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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 4 juillet 2024 15 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Qui est Jordan Bardella ? Avec Elodie Forêt et Corentin Lesueur

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:58OuverteRéponse partielle

    Corentin, Élodie, est-ce que vous vous souvenez du moment où vous avez vu arriver Jordan Bardella ?

  • 2:49OuverteRéponse partielle

    Pour parler du parcours de Jordan Bardella, il aime à raconter son enfance.

  • 3:35OuverteRéponse partielle

    Qu'en est-il issu d'un milieu modeste ?

  • 4:52OuverteRéponse partielle

    Les origines de la famille Bardella, des origines à l'étranger, des deux côtés, Corentin ?

  • 5:19FerméeRéponse directe

    Ça veut dire que dans sa jeunesse, il ne s'engage pas dans des formations d'extrême droite, type GUD, etc.

  • 6:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il milite dans des partis, dans des associations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:16AuditeurFait
    « Ce pays si merveilleux qui avait recueilli ma famille en errance depuis le nord de l'Italie dans les années 60. »
  • 3:40InvitéFait
    « C'est à moitié vrai. C'est vrai qu'il a construit tout son récit politique autour de sa mère, qui effectivement est à Tsem, qui travaille dans les écoles maternelles. »
  • 4:00InvitéFait
    « Et c'est vrai qu'il a construit tout ce discours autour des fins de mois difficiles de sa mère, du trafic de drogue en bas des tours. »
  • 4:39InvitéFait
    « Jordan Bardella ne voulait pas prendre le métro, n'aimait pas ça. Et son père lui a payé une petite voiture pour qu'il puisse se déplacer. »
  • 5:11InvitéFait
    « C'est non seulement un militant engagé, propre sur lui, et dépourvu de tout engagement radicaux susceptible d'affecter son image. »
  • 5:26InvitéFait
    « Exactement. Il a ensuite approché et eu des relations avec des membres du GUD et des néo-fascistes. »
  • 6:24InvitéFait
    « Il commence à 16 ans. »
  • 7:03InvitéFait
    « Effectivement, il avait débuté à Paris une licence de géographie avec des résultats très médiocres qu'il a rapidement abandonné. »
  • 7:16InvitéFait
    « Il a été élu conseiller régional d'Île-de-France dès 2019. »
  • 7:29InvitéFait
    « Il est aussi à ce moment-là assistant parlementaire d'un neurodéputé, Jean-François Jalc. »
  • 9:32InvitéFait
    « Une exception, il a fait un stage d'un mois dans l'entreprise de son père, dans le Val d'Oise. »
  • 11:24InvitéFait
    « Il ne l'est plus, mais il était en couple avec la fille de Philippe Olivier. »
  • 13:11InvitéFait
    « Jordan Bardella, et vous faites bien de rappeler qui est Pierre-Romain Thionnet, donc c'est un tout nouveau hérodéputé, qui est l'une des plumes, si ce n'est la plume principale de Jordan Bardella, très identitaire. »
  • 13:27InvitéFait
    « Il refuse d'utiliser le terme grand emplacement, donc qui est cette théorie raciste et complotiste qui voudrait qu'on organiserait le remplacement d'une population dite de souche par une population dite exogène. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur26 %
  • Auditeur6 %
  • Auditeur 23 %
  • Auditeur 33 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Rien ne dit que Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, sera en position d'être nommé à Matignon à l'issue des élections législatives. Mais ce qui est sûr, c'est que ces dernières semaines ont fait de lui l'un des hommes politiques les plus identifiés du pays. Multipliant les interviews et les débats devant des millions d'auditeurs et de téléspectateurs, sa notoriété a explosé. Mais identifié ne veut pas dire connu, si bien que son parcours, sa formation, ses amitiés, ses convictions personnelles restent pour beaucoup d'électeurs assez flous. Or, c'est un élément important du choix de dimanche.

Voilà pourquoi nous avons invité deux journalistes spécialistes du Rassemblement national pour en parler. Corentin Le Sueur, bonjour. Bonjour. Vous êtes chargé du suivi de l'extrême droite pour le journal Le Monde. Merci d'être avec nous. Avec nous également, Élodie Forêt. Rebonjour. Rebonjour. Élodie, vous suivez donc l'extrême droite pour le service politique de France Inter. J'attends pour tous les deux les questions des auditeurs. 01-45-24-7000, vous pouvez également passer via l'application France Inter.

Corentin, Élodie, est-ce que vous vous souvenez du moment où vous avez vu arriver Jordan Bardella, ou peut-être la première rencontre avec ce jeune homme lorsqu'il vient et qu'il est présenté à la presse ?

1:10
Invité

Alors, je vous mentirais si je vous disais que je me souviens de la première fois où je l'ai rencontré. Pas du tout. Mais en préparant cette émission, j'ai une image qui m'est revenue. C'est la première fois qu'ils nous emmènent dans leur nouveau siège qui se trouve aujourd'hui dans le 16e arrondissement de Paris.

Et en fait, là où Marine Le Pen n'a jamais vraiment essayé, en tout cas moi à mon niveau, de créer des relations personnelles avec les journalistes, là je me retrouve face à Jordan Bardella qui nous emmène à 4 ou 5 journalistes en disant « Allez, venez, je vous montre les étages, je vous montre les bureaux, qui fait des blagues, qui essaye de savoir pour qui on vote, ça c'est son grand jeu de toujours essayer de deviner pour qui les journalistes votent. » Voilà, donc qui essaye vraiment de créer une relation personnelle, de savoir qui on est et voilà, un quelqu'un qui, je pense, voit la politique différemment qu'une Marine Le Pen. Corentin ?

Oui, moi la première image que j'ai de lui, c'est assez tard. C'est en 2021, à l'époque où Marine Le Pen lui confie les règnes du parti pour qu'elle puisse se concentrer sur la présidentielle. Et à l'époque, lui-même avait dit qu'il avait été mis à la tête d'un navire qui tanguait. C'était au moment où énormément de responsables du Rassemblement National quittaient le parti pour rejoindre Éric Zemmour. Et ce que ça disait déjà, c'était sa capacité finalement à adapter son discours à une ligne toujours radicale mais qui servait les intérêts du Rassemblement National.

C'est quelqu'un qui était un temps souverainiste et à l'époque, il vire un peu plus identitaire pour justement coller au basket de Reconquête et d'Éric Zemmour.

2:49
Présentateur

Alors, pour parler du parcours de Jordan Bardella, il aime à raconter son enfance. Ici, on va l'écouter, c'était lors d'un meeting politique.

2:59
Auditeur

Ma mère, qui m'a élevé dans la difficulté financière de Drancy à Saint-Denis, qui ne possédait pour seul patrimoine que la dignité d'une femme de devoir et le courage des gens qui se lèvent tôt pour un salaire de misère. Avec mon père, c'est elle qui m'a appris les vertus du travail et l'exigence de l'honnêteté. C'est elle qui m'a transmis l'amour de la France. Ce pays si merveilleux qui avait recueilli ma famille en errance depuis le nord de l'Italie dans les années 60.

3:27
Présentateur

Voilà, origine italienne, rappelle Jordan Bardella. Et puis, enfance, difficile, en tout cas, c'est le récit qui l'en fait et le différait. Qu'en est-il issu d'un milieu modeste ? Jordan Bardella, sa mère avec un salaire de misère, dit-il.

3:40
Invité

Alors, c'est à moitié vrai. C'est vrai qu'il a construit tout son récit politique autour de sa mère, qui effectivement est à Tsem, qui travaille dans les écoles maternelles. Ils ont vécu à Saint-Denis dans un quartier qui s'appelle Gabriel Péry. Donc, ce n'est pas loin d'être un quartier riche. Et c'est vrai qu'il a construit tout ce discours autour des fins de mois difficiles de sa mère, du trafic de drogue en bas des tours. Et là où je dis que c'est à moitié vrai, c'est qu'en revanche, son père vit dans un quartier beaucoup plus cossu, à Montmorency, dans le Val d'Oise. Ils sont séparés. Mais Jordan Bardella a passé une partie de son temps, certains week-ends, notamment à Montmorency.

Il a été scolarisé dans des établissements privés. Et il y a cette anecdote dans le livre qu'a écrit deux de nos confrères, Nicolas Massol et Marie-Lou Magal, Génération extrême droite, où il raconte, par exemple, que quand il était étudiant, Jordan Bardella ne voulait pas prendre le métro, n'aimait pas ça. Et son père lui a payé une petite voiture pour qu'il puisse se déplacer. Donc, on n'est pas non plus dans quelque chose, on n'est pas dans causette, si je peux résumer comme ça.

4:52
Présentateur

Les origines de la famille Bardella, des origines à l'étranger, des deux côtés, Corentin ?

4:59
Invité

Père-mère venu d'Italie. Et effectivement, son histoire explique en grande partie son ascension aussi rapide au sein du Front National à l'époque. C'est non seulement un militant engagé, propre sur lui, et dépourvu de tout engagement radicaux susceptible d'affecter son image.

5:19
Présentateur

Ça veut dire que dans sa jeunesse, il ne s'engage pas dans des formations d'extrême droite, type GUD, etc. Il n'est pas là-dedans ?

5:26
Invité

Exactement. Il a ensuite approché et eu des relations avec des membres du GUD et des néo-fascistes. Mais en tout cas, à 18 ans, on ne lui connaissait pas d'engagement susceptible de portée atteinte à son image. Et ce récit, cette histoire personnelle, collait parfaitement à celui que voulait entretenir le Front National, celui d'un jeune homme qui bénéficiait de la méritocratie républicaine et surtout qui, grandissant dans une banlieue de Saint-Denis, a été témoin des prétendus ensauvagement et islamisation des banlieues telles que le décrivent depuis des années le Rassemblement National.

6:07
Présentateur

En parlant plus de Saint-Denis que de Montmorency, si je vous ai bien suivi, vous parlez des engagements de jeunesse. Est-ce qu'il milite dans des partis, dans des associations ? Est-ce qu'on sait quelque chose de ça ou pas du tout ? Il est complètement extérieur à la politique, à la chose publique, si je peux dire.

6:22
Invité

Il milite très jeune, en fait, au Front National. Il commence à 16 ans. Donc, avant ces 16 ans, compliqué, effectivement. Non, il est même peu politisé de ce qu'on peut savoir. C'est-à-dire qu'il passe le plus clair de son temps à jouer à des jeux vidéo plutôt que d'être engagé. Il amène donner, ça c'est une petite anecdote, des cours de français aux migrants dans son lycée. Donc, voilà, on est 16 ans. Donc, 16 ans, ça reste quand même un moment très jeune quand il s'engage.

6:53
Présentateur

Méritocratie, engagement à 16 ans au Front National, Corentin Le Sueur. Mais ensuite, il n'y a pas de longues études chez Jordan Bardella ?

7:03
Invité

Alors, c'est un homme politique, mais il n'a été qu'un politique dans sa vie. Effectivement, il avait débuté à Paris une licence de géographie avec des résultats très médiocres qu'il a rapidement abandonné tout simplement parce qu'il a été élu conseiller régional d'Île-de-France dès 2019. Donc, à peine majeur, il s'est professionnalisé, il s'est devenu un professionnel de la politique avec tous les codes. Et c'est devenu son métier parce qu'il est aussi à ce moment-là assistant parlementaire d'un neurodéputé, Jean-François Jalc. Donc, il gagne sa vie grâce à la politique à ce moment-là.

7:39
Présentateur

Donc, pas de diplôme à part le bac. Est-ce qu'on sait, est-ce qu'il est interrogé là-dessus sur le fait qu'il n'ait pas d'appétit pour les études ? Est-ce qu'on sait pourquoi il n'a pas poursuivi dans cette voie-là ? On voit que c'est quelqu'un qui s'exprime bien, qui est à l'aise ?

7:55
Invité

Justement, là aussi, comme son parcours, ça sert le récit du Rassemblement National qui se présente aujourd'hui comme le parti du peuple, le parti qui souhaite faire émerger une nouvelle élite dite populaire.

8:09
Présentateur

Mais vous voulez dire que c'est par calcul ? Il se dit, je ne vais pas avoir de diplôme, comme ça je pourrais jouer l'antidiplôme ?

8:13
Invité

Il n'a pas échoué, en tout cas c'est très réussi, mais à dessein. Mais en tout cas, ses échecs scolaires, étudiants, ne sont pas un obstacle dans son parcours puisque ça permet, là encore, de décrire cet homme venu de la banlieue parisienne et qui, comme ça, arrive à émerger, à se faire une place dans le personnel politique sans avoir suivi les grandes écoles qui, d'habitude, formaient les élites des partis de gouvernement historique.

8:44
Présentateur

Pierre nous appelle du département du Tarn, c'est ça ? Bonjour Pierre.

8:47
Auditeur

Oui, bonjour.

8:48
Présentateur

Nous vous écoutons, vous étiez en voiture, vous êtes garé, je vous en remercie.

8:51
Auditeur

Oui, c'est ça, exactement. Voilà, moi je suis pétrifié, comment on peut en arriver là, en voulant mettre un futur leader qui n'a aucune expérience professionnelle à part la politique. Et je trouve ça pétrifiant. Et écoutez, peut-être que vous aurez des éléments de réponse, mais en tout cas, je pense qu'il faut faire un pas en arrière et réfléchir un peu sur nos futurs leaders. Et on a déjà pris la mode avec notre Premier ministre, je trouve ça pétrifiant.

9:21
Présentateur

Merci Pierre pour cette question. Elodie Fauré, alors là on en vient à l'expérience professionnelle. Pas d'expérience professionnelle chez Jordan Barbella ?

9:28
Invité

Alors moi, à ma connaissance, il n'y a pas, même pas de petit boulot hors politique, peut-être que tu as... Une exception, il a fait un stage d'un mois dans l'entreprise de son père, dans le Val d'Oise. C'est une entreprise de gestion à l'époque, de distributeurs, de confiseries et de boissons. C'est la seule expérience non politique.

9:46
Présentateur

Il n'y a pas de baffa, il n'y a pas...

9:48
Invité

C'est la seule expérience qui apparaît dans son CV sans porter le sol. Mais quand on l'interroge là-dessus, parce qu'hier soir sur BFM, il a été interrogé justement par un téléspectateur sur... Enfin, qui lui demandait, mais vous n'avez jamais eu d'autre métier que la politique. Et effectivement, un peu comme disait Pierre, c'est vrai qu'il renvoie, il se renvoie dos à dos avec Gabriel Attal en disant, « Mais il n'y a pas que moi, en fait. Je ne suis pas le seul aujourd'hui dans le champ politique à ne pas avoir de grandes expériences professionnelles. » Mais vous n'en faites le reproche qu'à moi.

10:14
Présentateur

Il y a un vrai parallèle entre les deux parcours ? Absolument. Gabriel Attal, il n'a pas non plus travaillé dans l'entreprise.

10:21
Invité

Il est symptomatique non seulement de politiques qui, très jeunes, n'ont fait que de la politique, et aussi d'un personnel politique rajeuni, qui, contrairement à leurs aînés, n'ont pas eu à s'imposer localement, à devenir conseiller général, conseiller municipal ou député, avant de pouvoir espérer ne serait-ce qu'intégrer un gouvernement. Donc c'est pour ça que c'est très difficile. Et lui se défend facilement en disant, « Pourquoi me faire le reproche qu'on pourrait faire à l'ensemble ou à la plupart des...

» Et notamment aussi sur l'implantation locale, parce que ça, c'est un reproche qui a pu lui être fait, notamment même au sein du RN, en lui disant, « Mais pourquoi il n'essaie pas de se présenter à une élection législative ? » Elle a encore vue. Et lui répond, « Mais pourquoi j'en aurais besoin ? » Regardez Emmanuel Macron, vous avez l'impression qu'il est implanté localement ?

11:06
Présentateur

Aucun mandat avant d'arriver à l'Élysée. Vous parliez, Corentin Le Sueur, de son engagement au Front National très jeune. Il rejoint aussi, et de manière intime, la famille Le Pen. C'est quelqu'un qui rentre dans le clan Le Pen. Ça aussi, c'est l'une des particularités du parcours de Jordan Bardella.

11:24
Invité

Il ne l'est plus, mais il était en couple avec la fille de Philippe Olivier. Donc Philippe Olivier, c'est aujourd'hui le principal conseiller de Marine Le Pen. C'est un eurodéputé. Et c'est surtout le mari de Marie-Caroline Le Pen, donc la sœur de Marine Le Pen. Donc effectivement, en même temps qu'il intègre le parti, il intègre la famille Le Pen.

11:46
Présentateur

Ça, c'est important, voire décisif dans son parcours, Elodie Fauret ?

11:51
Invité

C'est difficile à dire. Bien sûr qu'il y a eu des gens qui ont émergé au RN qui n'ont pas intégré le clan Le Pen, des gens qui ont eu de l'influence, comme Florian Philippot. Lui, il l'a fait. Est-ce que c'est par calcul ? Franchement, là, j'avoue, je ne sonde pas les cœurs.

12:06
Présentateur

Guy nous appelle de Gironde. Bonjour Guy.

12:09
Auditeur

Oui, bonjour. Écoutez, je vous appelle pour vous dire que pour moi, Jordan Bardella, à Paracic, avance masqué. Par exemple, il ne nous parle pas de son conseiller, un de ses conseillers principaux, Pierre-Romain Thierry, qui est un admirateur de Renaud Calmug, avec sa théorie raciste du grand remplacement. Donc, tout cela doit être porté à la connaissance, me semble-t-il, du grand public, des liens de Jordan Bardella avec les identitaires, avec le GUD. Ça fait froid dans le dos. Parce que ce sont ces gens-là qui ambitionnent aujourd'hui de diriger la France contre, disons, l'ensemble de l'arc républicain et de tous les démocrates français.

13:01
Présentateur

Merci Guy pour cette question, Corentin Losser, sur les réseaux et les affinités, nous dit Guy de Jordan Bardella avec les milieux identitaires ou les plus radicaux de l'extrême droite.

13:11
Invité

Alors, effectivement, Jordan Bardella, et vous faites bien de rappeler qui est Pierre-Romain Thionnet, donc c'est un tout nouveau hérodéputé, qui est l'une des plumes, si ce n'est la plume principale de Jordan Bardella, très identitaire. Et là où je voudrais rebondir, c'est qu'à la fois, il pourrait avancer masqué auprès du grand public, c'est-à-dire qu'il refuse d'utiliser le terme grand emplacement, donc qui est cette théorie raciste et complotiste qui voudrait qu'on organiserait le remplacement d'une population dite de souche par une population dite exogène.

Il refuse d'utiliser le terme car il sait que ça ferait polémique, par contre, donc auprès du grand public, mais il sait aussi envoyer des signaux auprès du public averti. Il y a quelques semaines, il a donné un entretien au JDD, dans lequel sans prendre l'expression « grand emplacement », il en a posé la définition. Donc c'est ça aussi Jordan Bardella, c'est quelqu'un qui a toujours eu des idées radicales, mais qui a su les dissimuler auprès d'un grand public quand il y avait besoin, mais tendre une main auprès des plus avertis pour leur faire comprendre qui il était.

14:15
Présentateur

Et le différé, que sait-on de ses proches, de ses conseillers, de ses plumes éventuelles ?

14:22
Invité

Alors, autour de lui, il y a un cabinet assez restreint, composé de personnes assez jeunes. Il y a un peu, quand on les suit, le sentiment d'un effet de cour autour de Jordan Bardella, avec des gens qui l'admirent beaucoup, qui le contredisent assez peu. Et hormis ce cabinet, on a beaucoup parlé dans cette campagne d'un homme qui s'appelle François Durvie, et qui est un proche du milliardaire Pierre-Edouard Sterrin. Donc lui, on sait qu'il prend de l'influence dans l'entourage de Jordan Bardella.

14:57
Présentateur

Merci à tous les deux. Le temps nous est compté. Il est passé extrêmement vite, mais on avait besoin de cet éclairage aujourd'hui. Merci. Elodie Forêt, spécialiste du Rassemblement National sur Inter, et Corentin Losser, que l'on lit dans les colonnes du journal Le Monde.

Qui est Jordan Bardella ? Avec Elodie Forêt et Corentin Lesueur · Pourquijevote