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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 16 mars 2022 26 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalÉconomie & entreprisesSanté

Compte rendu du Conseil des ministres du 16 mars 2022.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Sur votre déplacement en Corse cet après-midi, vous avez évoqué l'ouverture du dossier de l'autonomie. Face aux violences récentes, craignez-vous de donner l'impression de céder à ces violences ?

  • 8:00RelanceRéponse partielle

    Le timing de l'annonce sur la Corse est-il adapté, à quelques jours de l'élection présidentielle ?

  • 13:00RelanceRéponse directe

    Le ministre Véran annonce une hausse des cas de Covid-19. Comment justifier la levée du masque avec cette perspective ?

  • 15:00OuverteRéponse partielle

    Quel est le sentiment du président sur les violences en Corse et une possible visite à Kiev ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    La Russie exige un statut neutre pour l'Ukraine. Quelle est la position de la France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:30Gérald DarmaninChiffre
    « 60 % des escroqueries sont déjà cyber. 60 % des entreprises françaises ont connu en 2021 des attaques cyber. »
  • 6:30Gérald DarmaninFait
    « Recréation de onze unités de forces mobiles, CRS et gendarmerie mobile. »
  • 8:30Gérald DarmaninChiffre
    « Recréation de 200 brigades de gendarmerie nationale dans les trois ans. »
  • 10:30Gérald DarmaninFait
    « Le permis de conduire sera totalement dématérialisé. »
  • 12:30Représentant du gouvernementFait
    « Le rouble a dégringolé. La Bourse russe est fermée pour la troisième semaine consécutive. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour à toutes et à tous. C'est aujourd'hui accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin que je vous retrouve. Ce Conseil des ministres a permis de revenir sur quelques unes de nos grandes priorités.

Il nous a permis aussi, je crois, de voir à l'œuvre ce qui aura été plus qu'un engagement mais bien un fil rouge, la protection des Français. Face aux crises, face aux défis du monde, nous n'avons jamais renoncé à protéger. C'est le cas aujourd'hui face aux répercussions d'une guerre inique et meurtrière.

C'est le cas face à la pandémie et à ses conséquences. C'est le cas également pour notre sécurité. Le président de la République en avait fait sa priorité.

Nous avons redressé la barre après des années de coupes sombres dans les effectifs. Nous avons remis du bleu dans les rues, renforcé notre lutte contre les trafics et augmenté les moyens des services de renseignement. Nous avons surtout décidé de poser les fondements d'une sécurité ambitieuse et adaptée aux risques et à la délinquance d'aujourd'hui et de demain.

Ce matin, nous avons adopté le projet de loi de programmation du ministère de l'Intérieur. C'est un texte majeur qui fait rentrer notre sécurité de plain-pied dans le XXIᵉ siècle. Et je cède tout de suite la parole au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, pour vous la présenter.

Je précise qu'il répondra ensuite à vos questions, à la fois sur ce texte et évidemment sur son actualité fournie de ministre de l'Intérieur. Il doit par ailleurs ensuite se rendre, vous le savez, pour un déplacement important en Corse où il tiendra, je crois, une conférence de presse ce soir. Et donc je vous invite, pour des raisons de délais, si possible, à rassembler vos questions et qu'elles soient les plus courtes possibles.

Merci. Merci Gabriel. Mesdames et Messieurs, bonjour.

J'ai eu l'honneur de présenter ce matin en Conseil des ministres le texte qui prévoit la transformation du ministère de l'Intérieur, et pas simplement de la Sécurité intérieure, pour les cinq ans qui viennent, avec 15 milliards de budget supplémentaires sur cinq ans, dont plus de la moitié, quasiment 8 milliards, sera consacré à la transformation numérique et cyber du ministère de l'Intérieur. Je veux dire d'ailleurs que moins de 5 % des crédits seront là pour du catégoriel, c'est-à-dire pour de l'augmentation de salaire des agents du ministère de l'Intérieur. L'essentiel est donc une transformation immobilière numérique, cyber, technique de ce grand ministère.

D'abord donc, une grande loi de transformation numérique, où il s'agit de simplifier l'intégralité des procédures que les Français ont avec le ministère de l'Intérieur, bien sûr pour les forces de sécurité. Masécurité.fr, l'application que je vous ai présentée la semaine dernière, en est un exemple.

Mais aussi, évidemment, des transformations qui touchent au fonctionnement des services de police et de justice, le lien que nous avons avec l'ensemble du travail du ministère de l'Intérieur, comme par exemple la sécurité routière, où le permis de conduire, sera totalement dématérialisé, où les points seront connus par tous les usagers, par exemple, en temps réel. l'Agence unique du numérique du ministère de l'Intérieur portera ces transformations : le cyber, puisque demain les grandes crises seront cyber. 60 % des escroqueries sont déjà cyber. 60 % des entreprises françaises ont connu en 2021 des attaques cyber.

Les attaques terroristes, demain, seront sans doute des attaques cyber. Le ministère de l'Intérieur se positionne comme le ministère qui permet, grâce aux moyens que nous y mettrons, grâce à cette loi d'orientation, de pouvoir transformer le ministère de l'Intérieur pour faire face à cette nouvelle délinquance. C'est le numéro 17, appel cyber, c'est 1500 cyber-patrouilleurs qui sont recrutés et c'est évidemment des moyens extrêmement importants, technologiques, humains pour les services d'enquête, tant auprès de la police nationale que de la gendarmerie nationale.

L'ordre public, qui connaît aujourd'hui évidemment des regains, entre ce qui se passe, évidemment, sur le territoire national, type gilet jaune, mais la préparation des Jeux Olympiques de Paris en 2024 ou de la Coupe du monde de rugby en 2023, c'est la recréation de onze unités de forces mobiles, CRS et gendarmerie mobile. Je rappelle qu'il y en a eu quinze de supprimées les dix dernières années. La recréation de ces onze unités de forces mobiles sont évidemment une grande révolution pour l'ordre public en France. -Rappelons que l'ordre public, c'est fait par des professionnels, et évidemment qui éviteront de mettre des agents de voie publique pour la gestion des manifestations.

Et puis l'organisation territoriale de l'État. J'ai annoncé ce matin, à la demande du président de la République, la déconcentration de déjà 1400 emplois, c'est-à-dire 10 % des effectifs du ministère de l'Intérieur qui passent de Paris à seize villes de province avec des déménagements importants, par exemple l'Inspection générale de la police nationale, qui ira au Havre, et d'autres, évidemment, déménagements de Paris dès la fin de l'année 2022 et étalés sur l'année 2023. Des communiqués de presse régionaux et un national vont vous être envoyés dans les instants qui suivent.

Mais c'est aussi la recréation de 200 brigades de gendarmerie nationale dans les trois ans qui arrivent. Ces 200 brigades de gendarmerie viennent compenser les 500 qui ont été supprimées les quinze dernières années, c'est-à-dire au moins deux à trois brigades de gendarmerie nouvelles installées dans les territoires ruraux, dans chacun des départements ruraux. L'objectif de la LOPMI, c'est donc une transformation numérique et cyber.

C'est aussi le doublement de la présence des policiers et des gendarmes sur le territoire national. C'est l'investigation qui est fortement revalorisée, avec la création de 4 000 postes d'assistants d'enquête auprès des policiers et des gendarmes, la généralisation des AFD pour toutes les peines de moins d'un an de prison. C'est évidemment aussi le travail des préfets dans la gestion des crises ou le lien de la sécurité civile.

C'est un texte important et dont, je crois, les 32 articles sont à votre disposition pour détailler les très nombreuses mesures qui aident le ministère de l'Intérieur à répondre aux crises des prochaines années. Je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous souhaitez. Bonjour, Marie Chantrait, pour TF1 et LCI.

Une question, plus précisément, sur votre déplacement à venir en Corse, cet après-midi. Vous avez dit que le moment était venu d'ouvrir ce dossier de l'autonomie. Est-ce qu'au vu des violences qui courent depuis quinze jours, vous n'avez pas peur de donner l'impression de céder, finalement, à ces violences en répondant à cette réponse politique qui s'ouvre ?

Merci beaucoup. Donc, à la demande du président de la République et du Premier ministre, je suis en charge depuis quelques jours du dossier corse, à la suite du départ de madame Gourault, qui a fait un excellent travail pour le Conseil constitutionnel. Et je veux d'abord, pendant ces deux jours, saluer les policiers et les gendarmes, que j'irai plusieurs fois visiter pour les remercier de leur action.

Soixante d'entre eux ont été blessés et je veux leur dire tout mon soutien et le soutien, aussi, aux services de l'État, bien évidemment. Je veux ensuite, comme je l'ai fait ce matin dans Corse-Matin, condamner le plus fermement les violences qui doivent s'arrêter depuis plusieurs heures, plusieurs jours. Désormais, le calme semble revenir sur l'île de Beauté.

C'est un préalable à toute discussion, évidemment, sur l'avenir institutionnel, mais aussi sur les autres sujets qui concernent particulièrement les Corses et les élus en Corse. Je veux redire que ce préalable doit être scrupuleusement respecté et que la République se donne les moyens, effectivement, pour le faire respecter. J'en ai échangé longuement avec le président Simeoni et je le ferai tout à l'heure en rencontrant tous les élus de l'île de Beauté.

Pendant ces deux jours de déplacement, je me rendrai à Ajaccio, à Porto-Vecchio et à Bastia, auprès des forces de l'ordre, de services de l'État, mais aussi des élus et des forces vives de l'ensemble de l'île de Beauté. J'aurai l'occasion, ce soir à 18 heures, de faire un point-presse, après la rencontre avec le président Simeoni, avec les présidents de groupe de l'opposition comme de la majorité de la collectivité de Corse et du monde économique, social et culturel de Corse. Je rencontrerai aussi, demain matin, les parlementaires, quel que soit leur bord politique bien évidemment, mais aussi le président de l'université de Corte.

Évidemment, la situation dans laquelle nous sommes est très préoccupante, bien sûr pour l'ordre républicain, mais aussi pour la vie des Corses eux-mêmes, notamment les difficultés économiques que peuvent engendrer des difficultés d'ordre public importantes. Les acteurs économiques et du tourisme m'ont déjà alerté en Corse d'un certain nombre de déprogrammations de venues de touristes, notamment pour les saisons qui arrivent. Et donc, il faut aussi aider l'île et aider le monde économique de l'île à pouvoir répondre à des difficultés structurelles et économiques déjà très importantes sur l'île de Beauté.

C'est pour ça que je me déplace. Si je suis très ouvert au dialogue, et sans aucune exclusive, comme vous l'avez compris ce matin, ce dialogue ne peut s'enclencher que dans le calme et dans l'ordre revenu. Bonjour, Florian Tardif, pour CNews.

Je me permets de rebondir sur la question de ma consœur, concernant le timing et cette annonce faite ce matin. Est-ce que le timing est le bon, puisqu'il fait suite à ces violences et que dans une vingtaine de jours, nous avons cette élection présidentielle ? Merci.

D'abord, le président de la République, depuis cinq ans, a beaucoup travaillé avec ce gouvernement pour la Corse. J'en ai été témoin en tant que ministre des Comptes publics. Il voulait inscrire la spécificité corse dans la Constitution, je vous le rappelle.

Cela lui a été empêché, notamment dans sa réforme constitutionnelle, par le Sénat. Et ce qui valait en 2017 vaut toujours, mais il faut désormais que le Sénat accepte aussi cette évolution tel que s'était engagé le président de la République, et lever ce blocage. Deuxièmement, de très nombreuses aides économiques, fiscales sociales, culturelles, éducatives ont été apportées à l'île de Beauté.

Onze dispositifs fiscaux, par exemple, spécifiques pour l'île de Beauté, que j'ai d'ailleurs portés lorsque j'étais ministre des Comptes publics. Une aide aussi très importante pour la collectivité, notamment vis-à-vis de la Commission européenne, notamment du lien territorial, la continuité territoriale, notamment maritime. Et énormément de compétences qu'a désormais la collectivité de Corse, qui, peut-être, n'offre pas le service public local rêvé que les Corses attendent.

Il faut sans doute voir comment on peut aider la collectivité, indépendamment des questions institutionnelles, d'appliquer déjà les compétences que la loi Baylet lui a données. Mais il y a évidemment, chez les élus corses, une demande qui est celle de l'évolution institutionnelle, dont je suis venu d'ailleurs écouter les demandes, je l'ai dit, mais nous ne nous mettrons pas d'accord ce mercredi et ce jeudi, bien évidemment, et, pour répondre totalement à votre question, le processus qui peut mener à une éventuelle évolution législative pour l'île de Beauté en tant qu'institution, pourquoi pas un statut à la polynésienne compris dans le cadre constitutionnel français, bien évidemment, ne peut pas se faire dans les 20 jours qui nous séparent du premier tour de l'élection présidentielle. Donc aujourd'hui et demain, c'est pour se mettre d'accord sur un calendrier et pour entendre les demandes spécifiques.

Donner des rendez-vous ensuite à Paris, je peux le faire pendant cette période de réserve, si je n'en fais pas acte publiquement, mais nous continuerons à travailler à des réunions du président Simeoni et des élus de Corse pour s'inscrire évidemment dans ce calendrier qui pourrait être défini aujourd'hui et voire dans les mois ou les années qui viennent, c'est un long processus, quels que soient évidemment ceux qui seront en responsabilité de l'État, tant à la tête de la présidence de la République qu'au gouvernement. Je crois que le président Simeoni, c'est sa demande, et c'est évidemment notre interlocuteur privilégié et légitime. Je me rends surtout aussi en Corse pour aller voir les forces de l'ordre.

Je le fais dans chacun des territoires, vous le savez bien, depuis que je suis ministre de l'Intérieur. Donc il y a, bien sûr, un soutien aux forces de l'ordre qui, indépendamment des évolutions institutionnelles, aurait été de toute façon appuyé par le gouvernement français et, par ailleurs, je me rends en Corse à la demande du président de la République, avec le souci du dialogue sur tous les sujets. On ne va pas faire les conclusions du débat avant d'avoir commencé les discussions, évidemment, avec l'ensemble des élus de l'île.

Y a-t-il d'autres questions ? S'il n'y en a pas, je vous remercie. Merci Gabriel et merci à vous.

Mesdames et Messieurs, ce Conseil des ministres a été l'occasion, bien sûr, de revenir sur la situation en Ukraine. Mais avant toute chose, avant d'en dire davantage, je voulais ici saluer la mémoire de Pierre Zakrzewski, journaliste franco-irlandais décédé hier, en couvrant la guerre en Ukraine. C'est le premier Français tué dans ce conflit.

C'est un nouveau journaliste aussi qui tombe, la liberté au poing, face à l'agression russe. Aujourd'hui, j'ai une pensée pour lui, j'ai une pensée pour ses proches, pour la journaliste ukrainienne également tuée dans la même attaque, pour leur confrère américain et pour Evgueni Sakoun, mort également pendant des attaques liées à ce conflit. Aujourd'hui, j'ai une pensée pour tous les journalistes qui couvrent la guerre sur place et qui permettent une information libre et complète.

Eux aussi sont des héros de ce conflit. Toute attaque à leur encontre est insupportable et inqualifiable. L'engagement de la France pour la liberté d'informer est et reste total et nous rappelons que la protection des journalistes est une obligation sur un champ de guerre.

Ne pas la respecter, c'est tirer sur les libertés et sur le droit humanitaire international. À l'heure où nous parlons, les tensions ne cessent de croître en Ukraine. Kiev est assiégée, la plupart des grandes villes ukrainiennes sont sous les bombes et le feu russe se fait à la fois plus massif et moins ciblé.

L'horreur gagne en intensité. Des hôpitaux et des maternités ont été pris pour cible et les civils paient le prix fort de ce conflit. Face à une guerre qui dure, la solution n'est pas de l'étendre mais de tout faire pour l'éteindre et d'accompagner les Ukrainiens dans leur résistance courageuse face à l'invasion.

C'est pourquoi nous aidons l'Ukraine, qu'il s'agisse de livraison de matériel de défense ou d'aide humanitaire. C'est pourquoi aussi nous prenons des sanctions contre la Russie. Ces sanctions, c'est un bras de fer entre la communauté internationale et le pouvoir russe.

Elles ont des effets réels, concrets, puissants et rapides sur l'économie russe. Le rouble a dégringolé. La Bourse russe est fermée pour la troisième semaine consécutive.

Une bonne partie des actifs de la banque centrale russe sont gelés. Les comptes de la plupart des oligarques et des dignitaires russes sont gelés. Le PIB russe commence à dévisser.

Les banques russes ne peuvent plus se financer. Chaque coup de feu enferme un peu plus la Russie dans une spirale mortifère. Cette semaine encore, l'Union européenne a fait front et a pris un nouveau paquet de sanctions, le quatrième contre la Russie, avec des limitations sur les importations russes dans l'Union européenne ou l'interdiction de nouveaux investissements dans le secteur énergétique.

Nous le savons, ces sanctions se font ressentir immédiatement en Russie et sur le champ de bataille. Leur but est qu'elles rendent insupportable le coût de la guerre pour la Russie. Nous soutenons l'Ukraine, nous soutenons aussi les Ukrainiens, et en particulier toutes celles et tous ceux qui fuient la guerre et l'horreur dans leur pays.

Ils seraient déjà plus de 3 millions. Je veux le dire aussi, comme le président de la République l'a fait hier à Angers, nous serons au rendez-vous de notre devoir civique et humanitaire d'accueil des réfugiés ukrainiens. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs fait un point de situation à ce sujet ce matin ou, en l'occurrence, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa.

Une coordination européenne se met en place. Une plateforme de solidarité a été lancée entre États membres et le Conseil de l'Europe a adopté pour la première fois le mécanisme de protection temporaire pour les Ukrainiens fuyant leur pays. Grâce à ce statut, ils pourront bénéficier d'aides et de soins.

Ils pourront scolariser leurs enfants et pourront trouver un emploi dans l'Union. En France, plus de 17 000 personnes ont déjà été accueillies et des milliers d'autres le seront dans des conditions dignes, permises par l'élan de solidarité exceptionnel des Français, la mobilisation de l'État, des associations et des collectivités locales. Nous serons prêts, nous répondrons présents et nous serons en mesure d'accueillir, comme le rappelait le ministre de l'Intérieur, 100 000 réfugiés et, évidemment, probablement davantage.

Ce conflit durera mais notre détermination ne fléchira pas. Nous renchérirons tant que nécessaire le coût de cette guerre jusqu'à, nous l'espérons, c'est l'objectif, convaincre Vladimir Poutine de négocier et nous ne cesserons cette pression que lorsque cessera le feu. Mais, chacun le sait, les bombes russes résonnent jusqu'en France.

Protéger, voilà ce que nous promettons aux Français, les protéger sans varier à la fois des conséquences de la guerre et des effets des sanctions. Aucune pression, aucune échéance, aucun faux procès ne nous déviera de cette voie. Les Français doivent le savoir, tant que nous aurons le mandat, nous les protégerons.

Cette semaine en a encore été l'illustration. Avec ce conflit, la hausse mondiale des prix de l'énergie s'accélère. Grâce aux mesures que nous avions prises depuis l'automne, les Français ont été protégés contre cette nouvelle envolée des prix du gaz et de l'électricité.

Je veux rappeler ainsi le bouclier tarifaire qui a été mis en place à l'automne dernier. Les prix du gaz sont bloqués depuis octobre. La hausse des prix de l'électricité a été limitée à 4 %, alors qu'elle aurait dû être de 40 voire 45 % comme ça a été le cas chez nos voisins.

Si nous n'avions pas pris ces mesures, chaque ménage français aurait reçu en moyenne, sur sa facture d'électricité de février, une augmentation de 300 à 400 €. Elle a été évitée par les mesures et le bouclier tarifaire que nous avons mis en place. Nous avons versé un chèque énergie de 100 € à 6 millions de ménages modestes.

Pour faire face à la hausse des prix de l'essence, nous avons aussi pris des mesures. Je pense à l'indemnité inflation versée à 38 millions de Français ou à la revalorisation du barème kilométrique. Mais, avec un litre d'essence et de gazole au-dessus de 2 €, nous devions prendre une mesure supplémentaire.

Nous devions prendre une mesure rapide, une mesure efficace qui aille directement dans le portefeuille des Français. C'est pourquoi le Premier ministre a annoncé que, dès le 1ᵉʳ avril, l'État prendra en charge une remise de 0,15 € par litre sur les prix à la pompe. Cela équivaut à 9 € économisés pour un plein de 60 litres.

C'est une mesure forte mais c'est loin d'être la seule. Cette crise aura d'autres conséquences pour nos entreprises, notre agriculture et nos ménages et nous protégerons, là encore, les acteurs les plus durement frappés par la hausse des prix de l'énergie, par la raréfaction d'intrants industriels essentiels à leur activité. Je pense évidemment ici particulièrement à nos éleveurs, à nos agriculteurs et à certains industriels particulièrement touchés.

Le Premier ministre présentera tout à l'heure le contenu du plan de résilience que le gouvernement a élaboré à la demande du président de la République, un plan qui permettra des aides précises, des aides ciblées et des aides efficaces pour tous ceux qui sont menacés par ce conflit et par ses répercussions. Mesdames et Messieurs, la guerre en Ukraine ne nous fait pas perdre de vue la gestion de la pandémie avec, là aussi, une volonté de protéger. Comme nous nous y étions engagés, nous avons pu, grâce à la nette diminution de la pression hospitalière, lever en début de semaine l'obligation du port du masque dans les lieux clos et le pass vaccinal.

Ce sont des avancées fortes, ce sont des avancées attendues, ce sont de bonnes nouvelles aussi mais, je veux le dire, nous restons très vigilants. Le recul du nombre de cas que nous observions depuis des semaines a cessé et la tendance s'est inversée. Pour autant, la pression hospitalière poursuit sa baisse et c'est bien là l'indicateur essentiel de nos mesures et de la sortie de cette crise sanitaire.

Une fois encore, notre exceptionnelle couverture vaccinale est un gage de sérénité mais, je le dis, la vigilance doit rester absolue, notamment pour nos aînés et pour nos concitoyens les plus fragiles. Mesdames et Messieurs, comme à l'accoutumée et fidèles à notre détermination à agir jusqu'au bout de ce mandat, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'adopter un texte, en plus de la loi de Programmation du ministère de l'Intérieur que mon collègue Gérald Darmanin vient de présenter, la ministre des Armées, en l'occurrence le Premier ministre qui la représentait puisqu'elle était absente, a présenté un projet de loi ratifiant une ordonnance sur la conduite des opérations spatiales et l'exploitation des données d'origine spatiale. Il s'agit concrètement de donner un cadre juridique à nos opérations spatiales de défense et de garantir la préservation des intérêts de la défense nationale lors de ces opérations.

Nous le savons, l'espace est devenu le théâtre de rivalités entre puissances et un champ de confrontations à part entière. Ces cinq années ont été l'occasion de nous y préparer et de conforter la France dans son rôle de puissance spatiale et ce texte est une mesure supplémentaire. Voilà, en quelques mots, ce que je souhaitais vous dire du Conseil des ministres de ce matin et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions.

Bonjour, Jacques Serais, Europe 1. Ce matin, le ministre Olivier Véran déclarait que le nombre de nouveaux cas positifs allait continuer d'augmenter ces prochaines semaines et qu'ensuite cela allait rebaisser de nouveau. On a du mal à comprendre, alors qu'on arrête de porter le masque, comment le ministre de la Santé peut-il affirmer ça aujourd'hui ?

Le ministre de la Santé s'est exprimé ce matin. Je pense qu'il a donné clairement l'état de la situation actuelle, quelles étaient les prévisions dont il dispose sur la base d'études scientifiques, de prévisions et de modélisations qui sont faites. Je rappelle que nous avons, en France, la chance d'avoir une couverture vaccinale très large, qu'évidemment il faut continuer à protéger et garantir la protection notamment des plus fragiles, des plus exposés aux formes graves de la maladie.

C'est la raison pour laquelle le Premier ministre avait annoncé que la quatrième dose serait accessible pour les plus de 80 ans. Mais, encore une fois, nous avons ce socle. Nous avons quelques mesures qui restent, notamment pour protéger les plus fragiles, je pense aux mesures qui continuent à s'appliquer dans les hôpitaux et dans les établissements de soins mais, oui, on peut continuer à envisager l'avenir avec confiance dès lors que nous gardons la vigilance nécessaire dans nos comportements du quotidien.

Bonjour, Marie Chantrait TF1 LCI. Une question d'abord sur la situation en Corse, elle a été abordée avec le ministre de l'Intérieur. Quel est le sentiment du président de la République quant à ces violences qui perdurent depuis maintenant quinze jours ?

En a-t-il dit un mot, j'imagine, en Conseil des ministres ? Et une deuxième question sur l'Ukraine. La question a été posée au chef de l'État hier, d'une possible visite à Kiev.

Il a dit que rien n'était exclu. Est-ce qu'il en a été question ce matin en Conseil de défense, d'un possible déplacement du chef de l'État dans les jours ou les semaines à venir ? Merci beaucoup.

Sur le premier point, mon collègue Gérald Darmanin s'est exprimé, j'avais annoncé que les questions sur ces sujets-là devaient lui être adressées, et il s'exprimera à nouveau en fin de journée. Évidemment que le président de la République suit ce dossier avec attention, qu'il a indiqué à nouveau que le retour au calme, à l'ordre, est un préalable à des discussions qui sont évidemment nécessaires et, par ailleurs, sur lesquelles nous avons avancé dans le courant de ce quinquennat. Donc, évidemment, c'est le travail et c'est la mission qui est confiée à Gérald Darmanin qui se rend sur place, sur ces deux volets.

Sur le deuxième point, j'ai toujours eu l'habitude de vous dire que le président de la République prendrait toujours les initiatives utiles à la résolution de ce conflit ou à la recherche d'une résolution de ce conflit. Encore faut-il qu'elles soient utiles et donc, ce que je peux vous dire c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de déplacement prévu, en tout cas pas à ma connaissance et pas dans l'immédiat mais que, dès lors qu'un déplacement serait utile pour permettre une avancée dans la résolution du conflit et qu'une étape soit franchie, évidemment que le président de la République ne renoncera jamais à emprunter cette voie. C'est d'ailleurs ce qu'il a montré ces dernières semaines et ces derniers mois sur ce dossier mais je n'ai pas d'annonce à vous faire sur ce sujet-là.

Bonjour, Monsieur le Ministre. Je relaie la question de Jean-Baptiste Marteau, mon confrère de France 2. Le gouvernement a-t-il des inquiétudes sur l'utilisation d'armes chimiques en Ukraine ?

Pourquoi et est-ce que le gouvernement a des preuves ? Je n'ai pas de commentaires ou d'informations à donner sur ce sujet-là aujourd'hui. On a vu plusieurs dirigeants européens se rendre à Kiev ces dernières heures.

Est-ce que c'est un déplacement envisagé par le chef de l'État et, par ailleurs, une autre question concernant la venue de Joe Biden la semaine prochaine à Bruxelles. Est-ce qu'il pourrait faire un détour par Paris ? Sur le premier point, j'ai un peu répondu à Marie Chantrait juste avant, qui posait la question.

Sur le deuxième point, je n'ai pas connaissance d'une venue, avant d'aller à Bruxelles, du président Biden à Paris. Cela ne veut pas dire que je l'exclus, en tout cas ce que je peux vous dire, c'est que le président Macron a échangé avec le président Biden encore dimanche soir, qu'hier le conseiller à la Sécurité nationale de Joe Biden était présent à Paris et que le président de la République s'est entretenu avec lui, que nous avons tenu ce matin un Conseil de défense et de sécurité nationale consacré à l'Ukraine et qu'évidemment les échanges se poursuivent. Et, quelque part, qu'importe le lieu, l'important c'est que les décisions soient prises.

C'est notre objectif commun à tous. Bonjour, Simon Le Baron de France-Inter. La Russie exige la neutralisation de l'Ukraine, un statut neutre pour le pays, ce que refusent les négociateurs ukrainiens.

Quelle est la position de la France et de ses partenaires européens là-dessus ? La position de la France, vous la connaissez. C'est d'abord qu'on ne peut avoir une véritable négociation que dans le cadre d'un cessez le feu.

On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe, on l'a toujours dit et, pour que ces négociations puissent avoir lieu, encore faut-il que l'Ukraine et que les Ukrainiens ne soient pas sous le feu des armes et des bombes. Donc c'est ça que nous demandons aujourd'hui. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire sur les pourparlers qui sont en cours.

Évidemment, il y a des pourparlers pour arriver à ce cessez le feu et cette stabilisation et entamer une véritable négociation. Nous les suivons évidemment avec attention. Nous sommes toujours prudents sur les informations qui peuvent être communiquées mais, encore une fois, je vous ai rappelé les exigences de la France en la matière.

Merci. Bien, s'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie et je vous dis à la semaine prochaine.