je découvre un petit peu ça et j'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'on ait des budgets aussi contraints. Aujourd'hui, moi, j'ai vraiment un budget de fonctionnement qui plombe l'ensemble du budget. Alors, c'est amusant

29:08
Présentateur

parce que vous parlez à la fois du côté archaïque de certaines fonctions ou possibilités et en même temps de la modernité de votre emploi et de votre engagement de maire. Et puis, j'ai remarqué que sur les réseaux sociaux, sur votre LinkedIn notamment, vous marquiez que vous étiez bourgmestre qui est quand même un truc un petit peu vieillot ou désuet. Pourquoi ce choix ? Qu'est-ce que vous avez voulu

29:28
Invité politique

raconter à travers ça ? Je suis surpris que vous l'ayez noté. C'est une très belle remarque. Alors, il y a plusieurs choses là-dedans. Bourgmestre, c'est un terme qu'on utilise en Belgique. J'adore la Belgique, j'adore les Belges. Je trouve qu'il y a un côté... Ça rend sympathique. Et voilà. Et c'est le côté, il y a un côté drôle, il y a un côté sympathique dans le mot bourgmestre. Le mot lui-même est joli et je trouve qu'il s'applique particulièrement bien à Saint-Ramin parce que Saint-Ramin, c'est vraiment un bourg. Il y a vraiment cette notion-là de village et de bourg. Et je trouvais qu'il y avait une belle référence ici.

Et puis, il y a un côté un petit peu décalé qui me représente un petit peu en disant moi je suis aujourd'hui maire mais je n'ai pas d'ambition plus que ça.

30:11
Présentateur

On peut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. C'est exactement

30:14
Invité politique

ma philosophie.

30:15
Présentateur

C'est intéressant, c'était bien de le signaler parce que je trouve que ça raconte aussi assez le personnage que j'ai en face de moi. Vous êtes aussi, vous vous décrivez comme ça et votre activité professionnelle le montre quelqu'un qui est très engagé. Vous êtes passionné même par toute la question environnementale, la protection des milieux. C'est d'ailleurs un peu pour ça, je crois, vous aviez rejoint la liste municipale. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes un peu écologiste avant l'heure ou du moins comme les écologistes aujourd'hui ?

30:42
Invité politique

Moi, je ne me définis pas comme écologie, je me définis plus comme écologue. C'est-à-dire que je suis plus du côté scientifique et technique. Moi, je suis un apôtre de Jean-Marc Jancovici et avec un regard détaché mais un regard un peu scientifique sur les choses.

31:00
Présentateur

Peut-être pour le dépassionner un peu, est-ce que la science, est-ce que les chiffres, est-ce que la vérité nous permet aussi d'être peut-être plus lucides ou d'arrêter de tomber dans des espèces de complotisme, de psychose

31:11
Invité politique

ou ce genre de choses ? Et puis, elle nous permet aussi de voir qu'une solution qui fonctionne à un endroit n'est pas forcément duplicable partout et que souvent, c'est le compromis et le mix qui permet d'arriver et de tendre vers la solution la plus optimale.

31:26
Présentateur

Est-ce que vous pensez du coup alors, et je suppose que oui, que l'écologie, comme on dit, on doit la penser de manière globale mais qu'on doit agir localement, est-ce que c'est vraiment à l'échelon local de la commune qu'on peut agir sur les transitions ?

31:40
Invité politique

Écoutez, on peut faire un certain nombre de choses au niveau de la commune. Je pense quand même que l'échelon supra est un peu plus intéressant pour des questions de budget, pour des questions de mutualisation et de mutualisation, etc. Aujourd'hui, je pense que l'échelon métropolitain est vraiment intéressant sur ces questions-là.

Moi, je suis assez content de ce qui est proposé dans le sens où il me semble que le territoire de la métropole est un territoire qui permet une expérimentation sur des questions sociétales, écologiques à une échelle qui est vraiment intéressante avec un budget qui commence à être vraiment sérieux et je pense que l'ensemble de la France, même l'ensemble de l'Europe, même si tout le monde ne l'avoue pas, regarde quand même ce qui se passe en ce moment du côté de la métropole de Lyon, des expérimentations qui sont en train d'être mises en place parce qu'on caricature souvent le travail qui est fait par l'exécutif sur les voies lyonnaises et puis le vélo, il n'y a pas que ça qui est mis en place, il y a des choses extrêmement intéressantes sur la régie directe de l'eau, sur la réhabilitation du logement social, les constructions sans étiquettes mais ça ne vous empêche

32:49
Présentateur

pas d'être lucide et d'apprécier un certain nombre d'expérimentations ?

32:54
Invité politique

Absolument, moi je pense que le monde change, le monde change très vite, je pense que la société de demain que tout le monde appelle de ses voeux sur l'ensemble de l'échiquier politique aujourd'hui n'existe nulle part, personne ne la connaît et je pense qu'il ne faut pas se voiler la face et dire finalement on ne sait pas exactement vers quoi on veut tendre, on va expérimenter ici ou là un certain nombre de programmes, on va se mettre des garde-fous mais je pense qu'il faut qu'on expérimente des choses, je pense que c'est intéressant d'expérimenter le revenu universel, je pense que c'est intéressant d'expérimenter la semaine de 4 jours pour les fonctionnaires de la mairie, je pense que le congé menstruel par exemple pour les femmes est une piste très intéressante à étudier pour les enjeux qui sont les enjeux de 2024 en fait ceux à quoi on doit faire face qui sont des enjeux sociaux, des enjeux économiques et puis évidemment le climat et que l'exécutif de la métropole en tout cas propose un certain nombre de pistes de réflexion que vous êtes capable

33:50
Présentateur

de mettre en place dans votre visage c'est-à-dire que vous avez balayé un spectre assez large de possibilités d'expérimentation concrètement sur votre commune est-ce qu'il y en a certaines que vous voulez mettre en place comment vous traitez ces questions de l'eau, de l'énergie, des flux à votre taille ?

34:04
Invité politique

Alors nous, on a expérimenté l'éco-pâturage par exemple on a expérimenté la mise en place des jardins partagés on a expérimenté la déclinaison du plan nature par exemple dans des politiques de fauches tardives de choses comme ça mais c'est vrai que tout ce qui est énergie est géré à l'échelle du syndicat des énergies le Cigerly donc c'est une échelle macro qui est beaucoup plus adaptée en tout cas nous on suit ce mouvement-là avec bienveillance on essaye de l'accompagner on essaye de ne pas être jugeant mais de se dire on a le droit d'expérimenter on a le droit de se tromper tout ça n'est pas gravé dans le marbre j'entends des politiques de la métropole qui s'époumonnent et qui hystérisent le débat sur une piste cyclable je trouve que tout ça n'est pas très sérieux compte tenu des enjeux qui sont les nôtres aujourd'hui alors justement

34:51
Présentateur

dans les enjeux et sans être un homme politique mais je suppose que vous avez un avis y compris comme élu ou comme citoyen on est à quelques semaines des élections européennes on a quand même l'impression que ça ne passionne toujours pas les français qu'est-ce que vous diriez vous à un jeune de votre village pour lui dire mais va voter c'est vraiment quand même important écoutez si j'avais les clés

35:10
Invité politique

je ne serais sans doute pas là il est clair que les élections européennes aujourd'hui elles n'intéressent pas grand monde c'est un échelon qui est trop complexe ce sont des réglementations qui sont trop complexes il n'empêche que dans des secteurs clés l'agriculture le logement l'industrie le climat c'est aujourd'hui l'échelon européen qui prédomine dans la réglementation je dirais à un électeur que son avenir il dépend beaucoup de ce qui va se passer en Europe et que cette élection elle est au moins aussi importante que l'élection présidentielle aujourd'hui et qu'il faut donc

35:46
Présentateur

qu'il aille voter absolument sans parler de la prochaine élection municipale vous savez si vous serez déjà candidat ? je ne sais pas comme je vous disais tout à l'heure

35:54
Invité politique

disons que le travail vous passionne et que vous êtes prêt à continuer ? oui absolument je prends beaucoup de plaisir là-dedans ça dépendra énormément de l'équipe qui voudra éventuellement se présenter et de la qualité de cette équipe

36:07
Présentateur

alors je dis souvent ça et on arrive doucement à la fin de cette émission on est samedi demain c'est dimanche est-ce que et en même temps vous avez déjà un petit peu répondu c'est-à-dire que quand on a un métier une famille trois enfants est-ce qu'on arrive à décrocher quand même de temps en temps le dimanche pour faire autre chose est-ce que vous avez une passion un hobby un truc qui vous permet de prendre le recul nécessaire par rapport à la charge qui est la vôtre ?

36:29
Invité politique

alors mon épouse m'aide beaucoup à déconnecter elle m'oblige à avoir des temps et je la remercie pour ça parce que sinon c'est vrai qu'on serait dans le tunnel en permanence non on essaie d'avoir des moments sacro-saint famille où on débranche totalement on part y compris de la commune pour pouvoir changer un petit peu d'air

36:49
Présentateur

une passion vous suivez un peu le sport à Lyon ?

36:52
Invité politique

alors moi je suis un fan de sport très clairement sport nature nous à Saint-Romain comme on dit si tu ne fais pas du trail à Saint-Romain tu as raté ta vie on est un territoire d'excellence pour le trail on est un des plus gros clubs de trail sur la métropole avec plus de 220 adhérents d'ailleurs le saut de Montdor Nature donc oui beaucoup de pratiques de course à pied

37:11
Présentateur

super et on se quitte vous le savez aussi parce que c'est la tradition avec un morceau de musique que je vous ai demandé de choisir quel a été votre choix ? alors j'ai choisi un morceau de Clara Luciani qui s'appelle La Grenade c'est son premier succès d'ailleurs je crois quasiment un peu

37:26
Invité politique

alors moi c'est sans doute le seul que je connais j'avoue que je ne connais pas beaucoup cet artiste là mais j'aime bien le fait que le morceau soit français soit féministe j'aime beaucoup la rythmique il y a des artistes excellents en France qui font vraiment du bon son profitons-en et le message qu'elle passe derrière c'est celui de toute une génération de femme là qui est en train de monter en puissance et qu'il faut qu'on écoute et il y a un vrai message féministe puissant dans ce morceau qui moi me régale à chaque fois que je l'écoute et bien merci beaucoup

37:58
Présentateur

c'était un plaisir de vous rencontrer de vous accueillir pour votre première émission de radio du coup on est ravis d'avoir vu ce discours un peu peut-être différent un peu plus aussi frais et sympa bravo pour tout ce que vous faites et puis quant à nous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission au revoir

38:12
Invité

merci au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+. Lyon Première

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