Obésité : nouveaux médicaments, miracles ou fausses solutions ?
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- 4:00Gabriel PerluterFait
« l'obésité peut entraîner de multiples conséquences. Ça va toucher, ça peut toucher tous les organes bien évidemment ça va toucher en premier le tissu adipe avec une inflammation dans le tissu adipeux »
- 10:00Karine ClémentFait
« On se dit si on mange moins on maigrit. Exactement. la c'est des mathématiques et alors on raisonne assez simplement sur j'allais y venir le bilan d'énergie ce qu'on mange et ce qu'on dépense. »
- 12:00Gabriel PerluterFait
« C'est comme si vous prenez une personne qui fume, elle sait qu'elle doit pas fumer. Tout le monde sait que c'est mauvais pour la santé de fumer, mais elle n'arrive pas à arrêter de fumer. »
- 16:00Karine ClémentFait
« Ce sont des médicaments qui ont été développés pour le diabète. Oui. Bah, c'est l'histoire de la science. »
- 18:00Gabriel PerluterFait
« Les mécanismes, c'est pas un mécanisme, c'est plusieurs mécanismes qui qui ont quoi comme effet principal ? qui ont modifié votre métabolisme, améliorer le contrôle du sucre, diminuer la pétence alimentaire »
- 21:00Karine ClémentChiffre
« Ça représente un tout petit peu moins de 2 % des prescriptions. C'est c'est pas non plus en France parce qu'aux États-Unis, on voit des des influenceuses dire tiens, je vais avoir un corps impeccable cet été, hop une injection et je perds un kil. »
- 23:00Gabriel PerluterFait
« 300 € par mois. 300 € par mois. Pourquoi n'est-ce pour tous les la santé est remboursée en France ? »
- 25:00Karine ClémentFait
« l'obésité inversement corrélée au niveau socio-économique comme l'a dit la patiente. C'est-à-dire, ah oui, ça les personnes les plus modestes, les Français les plus modestes sont deux fois plus touchées par l'objet pas le chiffre, je sais pas si c'est deux fois, mais sont plus touché que les personnes d'un niveau socio-économique plus élevé »
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Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé, ça va ? Bienvenue dans Et la santé, ça va.
Aujourd'hui, en France, près d'un français sur deux, est en surpoids ou en obésité, 10 millions de français vivent avec une obésité. Une maladie chronique, donc encore mal comprise et souvent associée à un manque de volonté. Dans ce contexte, [musique] une nouvelle génération de médicaments développés à l'origine pour le diabète suscite un immense espoir puisque ce traitement peut entraîner 10 à 15 % de perte [musique] de poids en moyenne.
Alors, question, sommes-nous face à une révolution thérapeutique ou un miroir aux alhouettes ? Est-ce une réponse partielle à une crise de santé publique beaucoup plus large ? Obésité, médicaments, miracle ou fausse solutions ? tout de suite.
Gabriel Perluter, bonjour. Vous êtes hépatoastro-entérologue, vous êtes nutritionniste, membre de l'Académie nationale de médecine et Karine Clément, vous êtes médecin, professeur de nutrition à la Pitié Salle pétrière, vous êtes directrice d'unité à Sorbon Université Inserme et présidente de l'association d'études et de recherche sur l'obésité, c'est Laferro. Merci de participer à cette émission.
D'abord, Karine Clément, on l'a dit, près d'un français sur deux vit en surpoids ou avec une obésité. D'un point de vue médicalement parlant, euh à partir de quand euh considère peut-on parler d'obésité ? Alors, il y a une définition médicale, hein, qui est l'augmentation de la masse grasse ayant des conséquences sur la santé.
Donc là, il y a des mots clés et ensuite, il y a un index clinique. Donc, il suffit de mesurer le poids sur la balance la et de mesurer la taille. Et donc, c'est le rapport du poids en kilo sur la taille en mètre au carré.
Et donc on définit l'obésité comme un index de masse corporelle. C'est le fameux IMC qu'on peut tous calculer ou index de masse corporelle supérieur à 30. Et ensuite il y a des grades.
Donc au-dessus de 35 ensuite on va définir l'obésité sévère et donc et au-dessus de 40 alors on aime pas trop ce terme mais l'obésité massive on peut le dire. Et le surpoids bah c'est entre 25 et 30. Et donc c'est à partir de quand on consulte, à partir de quand ça devient une maladie chronique et on ne peut plus laisser les choses en l'état.
Bah, on consulte quand on est malade de son obésité. Donc souvent les patients consultent quand ils ont une gêne qui peut être une gène fonctionnelle. Et donc c'est toute la problématique de la définition de l'obésité.
Ça se résume pas qu'à l'index de masse corporelle. Gabriel Permuter, l'obésité. Alors, il y a des conséquences d'apparence physique, il y a aussi des conséquences sur la santé.
Quelles en sont les principales caractéristiques ? Alors, l'obésité peut entraîner de multiples conséquences. Ça va toucher, ça peut toucher tous les organes bien évidemment ça va toucher en premier le tissu adipe avec une inflammation dans le tissu adipeux, ça va toucher la graisse ou la graisse particulièrement au niveau du ventre, la graisse abdominale qu'on appelle la graisse viscérale pour organe.
La graisse qui va entourer les organes ou être à l'intérieur. Ça peut toucher les artères, les artères cérébrales, les artères des vaisseaux du coup. Donc risque d'AVC, risque risque les artères coronaires, risque risque cardiaque, ça peut toucher le foie.
Moi en tant qu'hépatologue qui va donner une accumulation de graisse au niveau du foie puis ça peut toucher d'autres organes. Les reins globalement l'obésité, le surpoids sont associés à une augmentation du risque de cancer de quasiment de cancer, quasiment tous les cancers. Je vous propose de voir Latitia, le parcours de Latitia qui vit avec une obésité depuis plus de 20 ans.
Elle raconte les régimes à répétition, le regard des autres, le ses difficultés dans la vie quotidienne, l'impact sur sa santé et à travers son histoire apparaît une réalité décrite d'ailleurs par de nombreuses personnes en état d'obésité. C'est euh une double peine qui est médicale et sociale. On regarde son parcours. [musique] Latitia a 46 ans.
Le poids a toujours représenté un problème dans sa vie. [musique] Ça c'est vraiment collector l'album souvenir des petites sections 82 83 [musique] que ben on a une photo de moi, j'avais 4 ans. Très vite le mot surpoids a commencé à apparaître sur son carnet de santé.
Donc à 4 ans, qu'est-ce qui se passe ? Bien souvent on dort. Pour contenir la prise de poids, la petite fille est alors orientée vers des solutions drastiques pour son âge.
Le régime, il [musique] a commencé à l'âge de 6 ans. C'était un un régime où il y avait que des la cuisine sans sauce, sans sel, sans gras, sans sucre, des légumes à l'eau, [grognement] de la nourriture sans aucun goût, sans aucune saveur. Finalement, j'arrête de manger à la cantine, je ne mange plus les mêmes goûtés que mes mes copains et mes copines.
Et puis surtout ce qui avait été conseillé à mes parents, c'est de mettre des cadenas au placard et au frigo. Euh voilà, ça c'était les conseils du médecin de l'époque. Pendant son enfance et son adolescence, Latitia enchaîne les longues cures loin de sa famille dans des établissements spécialisés.
Chaque calorie y est comptée. Pour le premier régime, j'ai perdu à peu près une dizaine de kilos. À l'âge de 12 ans, j'ai perdu à peu près 25 kg.
À 14 ans, dans une nouvelle cure, j'ai perdu euh une 35 kg grosso modo. Des résultats temporaires qui se soldent par une reprise de poids toujours plus importante. En 2004, Latitia se fait poser un anneau gastrique censé réduire ses apports alimentaires.
Le problème de de ce de cet anneau, c'est que en fait, ça avait une fonction uniquement sur les solides, sur les aliments solides. Et donc finalement, si vous aimiez la salade, si vous aimiez les légumes verts et cetera, vous aviez de fortes chances que ça ne passe pas. Par contre, vous pouviez vous aviez de fortes chances que la glace et le Nutella passent très très bien.
Donc j'avais perdu 55 kg. [grognement] Euh j'ai dû en reprendre une centaine. Ça a une un impact sur la santé mentale euh avec aussi parfois des périodes d'isolement d'isolement social, un sentiment de honte parfois de ne pas y arriver de ne de de finalement de d'être seul au monde et et de d'être vraiment dépité et désemparé.
Finalement, en plus de son obésité, Latitia souffre d'apné sommeil, d'insuffisance veineuse, d'hypothyroïdie, mais elle essaie malgré tout [musique] d'avancer. Salut Lucy, ça va ? Ouais.
La jeune femme a [musique] fondé une association dont Lucy fait partie. Ensemble, elles essaient de faire évoluer le regard sur l'obésité, encore trop souvent stigmatisé. Ouais.
C'est une maladie qui est lourde dans tout tous les sens du terme et qui est lourde à porter, qui est lourde à porter psychologiquement et physiquement. Et je pense que les gens ne n'ont aucune conscience de ce que c'est au quotidien. Ça peut être des problèmes de mobilité.
On a des personnes qui ne peuvent pas du tout se déplacer. Euh ça peut être des difficultés toutes bêtes hein. Ça peut être mettre ses chaussures, ça peut être mettre ses chaussettes, se laver euh tout ça en fait ou faire le ménage chez choix chez soi.
Euh tout ça c'est des difficultés au quotidien euh qu'on a tous. Il faut éduquer les gens en fait sur le sur le sujet. Et quand je dis les gens, c'est autant la personne Landa que les professionnels de santé aussi.
Karine Clément, on voit la souffrance de Latitia du fait du regard des autres. Pourquoi est-ce que c'est si difficile à comprendre et on peut on peut tous se sentir coupable de se dire que en fait c'est pas un problème de manque de volonté et que c'est une maladie mais on a on a du mal à l'intégrer. Oui, c'est fait on a du mal on l'a du mal à l'intégrer et le parcours exprimé par cette personne est vraiment illustre bien la problématique une évolution dans le temps.
Vous mentionnez la chronicisation ce qui caractérise cette chronicisation c'est la perte et la reprise. Alors pourquoi on a du mal à l'intégrer ? Je pense qu'il y a eu un défaut de communication d'une part sur les enjeux scientifiques de cette pathologie.
C'est une c'est une maladie dans lequelle les organes, on a parlé du tissu graisseux hein, les organes sont malades et la façon dont les organes entre eux se parlent sont aussi est aussi altéré. Et donc ça c'est de données scientifiques avec des progrès importants dans la compréhension. Mais ça ça a du mal à passer effectivement dans le grand public.
Une une des raisons et puis aussi chez les politiques. Raison toute pête c'est qu'on se dit si on mange moins on maigrit. Exactement. la c'est des mathématiques et alors on raisonne assez simplement sur j'allais y venir le bilan d'énergie ce qu'on mange et ce qu'on dépense.
Et en fait c'est plus beaucoup plus compliqué que ça et notamment au cours de l'évolution de l'obésité. On peut pas raisonner simplement. Et en fait en tant que clinicien et on le voit ici si on régionne juste comme ça, on comprend plus la balance énergétique.
Gabriel Per, je voudrais ajouter quelque chose. Si vous pensez que c'est juste une question de d'intelligence, je dois moins manger, vous ne pouvez pas comprendre toute la difficulté de ces patients. C'est comme si vous prenez une personne qui fume, elle sait qu'elle doit pas fumer.
Tout le monde sait que c'est mauvais pour la santé de fumer, mais elle n'arrive pas à arrêter de fumer. comme une personne qui a une consommation excessive d'alcool et qui est malade du foie. La personne, elle sait qu'elle doit consommer moins d'alcool mais elle n'y arrive pas.
La personne qui a des problèmes d'alimentation pour ma raison, elle sait que c'est lié à son alimentation mais non plus elle n'y arrive pas. C'est pas différent des autres maladies. C'est les mêmes fonctionnements avec des fonctionnements au niveau du cerveau de certaines zones où d'ailleurs les médicaments arrivent à avoir un rôle.
Euh donc c'est beaucoup plus compliqué qu'un simple bilan entrée sorti. Alors justement arrivent ces fameux médicaments à base, on va être un peu scientifique de sémaglutides. Ces médicaments, on va les citer hein puisque tout le monde en parle.
C'est le Vegovi et l'ozampanique qui font un carton euh mondial et le munjaro. Et le munjaro. Qu'est-ce que c'est que cette semaglutide si j'ai bien compris ?
Est-ce que justement ça agit sur le cerveau en simulant un sentiment de satiété ? Ce sont des médicaments à la base, je sais pas qui veut réagir, Karine Clément qu'on a inventé pour lutter contre le diabète. Alors, on parlait absolument, on parlait des enjeux scientifiques.
C'est un développement assez fantastique de la recherche parce qu'on a identifié il y a déjà quelques années hein, les années 80 des hormones qui sont fabriquées par l'attestin et qui vont agir sur la vidange gastrique, sur le pancréas. le diabète, la production d'insuline et qui vont agir sur le cerveau, dans des zones du cerveau qui contrôlent la prise alimentaire et les enjeux de comme vous l'avez mentionné de la satiété. Donc ces hormones en fait pharmacologiques pour le coup vont mimer des effets physiologiques qu'on voit.
C'est ces fabrications d'hormones simplement ce sont des médicaments et qui durent plus longtemps dans l'organisme puisque en réalité chez une personne en physiologie qui n'a pas de problème ces hormones sont secrétées, elles fonctionnent et puis elles sont assez vite détruites par l'organisme. Donc le le les molécules pharmacologiques vont fait qu'on en donne plus pendant longtemps. Donc vous l'avez signalé, développement dans le diabète et avec des développements supplémentaires dans l'obésité parce qu'on s'est aperçu que si on augmentait les doses, il y avait un effet sur le contrôle du poids.
Alors d'abord le mécanisme Gabriel Perle Mutter, c'est bien ça. C'est-à-dire que ce sont des des médicaments qui quand on les avale coupent la faim. Alors, c'est plus compliqué que ça.
Déjà, c'est pas un mécanisme, c'est plusieurs mécanismes. Ensuite, aujourd'hui, en 2026, les médicaments, c'est en injection souscutanée, un peu comme l'insuline. On ne les avale pas encore.
Bientôt, ça viendra, mais ce n'est pas encore sous forme de comprimé. Les mécanismes, c'est pas un mécanisme, c'est plusieurs mécanismes qui qui ont quoi comme effet principal ? qui ont modifié votre métabolisme, améliorer le contrôle du sucre, diminuer la pétence alimentaire, diminuer la pétence à certains toxique et au final vous faire perdre du poids, ce qui est euh l'effet euh final recherché.
Et je voudrais rebondir là-dessus. On voit comme tout le monde, je vais sur des réseaux sociaux, certains euh certaines personnes sur les réseaux sociaux disent que ce sont des détournements de médicaments. Alors, on va y revenir juste.
Mais c'est important de comprendre détournement à l'origine. À l'origine, on va on va aller sur le détournement à l'origine. Ce sont des médicaments qui ont été développés pour le diabète.
Oui. Bah, c'est l'histoire de la science. C'est qu'on s'aperçoit, oui, on s'aperçoit que ça joue sur la production d'insuline, ça contrôle le sucre dans le sang et puis on voit dans ces premières études que des patients avec un diabète de type 2 vont perdre un peu de poids et puis dans la phase d'après, on va regarder tiens, il y a un effet poids donc il va y avoir des essais spécifiques aux problèmes pondéraux en augmentant la dose de ces médicaments.
Donc c'est absolument pas un détournement. Quand vous avez un médicament qui par exemple va fonctionner pour le cœur en diminuant la fréquence cardiaque comme un béta bloquant, ça va fonctionner sur l'anxiété, ça va fonctionner, ça va vous éviter de faire une hémorragie digestive en cas de cirose. Vous détournez pas, vous avancez la science.
Si vous dites "Je détourne ce médicament qui au départ est fait pour le diabète, je le détourne pour les personnes qui ont des problèmes de surpoids ou d'obésité, vous stigmatisez cette population en ne en n'entendant pas qu'ils sont malades." Ce que vous voulez dire par là, c'est que être en état d'obésité, c'est une maladie toute aussi avouable qu'être en état de diabète. Absolument.
Et d'ailleurs, peut-être cette personne obèse développera par la suite un diabète ou pas. Elle est malade, elle est déjà malade quand bien même elle n'a pas de diabète. Elle diminue son elle diminue son espérance de vie.
Donc faut la traiter. En fait, il est enfin ça fait des années qu'on appelle de nos vœux le la prise en charge pharmacologique de l'obosité, il faut des outils parce que c'est une maladie chronique qui évolue dans le temps et qui échappe. On l'a vu dans le reportage.
Le mésage c'est utiliser cette molécule pour un stade qui n'est pas une pathologie. Ah pour avoir un summer body impeccable à la plage au mois de juillet. Donc ça on l'a entendu.
Alors il faut aussi on en a entendu beaucoup parler mais en fait faut garder en tête. Ça représente un tout petit peu moins de 2 % des prescriptions. C'est c'est pas non plus en France parce qu'aux États-Unis, on voit des des influenceuses dire tiens, je vais avoir un corps impeccable cet été, hop une injection et je perds un kil.
Alors oui, c'est ça. C'est pas raisonnable. Mais en même temps, aux États-Unis, permettez-moi de rebondir, vous voyez un extrême du mesages en même temps, pour la première fois aux États-Unis, on voit l'épidémie d'obésité et de surpoids diminué. votre regard alors sur ces magasin sur ces ces médicaments, je reprends le titre de l'émission.
Est-ce que c'est vous vous parlerz du d'un d'un miroir aux alhouette ou d'une révolution thérapeutique ? C'est enfin pour des personnes qui étaient en souffrance depuis de nombreuses années enfin une solution à des problèmes de surpoids, d'obésité, de diabète, de maladie du foie. enfin et vous voyez les patients aller mieux et vous voyez les patients sourire et vous voyez les patients avoir des espoir un espoir et donc c'est juste pour moi en tant que médecin une vraie réussite.
Encore une fois, on est dans les indications thérapeutiques. On n'est pas dans des personnes qui ont des troupes du comportement alimentaire ou qui veulent faire du bodybuilding ou perdre un kilo pour aller sur la plage, mais vraiment vous voyez le bonheur dans les yeux de vos patients. Karine Cléber, je voudrais juste ajouter que j'utiliserai pas trop le terme de solution.
On a c'est comme une boîte à outils, on a besoin, on a une reconnaissance, c'est une maladie, on a besoin d'outils. Et donc on a des outils de prise en charge médicale. La médecine de l'obésité, ça existe.
On on l'a vu sur effectivement l'équilibre alimentaire, l'activité physique, la prise en charge psychologique quand c'est nécessaire. Donc il y a tout un enjeu médical et puis aujourd'hui on a un enjeu pharmacologique jusqu'à dans les formes les plus sévères aussi de la chirurgie de l'obésité. Donc on a une ouverture de de panel.
Donc la révolution, elle est sur les parcours de soins. Ça va faire évoluer [raclement de gorge] la prise en charge chez les patients. Gabriel Perle Mutter, que ce soit le Vegovi ou l'enzopique, on en prend, ça fonctionne, l'appétit diminue hein, si j'ai bien compris et on perd vraiment du poids.
Si on arrête, on reprend tout. et même c'est pire qu'avant parce que c'est bien souvent ce qui arrive avec les régimes. Alors il y a plusieurs choses.
D'une part, ça fonctionne pas pareil chez tout le monde. On sait maintenant sont des études extrêmement récentes que il y a certains certaines modifications génétiques qui vont faire que vous allez être plus ou moins sensible à l'efficacité du traitement et avoir plus ou moins d'effets indésirables. Quand le traitement fonctionne, si vous l'arrêtez, vous allez reprendre du poids au moins en partie.
Souvent la totalité du poids, c'est comme quand vous avez trop de cholestérol, vous prenez votre traitement pour le cholestérol, si vous l'arrêtez votre cholestérol remonte. Donc oui, c'est un traitement à prendre au long cours et cet effet rebond qu'on dit scientifiquement, cet effet yoyo est à plusieurs causes, mais c'est un c'est vraiment quelque chose qui est néfaste pour l'organisme, pour le métabolisme et donc une faut vraiment discuter avec son patient une fois qu'on débute le traitement, on débute pour longtemps. Alors, je vous propose de voir de retrouver Latitia qui pendant 2 ans a pu bénéficier d'un traitement à base précisément de cette molécule, le CMA glutide qui est présente dans l'osampique et le Vegovi.
Est-ce la solution miracle ? On regarde le l'exemple de l'Étitia. Il y a 2 ans, à la faveur d'un essai clinique, Latitia a pu bénéficier gratuitement d'un traitement contre l'obésité.
C'est toutes les ordonnances que j'ai pu avoir [grognement] pour pouvoir aller récupérer ma boîte de Wigovi. Ce médicament injectable stimule la sécrétion d'insuline et procure une sensation de satiété. L'aiguille, elle se clipse juste ici, mais ce n'est pas sans effet secondaire.
Euh il m'est arrivé d'avoir des sueurs importantes avec un sentiment de malaise ou en tout cas de départ de malaise. J'avais vraiment la sensation de de partir et de de m'évanouir finalement quoi. Mais cela fonctionne.
Latitia perd une quinzaine de kilos. J'avais retrouvé une meilleure mobilité, un meilleur souffle aussi. Une fois l'essai terminé, le médicament n'est plus prise en charge.
Ancienne éducatrice spécialisée au chômage pour incapacité, Latitia n'a plus les moyens de payer le traitement. Elle ne touche que 103 € bruts de ses allocations pour personnes handicapées. Je n'ai pas les moyens de payer 300 € par mois de de Wigovi.
Donc j'ai dû arrêter le traitement et depuis je pense avoir repris la totalité du poids perdu et peut-être même un bon un bonus supplémentaire. Aujourd'hui, il ne reste à Latitia que les [musique] boîtes vides et l'espoir que son traitement soit bientôt pris en charge comme c'est le souhait de 9000 autres patients obèses qui testaient le Wegovi. Alors, il y a un problème de remboursement là.
Elle elle arrête pour des raisons financières. Absolument. 300 € par mois. 300 € par mois.
Pourquoi n'est-ce pour tous les la santé est remboursée en France ? Alors, la santé est remboursée en France. Ce sont des choix qui sont faits quand vous multipliez le nombre de personnes en surpoids avec des complications ou obèses.
Je ne suis pas politicien mais mon explication est qu'il y a pas assez d'argent pour proposer le traitement à tout le monde. Et toute l'injustice c'est que le le vous êtes en train de dire on ne guérit pas les gens en état d'obésité pour des raisons financières. Absolument.
C'est au moins en partie et toute l'injustice c'est que le dans les pays occidentaux le l'obésité inversement corrélée au niveau socio-économique comme l'a dit la patiente. C'est-à-dire, ah oui, ça les personnes les plus modestes, les Français les plus modestes sont deux fois plus touchées par l'objet pas le chiffre, je sais pas si c'est deux fois, mais sont plus touché que les personnes d'un niveau socio-économique plus élevé et donc sont encore moins disposés à dépenser 300 € par mois pour guérir leur maladie. Absolument.
Absolument. Votre garde, on a on expliqué au début que c'était une maladie, mais là celle-là on on la solidarité nationale ne fonctionne s'arrête. Oui, c'est toute la difficulté. c'est que un la reconnaissance de l'obésité en tant que maladie au niveau européen, c'est 1997.
Les Italiens il y a il y a quelques mois ont reconnu officiellement l'obésité comme une maladie. Donc effectivement, on on est quand même d'accord dans le monde que l'obésité est une maladie. L'enjeu c'est de dans ce cadre c'est qu'effectivement il y a eu des prises de position de société savante qui appellent à une prise en charge réfléchie peut-être graduée dans les formes les plus sévères euh parce qu'on a parlé du parcours en fait de de soins.
Donc le parcours de soins d'une personne en situation d'obésité, on le voit bien dans l'exemple, ça se résume pas à dire je vous donne du wigovi. Ça ça se résume à avoir une prise en charge globale sur l'ensemble de la personne dans son environnement et donc on se précipite pas non plus pour pour donner du pour prescrire parce qu'en France c'est sur prescription médicale hein le VO comme les an et les tous les médecins aujourd'hui peuvent prescrire ces analogues du GLP en général he les différents types et donc il y a un parcours de soins et il y a des recommandations aujourd'hui qui ont été données par les sociétés savantes sur ces parcours de soins. Et on est bien d'accord, si mon médecin me prescrit plusieurs médicaments et a dans l'ordonnance du Vegovi, le Vegovi ne sera pas remboursé par la sécurité social pour l'indication obésité.
Il sera remboursé dans l'indication diabète mais aujourd'hui n'est pas remboursé dans l'indication mais pas pour l'obésité. C'est juste il y a pas assez d'argent pour traiter tout le monde. Moi je l'ai vécu pour l'hépatite C au départ.
On n pas pu traiter tout le monde au départ. On a traité les personnes d'abord les plus graves après les moins graves. C'est juste un problème qui paye pour combien de personnes ?
Donc là, ce sont les cas les plus sévères qui éventuellement Je ne sais pas, je ne suis pas politicien, mais c'est tout un problème parce que comment vous allez définir la sévérité ? Est-ce que vous la définissez simplement par l'indexe de masse corporelle ? Est-ce que vous la définissez même chez les personnes qui sont moins grosses mais qui ont déjà des problèmes de complication lié à l'obésité, cardiaque, vasculaire, le foie et donc c'est tout un problème où les politiciens et les médecins doivent réfléchir ensemble.
Et c'est un modèle de calcul économique, on l'a évoqué dans l'introduction de votre émission où euh il y a près de en fait 200 complications. L'obésité est un facteur de risque sur au moins 200 mal. Donc si on la guérit pas, on a des coûts en aval.
On a évoqué les cancers. Bah l'obésité associée au moins 13 formes de cancer. Bah le alors c'est pas notre métier mais il y a il y a des il y a des modèles médico-économiques qui peuvent être réalisés sur un investissement et le gain futur sur la santé de la population.
Vous voulez dire qu'en fait financièrement ce serait rentable de dépenser 300 € par mois pour éviter des complications qui pourraient une fin coûter plus cher. Alors en tout cas il y a un enjeu au moins de calculer le modèle économique et sur les avec une vision avec une vision long terme avec une vision long terme. Mais moi c'est pas moi mon métier c'est de traiter c'est pas mon métier de faire ces calculs.
Moi ce que je peux dire c'est que j'ai des patients dans la détresse qui ont besoin de traitement et qu'aujourd'hui je ne peux pas traiter. Ça veut dire que les Français en revanche les plus aisés, eux peuvent se en état d'obésité peuvent se permettre ce traitement au long cours. Oui.
Oui. Si vous pouvez effectivement effect donc là pour le coup, on a une rupture d'égalité. Après vous ferez des économies en aliment voilà c'est un enjeu.
Voilà, on est on est entre aujourd'hui 250 et 350 € par mois par mois. Par mois. Encore les combats une fois par semaine.
C'est mais le traitement c'est globalement par mois. D'accord. Donc quatre prises dans le mois.
C'est c'est et pourquoi est-ce qu'on peut attendre ou espérer une baisse du prix de cette molécule une fois qu'elle serait par que leur médicaments qui vont avoir au bout de 10 ans de brevet un générique. Donc il y a déjà des génériques pour les pays asiatiques. En France ça arrivera dans plusieurs années.
Oui, absolument. Et c'est pour ça que ce sujet-là, il est il est un peu actuel, mais effectivement ça va venir vite en fait le passage. Donc l'enjeu, c'est le travail de la communauté médicale et aussi bah des agences he de régulation sur les parcours de soins puisque ce que font ces médicaments, c'est changer notre vision des parcours de soins et donc et donc il y a un vrai enjeu aujourd'hui sur une meilleure prise en charge également de formation des collègues qui ont peut-être moins l'habitude de la médecine de l'obésité.
Et vous voyez tout le paradoxe, c'est ce que tu as signalé, tout le paradoxe est que tout médecin pour diffuser le médicament compte tenu de l'épidémie d'obésité a le droit de le prescrire. Mais le médicament n'est pas prise en charge. Donc quelque part, on se donne bonne conscience sans être efficace.
C'est mon sentiment. On a vu la révolution qui était le Vigovi, enfin tous ces médicaments. Euh est-ce que d'autres est-ce que est-ce que d'autres traitements sur lequels on travaille pourraient apporter des espoirs dans les années à venir notamment sur la ce qu'on sa je vous pose la question parce que je sais que vous travaillez beaucoup sur la microbiote intestinale.
Est-ce qu'il y a des traitements dans les années à venir sur lequel qui pourraient nous donner de l'espoir ? Alors il y a nous qui faisons de la médecine et de la science. On pense que la science progresse, évolue et que il y a forcément il y aura d'autres molécules qui vont sortir parce que la science avance parce qu'il y a un enjeu financier.
Donc il y aura forcément d'autres médicaments qui vont sortir ou de la même famille que les agonistes euh GLP1 ou d'autres familles. En ce qui concerne le microbiote, euh tout dépend ce que vous en attendez. Je pense qu'il y aura des traitements qui arriveront peut-être pas sur l'obésité directement.
Je pense qu'on est trop tard. Mais ça c'est mon avis personnel pour que le microbiote soit efficace à long terme. Mais peut-être qu'un jour et puis j'aurais du mal à pas le dire puisque je travaille sur le microbiote.
Peut-être qu'un jour les on pourra cibler le microbiote, ce que produit le microbiote, les métabolites du microbiote pour améliorer le métabolisme de façon plus générale que l'obésité. Karine Clément, 18 % des Français en état d'obésité. Forcément la science s'intéresse à cette maladie et on peut avoir des espoirs de nouveaux traitements.
On a Oui. La science s'intéresse depuis longtemps cette pathologie. Alors, d'une part sur ce qu'on a évoqué sur la famille des analogues là du GLP1 aux Higovi, là il y a une arrivée très importante de molécules combinées qui vont être proposées en fait dans les dans les années à venir si vous voulez.
Un peu comme l'hypertension quoi. On a plein de molécules possibilités de de traitement. Donc ça c'est un aspect.
Puis un enjeu, on l'a évoqué aussi, c'est la variation dans les réponses. Tout le monde répond pas pareil et puis les enjeux de la reprise. Et il y a des hypothèses de poids et il y a des hypothèses scientifiques qui disent que il faut s'intéresser aussi aux organes périphériques, aux tissus adipeux, au foid, aux muscles et pas seulement au cerveau.
Et donc il y aura probablement sur ces travaux scientifiques des données pour accompagner en fait les changements dans les organes, dans les tissus, dans leur biologie. et peut-être que ces changements sont pas corrigés par ces traitements. Un grand merci de nous avoir éclairé sur ces avancées majeures, hein, que sont ces nouveaux médicaments, Lausanque et le Vigovi euh dans la lutte contre l'obésité.
Pour aller plus loin, je peux signaler euh ces deux sites, hein, celui de la haute Autorité de la santé et celui de et le collectif national des associations d'Obèse. Merci. Et la santé, ça va, c'est terminé.
Merci d'avoir participé à cette émission. émission à revoir sur la plateforme [musique] publicsena.fr et à bientôt pour une nouvelle émission.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. C'était et la santé ça va avec la mutualité française.