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interviewSud Radio· 23 juillet 2025 14 min

Loi Duplomb : "Sandrine Rousseau parle comme une hystérique", dénonce Jérôme Bayle

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jérôme Bayle. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio Éleveur. Figure de la colère agricole, chef de file des ultras de la 64. Vous étiez mobilisé, on s'en souvient, sur le barrage de carbone en Haute-Garonne. Quel regard tout d'abord vous portez sur cette pétition, Jérôme Bayle ?

0:18
Laurent Duplomb

Quel regard ? Ça prouve que le débat s'étanche, on va dire. Mais la pétition avec 1,7 million de signatures, je n'ai pas été trop à l'école, mais si on fait les petits calculs, qu'on le divise par le nombre d'habitants en France, ça fait à peu près 2,5% de la population. Donc c'est exactement ce qui représente l'électorat du parti écologiste aujourd'hui en France.

0:45
Présentateur

Ça veut dire que pour vous, finalement, elle n'est pas crédible, d'une certaine manière, cette pétition ?

0:52
Laurent Duplomb

Je ne dis pas qu'elle n'est pas crédible, je dis simplement qu'elle ne représente que 2,5% de la population française. Moi, ce qui me dérange le plus, ce n'est pas la pétition, c'est qu'aujourd'hui, un parti, comme le parti écologiste, en fait son fond de commerce, puisqu'il ne parle que de ça. On voit notre grande amie Sandrine Rousseau qui déambule sur tous les plateaux télé, en criant comme une hystérique, et qui ne parle que du mot « acétamiprine ». Mais la loi Dupont, aujourd'hui, est-ce qu'elle correspond qu'au mot « acétamipride » ?

1:22
Présentateur

J'imagine que Sandrine Rousseau, elle croit en ce qu'elle dit, non ?

1:28
Laurent Duplomb

Oui, oui, mais moi, je crois aux scientifiques, et je suis à preuve du contraire. Sandrine Rousseau, elle est prof d'économie, elle n'est pas scientifique. Et je vais même aller plus loin, et quand j'entends qu'une dame comme ça, qui est prof d'économie, si je ne me trompe pas, dit que la rentabilité, elle n'en a rien à pêter, je comprends pourquoi l'économie française, avec des profs comme ça, va droit dans le mur et n'existe plus, surtout.

1:55
Présentateur

Selon vous, la loi Duplont, Jérôme Bayle, c'est une vraie réponse, aujourd'hui, à la crise agricole, vous en avez réellement besoin ?

2:03
Laurent Duplomb

Alors, je ne vais pas dire que c'est une vraie réponse, parce que ça serait mentir à tous vos auditeurs, mais c'est un pas de plus.

2:10
Présentateur

Alors, je rajouterais Jérôme Bayle, est-ce que c'est une victoire pour les agriculteurs, si elle passe véritablement, ou est-ce que c'est une victoire pour les géants de l'agrochimie ? Parce que c'est ce qu'on reproche, c'est ce que reprochent les opposants, au texte notamment.

2:26
Laurent Duplomb

Alors, c'est pas... Mais ça, c'est faire un raccourci. Aujourd'hui, ça sera un pas de plus pour l'agriculture. Voilà, moi, je ne parle pas d'agro-industrie, je ne parle pas... Moi, je parle d'agriculture en général. Moi, je peux vous détailler mon exploitation. Aujourd'hui, j'ai 230 hectares, puisque j'ai repris les terres de mon oncle, parce qu'il n'y avait pas de repreneur. J'ai 100 vaches, et je suis cassé comme élevage intensif. Je pense que mes vaches sont toutes à l'herbe, à la pâture. Je fais de la culture où j'utilise très, très peu de pesticides. Donc, je me vois mal être considéré comme quelqu'un de l'élevage intensif. Voilà.

Pour la loi du plomb, pour y revenir, il n'y a pas que le retour de l'acétamiprine. Moi, je vais vous dire ce qui dérange le plus, aujourd'hui, de partie écologiste, c'est que dans la loi du plomb, il y a marqué que l'agriculture devenait un intérêt majeur de la nation. C'est ça qui les dérange.

3:24
Présentateur

Pourquoi vous vous posez que ça les dérange ?

3:28
Laurent Duplomb

Parce que, tout simplement, ils pensent que derrière, ces gens-là... Oui, mais c'est normal, ils ne vont pas mettre en avant ça, puisqu'ils se mettaient encore toute la population à dos. Déjà qu'ils en ont une grande partie. Mais ce que je veux dire, c'est qu'ils se disent « Eh bien, si l'agriculture a un intérêt majeur de la nation, eh bien, tout simplement, ça va être difficile de restreindre encore les lois contre l'agriculture. » Parce que leur objectif, aujourd'hui, c'est ça. On peut parler de l'acétamiprine, mais si c'est débat.

3:57
Présentateur

C'est de promouvoir l'agriculture biologique, le circuit court. C'est un peu ça, finalement, aussi, la logique des écologistes.

4:04
Laurent Duplomb

Mais allez voir les agriculteurs en bio. Allez voir les agriculteurs en bio en France, que tout le monde défend. Les Français, l'alimentation des Français, dans les années 90, c'était 33% de leur budget. Aujourd'hui, c'est 10%. Les Français n'ont plus d'euros pour acheter de l'agriculture.

4:26
Présentateur

Il y a une crise, aujourd'hui, dans l'agriculture bio, avec des agriculteurs en bio qui décident d'arrêter, tout simplement, et de revenir à une agriculture différente.

4:37
Laurent Duplomb

Mais on va dire des choses. Mais jamais on va dire des choses, aujourd'hui. C'est que si l'agriculture bio n'était pas percusée de prime, il n'y aurait pas d'agriculture bio en France. Vous voyez ? Il faut bien se dire ça. Et quand j'entends, aujourd'hui, les écologistes qui disent « Là, c'est un mypride, c'est dangereux », il n'y a pas de souci. Mais l'EFSA, quand même, qui est l'Institut européen de la santé alimentaire, aujourd'hui l'autorise.

Donc, si on ne fait pas confiance avec ça, alors moi, on m'explique, et je vais vous expliquer ce qui me met en colère, c'est que moi, on m'explique qu'aujourd'hui, l'agriculture est gérée par l'Europe, que la France est gérée par l'Europe, on est bien d'accord, que tout le territoire européen, il faut qu'on soit tous pareils, et on ne fait pas confiance aux gens de l'Europe. Alors, d'un côté, ces partis qui sont pro-Europe, quand même, qu'on le dise bien, d'un côté, ils disent « Il faut l'Europe, l'Europe, l'Europe » et se baser sur l'Europe, et au final, quand l'Europe dit un truc, « Ah mais non, ça ne nous convient plus », donc ils vont tout le temps dans le sens où ça les arrange.

Et pour revenir sur l'acétamiprine qui fait grand débat, je vais vous donner un exemple. J'ai été dans un supermarché, pas plus tard que la semaine dernière. Et bien l'acétamiprine, dans tous les produits anti-moustique, anti-puche, anti-fourmi, anti-cafoir, il y a de l'acétamiprine. Et bien ça, ça ne dérange aucun Français de l'utiliser chez lui, de l'utiliser chez lui, en sachant que nous, le rapport où c'est qu'il est, et qu'il faut bien expliquer, c'est que nous, aujourd'hui, agriculteurs professionnels, si on veut utiliser un produit phytosanitaire, il faut déjà qu'on passe une formation. Une formation pour pouvoir l'utiliser. Et comment l'utiliser ?

Il faut qu'on ait un local phytosanitaire, où c'est que nos produits sont enfermés, pour qu'au personne, autre, aucun tiers ne puisse y avoir contact. Donc les enfants, les gens qui n'ont pas fait ce certificat, d'accord ? Il faut que nous, une fois qu'on a utilisé nos produits, on les marquait sur un cahier, il faut qu'une fois que nos bidons sont vides, il faut qu'ils soient rincés, il faut qu'ils soient mis dans des poches spéciales. Il faut que ces poches-là soient remises en centre de récupération, de collecte de déchets spéciaux, spéciaux, d'accord ? Pour que tout soit fêté. Mais aujourd'hui, quand les frais... Toxicité, toxicité sur les abeilles. C'est le maximum. Toxicité...

Non, non, non, attends, je finis. Je finis juste mon exemple. Bien sûr, bien sûr. Aujourd'hui, monsieur tout le monde, monsieur tout le monde peut aller au supermarché, peut acheter des produits, des répulsifs anti-puses, peut l'utiliser, peut le laisser dans sa maison, où c'est que son gamin peut le prendre, s'amuser avec, boire et en faire ce qu'il en veut, parce qu'on ne surveille toujours pas tout. Et une fois qu'on est vide, on peut le mettre dans n'importe quel conteneur. Ça va être passé en déchetterie. Alors, il faut arrêter.

Il faut arrêter, à nous, agriculteurs, de nous demander d'être tout le temps plus blanc que blanc, en sachant qu'aujourd'hui, monsieur tout le monde utilise de l'acétamipril dans sa maison. Voilà, c'est ça qu'il faut comprendre.

7:47
Présentateur

Jérôme Bayle, ça veut dire aujourd'hui que les agriculteurs ne peuvent pas se passer, en tout cas un certain nombre d'agriculteurs, ne peuvent pas se passer de pesticides, c'est ça ? Et est-ce qu'il n'y a pas une inquiétude, parce que vous êtes en première ligne, justement pour votre santé, quand vous utilisez des pesticides ? Vous en utilisez un petit peu, Jérôme Bayle ?

8:03
Laurent Duplomb

Dites-nous. Mais j'en utilise un petit peu. Et moi, je vous dis, j'ai fait une formation spéciale. Quand j'utilise un pesticide, j'ai des gans, j'ai un masque. On regarde tout, on fait super attention. On est les premiers au contact. Mais je vous le redis, l'exemple que je vais vous prendre, que M. Tout-le-Monde, aujourd'hui, l'utilise sans le savoir. Sans le savoir. Ils ne prennent aucune précaution, comme nous on le prend. On peut prendre le cipromine qui est utilisé dans les colliers anti-puce des chiens, mais vous imaginez que tous les chiens qui vivent en ville, ils dorment sur le canapé, que les enfants caressent le chien avec le collier, et qu'ils se lèchent les doigts après. Voilà.

Là, c'est à mi-pride. Je vais revenir sur l'étude de Mme Rousseau, qui nous a expliqué au soir qu'elle était scientifique sur BFM. Je ne devrais pas citer la télé, mais je le dis quand même. Vous pouvez, oui. Elle dit qu'aujourd'hui, qu'aujourd'hui, une étude a prouvé que les enfants, on a retrouvé des traces d'acétaniprine dans le liquide crânien des enfants entre 8 mois et 5 ans. Il n'y a pas de problème, Mme Rousseau. J'entends très bien votre étude. Sauf qu'en France, l'acétanipride est interdite dans le monde agricole depuis 2018. Donc, je n'ai pas été encore au 3 à l'école, mais 2025 moins 2018, ça fait 7 ans.

Donc, ces enfants-là qui ont été testés et contrôlés pour le positif à ça, désolé, ça ne vient pas de l'agriculture française. Et un autre truc que je veux dire, qu'il faut quand même dire, depuis 30 ans, l'agriculture française n'a jamais à tout le temps fait des efforts. C'est la seule profession en France qui a fait autant d'efforts sur l'environnement. Et les conséquences sur l'environnement sont de plus en plus...

9:55
Présentateur

Je reviens sur ce que vous avez dit, Jérôme Bayle, sur l'acétanipride et les colliers antipus. C'est ce que dit un certain nombre d'articles que je lisais. Il n'y a pas d'acétanipride en tout cas sur les colliers antipus en particulier. Voilà, c'était juste...

10:13
Laurent Duplomb

Ah non ! Il n'y a pas d'acétanipride, il y a juste du chypronil qui est interdite dans le monde agricole et l'interdite dans le monde agricole depuis 1999 parce que c'est un produit super toxique. Alors c'est encore pire. C'est encore pire. Voilà. Non mais ce que je veux dire aujourd'hui, la loi du plan, la loi du plan, on fait trop de raccourcis dessus. On fait trop de raccourcis dessus. Et ça crée des tensions

10:42
Présentateur

incroyables. Jérôme Beil, vous avez vu ces permanences de députés dégradées, dégradées parce qu'ils ont voté pour ou contre la loi du plan. Ça va trop loin là.

10:52
Laurent Duplomb

Non ? Mais bien sûr, ça va trop loin. Mais moi, je cautionne pas la violence. Loin de là, vous rappelez à Carbone, on n'a rien dégradé. Moi, je ne cautionne pas ça. Mais par contre, aujourd'hui, les agriculteurs sont excédés, vont s'en prendre en permanence. Chose que je ne cautionne pas. Mais par contre, n'oubliez pas qu'il y a deux mois, j'étais passé dans votre émission et qu'une députée de la nation, Lisa Béluco, il ne faut pas la citer, avait appelé les militants écolos à aller dégrader le matériel de l'agriculation des agriculteurs. Voilà. Donc, au bout d'un moment, nous, on a nos torts, mais eux aussi, on leur tord. Voilà.

Et pour revenir sur la loi du plan, quand même, parce que c'est le sujet que je parle. aujourd'hui, vous faites trop de raccourcis et quand je dis vous, c'est tous les médias français, on parle de suite, quand on parle la facilitation de retenir l'eau, on parle de méga-bassine.

11:50
Présentateur

C'est vrai.

11:50
Laurent Duplomb

Moi, je ne veux pas faire une méga-bassine. Il faut juste faire une retenue culinaire comme l'ont fait mes parents, comme l'ont fait mes grands-parents, comme l'ont fait les Romains lancer des retenues culinaires. Jérôme Bayle,

12:03
Présentateur

c'est Emmanuel Macron d'un mot rapide puisque le temps file, mais c'est pour ça aussi, j'aimerais préciser qu'on vous reçoit, Jérôme Bayle, qu'on recevait encore l'autre jour un agriculteur aussi qui racontait son quotidien et pourquoi il avait besoin en l'occurrence de ce pesticide tout en faisant attention sur son utilisation. Jérôme Bayle, si Emmanuel Macron ne promulgue pas la loi du plomb, vous ressortez manifesté ou pas, en un mot ?

12:28
Laurent Duplomb

De toute façon, il se passera bien quelque chose. Il se passera bien quelque chose. Et moi, je peux vous dire un truc, c'est que mon petit doigt me dit que les Français auront faim. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a plus de maître rafle sucrière en France, il n'y a pas de problème, mais il ne rentrera plus de maître rafle sucrière en France. Je vous le dis de suite, les Français ne m'ont plus de sucre. Au bout d'un moment, il faut arrêter de vouloir, on peut parler et l'acétamipride, il faut bien définir le truc, ce n'est pas tous les agriculteurs français qui vont pulvériser de l'acétamipride.

13:05
Présentateur

On parle au maximum d'1,7% pour le coup des terres agricoles en France. Jérôme Bail, merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio, on aura l'occasion de vous avoir une nouvelle fois à suivre, bien sûr, sur cette loi du plomb. Passez une belle journée, Jérôme. Je rappelle, l'éleveur figure de cette colère agricole l'an dernier, chef de file des ultras de la 64, vous étiez mobilisé, on s'en souvient, sur le barrage de Carbone-Rogaronne.

Loi Duplomb : "Sandrine Rousseau parle comme une hystérique", dénonce Jérôme Bayle — Laurent Duplomb · Pourquijevote