Nathalie Arthaud à Saint-Quentin | Élections présidentielles 2027
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il y a quand même 7 000 gardes à vue »
- 10:38Invité politiqueChiffre
« il y a 800 000 agents de la fonction publique qui sont payés en dessous du SMIC »
- 12:05Invité politiqueChiffre
« 1 260 € »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud100 %
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Je vais quand même dire deux ou trois choses pour rebondir un peu sur l'actualité. En ce moment, il y a quand même... Je reviens directement de la manifestation parisienne qui a encore regroupé quand même beaucoup de jeunes, d'étudiants, de lycéens et franchement ça fait vraiment du bien. Voilà, ça fait du bien quand même de voir qu'une partie de la jeunesse n'a pas envie de subir, n'a pas envie de se taire, qu'elle est prête, y compris, à sortir des rails, qu'elle est prête à dire non à l'autorité, non à l'éduc... enfin, au ministre, non aux proviseurs, non aux parents, voilà, et qu'elle se sent légitime pour revendiquer.
Voilà, ça c'est important, c'est quelque chose d'important parce que nous pensons que c'est aussi comme ça qu'une partie de la jeunesse, elle peut se politiser et se politiser dans le meilleur sens du terme, c'est-à-dire pas seulement en se demandant pour qui elle va voter, mais en s'organisant et en décidant d'agir collectivement et en faisant cette expérience-là, ils découvrent qu'ils peuvent être une force quand on arrive à se rassembler, quand on arrive à exprimer ses revendications. Quand on arrive à faire des rassemblements et des manifestations, oui, on peut peser et puis les jeunes découvrent aussi tout le reste.
Ils découvrent que finalement la police n'est pas du côté de ceux qui contestent. Ça, il y a quand même un certain nombre de travailleurs et de grévistes qui l'ont déjà expérimenté. C'est que quand on fait une grève ou quand on manifeste et là je sais un certain nombre d'entre vous qui ont participé à des manifestations et qui ont peut-être déjà goûté un peu aux gaz lacrymogènes et là les jeunes ils découvrent que rien que le fait de bloquer, de dire qu'ils ne sont pas d'accord, de vouloir protester ça leur a valu la matraque, les gaz lacrymogènes et des fois pire encore. Vous vous rendez compte quand même qu'il y a maintenant trois jeunes qui ont été mutilés à vie, ça c'est sûr.
Et il y a eu 7 000... Aujourd'hui, moi j'ai pas le comptage pour aujourd'hui mais il y a quand même 7 000 gardes à vue. Et pour ceux que je connais sur la ville où j'habite à Pantin, je peux vous garantir que c'était vraiment pas des méchants et qu'en fait il y a eu vraiment une politique de la part du gouvernement pour faire peur à la jeunesse pour l'effrayer et effrayer les parents pour que finalement ils se taisent et retournent au lycée. Ça a été vraiment une politique, ça a été une suite de provocations, une suite de violences policières extrêmement dures, qui alors ils ont malgré tout, ils ont traversé ça et ils continuent.
Et oui, ça c'est quelque chose d'extrêmement positif parce qu'ils font leur apprentissage. Ils se posent des questions sur les raisons de cette répression : pourquoi ne leur permet-on même pas de s'exprimer ? L'État n'a jamais demandé à la police de ramener des profs dans les lycées et dans les collèges. Il n’a jamais demandé à la police de trouver des infirmières, des médecins scolaires, ou des aides, des accompagnants pour des jeunes en situation de handicap. Là, voilà, vous voyez. Le gouvernement, il a des engagements, il explique que voilà, ça doit fonctionner comme ça. En réalité il est absolument incapable d'honorer ses propres engagements et de faire ce qu'il s'était engagé à faire.
Mais là, voilà, là on déploie pas les forces de l'ordre, vous voyez. Pour nous, cette jeunesse et cette révolte constituent un moment important pour beaucoup de jeunes et ça devrait l'être aussi un peu pour nous parce que quelque part ils nous montrent la voie quand même. Ils nous montrent la voie.
Moi j'ai eu beaucoup de débats et de discussions du même genre où y compris certains disaient mais quand même les jeunes mais les jeunes les jeunes ils sont dans leur bulle les jeunes ils s'intéressent pas les jeunes passent des heures et des heures devant leurs jeux vidéo les réseaux sociaux ils sont toujours les voilà combien de fois je l'ai entendu j'ai très souvent entendu mais ces jeunes sont individualistes, ils s'occupent que de leur nombril, ils ne s'intéressent à rien. Là, regardez les jeunes, ils posent des questions sur qu'est-ce qui est juste dans la société.
C'est juste de mettre des milliards dans la défense et le matériel militaire ou c'est juste de bagarrer pour qu'il y ait un prof devant chaque classe, pour qu'il y ait des groupes plus petits et qu'on donne la priorité à l'éducation. Alors voilà, moi, je trouve que tout ça c'est effectivement des choses très importantes et puis bon maintenant on sait aussi que pour véritablement imposer au gouvernement qu'il donne la priorité à l'éducation, à la jeunesse et à ce qui nous est essentiel, il faudra bien plus qu'une révolte de lycéens ou d'étudiants. Alors nous savons qu'obtenir ça nécessiterait que l'ensemble du monde du travail il s'y mette en fait. Voilà.
Et c'est pour cela que cette semaine on a écrit un éditorial dont le titre c'est "Montrons que l'esprit de révolte n'a pas d'âge." Voilà. Montrons que nous aussi on le porte cet esprit de révolte. Voilà. Et puis une des questions qu'il faudra qu'on discute ensemble mais voilà c'est qui ici n'est pas en colère ? Il y en a qui voilà est-ce qu'il y a quelqu'un qui n'est pas en colère ici franchement des raisons d'être en colère on en a à revendre quand même non ? Oui. Amen. Quand on voit quand même comment on est rackettés maintenant en plus de tout le reste, parce que ça c'est je dirais c'est c'est c'est la cerise sur le gâteau.
Et c'est en plus de tout le reste, en plus du chômage, en plus des bas salaires, en plus de l'exploitation qui se renforce dans toutes les entreprises, en plus de la santé qui est en déshérence, et maintenant, on est rackettés chaque fois qu'on passe à la pompe à essence, et rackettés, pas petitement. Et quand tout le monde fait ses comptes, alors certains c'est 50 € de plus par mois, d'autres c'est 100, d'autres c'est encore plus en fonction des trajets qu'ils sont obligés de faire. Mais en fait, dites-vous bien que cet argent-là, c'est un impôt que les compagnies pétrolières nous obligent de payer. Un impôt qu'on leur paye et qui va directement dans leurs coffres-forts, en fait.
Des journalistes disaient c'est 100 € c'est l'équivalent d'un salaire d'un salaire qui passe dans l'essence sur une année. Et il disait tout ça part en fumée. Non ça part pas en fumée. Pas du tout du tout. Ça va directement dans les coffres-forts des compagnies pétrolières à commencer par Total, qui voudrait qu'on lui dise merci parce qu'il plafonne ses prix. Mais enfin Total est de ceux qui nous tondent la laine sur le dos aujourd'hui. Total, c'est une de ces grandes compagnies pétrolières qui profitent de la crise et de la guerre au Moyen-Orient pour faire exploser le cours du baril de pétrole. C'est un de ceux qui sont à la source de ce racket en fait. Oui, il tient tous les bouts.
C'est lui qui explore, exploite et extrait le pétrole brut, il le raffine, il le distribue, il tient absolument tout voilà toutes les étapes de la chaîne et bien sûr qu'il se gave. Voilà. Alors, je sais bien, j'ai déjà été interpellée là-dessus et interviewée et dès que je disais c'est un profiteur, il nous raquette. [Passage à vérifier : on lui demande de dire merci]. Il plafonne ses prix, et les gens seraient bien contents. Ils sont bien contents. On est bien obligé. On est bien obligé. Donc voilà, c'est et bon on est confronté vraiment en fait à une dictature des grands groupes capitalistes.
Là, en l'occurrence c'est les groupes énergétiques mais vous savez derrière il y a les groupes financiers, il y a les groupes bancaires, il y a il y a les armateurs, ceux qui font le qui transportent les denrées à l'échelle du monde. Et ces grands groupes, cette classe capitaliste, elle est en train de se gaver comme jamais sur notre dos. Ça, ça s'appelle la lutte des classes. C'est la lutte des classes qui prolonge la guérilla dans les dans les entreprises où on rajoute du boulot, où on enlève des jours, des minutes de pause, où on écrase les salaires, c'est dans cette continuité là.
Et puis autre quand même raison de se mettre très en colère, c'est aussi ce qui nous concerne au niveau budgétaire, parce que là c'est les discussions qui démarrent à l'Assemblée nationale, mais le plan de Lecornu, c'est vraiment une attaque féroce. Ouais. C'est 54 milliards qu'ils veulent récupérer et ils veulent les récupérer sur le dos des travailleurs d'abord de la fonction publique. Ils ont annoncé que pour les agents de la fonction publique, il y aurait pas d'augmentation de salaire. C'est le gel du point d'indice. Alors même que quand on travaille dans les hôpitaux, dans les collectivités locales, dans les mairies, dans l'enseignement, c'est le royaume des bas salaires.
La fonction publique, c'est le royaume des bas salaires. Il y avait un chiffre qui est sorti. Ils expliquaient qu'il y a 800 000 agents de la fonction publique qui sont payés en dessous du SMIC et que le seul moyen de leur verser le SMIC, c'est de leur verser une indemnité compensatoire pour leur faire franchir le seuil du SMIC. Vous vous rendez compte ? Et après, on va expliquer que les fonctionnaires sont des privilégiés, vous voyez ? Ouais. Alors, ils y vont : ces 54 milliards, c'est pris sur le dos des travailleurs, c'est pris sur le dos des malades parce que les arrêts maladie vont être de plus en plus rationnés. C'est les médicaments, avec de nouveaux médicaments déremboursés.
Vous savez, les trajets en ambulance, ils vont être également rationnés. Et puis c'est les locataires, c'est les locataires parce que les APL vont être gelées mais ils vont aussi geler la prime de... et même baisser je crois ils avaient même envisagé ils envisagent de baisser l'allocation de rentrée scolaire. Ils ont déjà acté la baisse des allocations familiales. Oui. Et ça c'est pareil, ce sont des centaines d'euros en fait pour ceux qui ont trois ou quatre enfants. Et puis alors une autre indignité sont sont traités. Ouais. Oui. Bon là, je vois qu'il y en a.
Voilà, je vois que ça c'est voilà mais quand même, 1 260 €, vous vous rendez compte : vous êtes trop riches, trop riches qui ont moins aussi voilà il y en a qui ont moins mais 1 260 € et là ils décident donc de ne pas indexer les pensions donc enfin c'est tout ça ce sont des sacrifices de plus en plus lourds et c'est et c'est vraiment c'est révoltant Moi, j'aurais envie de dire quand même que tout ce qu'on a entendu là et toute la vous savez la petite musique qui où il nous laisse où il laisse entendre qu'en gros les retraités vivraient comme des coqs en pâte sur le dos des jeunes.
Voilà ils essaient ainsi de diviser, de dresser une partie de la population, les jeunes contre les anciens qui auraient eu une vie formidable très facile voilà enfin c'est quand même incroyable et puis c'est révoltant parce qu'en réalité on connaît très bien en fait on sait très bien ce qu’a été la dureté du travail pour les générations qui nous ont précédés : ça a été dur au boulot et on n’en sort pas indemne, y compris au niveau de sa santé et y compris nous les plus jeunes et encore y compris les générations plus jeunes, les plus jeunes de cette assemblée. On vit sur ce que les générations anciennes ont construit ont construit en fait y compris, on en bénéficie.
Alors qu'est-ce qu'ils sont en train de nous dire là ? C'est qu'à partir du moment où les retraités, ils peuvent plus être exploités, et ben en gros ils ont ils ont qu'à se débrouiller. Voilà. Vu que vous voilà vu que vous ne rapportez plus de profit aux capitalistes, et bien voilà, débrouillez-vous, quoi. En fait, c'est une insulte mais c'est pas qu'une insulte aux retraités, c'est une insulte à l'ensemble du monde du travail. Et la retraite, c'est un salaire différé. C'est voilà, c'est que voilà comment on est traité. Donc on quand on est quand ils peuvent nous exploiter, quand ils peuvent encore tirer du fric de nous. Bon, alors déjà c'est dur.
Déjà il faut quand même se bagarrer pour se faire respecter. Mais vous voyez que quand on n’est plus bons à être exploités ah là c'est carrément on est jeté. Voilà jeté et donc voilà c'est c'est à l'image de toute la société. Alors voilà, nous, on pense que des raisons en effet d'être en colère, de se révolter comme les jeunes et de dire nous cette société, on n'en veut pas non plus, on en a. On en a. Et toute la question, c'est de retrouver aussi le chemin des luttes collectives et des protestations.
Alors il y a quand même cette journée évoquée par certains, le samedi 17 octobre, puisque c'est une date qui avait été un peu qui est un peu relayée sur les réseaux sociaux et dont certains travailleurs discutent dans les entreprises. Bon nous, on espère que ce sera aussi un moment où les travailleurs ils vont se montrer. Ils vont se montrer avec leur colère, ils vont se montrer avec leurs revendications. Voilà, on espère en tout cas nous, on est absolument partant et on essaie de faire en sorte que partout dans les entreprises où il y a des camarades qui ont envie de le faire ben qu'on puisse le faire ensemble et essayer d'organiser ça. Voilà.
Et tout ça donc toute cette situation là, tous ces tous ces reculs comment dire ça se passe en pleine campagne présidentielle où les uns et les autres circulent en expliquant qu'ils ont des super idées surtout donc les candidats de gauche qui ont des idées pour que les choses aillent mieux pour la jeunesse, pour l'éducation, pour la santé, pour les travailleurs. Etc. Donc vous les entendez comme moi. Et y compris d'ailleurs même Le Pen, Le Pen explique, elle a des idées elle pour la retraite, pour pas avoir à trop retarder l'âge. Enfin bon, et je tiens à dire que tout ça c'est du baratin. Voilà, tout ça c'est du baratin. Tout ça c'est du vide. Ouais.
Parce qu'aucun de ces candidats ne veut véritablement s'affronter avec le grand patronat. C'est pas leur politique de s'affronter avec le grand patronat, avec la classe capitaliste et avec la bourgeoisie. Ce n'est pas la politique de Le Pen. Alors ça c'est évident, on y reviendra mais le RN plus il s'approche du pouvoir, plus il lèche les bottes ouvertement en fait de la bourgeoisie. Mais c'est pas non plus la perspective des candidats de gauche et même pas celle de Mélenchon. Je reviendrai dessus mais non eux ils veulent pas s'affronter, ils veulent pas l'affrontement et nous pensons qu’il n’y a pas d'autre choix en réalité, il n’y a pas d'autre choix.
Vous avez vu comment Mélenchon a été accueilli par les patrons quand il a dit qu'il fallait augmenter les salaires. Ça a été des ricanements dans la salle. Bon mais parce que précisément augmenter les salaires, ça veut dire prendre sur les profits. Donc vous croyez qu’on va faire ça en essayant de convaincre les patrons que c'est bien pour eux ? Je crois pas. C'est une question de combat, c'est une question de rapport de force. C'est ça la vérité. Voilà. Donc ça nous pensons que c'est nécessaire, c'est indispensable de le dire et de le redire.
Nous ne changerons pas notre sort, nous n'améliorerons pas notre sort de travailleurs, on ne sortira pas de ce chômage de masse, de ces petites pensions de retraite, de cette galère pour se soigner. Si on s'affronte pas à la bourgeoisie, si on prend pas dans ses profits, si on prend pas dans ces grandes fortunes, il n’y a pas le choix. Et puis pour tous les problèmes fondamentaux auxquels l'humanité fait face aujourd'hui, le réchauffement climatique, les guerres, vous croyez qu'on s'en sortira sans mettre fin à toutes ces rivalités capitalistes, à cette loi du profit, tous les groupes, tous les trusts.
Même dans le monde agricole, même dans le monde agricole qui pourtant subit de plein fouet ce réchauffement climatique et parfois même il y a des agriculteurs qui s'empoisonnent avec tous les produits phytosanitaires qu’ils mettent dans leur champ. Et ben n'empêche qu'ils font quoi ? Ils continuent parce que c'est ça la course au profit, c'est ça la compétitivité, la concurrence internationale. Ce système nous emprisonne dans toutes ces impasses qui nous conduisent direct au gouffre en fait. Donc en fait, on ne sortira ni du réchauffement climatique ni des guerres, des guerres qui s'étendent.
D'ailleurs, ce matin sur France Inter, il y avait une petite chronique qui expliquait que maintenant la guerre était en Arabie saoudite. Vous avez vu les images ? Voyez comment la guerre se répand sur des territoires de plus en plus importants et c'est pareil pour la guerre en Ukraine parce que maintenant c'est aussi en Russie que les bombes tombent et que les drones tombent et font des morts. Toutes les guerres qu'ils ont commencées, ils sont incapables de les arrêter et de les terminer toutes parce que les enjeux et les rivalités, elles sont toujours là en fait.
Donc nous disons que, sans s'affronter avec la bourgeoisie, avec son système, il n'y aura pas d'issue ni pour les travailleurs ni pour l'humanité. Voilà. Alors oui, on va mener cette campagne cette campagne présidentielle et donc moi, je serai candidate pour Lutte ouvrière pour réaffirmer les besoins des travailleurs. Je serai d'abord candidate pour affirmer les besoins et les intérêts du monde du travail pour conforter la conscience de classe justement pour conforter cette idée que c'est soit nos intérêts à nous femmes et hommes du monde du travail en activité, en étude ou à la retraite, c'est soit nos intérêts, soit les intérêts de cette minorité de grands capitalistes.
Il n'y a pas de milieu dans tout ça. C'est eux ou c'est nous ? Et je serai candidate pour faire progresser la conscience que nous constituons tous un seul et même camp, tous les travailleurs, quelles que soient leur histoire, leur pays de naissance, leurs croyances, leur couleur de peau, tous les travailleurs appartiennent à un même camp, un camp qui est une force, une force sociale. Et en fait une force même irrésistible si elle se bat, si elle se rassemble et si elle arrive à se battre. Donc voilà, moi, je suis candidate pour dire que les travailleurs n'ont pas besoin de promesses électorales. Ils ont besoin de se mettre en ordre de bataille.
Je mettrai en avant des objectifs concernant les salaires. Il faut bien sûr un plan d'augmentation des salaires, des pensions de retraite, des allocations ? Il faut augmenter le SMIC, il faut le monter à 2 200 € net le SMIC, on en rediscutera. Mais 2 200 € net, c'est ce qu'il faut pour vivre dignement. Et pourquoi n'aurait-on pas le droit de vivre dignement nous ? Pourquoi devrait-on toujours se serrer la ceinture d'un cran de plus quand les mêmes qui sont à la tête de fortunes de milliards et de milliards en veulent toujours plus ? Pour eux, il n’y a pas de problème. La dette de l'État, les guerres, la crise, ils en veulent toujours plus eux.
Et nous, il faudrait qu'on se fasse tout petits, qu'on se serre encore la ceinture, ça suffit. Donc, mettons en avant ce qui nous est nécessaire, augmentation de salaires, le fait qu'il faut que les salaires et les pensions soient indexés sur l'inflation pour qu'on soit protégé de ces augmentations de prix. Le fait qu'il faut répartir le travail entre tous là, il nous explique qu'il va y avoir l'IA, que l'IA va supprimer plein d'emplois. Bon et ben il faut répartir le travail. Les tâches qui restent à faire, faut qu'on les répartisse. Mais on a tous besoin d'un boulot et on doit pas accepter que ce chômage de masse, il s'amplifie encore et toujours.
Et puis quand il nous explique il n’y a pas d'argent, on peut pas les croire. Donc nous, un autre objectif aussi qu'on veut populariser, c'est l'ouverture des livres de comptes. Vous savez, prenez votre patron. Mais votre patron lit dans votre vie comme dans un livre ouvert en fait. Lui, il sait tout de ce qu'on touche et y compris de nos dépenses. Je suis sûre que si on lui demandait de faire notre budget, il le ferait. Allez, il se tromperait à quoi ? À quelques euros près. Parce que c'est simple. Quand on est au SMIC, quand on est à 1 800 €, c'est très simple, on sait très bien combien passe dans le loyer, dans les assurances, dans le téléphone, etc.
Donc eux, ils savent tout de nous, sur nos comptes. Sur nos comptes et nos comptes, ils sont simples et nous, on n’a pas de compte en Suisse ou je ne sais pas où. Nous ce qu'on veut c'est l'ouverture de leur comptabilité. Tous ces gens-là qui nous expliquent il y a jamais d'argent pour augmenter les salaires, pour embaucher, combien ils font de fric ? Pourquoi chaque année on observe que les milliardaires sont encore plus riches, sont encore plus nombreux ? Ouvrir les livres de comptes : on ne doit pas les croire sur parole. Voilà.
Et à partir de donc voilà, ce sont des objectifs qu'on veut faire rentrer dans les consciences et pour lesquelles on espère que les travailleurs sont susceptibles de se battre. Si demain il y avait un mouvement à nouveau qui se développait, un mouvement à partir du 17 octobre, nous, on espère que ce serait des objectifs qui seraient discutés entre nous. Voilà, des revendications pour lesquelles on se mettrait d'accord. Voilà. Donc voilà ce qu'on veut faire dans cette campagne. Et puis défendre la conscience de classe, je vais terminer là-dessus. C'est à la fois défendre cette idée que nous les travailleurs, il est plus que légitime de revendiquer de quoi vivre dignement.
On est à la base de la société. On est en fait les forces vives de la société, ceux qui la font tourner. Donc il y a bien sûr ce combat légitime pour nos intérêts quotidiens, qui passe forcément par le fait de relever le gant dans le cadre de cette lutte de classe. Mais il y a aussi cette idée qu'on doit défendre que cette lutte de classe, si on est capable de la mener et de se faire craindre, il faudrait réussir à la pousser jusqu'au bout. Jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à revendiquer la direction de la société. Oui. Voilà. Parce que tous ceux qui dirigent là aujourd'hui, ils l'embarquent où la société dans les guerres, dans la catastrophe.
Regardez l'intelligence artificielle, ils sont en train de nous dire ou là là, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? Peut-être que l'intelligence artificielle va tous nous tuer dans 10 ans. Ouais. C'est c'est ceux qui eux-mêmes l'ont créée, l'ont développée qui nous disent ça. Bon, on a quand même envie de leur dire "Mais vous êtes des apprentis sorciers les gars. Laissez-nous faire. Nous, on va on va prendre les choses en main." Voilà donc cette idée que qu'en réalité les travailleurs, ils dirigeraient la société 1000 fois mieux que ces gens-là. Voilà.
Et que oui, cette lutte de classe, elle doit aussi aller jusque jusqu'à l'idée de dire "C'est à nous, travailleurs, de prendre le pouvoir, c'est à nous de diriger pas aux capitalistes, pas aux actionnaires parasites, pas à ceux qui n'ont jamais rien fait de leurs dix doigts." Voilà, donc c'est de réaffirmer aussi les perspectives communistes, les perspectives révolutionnaires. Voilà un peu ce qu'on cherche
Nathalie Arthaud