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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 mai 2022 26 min

Législatives, réforme des institutions, pouvoir d'achat... Le 8h30 franceinfo de Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gérard Larcher. Bonjour. C'est la première fois que vous prenez la parole depuis l'élection présidentielle et la claque infligée par les Français à votre candidate Valérie Pécresse. 4,8% des voix, ça a été dur à encaisser.

0:15
Gérard Larcher

C'est un échec que nous avons subi. Il faudra en tirer d'ailleurs tous les enseignements, toutes les conséquences. C'est un échec d'ailleurs qui dépasse la seule élection présidentielle. C'est comment on parle aux Français, comment on renoue avec cette partie des Français notamment qui travaillent, qui ont une vie quotidienne parfois difficile. Et c'est une responsabilité que nous avons en rebâtissant me semble-t-il du sol au plafond notre famille politique.

0:46
Présentateur

Et on va en parler. Vous avez pris des nouvelles de Valérie Pécresse qui n'a pas dit un mot elle non plus depuis son second tour.

0:53
Gérard Larcher

Comment va-t-elle ? Nous avons échangé. Elle avait besoin de prendre un temps de repos, de distance. Mais j'ai vu au travers d'un certain nombre de messages qu'elle comptait s'impliquer aux côtés notamment des candidats d'Ile-de-France.

1:09
Présentateur

Elle tente toujours de rassembler les 5 millions d'euros qui font sa dette pour la campagne. Aux dernières nouvelles, elle a rassemblé 2,5 millions d'euros. Est-ce qu'elle va devoir payer le reste de sa poche si elle ne l'a pas ?

1:20
Gérard Larcher

Écoutez, d'abord, ça n'est pas terminé. C'est cet appel, j'allais dire, à la solidarité. Et j'espère qu'elle pourra. C'était 5 millions. Puisque sa famille politique, un certain nombre, ont contribué de manière significative. J'espère que d'ici le 15 mai, elle pourra faire face.

1:43
Présentateur

Vous-même, vous avez donné ?

1:44
Gérard Larcher

Bien sûr.

1:45
Présentateur

Combien ?

1:46
Gérard Larcher

Écoutez, c'est entre elle et moi et mon inspecteur des impôts.

1:50
Présentateur

Le week-end dernier, en qualité de président du Sénat, Gérard Larcher, vous étiez à l'Elysée pour la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron. Ça veut dire que vous ne considérez plus qu'il est illégitime ?

1:59
Gérard Larcher

Je reviens à ce que j'ai dit. J'ai dit, les 10 et 24 avril, les Français trancheront et le résultat s'imposera.

2:07
Présentateur

S'il n'y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera.

2:09
Gérard Larcher

Mais la question que j'ai posée sur la campagne, en effet, un certain nombre de sujets n'ont pas été abordés pendant la campagne, ou ils ont été, pour certains, abordés pendant la campagne uniquement du deuxième tour. Et donc, ces sujets, ils risquent de se représenter, mais ce sera l'occasion du Parlement. Vous maintenez vos propos, vous dites qu'il n'y a pas eu... Je ne vais pas changer mes propos, d'ailleurs. Donc, la question de la légitimité d'Emmanuel Macron... Je m'en suis directement expliqué avec le président de la République. Qu'est-ce qu'il vous a dit ? Écoutez, que l'incident était clos, m'a-t-il dit. Mais moi, je n'ai pas considéré qu'il y avait un incident.

Non, c'était une prise d'opposition politique, mais je pensais qu'il était important qu'on puisse s'expliquer. Mais vous considérez qu'il est mal élu ? Non, je considère qu'il est élu, qu'il est président de la République. Et légitime ? Il est légitime. Et légitime ? Oui, je viens de vous le dire. D'accord, très bien.

2:50
Présentateur

Non, parce qu'il avait dit qu'un président du Sénat ne devrait pas dire ça. C'est la réaction du président Macron. Emmanuel Macron, qui a enfin trouvé son prochain Premier ministre, il l'a dit, mais il refuse toujours, pour le moment, de dévoiler son identité. Est-ce que le prochain Premier ministre doit être une première Premier ministre ?

3:06
Gérard Larcher

Écoutez, c'est un choix et une prérogative qui revient au président de la République. Je suis trop attaché à la Ve République pour me prononcer. Mais naturellement, le choix, et notamment le choix, l'orientation politique, l'expérience, fait partie ou elles font partie, c'est ces qualités de ce qui va déterminer le choix. Et naturellement, pour moi, ce sera clairement une indication.

3:32
Présentateur

Si c'était, un homme ou une femme d'ailleurs, mais de droite, qui est nommée dans quelques jours, est-ce que ce serait une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vous ?

3:40
Gérard Larcher

Ce serait une nouvelle pour la France, c'est tout. Bonne ou mauvaise, je ne vais pas commencer à qualifier par un adjectif. J'attends le choix du président. Et vous souhaitez que ce soit quelqu'un de droite ou pas ? C'est le choix du président de la République. On a un président de la République qui, quand même, a une forme de verticalité, d'engagement et de décision. Et je souhaite que ce soit d'ailleurs un mandat nouveau. Ça, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron. Et que cette verticalité puisse, en quelque sorte, devenir plus horizontale. C'est ce qu'il a dit dans son discours d'investiture, qui était sobre.

Quand il a dit, je souhaite des relations, notamment entre l'exécutif, le Parlement, les partenaires sociaux, les forces vives de la nation. Une nouvelle méthode, c'est ce qu'il a dit. J'ai même ajouté, moi, les élus, je l'espère, qui soient d'une nature différente.

4:34
Présentateur

Est-ce que Gérard Lachefsi, le prochain Premier ministre, vient à nouveau de vous rendre, comme ça a été le cas pour les deux premiers du quinquennat précédent ? C'est difficile pour vous d'incarner l'opposition ?

4:44
Gérard Larcher

Écoutez, si c'était le cas, c'est le choix du Président de la République et c'est l'acceptation de celui qui deviendrait Premier ministre. Nous verrons. Allez, on a encore trois jours à attendre maximum.

4:57
Présentateur

Bon, sur cette question, je voudrais vous faire entendre ce que disait Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui a été pendant très longtemps de votre camp, avant de rejoindre Emmanuel Macron.

5:06
Invité

Pendant cinq ans, les Républicains, et Valérie Pécresse, pendant sa campagne, n'ont cessé de combattre Emmanuel Macron, de s'opposer à des propositions dont, dans leur fort intérieur, ils savaient très bien que c'était les leurs. La baisse des impôts, le soutien aux entreprises, le soutien à la construction européenne, le soutien à l'emploi, à l'activité, à la valorisation du travail. Mais tout ça, c'est ce que nous avons toujours défendu. C'est de la posture pour exister encore ?

5:27
Gérard Larcher

Bien sûr que c'est de la posture. Finalement, vous pensez la même chose, c'est de la posture. Pas du tout. D'abord, nous avons voté 70% des textes au Sénat que le gouvernement nous proposait. Nous avons été en désaccord sur un certain nombre de sujets. 30% donc ? Sur ces 30%, il y a notamment l'absence de dépenses publiques, l'absence de réformes réelles. Vous voyez bien que la réforme des retraites qui a été annoncée il y a 5 ans n'a pas été faite. Une certaine conception de la gouvernance, et je pense notamment à l'absence totale de décentralisation pendant cette période.

6:02
Présentateur

Mais du coup, vous êtes macroniste à 70% ?

6:04
Gérard Larcher

Non, on n'est pas macroniste à 70%, mais on a un principe. Ce qui est bien pour le payer, nous le votons. Par exemple, la réforme des retraites à 65 ans, vous la voterez ? Nous verrons ce qu'elle est. Mais ce que j'ai entendu nous rapproche singulièrement de ce que le Sénat propose depuis 3 ans dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Donc sur la réforme phare du quinquennat qui s'ouvre ? Le report progressif jusqu'à 65 ans, la prise en compte qui est importante, notamment de la pénibilité, tout ça, ça fait partie des propositions du Sénat.

Vous reprenez l'amendement voté au Sénat, et peut-être qu'on a une des clés des propositions de réforme qui viendront dans les semaines qui viennent au travers du dialogue social. Et donc vous la voterez ? Attendez, nous verrons le compte. Si c'est la même que vous, alors ça se complique. Nous verrons si c'est vraiment la même que nous, mais je crois que dans ce cas-là, voilà pourquoi nous savons qu'il faut faire la réforme des retraites. D'abord pour sauver le système par répartition. Parce qu'en plus, la réforme des retraites, c'est un des éléments, à un moment où nous dépensons beaucoup, nous sommes dans une situation financière et monétaire particulièrement sensible.

C'est un élément qui peut contribuer à un certain retour à l'équilibre.

7:18
Présentateur

On va essayer de continuer à voir ce qui vous rapproche et ce qui vous éloigne aujourd'hui du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron. Le temps du Filinfo à 8h40 avec Sophie Allemand. C'est une première en Ukraine. Un soldat russe de 21 ans va être jugé pour crime de guerre. Il est accusé d'avoir tiré sur un civil non armé. S'il est reconnu coupable, il risque la prison à vie. De nombreuses enquêtes sont en cours dans le pays. La Russie est la menace la plus directe pour l'ordre international. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, dénonce l'invasion de l'Ukraine, le transfert d'Ukrainiens de leur pays vers la Russie.

Et pointé du doigt par Washington et Kiev, plus d'un million de citoyens sont concernés selon l'Ukraine. La gêne au sein de la France insoumise qui a reçu quatre signalements visant Tahabouhaf, l'ex-candidat insoumis aux législatives dans le Rhône. Pour harcèlement sexiste, agression et violence sexuelle, une enquête interne est ouverte. Et puis dès lundi, vous pourrez faire tomber le masque dans les transports en commun en France. Il reste obligatoire en revanche dans les établissements de santé. Le 16 mai aussi pour la levée du port du masque obligatoire dans les aéroports à bord des avions de l'Union européenne. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

Toujours avec Gérard Larcher, le président du Sénat. On essaye juste avant les titres de savoir ce qui vous rapprochait ou pas d'Emmanuel Macron, de ses propositions. Il y a la question du pouvoir d'achat. Le gouvernement prépare un paquet anti-inflation pour le mois de juillet. Il propose par exemple la réindexation des minima sociaux sur l'inflation. Ça par exemple, est-ce que vous le soutenez ?

8:49
Gérard Larcher

Le sujet du pouvoir d'achat, c'est vraiment un sujet qui se pose pour une part très significative, par un nombre important de nos compatriotes. L'urgence, c'est comment se nourrir, comment se déplacer, comment se chauffer. Et cette réalité-là, il va falloir qu'on la traite. Et je sais qu'au mois de juillet, viendra devant le Parlement un ensemble de mesures, de mesures sur tout simplement la partie de l'énergie, la partie du complément de revenus mensuels pour les plus bas salaires, aussi l'indexation des retraites d'un certain nombre de dispositifs. Tout cela, c'est nécessaire. Le vrai sujet... Tout cela va dans le bon sens de toutes les mesures qui sont que du casier.

Le seul sujet, c'est qu'en face, il va falloir mettre des recettes, et il faudra mettre des économies. C'est-à-dire, vous dites, si on ne sait pas comment ces mesures sont financées, on ne les va pas... Attendez, il faudra quand même se poser la question. En vérité, on ne pourra pas continuer ce que nous avons soutenu, et que Bruno Le Maire avait un peu oublié. Le quoi qu'il en coûte. Le quoi qu'il en coûte, à forme de quoi qu'il advienne. Parce que la réalité, 3000 milliards de dettes, un déficit de la balance commerciale, qu'on avait annoncé à 80 milliards, qui va sans doute être à plus de 100 milliards.

Une inflation, une inflation qui dépasse, dans Eurostat, 5%, mais qui a 12% au Pays-Bas. Et vous savez bien que tout cela va nous entraîner, avec des taux d'intérêt qui vont augmenter. C'est le gouverneur de la Banque de France qui disait hier, et parfois il a été très optimiste, mais la réalité hier, c'est qu'un point de taux d'intérêt, c'est 40 milliards sur la dette. Dans 10 ans. Il faudra donc, oui, à force de repousser à 10 ans, on a des réalités financières. Donc à la fois il faut soutenir les Français qui sont dans une difficulté, et en même temps tracer les perspectives.

10:46
Présentateur

Là c'est dans un mois qu'il va falloir voter pour ou contre ce texte, Gérard Larcher. Vous le validez le paquet anti-inflation ou pas ?

10:51
Gérard Larcher

Attendez, il faut voir d'abord ce qu'il y a dedans. Moi je ne valide jamais avant, mais il faut soutenir les Français. La réponse est oui. Vous votez le texte, et vous attendrez ensuite de voir les mesures de financement. Je ne dis pas que je voterai le texte, je dis que la réponse est oui pour soutenir les Français. Il faut en avoir le contenu. Vous savez, on n'est pas au Sénat, on ne dit jamais oui par discipline, et jamais non par dogmatisme. C'est une attitude permanente.

11:12
Présentateur

Oui, mais là vous n'allez pas découvrir les mesures qui vont être mises sur le contexte.

11:16
Gérard Larcher

Je viens d'ailleurs de vous les énumérer.

11:18
Présentateur

Oui, ben voilà, donc vous êtes plutôt pour...

11:21
Gérard Larcher

Je pense qu'il faut nourrir, aider à la mobilité. Et il faut penser à l'hiver prochain, chauffer les Français.

11:27
Présentateur

Gérard Larcher, là on vous écoute. Vous dites que vous êtes d'accord sur la réforme des retraites. Vous êtes d'accord sur le paquet anti-inflation qui est proposé par le gouvernement. Plusieurs députés et anciens ministres de votre camp, du parti Les Républicains, ont déjà rallié la majorité présidentielle pour les législatives. C'est une trahaison ? Ou alors vous dites, ben ils ont raison, finalement sur le point ?

11:44
Gérard Larcher

Ils ont raison, je pense qu'ils ont tort. Je pense qu'ils ont tort, mais c'est leur liberté. Je pense qu'il est important dans une démocratie d'avoir une opposition. Une opposition qui soit une opposition à la fois claire, mais qui peut être positive. Vous venez dénumérer des points sur lesquels nous pouvons nous rejoindre. Il y en a d'autres sur lesquels nous ne nous rejoindrons pas. Et vous avez voté 70% des textes du dernier quinquennat ? Est-ce qu'on laisse l'opposition aux seuls extrêmes ? Parce qu'on est passé rapidement sur la présidentielle. Premier tour de la présidentielle.

Près 60% de nos concitoyens votent pour des candidats qu'on peut qualifier, entre guillemets, de protestataires. Et donc, est-ce qu'on imagine l'opposition à l'Assemblée nationale incarnée simplement par l'EFI ou le Rassemblement National ? Je dis non, qui a la place pour une opposition d'une droite républicaine alliée à l'UDI et aux centristes. Et que c'est même très important qu'elle soit là. C'est indispensable pour la démocratie. Et c'est une des tâches que je me donne dans les semaines qui viennent. Dès hier soir, j'étais en réunion pour soutenir des candidats.

12:56
Présentateur

Pourquoi vous ne dites pas, comme Jean-Luc Mélenchon, élisez-moi ou élisez-nous à Matignon lors des législatives ? Parce que vous considérez que de toute façon, vous ne pouvez pas les gagner.

13:04
Gérard Larcher

Écoutez, d'abord, constitutionnellement, si je commençais à parler de l'élection du Premier ministre, on me répondrait qu'un président du Sénat ne devrait pas dire ça, parce que c'est la Constitution. Alors, je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon, je ne partage pas sa vision de la société. Et pourquoi la droite ne part pas en disant, élisez-nous, donnez-nous une majorité, et vous allez voir ce que vous allez voir. pour avoir un maximum de députés. Pour sauver les meubles. Pas sauver les meubles, un maximum de députés. Là, vous en avez 100. Pour incarner des valeurs, et j'ai dit qu'un des enjeux, il ne faut pas qu'on se raconte d'histoire, non plus.

Puisque, vous le savez bien, depuis la réforme du quinquennat et l'inversion du calendrier, l'élection législative a une tendance à être la réplique sismique de l'élection présidentielle. Je l'ai déjà dit nombre de fois, je ne change pas d'avis. Mais il est très important que nous ayons cette opposition de droite et du centre républicain.

13:53
Présentateur

Il y a un truc que je ne comprends pas, Gérard Larcher. Nicolas Sarkozy lui-même, qui est votre boussole depuis plus de 10 ans maintenant, lui-même a appelé à un rassemblement autour d'Emmanuel Macron. Vous l'avez dit, vous avez voté plus de 70% des textes lors du dernier quinquennat. Dans le fond, qu'est-ce qui vous empêche de vous unir autour de lui ? Plusieurs personnalités dans votre parti qui ont appelé à travailler avec Emmanuel Macron. Pourquoi c'est impensable dans votre esprit ?

14:19
Gérard Larcher

Parce que le 24 avril, Nicolas Sarkozy et moi-même avons eu le même vote. Nous avons, en tous les cas, moi, voté au deuxième tour comme il l'a appelé. Mais vous, vous avez soutenu Valéry Pécresse et pas lui. Lui n'a pas soutenu Valéry Pécresse, c'est un autre sujet. Bah non, c'est même. Mais, attention, j'ai entendu qu'on serait le pilier d'une nouvelle majorité. Pardonnez-moi, nous serions la cinquième roue de la majorité. Derrière, la République en marche, devenir renaissance, le modem, horizon, agir. Non, je crois qu'on a besoin, et c'est aussi quelque part un service à rendre au pays, de cette opposition républicaine qui porte des valeurs.

15:01
Présentateur

Donc vous êtes en désaccord avec Nicolas Sarkozy ?

15:03
Gérard Larcher

Par les Républicains qui devront naturellement revoir, comme je le disais, leurs relations avec les Français, leurs projets et avec nos amis centristes.

15:12
Présentateur

Est-ce que vous comprenez les jeunes de votre parti, les trentenaires notamment, Gérard Larcher, qui disent, il faut tourner la page Nicolas Sarkozy aujourd'hui ?

15:19
Gérard Larcher

Écoutez, c'est pas pour moi le sujet, ce qu'il faut, c'est que quelque part, tous ensemble, dans les sensibilités différentes, dans les générations différentes, nous réanalysions ensemble, d'abord les causes de notre échec, mais surtout, qu'est-ce que demain nous proposons aux Français ?

15:33
Présentateur

Est-ce que Nicolas Sarkozy fait partie des causes de l'échec ? À partir du moment où il n'a pas soutenu votre candidate ?

15:38
Gérard Larcher

Écoutez, je crois qu'il y a d'autres causes que cela. J'ai personnellement regretté qu'il ne soutienne pas la candidate de sa famille politique, mais j'en ai pris acte. Vous comprenez que Valérie Pécresse lui renvoyait le chèque de 2000 euros qu'il avait fait ? Je crois qu'elle attendait un autre soutien qu'un soutien financier.

15:54
Présentateur

Vous l'avez appelé, vous Nicolas Sarkozy, vous avez l'échec ?

15:56
Gérard Larcher

Je ne l'ai pas eu depuis, mais il n'y a pas d'interdiction.

16:00
Présentateur

Non, mais entre le président du Sénat, le président des Républicains du Sénat, et l'ancien leader de la droite, l'ancien président de la République...

16:06
Gérard Larcher

Nous nous étions vus au début de la campagne.

16:10
Présentateur

Et là, c'est fini ? Ce n'est pas fini. C'est-à-dire qu'il voit davantage Emmanuel Macron qu'il ne vous voit, vous ? Oui, sûrement. Vous trouvez ça normal ?

16:18
Gérard Larcher

Écoutez, c'est un ancien président de la République. Il fait ce qu'il juge utile de faire. Je n'ai pas jugé.

16:26
Présentateur

Non, mais parce que... Pardon, Gérard Larcher, mais si un autre membre de votre parti avait fait le quart de ce qu'a fait Nicolas Sarkozy, vous l'auriez exclu. On est d'accord ? C'est un ancien président de la République. Ça donne des droits supplémentaires ?

16:38
Gérard Larcher

Pas des droits supplémentaires, mais... Un totem d'immunité ? En tous les cas, une retenue particulière, mais je n'ai pas partagé sa position. Je ne la partage pas. Voilà.

16:50
Présentateur

Avec retenue, je lance le fil info. À 8h50, voici Sophie Allemand. Prof a un métier qui n'attire plus particulièrement en mathématiques au collège et au lycée, où il y a près de 800 admissibles au concours sur plus de 1000 postes ouverts cette année. La raison principale, c'est la rémunération, déclare Sophie Vénétité sur France Info. La secrétaire générale du SNES-FSU réclame une solution pérenne plutôt que du bricolage ici et là. Des difficultés aussi dans le secteur de la restauration. Plus de 200 000 postes saisonniers ne sont pas pourvus. L'emploi à l'étranger est révélateur d'un manque d'attraction, selon le secrétaire général de la SFDT Service.

Le gros dérapage de supporters niçois hier lors du match face à Saint-Etienne en Ligue 1. Quatre jours après la défaite de Nice face au FC Nantes en finale de la Coupe de France, certains ont scandé des chants insultant la mémoire d'Emiliano Salah, l'ancien attaquant nantais mort dans un accident d'avion au-dessus de la Manche. Des paroles comme Emiliano dans l'eau, condamné par Christophe Galtier, l'entraîneur niçois. Et les résultats sportifs de cette 36e journée de Ligue 1, Nice a vacu Saint-Etienne 4 à 2. Les verts restent donc relégables. Rennes, 5e au classement, battue par Nantes, 2 buts à 1. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher, on parlait tout à l'heure des retraites, gros chantier à venir, on parlait du pouvoir d'achat, gros chantier à venir et très urgent. Puis il y a la question des institutions. Emmanuel Macron veut s'y attaquer. Vous par exemple, lors du quinquennat précédent, le Sénat a toujours rejeté l'idée d'introduire une hausse de proportionnelle pour l'élection des députés. Est-ce que là, vous avez changé d'avis ?

18:31
Gérard Larcher

D'abord, sur les institutions, il n'y a pas que le sujet de la proportionnelle. Emmanuel Macron a annoncé que sans doute, il élargirait le champ du référendum de l'article 11, qu'il nous interrogerait sur le septennat. Ce sont des sujets constitutionnels. Ce sont des sujets constitutionnels que nous avons d'ailleurs déjà abordés, soit sous forme de proposition de loi, soit à l'occasion du débat sur le précédent projet de révision de la Constitution. Et nous n'étions pas loin d'un accord, je le rappelle, au mois de juin 2019, dans le dialogue que nous avions alors avec le président Macron, avec Édouard Philippe et la majorité...

19:14
Présentateur

Alors si on prend les sujets les uns après les autres, par exemple sur le septennat, puisque vous venez de l'évoquer, le septennat, il faut le réintroduire, il faut le remettre en place ou pas ?

19:21
Gérard Larcher

Moi j'y suis favorable, je pense que nous avons fait une erreur. J'ai participé à cette erreur, je suis plutôt pour un septennat non renouvelable. Sur l'élargissement du champ de l'article 11 du référendum au sujet de société, c'est un débat, à mon avis, qu'il faut poser, parce que c'est un débat qui peut permettre de faire avancer aussi ce dialogue démocratique, parce que quand je parlais 60% de votes qui ne s'exprimaient pas, et ça me conduit à la proportionnelle. J'ai évolué sur ce sujet. Ah oui ? Et oui. D'ailleurs dans la proposition que nous faisions en 2019, nous avions déjà évolué.

Je rappelle que la proportionnelle, le président de la République et les deux premiers ministres auraient pu le faire au cours du précédent quinquennat. Sauf qu'il n'y avait pas de majorité au Sénat. Il n'y a pas besoin de majorité au Sénat. C'est une loi ordinaire, ce n'est pas une loi constitutionnelle. C'est une loi ordinaire la proportionnelle. Mais c'était dans le pacte de la réforme constitutionnelle. Demandez, demandez comment a fait François Mitterrand.

20:18
Présentateur

C'était dans le pacte de la réforme constitutionnelle qui n'a pas été la... Donc vous avez évolué, ça veut dire que vous êtes prêt à en mettre combien aujourd'hui de la proportionnelle ? Nous avions fait des propositions... Pas intégrales, pas l'élection de tous les députés à la proportionnelle.

20:27
Gérard Larcher

2019 qui a été publié, le 20%. Parce que, pourquoi j'ai évolué ? 20% des députés élus à la proportionnelle et les autres au système actuel. Parce que quand 60% de nos compatriotes sont représentés par moins de 30 parlementaires, ça me pose quand même une petite question, y compris dans mon ADN gaulliste, ça me bouleverse un peu. Mais c'est une question, je l'ai d'ailleurs abordée chez un de vos confrères il n'y a pas très longtemps.

20:47
Présentateur

Donc il faut évoluer sur la proportionnelle, est-ce qu'il faut évoluer aussi sur le cumul des mandats des parlementaires dans le temps ?

20:53
Gérard Larcher

Non, le cumul d'abord, le cumul des mandats, dans les mandats eux-mêmes. Je pense que la question qui est posée, c'est la question de la proximité. Je ne vois pas ce qui s'oppose vraiment, ce qu'on soit à la fois maire et parlementaire. Au contraire, c'est une richesse. Il faut qu'il faut revenir en arrière. Et nous l'avions déjà voté, nous l'avions déjà voté. C'était à l'époque un radical de gauche, Jacques Mézard, qui est au Conseil constitutionnel, qui l'avait défendu.

21:20
Présentateur

Vous vous dites qu'il faut revenir en arrière ?

21:21
Gérard Larcher

Il faut sur ce sujet réintroduire le principe de cumul des mandats, naturellement en le régulant. Cumul dans le temps, j'y suis totalement aussi. C'est contraire à la démocratie.

21:32
Présentateur

Ça fait 30 ans que vous êtes au Sénat, c'est la quatrième fois que vous le présidez. Vous considérez qu'il n'y a pas de limite de temps ? Non.

21:38
Gérard Larcher

Tant qu'on a la confiance des citoyens pour un élu...

21:42
Présentateur

Vous ne pensez pas que ça permettrait de renouveler le personnel politique régulièrement ?

21:46
Gérard Larcher

De voir apparaître de nouveaux visages ? Les nouveaux visages apparaissent assez naturellement. Quand je vois que nous sommes passés, par exemple, entre 95 et aujourd'hui, de 5% de représentation féminine au Sénat à plus de 35%. C'est un véritable changement que nous voyons l'évolution et comment nous avons fait les évolutions des présidents. Mais je me considère encore comme légitime au travers de la confiance que mes collègues m'ont fait. Une confiance d'ailleurs à plus de 70%.

22:17
Présentateur

Dans votre vie d'avant le Sénat, Gérard Larcher, vous avez été vétérinaire, vous êtes chasseur également. Comment est-ce que vous avez réagi en entendant les propos du président de la Fédération des chasseurs, Willy Schraen, qui conseille aux promeneurs de se balader chez eux pour éviter les accidents de chasse ? Je ne partage pas du tout.

22:33
Gérard Larcher

Je suis pour le partage d'usage de la nature, dans le respect du droit de propriété, avec une responsabilité pour les chasseurs, qui est d'assurer la sécurité. Mais la sécurité, c'est aussi l'attitude de ceux qui partagent la nature. Il y a d'ailleurs une mission qui travaille sur ce sujet au Sénat. Je crois qu'il faut bien avoir en tête le respect du droit de propriété et en même temps la nature, le partage d'usage et même jadis présider, puisque vous me parliez du temps d'avant, une association de partage de la nature alors que j'étais président d'une fédération de chasse.

23:07
Présentateur

La France est l'un des pays où l'on peut le plus chasser. Est-ce qu'il faut limiter à certains jours, par exemple les week-ends, limiter sur les périodes de vacances ?

23:16
Gérard Larcher

La chasse en France est une chasse populaire. Elle doit pouvoir s'exercer d'une manière organisée. Nous avons sans doute à renforcer les informations. Nous verrons les propositions qui seront faites dans quelques semaines au Sénat. Vous savez, le vrai sujet aujourd'hui, c'est la chasse, c'est l'héritage porté des valeurs rurales, notamment, dans un monde de plus en plus urbain. Il faut au contraire que nous dialoguions, que nous nous rencontrions, que nous nous respections, que nous fassions comprendre un certain nombre de choses de part et d'autre. Et donc, c'est à ce pourquoi j'appelle, c'est vraiment le dialogue.

23:58
Présentateur

Gérard Larcher, la justice est une nouvelle fois exprimée dans l'affaire du Pénélope Gates. L'ex-premier ministre François Fillon s'est vu infliger en début de semaine quatre ans de prison, dont un an ferme, décision qu'il a décidé donc de contester en cassation. Est-ce que vous dites, comme votre collègue Bruno Retailleau, que c'est une exceptionnelle sévérité de la justice contre François Fillon ?

24:17
Gérard Larcher

Ecoutez, François Fillon s'est pourvu en cassation. Donc, je ne vais pas commenter. On attendra le résultat de la cassation.

24:24
Présentateur

Un an de prison ferme, ça vous a choqué ?

24:26
Gérard Larcher

Il s'est pourvu en cassation. Ce qui m'a toujours interrogé, c'est la rapidité avec laquelle tout ça s'est enclenché, mais c'est un autre sujet. J'attends le résultat de la cassation.

24:35
Présentateur

Il a raison d'épuiser tous les recours, François Fillon ?

24:37
Gérard Larcher

Non, parce qu'il n'a pas raison, ça fait partie des droits des citoyens, le droit d'appel. Vous savez, à un moment, on se pose parfois, j'ai le souvenir de l'agora sur la justice, au Sénat à l'automne, la question de la confiance dans la justice. Dans un état de droit, c'est essentiel, la justice. Vous savez, on vient d'avoir un rapport au Sénat hier sur la reconnaissance faciale, pour que nous ne soyons pas une société chinoise. C'est une société où tout le monde est, en quelque sorte, contrôlé, analysé. Et dans ce rapport, on donne à la justice une responsabilité particulière, comme à la CNIL. On est à l'état de droit.

Et dans un état de droit, retrouver confiance à la justice, c'est pour moi une priorité.

25:19
Présentateur

Gérard Larcher, président du Sénat, a été l'invité de France Info. Merci, bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Sous-titrage ST' 501